Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
AccueilPortailCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion
Meilleurs posteurs
L.Hubs (2051)
 
Louis (1316)
 
Jaleniel (1165)
 
Pomme (687)
 
Margogotte (267)
 
Juliayte (145)
 
Apocax (99)
 
Gaï Mulkairn (89)
 
Nanasen (67)
 
Danck (64)
 
Derniers sujets
» Vestiges.
par Jaleniel Mer 18 Juil - 5:35

» Gallerie d'image des personnages déjà apparus ou non
par L.Hubs Mer 15 Mar - 18:18

» Topic 2 - Rêve Grand
par L.Hubs Mar 15 Nov - 18:52

» Mon top 20 des personnages du Pot [Pavé]
par L.Hubs Jeu 3 Nov - 2:52

» Focus: Igole Vrag
par Louis Lun 24 Oct - 9:22

» PNJ d'à travers le monde
par L.Hubs Mer 5 Oct - 17:14

» Nouveaux lieux
par L.Hubs Mer 5 Oct - 17:06

» Aron Ralston et son équipage - Cléome Apanine, Peter Crowe
par L.Hubs Mer 28 Sep - 21:09

» Topic 1 - Les pirates de North Blue
par Louis Mer 28 Sep - 16:50


Partagez | 
 

 Puis le jour se leva ...

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
AuteurMessage
Louis
Marchombre
avatar

Messages : 1316
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 26

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mer 10 Juin - 13:42

Jamais l'institut Hubs n'avait autant brillé par sa beauté. Toutes les façades du bâtiment étaient maintenant envahies par de la vigne vierge fleurie. Un immense parterre de fleurs multicolores trônait maintenant en plein milieu du jardin, non loin duquel les résidents se prélassaient au soleil, sans jamais prêter attention aux étranges orbes éthérées, dont la teinte bleue nuit dénotait étrangement avec les couleurs festives environnantes. Dispersées dans l'ensemble du domaine, les sphères semblaient se mouvoir de manière totalement aléatoire, émanant parfois des habitants de l'institut eux même pour aller se nicher dans les arbres, comme à l'abri des regards. L'adolescente n'y prettais de toute façon plus attention depuis longtemps. Elle avait grandi avec elles, se souvenait s'être amusé avec elles dans son enfance, sans que ni son père, ni qui que ce soit d'autre ne les remarquent. Layla avait vite abandonnée l'idée de leur faire comprendre la présence des orbes.

Ce matin là, elle s'était réveillé aux aurores pour partir à l'aventure, en dehors du territoire de l'institut. Après une petite heure de marche en compagnie de Serena, qui pour son grand plaisir semblait ne jamais vouloir la laisser seule, les deux adolescentes étaient arrivées face à une ville magnifique, construite sur l'eau. Bien plus petite que la métropole, Cardith, elle était peuplée par d'étranges hommes et femmes, dont le style vestimentaire évoquait la renaissance. Ravies, les deux adolescentes en avaient parcouru les rues, s'emmerveillant de la beauté de certaines sculptures, dont le fin ciselage évoquait à la perfection des traits humains. Lorsqu'après plusieurs heures de tourisme elles rentrèrent finalement à l'institut, leurs parents et Barry les attendaient, visiblement furieux. De tous, c'était visiblement Gareth qui était le plus en colère. S'en était suivi un sermon de plus d'une heure sur la dangerosité du monde qui les entouraient, et sur l'imprudence dont Layla avait fait preuve en emmenant Serena avec elle. Contrite, la fille aux fleurs s'était alors exilée sur son arbre préféré, un chêne centenaire dans lequel elle prennait souvent refuge. A son sommet, et bien qu'il fasse encore jour, on pouvait apercevoir une multitude d'étoiles. L'adolescente était furieuse. Elle venait d'avoir seize ans, pourquoi n'aurait elle pas le droit d'aller où elle le désire? Les autres, eux, avaient bien le droit d'aller où ils voullaient, mais elle était couvée par tout le monde, sous prétexte qu'elle était, avec Serena, une des plus jeunes "Hubs".

Après quelques minutes de frustration, elle redescendit de son perchoir et alla s'excuser auprès de ses parents. Même si elle aurait voulu être plus libre, elle ne pouvait rester longtemps en colère contre eux, surtout depuis qu'ils étaient de nouveau réunis. Après le systématique calin de réconciliation, Layla esquissa un sourire sous le regard "papa poule" que lui fit son père. Ils étaient simplement incapables de s'en vouloir l'un l'autre. Barry vint alors interrompre les réconciliations.

- De nouveaux pensionnaires vont bientôt arriver fit-il, tout sourire. Jane vient de partir pour aller les chercher!

De nouveaux pensionnaires? L'excitation était palpable chez les membres de l'institut. Voilà des années qu'aucun nouveau mutant ne les avaient rejoint! Cela promettait d'être intéressant!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
L.Hubs
Marchombre
avatar

Messages : 2051
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mer 10 Juin - 14:39

Adel avait passé l'essentiel de sa courte vie à étudier les fondements des sociétés, des guerres, des réactions humaines face à l'imprévu. À l'inverse de bien des érudits pourtant plus instruits qu'elle, elle disposait néanmoins d'une capacité à mettre en pratique ces savoirs accumulés et avait, de fait, pris en main l'organisation des recherches. On apportait constamment de nouveaux corps, découverts dans les tréfonds de l'arène, dont beaucoup ne pouvaient être identifiés faute de proches pour les reconnaître. La situation n'était guère aisée, car à défaut d'informations, il fallait se préparer aux pires éventualités, dont celle qu'il n'y aurait pas de retour en arrière et qu'il leur faudrait désormais vivre dans ce nouveau monde en repartant de zéro. La jeune stratège se plaçait dans cette optique sans rien en dire à ceux qu'elle fédérait pour l'heure et tentait de discuter avec les différentes personnages influents, leur demandant de faire régner le calme de leur côté. Puisqu'ils ne pouvaient qu'attendre, autant éviter tout débordement. Des guerriers accomplis comme Kellue, à cet effet, n'hésitaient pas à faire comprendre avec virulence à certains petits nerveux qu'ils avaient bon compte de se taire. Adel préférait être conciliante. Elle allait vers ceux qui semblaient à juste titre perdus et leur expliquait calmement que de leur cohésion dépendrait leur avenir à tous. La découverte des dépouilles de Limstella et surtout Vallen anéantit Nithilde, qui comptait parmi les toutes dernières survivantes de son monde. Elle n'avait été qu’anecdotique durant cette bataille et aurait voulu pouvoir faire plus pour contrer les plans de son père adoptif, pourtant sa mort la chagrinait également. Malgré son attitude despotique et la cicatrice qu'il avait laissé sur son visage, il demeurait l'homme qui avait veillé sur elle durant toutes ces années: des liens s'étaient créés en dépit des circonstances. L'adolescente se redressa après avoir recouvert elle-même d'un drap blanc ses amis, et constata que nombre de regards loin d'être amicaux étaient tournés vers elle. Bien sûr. Elle était terrienne et était une scami, particulièrement proche de l'homme ayant causé cette débâcle. Ils lui en voulaient pour qui elle était même si elle s'était battu à leurs côtés. Il serait difficile de les convaincre qu'Ethan et elle n'avaient rien à voir avec cette odieuse rébellion.

-Mademoiselle Aënis ?

Nithilde se retourna vers Adel, qui avait rompu le cercle qui se formait à une dizaine de mètres d'elle. Elle lui répondit d'un simple hochement de tête.

-Le sous-sol de l'arène s'est effondré, expliqua Adel. C'est là-bas qu'étaient les civils et il y a fort à parier que des sprinkhaans soient enfermés avec eux désormais. Je suis navrée de vous demander un tel service dans de telles conditions mais nous avons besoin de gens compétents et en bon état pour aller aider là-bas.

La jeune scami s'empressa d'acquiescer, soucieuse de quitter cette zone hostile. Elle comprit aisément qu'Adel l'avait perçu tout comme elle et lui rendait un service en lui proposant ce rôle. Elle l'en remercia dès lors qu'elles furent éloignées et rejoignit les secouristes improvisés désignés par son interlocutrice.

Miranda avait quitté Raphaël au moment où Layla était réapparue. S'il lui avait resté du jus, sans doute aurait-elle aidé la fille de Gareth à se débarrasser du monstre auquel elle faisait face, cependant son intervention ne fut nullement nécessaire. La fillette utilisait sans retenue les pouvoirs d'archange dont Lilia n'avait pu faire usage et surpassait son adversaire, encouragée par des milliers de défenseurs du Pot, épuisés et blessés mais revanchards. Mais l'Omnikhaan ne mourrait pas. Malgré les coups qu'il encaissait, ses assauts ne perdaient pas en intensité, si bien que le doute s'empara du cœur de tous. Layla détruisit alors l'essence de leur hôte, chose que beaucoup d'autres s'apprêtaient à tenter de faire. Puisque leur ennemi avait besoin de cet artefact pour réaliser son étrange rituel, autant le lui en priver définitivement. Les conséquences furent terribles. Ébahie, Miranda ne put qu'observer le trop vif processus qui vint modifier en profondeur le décor alentours. L'adolescente, à l'instar des survivants, comprit que quelque chose de terrible venait de se passer sans en entrevoir le comment ou l'ampleur. Elle avait jusqu'à lors laissée Lilia seule, sachant parfaitement qu'aucun mot ne pourrait, à l'heure actuelle, venir alléger sa peine ; il lui fallut toutefois aller la sortir de son mutisme pour réclamer des explications. Elle s'avança lentement vers son aînée qui, debout sur le sable, fixait d'un air absent le portail laissé par Layla avant qu'elle ne disparaisse. Du bout du pouce, elle souleva légèrement le pendentif à son cou, pour l'observer u instant. Elle l'avait toujours aimé et le portait souvent, mais le seul fait de se souvenir de la personne qui le lui avait offert lui coupait le souffle. Il fallait bien ça pourtant si elle espérait pouvoir se mettre à niveau et trouver les mots justes. Son hésitation lui coûta malheureusement sa place. Pas moins sensible mais beaucoup moins patient, Lars avait atteint Lilia avant elle et lui avait posé une main sur le bras avant de se placer face à elle afin de capter son regard.

-Katy ?

L'intéressée, amorphe, tourna ses grands yeux cernés vers le jeune homme, qui sentit sa gorge se serrer. Jamais il n'aurait cru pouvoir faire face à tant de tristesse. Il n'y avait plus la moindre expression sur le visage de la sœur de son amie, plus aucun signe de ce vie si ce n'était cet appel à l'aide désespéré et insensé au fond de ses iris. Rien de plus qu'un cadavre ambulant. Au moins l'avait-elle remarqué.

-Katy, qu'est-ce qu'il s'est passé ? continua Lars.

Ce qu'il s'était passé ? Difficile de l'expliquer. Quoiqu'en vérité le phénomène était simple. Le Pot avait réagi à l'attaque. Puisqu'il n'était plus en mesure de se cristalliser pour maintenir les cinq mondes, il était reparti à zéro en se sacrifiant pour créer un tout nouvel univers dans lequel lui n'existait pas. Lars comme les autres ne voulaient que la confirmation qu'ils étaient bel et bien les derniers humains en vie et qu'il n'y aurait pas de retour à la normale. Voilà qu'en plus de les subir, elle devait apporter les mauvaises nouvelles.

-C'est...

Lilia ne parvint pas à conclure sa phrase tant sa bouche était pâteuse. Elle se mit à tousser et Lars l'incita à s'asseoir, accompagnant son mouvement pour s'accroupir près d'elle tandis qu'un inconnu non loin s'empressait de lui apporter quelque chose à boire. Le mutant passa une main sur sa joue, forçant sa cadette à tourner la tête de quelques degrés, et constata l'état de sa mâchoire. La fracture n'était pas passée loin, et Lilia souffrait probablement à chaque fois qu'elle tentait de prononcer un mot. Elle but quelques gorgées, toussa encore à trois reprises. Miranda arriva enfin, s'asseyant sur son flanc en prenant sa main entre les siennes. Alors la petite va-nu-pieds se sentit sur le point de défaillir une fois de plus. Elle avait perdu tout ce qui lui était cher, en un claquement de doigt. Être l'Archange ne signifiait rien, Nathan le lui avait affirmé. Raphaël et Miranda allaient vaincre Edwig, l'un d'eux deviendrait le champion du Pot, ils fêteraient cette victoire puis rentreraient à Cardith. Mais en à peine une heure tout avait dérapé. Sa sœur était morte, son beau-frère était mort, sa nièce était morte. Son père adoptif, sa meilleure amie, son mentor et son disciple, morts. Même Benjamin. Ils faisaient tous partie de ceux qui avaient modelés sa vie. Sans eux, elle n'aurait pas vécu un quart de ce qu'elle avait vécu. Elle se sentait désespérément seule, privée de leur présence galvanisante. Et pourtant. Certains valaient encore la peine de braver la souffrance pour vivre en leur compagnie. Raphaël, Miranda, les jumeaux, Awa, Lars, Kami, Valentin, Mathilde et Charlène. Même Émilie et Jane. Ils ne pouvaient plus que compter les uns sur les autres, unis qu'ils étaient, plus que jamais, par cette peine commune. Lilia respira longuement, encouragée par la proximité de ses amis qui redoublaient d'efforts pour apaiser son fardeau, et reprit.

-Il n'y a plus que nous, affirma-t-elle. Nous et tout ça.

Du coin de l'œil, elle désigna la luxuriante forêt qui entourait l'arène. La sentence tomba telle une épée de Damoclès. Lars resta pourtant d'un calme olympien, lui qui se doutait comme beaucoup qu'il en serait ainsi. Soit. Il leur fallait s'organiser, se préparer à découvrir un monde nouveau, survivre. Il y avait de quoi s'inquiéter, mais il préférait se dire que ce serait là une sacré aventure. Restait qu'une question demeurait en suspens.

-Et ça ? demanda Lars en pointant le portail.

Pour toute réponse, Lilia se redressa péniblement. Elle était certes blessée, mais pas assez pour se permettre de rester là, les bras croisés, alors que beaucoup s'activaient pour venir en aide aux rescapé. Angélyna n'aurait jamais agi ainsi. Que ce soir dans la joie ou dans la tristesse, il fallait qu'elle cesse pour de bon de penser à elle avant les autres. Le temps viendrait où elle pourrait se permettre de pleurer toutes les larmes de son corps afin d'extérioriser cette perte trop brutale, mais pour l'heure, l'un d'entre eux avait besoin d'aide. La jeune femme fit quelques pas en direction du portail et se stoppa juste devant.

-Layla s'est enfermée là-dedans, expliqua-t-elle. Ça pourrait être dangereux. Lars, tu peux t'assurer que personne ne me suive ?

Il acquiesça aussitôt, content de voir qu'elle reprenait un peu de poil de la bête. Difficile pour lui de stopper quiconque d'un tant soit peu puissant qui tiendrait réellement à passer, mais le jeune homme acquiesça. Lilia hésita à faire le premier pas, se mordit la lèvre, puis se retourna de nouveau, en direction de Raphaël cette fois-ci, lui adressant un petit sourire triste.

-Tu pourrais venir avec moi ?

Elle n'était pas certaine d'avoir besoin de lui, mais il demeurait l'un des rares êtres puissants en parfait état physique. Plus encore, il était le seul membre de l'institut à même de pouvoir l'accompagner et elle ne voulait en aucun cas se retrouver seule une fois de l'autre côté. Miranda, d'abord réticente, fut forcée d'admettre qu'il valait mieux qu'elle ne prenne aucun risque compte tenu du fait qu'elle tenait à peine sur ses jambes. Valentin, Mathilde et Charlène atteignirent le sommet de l'arène et vinrent rejoindre leurs camarades, constatant à leur tour le carnage. Miranda entreprit de leur résumer la situation, ravie d'avoir quelque chose d'autre à faire que de se ronger les ongles en attendant de savoir si Lilia et Raphaël allaient s'en tirer.

La traversée du portail fut instantanée. Il n'y eut guère de flashs lumineux, de vertiges ou autres nausées : Layla avait fait du bon boulot. Parée à toute éventualité, Lilia avait dores et déjà fait apparaître son aura blanche autour d'elle, afin d'être certaine de pouvoir venir à bout d'un potentiel ennemi prêt à surgir à tout moment. L'endroit dans lequel ils atterrirent ne laissa toutefois pas présager la moindre menace. Avant même de pouvoir l'observer, l'Archange reconnut à la sensation spécifique procurée par l'infiltration des brins d'herbe grasse entre ses orteils et au bruissement du vent sur les feuillages des bosquets sombres dans lesquels elle avait grandi le jardin de l'institut. Magnifié par l'âge, le manoir des Monier se dressait de toute sa superbe, jouissant d'une végétation nouvelle dont la cause n'était pas malaisée à deviner. Lilia se sentit aussitôt apaisée. Revoir l'institut, loin de cette maudite arène, suffisait à lui faire le plus grand bien. La première bouffée d'air qu'elle inspira suffit toutefois à la faire déchanter. Ce monde était factice. L'oxygène y était lourd, saturé, comme s'il était déjà passé par les poumons d'un autre. Haut dans le ciel, brillant comme jamais en cette journée de printemps, le soleil ne chauffait pas sa peau pourtant exposée. Lilia ouvrit les yeux et constata la présence d'étranges sphères qui allaient et venaient, tandis qu'elle discerna, au loin comme de près, des imperfections dans la structure des arbres, des variations étranges de la lumière, des négligences. Peut-être était-ce du à leur statut commun, mais elle comprit immédiatement que ce monde avait été créé par Layla, de toute pièce, sans qu'elle ne s'en rende nécessairement compte. Il fallait qu'ils la retrouvent et la sortent de cette illusion. C'est alors que Jane apparut, semblant jaillir de nulle part, juste devant eux. Lilia, sur la défensive, sursauta avant de discerner les traits de la scientifique. Elle poussa un soupir de soulagement.

-Je vous avais demandé de rester là-bas...se plaignit-elle fébrilement, quelque peu vexée qu'on ne prenne pas en compte ses recommandations.

_________________
Time to tip the scales!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jaleniel
Marchombre
avatar

Messages : 1165
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23
Localisation : Devant mon pc.

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Jeu 11 Juin - 12:58

Oloren s'était allongée comme tous les autres auprès des morts. Cette douleur perçante, elle la ressentait pour la deuxième fois. C'était injuste. C'était infâme. Elle ne réussit même pas à en pleurer. Snori et Erlyn. On lui avait pris deux des êtres les plus chers à ses yeux. Deux grands frères qui n'aurait pas dû partir, pas une seconde fois. Pas de cette façon. Elle se releva la première, et partit sans un mot. Laissant tout le monde sur place, elle s'avança en direction directe du Nord ...


Les lycanthrope se réunirent en un troupeau et léchèrent leurs plaies. Arawn se dirigea en marchant, sous sa forme humaine, vers Kellue, lui souriant simplement. Bien que son regard soit toujours aussi chargé de sens, il préféra se prononcer pour s'adresser à son élue.

- Que vas-tu faire, à présent ? Si tu n'as pas de grand projets, tu es toujours la bienvenue dans notre famille. Nous allons explorer ce nouveau monde jusqu'à trouver une jungle qui nous convienne, le plus loin possible des hommes. Tu sauras évidemment nous retrouver ... Oh, et puis ...

Pour finir sa phrase, le seigneur lycan se contenta de se frotter le bout du nez, tout en souriant à Kellue.


[ https://www.youtube.com/watch?v=CSvFpBOe8eY ]

Raphaël, comme sa soeur spirituelle aux cheveux blancs, conserva un silence parfait. Il se mit à genoux quand Miranda le quitta pour rejoindre Lilia. Le vent tourna. Aucune tempête ne se déchaîna, aucun geste violent. Il resta à genoux à fixer le sol dans un faux calme. Si le vent avait tourné, c'était que sa colère était suffisamment intense pour être sourde. Froide. Les quelques individus de l'institut encore en vie le connaissant en profondeur comprirent le sentiment qui l'habitait, originaire d'une douleur qu'aucun ne saurait comprendre. Etait-il donc le seul ? Etait-il donc le seul à être révolté par cette situation ? Alors que les choses étaient terminées et que tous devaient se tourner vers l'avenir, lui refusait. Il ne pouvait accepter cette tournure. Ce scénario n'était pas le bon. Il ne l'aimait pas. Il n'en voulait pas. A aucun moment il n'avait pu faire le deuil d'Emilie dans le passé, et il était hors de question de faire le deuil des autres ...

Il resta à genoux un instant lorsque Lilia lui demanda de l'accompagner. Layla. Il devait s'occuper de Layla. A tout prix. Ses ailes se déployèrent et se rabattirent, le faisant sauter directement dans la faille. Il se rendit compte du manque d'air dans cet étrange endroit qui ressemblait à un institut sublimé. Il régula le problème rapidement, en se servant de ses dons, au moins pour un moment, tous deux pourraient respirer normalement le temps de récupérer la petite Soubresault. Une fois l'oxygène mieux géré, il pris un moment pour regarder autours de lui. Ses sourcils se froncèrent. Quel immonde endroit. Il grimaça. Il n'était pas capable de voir ce lieu comme l'Eden qu'il était. Tout lui semblait abjecte, en particulier compte tenu du réalisme de ce genre de vision. Il se décida à chercher Layla sur le champs, ne voulant pas perdre une seule seconde de plus en cet endroit qu'il jugeait d'une incommensurable laideur ...



Alucard, quant à lui, avait fait le déplacement jusqu'à ce militaire dont il avait vaguement entendu parler, puis sur lequel il s'était d'avantage renseigné. Arrivé à sa hauteur, il lui sourit d'un air serein, en commençant à se débarrasser de son grand manteau blanc.

- Erik Saori ? Il semble que vous ayez fini par faire votre choix ... Il nous à coûté très cher, cependant. Nombre de héros sont morts, aujourd'hui. La liberté à un goût très amer. Trop amer. Mais il est à présent de notre devoir de vivre. Les gens n'ont plus besoin de Taetra. Bientôt ces manteaux seront brûlés, l'objectif étant de redevenir un seul et même peuple uni ... Et à présent cela concerne aussi nos univers voisins. Vous joindrez-vous à nous, malgré notre passé conflictuel ?


Julie n'avait de cesse de caresser les visages de ses deux fils. Enfin. Après tout ce temps, elle pouvait enfin être une mère pour eux. Elle les couvraient de baisers, de tendresses et autres gestes dont elle avait été privée jusque là. Peut-être était-elle la seule à pouvoir se réjouir, ici. Peut-être était-elle la seule à pouvoir être heureuse. Un tout nouveau monde, avec sa famille, une nouvelle vie qui s'offrait à présent à elle. Plus rien d'autres n'avait réellement d'importance à ses yeux que ce qui lui semblait être une chance inespérée. Plusieurs fois elle pris une inspiration pour engager la conversation, mais elle ne sut quoi leur dire, alors garda le silence, laissant ses doux gestes traduire ses sentiments.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.youtube.com/jaleniel
L.Hubs
Marchombre
avatar

Messages : 2051
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Jeu 11 Juin - 21:31

Si les fondements même de la société non-monétaire hovoïte était basée sur le groupe et ses actions, les différents rites et coutumes avaient en revanche tendance à être basées sur l'individu. L'on fêtait ainsi souvent les dates importantes en fonction des désirs de chacun, et en dépit de la pression implicite que pouvait emmener avec elle le poids de la succession, tous étaient libres, au sein d'une famille, d'agir comme bon leur semblait pour peu que l'union soit de mise lors des moments importants. À ce titre, ceux qui parvenaient à s'élever par le biais d’exploits individuels bénéficiant à tous, comme Esmezia, étaient mis sur un piédestal, car c'était sur cette idée que reposait les fondements de l'état de l'Est : s'accomplir pour et par le bien commun. Un mode de pensée quelque peu aliénant et parfois inapproprié pour des jeunes gens qui avaient alors tendance à se rebeller et à s'expatrier, mais qui en venaient très souvent à revenir vers leurs racines une fois la maturité acquise. La tradition consistant à s'allonger auprès des morts ne dérogeait pas à la règle. Elle avait pour but de s'unir une dernière fois, mais nul n'était tenu de se prêter au jeu ou de rester planté là durant un temps défini ; aussi personne ne s'offusqua du départ quelque peu précipité d'Oloren. Alix se lança en revanche aussitôt à sa poursuite, avant qu'elle ne s'éloigne trop, et trottina jusqu'à la rattraper.

-Où-est ce que t'en vas comme ça ? lui demanda-t-elle, inquiète.

L'ancienne tapissière la regardait avec ses grands yeux brillants et sa bouille triste. Elle ne voulait pas qu'elle les quitte, quelle qu'en soit la raison. Comme d'accoutumée, elle envisageait le pire des scénarios et s'imaginaient déjà que sa petite amie avait décidé d'explorer le monde, seule, afin de purger sa peine loin des hommes. Elle la supplierait de la laisser l'accompagner, essuierait un refus dur à encaisser, se mettrait à pleurer. Alors Esmezia prendrait parti et entrerait en conflit avec Oloren, comme si les choses n'étaient pas assez compliquées comme ça. Peut-être était-ce là une manière pour elle de se protéger. En envisageant le pire, elle ne pouvait plus être que soulagée. Mais ses inquiétudes étaient bien réelles en cet instant. Tout avait dégénéré si vite qu'une mauvaise nouvelle supplémentaire n'aurait guère été surprenante à ses yeux. Ceux de Kellue, à quelques dizaines de mètres de là, allèrent d'Arawn à Edward. La parleuse afficha un léger sourire qui laissa apparaître sur son visage un semblant de douceur inhabituel.

-Si je le laisse seul plus de deux jours, il va se faire tuer, plaisanta-t-elle sans entrain.

Edward était en vérité plus qu'apte à se passer de sa protection et de ses conseils, lui qui avait pour allié les esprits les plus brillants de Valato et les combattants les plus puissants du multivers, mais elle ne pourrait jamais se résoudre à le laisser derrière. Elle avait été élevé par les Reydoran, en tant que simple servante et garde, mais avec une attention à laquelle peu d'enfants auraient pu rêver de la part de la fille du dernier roi du Nord. Même si elle n'avait le droit de se lier d'affection avec lui durant ces jeunes années, Edward avait été un petit frère pour elle, avant de devenir l'allégorie d'une cause juste pour laquelle elle avait mis et mettrait encore et toujours sa vie en danger sans la moindre hésitation. Arawn avait été bon avec elle. Il l'avait sauvée alors qu'elle menaçait de céder aux pulsions de la lycanthropie, l'avait accueillie dans son clan comme si elle en était la reine. Mais Ohihir était de retour. Kellue n'était plus un loup-garou et n'aurait plus à l'être, aussi ne trouvait-elle pas de raison valable de s'écarter de celui à qui elle avait dédié son existence. Son visage retrouva son sérieux habituel et la guerrière exécuta un garde-à-vous parfait.

-Arawn, ce fut un privilège de vous avoir pour compagnon. Je ne pourrais probablement jamais m'acquitter de la dette que j'ai envers vous mais je jure de faire mon possible pour y parvenir si, en quelque circonstance, vous en arrivez à avoir besoin de mon soutien ou de ma force.

Son soutien et sa force. Ce n'était pas cela qu'il désirait, et Kellue le savait, mais elle n'avait rien d'autre à lui offrir et espérait qu'il en prenne conscience une bonne fois pour toutes.

Erik était remonté peu après Edwig et avait observé, impuissant, le combat final entre l'Omnikhaan et cette petite fille qu'il devinait être Layla Soubresault. Il avait étudié ces mutants avant de se lancer dans le tournoi, d'une part pour connaître ses adversaires mais également par curiosité ; pourtant rien ne lui avait permis de deviner une puissance telle à la gamine qui avait mis en déroute la redoutable créature. Et voilà donc qu'ils se retrouvaient dans un monde remis à neuf. Le militaire ne pensa pas à l'organisation qu'ils allaient devoir fonder, à leur survie, à leur avenir. Il fusa sans se soucier du reste vers les loges du monde des sourciers, et poussa un immense soupir de soulagement en constant que sa femme et son fils étaient sains et saufs. Tant qu'ils étaient là, peu lui importait d'être envoyé dans un futur lointain ou ramené à une préhistoire inédite. Au diable ces histoires d'univers, de déités, d'archanges et autres affabulations. Eux trois. Le reste ne servirait que de garniture. Erik s'empressa de ramener les siens au sommet, où tous se réunissaient et où aucun sprinkhaan n'osait s'aventurer. Il fut alors interpellé par Alucard. La flamme blanche. Le leader de Taetra qui s'adressait à lui en personne, pour proférer autre chose que des menaces. Il venait lui proposer la paix, mais que valaient des négociations avec un homme capable de vous tuer en un claquement de doigt ? Quoiqu'à bien y penser, une arme automatique détruisait une vie aussi vite que les flammes d'un sourcier. Le major soupira en haussant les épaules, puis répondit à son interlocuteur en fixant son propre fils, dans ses bras.

-Il va effectivement falloir faire voix commune. Nous avons un avenir à construire pour ceux qui passeront après nous. Et puisque notre monde n'existe plus, les conflits le régissant n'ont plus raison d'être. Vous savez, je ne suis pas devenu soldat car j'aimais la guerre. Je me suis engagé pour la stopper. C'est de ça que devraient rêver les vrais combattants : ne plus avoir à se battre. Alors oui. Nous marcherons côte à côte, Alucard Donvar.

Joignant le geste à la parole, Erik tendit une main chaleureuse à son ancien opposant. Ses méthodes avaient beau être quelque peu extrêmes, lui aussi défendait de véritables idéaux. À l'instar de l'organisation dont il était le fondateur, il devait y avoir du bon à tirer de lui. Darius, non loin, se laissa faire quelques instants avant de se dégager de l'étreinte de cette femme qui se présentait, à raison semblait-il, comme sa mère. Ses élans d'affection étaient indéniablement agréables, mais elle n'en restait pas moins une quasi-inconnue. Si les gènes ne pouvaient mentir, il serait toutefois difficile à l'Eldarak de considérer Julie comme la figure maternelle qui lui avait manqué alors qu'il était presque majeur et ne savait pas grand chose d'elle, si ce n'était qu'elle fut une des ennemies de son père. Ils parleraient de leur avenir commun, c'était certain. Mais le moment n'était peut-être pas le plus approprié pour ce faire. Le jeune homme salua June et Jules, quelque peu gêné de ne pas savoir comment s'y prendre avec eux – gène visiblement partagée – et se dirigea vers le guérisseur le plus proche, qui entreprenait déjà de venir en aide aux démunis. Lui n'avait que quelques égratignures mais était vidé de son énergie pourtant cruciale : grâce à sa maîtrise de la terre, il pourrait en effet grandement aider les secours aux sous-sols.

_________________
Time to tip the scales!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Louis
Marchombre
avatar

Messages : 1316
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 26

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 16 Juin - 14:42

A grandes enjambées énergiques, Jane se dirigea vers Raphaël et Lilia. L'écho de leur arrivée avait résonné pendant près d'une semaine tout autour d'eux, mais la scientifique avait compris la signification de l'étrange pulsion magnétique seulement deux jours auparavant. Deviner qui étaient les arrivant avait néanmoins été étonnamment aisé, puisque leurs doppelgängers avaient disparu dès lors que les deux mutants avaient traversés le portail. L'institut Hubs n'avait pas montré le moindre signe de tristesse face à la mort de deux de leurs membres les plus importants. Bien au contraire, ils s'étaient réjouis de savoir qu'ils seraient bientôt remplacés par les véritables Lilia Hubs et Raphaël Monier. Et avec un peu de chance, les autres les rejoindraient bientôt.

Sitôt qu'elle fut en face d'eux, Jane enlaça les deux arrivants, émue de les voir tous deux en pleine forme et bien portants.

- Nous pensions vous voir bien plus tôt ! Pourquoi avez vous étés aussi longs ?

Maternelle à l'excès, Jane sourit aux deux nouveaux arrivants. Depuis la création de ce lieu, ils étaient les premiers à venir. La jumelle erroné de la scientifique s'était étonnée que les jeunes gens ne soient pas arrivés plus tôt. Alors qu'elle s'interrogeait sur les raisons de ce retard, plusieurs orbes tournèrent autour d'elle, sans qu'elle n'y prête la moindre, la traversant en émettant un doux ronronnement. Un détail marqua particulièrement Jane. Lilia et Raphaël semblaient particulièrement jeunes. Une multitude de théories traversèrent l'esprit du doppelgängers. Le temps s'écoulait-il bien plus vite dans la réalité que leur Créatrice leur avait offert ? Ou étais-ce la création même de ce monde qui avait accéléré temporairement leur vieillissement ? Le contact avec l'essence du pot à crayon était sans doute l'origine de cet étrange phénomène temporel. En bonne cartésienne, Jane savait qu'elle n'avait aucun moyen d'obtenir une réponse à ses questions sans retourner dans le monde « réel ». Elle repoussa donc ses idées, pour accueillir comme il se devait leurs deux nouveaux arrivants !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jaleniel
Marchombre
avatar

Messages : 1165
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23
Localisation : Devant mon pc.

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 16 Juin - 15:38

Tout d'abord, Oloren pensa à simplement continuer son chemin, écartant Alix. Elle se fit le même scénario, un instant. Partir en solitaire, rongée par la douleur, en causant celle de sa bien aimée, et ne peut-être plus jamais donner de nouvelle ... Même aussi blessée qu'elle l'était, elle ne pouvait se résoudre à abandonner sa belle tapissière blonde, au final. Elle voulait tout de même partir. S'éloigner. Plus rien ne la retenait, ici, sauf elle. Il ne lui restait qu'une solution, en partant de ce postulat.

- Tu viens ?


Arawn sourit, en regardant Kellue. Il avait compris depuis déjà bien longtemps. Depuis l'affrontement contre Igol Vrag, en fait. Mais cela lui importait peu.

- Tu sais bien que je lâcherais jamais l'affaire, louve. Passes juste nous voir de temps à autre, dit-il en s'inclinant légèrement devant elle, puis devant le roi. Edward. Tâchez d'avoir une descendance. Il n'est pas exclu que les lycans désirent être considéré comme d'honnêtes citoyens, aussi est-il possible que nous nous revoyons à des fins diplomatiques.

Après un clin d'oeil à la porteuse d'Ohihir, il tourna les talons, prenant sa merveilleuse forme de loup noir, rejoignant sa meute, qui prirent le chemin de la plus proche forêt. Ils en changerait très vite, mais le temps de voyager jusqu'à l'autre bout de ce nouveau monde, plusieurs campements se feraient, et seraient abandonnés, jusqu'à atteindre l'endroit idéal ...


Alucard ricana lorsqu'il serra la main d'Erik.

- Désolé, l'ami, mais il faudra marcher seul. Je suis chef de guerre, pas politique. Pour ça, il faudra composer avec Gérard et les autres dirigeant des autres mondes. Moi, je serais là pour m'assurer que le peuple restera toujours libre, et entre temps, je vais tâcher de prendre au sérieux mon rôle de père ...

Il retira sa main de celle du soldat, toujours souriant.

- Je vous souhaite bon courage. Aussi étrange que ça puisse paraître, j'ai confiance en vous, monsieur Saori.




Le regard furieux de Raphaël se posa sur Jane alors qu'elle avança pour les enlacer. Sa main se posa sur l'épaule de la scientifique pour la repousser sèchement, mais sans brutalité, tandis qu'il entreprenait de marcher vers l'institut. Son objectif était de retrouver Layla, puis il aviserait auprès de Lilia. Après tout, quel que soit la fantaisie dans laquelle il se trouvait, ce manoir était le sien, directement hérité de son père, il y avait tous les droits, et n'avait pas de temps à perdre avec un fantôme imaginé du futur. C'est à coup de pied qu'il retira les portes de leurs gonds ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.youtube.com/jaleniel
L.Hubs
Marchombre
avatar

Messages : 2051
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 16 Juin - 19:31

Partir ensemble, explorer un monde nouveau et mystérieux, main dans la main. Oui, l'idée était alléchante. Alix aurait accepté sans la moindre hésitation dans d'autres circonstances. Toutefois les informations glanées ça et là, tirées des dires relayés de Lilia, abondaient vers une perspective d'avenir unique : tous demeureraient ici, tenteraient de rebâtir une civilisation à partir de rien, feraient corps à défaut de mieux. La petite tapissière avait beau aimer sa compagne de tout son être, elle ne pourrait jamais se résoudre à choisir entre elle et tous les autres. Adel, Ilawen, Esmezia et Bartiméus restaient ici. Sans compter le reste des anciens membres de l'expédition et William dont elle restait l'amie, et ses camarades de l'académie. Fuir sans assurance de pouvoir un jour revenir et ainsi risquer de ne plus jamais les voir, eux qui étaient toute sa vie ? C'était impensable. Alix fit un geste en direction de son interlocutrice mais se ravisa, joignant ses propres mais dans son dos en regardant, gênée, le sol tâché de sang. Elle n'aurait su dire s'il lui manquait le courage ou la lâcheté de quitter ce lieu mais en était pour sûr incapable. Ce fut avec un calme placide qui ne lui ressemblait pas qu'elle finit par répondre, non pas sans avoir préalablement affiché une dizaine de moues différentes et avoir posé les yeux sur sa famille puis sa petite amie.

-Je ne peux pas tout quitter pour toi, Oloren.

Plus cassante qu'elle n'aurait voulu l'être, Alix tenta de se racheter en envoyant vers son aimée un regard compatissant. Elle venait de perdre son frère de nouveau, sans compter que Snori était pour elle quelqu'un de particulièrement cher. S'adresser à elle de cette façon n'était que peu habile. Elle aussi, toutefois, était bouleversée. Une chose demeurait certaine : mieux valait éviter les prises de décisions hâtives. Kellue ne partageait pas ce point de vue vis à vis d'Araw, qu'elle regarda s'éloigner avec sa meute. Elle admirait sa résignation et son sang-froid. À l'instar d'Edward, il menait son peuple avec sagacité, bien que leurs cultures respectives soient en tout point différentes. Les lycans étaient fascinants. Trop sauvages pour la gardienne du roi-loup qui ne se sentait à son aise qu'entre des murailles ou sur un champ de bataille, mais peut-être moins cruels que les hommes en dépit des apparences. Peut-être bien qu'elle se laisserait tenter et irait effectivement leur rendre visite. Le petit sourire amusé de Kellue s'étira alors qu'elle faisait craquer les os de sa nuque. Ces adieux étaient déchirants, mais il n'en restait pas moins qu'il y avait encore des citoyens à tirer des décombres et que son aide ne serait pas de trop. Elle fit ainsi volte-face et se dirigea vers la porte qu'empruntait le groupe de Nithilde, tournant ainsi le dos à Arawn. Une fois encore, ils empruntaient des routes différentes. Pourtant la parleuse n'était pas peinée. Ces chemins finiraient par se croiser de nouveau, inexorablement. Qu'importait la situation d'apparence désastreuse, il ne s'agissait jamais que d'un détour mais en aucun cas d'une impasse. Les morts s'entassaient, et l'on parlait déjà d'emménager un cimetière dans la plaine qui s'étendait à l'Est. Adel avait réuni les personnalités les plus influentes ou avisées des différents mondes et discutait de la formation d'un conseil provisoire, tandis que quelques poroliens volaient vers les vestiges de leur cité déchue. À l'instar des Saori, des familles se retrouvaient en dépit des probabilités. La machine était déjà en marche. Ne restait plus qu'à récupérer leur jeune sauveuse.

Lilia eut vite fait de comprendre que Jane ne les avait pas suivis. Il ne s'agissait que d'une illusion de plus, mais celle-ci était particulièrement troublante, car à bien y regarder, cette version de la scientifique l'ayant accueillie semblait plus âgée que l'originelle. Ses cheveux déjà grisonnants étaient désormais plus clairs, tandis que des rides déjà présentes étaient plus creusées qu'à la normale. Peu encline à tirer des conclusions sans plus d'informations, l'archange préféra garder ses hypothèses pour elle et suivit Raphaël sans aucun égard pour cet être éthéré qu'ils avaient bousculés sans ménagement. Elle ne put toutefois s’empêcher de grimacer lorsqu'il démolit, une à une, les portes qu'ils passaient. Authentique ou non, l'institut était un endroit auquel elle tenait, et le voir ainsi mis à mal lui rappelait de bien sombres souvenirs, datant de l'époque où Artémis avait tenté d'assassiner Barry sous les ordres de Richard. Frêle silhouette derrière le haut et musculeux fils Monier, Lilia trottinait à la manière d'une enfant pour compenser les foulées plus longues de son ami à qui elle voulait emboîter le pas, mais se stoppa toutefois alors qu'ils arrivaient aux escaliers du hall. Là-bas, dans le salon à sa gauche, se trouvait Skyler. Il avait, de vue, le même âge que Benjamin, et, bien que toujours aussi froid d'apparence, paraissait plus serein que l'adolescent qu'elle avait connu. Plus troublant encore que sa seule apparition, sa parfaite immobilité avait quelque chose de malsain. Assis dans un canapé, les jambes croisées, il fixait la fenêtre et ne respirait pas. Des sphères le traversaient de temps à autres, et le boucan provoqué par Raphaël aurait du l'interpeller, mais ses membres ne se mouvaient pas. Lilia se détourna. Elle ne voulait pas avoir à se poser la moindre question ni à souffrir de la présence factice des proches qu'elle venait de perdre, malgré sa peine, malgré l'envie lancinante de vérifier qu'Angélyna existe en ce monde. Ils n'avaient qu'une personne à trouver.

-Layla ?! appela la jeune femme en montant quelques marches.

Ils étaient dans son univers. Elle l'entendrait.

_________________
Time to tip the scales!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Louis
Marchombre
avatar

Messages : 1316
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 26

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Dim 21 Juin - 19:31

Jane suivit à la hâte les deux mutants. Ces deux là semblaient tellement perturbés face au miracle auquel ils assistaient qu'ils en perdaient leurs moyens. Il était de son devoir de s'occuper d'eux. Traversant le manoir derrière Lilia, la scientifique indiqua à ses amis qu'elle avait les choses en main.

- J'ai conscience que la situation peut vous perturber, et que ce monde peut vous perturber, mais ne vous inquiétez pas! Il s'habituera bien vite à votre présence, et s'adaptera en fonction de vos perceptions!

Malgré son désir de les aider, Jane constata qu'ils ne l'écoutaient pas le moins du monde. Quelque peu vexée, elle continua pourtant à parler derrière eux, se voulant le plus rassurante possible. Elle s'interrompit pourtant lorsque Lilia interpella la Créatrice. Les nouveaux arrivants n'avaient pas la moindre intention de rester, comprit-elle. Ils voulaient seulement La rammener dans leur monde chaotique. Elle eut alors un frisson d'effroi, se demandant ce qui adviendrait d'eux si Elle partait. La scientifique s'était longtemps demandé ce qui adviendrait dans un cas tel que celui ci, mais n'était jamais parvenu à la moindre conclusion. Elle ne pouvait néanmoins pas les arrêter. Prennant Lilia par l'épaule, elle prit une mine triste et déclara :

- Vous ne la trouverez pas ici... Elle est dehors, près du chêne... Elle vous attends, je crois!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jaleniel
Marchombre
avatar

Messages : 1165
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23
Localisation : Devant mon pc.

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Dim 21 Juin - 20:12

Oloren se laissa tomber sur son postérieur, posant ses coudes sur ses genoux, assise, baissant la tête pour perdre son regard dans le vide. Sans Alix, elle ne pouvait plus aller bien loin ... Elle était forcée de rester. Rester dans ce lieu où ce et ceux qu'elle aimait avait subit une tragique fin.


Jane. Jane Hubs. Rien que ce nom tapait sur le système de Raphaël, qui venait de démolir des portes à la chaîne. Il s'habituera ? Raphaël n'avait aucune ambition de cela. Ce monde devait être détruit. Il était une prison de fantasme heureux dans lequel il était facile de se laisser sombrer pour ne plus jamais revenir. Sans plus de cérémonie, Raphaël expulsa Jane contre le premier mur qu'elle rencontrerais lorsqu'elle posa la main sur l'épaule de Lilia.

- Ne la touche pas, lâcha-t-il avant de lui écraser la cage thoracique sous un lourd coup de genou.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.youtube.com/jaleniel
L.Hubs
Marchombre
avatar

Messages : 2051
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Dim 21 Juin - 20:53

Lilia méprisait la violence. Elle avait à ce titre parfois eu du mal à pardonner à Lars ses activités pour le moins douteuses en dépit de leur amitié, d'autant plus que le jeune homme considérait ces combats comme un simple jeu sans arrière-pensée. Daniel lui avait raconté ce qu'il en était de ces matchs à paris dans les bars de Cardith, auxquels il avait assisté le jour où Barry l'avait envoyé recruter ce mutant fougueux, et malgré ce que pouvait en dire l'intéressé, ses adversaires ne faisaient pas semblant d'être blessés. Un divertissement sanglant. Mais soit. Que certains, d'un accord commun, se défoulent l'un sur l'autre pour une raison qui les regardait ne l'ulcérait pas ; le tournoi du Pot en était un exemple. Frapper sans raison aucune et avec pour seule intention de blesser était en revanche intolérable. Cette réplique de Jane, tout sauf hostile, fruit des pouvoirs de Layla, l'une des leurs, avait subi le courroux de Raphaël. En temps normal, Lilia se serait tue. Bien que désapprouvant cet acte, elle aurait été trop intimidée pour oser contester. Dans un bon jour, peut-être l'aurait-elle quand même fait. Crier sur ses amis ne lui ressemblait pas, mais elle savait s'imposer lorsque la situation l'exigeait. En ce cas précis, ses principes furent toutefois rangés au placard. Elle n'était dans ce monde imaginaire que depuis quelques minutes et perdait déjà patience, si bien qu'elle n'avait plus qu'une envie : trouver Layla et foncer retrouver Miranda et les autres. Qui savait, en outre, quels effets cet espace pourrait avoir sur leurs organismes ? Les pouvoirs des archanges étaient incommensurables, Lilia était bien placée pour le savoir, et elle ne tenait pas à savoir comment cet univers illusoire gérerait une intrusion. Puisqu'ils étaient déjà engagés sur la voie de la destruction au service de l'efficacité, autant s'y tenir. Le grand chêne, hein ? Elle ignorait où se trouvait cet arbre, et elle connaissait pourtant le jardin à la perfection. Sans doute avait-il remplacé son orme. La jeune femme contourna Raphaël alors que l'énergie blanche commençait à flamboyer autour de son épiderme, puis elle tendit la main vers ce qu'il restait de la grande porte. L'énergie versatile émana sous la forme d'une puissante onde de choc qui s'étendit en arc de cercle devant la mutante, ravageant le couloir et les salles alentours, annihilant un bon quart du bâtiment afin d'offrir aux intrus une voie dégagée vers l'immense fagacée. Se défouler un peu lui fit le plus grand bien, d'autant que la destruction de cette réplique de son foyer disparu avait une portée symbolique pour elle. Un début de deuil, celui d'un monde. Elle ne pouvait plus s'autoriser à déprimer avant d'être sûre que Layla se portait bien, pour Gareth.

-Layla ! appela-t-elle une seconde fois après être sortie du bâtiment mis à mal.

_________________
Time to tip the scales!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Louis
Marchombre
avatar

Messages : 1316
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 26

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Lun 22 Juin - 11:10

Sur le sommet d'une des immenses branches du chêne, une jeune fille à l'air bagarreuse avait observée l'homme et la femme traverser le portail, en compagnie de Jane, puis ressortir à grand renfort de fracas. Elles les avaient identifiés à leurs démarches reconnaissables entre mille. Ils avaient une aura très familière, et pourtant parfaitement étrangère à ce qu'elle connaissait. Leur apparition lui était, pour une raison qu'elle se refusait de voir, extrêmement douloureuse. Le visage dans l'ombre, elle continuait à les observer tandis qu'ils l'appelait et la cherchait, tout prêt de son arbre. La fille, pas plus âgée qu'elle, semblait dérangée par le nouvel arrangement du jardin. Lorsqu'elle l'avait recrée, des années auparavant, il y avait en effet un orme, à l'endroit où elle son chêne se trouvait. C'était un arbre magnifique, mais qui pour une raison qu'elle ne pouvait expliquer, la dérangeait, lui rappelant des responsabilités dont elle ignorait tout. Peu désireuse de le détruire, elle l'avait déplacée au loin, aux confins de la forêt qui existait désormais près de l'institut. A la place, son grand et majestueux chêne montait jusqu'au ciel, sans qu'on puisse lui discerner une quelconque limite.

Les appels se faisant de plus en plus pressants, Layla comprit qu'elle ne pouvait plus se cacher indéfiniment. Elle avança sur l'extrémité de la branche tel une équilibriste, ses cheveux fins et longs en bataille, et se tourna vers eux. Son visage pourtant doux exprimait un défi sans pareil, tandis que l'ombre du chêne la protégeait toujours du soleil.

- Que voulez vous? fit elle de sa voix fluette dans laquelle se cachait un mélange de peur et de provocation.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Louis
Marchombre
avatar

Messages : 1316
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 26

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 23 Juin - 14:22

L'apocalypse venait à peine de frapper la terre que déjà certains repartaient vers des terres inconnues pour rejoindre les légendes. Ainsi, Edward observait silencieusement les loups garous partir en meutes en direction des forêts nouvellement crées. Ces courageux marginaux voulaient quitter la toute récente communauté mise en place pour lutter face aux envahisseurs. Tout était arrivé si vite que le roi déchu ne parvenait pas à assimiler leur nouvelle situation. Les portails vers leurs mondes étaient clos. Même si personne ne pouvait réellement l'affirmer, le Naïlikan avait la conviction que son peuple avait maintenant rejoint le néant. Il avait failli à son devoir de protection, pensa t-il, tandis qu'une lame lui traversait le cœur à l'idée des millions, peut être même des milliards de morts. Le plus tragique est qu'il avait été pendant tout ce temps totalement impuissant... Un spectateur inutile face à la destruction de leurs mondes. Au moins Kellue ne l'abandonnait-elle pas comme il aurait pu le penser...

Les morts étaient nombreuses, et particulièrement chez les Valatiens. Et parmi les survivants, certaines mutilations ne mèneraient que vers un repli social. Ses pas le menèrent vers les familles endeuillées, vers les soigneurs débordés, leurs souffrances se répercutant sur la sienne. Voir celui qu'ils considéraient encore comme leur souverain semblait leur apporter un indicible réconfort, un signe que leurs sacrifices n'avaient pas étés vains. A cela, Edward donnait de sa personne, bien qu'il n'y cru pas lui même. Il n'avait aidé personne. Il s'était contenté de donner des ordres pour repousser un envahisseur implacable.

Quelques heures auparavant, il jouait avec Adel à un jeu où il incarnait un dictateur sanguinaire. Quelle douce ironie... Bientôt, il ne se contenta plus d'offrir son soutien aux survivants Valatiens, mais en donna aussi aux autres victimes, qui le connaissaient pour la plupart. Ce fut une certaine surprise pour le souverain, bien vite expliquée par le cri de ralliement de son peuple en son nom, lors du début de la bataille. A force de discussion, il comprit que son nom avait encore une importance, même chez les Cardithiens qui n'avaient jusque lors jamais entendu parler de lui...

Les hommes et les femmes avec qui il parlait s'inquiétaient énormément de leur avenir. Certaines décisions devraient être prises... L'avenir s'écrivait dès à présent... Même si les cris des souffrants résonnaient encore, il fallait réfléchir à ce qui allait advenir maintenant ? Après une accolade à une femme qui venaient de perdre son mari et son fils, Edward s'éloigna de la population en deuil, et demanda à des messagers de faire venir toutes les personnes d'influences survivantes dans ce lieu de chaos... Un huit-clos devait absolument être mis en place...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jaleniel
Marchombre
avatar

Messages : 1165
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23
Localisation : Devant mon pc.

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mer 24 Juin - 14:18

Gérard se dirigeait tranquillement vers Edward, tandis qu'il allumait une cigarette. Le citoyen qui l'avait prévenu se dirigeait vers Erik Saori afin de l'avertir à son tour, sous directive du télépathe. Edlan se contenta d'un grand battement d'ailes, le roi de Porol n'attendait que de pouvoir abdiquer en faveur de son fils, mais celui-ci étant retenu, il prendrait les responsabilités diplomatiques nécessaires pour relever cinq peuples, qui devaient s'unir en un seul.

Oloren observa l'attroupement d'un regard vide. Elle fronça les sourcils lorsqu'un messager vint la voir à son tour. Les Ehlkaÿd avait, en Valato, eut une influence non négligeable, en particulier lors de ces dernières années. Etant la seule représentante actuellement présente de sa famille, elle se devait de prendre part à ces discussions ... Elle se releva presque immédiatement, d'un air soudainement déterminé. Leur avenir allait se jouer dans cette réunion, et elle se devait d'être présente, pour Snori, pour Erlyn, mais aussi pour cette liberté qui lui était si chère. Les combats achevés, c'était par la diplomatie que se définirais les lois, les droits et libertés de chacun. Elle comptait aussi sur cette occasion pour se débarrasser de son image négative qui était la sienne dans le domaine politique. Elle embrassa Alix avec autant de fougue que de tendresse.

- Je t'aime, tu sais ? dit-elle simplement avant de rejoindre les dirigeants d'un pas pressé. Edward, de combien de personnes escomptez vous former ce conseil ?

Edlan esquissa un léger sourire. La présence de la jeune femme aux cheveux blancs avait quelque chose de rassurant, d'apaisant. Gérard pris sa cigarette en main le temps de souffler la fumée hors de ses poumons, en attendant tranquillement Saori. Il comptait vivement sur sa présence pour un jugement plus équilibré concernant son peuple.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.youtube.com/jaleniel
Louis
Marchombre
avatar

Messages : 1316
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 26

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mer 24 Juin - 16:09

Bien qu'Edward aurait préféré traiter avec l'ainé de la famille, il voyait dans le regard de la jeune Elkhaïd une détermination qu'il n'avait jamais aperçu auparavant chez l'adolescente. Elle manquait peut être encore de maturité, mais avec l'âge, elle ferait, tout comme son frère, une alliée influente et de qualité. Beaucoup commençaient à affluer autour de lui, même si à son grand regret, Snori Pendragon manquait à l'appel... Sa mort était une grande perte pour la petite communauté qu'ils étaient devenus.

- C'est un conseil exceptionnel, mademoiselle Elkhaïd. Nous aurons besoin de toute personne capable de diriger les survivants, et de nous mener vers un avenir plus... Florissant.

Il mena alors les principaux intéressés vers l'ancien QG, qui malgré son état déplorable, avait encore un toit et des structures solides. Il fit mander des chaises et une grande table, qui furent prestement mises en places. Lorsque tous furent installés -ils étaient en tout et pour tout une cinquantaine- Edward prit la parole, en tentant de regarder chacun des "invités" au moins quelques secondes.

- Avant de débuter ce conseil exceptionnel, je tiens à dissiper dors et déjà les malentendus et les non-dits. J'ai compris que beaucoup d'entre vous vivent en démocratie, et je ne désire pas -en vous mandant tous ici- prendre le pouvoir et vous imposer ma "royalle" autorité. Si, malgré l'importance de sauver les hommes et les femmes encore en danger, je vous ai demandé de me rejoindre, c'est car une multitude de décisions doivent être prises, afin d'empêcher que ce monde... Notre monde... Sombre de nouveau dans le chaos. Beaucoup de tensions subsistent dans nos rangs, beaucoup de haine et d'incompréhension, notament envers les quelques survivants de la terre. Nous devons avant tout empêcher la mise en place de procès populaires, qui n'auraient aucune utilité, si ce n'est de réduire nos effectifs déjà tristement faibles. Pour cela, nous devons mettre en place un gouvernement temporaire, élu par ce conseil exceptionnel. Il nous faudra aussi comprendre ce tout nouveau monde, et exploiter au mieux ses ressources. Des quelques guides survivants, dont Ariane -que je remercie de sa présence-, j'ai appris qu'il nous restait suffisament de nourriture pour quelques mois, mais pas beaucoup plus. Nous devrons très vite commencer à exploiter cette terre vierge, si nous ne voulons pas que la famine reigne lorsque l'hiver -si il y en a un en ce lieu- viendra. L'entre-aide est une valeur essentielle à notre survie, et j'espère qu'aucun ne pensera ici à améliorer sa condition au détriment de celle des autres. Mon monologue est maintenant terminé. Je propose que nous commencions par l'élection d'un executeur en chef pour cette assemblée. Je ne souhaitte pas me présenter à ce rôle, du moins pour le moment.

La gorge sèche, Edward se rassit. Il avait soulevé beaucoup de problèmes, mais une montagne d'autres les attendaient, malheureusement...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
L.Hubs
Marchombre
avatar

Messages : 2051
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mer 24 Juin - 16:48

Tous les survivants ayant l'appui du peuple ou l'expérience de sa gestion constituaient de précieux membres du conseil qui allait se tenir dans les minutes à venir. Irwan faisait indubitablement partie des hommes les plus qualifiés à instaurer un début de régime potable pour unir des milliers d'individus disparates aux allégeances et ambitions multiples. Mais quelle ironie que lui, un vieillard déjà mort, en vienne à répondre à de telles responsabilités alors que les jeunes gens de Valato avaient sacrifié une vie qu'ils n'avaient jusqu'alors pas encore perdu. Le maître-savoir se redressa en étirant au mieux son dos douloureux. Mourir en guerre était facile, mais il ne s'était jamais habitué à voir des gens de bien périr sous ses yeux. Encore une fois, il lui fallait toutefois placer la raison devant les sentiments. Snori avait toujours cru en ce petit prince du Nord, aujourd'hui devenu homme. Brillant, respecté, légitime aux yeux de tous, il était peut-être bien leur sauveur en ce jour sombre. Irwan alla le rejoindre et fit signe à Esmezia de le suivre. Elle avait beau n'avoir jamais occupé de fonction politique officielle, l'union des dynasties Reydoran et Pendragon était de son fait, ainsi que l'ouverture économique hovoïte après la guerre. Sans compter ses divers exploits solitaires à travers le continent qui en avaient fait une héroïne populaire respectée tant par la plèbe que les responsables. Peut-être n'aurait elle rien à y apporter dans l'immédiat, mais son écoute attentive de ce qui allait se dire pourrait tous les servir dans les semaines à venir : ils auraient autant besoin des discoureurs que des hommes d'action s'ils voulaient s'en tirer. Mavis Sozin fut naturellement sélectionnée pour représenter le monde des éléments, forte de son statut, de sa réputation et de sa sagacité. L'on voulut également inviter les griffons à se joindre à l'assemblée, mais ceux-ci avaient déjà décollé. Ancien ou nouveau monde, ils ne voulaient se mêler d'affaires qui ne regardaient désormais plus que les humains, espèce dont la survie n'était guère plus importante que celle d'autres bêtes. Les rapports en revenaient donc à leur point initial : ils cohabiteraient pacifiquement mais ne se croiseraient presque jamais. Arrivée à hauteur d'Edward et des autres, Esmezia hésita à proposer qu'Adel les rejoigne avant de se raviser. Elle avait déjà pris en main l'organisation des secours et en avait bien assez bavé pour aujourd'hui, elle qui hier encore n'était qu'une roturière anonyme parmi tant d'autres. Elle venait en outre de rejoindre Alix, et la guerrière rousse s'en serait voulue de séparer les deux filles d'Ilawen dans un moment aussi crucial. Ce fut sans un mot qu'elle suivit donc un groupe étonnement bien fourni, auquel s'était notamment ajouté son père, Théoloric Fambriel. Mais sa présence n'était en somme guère surprenante. Il était en effet l'agriculteur le plus prolifique de Valato et saurait certainement mettre ses talents à profit sur cette nouvelle terre afin de leur fournir des réserves alimentaires dont Edward vint confirmer la nécessité quelques minutes plus tard. Puis la question problématique se posa. Tout conseil, même équitable, se devait d'avoir un chef, un arbitre, une voix unique par laquelle s'exprimer. Aux yeux des Valatiens, Edward était de loin le premier choix, mais ils ne pouvaient le forcer, lui, ce monarque à peine adulte, à occuper un poste dont il ne voulait pas.

-Je me propose à titre passager, affirma Irwan. Je suis vieux, mais je sais diriger. Je peux siéger jusqu'à que nos institutions soient formées.

Après s'être éclaircie la voix, Mavis prit à son tour la parole. Beaucoup découvrirent à cette occasion cette quarantenaire aux longs cheveux d'ébène et à la mine neutre, dépourvue d'émotions visibles, dont le regard vif reflétait cependant une grande maturité d'esprit. Aussi calme que lors des combats qu'elle avait mené, elle s'exprima d'un ton conciliant mais ferme.

-Les moines du rocher brûlant ont toujours pris leurs décisions conjointement. Je n'étais dirigeante mais arbitre. Si cela vous convient, je peux prendre cette position une fois encore.

-Arbitrer seule nos quarante-et-une voix serait insensé, madame Sozin, intervint Kami. Mais votre idée a du bon. J'ai déjà vu des conseils naître au sein des administrations. Trois ou cinq jurés pourraient être en charge de valider ou d'invalider les décisions de cette assemblée.

-Un conseil dans un conseil...résuma Irwan. À défaut de mieux, cela pourrait faire l'affaire. Aurions-nous des candidats pour prétendre y siéger ?

Irwan lui-même ainsi que Mavis se proposèrent de nouveau, tout comme Erik. Il n'était ni un politicien avéré ni un combattant redoutable, mais il avait vu assez de guerres stupides et de despotisme pour savoir ce qui était bon ou pas. Son parcours dans l'armée lui avait à la fois appris à obéir en mettant sa fierté de côté et à se manifester lorsque les décisions prises étaient insensées. Il se pensait qualifié pour une période d'essai. Beaucoup avaient déjà des propositions, mais tous attendirent pour l'heure le verdict d'Edward, chargé de constituer ce jury.

Lilia et Raphaël n'avaient emprunté le portail que depuis trois minutes, pourtant l'assemblée avait déjà eu le temps de rejoindre le quartier général et d'entamer leur première réunion : l'écoulement du temps n'avaient rien à voir dans ces deux réalités. Il s'agissait possiblement d'une seule distorsion de leurs fonctions cognitives, qui déformait leur perception. Lilia abondait vers cette hypothèse avant de voir Layla. Elle n'avait pas seulement l'apparence d'une adolescente d'un âge sensiblement similaire à celui de Miranda mais en était bel et bien devenu une. Sa façon de s'exprimer et sa gestuelle ne laissaient pas de place au doute, mais une nouvelle théorie, effrayante, s'immisçait dans l'esprit de l'archange. Son homologue avait-elle réellement passé plusieurs années dans ce monde imaginaire ? C'était fantasque, mais loin d'être impossible compte tenu de son nouveau statut et des pouvoirs sans limite discernable qui y étaient associés. La situation s'avérait peut-être plus délicate que prévue. Lilia chercha Raphaël du regard, afin de s'assurer que l'adolescente à qui ils faisaient face était véritablement la fille de Gareth. Pas d'erreur possible cela dit ; malgré les années passées, certains traits de son visage étaient reconnaissables entre mille. Mais peut-être était-ce encore une simple illusion. Ce monde avait été créé pour que ceux qui y vivent soient convaincus de son authenticité. Lilia avait déjà assez subi ces maudits jeux d'esprit avec Christian des années auparavant et n'avait pour seule envie que de sortir d'ici pour s'assurer que leurs cerveaux étaient intacts. Elle se retint toutefois d'être brusque. Quels que soient les désagréments – au demeurant nombreux – de cette maudite journée, Layla était une amie sur laquelle elle ne devait pas rediriger sa frustration. Elle ne parvint à lui sourire mais se retint de la traîner de force.

-On est venus te chercher. Et j'aimerais bien qu'on sorte d'ici le plus vite possible.

Cet endroit était malsain. Il n'avait rien d'un doux rêve dans lequel rester enfermer pouvait s'avérer agréable. Aussi doux aurait-il pu-être, ce n'était qu'un poison duquel il fallait se débarrasser. Entre ça et l'arène, les perspectives n'alléchaient guère la jeune femme, qui restait toutefois persuadée d'une chose : nier leur réalité n'était pas une solution.


_________________
Time to tip the scales!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jaleniel
Marchombre
avatar

Messages : 1165
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23
Localisation : Devant mon pc.

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mer 24 Juin - 18:42

- Je me porte volontaire pour endosser le rôle de juré. Je doute de faire un jour une bonne dirigeante mais mon jugement est équitable et je saurais être objective. Puisqu'il y avait cinq monde, j'imagine que cinq membres jurés seraient un équilibre plus juste, un représentant pour chaque peuple, avant que nous n'en formions qu'un, après que tous se soient accoutumé à son voisin ... Si je puis me permettre, maître archiviste, et avec tout le respect que j'ai pour vous, il faudra un chef charismatique et emblématique pour diriger ce nouveau peuple, et si vos conseils n'ont pas de prix, ceux qui ne vous connaissent pas pourrait avoir du mal à vous suivre. Peut-être devrions-nous choisir un seigneur régent d'une époque bien plus avancée que celle qui régnait à Valato ...

Edlan gratta sa barbe épaisse en se contentant d'écouter ce que chacun avait à dire. Pour le moment, il lui fallait observer. Il était bien loin de ses objectifs actuels de diriger, aussi tâcherait-il de déléguer, mais pour le moment, il était le seul représentant apte à parler en tant que chef au nom de Cardith ... La mort de Barry le chagrinait à lui en manger des bouts de coeur, et l'absence de Raphaël et de Lilia commençait à le peser ... Il lui semblait bien difficile de laisser, pour l'instant, sa place à un autre.

- Cela me semble avoir du sens. Je propose Erik Saori pour représenter le monde des sourciers, lâcha Gérard avec un sourire malin, dont les lèvres gardaient sa cigarette captive. Je tâcherais de vous seconder au mieux, l'ami, chaque fois que vous en aurez besoin, mais c'est votre voix qui sera entendue, si vous acceptez d'en prendre la responsabilité, bien entendu.

Le sourire de Gérard viendra étirer celui du roi de porol, qui à son tour pris la parole.

- Je crois bien être la seule personne, de Cardith ou Porol, à pouvoir m'exprimer au nom des miens, du moins pour le moment. Kami, si vous aspirez à ce poste, je vous soutiendrait, sinon, en attendant deux individus que vous connaissez bien, je représenterais les nôtres, dit-il en souriant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.youtube.com/jaleniel
L.Hubs
Marchombre
avatar

Messages : 2051
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mer 24 Juin - 21:56

À l'instar de Pandora, la candidature d'Edlan ne fut sujette à aucune réaction négative. Il était un régent compétent ayant toujours soutenu l'institut et qui n'avait pas hésité à venir en aide à Cardith lors de l'assaut mené par Richard. Même les rares représentants politiques de la cité-état n'y trouvèrent à redire. Ainsi, deux des cinq sièges semblaient déjà acquis. Les propositions d'Oloren furent quant à elles débat. Élire un représentant par monde était en effet avisé, mais qui restait-il pour parler au nom de la terre ? Rien que des soldats ou des anonymes, sans compter que tous n'avaient pas ces concitoyens de l'envahisseur en haute estime. Les recommandations de la jeune femme furent par la suite royalement ignorés par des hommes chevronnés peu enclins à prêter attention à une belle idiote, toute finaliste qu'elle fut, ce qui eut le don d'agacer Esmezia. Irwan, qui connaissait bien les deux amies qui s'étaient jointes jadis à l'expédition, leur fit discrètement signe de conserver leur calme. Leur tempérament commun permettrait de faire avancer bien des choses à l'avenir, ceci étant il leur faudrait se contrôler pour l'heure. Le maître-savoir reprit la parole.

-Si les membres de ce conseil deviennent des figures publiques, j'approuve vos dires, mademoiselle Ehlkaÿd. M'est toutefois d'avis que nous devrons rester discrets. Mais vous avez raison en un point : il nous faudra un porte parole, quelqu'un qui saura fédérer. Tes compétences sont nombreuses, jeune fille, mais la diplomatie n'en est pas. Nous sommes aussi inaptes l'un que l'autre à occuper le poste auquel nous prétendons, s'il correspond toutefois à la définition que tu en donnes.

Venu d'un inconnu, ces mots auraient pu être blessants, d'autant qu'Irwan ne les mâchait pas, mais il respectait Oloren en dépit des apparences et était réellement persuadé qu'elle aurait son rôle à jouer. Il fallait qu'elle soit de ces réunions, mais elle n'en ferait pas une arbitre convenable. Le débat fut houleux pour désigner le juré des sourciers, toutefois le consensus finit par se faire autour d'Erik, qui gratifia Gérard d'un sobre remerciement. Restait donc à trouver un valatien à la fois sagace, neutre et expérimenté qui ne fasse pas passer ses intérêts propres avant ceux du plus grand nombre et un terrien digne de confiance. Eux cinq pourraient alors, si le conseil décidait de conserver cette ligne directrice, élire un dirigeant et, si nécessaire, un porte parole. On instaura, officieusement pour l'heure, que ceux qui prétendaient au titre de jurés ne pourraient en aucun cas atteindre l'une des deux autres fonctions. Le nom d'Ethan Rayns commençait à être évoqué ça et là. Beaucoup l'avaient vu sur le champ de bataille et connaissaient ses états de service : il n'avait pas hésité, par le passé, à trahir ses supérieurs lorsque ceux-ci agissaient sans se soucier de la morale. Il était relativement populaire et ne disposait que d'une faible expérience du commandement, mais à défaut de mieux, il pourrait faire l'affaire. C'est alors que ces débats reprenaient de plus belle – au grand dam d'Esmezia qui ne supportait que difficilement ces discussions trop longues pour être réellement productives – que Miranda entra dans le quartier général. Un guérisseur s'était occupé de la rafistoler quelques minutes auparavant, et elle était alors immédiatement allé vérifier que la vermine n'avait pas bougé. Gagné. Arthur gisait encore dans la ruelle où elle l'avait laissé, tremblant de peur, amoché, mais parfaitement en vie et conscient. Elle l'avait fait léviter derrière elle jusqu'ici et venait à présent de le balancer sans ménagement sur la table de commandement.

-Le type qui a créé les bestioles, cracha-t-elle pour répondre aux regards interloqués.

Malgré ses deux mètres de hauteur, Arthur semblait ridiculement faible en cet instant, tétanisé par la peur bien que soulagé de ne plus être aux mains de l'adolescente qui fut son bourreau.

_________________
Time to tip the scales!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jaleniel
Marchombre
avatar

Messages : 1165
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23
Localisation : Devant mon pc.

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mer 24 Juin - 22:19

- Vous n'avez que trop raison, maître Knell, répondit Oloren avec un sourire satisfait. Aussi, tandis que vous penserez pour nous, j'apprendrais à vos côtés le temps qu'il faudra, si vous le voulez bien, et lorsque viendra le moment de rompre ce gouvernement temporaire, il est évident qu'une seule personne ne pourra pas gérer l'ensemble de la politique. A ce moment là, je veux être utile à mon prochain.

Par cette expression, Oloren soulignait respectueusement l'âge avancé d'Irwan, et, malgré le fait qu'il ait survécu aux affrontements, sa fin naturelle n'était peut-être pas si loin, et il faudrait quelqu'un de compétent pour prendre la relève. La jeune femme aux cheveux blancs avait un défaut qui pourrait bien s'avérer être un avantage : elle n'en faisait toujours qu'à sa tête. Son objectif était à présent fixé, et nul ne pouvait prétendre qu'elle manquerait de sérieux en s'attelant à la tâche. Elle appuya son dos contre sa chaise tout en croisant les bras ... Pour peu qu'une couronne trôna sur sa tête, l'on aurait pu la comparer à une reine, implacable, déterminée, de quoi faire douter Snori quant à ses suppositions la concernant.


Lorsque Miranda déboula avec le détritus qu'était devenu Arthur, Edlan se surprit lui-même à sourire. C'était trop beau. On amenait à ses pieds l'un des individus qu'il avait le plus envie de broyer entre ses mains. Toutefois, il n'eut pas l'impudence de se lever, restant assis comme les autres dirigeants.

- Je te remercie grandement pour ta participation civile à l'effort citoyen, très chère, mais c'est un huis-clos qui se tient ici, aussi te demanderais-je, pardonnes-nous, d'attendre dehors. Je ne suis par ailleurs pas sûr que les débâcles politiques t'intriguent particulièrement, mais si tu y tiens, et si mes camarades son d'accord, tu participeras à son jugement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.youtube.com/jaleniel
Louis
Marchombre
avatar

Messages : 1316
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 26

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Jeu 25 Juin - 19:26

L'interruption de Miranda et de son invité forcé perturba grandement l'audience. Edward du reconnaitre qu'il était lui aussi intrigué par les motivations de l'OSC. Il aurait donné beaucoup pour interroger l'homme, et comprendre les objectifs de ce coup d'état échoué, mais aurait préféré que l'on se concentre sur leur survie. Fidèle à son désir de neutralité, il avait laissé chacun s'exprimer, et proposer sa candidature dans ce conseil. Il sentait à l'attention que lui donnaient les différents acteurs de ce débat l'importance qu'ils accordaient à son avis. Ils désiraient son approbation dans le choix de tel ou tel conseiller. Mais le souverain préféra rester silencieux. Il donnera son avis lorsque celui ci sera utile. Edward avait conscience qu'il pourrait faire un excellent dirigeant, mais désirait, à ce compte, obtenir une véritable légitimité vis à vis du peuple, quitte à redevenir un simple conseiller si il n'était pas jugé digne de ces responsabilités. Alors que l'homme nommé Arthur fut éjecté de la salle sous le regard haineux de beaucoups, une voix gravelleuse résonna dans l'ancien QG de la résistance.

- Vous êtes nombreux à me proposer de prendre la place de conseiller, en tant que représentant de la Terre fit Ethan Rayns. Il est vrai, je me suis battu avec beaucoup d'entre vous pour empêcher les plans de l'OSC. Mais j'ai aussi été isolé dans mon monde pendant près de trente ans, et je connais à peine mieux votre culture que la mienne. Malheureusement, étant donné la situation, et nos morts nombreuses, j'accepte les responsabilités que vous m'offrez, du moins temporairement. Je vous demande de considérer monsieur Nils Bowman en tant que remplaçant, lors que la situation se sera stabilisé. Cet homme s'est toujours opposé aux plans de la firme à laquelle j'appartenais, et ne désire que le bien des habitants de la terre.

Sur sa branche, Layla était restée immobile, dévisageant ses deux interlocuteurs avec une d'autant plus grande méfiance que leurs intentions n'étaient pas claires. Quelques gouttes de sueurs, dûes à la chaleur, ou peut être à la peur, commençaient à perler sur son front. Leur simple présence ici l'obligeait à se concentrer sur des problèmes qu'elle avait refoulé huit ans auparavant, grâce à son monde parfait.

- Et nous repartirons tous main dans la main, comme si la vie continuait et que rien de grave ne s'était passé? Tout le monde est mort là bas. TOUT LE MONDE EST MORT, LA BAS, PUTAIN. ET C'EST LA BAS QUE VOUS VOULEZ RETOURNER? DANS CE PUTAIN DE MONDE DE MERDE, OU MON PERE, MA MERE, MA MEILLEURE AMIE SE SONT FAIS TUER PAR DES CONNARDS?

D'abord choquée de s'énerver ainsi, Layla se laissa très vite aller dans cette colère dérisoire et inutile, se défoulant sur ceux qui ne lui voulaient que du bien, mais qui n'avaient pourtant pas la moindre espèce d'idée de sa souffrance. Oui, eux aussi avaient perdu des proches, mais ils ne savaient pas. Comment auraient ils pu comprendre que sa vie toute entière s'était écroulée, ce jour là, qu'elle avait perdu tous ses repères, et que son seul moyen de ne pas sombrer dans la folie était de recréer à l'identique un des lieux où elle s'était sentie le plus heureuse de toute sa vie. Pendant un long moment, elle continua d'injurier le monde et son injustice, la cruauté humaine. Elle cria à tel point que sa gorge s'assécha, mais elle ne s'arrêta pas. Enfin, lorsqu'elle ne trouva plus quoi ajouter, elle cessa de hurler sa rage et un silence de glace s'installa. Voilà. Elle avait tout dit, et son père restait un cadavre uniquement vivant dans ses pensées. Pourquoi n'aurait il pas pu revenir? Il lui manquait tellement.

A cet instant, le nordique apparut à ses côtés, alors qu'elle fondait en larmes, la prennant par l'épaule et la serrant contre lui. Mais cet étreinte, elle se rendait compte, ne vaudrait jamais celle de son vrai père. Et pourtant, elle ne voulait pas partir...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
L.Hubs
Marchombre
avatar

Messages : 2051
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Jeu 25 Juin - 19:48

Adel n'avait cessé de crier des ordres ça et là, consciente que personne ne le ferait à sa place, et avait regardé le groupe d'Edward s'éloigner, impuissante. Elle aurait aimé participé à la réunion tout en comprenant les raisons qui poussaient les puissants des cinq mondes à l'en éloigner, elle qui n'avait ni nom connu ni même une véritable réputation. Son roi la laissait pourtant diriger les secours en son absence, et bien qu'il ne s'agisse d'un privilège, elle était heureuse de pouvoir assurer un service qui prouvait qu'il avait confiance en elle. Son moral était pourtant au plus bas. Elle n'avait perdu que deux êtres relativement proches en ce jour : Snori d'une part, un ami de longue date de la famille et un homme parmi les plus agréables qu'elle ait eu l'occasion de côtoyer, et Habeth, qui, restée à Valato, avait disparu avec le reste de son peuple. Comparé à d'autres qui avaient vu leurs enfants se faire assassiner sous leurs yeux, sa peine était moindre. Le dépit venait d'ailleurs. L'adolescente, après s'être assurée que le groupe de Nithilde et Lucky s'en sortait, se laissa tomber aux côtés d'Alix, s'allongeant sur le sable, bras en croix, en observant ce ciel nouveau. Son aînée, assise ici depuis déjà quelques minutes, était soulagée de la décision d'Oloren. Il était difficile de la raisonner, et chaque conversation donnait possiblement lieu à un ascenseur émotionnel, mais c'était en partie pour cette constante dose d'imprévus qu'elle l'aimait. Elle posa les yeux sur sa jeune sœur et tenta de lui adresser l'un de ces sourires candides dont elle avait le secret.

-Tu as sauvé beaucoup de gens aujourd'hui, lui affirma-t-elle pour lui remonter le moral.

Elle en pensait chaque mot, et Adel elle-même en était consciente, mais cela ne changeait rien à la nature du problème. C'était elle qui avait pris, de son plein gré, le commandement des défenses de l'arène durant cette invasion éclair. Tous lui avaient fait confiance, avaient obéi sans broncher à ses ordres, persuadés qu'ils étaient qu'elle pourrait les mener à la victoire. Alors certes, si ç'avait été quelqu'un d'autre, le bilan aurait peut-être été plus lourd encore. Mais comment voir autre chose qu'un cuisant échec ? Elle ne déprimait pas. L'ennemi était trop bien préparé pour qu'ils aient pu l'emporter de toute façon. Pourtant la défaite lui restait en travers de la gorge.

-C'était la première fois que je dirigeais autre chose que des pions sur un plateau, expliqua l'adolescente. J'étais en charge le jour de la plus grande défaite de l'humanité. Ça va me manquer, les simples expériences à l'académie...

Alix lui prit la main tandis qu'elles se souriaient mutuellement. C'était dur à encaisser. Mains au moins elles avaient survécu ensemble. La jeune femme sentit que sa cadette pourrait s'épanouir, ici. On la reconnaîtrait à sa juste valeur, elle serait proche de cet homme qu'elle admirait tant, et aurait un rôle à jouer. C'était là tout ce dont elle avait toujours rêvé, malgré les circonstances. Quant à elle...eh bien, elle avait Oloren et Esmezia. Le reste n'importait que peu en fin de compte. Tant pis si de nouveaux ennemis détruisaient, encore et toujours, les lieux auxquels ils tenaient : tant que ses amis étaient à ses côtés, elle serait chez elle n'importe où. Sans compter qu'ils avaient à présent bien d'autres gens formidables à découvrir ! Cet optimisme pouvait sembler immoral, cependant Alix préférait tirer du bon de ce cauchemar. C'était une nouvelle vie, imposée certes, mais pas nécessairement moins agréable que l'ancienne. Seul devant le portail, Lars partageait cet état d'esprit, sans pour autant cacher son inquiétude. Voilà déjà un peu moins d'une heure que Lilia et Raphaël étaient partis. Dieu savait ce à quoi ils faisaient face de l'autre côté de ce portail, et il était tentant de le traverser à son tour pour les rejoindre et éventuellement leur venir en aide, mais la raison se devait de l'emporter. Si son vieil ami, assez coriace pour tenir tête à Miranda, et l'une des deux archanges ne pouvaient s'en tirer, personne ne le pourrait. Il ne pouvait que compter sur eux et tenir la promesse faite à Lilia : personne ne passerait ce portail. Les inquiétudes du combattant étaient heureusement infondées, et le seul problème auquel se confrontait pour l'heure l'ancienne enfant sauvage était le refus plus que compréhensible de Layla. Sa colère n'était pas sans lui rappeler celle de Miranda. Leurs personnalités différaient, pourtant leur parcours se rapprochaient sinistrement. Elles avaient perdu tout ce qui leur était cher à l'issue d'une bataille insensée. Lilia avait détourné le regard durant sa tirade, incapable d'affronter le regard inquisiteur de l'adolescente. C'étaient néanmoins des airs typiquement enfantins qu'elle arborait lorsque le simulacre de Gareth vint à son secours. Il était l'incarnation de son déni, l'expression la plus pure de ses émois exacerbés. Lilia reprit son calme. Elle grimpa, avec l'agilité qu'on lui connaissait, sur l'arbre où était déjà perchée son homologue, en prenant soin de ne s'approcher ni trop vite ni trop près pour ne pas s'immiscer dans son espace privé.

-Layla...

L'archange se retint de sombrer dans un désespoir aussi grand que celui de son interlocutrice, qui lui rappelait brutalement ses pertes. Elle s'abstint de pleurer et d'à son tour s'isoler dans le déni, en espérant que personne ne vienne l'ancrer à cette réalité qu'elle haïssait tant. Pour l'heure, il lui fallait être suffisamment forte pour prendre les bonnes décisions. Plutôt que d'affronter la fille de Gareth, elle décida de s'installer en tailleurs à quelques mètres d'elle, et observa l'horizon imparfait, aux couleurs trop chatoyantes pour être authentiques. Elle inspira longuement, tentant d'imposer un rythme stable aux battements de son cœur, employant des techniques de relaxations enseignées par Maya et qui s'avéraient relativement efficaces. Après quelques instants d'un silence que la jeune femme trouva finalement reposant, elle reprit la parole, d'un ton qui lui ressemblait enfin : calme, avenant, rêveur.

-J'ai passé le portail à peine quelques minutes après toi, tu sais ? On est toutes les deux archanges, alors qu'il ne devrait y en avoir qu'un, et je crois en fait qu'on a la moitié des pouvoirs de l'archange chacun. Je ne sais pas comment, mais tu as du altérer tes souvenirs et ton métabolisme pour te convaincre que tu vivais réellement ici, et, si tu continues à ce rythme...eh bien...tu seras morte d'ici une demi-heure. J'ai pas très envie de retourner là-bas non plus, crois moi, mais tu vas manquer à Charlène et Valentin si tu te laisses mourir ici. Aux vrais.

_________________
Time to tip the scales!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jaleniel
Marchombre
avatar

Messages : 1165
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23
Localisation : Devant mon pc.

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Jeu 25 Juin - 21:10

Raphaël arriva à la suite de Lilia après avoir copieusement dérouillé Jane. Les mains dans les poches, il rajusta son chapeau avant de s'assoir à côté la première archange, les sourcils toujours froncés.

- A choisir, moi aussi, je préfèrerais vivre dans un monde idyllique comme celui-là, mais c'est pas une solution. Tu l'sais, en plus. Ce sera pas facile. Ce sera même plus dur que c'qu'on aura jamais fait de toute notre existence. Mais on va continuer à vivre. On va permettre à une nouvelle génération de voir le jour. On va faire de belles et de grandes choses ... Et puis ... J'sais bien que j'suis à des années lumières de lui, mais j'm'occuperais de toi, autant qu'il le faudra, je tâcherais d'être un minimum à la hauteur. Seulement pour tout ça, faut rentrer, maintenant. On va avoir besoin de nous. De vous deux, surtout.

L'ange noir se releva, posant les mains sur ses hanches avant de reprendre la parole avec un petit sourire.

- Et si tu veux j'te prête mon chapeau ... lâcha-t-il.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.youtube.com/jaleniel
Louis
Marchombre
avatar

Messages : 1316
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 26

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Ven 26 Juin - 13:29

A bien y réfléchir, de toutes les illusions qu'avait crée Layla, c'était celle de Raphaël qui se rapprochait le plus de l'original. Implacable envers tout ce qu'il considérait être une menace et pourtant toujours conciliant et compréhensif lorsque l'un d'eux était en danger ou en détresse. Ses paroles étaient d'or et malgré tout, elle ne voulait pas abandonner ce monde. Ses habitants commençaient d'ailleurs à se diriger vers le chêne, comprennant que leur destin se jouait maintenant. Jane, sévèrement amochée par l'ange aux ailes noires, était reparu auprès d'eux, et Gareth était toujours assis à côté d'elle.

- Tu devrais partir fit-il d'un ton mi-amer mi-réjoui. Tu as pu profiter de notre présence pendant un long moment. Il est temps de tourner la page.

- Je... Je ne te reverrais plus? fit-elle, encore en larme.

- Non. Et c'est mieux ainsi. Je ne peux être plus que ce que je suis : un simple souvenir.

Layla éclata en sanglot et enlaça de toutes ses forces la créature issue de son imagination. Il se laissa faire pendant quelques minutes, puis relâcha son étreinte et regarda sa créatrice avec le plus grand sérieux.

- Tu ne dois plus te réfugier dans ton imagination, Layla. La vie est dure, mais quelles que soient les épreuves, je les aient toujours affrontées. Tu dois faire de même. Rends moi fier de toi...

Et l'enveloppe physique de celui qui avait été son père de substitution se désagrégea, rejoignant les multiples orbes bleues qui n'avaient cessées leur déplacement dans le monde de Layla. Sans un mot, elle descendit du chêne précautionneusement et regarda son "équipe de secours". Eux aussi avaient vécu de terribles expériences, et ils continuaient à se battre pour la sauver... Lorgnant du regard le chapeau de Raphaël, elle se demanda qui pouvait sérieusement être l'un des plus puissants mutants de Cardith et s'équiper d'un tel couvre-chef. Sans aucun doute, seul le roi de Porol serait capable d'une telle incongruité. Avant de se placer devant eux, elle lança un dernier regard à tous ses amis de substitution. Certains semblaient en colère, d'autre tristes, mais la plupart lui firent un petit geste d'encouragement.

- Je... Veux bien partir avec vous déclara t-elle d'une toute petite voix.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jaleniel
Marchombre
avatar

Messages : 1165
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23
Localisation : Devant mon pc.

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Ven 26 Juin - 14:29

Raphaël attrapa d'un doux geste son chapeau, et le posa lentement sur la tête de Layla, l'ajustant pour qu'il lui aille au mieux. Il lança un dernier regard aux souvenirs, en particulier Gareth et Barry. Son coeur se serra. Ils allaient lui manquer. Terriblement. Il pris la main de Layla et tendit l'autre à Lilia.

- On rentre ? dit-il en souriant.

Cet endroit commençait à lui faire mal. Sa colère s'apaisant, il avait de plus en plus de mal à ne pas croire aux illusions. Il fallait qu'ils s'en aillent. On les attendaient, de l'autre coté.


Oloren sourit à Ethan.

- Je pense que personne ici ne peut remettre en question que les plus grands spécialistes de nos mondes respectifs sont ceux qui en sont originaires, j'imagine donc que vous êtes loin de proposer monsieur Browman à la légère, et j'estime que nous ne réussirons à avancer que si nous nous faisons relativement confiance, dit-elle.

- Hm'pas si vite, intervint Edlan. J'avoue pour ma part que la présence de monsieur Browman me dérange légèrement, surtout s'il s'agit de responsabilités comme celles que nous allons endosser. Bien que nous ne nous connaissions nous-même que peu, le concernant, c'est jusqu'à son visage qui nous est inconnus, étant originaires d'autres univers.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.youtube.com/jaleniel
L.Hubs
Marchombre
avatar

Messages : 2051
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Ven 26 Juin - 22:32

Lilia redescendit de l'arbre en silence, tête baissée afin de ne pas avoir à discerner les visages ou même les silhouettes des répliques créées par Layla. Elle avait le cœur lourd, peut-être plus encore que lors de son entrée dans ce monde onirique. Ils avaient tirés la fille de Gareth de cette situation, soit, mais elle n'était pour rien dans cette réussite. Raphaël était parvenu à faire obstruction de ses peines et à trouver les mots justes, comme toujours. Ainsi était-il, entier, érigeant son propre boulevard lorsque toutes les routes visibles étaient sinueuses, avec un succès déconcertant et admirable. Ses mots à elle n'avaient fait que ricocher sur la carapace émotionnelle de son interlocutrice, perdant le peu de force qu'elle y avait insufflé. Elle était douée pour se faire remonter le moral, mais se loupait constamment en tentant de rendre la pareille. On lui donnait le plus grand des pouvoirs sans qu'elle puisse s'en servir pour sauver les siens, et voilà qu'elle ne parvenait pas non plus à accorder l'aide qu'ils méritaient à ceux auxquels elle tenait. Puis il y avait leurs voix, à tous. Benjamin, Daniel, Maya, Barry, Angélyna. Elle avait beau tenter des les ignorer et se plaquer les paumes si fort sur les oreilles qu'elle s'en faisait mal au crâne, leurs timbres distinctifs lui rappelaient sans cesse son échec. Elle serra les dents et se tourna en direction du portail, en sentant un poids de plus en plus lourd écraser sa poitrine. Que se passerait-il, une fois de l'autre côté ? Ils seraient nombreux à lui en vouloir, elle qui avait simplement abandonné le combat face à un Omnikhaan que Layla, moins puissante, avait pu vaincre. Si elle en avait eu le courage, elle aurait pu empêcher les cinq mondes d'être détruits. Elle l'aurait dû. Les iris de la mutante s'embuèrent. Il n'y avait guère que Miranda qui comptait réellement sur elle, mais Raphaël serait toujours un meilleure exemple pour elle qu'elle ne l'avait jamais été. C'était de lui qu'elle tirait son courage, son assurance, sa force. Et maintenant qu'Émilie était de retour, elle n'avait plus besoin d'une énième sœur de substitution. À quoi bon s'infliger la souffrance d'assister à la perte de son affection puisqu'il n'y aurait plus personne pour le lui en donner, là-bas ? Lilia lança un regard furtif vers la forêt qui cernait l'institut et se remémora ce jour, six ans auparavant, où Jane l'avait trouvée. Elle était alors prête à se laisser dépérir, seule, sans attache ni espoirs. Mourir ne lui faisait pas peur. C'était même une douce perspective. Il n'en était cependant plus rien aujourd'hui. Aux côtés des mutants, elle avait pris goût à la vie. Avec Angélyna, elle l'avait dévorée. Après avoir connu un tel bonheur, elle n'avait plus l'audace de lâcher prise. Du temps. Voilà tout ce dont elle avait besoin. Rester seule, réapprendre à ne pas aimer et trouver, petit à petit, la volonté de ne plus vivre. C'était lâche ; et en cet instant bien plus simple pour l'Archange que d'affronter la peine de Miranda et des autres, eux qui l'avaient toujours couvée en vain. Lilia disparut sans mot dire, décollant à toute vitesse vers cette clairière dans laquelle elle avait trouvé refuge au cours de sa jeunesse. Il n'y avait pas grand chose. Rien qu'un arbre creusé par le temps, une fourmilière, un peu de rocaille et un ruisseau. Peu avaient eu le privilège de visiter cet endroit, son endroit. Les feuilles sèches qui craquaient sous ses pieds étaient les mêmes qu’auparavant, et la disposition des branchages alentours laissait passer un courant d'air rafraîchissant qu'elle connaissait bien. La réplique était parfaite, sans nul doute car Layla était venue ici avec Charlène et Valentin par le passé. Lilia alla s'adosser à l'arbre, et rabattit ses jambes, qu'elle entoura de ses bras au creux desquels elle plongea son visage. Elle pouvait vivre ici. Maintenir ce monde que Layla avait créé, ou bien le laisser s'estomper avec elle, dedans. Ce serait une triste fin, mais elle n'aurait plus l'opportunité d'échouer sur quoi que ce soit, ni de laisser mourir, encore, les rares proches qu'il lui restait. Elle se laissa pleurer calmement, à l'abri dans ses propres bras, s'isolant infantilement du reste du monde. Raphaël allait certainement arriver d'une seconde à l'autre. Peut-être qu'elle l'attendait, au fond. Elle espérait toutefois qu'il se contente de passer ce fichu portail avec la fille de son ami et qu'il ne revienne jamais. Qu'il la laisse tranquille et qu'elle n'ait plus à penser à eux, en espérant que son cerveau s’atrophie au plus vite.

Arthur, toujours recroquevillé sur la table du quartier général, attendait avec appréhension son jugement, et avait redoublé de peur en constatant que Miranda comptait y assister. Elle lui avait déjà tellement enfoncé les côtes qu'il en ressentait une douleur terrible à chaque inspiration, ça ne lui suffisait donc pas ? Ces gens de Cardith étaient des fous avides de violence, comme l'avait prédit Valentin. Ils allaient l'exécuter de la pire des façons, sans doute en redoublant d'ingéniosité pour le faire souffrir le plus longtemps possible. Il refusait de quitter ce monde ainsi. C'était lui qui avait créé les sprinkhaan, lui qui avait permis à l'OSC de maintenir la paix à travers le continent. Sa créature avait vaincu les guerriers les plus puissants du multivers ! Lentement, non sans difficulté, le scientifique se redressa, un sourire carnassier sur les lèvres. Son tempérament calme n'était que façade : il était u hyperactif de longue date, aux idées sombres refoulées. Valentin avait beau être un stratège hors pair, il n'était jamais que le porte-parole de son propre projet. L'investigateur, le cerveau qui rendait possible tout cela, c'était lui, Arthur Gilipi. Et il avait, en cet instant, au moins une satisfaction.

-Nils est parmi les premiers qu'on a fait tuer ! annonça-t-il en hurlant. Il était aussi stupide que vous tous ! Il se serait opposé à un monde parfait ! Imaginez ! Toute...toute...

Le prisonnier se mit à tousser, reprenant difficilement sa respiration. Son visage se tordait de douleur à chaque geste, pourtant il reprit, passant outre les limites imposées par son corps meurtri. Sa joie malsaine avait laissé place à une colère dantesque.

-Toute une police ! Des douzaines d'Omnikhaan ! Il n'y aurait plus eu de guerre ; seuls les élus auraient vécus dans notre monde purgé ! Et vous y avez préféré ce désastre ! Des milliards de morts sur votre conscience !

Miranda fit un premier pas vers le monstre qui avait tué Serena, prêt à l'achever, mais Irwan et bien d'autres lui firent signe de rester en retrait. Erik passa dans le dos du scientifique et lui passa un bâillon, le forçant enfin à faire silence. Les négociations purent reprendre, une fois encore à l'initiative du maître-savoir.

-Ethan Rays semble être le seul candidat valable. Si Edward de Reydoran est d'accord, les arbitres provisoires du conseil seraient donc Edlan Monier, Erik Saori, Mavis Sozin et monsieur Rayns. Puisqu'il reste un poste vaquant pour Valato et que vous n'y tenez guère, jeune roi, je propose Edwig Luthness. Il fut autrefois un ennemi, mais les querelles passées n'ont à présent guère d'importance. Il a tenu a rester neutre lors de cette bataille mais a su intervenir au bon moment. Il partage beaucoup des savoirs d'Athis. Il me semble qualifié.

_________________
Time to tip the scales!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jaleniel
Marchombre
avatar

Messages : 1165
Date d'inscription : 27/09/2011
Age : 23
Localisation : Devant mon pc.

MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Sam 27 Juin - 0:48

Oloren haussa les sourcils en regardant Irwan. EDWIG LUTHNESS ? Elle passa une main sur son visage, en pleine réflexion. Il avait anéanti une ville, tué nombre de ses connaissances dont certains amis, avait été un ennemi public numéro 1 à Valato même avant d'avoir absorbé Ohihir et Athis ... Il y avait fort à parier que l'Héritier se laissait de nouveau dicter par l'artéfact, mais pour peu qu'il ait conservé sa volonté propre ... La jeune fille aux cheveux blancs esquissa un sourire. C'était autant une excellente idée que la pire que puisse prendre un homme aussi respectable que le maître archiviste.

- Maître Knell, loin de moi l'idée d'offenser votre intellect, mais vous êtes bien averti qu'il s'agit là d'un magistral quitte ou double ? Edwig Luthness était à Valato l'individu le plus dangereux et criminel qu'il ait existé de toute l'histoire de notre monde. Mettons le passé de côté, il reste très reclus sur lui-même, le sort des autres ne l'importe que peu, autrement, nous aurions vu un loup de plus sur le champs de bataille, c'est une preuve irréfutable de son mépris pour nous. Nous pourrions en effet vanter son objectivité, mais je me demande s'il ne s'agirait pas plutôt de négligence ...

- J'avoue ne pas être très à l'aise pour collaborer avec d'anciens criminels, lâcha Edlan. Il ne m'a pas l'air d'être le genre de gaillard à chercher le chemin de la rédemption ...

- Vous m'en voyez navré, relança Gérard avec un rictus moqueur. Nous n'avons pas tout le temps du monde, autrement nous ne formerions pas un gouvernement temporaire mais fixe, aussi, je propose de donner une ou deux bonnes heures aux valatiens pour choisir leur juré. Autrement, il sera voté par les quatre autres représentant. Ce n'est qu'une proposition, mais je me devais de vous la soumettre. Les enfants nous attendent.

Le roi de Porol s'appuya contre son dossier, en détaillant Gérard. Sourcils froncés, il commençait à se demander s'il y avait un seul être originaire capable d'occuper la place de Valato en tant que juré. Knell et la gamine s'accordaient à le définir comme étant loin d'être un allié, ce qui ne le rassurait guère. Il était aussi contre l'idée de mettre une telle pression sur les épaules des valatiens. Qui qu'il était, quelque chose le dérangeait chez ce vieux fumeur ...

Et pour cause. Depuis le début, l'archiviste de Taetra sondait les pensées de chacun une à une. Dans ce jeu d'esprit, il avait une main mise non négligeable ...



Au moment où elle s'était envolée, Raphaël avait enlacé Layla et avait pris les airs. Il s'était posé près de l'arbre où l'Archange avait pris refuge. Il ne posa pas de questions. Il n'obtiendrait pas de réponses. Il ne lui lança pas de réplique réconfortante. Il n'en trouvait aucune. Il agit. Raphaël Monier. Probablement l'homme qui en avait fait plus que quiconque pour les membres de l'institut, et qui continuait de le faire. Il lâcha un instant la main de Layla, le temps d'aller cueillir celle que l'on appelait autrefois Katadelyne Valpierre de son arbre. Doucement, il passa un bras sous les cuisses de la jeune fille, la laissant se reposer sur son buste et son épaule. Peut-être se vexerait-elle, car elle aurait éventuellement l'impression d'être traitée comme une enfant, encore une fois, mais il savait qu'elle finirait par lui pardonner. Après être redescendu, il repris la main de la fille de Gareth et repris le chemin de l'institut, en direction du portail d'où ils étaient venus. Ce n'était pas discutable, à présent : il fallait rentrer. L'ange noir laisserait à Lilia tout le temps qu'elle voudrait pour se ressourcer, mais pas dans ce monde-ci. Il tâcherais de rendre le goût à la vie de ses deux "petites soeurs" ... A moins qu'il ne s'agisse de filles, car le moins qui puisse être remarquable chez le gaillard sans chapeau, était qu'il était passé de grand-frère ... A père. Et ce pour de bon.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.youtube.com/jaleniel
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   

Revenir en haut Aller en bas
 
Puis le jour se leva ...
Revenir en haut 
Page 4 sur 5Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
 Sujets similaires
-
» Quelle phrase donnera votre mois, votre jour, et la première lettre de votre prénom ? :3
» Photoshop (CS4) ne lit pas les PEF comment puis-je faire ?
» [All GPS] Mise à jour des radars pour Tomtom et iGO8 et les autres ...
» [AIDE]Mise à jour Desire impossible.
» Une petite rareté : La Pavoni Eurobar a leva

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le pot à crayon :: Multivers :: Le tournoi du Pot :: Le grand tournoi!-
Sauter vers: