Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Puis le jour se leva ...

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Dim 24 Mai - 15:23

Erlyn cligna des yeux lorsque les deux balles furent tirées. Elles se ralentirent à une allure extrêmement lente, lui permettant de les esquiver avec aisance. La légende soupira. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eut à utiliser ses dons à un tel degré. Un fin sourire se dessina sur son visage. Son adversaire semblait relativement pressé, autrement il n'aurait pas réagit de la sorte. Il lança alors deux couteaux, dont il accéléra la vitesse, avant de dégainer son épée noire, profitant que les lames en plein vol causent une diversion pour transpercer la chambre du pistolet, le tout en ayant au préalable ralenti son adversaire au maximum de son possible.

- C'était très impoli, commenta-t-il.


Oloren ne perdit pas de temps pour aller chercher Ilawen. Elle fut en sécurité aussi vite que ses dons le lui permirent. Ceci accompli, Oloren rassembla un maximum de son matériel, ainsi que de celui de son frère, se préparant à une mission particulière.

- Restez bien ici, je déconne pas. Je devrais pas en avoir pour très très longtemps, dit-elle en ouvrant une énième fois la porte de la loge. Alix ? Je t'aime.

Là dessus elle ferma la porte derrière elle, bien consciente que ce pourrait bien être les derniers mots qu'elle prononcerait à sa bien aimée blonde. Elle entama une course folle au travers des couloirs, avec une direction bien précise, en espérant ne croiser personne, bien qu'elle soit équipée pour ce genre de problème.
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Dim 24 Mai - 19:47

Le premier des sprinkhaan géants atterrit dans l'arène. Lentement, son corps massif se redressa, si haut qu'il dépassait les quatre maîtres originels des éléments, si imposant que les êtres humains, face à lui, n'étaient que des moustiques. Sa flagelle, épaisse d'un bon mètre, se mit à luire et éclaira le terrain d'une lueur quelque peu éblouissante. L'air sembla aussitôt se charger d'électricité, et cela ne fit qu'empirer alors que les autres sauterelles rejoignaient leur avant-gardiste. Lilia les observait, transie de peur. Elle qui aimait tant ces intrigues farfelues de science-fiction où des bêtes artificielles titanesques terrorisaient des galaxies pouvait aisément imaginer des monstres ; se retrouver face à eux pour de bon était une toute autre histoire. Compte tenu de leur masse, un seul coup de poing de leur part devait être suffisante pour briser tous les os d'un homme de bonne constitution, et ils étaient censés en vaincre une quinzaine en même temps ? Si encore ils étaient les seuls à les attaquer, mais non : les flammes des dragons commençaient à incendier les gradins, tandis que leurs queues munies de longs dards acérés transperçaient sans ménagement des cages thoraciques. Les guérisseurs s'activaient déjà, guérissant ce qui pouvait l'être, cependant il fallut une demi-minute à la mutante pour comprendre que les combats avaient vraiment commencé. Fini les menaces et les pourparlers factices, il était grand temps de découvrir l'étendue de ses nouveaux pouvoirs. Elle se mit à courir vers l'un de ces titans, lorsqu'il fut renversé par une bête reptilienne à la peau violacée de la même envergure : le Mégoül, premier fils de l'ancien Emkuasa et seigneur spirituel de la terre. Son épaule heurta le sprinkhaan, qui fut propulsé vers l'arrière mais se releva vivement. Leur grande taille ne les dispensait pas d'être aussi agiles que leurs homologues. Le tentacule du monstre s'enroula autour du poignet du Mégoül, qui fit l'erreur d'agripper la flagelle à pleine main. Une intense décharge le traversa, si bien qu'il fut forcé de lâcher prise et de reculer. Sautant sur l'occasion, le géant amorça un coup de pied qui n'aboutit pas. La Grande Dragonne, sœur aînée du Mégoül et impératrice des flammes, enfonça ses crocs dans la chair pâle de la sauterelle avant de décoller avec lui et de le plaquer au sol, à l'autre bout de l'arène. Le Mégoül se redressa et partit à la poursuite des titans tandis que Lilia, frêle spectatrice de cette confrontation colossale, ne savait plus que penser. L'un des dragons-chiroptères, profitant de cette cible immobile, se téléporta au-dessus d'elle pour lui cracher ses flammes sombres, lesquelles furent déviées par Benjamin qui courait au secours de la jeune femme.

-Oh, réveilles toi ! On est en train de se faire allumer, là !

C'était peu dire. Si même deux des quatre bêtes mythiques du monde des éléments peinaient pour faire face à un seul de ces khaans, il n'était pas fou d'envisager que leur puissance devait approcher celle d'Edwig Luthness, à ceci prêt qu'il était possible d'en venir à bout. Tout le monde se battait ici, sauf elle, alors que son statut était censé lui conférer une force légendaire. Lilia se ressaisit. Munie de son aura blanche, elle s'envola pour se diriger droit vers l'un des géants, laissant Benjamin aux mains avec une bête de flamme dont il pourrait sans doute venir à bout, du moins l'espérait-elle. Dès lors que la sauterelle l’aperçut, lévitant au niveau de son torse, elle tenta de balayer la petite humaine d'un revers de la main. Lilia ferma le poing comme pour former une forme aurique, puis frappa dans le vide, et rien ne se produisit. Stupéfaite, elle n'eut que le temps de se recroqueviller en plein air pour tenter bêtement d'amortir un coup qu'elle savait ne pas pouvoir parer. D'instinct, elle tendit toutefois son corps à l'horizontale au dernier instant. L'index du géant passa au-dessus d'elle, tandis que son majeur frôla son dos sans le toucher. Incrédule, Lilia cherchait des yeux le télékinésiste qui venait de lui sauver la vie, mais Miranda comme Awa étaient occupés ailleurs. Peut-être plus étonné encore, le sprinkhaan marqua un temps d'arrêt puis attaque une nouvelle fois, frappant cette fois-ci de ses deux mains opposées pour tenter d'écraser sa cible. Le mouvement était si vif qu'une esquive ne fut pas envisageable ; et s'il était possible de se glisser par miracle entre des doigts ouverte, les paumes ne présentaient quant à elles pas le moindre orifice ou se réfugier. Alors Lilia se recroquevilla une fois encore. Elle se trouvait ridicule, à foncer ainsi, pleine d'assurance, pour finalement geindre de peur et fermer les yeux à chaque fois qu'on l'attaquait. Mais l'attaque ne porta pas. Juste avant l'impact, l'aura blanche s'intensifia, formant une sphère parfaite légèrement dorée autour de la jeune femme. Les mains du géant rebondirent dessus, puis le bouclier éphémère disparut. Cette fois-ci, Lilia se redressa complètement. Elle avait ressenti, durant la formation de cette armure, un flot d'énergie incroyable parcourir tout son corps. L'aura avait toujours fonctionné comme un mécanisme défensif envers sa maîtresse, et son nouveau stade ne dérogeait pas à la règle, si ce n'était que son efficacité n'était désormais plus sujette au moindre doute. Elle ne comprenait pas comment se servir offensivement de ce nouveau don mais était désormais certaine d'une chose : les khaans ne pourraient pas la vaincre. Le titan s'acharna, frappant de ses quatre mains, de ses pieds griffus, de son tentacule luisant, sans que jamais ses coups ne passent outre le bouclier lumineux de la jeune femme, qui restait parfaitement immobile et fixait son ennemi. Tant qu'il continuait ainsi, il ne pouvait faire de mal à quiconque d'autre. À défaut de savoir comment le tuer, Lilia se contentait donc pour l'heure d'accaparer son attention.

Plus bas, dans la chambre du Pot, le visage d'Arhur se raidit. Il avait installé ici tous les appareils dont il avait besoin pour suivre les confrontations, et surveillait entre autre le rythme cardiaque de leurs éléments les plus importants. Or l'un d'eux n'affichait plus de pouls, et pas n'importe qui. Le scientifique déglutit. Valentin n'était pas du genre à aimer les mauvaises nouvelles, et celle-ci était bien pire encore. Les mains du créateur des sprinkhaans se mirent à trembler. De peur d'une part, car la réaction de son supérieur serait certainement spectaculaire, mais également de colère. L'homme qui venait de périr était quelqu'un qui avait dévoué sa vie à une cause juste, un ami proche. Les larmes ruisselaient sur le visage du grand blond lorsqu'il annonça la nouvelle, d'une voix rageuse.

-Valter, Valentin. Il est mort.

Le dirigeant de l'OSC, qui faisait les cent pas, se stoppa net. Il se mordit les lèvres en plaçant son poing serré devant celles-ci, se retenant ostensiblement de crier son indignation. Mais il se ressaisit bien vite. Ils s'étaient attendus à des pertes, et il restait une mission à accomplir. Si Valter ne pouvait plus la mener à bien, qui donc pourrait s'en charger ? Les khans étaient trop bêtes pour comprendre qu'il fallait épargner la fille une fois qu'ils l'auraient trouvé, aussi devait-il s'agir d'un humain. Linos aurait été un excellent choix s'il ne menait pas déjà Aves à travers les couloirs de l'arène. Son équipe avait beau être la plus compétente au monde, elle ne pouvait être privée de son leader.

-Si je puis me permettre...

Valentin se retourna vers Richard Tremblat, le télépathe, qui venait d'intervenir. Le quinquagénaire ressentir une brève colère à l'idée que cet homme apte à lire dans ses pensées osait en interrompre le flot, mais retrouva bien vite la raison et l'invita d'un signe à continuer.

-Éline Monier pourrait répondre à vos attentes.

Bien que doutant fortement de la fidélité de l'ancienne souveraine de Porol, Valentin fut forcé d'admettre qu'elle était probablement la plus compétente d'entre eux pour ce genre de mission. Il avait pensé à envoyer l'Omnikhaan, mais l'idée de se séparer de lui ne l'enchantait guère, aussi la solution fut-elle adoptée sans délai. Valentin activa son oreillette et la régla sur le canal dédié exclusivement à la vieillarde. Il prit la parole d'une voix calme et chaleureuse, pleine d'assurance, comme d'accoutumée. Ces années à diriger la première puissance mondiale lui avaient appris l'art du paraître comme aucun professeur ne l'aurait pu.

-Changement de plan, madame. Je me vois dans l'obligation de vous demander de vous occuper de la mutante ; j'espère que cela ne vous dérange pas.

La grand-mère Monier, qui venait de planter une dague dans la gorge d'un encapuchonné de Taetra, essuya méticuleusement sa lame sur le vêtement de sa victime avant de répondre, tout aussi paisiblement que son interlocuteur.

-Tout ce que vous voudrez, jeune homme. Sa localisation ?

-Avec les réfugiés, en bas. Richard vous guidera ; nul besoin de faire les présentations si je ne m'abuse.

Richard fit la moue. Il avait jadis été l'un des nombreux pions sur l'échiquier machiavélique d'Éline, mais il ferait l'effort de mettre ce différend de côté aujourd'hui. Il entreprit de lui indiquer la marche à suivre le plus précisément possible, mais il ne fut capable que de lui indiquer une zone tant il était difficile de faire le tri entre les informations cognitives qu'il recevait de la part des milliers des spectateurs. Éline avança d'une démarche tranquille, jusqu'au moment où elle se rendit compte que deux guides supervisaient la mise à l'abri. S'ils la voyaient, ils la reconnaîtraient immédiatement, or elle avait besoin de pouvoir s'échapper une fois la mutante trouvée. Aussi puissante qu'elle puisse être, il lui semblait impensable de faire face à mille individus. Quoique. Si elle se débarrassait dans un premier temps des guides, le tour était jouable. Elle transmit sa requête mentalement à Richard, qui la répéta à Valentin.

-Éline souhaite l'appui de quelques khaans.

-Très bien. Arthur ?

Le scientifique vérifia l'un de ses moniteurs, pointant du doigt pour lui-même un attroupement de points verts en mouvement.

-Nous avons six télékinésistes à l'étage supérieur. Je peux les placer sous son commandement.

Valentin acquiesça, et le processus fut mis en marche. Les khaans n'étaient pas que des créatures humanoïdes aux aptitudes de combat exceptionnelle, mais un véritable champ d'action nouveau des sciences biologiques. Ces êtres pouvaient, sous leur était larvaire, soit se métamorphoser au contact de l'oxygène, soit devenir des parasites. L'un d'entre eux avait été implanté en Éline, afin de lui permettre, au besoin, de commander aux khaans. Bien vite, ses six soldats blanchâtres furent à ses côtés. Un combat éclata toutefois non loin entre un groupe de sourciers et l'une des équipes de l'OSC, aussi la doyenne préféra-t-elle se dissimuler et attendre le moment propice. Ils avaient l'avantage, autant faire les choses proprement et ne pas commettre d'erreurs stupides dans la précipitation.

Les combats se faisaient plus nombreux et destructeurs au sommet de l'arène. Soldats et sprinkhaans commençaient à déferler depuis les portes du bâtiment conquis, surpassant en nombre les défenseurs du Pot qui peinaient déjà bien assez face à ces géants. En une dizaine de minutes, aucun d'entre eux n'était encore tombé alors que le Léviathan avait péri. Adel s'en mordait les doigts. Ils devraient attaquer les titans à plusieurs pour en venir à bout, toutefois nul autre que les membres du fer de lance ne pouvaient prétendre faire face à ces monstres, et leur regroupement signifiait que les combattants moins expérimentés périraient par dizaine pendant qu'ils se chargeaient du gros des troupes. Mais ce sacrifice était nécessaire.

-N'essayez pas de les affronter seuls, formez des groupes et tuez les un par un ! leur ordonna-t-elle. Attaquez par le bas, forcez-les à se courber, puis visez l'oeil sur leur front. Darius, les portes ?

-Ça avance.

Malgré la vitesse à laquelle ils étaient conçus, les myrs se faisaient éliminer en masse. Seuls les argousins et les galvaniseurs parvenaient finalement à tenir le rythme, aussi l'Eldarak se concentra-t-il sur ces deux modèles. Il envoyait les plus massives de ses créations endiguer l'arrivée incessante d'ennemis par les portes que leur largeur bouchait presque. Les pauvres argousins ainsi envoyés se sacrifier ne parvenaient aucunement à repousser les bataillons adverses mais accordait de précieuses secondes de répit aux assaillis. La sueur perlait à grosses perles sur le front du garçon, qui avait ôté son manteau tant il suffoquait. Malgré les soins intensifs de Danna, ses dépenses d'énergie allaient finir par le tuer. Mais il devait tenir le plus longtemps possible, jusqu'à que ces fichus géants ne tombent pour de bon. Inès se contentait de protéger le sourcier de leurs adversaires qui, loin d'être naïfs, avaient compris qu'il était l'une des cibles prioritaires. Même elle ne pouvait pourtant pas parer aux téléportations intempestives des chiroptères qui s'approchaient toujours plus près et menaçaient de tuer à la fois l'Aori et son patient. Un changement de tactique s'imposait.

-Inès, échange de place avec Miranda ! Tu peux attaquer aussi bien qu'elle et elle défendra mieux Darius.

La révulseuse se téléporta aussitôt près de la mutante, puis la ramena auprès de leurs alliés avant de repartir au combat. Ses tirs manquaient de puissance, faute à leur utilisation abusive, et les blessures infligées aux géants étaient loin d'être assez importantes, mais elle ne baissait pas les bras. Les soldats valatiens, lames en main, affrontaient à pied les sauterelles et les hommes, tranchant tout ce qui pouvait l'être avec une énergie remarquable. Naïlikan et luuwriens faisaient corps sans distinction, s'unissant enfin pour une cause qui dépassait leurs querelles habituelles, galvanisés par la présence de Snori et ses disciples, transcendés par l'admiration qu'ils vouaient à Esmezia. Les gardiens des artefacts étaient bien sûr des héros dont la réputation transcendait les nations, et les grands chefs militaires avaient gagné le respect de tous, mais elle était, à l'instar d'Erlyn Ehlkaÿd, une héroïne solitaire sans patrie, dont les exploits inspiraient contes et chansons. L'aisance avec laquelle elle faisant chanter l'acier sur les chairs meurtries et l'assurance dont elle faisait preuve face à un danger comme jamais homme n'en avait connu les inspira et fit redoubler leur ardeur. Ainsi, bien des hommes du Nord se mirent à entonner un chant guerrier en plein milieu de ce conflit chaotique, s'époumonant pour qu'à aucun moment le courage des leurs ne faiblisse. Miranda, qui avait rejoint Danna et Darius, s'était placé à leurs côtés, debout, et tendait un bras de chaque côté de son corps afin de créer un champ répulsif autour d'eux. Elle dépensait beaucoup d'énergie, si bien que l'Aori était forcée d'alterner entre elle et le maître du métal. C'était là un rythme strict mais efficace, puisque les myrs continuaient d'être créés tandis qu'ils disposaient d'un bouclier presque infranchissable. Mais la situation en disait long : les pertes étaient beaucoup plus nombreuses du côté du Pot, et tuer les géants devenait une priorité absolue.

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Dim 24 Mai - 21:12

Erlyn avait fait une véritable salade du corps de Valter. Il en était à présent sûr : tout ne se jouerais pas dans l'arène. Il lui fallait trouver la "sentinelle", afin de réellement mettre un terme à la coordination de leurs adversaires. La légende se remit en marche à la recherche d'agents à tuer.

[ https://www.youtube.com/watch?v=0HItAhwZxfQ ]

Sa petite soeur, à l'opposé total de l'arène, continuait de courir. Mes propres espoirs reposaient sur elle, et elle avait lu dans mon carnet des instructions plus que claires. Enfin, elle s'arrêta, devant les portes de ma loge, qu'elle ouvrit avant de refermer derrière elle. L'endroit était devenu semblable à des ruines désaffectées. Mon sol en moquette était recouvert d'une mousse verdâtre qui semblait s'être installée au cours de siècles, les murs se parsemaient par endroit de rouille, les fenêtres étaient recouvertes de vignes aux feuilles mortes, le moindre détail pouvant rappeler un certain confort était devenu un symbole de souvenir pénible. Elle prit le carnet entre ses mains, et l'ouvrit là où elle avait stoppé sa lecture.

"Alors, face à la baie vitrée, les vestiges d'un lit, positionné sur la gauche, camoufleront mon dernier présent."

Elle se tourna donc sur sa gauche, dégainant son épée pour se débarrasser de la faune, puis découvrit un matelas après avoir déblayé le terrain un certain moment. Après avoir fouillé partout, elle se retrouva bredouille. Elle tourna un instant en rond dans la pièce, avant de se replonger dans la lecture du carnet. Les vestiges d'un lit. Un présent caché dans le lit. Elle tourna de nouveau la tête vers le lit, qui était comme tout le reste, dans un état déplorable, avant de se rendre compte d'un détail ... Elle déchira les draps déjà en lambeaux, et se retint de rire d'euphorie. Les vestiges d'un lit. Le matelas était en parfait état, contrairement à tous les autres composant du lit. Il ne lui fallut qu'un court instant pour ouvrir le matelas sur la tranche, puis y insérer le, bras, fouillant dans le rembourrage. Là. Elle tira la chose de toute ses forces et la regarda, d'abords avec un sourire ... Puis l'air interloquée. Quoi ? C'était tout ? Ce présent minable qu'elle avait pris tant de risques à découvrir n'était autre que ... Une sorte de crayon ? Un stylo, de ce que lui avait raconté Raphaël. Un crayon avec du liquide à l'intérieur, de l'encre, celle-ci bleue. Elle baissa les bras, s'appuyant dos contre le mur. Ce combat semblait perdu d'avance, encore plus qu'à son commencement. Elle joua un instant avec le bouchon du stylo bleu, lisant la marque tout droit importée de notre monde. Résignée, elle relut une dernière fois mes lignes, avant d'en arriver à la dernière phrase ... Elle le relut encore une fois, et plissa les yeux. Le point après le mot "présent" n'était pas assez proche pour terminer une phrase. Il s'agissait en fait du moment où mon stylo se posait une nouvelle fois sur la page, avant de disparaître.
Il n'était pas fini. Le message n'était pas fini. Le combat n'était pas fini ! La jeune femme aux cheveux blancs retira le bouchon pour de bon, et mit le carnet à plat. Ce message, il fallait le signer. Comme une providence, elle inscrivit alors à la suite "Jaleniel". Mais rien ne se passa. Cela faisait beaucoup d'ascenseur émotionnels dans le même instant crucial. Elle craqua. Ses larmes coulèrent alors sur le papier tandit qu'elle tâchait de faire le moins de bruit possible. Alors, elle barra mon pseudonyme, les joues ruisselantes, avant d'inscrire, plus bas, un mot de quatre lettres, dont elle avait l'espoir qu'il me parvienne. Que pouvait-elle bien faire d'autre ? Quel était le secret de ce présent qui semblait si inutile, jusque maintenant ? Elle posa le stylo près du carnet, à genoux, essuyant ses larmes, quand les deux objets se mirent à trembler.

[ https://www.youtube.com/watch?v=EOvo0t4qUqw ]

Evidemment, je ne pouvais pas laisser ce pouvoir à n'importe qui. Il fallait que ce soit l'une de mes plus proches créations qui déclenche ce cadeau. Il fallait que ce soit Raphaël, ou Oloren. Ou ...
Le carnet s'éleva légèrement, avec le stylo, avant que ceux-ci ne se mettent à luire d'une lumière blanche, et brisèrent la baie vitrée en s'échappants de ma loge, avec une direction visiblement très définie. Elle traversa un sprinkhaan sans mal, causant visiblement une grande douleur à celui-ci, avant de s'écraser sur le cadavre de Julie.
La lueur disparût.
D'abords, il n'y eut rien.
Enfin, un pilonne de lumière s'éleva jusque dans des cieux inconnus. Les restes de la Lumière de Taetra s'élevèrent dans les airs au milieu de cette colonne de lumière. Ses yeux s'ouvrirent. Ses doigts se serrèrent un peu. Elle se courba, puis s'étira, pris le temps de se redécouvrir. Ses jambes étaient revenues. Ses brûlures avaient disparues. Elle avait de la peau. De la peau couleur de cendre, belle et douce. Son visage, celui d'une charmante femme, était encadré par des cheveux ondulés, châtains. La colonne de lumière la réintégra, la laissant, nue, au milieu du champs de bataille. Maximilien Maffert, qui avait pris la place de Reingleff, effaça son éternel sourire, la paupière battante. Il la reconnaissait.

En effet, mon cadeau était multiple. J'avais rendu sa vie à Julie. Avec cela, j'avais donné une petite soeur à Oloren et Raphaël. Le gaillard exprima sa surprise d'un grand "Woaah puuuu-taaaiiin", en regardant Lars, pour être sûr de voir la même chose que lui. Oloren, elle, fut prise d'un rire nerveux et euphorique. A bout de nerfs, elle ne parvenait pas à gérer comme le porolien le flu d'émotion qui rejoignait, après tout ce temps, sa propriétaire. June elle-même sentait ses yeux la brûler des larmes dorées qui coulaient sur ses joues. Elle ressentait tout. Chaque chose sur lequel se portait son regard était une nouvelle couleur. Enfin, elle voyait de nouveau. Enfin, elle se souvenait de tout. Toute sa puissance lui était revenu, et même au delà. Elle leva sèchement le bras, élevant une véritable faille lumineuse au milieu des sombrités, qui disparurent sans conditions.
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Louis
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Lun 25 Mai - 16:07

Un champs de bataille! L'élément naturel de Melody. La jeune femme, malgré l'infériorité numérique criante, s'y sentait bien plus à l'aise que dans l'arène. Ici, les hommes s'entre-aidaient pour faire face à l'adversité, protégeaint leurs alliés pour s'assurer une victoire commune. On était bien loin des prétentions égocentriques de l'arène. Elle avait plusieurs fois aperçu Tim, le sauvant à plusieurs reprises et réciproquement. Mais les Khaans semblaient venirs par dizaines de milliers, répandant insatiablement le sang dans leurs rangs. Son épée flamboyante à la main, elle tentait avec d'autres braves une percée dans les lignes ennemies, mais dû vite battre en retraite, ses hommes tombant comme des mouches. Soudain, elle la vit. Gladys Engels, à une dizaine de mètres de là, répandant le chaos autour d'elle. Il était temps d'en finir avec elle. La tuer serait pour elle une énorme source de satisfaction. Se frayant un chemin entre les khaans, coupant et tuant tous ceux qui étaient assez fou pour se mettre entre elle et sa némésis, elle eut vite fait d'arriver en face d'elle, un sourire féroce sur le visage.

- Tu as rescuscité juste pour me laisser l'occasion de te tuer de mes propres mains? rugit elle en tentant une attaque d'estoc.

Dans sa tour isolée, Ethant tentait tant bien que mal de se rendre utile. Par le passé, il avait été une fine gachette, mais le manque de pratique le pénalisait énormément. Il n'arrivait à atteindre sa cible qu'une fois sur trois, et encore, lorsqu'il visait les Khaans, bien plus aisés à toucher. Il serait bientôt à court de munition. Il pensa à affronter les bêtes au corps à corps, mais sa force de frappe, minime, ne serait qu'une goutte dans l'océan. Il avait besoin d'un allié puissant pour pencher dans la balance. Un allié dont sa mobilité lui serait utile... Gareth lui semblait tout indiqué. Usant de la lunette de son sniper, il finit par le trouver, sortant à la hâte du souterrain. En un instant, il se trouva à ses côtés. Le nordique sursauta, surpris de sa brusque apparition.

- Nous devons descendre un de ces trucs déclara le quinquagénaire en désignant un des khaans géants près d'eux.

Apercevant le monstre que désignait son ami, Gareth frissona de terreur. Il n'était même pas de tailel face à Edwig Luthness... Comment pourraient ils, même ensemble, vaincre un tel monstre? Pourtant, quand il vit le carnage qu'effectuaient ces khaans sur le champs de terrain, il comprit qu'ils devaient les neutraliser. La nuance entre devoir et pouvoir était pourtant loin d'être mince... Acquiescant d'un signe de tête, il attrapa le bras d'Ethan, et ils disparurent tous deux, pour reparaitre sur les épaules du géant. Le nordique manqua de perdre l'équilibre, avant de s'accorcher fermement à la tête du monstre. De là, il put apercevoir brièvement les hommes, majoritairement des Valatiens, qui tentaient de tuer leur ennemi. Quelques uns tentaient d'escalader la bête, mais finissaient vite par être écrasés sous ses pieds sans parvenir à lui infliger la moindre blessure. L'épiderme totalement noire du Khaan était souillé de rouge sur toute la partie inférieure de son corps. Il était temps de mettre un terme à son existence. Tapant de toutes ses forces sur la tête du monstre, il ne parvint qu'à un résultat dérisoire. De son côté, Ethan vidait le chargeur de son arme, sans grand succès non plus. La créature eut tôt fait de remarquer leur présence, et attrapa Gareth avec une rapidité qui le surprit. Le nordique sentit ses os craquer, se débattant pour s'échapper. Ethan intervint heureusement bien vite, le téléportant hors de l'emprise du géant.

- On n'y arrivera pas comme ça... Tu pourrais téléporter plusieurs personnes sur son dos?

Ethan répondit par la négative. Il avait déjà été peu aisé d'atterir sur le khaan sain et sauf, emmener une ou deux autres personnes se révèlerait impossible...

- Bon. J'ai un plan fit Gareth après un instant de silence. Dis aux guerriers de s'éloigner de la bête!

Une fois que ce fut fait, le nordique ramassa un lampadaire au sol et expliqua ce qu'il prévoyait de faire à Ethan. Ils apparurent alors derrière le monstre, et le nordique frappa de toute ses forces sur les jointures de la jambe droite du monstre. Sous le choc, l'arme impovisée ploya en émettant des étincelles. Moins d'une seconde plus tard, ils réitéraient leur frappe sur le flanc gauche du Khaan. La bête commença une longue chute, plaçant ses bras devant pour elle dans le but d'amortir le choc. C'est à cet instant qu'une centaine de Valatien, armés de haches et d'épées, foncèrent sur la bête, s'acharnant sur ses bras et ses flancs. Les plus hardis, menés par Bartiméus Roche, montèrent même sur son dos, répandant feu et lames sur l'ensemble de son corps. Le Khaan tressauta, tentant tant bien que mal de se relever, mais le poids des hommes sur son dos augmenta soudain, lui ôtant toute possibilité de retraite. Remuant frénétiquement bras et jambes, il fit un massacre chez les Valatiens, jusqu'à ce que les hommes coupent un à un les membres de la bête. Usant de toutes ses forces, Tim donna le coup de grâce au monstre, qui bougea encore quelques instants, avant de redevenir parfaitement immobile. D'un geste de la main, l'homme les remercia, avant de repartir à l'assaut avec d'autres membres de son unité, tentant d'endiguer l'assaut des Khaans.

Plus loin, Artémis et Clyde, capuchonnés comme des hommes de Taetra faisaient mine d'aider leurs ennemis. En vérité, ils cherchaient les cibles prioritaires listées par Valentin. Ils eurent vite fait de tomber sur Darius Maffert, dont le pouvoir se révélait tout au moins ennuyant, si ce n'est sérieusement handicapant. Lançant subrepticement une grenade lacrymogène près de l'homme, avant de se placer à ses côtés. L'arme au poing, ils vidèrent tous deux leurs chargeurs sur le champion du monde des éléments.

Edwig et Iyoh observaient au loin le chaos. Le colosse était presque impressionné par l'armée qu'avait constitué Valentin Aënis. Elle lui rappelait énormément la puissance de Naïlika, à l'époque d'Igole Vrag. Ces milliers de soldats parfaitement similaires les uns les autres, et presque inarrêtables.

- L'homme qui te donne des ordres est un fou. Il te tuera lorsque tu ne seras plus utile. Mais je suppose que tu n'en as cure. Va donc poursuivre ta vengeance! Je t'observerais de loin, et te pleurerais lorsque l'heure sera venue.
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Lun 25 Mai - 20:25

Alors que la bataille semblait perdue d'avance, l'espoir revint. Sous forme d'une lumière purificatrice débarrassant les forces alliées d'une partie de leurs adversaires, puis par l'exploit de Gareth Soubrasault. Les défenseurs du Pot en proie au désespoir eurent enfin la preuve qu'il était possible de vaincre des géants, et poussèrent à l'unisson un cri de joie véhément mais éphémère. Cette première victoire ne devait pas rester la seule au compteur, aussi repartirent-ils au combat. La Grande Dragonne cracha l'un de ses souffles brasillant, forçant un colosse à reculer de quelques pas vers le bord des gradins. Débordant d'énergie malgré les blessures qui se faisaient de plus en plus nombreuses sur son corps massif, le Mégoül bondit sur la bête pour la renverser et l'écraser au sol, trente mètres plus bas. De ses larges mains, il frappa le sol qui changea de forme, creusant une cuve sous la sauterelle avant de l'ensevelir. Sans attendre, le Mégoül bondit tandis que sa sœur vint porter à ébullition la terre qui recouvrait leur adversaire ; celle-ci devint lave et commença à faire fondre les chairs du sprinkhaan, qui tenta en vain de se relever alors que son corps devenait flasque et se répandait dans cette tombe ardente. Sentant la mort arriver, il tenta en vain de lancer son tentacule vers ses deux bourreaux, déjà éloignés de lui. Lorsque la vie finit par le quitter, le Qumulox projeta ses courants puissants qui firent refroidir la lave avant que celle-ci ne puisse mettre en danger les fondations de l'arène ou les habitations alentours, puis la fratrie des éléments repartit vers le sommet, où treize de ces monstres perpétuaient encore leur massacre. Valentin serra la mâchoire.

-J'en ai assez de leurs géants. Arthur, demande à onze, douze et treize de se concentrer sur eux.

-Treize vient d'être dissout dans la lave...

-Onze, douze et quatorze, alors ! Qu'importe, du moment que tu me débarrasses de ces gêneurs.

Le scientifique acquiesça et modifia les priorités des trois géants en questions, lesquels se désintéressèrent aussitôt de leurs combats et se mirent à courir au même instant vers le Qumulox, qui remontait à peine. Le plus vif des khaans se laissa choir sur la mollusque aérien, pieds en avant, plantant ses six griffes dans la cervelle du benjamin de la fratrie. L'air était son élément, et laisser l'avantage de la hauteur à ses ennemis avait été une erreur létale. La sauterelle chuta avec le cadavre massif et incroyablement léger de sa victime, puis bondit de nouveau vers les gradins où un second géant lui agrippa le poignet avant de le remonter, le tout avec une telle efficacité que l'action n'avait duré que quelques secondes. Fou de colère, le Mégoül tenta de les renverser tous deux, et fut frappé simultanément par leurs deux tentacules. Le troisième géant survint derrière lui alors que son corps électrifié s'étalait sur les sièges, et lui agrippa les jambes à deux mains chacune. Ses homologues prirent chacun un bras, et tirèrent ensemble dans l'optique de détacher son buste du reste de son corps. Arracher sa chair fut impossible, mais un craquement sinistre attesta de la fracture de sa colonne vertébrale. Par mesure de précaution, les créatures artificielles terminèrent le travail via leurs griffes acérées, lacérant muscles et organes jusqu'à que le reptile ne fusse plus qu'un tas de vianda informe et répugnant. La dragonne revint alors à l'assaut ; mais à l'inverse de ses frères, elle n'était pas insouciante. Deux humains la chevauchaient, à savoir Mavis Sozin et Benjamin Lyzzen. Planant à dix mètres au-dessus des trois cibles regroupées, la créature mythique inspira longuement avant de délivrer une nuée de flammes chatoyantes auxquelles vinrent se joindre celles de ses alliés. Jamais dans le multivers un brasier n'avait été d'une telle intensité, si bien que la température des lieux grimpa drastiquement tandis que la luminosité devint éblouissante. Si les scamis avaient été munis d'une bouche, sans doute auraient-ils hurlé de douleur. Cette sensation leur était toutefois inconnue, et la calcination progressive de leur épiderme ne les empêcha pas de contre-attaquer. Un tentacule s'enroula autour de la queue de leur agresseur, puis un second vint le museler. Benjamin comprit qu'il était trop tard. Il agrippa le bras de Mavis et bondit du dos du dragon. Au sol, il forma une cuve gelée dont il fit fondre l'intérieur afin de le faire devenir liquide, et les deux pyrokinésistes firent le grand plongeon dans cette piscine glaciale. Loin d'être affecté par les climats changeants, le jeune homme remonta à la surface en traînait sa camarade qui elle était frigorifiée, juste à temps pour voir leur monture se faire déchiqueter sans vergogne. Au final, leur attaque commune n'avait fait qu'amocher leurs trois ennemis. L'un d'eux était toutefois en mauvais état, en cela que deux de ses bras n'étaient plus que des lambeaux de chair et que sa démarche semblait plus titubante qu'à l'accoutumée.

-Oh, y'aurait pas quelqu'un pour le finir ? lança-t-il à tout hasard, sans vraiment attendre de réponse.

Skyler l'entendit pourtant et n'hésita pas un seul instant. Il avait beau être faible comparé à l'équipe constituée par Adel, il voulait se démarquer. Lui aussi maîtrisait l'aura, et lui aussi avait déjà résisté aux flammes par le passé. Tout ce dont il avait besoin, c'était d'un petit remontant de la part de son ancien coéquipier, qu'il ne peina pas à trouver. Celui-ci virevoltait entre les adversaires humains, les entaillant sans vergogne, vainquant ceux qui avaient l'audace de lui faire face armés d'une simple lame. Il n'en voulait pas à June pour ce qu'elle venait de faire. Les sombrités sous le contrôle de Maffert étaient en effet si corrompues qu'il aurait été impossible de les ramener à la raison, ou plutôt de leur faire découvrir ce qu'était la raison. Amarante Apanine, glissant sur les courants créés grâce à sa gemme du vent, vint attaquer l'alpha en frappant de son nagamaki. Kiwi bondit en arrière, puis se baissa pour éviter un second coup circulaire avant de se décaler afin de ne pas finir empaler par un estoc. Cette femme agissait vite. Elle ne faisait pas partie de la fameuse Sainte-Garde velnienne pour rien. Ses capacités restaient toutefois médiocres comparées aux pouvoirs des sombrités. Kiwi attendait le moment propice pour un contre lorsque, entouré de son aura noire flamboyante, Skyler déboula sur le flanc de son adversaire et lui agrippa le crâne à deux mains, avant de venir y faire s'écraser son genou. Le son sec produit par l'impact ne fut pas de bonne augure pour la sante d'Amarante, qui entama une chute sur le côté, laquelle n'aboutit pas : Kiwi vint lui ôter la vie avant qu'elle ne touche le sol, puis remercia son allié d'un simple hochement de tête avant de repartir au combat. Skyler lui agrippa toutefois le bras, l'empêchant d'avancer. L'alpha le fixa de ses grands yeux luisants.

-Nourris moi avec ton ombre, là, comme la dernière fois !

-Je refuse. Cela m'empêcherait de me battre convenablement.

-Me fait pas perdre de temps, putain ! Je serais plus efficace avec ton pouvoir que nous deux séparés. Le total qui vaut mieux que la somme des parties, tout ça. Allez, grouille !

Kiwi n'hésita qu'un instant. Il lui coûtait de l'admettre, mais ce garçon faisait preuve d'une lucidité qu'il n'hésitait pas à exprimer malgré son caractère quelque peu blessant. Des gens comme lui n'étaient que peu appréciables mais avaient une indéniable valeur en des temps comme celui-ci. L'alpha acquiesça, et plongea ses mains dans l'aura sombre de l'adolescent, avant de déverser en lui une immense majorité de sa puissance. Il conserva seulement ce dont il avait besoin pour vivre, et repassa en sa forme initiale, avant de fuir le combat en courant si près du sol qu'il donnait l'impression de ramper. Skyler s'assura qu'il puisse rejoindre les couloirs en toute sécurité, appréciant les risques que cet bête prenait, puis retourna vers le géant désigné par Benjamin dès qu'il fut sûr que Kiwi soit en chemin vers se maîtresse. Entouré d'un flot d'énergie sombre dont la combustion constante n'était pas sans rappeler l'aura violette de Lilia à plein pouvoir, il courut à une vitesse proche de celle de Lars et bondit à une dizaine de mètres de hauteur. Le khaan tenta de la happer, mais un bloc de givre créé par Benjamin vint bloquer momentanément ses deux bras restant. Le tentacule se courba alors, fouettant l'air avec force, et fut lui aussi bloqué, par Lilia cette fois-ci. Elle s'était contentée de se placer sur la trajectoire de l'attaque, et son bouclier aurique avait fait le reste. Skyler prit appui sur l'un des bras endommagés de la sauterelle pour bondir de nouveau, et arriva à la hauteur du crâne du monstre. Il concentra alors sa force dans ses deux poings, puis frappa brutalement l'œil frontal. L'iris éclata dans un geyser de sang tandis que le titan convulsait, portant ses mains vers sa tête dont l'adolescent était dores et déjà descendu. Les galvaniseurs myrs vinrent alors finir le travaille. Ils grimpèrent sur le corps du sprinkhaan blessé, plantant leurs griffes d'acier dans sa chair noircie par les brûlures, puis pénétrèrent par dizaine l'œil percé une fois arrivé au sommet. La sauterelle s'agita, bondissant ça et là, se roulant au sol pour tenter, en vain, de chasser ces fourmis qui le dévoraient de l'intérieur, en vain. Une demi-minute plus tard, il était mort.

Au sol, Orion, Oswald et Wahlo affrontaient les quatre membres restant de la Sainte-Garde. Le combat aurait pu sembler déséquilibré, cependant l'âge avancé d'Oswald et l'immaturité des pouvoirs de Nahaow compliquaient la tâche, d'autant plus que Cléome avait décidé d'ingérer deux gemmes d'ombre. Son pouvoir rivalisait désormais avec celui de bien des légendes de Valato, si bien qu'Orion, profitant pourtant de la forme hybride de Nigdaoz, peinait à la vaincre. L'issue du combat ne faisait toutefois pas de doute : rien, à part Edwig, ne pouvait égaler un artefact sur leur planète. Un à un, les velniens tombèrent, mais Vin'Zu parvint à achever Oswald. Eiwen, seul face à deux adversaires, fut forcé d'ingérer une seconde gemme de lumière. Sa lame dansait, ses traits de immaculés brillaient de mille feux, et sa victoire sembla, le temps d'un instant, plausible. Jusqu'à qu'une lame bleuâtre ne lui traverse le torse, le tuant sur le coup. Iyoh appuya du pied sur le dos de sa victime, la faisant choir au sol, avant de tourner le dos à Orion. Le chef du conseil courut après le meurtrier, mais fut bloqué par l'apparition soudaine d'un dragon-chiroptère, qui le força à abandonner sa chasse au criminel. L'Ombre se fichait bien de celui qui, pendant des années, avait veillé sur Athis. Eiwen s'était opposé à lui à Karielle quelques semaines plus tôt, aussi l'avait-il tué, mais rien d'autre qu'une soudaine envie de vengeance ne pourrait à présent le détourner de ses cibles véritables. Force était de l'admettre : s'il pouvait faire face à Llednar et Snori, Esmezia aurait été trop forte pour lui sans l'acquisition de son nouveau pouvoir. Plus il l'utilisait, plus il le comprenait. Il suffisait de conserver l'électricité, de ne pas l'utiliser plusieurs jours durant. Cela ne faisait qu'une demi-semaine, mais ses courants seraient suffisants pour une unique adversaire. Il fallait donc la garder pour la fin. D'abord, le rôdeur. Il combattait aux côtés des luuwriens contre des troupes humaines et, une fois encore, sa vision fabuleuse fit mouche, si bien qu'il vit arriver Iyoh à une centaine de mètres. Abandonnant ses alliés, il tira ses deux lames et courut vers le trancheur, qui l'attendit, souriant à pleine dents, les yeux plissés, un air de folie sur le visage. Il plaça toutefois une main en avant, paume ouverte, comme pour intimer à son ennemi de se stopper alors qu'il comptait clairement l'attaquer.

-Un instant, veux-tu ! N'est-il pas de tradition de parler avant un duel aussi glorieux ?

Pour toute réponse, Llednar donna un premier coup, paré avec aisance par Iyoh qui en esquiva un second, avant de donner un estoc assuré mais simpliste, plus pour la forme que pour réellement blesser le rôdeur.

-La dramaturgie n'est pas ton fort, hein ? commenta-t-il. Tu manie pourtant bien la lame, mais tu restes muet. Qu'on se le dise...

La rapière d'Iyoh se mit à étinceler et brisa l'une des épées de Llednar à l'impact. Profitant de la déstabilisation causée par son ennemi, le trancheur frappa du plat de son pied, le faisant choir. D'une roulade arrière, l'homme sans nom se redressa puis repartit à l'attaque, tandis qu'Iyoh affichait désormais une colère indescriptible.

-Tu insupportes ! Pourquoi quelqu'un d'aussi doué que toi ne peut-il pas prendre plaisir à se battre ?! Fais donc l'effort d'être divertissant ! Tu...es...d'un ennui !

À chaque mot, l'épéiste déchaîné portait un nouveau coup vif, puissant, précis, tout en parant à toute tentative de réaction de la part d'un adversaire complètement dépassé. Il ne fallut pas longtemps pour que la seconde épée ne se brise, puis que les dagues fébrilement dégainées subissent le même sort. Llednar ne dut qu'à son agilité hors du commun de passer outre les quelques estocs qui suivirent, mais finit par être blessé au bras. Alors Iyoh accéléra, et plus aucune des courbes décrites par son acier ne rencontrèrent que l'air. La rapière sifflait tout en faisant gicler le sang, mais seuls les cris de douleur du chevalier se firent entendre. L'Ombre ne le tuait pas. Il le blessait, toujours plus, en prenant soin d'éviter les points vitaux afin que l'agonie de l'homme l'ayant enfermé durant cinq années dure le plus longtemps possible. Afin qu'il comprenne, au crépuscule de son existence, ce qu'il en était d'être détruit progressivement sans entrevoir le moindre espoir. La voix de Llednar partit dans des aigus impensables, puis s'éteignit pour de bon, alors que le rire d'Iyoh reprenait le dessus. Enfin ! Depuis combien de temps attendait-il de pouvoir prendre plaisir à tuer ? Retrouver cette passion pour le combat face à Llednar n'en était que plus jouissif pour lui qui, pendant ces années d'emprisonnements, n'avait cessé de se mentir en tentant d'atteindre une paix intérieur risible. Le sang de Llednar maculait ses vêtements, et l'odeur dégagée par le liquide vital rappelait à ses narines l'aube pourpre de Neims. Un nom en moins sur sa liste ; n'en restaient que deux ! Il se remit en marche, son rictus carnassier ne le quittant pas, à la recherche de Snori Pendragon et sa lame de mithril. À quelques mètres à peine, Gladys Engels paraît de sa lame flamboyante l'épée de Melody Jennsen. La propriétaire première de Belwur avait déjà revêtu l'armure complète de son artefact et répandait depuis lors ses flammes mortelles, mais s'attendait à voir débarquer tôt ou tard sa rivale. La vaincre n'avait que peu d'intérêt, en cela qu'elle se savait bien supérieure, toutefois la mort de la capitaine luuwrienne signifierait qu'elle serait munie de deux versions d'un même artefact. Sa puissance pourrait alors égaler celle d'Edwig Luthness ! Gladys frappa à la verticale, formant autour d'elle et son ennemie un cercle de flammes sombres suffisant pour dissuader tout nuisible d'intervenir durant leur confrontation.

-Je vais brûler ce visage, Melody. Qu'il ne puisse plus afficher cette assurance mal placée. N'oublies pas à qui appartient réellement Belwur !

Elle ôta sa main droite du manche de l'épée de flammes qu'elle tenait jusqu'à lors à deux mains, donna un coup circulaire, puis fit apparaître une seconde lame dans sa main droite, et repartit pour des assauts toujours plus vifs. L'une de ses armes balayait l'air de gauche à droite, puis de droite à gauche, tandis que la seconde ne servait qu'aux estocs opportuns et autres bottes d'épéiste. Manier des lames jumelles n'était en général que peu efficace compte tenu de la perte d'équilibre impliquée, cependant la force et la mobilité de Belwur permettaient d'y compenser ; et cela ajouté à sa connaissance des armes faisait de Gladys une guerrière à ne surtout pas sous-estimer.

Darius tentait au mieux d'obstruer toute nuisance sonore ou visuelle afin de se concentrer sur sa tâche qu'il savait essentielle. Il avait donc fermé les yeux, mais les hurlements et autres explosions continuaient de lui donner des haut-le-cœur. Il en avait pourtant vu, des batailles, mais celle-ci avait quelque chose de différent. Peut-être était-ce simplement le fait que beaucoup comptaient sur lui, qu'il n'était pas considéré comme un ennemi mais comme un précieux allié. Il ne pouvait pas se permettre de les décevoir. Mais la grenade d'Artémis explosa lors d'un moment de faiblesse de Miranda. Étourdis, ni l'Eldarak, ni la mutante, ni l'Aori ne purent réagir lorsque ceux qu'ils croyaient être des hommes de Taetra tentèrent d'attenter à leur jour. Lorsque la fumée du lacrymogène se dissipa, il n'y eut toutefois qu'un corps au lieu des trois prévus. Miranda et Darius se retrouvaient à l'autre bout de l'arène, toussant encore, sans comprendre le pourquoi du comment tandis qu'une flaque de sang se répandait, près du bloc du métal resté sur place, sous le corps sans vie de Danna. Elle avait tenu à les téléporter, eux, avant de se mettre à l'abri elle-même. Ils étaient plus importants, pour ne pas dire essentiels pour que Valentin ne triomphe pas. Mais Artémis et son compère avaient été trop vifs pour qu'elle soit capable de se sauver à son tour. Criblée de balle, la déesse s'était écroulée sans avoir le temps de souffrir. Un cri de douleur surpassa le volume du capharnaüm de la bataille. Kayoshin s'était écroulé lui aussi, tombant à genoux en ressentant ce vide soudain. Le lien qui unissait les Aoris dépassait l'entendement pour les humains munis de cinq sens appauvris par leur condition. Ce n'était pas une simple amante que l'inférieur venait de perdre, mais un être ayant fait de sa vie un parcours de joie et de quiétude. Un pan entier de son existence venait de disparaître. Plus jamais il ne serait le même, et un seul sentiment le gagnait à présent. Ceux qui avaient osés s'en prendre à la sainte mère des mondes allaient connaître la courroux de Kayoshin Magreefer, le tigre azur des dimensions divines. Ses canines s'allongèrent considérablement tandis que ses cheveux s'hérissaient et que ses pupilles s'allongèrent à la verticale. L'aura qui l'entourait s'intensifia, puis il se mit à courir pour rejoindre son aimée. Une paire de secondes après la mort de Danna, il était près d'elle, tenant fébrilement son corps entre ses bras dénudés. Il observa son visage un instant, puis la reposa et se tourna vers les deux meurtriers. Deux hommes morts. Kayoshin chercha quelque chose à leur dire, une réplique cinglante apte à les terroriser avant qu'ils ne subissent une délectable souffrance, mais se lassa bien vite de cette futile pensée. Son corps se baissa et pivota à une vitesse surhumaine. Sa jambe droite, tendue, faucha Clyde qui se pivota à l'horizontale en plein air. Avant même qu'il ne puisse faire un quart de tour, l'inférieur se redressa, leva sa jambe droite au-dessus de sa tête, et rabattit son talon dans les côtes du mercenaire, qui fut plaqué au sol avec une violence inouïe. D'une foulée, Kayoshin enjamba son corps et agrippa Artémis à la gorge, le soulevant comme s'il ne pesait rien, avant de le frapper de son poing libre au niveau de l'estomac. Sa main recula, puis s'abattit de nouveau, sur son plexus cette fois-ci. Le troisième coup fut destiné au visage du mutant, ainsi que le quatrième, puis le cinquième. Kayoshin ne se stoppa pas. Il frappait, sans relâche, en prenant soin de rester à un niveau de force humain. Il ne voulait pas qu'ils meurent. Pas encore.

Bien plus bas dans les couloirs du bâtiment, le combat entre les sourciers et les scamis venait de prendre fin. L'unité de l'OSC, l'ayant emporté, repartait vers les escaliers les plus proches, laissant pour seule défense aux réfugiés les deux guides. Éline fit signe à ses sprinkhaans dissimulés dans l'ombre, lesquels passèrent à l'action. Parfaitement synchrones, ils usèrent de leurs pouvoirs télékinésiques pour attirer vers eux les guides impuissants, et leur trancher la gorge de leurs griffes. Ce fut une panique sans nom parmi les réfugiés lorsqu'ils virent les six bêtes et l'ange déchue avancer vers cette immense pièce où ils s'entassaient comme du bétail. Angélyna tentait de s'élever sur la pointe des pieds afin de comprendre ce qu'il venait de se passer, mais ne parvenait qu'à distinguer les épaules et les crânes des centaines d'autres civils apeurés. Quelques maîtres de la terre, proches de l'entrée, réagirent cependant très vite, scellant d'une épaisse plaque rocheuse leur abri. Nez à nez avec cette porte improvisée, Éline leva les yeux au ciel.

-Ces humains.

Elle se décala, puis tendit la main vers la plaque de pierre. Ses doigts se tendirent, puis se refermèrent avant qu'elle ne dirige son poing serré vers les couloirs. La porte céda alors, s'arrachant à sa base pour aller s'écraser bien plus loin. Les six khaans la passèrent aussitôt, causant par leur présence seule des cris de terreurs toujours plus nombreux. Éline s'avança, mains jointes dans le dos, et se racla la gorge face à cette stupide assemblée. Voilà qu'ils tentaient de reculer à présent. Reculer vers où ? Il n'y avait pas d'autres sorties. Espèce débile qu'était l'humanité.

-Votre attention, je vous prie...

Une dizaine de personnes, au mieux, parvint à entendre ces quelques mots. Éline commençait à perdre patience. Elle allait devoir en tuer un pour l'exemple, s'ils continuaient. Richard eut heureusement l'idée d'intervenir à cet instant, faisant résonner sa voix dans les crânes des réfugiés, leur hurlant un « silence ! » qui suffit à imposer une accalmie. Éline hocha la tête, approbatrice, et commença à avancer à travers la foule qui s'écartait à son passage.

-Bien. Je cherche Angélyna Moscovitch. Une mutante de Cardith, vingt-cinq ans, jolie blonde, bras tatoués. Je sais qu'elle est ici, et je puis vous assurer que collaborer est dans votre plus grand intérêt.

Angélyna s'empressa d'enfiler la veste que lui tendait Daniel afin de dissimuler ses bras. Elle ne savait pas pourquoi la reine déchue de Porol tenait à la voir elle en particulier, et ne tenait aucunement à le savoir. Si beaucoup demeurèrent silencieux, ébahis et effrayés, certains commencèrent à scruter leurs voisins pour voir si l'un d'entre eux ne correspondait pas à la description faite par la vieillarde. Sacrifier une seule d'entre eux pour que tout le reste vive n'était pas pour les déranger.

-Elle est ici ! cria une femme d'une quarantaine d'année.

Des centaines de visages se tournèrent vers elle, et un sprinkhaan se fraya un chemin jusqu'à sa position. Usant de ses pouvoirs télékinétiques, il souleva l'accusée qui se débattait et la fit léviter jusqu'à Éline, qui souleva son visage avant de soupirer.

-À quel point es-tu stupide, humaine? fit-elle à l'adresse de l'accusatrice. Une jolie blonde, ais-je dis. Celle-ci est laide comme un poux.

Voyant que nul ne désignait sa cible, Éline reprit la parole une minute plus tard, d'une voix calme et glaciale.

-Si vous ne me trouvez pas Angélyna Moscovitch, je vais être forcé de la trouver moi-même, humains. Ne vous...

-Va au diable, traîtresse !

Éline se stoppa net. Lentement, elle se tourna vers l'homme qui avait prononcé ces mots. Il s'agissait d'un jeune porolien, la vingtaine tout au plus, qui l'observait avec fureur. Il était au courant, comme tous ceux de son peuple, du rôle qu'avait joué la doyenne des Monier dans les mésaventures des cardithiens. Si certains fanatiques continuaient d'exécrer la race humaine, la plupart des habitants de la cité volante avaient vu d'un très mauvais œil ces événements. Les sprinkhaans, réactifs, étaient prêts à aller punir ce dissident, mais Éline les interdit d'agir. Elle planta son regard impassible dans celui tremblant de l'intervenant, et avança lourdement vers lui. Chacun de ses pas résonnait lourdement dans cette vaste salle au plafond haut alors que le rythme cardiaque de l'ange accélérait à mesure que la monarque approchait. Finalement, elle se dressa à un demi-mètre de lui, et, sans le moindre sourire, s'adressa à lui.

-Envoies m'y donc.

L'invitation ressemblait à une menace, dans laquelle le porolien se jeta. Il serra le poing et envoya un crochet du droit, parfaitement exécuté et jouissant de la musculature conséquente du jeune homme. Éline leva sa main gauche et stoppa net le coup avant qu'il ne l'atteigne, usant de son pouvoir répulsif. Elle avança alors plus près encore, son visage se tenant juste en face de celui du garçon complètement immobilisé.

-Connais-tu la sentence appliquée à ceux qui lèvent la main sur leur reine ?

Malgré la douleur qui parcourait chacun de ses muscles soumis aux forces contraires du pouvoir d'Éline, le porolien ne baissa pas les yeux, affichant une hargne croissante.

-Vous n'êtes pas ma reine, cracha-t-il.

-Voilà qui est regrettable.

La vieillarde empoigna le revolver à sa ceinture, l'arma lentement, armant méthodiquement son barillet, puis posa le canon sur le front du jeune homme.

-Je laisse deux minutes à Angélyna Moscovitch pour se manifester. Tu sauras à qui tu devras la balle logée dans ton cerveau si elle n'en fait rien, mon garçon.

-C'est à vous et uniquement à vous que je la devrais, vieil sorcière !

-Très mauvaise réponse.

Éline tira. Le corps chuta en arrière, provoquant une nouvelle série de cris que la doyenne stoppa après être retourné au milieu de ses khaans en tirant une nouvelle fois, vers le plafond.

-Je veux cette femme, et je vous tuerais tous pour l'avoir s'il le faut. Et je ne suis pas une femme patiente. Hâtez-vous de la trouver pour moi.



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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Lun 25 Mai - 21:46

[ oui j'aime bien les musiques https://www.youtube.com/watch?v=mRM4aQCHp2Y ]

Un tremblement se fit entendre quelques secondes après la mort du jeune homme porolien. Puis un second. Enfin, une partie du plafond s'effondra, dans un nouveau tremblement. La poussière se répandit un instant, et lorsqu'elle se dissipa, quatres ailes se déployèrent. Raphaël reposa son chapeau sur sa tête tout en se redressant. Le reinom avait de nouveau pris place sur tout son corps, se manifestant par ses orifices faciaux, ainsi que ses membres, ailes comprises. Il plongea son regard dans celui de sa grand-mère, exprimant aux travers de ceux-ci une rage froide peu engageante, même entouré de six khaans.

- Il semble que l'on ai appelé le diable. Me voici, lâcha-til sans changer d'expression.

Il tourna un instant la tête pour observer le corps du jeune homme. Encore un souffle qui s'était éteint sans sa permission ... Il replongea son regard dans celui d'Eline.

- Inclines-toi devant ton roi, et vis. Refuses, et meurt. De mes mains.

Un ultimatum soutenu par la substance noire qui commençait à se répandre dans la salle, courant sur les surfaces.


Au milieu du champs de bataille, June finit ce qu'elle avait commencé. Le sprinkhaan qui avait subit le passage de la Lumière avait à présent une plaie bien ouverte. Elle visa la plaie de sa main et la referma. La Lumière s'y agglutina et explosa, ouvrant encore plus la blessure de la chose. Elle écarta ensuite les bras sur les cotés, puis les rabattus sur la même cible. De nouveau, la bête hurla de douleur, mais la lumière changea de cible. Maximillien Maffert venait de se déplacer, et partait tout droit vers Darius. Tous deux se déplacèrent presque à la même vitesse lorsqu'ils se retrouvèrent auprès de l'Eldarak. Lorsque Maximilien jeta un flux d'énergie noir, celui-ci percuta une barrière bleue et dorée sans pouvoir la percer. Darius venait d'être sauvé d'un parricide inverse. Julie se retourna, souriante, vers le jeune homme. Son visage indiquait la vingtaine passée depuis quelques courtes années, et portait un regard aux yeux dorés bienveillant.

- Maman est là, Darius !

Sur ces mots, elle frappa dans le bouclier qu'elle venait de créer, propulsant un monumental rayon lumineux sur le tyran, à bout portant. Ce dernier fut repoussé un court instant, son énergie noire séparant le rayon en deux. Derrière, Jules, qui avait fait le trajet dès qu'il avait vu June réagir, dirigea sur lui une nuée d'oiseau d'une énergie pure et bleutée, qui fut repoussée par une véritable lame de fond noirâtre, qui elle-même laissa place à une bulle protectrice dorée.

- C'est la dernière fois que tu touches à mes enfants, Maximilien.

- Enfin, très chère, ricana-t-il. L'un d'eux est aussi de moi !

Julie hurla, propulsant un nouveau rayon sur le tyran, qui le fit reculer à même le sol, sur quelques mètres, écrasés sous la puissante colère de la lumière. Lorsque le rayon se dissipa, Maximilien se releva sans trop de difficulté, avec quelques plaies légères dues à son frottement sur le par-terre de l'arène, et une mine grandement contrariée ...


Oloren avait retrouvé ses esprits et se mouvait dans les couloirs de l'arène. Elle avait promis de rejoindre Ilawen et Alix une fois sa tâche achevée, mais elle ne pouvait se résoudre à laisser ses amis se battre sans elle. Il ne lui fallut guère trop de temps pour rejoindre Snori Pendragon sur le champs de bataille.

- Salut, prince de mes deux, comment ça s'présente depuis que j'ai rallumé la lumière ?

Bien que sa question soit sérieuse, elle n'aurait pour rien au monde manqué de rappeler son pseudo-héroïsme, car il était peu probable qu'elle eut été remarquée autrement. De plus, son pic à l'égard de la royauté faisait montre d'une petite pointe d'humour qui ne serait que trop bien reçu compte tenu de la situation actuelle.


Bien plus profondément dans les couloirs de la structure, Erlyn continuait d'avancer paisiblement. Il se trouvait à présent dans un couloir non répertorié par les plans, et la sensation qui s'emparait de lui était bien étrange. Il ouvrit une énième porte avant de remarquer de l'herbe. Plus loin, un point d'eau ... La légende s'avança tout en restant aux aguets. Il se trouvait ici dans la chambre du pot.
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 26 Mai - 0:41

Snori était désemparé. Si les rangs formés avant la bataille avaient tenus les premier temps, l'armée hétéroclite subissait à présent une débandade forcée. Chacun agissait individuellement, survivant tant bien que mal. De petites troupes se formaient ça et là, à l'instar de celle dirigée par Bartiméus, lequel faisait des merveilles, mais le glas de la discorde avait pour la plupart été sonné. Difficile d'imaginer que ce conflit ait pu se régler autrement de toute manière tant les acteurs étaient différents les uns des autres. Même Adel, pourtant avisée, se contentait de leur donner de temps à autres des instructions vagues par télépathie. Les conseils de la jeune stratège étaient évidemment importants, voire salvateurs en cela qu'avoir une voix unique à suivre était essentiel à cet instant, toutefois l'improvisation gardait une place prépondérante, du moins tant qu'ils ne comprenaient pas les motivations de leurs ennemis. Certes, ils tenaient à prendre l'arène. Cela signifiait qu'un repli n'était pas envisageable, en cela que leur objectif serait atteint s'il ne les chassaient pas de ce lieu. La priorité, en attendant, ne changeait pas : tuer ces géants. En comptant celui blessé par June que les autres membres de Taetra s'étaient empressés d'achever, cela en faisait quatre d'abattus. Quatre, alors que les pertes ne cessaient de croître dans leur camp. Snori savait reconnaître un mauvais départ quand il en voyait un, et celui-ci était tout bonnement affreux. Il paraît les griffes d'un sprinkhaan quand Oloren vint à sa rencontre. D'un revers, il déséquilibra la créature avant de l'achever, puis il planta son sabre dans le sol avant de s'appuyer dessus, essoufflé. Ces bestioles n'étaient pas sans lui rappeler les automates du Nord, lesquels auraient été d'un grand secours aujourd'hui. Elles l’épuisaient, mais il trouva tout de même l'énergie de sourire à la benjamine des Ehlkaÿd.

-Un peu mieux. Mais c'est pas encore ça...on se fait laminer. Même avec ce Darius qui nous fournit des soldats, ils sont toujours quatre fois plus nombreux. Sans compter ceux-là.

Du menton, il désigna un géant qui balaya du bout de son tentacule une dizaine d'hommes avant de chasser l'un des argousins empêchant les sprinkhaans de déferler.

-Ils sont là pour une raison, continua l'épéiste. Il y a quelque chose, ici, qu'ils cherchent. Sinon ils n'auraient pas attaqués l'arène. Il faut qu'on comprenne quoi, mais on ne peut pas se permettre de perde le moindre soldat, ici. On va mourir ici, j'en ai bien peur. Mais autant faire que ce ne soit pas en vain !

Snori s'étira longuement, poussant un râle en tentant de faire passer son point de côté, puis empoigna sa lame avant de repartir vers l'attroupement ennemi le plus proche. Il n'était rien face à tous ces gens exceptionnels et en avait conscience. Un simple homme, avec une simple épée d'acier. Pas d'arme à feu, pas de pouvoir, pas même de véritable don pour ce qui était du maniement de son épée. Mais il avait un devoir à accomplir. Il fallait qu'il participe à contenir cette armée, comme tant d'autres, afin d'éviter que l'héritage du Pot ne tombe entre les mains d'un tyran se prenant pour un bienfaiteur. À l'instant où il donna un premier coup, Esmezia en para un en plein air. Elle avait bondi pour tenter d'attaquer un géant, qui l'avait vu venir. Ne disposant pas d'appuis stables, il n'avait pu que l'effleurer, ce qui aurait été suffisant pour lui arracher le crâne si son sabre ne s'était pas interposé. À la place, elle fut projetée en arrière et ralentit sa chute grâce à son don avant d’atterrir aux côtés d'Oloren. La rouquine repoussa les cheveux qui collaient à son front suant, et pointa sa lame vers le titan qui venait de l'éjecter en regardant son amie.

-Ces trucs là sont dix fois plus balèzes qu'Ohihir ! On s'en fait un ?

L'hovoïte ne croyait pas du tout en leurs chances de victoire contre un tel adversaire, toutefois elle partageait avec Oloren cette confiance inébranlable. Et puis, c'était à défi à la hauteur de leur ambition ! Sans compter le fait que combattre aux côtés d'un Ehlkaÿd était toujours une expérience exceptionnelle. Esmezia déchanta cependant bien vite. Elle aperçut en effet, loin derrière Oloren, la silhouette menaçante d'Iyoh Tzumihi. Le regard de la jeune femme se durcit.

-Au temps pour moi, on a un autre problème, commenta-t-elle.

Iyoh l’aperçut également. Il aurait voulu tuer le prince avant de passer à cette gamine prétentieuse, mais à présent que leurs regards s'étaient croisés, un seul des deux pourrait vivre. Soit. Le trancheur se mit à courir, laissant l'électricité luire autour de lui. Ceux qui l'avaient déjà croisés sous cette forme savaient ce qu'il en était : il était tout simplement invincible durant une courte période. Esmezia se mit en garde, prête à éviter toute attaque, et lança à Oloren un regard qui en disait long. Elle allait avoir besoin de son aide. Iyoh avait beau être moins menaçant que certains monstres, il n'en était pas moins un criminel de la trempe d'Erlyn Ehlkaÿd, à ceci près que toutes les accusations portées au chef des ombres étaient fondées.

Darius, à accroupi près des gradins, était apathique. Danna était morte pour le protéger. Il ne l'avait jamais rencontrée, elle ne lui devait rien, et pourtant elle avait fait passer sa vie avant la sienne. L'Eldarak avait le souffle court. Voilà que sans les soins prodigués continuellement par la déesse, il était épuisé en plus d'être bouleversé. Miranda, à ses côtés, semblait toutefois être dans un état bien pire. Maintenir un bouclier parfait pendant un quart d'heure lui avait demandé un effort continu et une dépense d'énergie bien supérieure à celles engendrées par les attaques massives qu'elle pouvait porter, mais plus encore l'inhalation du gaz lacrymogène gênait sa respiration. Elle qui souffrait de temps à autres d'un asthme qu'Angélyna avait considérablement réduit semblait suffoquer. Son état parvint à faire se ressaisir le jeune homme, qui se souvenait d'elle comme était certes une finaliste du tournoi, mais également l'un des membres de cette étrange famille à laquelle appartenait Charlène. Il la souleva fébrilement, la forçant à s'asseoir, lorsque Maximilien fusa vers eux. Comme s'ils n'en bavaient pas déjà assez. Le flux d'énergie sombre, menaçant, allait les tuer tous les deux. Sans acier à proximité, Darius était incapable de leur produire un abri digne de ce nom. Tant pis, il n'avait plus le temps de penser à lui. Sans réfléchir, il prit l'adolescente dans ses bras et se courba, la forçant à se replier, tandis qu'il présentait son dos à la projection létale de son géniteur. L'impact ne survint pas. Il n'y eut, à sa place, qu'une lumière salvatrice et étrangement familière. June venait de les sauver. Quoique cette femme n'était pas June. Elle n'avait plus rien à voir avec cet être destructeur qu'il avait affronté par le passé. Et alors qu'elle lui annonçait son identité, Darius demeura impassible. Elle, sa mère ? C'était ridicule. Il n'avait jamais eu de mère. Il n'avait d'ailleurs jamais voulu en avoir une, à quoi bon ? Qu'aurait elle-pu lui apporter au cours de son enfance, à part cette affection qu'il n'avait jamais reçu de la part de ses pères ? Quoi d'autre que ce sentiment d'être aimé qui lui aurait permis de ne pas avoir à se perdre en route avant de réaliser qui il était vraiment ? Peut-être, en fin de compte, qu'il aurait eu besoin d'une mère. Et en cet instant, il avait besoin de sa mère plus que jamais. Il avait besoin qu'elle le protège. Darius regarda Julie, étrangement nue, parer aux assauts de Maximilien, la gorge serrée et les lèvres tremblantes. Il avait le sentiment d'avoir retrouvé quelque chose d'essentiel, et qu'il pouvait le perdre à tout instant. Mais un énième râle de Miranda le ramena bien vite à la réalité. Il se redressa en soutenant l'adolescente, qui parvint peu à peu à stabiliser sa respiration et essuya les larmes qui coulaient sur ses joues du fait de la lacrymogène d'Artémis. Darius en profita pour essuyer les siennes, qu'il n'avait jusqu'à lors pas senti tant le reste de son corps était endolori. Quelques myrs rejoignirent leurs créateurs, qu'ils sentaient mal en point, et formèrent un cercle autour des deux rescapés du tueur à gages. L'Eldarak les observa, puis dévisagea sa mère, avant de se lever. Drôle de journée. Une déesse le sauvait, puis il retrouvait sa famille. Une maman, un demi-frère. Ils allaient se battre pour lui, et il était hors de question qu'il ne se joigne pas à eux. Il tapota le dos de l'un de ses argousins.

-Désolé mon gros, je vais avoir besoin de vous.

Les myrs se désactivèrent alors, laissant Darius les déformer pour accumuler l'acier dont ils étaient formés autour de son propre corps. Rapidement, il revêtit pour la seconde fois depuis son arrivée dans l'arène sa forme de combat la plus évoluée, et redevint le supérion. Forgé dans un alliage sombre, orné sillons luisants d'une lueur pourpre, il disposait à présent d'une force qui avait fait de lui, fut un temps, le grand favori de son propre créateur. Lui et ses collègues avaient créé le Pot, leur avaient permis de vivre, et il était à présent de leur devoir de protéger leur œuvre. Remotivé par les événements récents, Darius tendit une main vers Miranda, qui l'agrippa volontiers. Il tourna la tête vers June, la fixant un instant sans savoir quoi dire, puis serra le poing sous son armure.

-Je te laisse papa. Ne meurs pas. On va avoir beaucoup de choses à se dire, maman.

Darius n'avait pas hésité. Sa maîtrise de la terre lui permettait de déterminer si oui ou non, on lui mentait ; or June avait été tout à fait honnête à son égard. Cela, même sans ses dons, il aurait pu l'affirmer.

-On s'occupe de celui-là, Miranda !

-Oh que ouais ! J'te suis, tas de ferraille.

Les deux jeunes gens s'élancèrent vers le géant le plus proche, qui tenait dans sa main les cadavres ensanglantés d'Orion et Wahlo. Il les jeta négligemment par-dessus les gradins, les laissant chuter devant l'arène, avant de se retourner vers ce petit homme de métal qui fonçait sur lui. Une autre cible facile. Du pied, il tenta de le renverser. Le sol de l'arène se souleva alors soudainement, formant une pointe rocheuse qui transperça le talon de la bête, qui tenta vainement de dégager son membre empalé. Darius bondit en arrivant à sa hauteur, joignant ses deux poings au-dessus de son crâne, avant de les abattre lourdement sur le tibia immobilisé du sprinkhaan, lequel se brisa à l'impact. La sauterelle tenta alors de happer ce nuisible, mais sa main fut compressée en plein mouvement, écrasée par la force télékinétique de Miranda qui se tenait à une trentaine de mètres de là. Darius lui fit signe qu'il fallait profiter de l'opportunité et elle le propulsa à pleine allure droit vers le crâne de la créature. L'Eldarak se roula en boule et frappa le visage de son adversaire tel un boulet de canon, le faisant s'étaler de tout son long sur le dos. Par le même procédé utilisé pour empaler son pied, il fit en sorte que plus aucun des membres du titan ne puisse se mouvoir, et recula pour laisser la mutante finir le travail. Celle-ci s'éleva au dessus de la cible clouée au sol, et tendit ses deux mains vers le monstre. L'attaque fut efficace, le résultat répugnant. Le sang sombre de la bête gigantesque fut projeté si haut qu'il retomba comme une pluie fine, éclaboussant la plupart des combattant, pour ne pas dire les induisant de cette substance malsaine. Les deux vainqueurs étaient épuisés. Ils avaient beau faire preuve de volonté, après leurs efforts au moment de la création des myrs, leurs réserves d'énergies avaient été considérablement amoindries. Si Darius tenait grâce à son armure, Miranda, elle, peinait à rester debout. Mais au moins, le boulot était fait. Plus que dix. Dix ? Encore ? Ce n''était pas possible. Ils étaient presque déjà tous lessivés. Que faisait donc Lilia, avec ses fameux pouvoirs qui semblaient si importants, la veille au soir ? L'adolescente ne tarda pas à repérer sa sœur adoptive et ne manqua pas de l'interpeller.

-Lili ! T'attends quoi, bordel ?

-J'essaie, figures toi ! J'aimerais bien t'y voir !

-Bah...

D'un geste, elle désigna le cadavre éclaté du sprinkhaan qu'elle venait d'abattre. Lilia préféra ignorer ses sarcasmes et repartir protéger Mathilde d'un coup mortel, mais se rendait que Miranda n'avait pas tort. Il fallait qu'elle trouve le truc, qu'elle active le mode offensif de l'Archange. Il devait forcément y en avoir un. En l'état des choses, le constat le désolait, mais il fallait qu'elle retourne au niveau précédent. Laissant tomber l'aura blanche, elle alla se poser au sol et activa l'entité violette, qui se manifesta avec la même intensité que lors de son entrevue avec le Pot. Il lui était impossible de voler à présent, toutefois sa force de frappe serait un avantage. Formant quatre tentacules, elle tenta d'attaquer un géant en enroulant les appendices autour de son corps, mais celui-ci parvint à s'en défaire en jouant simplement des épaules, et manqua de la tuer en attaquant à son tour de sa flagelle. Lars, qui passait par là, en profita pour l'empoigner et l'emmener au loin.

-Tu n'as plus accès aux pouvoirs d'Archange ? s'inquiéta-t-il.

-Euh...si, mais...rah, je n'y comprends rien, à ces pouvoirs ! Tout le monde s'attend à ce que je me serve d'un truc que personne n'est fichu de définir, et je n'y arrive pas !

Lars vérifia qu'aucun ennemi n'était à proximité, et posa ses mains sur les épaules de la jeune femme, s'assurant qu'elle la regardait droit dans les yeux.

-Bon, écoutes moi Katy, j'ai pas besoin de te dire qu'on compte tous sur toi, là je pense que c'est assez évident. Mais c'est pas un jeu ou un autre dessin animé. On peut mourir, tous. Des gens meurent déjà. Et toi comme moi on est déjà morts, on a pas envie de revivre ça. Et regardes moi : je cours vite, c'est tout ! J'ai rien à faire dans un combat comme celui-là, moi j'affronte juste des gros lards dans des bars. Sauf que voilà, tu es l'Archange. Même les guides n'étaient pas sûr que l'Archange existe vraiment, mais c'est toi. Ce pouvoir doit forcément te correspondre, à toi et à toi seule, alors agis simplement naturellement. Fais ce que tu ferais avec ton aura, mais fais le avec ce nouveau pouvoir. Décomplexes, comme Rapha !

Le jeune homme lui donna une tape sur l'épaule, puis repartit à toute vitesse, laissant Lilia pantoise. Son discours n'avait pas le moindre sens, il tremblait de peur au moment de l'énoncer, pourtant il avait trouvé les mots justes. Agir naturellement, très bien. Qu'aurait-elle fait avec l'aura bleue ? Elle aurait donné un coup de poing, probablement. Elle avait déjà tenté cela, mais un deuxième essai ne lui coûtait rien. Elle réactiva l'aura blanche puis s'envola vers le géant le plus proche. Encaissant sans broncher ses coups furieux, elle s'exécuta et fouetta l'air de sa main fermée. Rien. Nouvel essai ; toujours rien. Agacée, elle frappa une troisième fois, au moment où le sprinkhaan, à cours d'option, tentait un soufflet. Les phalanges de la mutante heurtèrent la chair grisâtre de la sauterelle. Enfin, quelque chose de produisit. La température de son épiderme sembla grimper, surtout dans sa main droite, laquelle luisait plus que le reste de son corps entouré d'un halo doré. L'impact fut ridiculement silencieux, pourtant le bras du khaan repartit à toute allure dans la direction opposée. Entraîné par cette force soudaine, le titan fut propulsé en arrière et alla s'écraser sur les gradins, loin de là, tandis qu'un sourire de soulagement s'affichait sur le visage de l'élue du Pot. Enfin, elle comprenait ! L'Archange n'était pas muni d'un immense pouvoir destructeur apte à produire explosions, séismes ou ouragans. Il s'agissait d'un statut, d'un état spécifique la rendant simplement meilleure. Son instinct, sa force, son endurance, tous étaient élevés à des degrés exponentiels. Rien ne servait de tenter de projeter des rayons d'une énergie qu'elle ne possédait pas ; il suffisait d'en revenir aux fondamentaux. Un soldat velnien embusqué courut vers elle alors qu'elle se posait au sol, lame levée. Alors qu'il frappait, Lilia, de dos, agrippa l'acier à pleine main et fit un tour complet en lui écrasant au passage la plante de son pied nu en pleine figure. L'homme ne décolla pas mais retomba comme s'il avait prit ce coup de la part d'un humain lambda, à ceci prêt que ses fonctions vitales s'étaient réglées sur un sommeil profond. Elle l'avait senti venir, et elle n'avait pas voulu le tuer. Son corps avait alors semblé se mouvoir seul, faisant ce qui était nécessaire pour le mettre hors d'état de nuire sans lui ôter la vie. Lilia observait la paume de sa main, incrédule. Pas la moindre blessure, ni même le signe d'un impact quelconque. Elle se sentait incroyablement bien, pourtant il ne fallait pas se laisser aller : ces géants n'allaient pas mourir tout seuls. Préférant la marche au vol auquel elle ne se faisait pas, elle avança en trottinant à travers le champ de bataille. Au milieu de ces hommes en armure, de ces monstres et de ces puissants mages, elle paraissait presque ridicule, vêtue légèrement comme si elle paressait dans son jardin. Elle n'avait pas besoin, à la différence d'autres, de se débarrasser de ceux qui se mettaient sur son chemin. Elle se contentait d'esquiver leurs attaques, sans ralentir, sans leur accorder le moindre regard. Bien vite, elle arriva aux pieds d'un colosse que Mavis et sa fille tentaient vainement d’occire. Alors qu'il allait écraser les deux filles du feu, Lilia frappa son mollet du plat de sa main. La créature ploya le genou, avant que l'Archange ne frappe de nouveau, au niveau de son abdomen cette fois-ci. Le sprinkhaan décolla sur plusieurs mètres à la verticale, puis retomba lourdement, s’étalant de tout son long. La main droite de Lilia se remit à briller, puis elle la posa sur le dos de la sauterelle. Elle n'avait jamais usé d'un tel pouvoir et ne savait pas si elle en disposait, mais c'était ce que, d'instinct, elle voulait faire. Alors elle le fit. Sa douce lumière, différente en tout point de celle éblouissante de June, envahit le corps de son adversaire, qui passa d'opaque à transparent petit à petit avant de disparaître complètement. Encore un de moins. Il n'y avait plus à avoir de guerre : elle pouvait tous les vaincre en un instant. Fort de son assurance nouvelle, l'Archange se dirigea vers sa prochaine cible lorsqu'un voix familière retentit. Sa propriétaire était si loin qu'elle n'aurait du l'entendre, pourtant elle se tourna directement vers la victime de Linos Petridis. Le corps sans vie de Maya, transpercée de part en part, mit une éternité à atteindre le sol. L'aura blanche se dissipa aussitôt pour laisser la place à sa camarade violacée, sans que Lilia n'en soit pour rien.

-Non !!

Le cri de la mutante fuit suivi de l'explosion de l'énergie de son aura violette. Elle venait de succomber à son pouvoir. Éline, bien plus bas, ne perdit pas son calme. Elle répondit avec sa froideur habituelle.

-Si cela vous sied, Raphaël. Voyez comme je m'incline bas.

Joignant le geste à la parole, Éline décrivit un angle droit parfait avant de se redresser. Son petit fils l'avait toujours amusé. Il ressemblait beaucoup à son père, Edlan, qui ne l'avait pourtant pas éduqué. Tout deux partageaient ce goût pour les entrées fracassantes, l'héroïsme exacerbé, le manque de lucidité, également. Ils faisaient, en somme, de très bons rois. Des figures populaires, aptes à fédérer un peuple. Étaient-ils pour autant de véritables dirigeant ? Loin de là. Ceux possédant le véritable pouvoir se tapissaient dans l'ombre. Alors oui, Éline s'inclina. Cela faisait partie du jeu. Un simple geste, commode, qui permettait de nourrir l'illusion que celui qui se courbait était soumis. Un processus très humain, en fin de compte. Mieux valait miser là-dessus pour l'heure. Éline n'était pas sotte : elle savait qui, d'elle ou de Raphaël, avait le dessus en terme de puissante. Un affrontement direct ne mènerait qu'à sa mort. Autant patienter, laisser le temps s'écouler, jusqu'à que Valentin se décide à envoyer les renforts. Ou plutôt le renfort. Les rejetons du Pot avaient leur Archange, eux avaient le leur. La vieillarde reprit d'un ton sérieux.

-Mais cela ne change rien à ma requête. J'ai besoin d'Angélyna Moscovitch. Peut-être seras-tu plus à même que cette plèbe débile de me l'apporter.

Angélyna dut se retenir de soupirer de soulagement. Avec Raphaël dans les parages, ils ne craignaient plus grand chose, et elle devait admettre attendre avec impatience le moment où son ami mettrait une bonne raclée à cette vieille mégère. Celle-ci reprit toutefois la parole, cynique cette fois-ci. Elle portait sur son petit-fils un regard faussement compatissant, et ostensiblement infantilisant.

-Tu ne m'aideras pas, bien sûr. Ne devrais-tu pas être là-haut, Raphaël ? Tes amis meurent pendant que tu joues les anges noirs. Ou devrais-je dire « vos compagnons dépérissent, mon seigneur » ?

Valentin suivait les opérations, anxieux. Tout se passait plus ou moins bien pour l'heure. Pour une raison qui lui échappait mais dont il ne se plaindrait pas, l'Archange avait été dépossédé de ses pouvoirs. Que ce soit momentané ou non, c'était une chance dont il fallait se saisir. Éline était ralentie dans sa mission par ce fichu mutant. Il leur fallait cette fille, pourtant ! Si ils continuaient à ce rythme, ils seraient forcés d'envoyer l'Omnikhaan sur le terrain, même si cela signifiait qu'ils abandonnaient leur dernière ligne de défense. La bête était programmée pour finir le travail même en étant la seule survivante, certes, mais le quinquagénaire aurait aimé vivre pour voir son travail accompli. La question de se séparer ou non de leur pièce maîtresse ne se posa toutefois plus au moment où Erlyn Ehlkaÿd foula le sol de la chambre du Pot. Valentin l'observa un instant à travers ses écrans puis demanda à l'Omnikhaan de le suivre avant d'aller à la rencontre du valatien.

-Monsieur Ehlkaÿd, l'interpella-t-il. Il semblerait que vous vous soyez égarés. À moins que votre présence ici ne soit volontaire, auquel cas je déduirais que vous souffrez d'une dépression profonde vous poussant à commettre un suicide. J'espère que la première option est la bonne.

Malgré son ton faussement cordial, les dires de Valentin en disaient long. Ce n'était ni plus ni moins qu'une menace de mort. D'ailleurs, le dirigeant de l'OSC changea d'avis. Il en avait assez, des menaces. Maintenant, il attaquait. L'Omnikhaan répondit à son ordre. Il prit appui, puis exécuta une foulée. Il disparut, et ne fut de nouveau visible qu'une demi-seconde plus tard, alors que son genou heurtait l'abdomen d'Erlyn Ehlkaÿd, dont les organes internes devaient avoir été déplacés, voire compressés ou éclatés. Au meilleur des cas, le choc avait fait cesser de battre son cœur. Mais l'Omnikhaan n'était pas fait pour laisser une place au doute. Il donna un second coup similaire, puis un troisième, avant d'agripper le valatien par le cou et de l'envoyer s'écraser contre le mur le plus proche.

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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 26 Mai - 14:27

- Celui là, par contre, on se le fait, lâcha Oloren lorsqu'elle aperçut Iyoh.

Oloren empoigna alors deux couteaux de lancer, qu'elle envoya avec précision au niveau des jambes de l'épéiste, tout en restant en retrait, en posture défensive. Elle attendrait sagement que son adversaire soit vulnérable, bien consciente qu'une attaque direct dans l'état actuel des choses ne les avanceraient à rien.

Erlyn venait de s'écraser contre le mur le plus proche, et ne donna signe de vie lorsqu'il retomba, assis, comme vaincu. Puis il toussa. Aussi vite qu'était arrivé l'omnikhaan, il avait calculé avec précision le contrôle temporel qui lui serait nécessaire afin de simuler la réception de chaque cou. Il n'avait cependant pas pu esquiver la poigne du monstre, mais il était bel et bien là, vivant, bien que le souffle coupé à cause du choc mural. Il releva la tête, sourcils froncés, puis se releva lui-même.

- La prochaine fois, je lirais une carte. Valentin, c'est bien cela ? Le Kosq désapprouve vos méthodes.

De l'ombre sortirent alors tous les membres éminents du cercle, Sylgja, Rin Sanan, Fenraë, tous uns à uns se montrèrent. Les plus grands ennemis d'un monde entier, et les plus inconnus aussi.

- Vous aimez le sol, Hir Kahar ?

Erlyn lâcha un soupir lourd. L'humour de Hir Fenraë était difficile à supporter, quelque soit les circonstances. Celle-ci venait d'ailleurs d'adopter sa forme de lycanthrope. L'aîné de la fratrie Ehlkaÿd était déjà un adversaire pénible, mais il y avait là huit individus du même acabit ...


Se déplaçant, Maximilien et Julie s'affrontaient avec un acharnement malsain. L'une montrait une colère inimaginable tandis que l'autre souriait de nouveau. Il sembla un instant que le tyran piégea la Lumière, se positionnant sur les épaules d'un sprinkhaan, tandis qu'elle se trouvait aux pieds. Jules avait accompagné sa mère tout le long, mais ne trouvait guère trop d'opportunités. Face au monstre géant, Julie fut prise au dépourvu. Ses deux enfants étaient vulnérables, à ce moment même. La créature sembla se mouvoir, ce à quoi elle réagit par une brèche de lumière, une nuée d'oiseaux lumineux, et deux orbes d'or auxquelles s'ajoutèrent les propres pouvoirs de Jules, orbes, mines ...

Le dictateur en profita pour fondre sur Darius. Avant qu'il ne puisse l'atteindre, il dû créer un bouclier de son énergie noire pour contrer une boule de feu. Bouclier qui sembla d'une efficacité douteuse lorsque le bouclier vola en éclat, couvrant le visage de Maffert de suie. Un manteau blanc claqua l'air. Il avait vu la Lumière, ainsi que l'heure de sa vengeance. Il n'existait pas un seul ennemi de Taetra ne connaissant pas la personne qui portait ce manteau blanc. Alucard. Il arriva au niveau de Darius, qu'il regarda avec dédain. Cet enfant était à ses yeux la preuve de son échec passé, un souvenir d'une blessure encore ouverte.

- Rejoins ta mère, bâtard. Je prend les choses en mains, lâcha-t-il plein de rancœur.

Un gigantesque brasier sortit du sol et commença à dévorer le sprinkhaan qu'affrontait Julie et Jules. Jusque là, il montrait une grande résistances aux assauts, mais ces flammes étaient différentes. Le monstre fondait sur lui-même tandis que mère et fils fuyaient ce combat pour rejoindre l'Eldarak. En quelques instants, la créature finit en cendres. Un énorme tas de cendre, mais un tas de cendre quand même.
Le Dictateur et le Libérateur se firent face dans le silence. Leur pouvoirs se déchaîna alors soudainement, au détriment tant des ennemis que des alliés du pot. Ce combat n'avait pas de sens dans la guerre actuelle, il s'agissait là de l'affrontement de deux hommes animés par la colère.
Julie et le jeune maître de Taetra arrivèrent enfin jusqu'à Darius, qu'ils soutinrent afin de le mettre à l'abri.


Christian avait pris part au combat avec Milena. Son pouvoir allié à celui de l'ange blanc leur permettait les illusions les plus inimaginables, et ainsi de combattre sans même trop s'épuiser. Aux cotés d'eux, Edlan se battait avec une lance qu'il maniait avec une aisance troublante, tandis qu'Alicia s'affairait à soigner ceux qui se trouveraient à portée. Elle regarda le dérapage de Lilia avec pour seule envie d'aller l'aider, mais cela représentait un danger tout particulier, et un sacrifice qu'elle n'était pas sûre de rendre utile.

Raphaël esquissa un fin sourire, lorsque la vieille lui répondit. A quel point pouvait-elle donc être odieuse ? C'en était assez. Il ne jouerais plus au petit roi. L'heure était venue de venger son peuple de l'infâmie de la reine-traître. Celle-ci s'attendait à une attaque de front de sa part ... Mais ce ne serait pas le cas. Cependant, il avait suffisamment attiré son attention. Même Eline n'aurait pu prévoir une attaque que l'on ne voit pas venir ... Et c'est au travers de sa poitrine que passa la rapière d'Emilie, sans que le gaillard n'ait secoué une aile, avant qu'elle se téléporte à ses cotés.

- La véritable force d'un souverain, ce n'est pas de savoir manipuler le monde de façon à asseoir son pouvoir, mais la confiance que le peuple à en lui, car c'est le peuple qui fait le régent.

Le grand frère de l'institut croisa les bras, sans pour autant relâcher son pouvoir, craignant un retour des khaans ...
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Louis
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 26 Mai - 14:50

Fauchés par une créature rapide comme l'éclair, Artémis eurent d'abord du mal à comprendre ce qui venait d'arriver. Leur adversaire ne leur en laissait d'ailleurs pas l'occasion, s'acharnant sur eux, animé par une furie furieuse. Au bout d'un long moment, où il encaissa bien plus de coups qu'il n'était raisonable, le tueur à gage reconnu Kayoshin. Une divinité inférieure. L'homme lui en voulait sans doute d'avoir tué Denna... Quelle ironie. L'Aori n'était même pas leur cible, à l'origine. Selon ses informateurs, leur ennemi était doté d'une puissance surhumaine, et d'une résistance hors du commun... Pourtant, ses coups étaient d'une puissance tout au moins risible, pour quiconque avait déjà encaissé les uppercuts dévastateurs de Gareth... Artémis devait pourtant reconnaitre que l'homme savait se battre. Il se révélait incapable d'arrêter cet enchainement... C'est à ce moment que Clyde intervint, vidant le contenu de son pistolet mitrailleur dans les côtes de l'homme. Parvenant finalement à se dégager, le tueur à gage s'éloigna de quelques pas, puis pressa lui aussi sa gâchette en direction de Kayoshin. Une marée de Khaan arriva derrière eux. Artémis comprit aussitôt les directives de l'OSC. Si ceux ci avaient suivi l'altercation, ils avaient compris que l'une des plus grandes menaces pour leur armée désirait éliminer les deux mercenaires. Ils servaient maintenant d'âpat, au moins le temps que l'Aori rejoigne définitivement ses semblables! Les deux hommes se réfugièrent derrière les khaans, continuant à tirer sur Kayoshin. Même lui finirait par tomber, à un moment ou un autre!

Bien loin de là, un autre combat furieux avait débuté, opposant deux des femmes les plus craintes de Valato. La violence de leurs échanges aurait impressionné les épéistes les plus avertis. Malgré sa furieuse envie de vaincre, Melody devait admettre que son ennemie avait pour l'instant le dessus. Pas étonant, puisque la capitaine Luuwrienne combattait depuis le début des affrontements, contrairement à Gladys Engels... Relâchant les bondes du pouvoir de Belwur, Melody fit apparaitre la lame noiratre qui lui avait permise d'achever June, quelques heures auparavant. Il était temps de forcer son adversaire à s'adapter à son style de combat. A partir de ce moment, elle ne laissa pas une seconde de repos à l'Autre porteuse de Belwur, l'obligeant à esquiver et contrer sans cesse. La sueur perlait sur son front, mais aucune concession ne serait faite à cette idiote!

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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 26 Mai - 17:20

Kayoshin ne bougea pas d'un pouce. Il laissa Artémis se dégager et pointer sur lui son arme odieuse, dont les balles furent, à l'instar de celles tirées par Clyde, stoppées en pleine course par l'aura de l'inférieur. À mesure que les projectiles s'enfonçait dans le manteau d'énergie, celles-ci y ralentissaient, comme si elles s'enfonçaient dans une gelée épaisse, puis tombaient après avoir été immobilisés. Malgré les sprinkhaans qui s'accumulaient et les assauts des mercenaires, le garçon aux cheveux bleus ne quittait pas Artémis des yeux. Le fou savait pourtant à quoi il avait affaire : son pouvoir était similaire à l'aura violette de Lilia Hubs, à la différence près qu'il avait sur ce don merveilleux une emprise totale. Clyde en avait déjà fait l'expérience par le passé, et avait été forcé de tirer au calibre lourd et à bout portant pour seulement atteindre la jeune femme. Qu'escomptaient-ils donc accomplir face à lui ? Il n'était pas Danna ni Reingleff, ne disposait pas de la moindre capacité créatrice. Aucun fervent ne l’aurait appelé « Père », en se référant à lui comme une figure bienveillante, démurge mais juste. Si les Aoris étaient des dieux, lui était un démon, un être dont l’existence était dédiée à la destruction des formes de vie nuisibles. Pour la première fois depuis des siècles, il fut heureux d'être né inférieur et de posséder une telle force. Kayoshin avança à mesure que les tueurs à gages reculaient. Les sprinkhaans qui tentaient de s'opposer à lui était happés par ses tentacules, étreints avant d'être envoyés au loin, si bien que Valentin décida d'envoyer un géant s'occuper de lui. Le titan abattit son poing colossal, mais sa cible n'était plus là : elle avait préféré éviter l'attaque en courant droit devant elle, en direction de ses propres proies. La sauterelle se retourna vivement et se mit à lui courir après, faisant trembler le sol fragilisé à chacun de ses pas, sans avoir la moindre chance d'éviter aux alliés de son maître une mort qui se faisait de plus en plus certaine. Kayoshin rattrapa Clyde et lui agrippa le poignet, avec une force telle qu'il le brisa progressivement, avant d'empoigner d sa main libre l'arme de poing en pleine chute. Il pointa alors le canon vers les genoux de son adversaire et logea une balle dans chacun de ceux-ci, avant d'écraser furieusement la semelle de sa botte sur le visage du cardithien. Cette fois-ci, il ne s'était pas retenu, et il comptait bien réserver le même sort au deuxième assassin. En un instant, il fut sur lui et passa son bras autour de sa taille, avant de bondir hors de l'arène. Ils atterrirent trente mètres plus bas, sur une placette désertée et ornée d'une simple fontaine, laquelle vola partiellement en éclat lorsque Kayoshin se posa. Il jeta alors sa victime sur le sol inondé, immobilisant ses quatre membres d'un tentacule chacun, avant de la soulever dans les airs.

-Dis moi humain, de quelle façon préférerais-tu mourir? Dis le moi. Que je te fasse subir l'exact opposé.

À chaque impact, un souffle de chaleur émanait des lames ennemies, si bien que la fournaise n'allait qu'en s'empirant. Tel était le résultat du combat inédit entre deux gardiens d'un même artefact : une zone en proie à l'enfer. Les deux femmes esquivaient, paraient, contre-attaquaient en produisant étincelles de choc sourds, crachant parfois des jets incandescents pour tenter, vainement, de creuser la distance les séparant. Mais Gladys n'y mettait pas du sien. Elle ne voulait absolument pas que cette joute ne s'arrête. Puisqu'elles n'allaient pas s'envoler, la meneuse des ombres avait fait disparaître ses ailes afin de gagner en mobilité, et faisait fi de son agilité qui surpassait celle de son adversaire, là où Melody s'avérait plus robuste. L'égalité sembla parfaite durant les premiers instants, l'intensité du duel rappelant les face à face les plus dantesques de la deuxième phase du tournoi, puis la capitaine du Sud fit mouche une première fois. Blessé, Gladys perdit un équilibre précieux qui mena au désarmement de sa lame gauche. Tant pis ! Hargneuse, elle continuait d'attaquer furieusement de la main droite, ne visant à présent plus que le poignet de Melody. Elle allait lui couper la main et s'emparer du second Belwur, qu'importe le prix ! Benjamin, à quelques mètres à peine de là, fut forcé de dévier une émanation de flammes qui était en passe d'immoler les troupes du Nord. À quoi pensait donc Melody ? Il fallait qu'elle se hâte de tuer son adversaire et se retienne d'infliger autant de dommages collatéraux. Elle qui était pourtant si professionnelle aurait du le savoir. Constatant la proximité et l'état de Miranda, le mutant courut la rejoindre et arriva à son niveau en même temps que June et Jules. Il dévisagea un instant la femme nue, se souvenant que c'était elle qui l'avait tuée il y avait à peine une heure de cela, puis haussa les épaules. Il n'avait guère le loisir de lui lancer une réplique cinglante.

-Blessée ? demanda-t-il à Miranda.

-Nan, juste vidée. Je vais plus servir à rien, désolée.

-Je vois. Et la même pour le môme. Retournez avec les réfugiés. Reposez vous et protégez les quand vous aurez un peu récupéré. Si vous pouvez pas vous battre, ça sert à rien que vous restiez là.

L'adolescente acquiesça, mettant pour une fois sa fierté de côté. Benjamin était lucide. Si elle retournait dans les sous-sols, Angélyna pourrait la rafistoler. Il y avait bien sûr des guérisseurs compétents dans les environs, toutefois tous étaient d'une part occupés par leurs combats respectifs et surtout aucun n'était réellement apte à agir sur les réserves épuisées de sa mutation. Angélyna, en revanche, l'avait déjà soignée plusieurs fois et savait parfaitement comment son corps fonctionnait. La télékinésiste se mit en marche, et Benjamin se tourna vers Darius, encore soutenu les sourciers. Il ne prit pas de pincettes.

-Suis-la, tu sers plus à rien ici.

-Non. Je reste ici. J'ai trouvé ma famille, je ne m'en sépare pas.

Benjamin leva les yeux au ciel, exaspéré. Toujours le même discours, quel que soit leur monde d'origine. Soit, il ne pouvait pas les en blâmer, mais qu'ils ne comptent pas sur lui pour avoir le cadavre de l'Eldarak sur la conscience. Benjamin profita d'un semblant d'accalmie pour former sous ses pieds un pilonne de givre et s'élever afin d'avoir une vue d'ensemble. Ce n'était pas une guerre, mais un massacre. Si les membres du fer de lance et les autres unités débrouillardes ou chanceuses parvenaient à s'en tirer, le reste se faisait hacher menu. Il remarqua, entre autres, deux nouveaux dangers. Vers l'Est, Lilia venait de succomber à son aura et attaquait désormais à l'aveugle, tuant sprinkhaans comme humains ; tandis qu'Aves venait de débarquer par le Nord. Ils étaient la troupe armée la mieux entraînée de la Terre et ne manquaient pas de prouver qu'ils méritaient ce titre. Avançant par petits groupes, ils usaient de leurs armes automatiques pour faucher tout ceux qui avaient le malheur d'entrer dans leur champ de vision, faisant s'accumuler les corps sans vie autour d'eux. Skyler Suero et Maya Hubs comptaient parmi leurs victimes tandis que Valentin et Mathilde fuyaient à toutes jambes. Benjamin, consterné, ne put rien faire d'autre que voir Barry se faire tirer dessus à son tour, périssant après Aron qui avait vainement tenté de créer un bouclier osseux pour les protéger tout deux. Les sons qui parvenaient aux oreilles du jeune homme devinrent des échos lointains, étranges, alors que seuls les corps ensanglantés des quatre membres de l'institut happaient son attention. Aron pouvait bien disparaître de la surface de ce monde et des autres, lui qui avait déjà trahi les siens par le passé. Mais Barry était un père pour Lilia. Maya était son amie la plus proche. Skyler son disciple qu'elle s'était juré de sauver de lui-même. Le regard de Benjamin passa du massacre perpétué par Aves à la mutante qu'il aimait tant, déchaînée, loin d'être consciente des pertes subies. Quel serait son état, lorsqu'elle l'apprendrait ? Il s'était pourtant juré de la protéger. Pourquoi ? Pourquoi n'était-il plus ce mutant parfait, que tous craignaient et dont la force suffisait à faire pencher le cours d'une bataille ? La mâchoire du jeune homme se serra alors que son poing fermé se mit à trembler. Assez de se maudire. Il pouvait empêcher que d'autres ne meurent et comptait bien venger Barry, qui avait toujours vu en lui autre chose qu'une cible à abattre. Le mutant redescendit au sol et se mit à courir, profitant de sa grande taille et de ses longues foulées pour intercepter Mathilde et Valentin, qui subissaient un feu nourri. Arrivé à leur hauteur, il les plaqua au sol et érigea entre eux et Aves un épais mur de glace, que sa cadette s'empressa de renforcer. Peu à peu, ils complétèrent la construction en formant un dôme à l'épreuve des balle tout autour d'eux. Essoufflés tout trois, ils prirent le temps de respirer en s'observant les uns les autres, échangeant sans le moindre mot leur panique commune. Valentin pleurait abondement, attristé et frustré de ne pas avoir pu agir.

-Skyler nous a sauvé, expliqua-t-il entre deux halètements. Aron a essayé de s'en tirer avec Barry, mais...

-Ouais, j'ai tout vu. Et les autres ? Awa, Lars ? Raphaël, il est où, ce trou du cul ?

-Aucune idée, répondit Mathilde. On a tous été séparés.

D'instinct, ils se recroquevillèrent tout trois lorsqu'une rafale ricocha sur leur prison salvatrice. Valentin se mit à genoux et essuya son visage avec la manche de son t-shirt, avant de fixer avec détermination le frère de son amie.

-Envoies-moi tout ce que t'as. Je peux pas absorber les balles, mais tes flammes seront parfaites.

Benjamin haussa les sourcils, au moins surpris par la demande du garçon. Il envoya un regard interrogateur à sa sœur, qui s'empressa de lui exposer la situation, se souvenant qu'il n'avait jusqu'à lors jamais pris connaissance du pouvoir de Valentin.

-Il absorbe l'énergie. Valentin, tu n'en fais pas trop, hein ? Tu attaques et tu reviens tout de suite.

-T'en fais pas pour ça, je suis mort de trouille. Je restes pas plus de trois secondes dehors. Benjamin, s'il te plaît.

Le jeune homme tendit aussitôt sa main ouverte vers le garçon, qui sursauta de surprise. D'accoutumée les gens hésitaient, s'inquiétaient. Il devait toujours leur assurer au moins trois fois qu'il ne courrait aucun risque si des alliés lui prêtaient leur force. Mais Benjamin était fidèle à la description qu'on lui en avait fait : il faisait ce qu'il devait faire sans perde son temps. Il comprenait à présent pourquoi les aînés de l'institut parlaient de lui avec cet insolite mélange d'admiration et d'agacement. Ce n'était pour sûr pas l'homme le plus agréable à côtoyer, pourtant ses qualités humaines étaient indéniables. Il ne lui restait somme toute qu'à faire l'effort de les exprimer convenablement. Valentin acquiesça. Les flammes convergèrent vers son torse, absorbées par son épiderme comme si de rien n'était, jusqu'à que des sillons incandescents apparaissent sous sa peau. Celle-ci n'avait été calcinée, à l'inverse de son haut presque entièrement détruit. L'adolescent se releva, et une lumière orangée fut visible au fond de sa gorge lorsqu'il leur adressa la parole.

-J'y vais. Laissez ouvert.

La fratrie Lyzzen acquiesça et formèrent ensemble une brèche dans le givre, suffisamment large pour que leur camarade puisse s'y engouffrer. Les soldats d'Aves se tournèrent aussitôt vers l'insouciant qui osait sortir de sa cachette, et pointèrent en sa direction leurs fusils d'assaut. Valentin contracta tous ses muscles, et son corps se mit à léviter à quelques centimètres du sol, tandis qu'il poussait un grand cri. L'énergie accumulée convergea alors de nouveau vers son torse et en surgit sous forme d'un rayon pourpre d'envergure moyenne, qui explosa au contact des premières cibles. Le garçon ne tarda pas et retourna bien vite dans leur abri, que Benjamin referma aussitôt. Épuisé, il se posa en face de lui en se tenait le flanc, d'où un filet de sang s'écoulait. Mathilde s'accroupit immédiatement à ses côtés, jaugeant la gravité de la blessure.

-Rien qu'une éraflure, l'assura à raison Valentin.

-Tu les as eu ? demanda Benjamin.

-Tu parles...seulement trois ou quatre. On est dans de beaux draps...

Un long silence s'installa. Dans cette bulle protectrice, le son des combats leur parvenait comme un simple bruit de fond, pourtant les cris leur donnait comme seule envie de se boucher les oreilles. Pire encore, le fait qu'ils soient de moins en moins nombreux en disait long sur l'état des troupes. C'en était fini pour eux si leurs alliés ne reprenaient pas le dessus. Benjamin ne voyait pour cela qu'une solution. Ils avaient besoin de l'Archange au mieux de sa forme. Mais comment ramener Lilia à la raison ? Tenter d'aller lui parler aurait été suicidaire, et aucun guérisseur n'était en mesure de venir à bout de sa malédiction. Quoique. Il y avait quelqu'un qui pourrait à la fois la calmer par les mots et l'apaiser par son pouvoir. Benjamin se releva et chargea Valentin sur son épaule.

-Wow ! Qu'est-ce que tu fais ? se plaignit celui-ci.

-J't'emmène en bas. Mathilde, tu viens aussi. Grouille.

Sa sœur acquiesça sans contester, se raccrochant pleinement au talent qu'avait Benjamin pour l'improvisation comme à un canot de sauvetage. Le jeune homme rouvrit leur prison dans la direction opposée à Aves et se mit à courir, droit vers les couloirs. Un géant remarqua ces cibles mouvantes mais fut gêné par les myrs de Darius, lequel ne manqua pas d'échanger un regard avec Benjamin. Heureusement qu'il avait fait sa tête de mule et qu'il était resté ici, en fin de compte. Ne perdant pas son temps à remercier l'Eldarak, le mutant répandait ses flammes en cercle autour d'eux afin de s'assurer que les éventuels ennemis s'écartent à leur passage, puis arriva enfin à la porte la plus proche. Il créa un bloc de glace de la même circonférence que le couloir sur lequel elle donnait, et lui fit traverser tout le corridor, écrasant à son passage les sprinkhaans égarés. Le jeune homme se dirigea sans hésiter vers la salle où étaient réfugiées les victimes, Adel leur ayant donné la localisation de l'endroit, juste à temps pour voir Éline Monier se faire tuer. Il déposa Valentin et avança vers le gaillard ailé. Paniqués par la perte de leur maîtresse, les sauterelles tentèrent de l'attaquer mais furent pour certaines carbonisées, tandis que d'autres furent empalées sur de longs pics de glace. Les monstres d'en haut avaient beau être bien trop fort pour lui, Benjamin ne craignait pas grand chose face à ce genre de sbires. Il observa un instant le cadavre d'Éline.

-Tuer sa grand mère, sérieux ? Je pensais pas que t'aurais les couilles de le faire. Bon, du coup, Angie, elle est là ou bien ?

-Ici ! J'arrive, bougez pas, je...laissez moi passer s'ils vous plaît. Pardon, excusez moi...

Il était tout bonnement impossible de se frayer un chemin à travers une foule si dense, aussi Émilie vint elle téléporter la jeune femme avec elle. Loin d'être habituée à ce mode de transport, la mutante fut prise de brefs vertiges mais se ressaisit bien vite.

-Qu'est-ce qu'elle me voulait, à la fin ? J'ai bien cru que...

-On s'en tape, la coupa Benjamin. Y'a urgence là, et j'ai besoin de toi.

-Et pour quelle obscure raison ? demanda-t-elle, agacée par le caractère brusque de son ami.

-On...

Benjamin se stoppa. Il s'entendait à peine parler, avec cette foule en délire qui acclamait Raphaël et Émilie.

-La ferme ! hurla-t-il. Qu'est-ce que vous fêtez ? On se fait tailler en pièce, là haut ! Vous rirez quand on aura gagné. Ok, Angie, il faut que tu t'occupes de Lilia.

-Est-ce qu'elle va bien ? s'empressa-t-elle de demander en secouant son interlocuteur.

Le mutant repoussa fermement ses mains.

-Ça roule pour l'instant ; maintenant arrêtes de poser des questions. Rapha, remontes la !

Valentin Aënis, dans la chambre du Pot, observa un instant cette mascarade avant de tourner le dos à ses assaillants, puis repartit vers Arthur et ses autres alliés. Il ne pouvait se permettre de gaspiller une seconde de plus avec ces moucherons, et n'était même pas assez curieux pour observer le combat à venir, si l'on pouvait appeler ça un combat. Une boucherie, peut-être. Les bains de sangs de lui plaisaient pas. Une simple coupure avait d'ailleurs tendance à le gêner bien plus qu'elle ne l'aurait du. Mais ainsi était-il : commander la violence ne le dérangeait pas lorsqu'elle était absolument nécessaire, et du moment que lui n'avait pas à la voir ; un peu comme ces pianistes sourds qui savaient quoi faire sans pourtant s'entendre jouer. L'Omnikhaan ne jaugea pas la situation et fit ce qu'il savait faire de mieux. En tant que résultante inachevée de l'union des essences pures de pouvoirs de quatre de cinq mondes, il tendait à approcher la perfection. Lui ne disposait d'aucun don particulier si ce n'était la maîtrise relative de cette matière noire si similaire au Reinom qu'utilisait Nithilde, mais ses capacités physiques avaient été poussées jusqu'au paroxysme. Peu lui importaient les altérations temporelles, les jets de flammes et autres frivolités. Ceux qu'il décidait de tuer mourraient. Huit humains de l'ampleur d'Erlyn Ehlkaÿd n'étaient pour lui qu'une distraction éphémère et ne représentaient pas même les prémices d'un danger, que ce soit pour lui ou ses maîtres. La matière noire s'accumula à sa droite, formant un long bâton de combat indestructible et pourtant léger que l'Omnikhaan agrippa, avant de passer à l'attaque. Il lança son arme vers le lycanthrope, si vivement qu'elle sembla se téléporter, l'empalant au mur. Lui-même s'était avancé vers un second adversaire, à qui il avait brisé la nuque d'un coup de pied. Il tendit sa main vers son bâton, qui retourna vers son propriétaire, lequel frappa à son aide le crâne d'une troisième cible. Un quatrième ennemi profita de son immobilisme ponctuel pour bondit sur son flanc, toute lame sortie. Le bâton frappa l'épée, la brisa en deux, et continua sa route vers le visage de l'assaillant, dont la partie supérieure de la tête fut arrachée sur le coup. La prochaine cible était Erlyn. L'Omnikhaan lança son bâton avant d'en faire apparaître un autre, qu'il projeta à son tour droit vers l'homme aux six titres. Les armes éthérées se succédèrent ainsi par dizaine et furent toutes dirigées en un claquement de doigt vers la cible du champion de Valentin, dont les bras se mouvaient si vite qu'ils en devenaient flous pour l'œil humain.

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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 26 Mai - 19:19

La pointe de la première lame passa du gris sombre de l'acier à l'orange vif en un instant, puis disparut au fur et à mesure, emportée par l'intense énergie la faisant fondre. Iyoh continua d'avancer, n'ayant même pas eu à esquiver les couteaux futiles lancés par Oloren. Une fois arrivé à la hauteur des deux jeunes femme, il dégaina vivement sa rapière et tenta un coup diagonal vers Esmezia, qui ne fit pas l'erreur de bondir en arrière. La dernière fois qu'elle s'était placée dans les airs pour éviter un coup du naïlikan, celui-ci avait enchaîné avec un lancer de couteau létal. La rouquine préféra se laisse tomber au sol, à plat ventre, et se releva à la seule force de ses bras avant d'effectuer un roulé-boulé qui lui permit de passer outre un revers dévastateur. Iyoh ne relâcha pas la pression, continuant d'attaquer la marcheuse, puis fit soudain volte-face pour passer à l'Ehlkaÿd. Celle-ci, disposant d'une mobilité remarquable, parvint toutefois à esquiver à son tour l'attaque. L'Ombre perdait patience. Esmezia seule était déjà bien assez ennuyante comme cela, et il semblait que son amie adopte un style de combat relativement similaire. Puisqu'elles se savaient fragiles, elles virevoltaient pour ne pas subir le moindre dégât. C'était lâche, mais Iyoh ne pouvait qu'admettre l'efficacité d'un tel stratagème malgré la rigueur et les réflexes qu'il imposait. Esmezia affichait un sérieux à toute épreuve, veillant à conserver la posture la plus dynamique possible en permanence, échauffant par ses légères flexions répétées ses muscles en permanence, tandis que ses yeux ne quittaient pas le poignet de son adversaire. Depuis le temps, ces mécanismes étaient devenus automatiques chez elle, si bien qu'elle parvenait à les perpétuer tout en divisant son attention. Elle restait donc en alerte, soucieuse de ne pouvoir se faire surprendre par le moindre élément perturbateur, lesquels ne manquaient pas sur ce champ de bataille. Après une minute qui parut être une éternité, l'aura d'Iyoh se dissipa. Enfin, elles pouvaient attaquer ! Mais il ne fallait pas se faire d'illusion : avec ou sans son plein pouvoir, Iyoh Tzumihi demeurait le plus grand bretteur qu'ai connu Valato. Malgré les assauts peu synchrones mais efficaces des deux amies, il continuait de parer, d'esquiver, et se permettait même de jouer l'offensive malgré l'infériorité numérique. Il se courba soudainement, tournant le dos à ses adversaires, en plaçant sa lame près de sa ceinture. Ses pieds prirent des appuis insolites tandis que sa chevelure sombre empêchait de voir ses yeux. Prise de court par cette posture qu'elle ne connaissait pas, la rouquine recula d'un pas.

-Sur ta droite ! cria-t-elle à Oloren.

Snori lui avait appris à observer pour anticiper, et ces leçons lui avaient sauvé la vie des dizaines de fois. Encore une fois, elles lui permirent de comprendre, malgré la vitesse d'exécution, la zone d'impact que visait Iyoh. Le trancheur se redressa en effet vivement, pivotant sur sa gauche pour attaquer Oloren sur son flanc droit.

Erik avait quitté le poste de commandement depuis une vingtaine de minutes. Là-bas, il s'était senti inutile et couard comme jamais, lui qui vivait pourtant dans l'ombre en tant qu'espion. Adel semblait être la seule apte à donner de rares directives, et tous les autres stratèges des cinq mondes étaient complètement dépassés par l'imprévisibilité des événements. Dans un cas comme celui-ci, sa présence était plus utile aux côtés des soldats. Le major s'était alors infiltré dans les couloirs de l'arène et était parvenu à désarmer l'un des sous-fifres de l'OSC. Enfin ! Depuis son arrivée dans le multivers, il se sentait nu. Il n'était pas un guerrier aux pouvoirs incroyables mais un militaire, formé depuis son adolescence, et un officier de l'armée la plus puissante de son monde. C'était avec une arme entre les mains qu'il prouverait son efficacité. Il dépouilla sa victime, s'équipant de tout ce qui pouvait lui être utile, et sangla un fusil à pompe dans son dos tandis qu'il passait un revolver à sa ceinture et prenait entre ses mains un fusil d'assaut qu'il régla sur le coup par coup. Au bout du couloir, un soldat de Proteles apparut. Erik leva son arme et appuya sur la gâchette une unique fois, sa balle allant se loger directement entre les deux yeux de son adversaire. Bien décidé à trouver Valentin, il décida de passer par le sommet de l'arène afin de ne pas avoir à en faire le tour complet, et parvint à la surface au moment où Alucard carbonisait le titan. La vue du manteau blanc tétanisa Erik. Il avait choisi de chasser Taetra, de faire disparaître pour de bon cette organisation criminelle aux motifs obscurs, et n'avait pas manqué de traquer leur meneur. Jamais il ne l'avait atteint, et le voilà qui apparaissait, face à lui déchaînant son brasier légendaire contre nul autre que Maximilien Maffert. Le major ne savait que penser. Combien de nuits avait-il passé à rêver de mettre fin à la tyranye de ces deux sourciers ? L'un semblait être un allié de poids, mais Erik était aussi effrayé que soulager de le savoir dans leur camp. Le militaire leva son arme. Et s'il tirait ? D'ici, dos à cet homme, il n'aurait aucune difficulté à le tuer. Il suffisait de viser la nuque, et le meneur de Taetra ne serait plus. Jamais plus leur monde n'entendrait parler d'incendie ravageur. Erik hésita réellement, le temps d'un instant. La quête de toute une vie, qui pourrait prendre un tournant décisif, maintenant. Il soupira en baissant son fusil. Mieux valait signer une trêve pour l'heure. Le soucier se fondit dans le vent et passa à leurs côtés, regrettant déjà de ne pas avoir agi, sachant pertinemment qu'il n'aurait jamais plus une telle occasion. Il préférait ne plus y penser. La porte qu'il ciblait s'approchait, lorsqu'il aperçut Edwig Luthness, seul, en contrebas. Erik changea alors de direction et descendit vers lui, réapparaissant aux côtés de celui qui avait été son coéquipier.

-Par tous les diables, Edwig, que faites-vous donc ?

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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mer 27 Mai - 20:24

Depuis le départ d'Erik, la frustration se faisait sentir dans la salle de commandement. À l'instar du militaire, beaucoup maudissaient leur impuissance mais ne pouvaient pas, comme lui, se permettre de rejoindre un champ de bataille sur lequel ils ne feraient qu'ajouter un cadavre sur le tableau des victimes. Adel était debout, les bras croisés, et ne quittait pas des yeux les multiples écrans qui lui permettaient, en parallèle des indications données par le guides, de suivre le déroulement des observations au sommet de l'arène. Malgré les actes héroïques spontanés, la petite équipe qu'elle avait formé avait été décimée. Les gardiens des artefacts et les maîtres originels des éléments furent effectivement tués très rapidement, tandis que Darius et Miranda avaient beaucoup usé de leurs pouvoirs. Lilia, leur atout majeur, était elle aussi hors de combat pour l'heure. L'adolescente ne pouvait plus compter sur eux pour l'emporter. Il lui fallait à tout prix trouver de nouvelles ressources, et la solution lui vint à l'esprit au moment où un dragon-chiroptère brûlait tout un bataillon. La scène lui rappela les ô combien multiples récits d'Alix à propos de l'expédition, ou plutôt un passage bien particulier de ceux-ci. Adel agrippa la main du guide qui restait constamment à ses côtés et entra en liaison avec Inès, à qui elle demanda de se replier sur le champ. La révulseuse apparut dans la salle de commandement la second suivante, en bon état mais curieuse de savoir ce qui justifiait que ses alliés se privent de sa présence.

-Madame Dovlass, j'aurais également besoin de vous. Il faut que nous retournions tout trois en Valato.

Adossée au mur le plus proche de l'entée, Kellue leva les yeux vers son interlocutrice, qui avait eu l'indécence de l’appeler  « madame ». Elle n'était pas mariée et détestait qu'on lui rappelle que son âge laissait à penser l'inverse, mais elle ne releva pas l'erreur, sans doute due à une volonté de cette petite stratège de lui exprimer son respect. Pour autant, la parleuse ne daigna pas répondre. Sa décision avait déjà été prise : elle ne quittait pas Edward, n'aurait-ce été qu'une paire de secondes. Si leur ennemi n'était pas trop bête – et il semblait être tout sauf un idiot – il finirait par éliminer les meneurs d'homme. Avec Edlan Monier et Snori Pendragon, le monarque naïlikan était indubitablement l'un des leaders les plus charismatiques et avisés encore en vie, ce qui signifiait qu'il encourait un danger de mort à tout instant. En de tels conditions, l'idée même d'abandonner le jeune homme était impensable. À la surprise de la nordique, l'adolescente vint se planter face à elle, son regard exprimant une volonté implacable.

-Votre présence et celle d'Ohihir est essentielle. Venez avec nous, s'il vous plaît.

-Je ne fuis pas, trancha Kellue en soutenant le regard de la gamine.

-Alors pourquoi êtes-vous venue ici au lieu de vous battre aux côtés de vos homologues du conseil ?

Kellue ne mit qu'un instant pour réagir. Sa main fusa en direction du col d'Adel, qu'elle agrippa avant de soulever l'adolescente comme si elle ne pesait rien et de la plaquer sans violence mais avec une certaine virulence sur la table de commandement. Malgré les murmures internes d'Ohihir qui l'incitaient à se calmer, la parleuse afficha une certaine indignation qu'elle ne manqua pas d'exprimer avec sa douceur habituelle.

-Pour qui te prends-tu, insolente ? Je suis la gardienne du roi-loup et la commandante suprême des armées de ton souverain, et tu oses t'adresser à moi sur ce ton ?

La nordique intimidait l'adolescente, voire l'effrayait. À qui n'aurait-elle pas fait cet effet ? Plus grande que la plupart des hommes, incroyablement forte physiquement comme mentalement, elle était réputée pour son intransigeance et sa rigidité, et n'hésitait jamais à avoir recours à la violence. Mais Adel n'était pas du genre à se laisser faire. En plus d'être brillante, elle faisait preuve d'un courage exceptionnel. Tout comme elle n'avait pas hésité à faire face à Habeth au cours de sa quête vengeresse, elle rendit à Kellue un regard plus colérique encore sans essayer de se défaire d'une poigne qu'elle savait implacable.

-J'ose, et que vous criiez plus fort que moi n'y changera rien. Relâchez moi et suivez moi ou restez ici et compromettez notre mission en regardant vos amis mourir !

-Ta mission ? releva-t-elle avec un dédain certain.

Inès apparut sur la table, accroupie, avant qu'Adel ne puisse répondre d'une série d'insultes qu'elle aurait enchaîné avec une adresse certaine. Cette petite était, en plus de ses autres talents, particulièrement douée pour toucher les points sensibles. Elle lui agrippa l'épaule et se téléporta avec elle, à l'autre bout de la pièce. L'adolescente put enfin reprendre le souffle qui commençait à lui manquer tandis qu'Inès interrompit avant qu'elle ne reprenne leur querelle stupide.

-Ça suffit, vous deux. Adel, où va-t-on ?

-On prend le portail vers Valato. Il sera gardé mais avec vous deux, il ne devrait pas y avoir de problème. J'ai besoin de toi, Inès, pour nous téléporter d'un bout à l'autre du continent quand on sera là-bas et de vous, Kellue, pour appeler les griffons. Je sais à peu près où se situent leurs plus gros troupeaux, j'avais un professeur qui les étudiait. D'habitude ils restent neutres, mais ils devraient accepter de nous aider cette fois-ci.

Kellue s'avança vers elle, calmée mais toujours aussi froide. Avoir les griffons dans leur camp serait évidemment un atout de poids, voire une assurance de renverser la tendance. Mais combien de temps cela leur prendrait-il, pour seulement une éventuelle réussite ?

-C'est grâce à toi que l'arène n'est pas encore tombée, fit-elle sur un ton bien loin du compliment. Et tu veux quitter ton poste ?

-Qui d'autre le fera ? Les griffons n'aideront jamais Inès ni vous. Ils détestent la violence, et vous n'avez fais que la répandre en Valato. Peut-être pour de bonnes raisons, mais ça ne changera rien à leurs yeux.

La parleuse ravala sa fierté, consciente que son interlocutrice avait en partie raison, mais tout aussi persuadée que sa présence ici était essentielle. Puis un semblant de sourire apparut sur son visage. Ils avaient, dans cette salle, quelqu'un qui était plus que capable de prendre la place d'Adel pour aller chercher ces renforts. La petite stratège en vint à la même conclusion et se tourna, en même temps que Kellue, vers Edward.

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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Jeu 28 Mai - 15:46

♦ Flashback/HS ♦




La mission de Zurich avait été un succès tel que la côté de popularité de la nouvelle Mantis grimpait en flèche, calmant par la même occasion les récentes critiques adressées à la réforme médicale apportée par la démocratisation des nano-cures. Anya et Vallen avaient fait un bon boulot en intégrant dans leur rang les jumeaux et le vétéran, qui avaient été la clé de voûte de leur précédente victoire. Le décès d'Anthony, tragique, avait finalement eu du bon. À peine quelques jours plus tard, le semblant de conflit ayant éclaté publiquement entre Ethan et Limstella ne fit qu'aider l'OSC à redorer un blason déjà rutilant en affichant leur fermeté . Le peuple avait confiance en ses défenseurs charismatiques, efficaces et rigoureux. Mais le petit monde parfait créé par Valentin s'écroula au moment où celui-ci reçut la missive du Pot. Cinq univers ? Des retours à la vie, un grand tournoi, la possibilité de rencontrer des dieux ? Il avait eu besoin de temps pour s'en remettre. La paix sur Terre ne pouvait perdurer que s'il demeurait l'être possédant le plus de pouvoir. Qui le suivrait lorsque le monde comprendrait l'origine de son existence, quand la supercherie serait révélée ? Les citoyens refuseraient de se réfugier dans le mensonge. Même en sachant au fond d'eux qu'ils avaient tort, ils n'abandonneraient pas leur liberté factice, et replongeraient cette pauvre planète dans le chaos. Les productions d'armes reprendraient, les nations s'isoleraient, la guerre reprendrait entre la fédération et l'ONU, et il n'y aurait plus de retour en arrière possible. Le quinquagénaire était assis seul dans un fauteuil de sa suite plongée dans l'obscurité, la tête entre les mains. Voilà trois jours qu'il savait que le tournoi aurait lieu, et il ne lui restait plus qu'une semaine avant que celui-ci ne démarre. Valter, Linos et les autres soldats les plus fidèles étaient déjà partis dans les autres mondes, rapportant toutes les informations récoltables à Arthur. Ils avaient un choix à prendre. Abandonner leur fierté et leurs accomplissements, ou se battre une fois encore. Le pari était risqué, pourtant, malgré ses doutes et ses craintes, Valentin savait ce qu'il avait à faire. Lui, le garçon des rues dévastées de Paris, sans nom puissant ni éducation, s'était déjà frayé un chemin jusqu'au trône de ce monde. La montagne face à laquelle il se trouvait n'était pas un cul-de-sac mais un défi. S'il fallait qu'à la force de ses mains il la gravisse, et s'il devait pour cela laisser ses alliés derrière lui, il le ferait ; car seule l'atteinte du sommet lui permettrait de s'élever. Il allait s'opposer aux dieux et mettre fin à leur tyranie.

Gladys Engels fut parmi les premières à se rallier à eux. Sans hésiter, elle leur confia Belwur, qu'Arthur parvint finalement à comprendre lorsque Éline Moner lui apporta son savoir concernant les catalyseurs. Une première cruciale venait d'être franchie. Le sprinkhaan parfait fut alors implanté d'une partie suffisante de l'essence de l'artefact des flammes tandis que le génome scami était implanté en lui. Un maître de l'eau, capturé par Valter, fut sacrifié avec les honneurs dans le plus grand secret pour que leur création puisse évoluer une nouvelle fois. Les sourciers furent plus aisés encore à récupérer, le tyran de leur monde n'ayant pas levé le petit doigt lorsqu'ils demandèrent l'autorisation d'emprunter un de ses nombreux sous-fifres pour en faire un cobaye. L'Omnikhaan était presque parfait. Seuls deux éléments lui manquaient pour qu'il puisse devenir la porte leur permettant de mettre fin à la quête cyclique de violenc du Pot et des Aoris. Deux éléments qui, au grand dam de Valentin, ne pouvaient se trouver qu'à l'Arène. Ils se rendraient donc au tournoi. Ils feraient bonne figure, participeraient assidûment, et attendraient le bon moment. L'essence du Pot leur était nécessaire, aussi devaient-ils le repérer avant d'agir. Sans surprise, l'être omnipotent finit par se montrer, démontrant l'orgueil que Valentin lui avait deviné et qui était commun à tous les hommes de pouvoir. Mais même à son degré d'avancement actuel, même en ayant sous la main le pouvoir du réceptacle des univers, l'Omnikhaan ne pouvait encore les unir. Pas tant qu'il n'aurait pas en lui le pouvoir mutant cardithien. Celui-là même que seule la plus pure des mutantes, celle dont les gènes étaient les plus puissants, pouvait leur fournir. Les monstres auxquels l'OSC avait du s'allier lui trouveraient cette mutante. Il créerait ce nouveau monde, se débarrasserait de Reingleff, Maximilien, Gladys, Éline et les autres, et instaurerait une nouvelle ère de paix. Jamais plus il n'y aurait de guerres fratricides, jamais plus ils n'auraient à faire de sacrifice. Tant pis s'il était nécessaire qu'il sacrifie son humanité pour sauver celle des autres. Tant pis si l'on venait à le haïr injustement. Là était ce qui le différenciait des autres meneurs avisés qui ne cessaient pourtant d'échouer : Valentin ne craignait pas de mourir pour ses idées.

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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Sam 30 Mai - 15:23

Les directives fusaient dans le centre de commandement, littéralement débordé par la situation. La situation était catastrophique, les pertes incalculables. En bref, Edward ne savait plus où donner de la tête. Ses conseillés, désespérés, commençaient à donner des instructions incohérentes, qui ne faisaient qu'aggraver les problèmes. Le roi se retourna lorsqu'il remarqua que Kellue avait pris sa toute nouvelle conseillère par la gorge. Il désaprouvait fermement ce genre d'attitudes de la part de son bras droit, mais comprennait aussi toute la tension qu'elle devait ressentir, elle qui avait tant à coeur leurs intérêts, et qui se révélait cloitrée pour le protéger. Il s'apprêtait à intervenir lorsqu'Adel donna son plan. Edward en fut profondément impressionné. Cette stratégie était certes complètement désespérée, mais si ils parvenaient à obtenir le soutien des gryffons, leur situation pourrait être toute autre. Observant l'une après l'autre les femmes décidées à effectuer cette mission, il donna son accord d'un signe de tête.

- C'est un plan désespéré, Adel. Mais je ne peux que reconnaitre que c'est notre meilleure chance. J'irais à ta place.

Le roi était désolé de devoir s'approprier l'idée de la brillante adolescente, mais son statut le forçait à prendre sa place. Il ignorait bien des choses des Gryffons, mais c'était à lui de représenter Valato dans de telles situations.

- Adel Lidar, je vous charge de prendre ma place dans l'organisation des combats fit-il à voix haute, pour ne laisser aucun doute à ses conseillers. Prennez attention aux conseils de tous et fiez vous aux conseils du général Farwind. Il a montré ses compétences à de nombreuses reprises.


Puis il se tourna vers l'ensemble des hommes présents, majoritairement valatiens, et déclara :

- Mes sujets, mes amis, mes frères et soeurs d'armes, si je tombe dans cette mission, ne me pleurez pas. Souvenez vous de l'idéal qu'ensemble, nous avons essayé d'atteindre, et faites en sorte que mon sacrifice de soit pas vain. Avec la perte du pot, beaucoup de choses vont changer, à Valato, comme chez nos confrères des autres mondes. Il nous faudra dès lors nous assurer de faire reigner la paix. Et je compte sur mon peuple pour assurer une alliance essentielle pour l'entente de tous les peuples. Je compte sur vous.

Puis il se retourna, quittant son auditoire pour suivre les deux porteuses d'artefacts, non sans un signe de tête d'encouragement pour Adel. Les choses se gâtaient pour eux, mais Edward avait la conviction que le bien triompherait.

Edwig contempla quelques instants son coéquipier de la première manche. Des explications seraient bien trop longues à donner.

- Et vous donc, Erik? Dans quel camp êtes vous?

Son ton faisait penser à celui du défi, mais il n'en était rien. A vrai dire, il ne comprennait pas pourquoi Erik Saori s'était engagé dans le combat. Avec son pouvoir, il aurait simplement pu rester caché jusqu'à ce que les choses se terminent, d'une manière ou d'une autre.

A quelques dizaines de kilomètres de là, dans une ville surplombant les nuages, Layla attendait, en tailleurs. La jeune fille avait cessée de pleurer. Elle avait depuis peu acceptée son impuissance, et la panique des guides chargés de la protéger ne la dérangeait plus. Pour ne plus penser à son père, elle avait commencé par observer Porol avec attention, s'émerveillant de sa structure, bien que trop peu fleurie pour elle. Au bout d'une petite heure d'observation, elle avait fermé les yeux, et semblait s'être assoupie en tailleur. Son esprit était pourtant en plein éveil. Tel une pieuvre, il s'étendait tout autour de la ville dans les nuages, analysant avec curiosité tout ce qui le constituait. Cela avait beau être une reproduction parfaite de l'original, l'esprit de Layla, inconsciemment, en comprennait l'origine, le travail accompli par les anges en des temps immémoriaux pour créer un lieu où ils seraient à l'abri des humains. Elle effleurait aussi le pouvoir de ses puissants gardes du corps, ainsi que leurs peurs. Ne s'y attardant pas, elle continua à étendre son esprit, dans un état de calme parfait, explorant les limites du monde dans lequel elle résidait.

Les bottes et contres-attaques se succèdaient sans interruptions entre Gladys Engels et Melody Nellson. La capitaine aurait été bien incapable de dire depuis combien de temps leur duel avait commencé, mais il ne semblait pas vouloir en finir. Certes, la militaire était parvenu à blesser et désarmer sa némésis, mais loin de la faire perdre, cet avantage semblait pousser Gladys à donner le meilleur d'elle même. Pourtant l'attitude de son adversaire sembla changer soudainement. La meneuse des Ombres réitéra à plusieurs les mêmes attaques, visiblement dans le seul but de lui couper une main. Les raisons de cette attaque semblaient évidentes. Elle désirait tellement récupérer son artefact qu'elle en perdait toute raison. Son premier coup s'échoua sur le gant en lui même. La résistance de l'artefact permit à Melody de ne pas perdre sa main, mais son poignet brisa net. Elle hurla de douleur et de fureur avant de reprendre l'attaque. Gladys persistait dasn sa stratégie, ce qui la rendait extrêmement prévisible. Anticipant sa future attaque, la Luuwrienne fit un pas de côté, saisit la main armée de son adversaire, et tenta de la transpercer avec sa propre arme. Une courte lutte débuta, la lame de Gladys passant à quelques centimètres de son propre cou avant de disparaitre sous son impulsion. Sortant aussitôt un couteau de sa ceinture sans relâcher sa prise, Melody larda son ennemie de toujours d'une multitude de coups de couteau, la sentant faiblir. Gladys tenta de répliquer aggripant faiblement la main vengeresse, sans réussir à la stopper. Inlassablement, Melody transperça son corps, bien après qu'elle ait cessé de respirer. Puis repprenant ses esprits, elle observa le corps souillé de son ennemie. Sans le moindre respect pour la femme qui venait de trépasser, Melody ôta les gants de son cadavre, et s'en équipa. Ce fut comme une explosion de couleur et d'énergie. La source originelle de son pouvoir venait subitement de doubler, lui donnant un terrible vertige. Elle perdit pendant un instant le contrôle de son corps, tant l'énergie la transperçait. Etais ce donc cela qu'Edwig ressentait?

Au loin, les combattants virent une étrange nuée rouge s'élever dans le ciel, à une vitesse défiant la raison, déversant sur les khaans une pluie de feu comme jamais un Valatien n'en avait vue. Là où passait l'étrange comète, les envahisseurs brûlaient vifs et dans la douleur, sans rien pouvoir faire...
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Sam 30 Mai - 21:30

L'arène déjà en proie à un incendie aux sources multiples était en phase de se consumer tant les pouvoirs déchaînés de Melody et Alucard s'avéraient dévastateurs. Les géants, qui en parallèle frappaient avec d'autant plus d'entrain que les blessures sur leur corps s'accumulaient, participèrent grandement à démolir les entrées, creusant parfois lors de leurs lourdes chutes de véritables cavités permettant de rejoindre les couloirs désormais loin d'être sécurisés. Conscients du nouveau danger que représentaient les éboulements massifs et l'effondrement prochain du plafond, les civils se laissaient aller à la débandade et couraient à travers les couloirs en hurlant, totalement désorganisés en l'absence des guides. Daniel était pourtant parvenu à réunir les membres de l'institut forcés à se retirer. Il était ainsi accompagné de Charlène, qui n'avait pas quitté la petite famille depuis le début des combats, mais également Mathilde, Valentin et Miranda, tout trois forcés de se retirer des affrontements désormais de plus en plus violents du fait de leur état de faiblesse ou de leur fatigue. La plus jeune des trois n'était plus sûre d'avoir la moindre utilité d'ici la fin de ce conflit tant elle avait usé de son pouvoir, que ce soit lors de la finale ou après. Elle n'avait jamais autant utilisé sa mutation et sentait qu'elle lui envoyait un signal d'alerte, comme un muscle l'aurait fait en déclenchant une crampe. Benjamin avait décidé de rester également. Lui se sentait encore en forme mais n'aurait pour rien au monde abandonné ces jeunes gens sans défense qu'il avait lui-même envoyé ici. Il devait en outre s'assurer que Daniel et sa fille survivent à cette épreuve, faute de quoi les sœurs Moscovitch auraient été dévastées. Peut-être même lui en auraient-elles voulu. Il incita son petit groupe à le suivre après qu'un guérisseur valatien suffisamment droit pour faire son devoir avant de prendre ses jambes à son cou se soit occupé de la blessure de Valentin, et entreprit de se frayer un chemin jusqu'à la sortie la plus proche de l'arène. Plus ils s'en éloigneraient, mieux ils se porteraient. La foule était toutefois si dense qu'il leur fut impossible d'avancer de plus de cinq mètres sans devoir se stopper. Ils soupiraient et serraient les dents presque à l'unisson. Se retrouver ainsi coincés ne leur plaisait guère, surtout lorsque plusieurs tonnes de gravats menaçaient de leur écraser le crâne à tout instant.

-Papa ? Est où Maman ? demanda Serena dans les bras de son père.

-Avec Tata. Elles reviennent bientôt toutes les deux.

-Tata ! s'exclama la fillette.

Serena adorait ses parents mais aimait plus encore sa jeune tante, qui ne semblait jamais lasse de s'occuper d'elle et répondait, sans ciller, à toutes ses attentes. La seule évocation de son nom suffisait généralement à enthousiasmer la petite mutante, qui, jusqu'à lors anxieuse, affichait un sourire franc. Elle avait hâte. Charlène non plus n'était pas des plus patiente. Contrairement à la gamine, elle comprenait la gravité de la situation et savait qu'ils ne pouvaient pas se permettre d'attendre ici indéfiniment. Sans un mot, elle rangea le camescope qu'elle tenait à bout de bras par-dessus les crânes de ses amis, puis écarta fermement tous ceux qui se trouvaient entre elle et le mur vers lequel elle se dirigeait. Valentin eut beau lui demander ce qu'elle faisait, l'adolescente ne ralentit pas. Une fois face à la pierre, elle se tourna vers Mathilde qui, de ce qu'elle avait cru entendre, comptait s'engager dans des études en architecture.

-C'est un mur porteur ?

La jeune sœur de Benjamin examina le plafond, puis les structures avoisinantes, et répondit par la négative. C'était là tout ce que Charlène avait besoin de savoir. Elle se mit en position de combat, fléchit son bras droit vers l'arrière, paume ouverte, puis frappa violemment le mur qui vola en éclat vers l'intérieur de la pièce sur laquelle il menait. L'adolescente fit signe à ses amis de la suivre puis brisa le mur suivant, quelques mètres plus loin, et ainsi de suite. Il ne fallut pas longtemps pour que d'autres civils se lancent à leur poursuite, bénissant l'apparition de ce raccourci providentiel. Dans la chambre du Pot, Valentin Aënis ressentit les seccousses successives dues à la force de frappe de toutes ces brutes qui s'agitaient. Bientôt, ils seraient forcé de quitter cet endroit s'ils continuaient de perdre leur temps. Et puisque l'Omnikhaan venait d'en finir, il pouvait à présent accomplir la tâche initialement assignée à Valter. La créature artificielle agrippa le col d'Erlyn et de Sylgja, ensanglantés, inconscients mais bien vivants, puis les monta à toute vitesse jusqu'au sommet de l'arène, où il ne fut visible qu'un bref instant. Il lança les corps mutilés de ces grandes figures de Valato, puis s'engouffra à nouveau dans les couloirs, sans attendre de savoir si le message avait été reçu. Guidé par Richard, le monstre n'hésita pas un seul instant quant au chemin à emprunter. Ses cibles avaient même eu la décence d'en creuser un tout neuf pour lui faciliter la chose.

Angélyna foulait le sol malmené du champ de bataille pour la première fois. Elle n'avait jamais pris part aux conflits précédents, se contentant de rester en arrière pendant que les autres s'occupaient de la protéger, ce à juste titre. Ses alliés avaient toujours eu besoin de s'assurer de sa sécurité, afin qu'elle puisse à son tour leur sauver la mise si quelque chose tournait mal. En fin de compte, Gareth avait eu mille fois raison de la forcer à rester au sous-sol. En étant resté sur le terrain, sans doute aurait-elle été tuée, et  plus personne n'aurait alors été en mesure d'arrêter Lilia. La jeune mère observait, horrifiée, sa cadette s'acharner sur tout ce qui n'était pas déjà mort. De par sa brutalité, l'aura violette comptait parmi les pouvoirs les plus terrifiants de tous. Il était moins puissant que beaucoup d'autres, pourtant sa dimension spectaculaire et l'inhibition de toute conscience que sa manifestation impliquait le rendait particulier. Angélyna profita de la présence du groupe de l'Eldarion, dont tous les membres étaient heureusement encore en vie, pour s'assurer qu'aucun des membres de l'institut n'était mort. Son teint devint livide alors qu'elle découvrait que Maya et Barry étaient tombés. Pourquoi eux ? Pourquoi des gens si doux, si bienveillants ? Ils auraient tout fait pour rechercher l'issue pacifique à ce conflit, et ils avaient été abattus par balle, de la plus lâche des façons. Angélyna, folle de rage et de peine, détourna pourtant les yeux. Elle ne pouvait se permettre d'examiner leurs dépouilles et de les pleurer alors que d'autres étaient encore en vie et avaient besoin d'elle. Benjamin avait fait en sorte qu'elle se rende en ce lieu pour une raison précise : Lilia devait retrouver son calme et se battre de nouveau ; car bien qu'utile en son état, elle mettait hors d'état de nuire autant d'alliés que d'ennemi. Et quand bien même ces sacrifices auraient été envisageables, la force de l'aura violette n'était de toute manière pas suffisante pour venir à bout des géants. Pandora projeta un éclair depuis l'extrémité de ses doigts tendus, le faisant se heurter à une sphère incandescente de Melody, lancée là par erreur. Le fracas du tonnerre fit sursauter Angélyna.

-Wouhou ! J'ignore qui tu es, petite dame prude, mais ce sauvetage par le carnage te coûtera un élan de gratitude ! À genoux devant la déesse salvatrice du tonnerre et son intervention propice !

La mutante fronça les sourcils, circonspecte face à cette étrange adolescente, avant que Mavis ne vienne détourner une nouvelle gerbe de flammes.

-Cesse de fanfaronner, ordonna-t-elle calmement à sa fille. Quant à vous mademoiselle Moscovitch, courez aider votre sœur. Nous vous protégerons.

Angélyna remercia vivement cette maîtresse du feu qu'elle ne connaissait que de nom mais qui venait déjà de gagner son estime, et se dirigea à grandes enjambées vers l'amas prune aux tentacules meurtriers duquel nul n'osait approcher. Même les géants, pourtant loin d'être farouches, évitaient au mieux celle qui possédait le pouvoir de les vaincre. Arthur ordonna à l'un d'eux de profiter de sa perte de contrôle pour aller l'achever, mais les efforts conjoints de Darius et les puissants membres de sa famille suffirent à repousser le colosse qui, comme les autres, était désormais occupé à combattre des adversaires particulièrement résistant. Même si nul ne déméritait, il fallait toutefois se rendre à l'évidence : il s'agissait désormais de tenter de gagner du temps pour Angélyna et non plus de vaincre par soi-même. Cette dernière arriva dans la zone où se déchaînant sa sœur, près des gradins à l'extrême Sud. Les tribunes avaient été ravagées, défigurées par de longs sillons laissant deviner l'écrasement récent des tentacules auriques. Certains sièges ainsi arrachés virevoltaient, emportés par les courants violents émis par la jeune femme, tandis que tout le sable s'était envolé, révélant la pierre qui constituait la base du sol du terrain de duel. Lilia s'acharnait actuellement sur le corps d'un dragon-chiroptère hardi qui avait eu l'audace de se téléporter près d'elle. Voilà qu'il finissait en lambeaux, les membres écartelés, les os broyés. Et alors même que la mort avait frappé dès les premiers coups, le monstre violacé perpétuait son œuvre de destruction, prenant un plaisir flagrant à abattre encore et encore cette masse sanguinolente sur les marches en ruine des gradins. Quelques sprinkhaans étaient de temps à autres envoyés dans la zone afin de faire office de cible pour la mutante. Ils la distrayaient, afin qu'elle n'en vienne pas à attaquer des éléments réellement important de leur armée, et cela fonctionnait. Pandora carbonisa une sauterelle qui s'approchait trop à son goût d'Angélyna et se remit à chantonner, tandis que la jeune mère s'avança d'avantage encore, jusqu'à que l'influence physique de l'aura soit telle qu'elle ne puisse plus faire un pas. Une quinzaine de mètres séparait alors les sœurs Moscovitch.

-Lilia ! cria l'aînée par-dessus le brouhaha général. Je suis là, Lilia ! Essaie de te calmer !

Le manteau aurique de la mutante baissa soudainement d'intensité, comme si l'entité ayant pris le contrôle du corps de Lilia venait d'être piqué dans sa curiosité. Lentement, le corps en légère lévitation de l'Archange se tourna vers la nouvelle arrivante, et les quatre tentacules se dressèrent pour se pointer vers elle. Lentement mais sûrement, ils s'approchaient. Angélyna souffla un grand coup. Ce n'avait beau pas être la première fois qu'elle faisait face à l'aura, elle n'en demeurait pas moins effrayée – bien fou aurait été celui à ne pas ressentir de peur en cet instant. Il y avait eu cette fois, à l'institut, où Benjamin avait décidé d'utiliser ce pouvoir pour chasser Artémis, avec succès certes, mais en détruisant au passage le bâtiment. Puis, quelques années après, alors qu'elle était enceinte et qu'elle rentrait chez elle accompagnée de sa sœur après une soirée passée à l'institut, un voyou avait eu pour idée de les agresser. Loin d'être du genre à se laisser marcher sur les pieds, Angélyna avait répondu aux menaces avec plus d'agressivité encore, et l'inconnu l'avait giflée. Il n'en avait pas fallu plus à l'aura violette pour profiter de la colère de Lilia, que son aînée avait réussi à apaiser après la fuite du brigand tétanisé. L'incident avait été court et les dégâts minimes, aussi l'affaire n'avait-elle pas été ébruitée, mais les Moscovitch avaient toutefois décidé d'en parler aux autres membres de l'institut, afin qu'ils sachent qu'en cas de besoin, Angélyna était apte à endiguer cet immense pouvoir. Raphaël était par la suite devenu suffisamment puissant pour pouvoir à lui seul contenir sa protégée, aussi n'avaient-ils pas eu besoin de faire appel à la soigneuse émérite. Mais en ce jour, nul d'autre qu'elle n'était disponible. Le cas présent était différent des précédents, en cela que l'aura n'était pas en phase d'apparaître, mais déjà pleinement déployée. Pourtant Angélyna n'hésitait pas. Pas un seul instant, elle ne doutait que sa sœur puisse l'entendre en dépit de son état. Le fait qu'elle ne soit pas déjà morte n'en constituait-il pas une preuve ? La jeune femme fit un pas, puis un autre, souriait à Lilia qui la fixait de ses yeux révulsés.

-C'est moi Lilia. Tout va bien. Ta nièce te réclame encore, et tu sais comment elle est. Ça va Lilia. Du calme.

Les extrémités des tentacules s'étaient courbés, pointant vers la belle blonde, hésitant à l'attaquer. Elle était désormais à moins d'un mètre de sa sœur et tendait lentement son bras vers elle. Peu à peu, sa main pénétra dans le manteau aurique sans être blessée. L'aura acceptait sa présence. Ses doigts effleurèrent ceux de Lilia, puis s'y joignirent en douceur tandis que le violet commençait à tendre vers le bleu. Puis Angélyna tenta avec précaution d'extirper sa cadette de son propre pouvoir, la tirant vers elle. L'aura n'apprécia pas ce dernier geste et recouvrit toute sa puissance en une fraction de seconde, projetant la mutante en arrière jusqu'à la faire retourner à son point de départ, où elle se rappa une bonne partie de la chair du bras sur la pierre. Grimaçant, elle se redressa pourtant aussitôt en posant sa main droite sur la blessure, qu'elle commença à soigner. Son regard se durcit tandis que Lilia poussa un cri inhumain. Angélyna n'en démordit pas. Elle le connaissait, ce cri. Ce n'était pas une menace mais un appel à l'aide. Elle s'approcha plus vite cette fois-ci, et l'aura perçut cela comme une menace. D'un tentacule, elle envoya valser l'intruse qui s'écrasa de nouveau au sol, se fêlant une côte au passage. Lilia se mit à son tour en mouvement vers la femme endolorie qui gémissait par terre, lorsque les flammes communes des Sozin vinrent la frapper. L'aura fut forcée de reculer pour préparer une contre attaque tandis que les filles du feu chargeaient déjà leurs gerbes à venir, mais Angélyna se redressa. Elle avait le visage en sang, mais qu'importait ces blessures ? Pour quelqu'un ayant le don de se soigner, elles étaient bénignes.

-Non ! cria-t-elle à Mavis et Pandora. Restez en arrière !

C'était tout, sauf le moment de mettre en colère Lilia. Ceux qui ne savaient rien de son pouvoir ne le voyaient peut-être pas, mais elles étaient en bonne voie. L'attitude de la mutante incontrôlable en disait d'ailleurs long à ce sujet, puisqu'elle ne poursuivit pas les mages dès lors qu'elles s'éloignèrent. Elle éjecta en revanche sans même le regarder un sprinkhaan qui la dérangeait. D'un même rythme, les Moscovitch avançaient l'une vers l'autre. Les courants auriques que subissaient Angélyna provoquaient une douleur lancinante que la jeune mère parvint tant bien que mal à ignorer malgré son souffle qui se faisait plus court, faute du précieux air partiellement chassé. L'aura ne cessait de croître, épaississant jusqu'à en devenir opaque, si bien qu'aucune autre couleur que le mauve ne parvenait jusqu'aux iris d'Angélyna. Plus que la douleur, l'étouffement la menaçait à chaque instant. Et alors que, quelle que soit la direction dans laquelle elle se tournait, elle ne distingue plus l'arène, elle se stoppa. Voilà donc ce qu'il en était d'être victime de cette malédiction. Pouvoir à peine respirer, être coupée du monde, plongée au centre de cette tempête tumultueuse. Angélyna ne pouvait qu'imaginer ce qu'il en était de devoir, au quotidien, repousser cette entité despotique, d'éviter tout émoi trop intense de peur de relâcher sa vigilance et d'être possédée. C'était cet enfer que sa petite sœur si fragile vivait tous les jours depuis sa naissance, tandis qu'elle, qui disposait d'un merveilleux don capable de guérir plaies et maladies, osait parfois se plaindre de la fatigue régulière que lui imposait son rôle de mère. Elle n'était pas forte, comme tous ces héros qui se battaient actuellement pour leur survie à tous, et ne ressentait nullement le besoin de l'être. Elle l'avait elle, cette fille courageuse et passionnée, plus gentille qu'aucun d'eux n'auraient pensé à l'être. Malgré ses souffrances, elle avait su garder de l'état d'esprit infantile toutes les qualités sans que cela ne l'empêche de mûrir et de devenir la personne qu'elle était aujourd'hui. Savoir qu'elle avait joué un rôle, même infime, dans l'accomplissement de Lilia rendait Angélyna aussi fière qu'elle puisse l'être. Elle sentait la vie la quitter, absorbée par cette goule démoniaque, mais elle se remit à avancer. Aujourd'hui, elle allait être aussi courageuse que sa petite sœur l'était tous les jours. Elle allait la sauver. Elle ferma les yeux, endoloris par les débris volatiles, et fit un nouveau pas. Sa peau virait au rouge, menaçant de s'arracher, mais elle continua. Elle se mit à courir. Foulée après foulée, à l'aveugle, elle se rapprocha de Lilia, tendant sa main droit devant elle. La direction qu'elle prenait était la bonne, elle le sentait : les courants la poussaient vers leur maîtresse qui était là, quelque part, et suppliait qu'on la trouve. Les mains des Moscovitch se refermèrent l'une sur l'autre et se tirèrent communément. Alors que le manteau prune recouvrait désormais une zone telle que Mavis et Pandora avaient du s'écarter, un sprinkhaan géant qui venait de se débarrasser d'une troupe valatienne vit là une ouverture pour frapper. Il leva le pied et l'écrasa sur le dôme aurique. Celui-ci vola en éclat, pourtant l'attaque n'aboutit pas. Lilia, agenouillée au sol, serrait Angélyna si près d'elle que son bouclier doré les protégea toute deux. Le pied se mit alors à scintiller, puis cette douce lueur gagna tout le corps du titan, qui, lentement, passa d'opaque à transparent, avant de disparaître totalement. Angélyna respirait enfin. Son corps était couvert d’ecchymoses et de coupures, mais elle avait réussi. Elle commençait déjà à se guérir tout en passant sa main libre sur le visage de Lilia, encore sonnée.

-Tu vas bien ? lui demanda-t-elle.

Lilia plongea ses yeux dans ceux de son aînée et agrippa sa main, la repliant sur le corps meurtri de celle qui l'avait, une fois encore, sauvée.

-Comment tu peux encore te soucier de moi ? Occupes toi de toi...

-Lilia, enfin...

Elle releva cette même main et la posa de nouveau sur son visage, à l'exact même endroit. Une vraie tête de mule. On ne la refaisait pas.

-Tu te souviens ? Je suis ta grande sœur. Je me soucies tout le temps de toi.

Lilia se contenta d'un rire nerveux. Elle aurait pleuré, dans des conditions normales, mais elle ne pouvait se permettre le luxe pourtant attrayant d'un moment d'émotion en plein milieu du champ de bataille. Elle aida Angélyna à s'asseoir et posa deux doigts sur son front, lui transmettant un flot continuel d'énergie afin de lui permettre d'utiliser ses capacités de son en continu. Surprise mais ravie, la jeune femme ne mit qu'une demi-minute à guérir ses blessures, et les deux sœurs se relevèrent ensemble. Angélyna se plaça aussitôt derrière sa cadette pour lui masser les épaules alors qu'elles tentaient de jauger la situation ; réflexes certes vain et stupide dans un tel cas de figure, mais qui lui permettait d'avoir quelque chose à faire de ses dix doigts. Encore huit géants en lice.

-Tu vas pouvoir t'en charger ?

L'Archange acquiesça en silence. Tant qu'elle parvenait à garder son calme, ces monstres ne seraient qu'une formalité. Il suffisait de ne pas penser à Maya et Barry. Ne pas se laisser aller à une colère ciblée et agir de la façon la plus rationnelle possible. Penser comme Yuko : l'efficacité avant tout. Tant que personne d'autre n'y passait, elle pourrait tenir le coup. Et pour que personne n'y passe, il fallait qu'elle se hâte.

-J'y vais. Restes par ici Angie.

Lilia s'envola sans plus attendre, droit vers le géant le plus proche, tandis qu'Angélyna levait les yeux au ciel. Rester ici, dans ce coin dépourvu d'alliés comme d'ennemis ? Et puis quoi encore. Maintenant qu'elle était à la surface, elle n'allait pas les laisser tomber. À son tour, la jeune maman se mit en marche, rejoignant Pandora et Mavis, dont le duo venait d'être complété par Violine et Noatak. L'envie de rejoindre les sous-sol pour s'assurer de la sécurité de sa fille était présente, mais elle savait qu'il n'y avait pas matière à s'inquiéter avec Benjamin à ses côtés. C'est alors que, avançant tranquillement depuis l'une des portes, l'Omnikhaan fit irruption sur le champ de bataille.

Quelques instants auparavant, il avait fait en sorte de compléter la mission de Valter. Celle-ci était double. Désorganiser, d'une part, les défenses du Pot. Le soldat avait plus ou moins réussi son coup en se débarrassant de deux soldats d'élite, mais il avait malheureusement été bien vite repéré. Tant pis ; les géants s'étaient parfaitement chargés de la distraction. La partie importante de sa tâche, en revanche, demeurait inachevée. Or il ne leur manquait que ce dernier ingrédient ! Benjamin sentit la créature arriver et se retourna immédiatement. Il n'eut toutefois que le temps de voir sa silhouette floue se faufiler entre les civils qui les suivaient avant que le pied de l'Omnikhaan ne le frappe au flanc. Benjamin écarquilla les yeux et chuta sur le côté en poussant un affreux cri de douleur, du à la fêlure nette des os de son bras et de ses côtes. Charlène se détourna du mur qu'elle était sur le point d'abattre, à temps pour voir Mathilde esquisser une contre-attaque furieuse. La mutante à la caméra agrippa le bras de son amie à temps pour la retenir de commettre l'irréparable. L'être artificiel qui se tenait face à eux était en effet immobile, et avait simplement tendu un bras vers Daniel. Sa requête, exprimée avec simplicité, était limpide : il voulait Serena. Mathilde se dégagea pour aller s'accroupir aux côtés de son frère aîné, lequel saignait abondement et avait complètement perdu son sang froid, une première. N'importe qui aurait pu affirmer qu'il était en train d'agoniser, mais nul ne voulait y croire. Ils avaient tous connu Benjamin, que ce soit à travers les récits ou de leurs propres yeux. C'était un garçon brusque, hautain, un salopard certes, mais un salopard pragmatique et assuré, pas le genre à se rouler au sol en hurlant. Et voilà que ce même garçon crevait devant eux, abattu d'un simple coup par une bestiole qu'ils n'avaient pas vu venir ? Las d'attendre que l'effarement laisse place à la crainte, l'Omnikhaan baissa le bras et s'avança vers Daniel, prêt à lui arracher son enfant des bras. Charlène s'interposa, esquissant un crochet sans la moindre retenue. Il était connu que cette adolescente flegmatique était particulièrement forte, mais peu se doutaient des sommets que cette brutalité pouvait atteindre. À pleine puissance, Charlène ne vous mettait pas hors combat en vous assommant et en vous faisant cracher vos dents, elle vous faisait exploser le crâne, ce que vous soyez fait de chair ou d'acier. Le bâton sombre de la créature apparut au moment de l'impact, se plaçant sur la trajectoire du coup, et l'encaissa sans broncher. L'Omnikhaan continua d'avancer tandis que Charlène frappait du poing, du pied, se heurtant toujours à cette arme qui virevoltait et la stoppait sans qu'elle ne puisse atteindre sa cible. Daniel reculait mais fut bientôt dos au mur. Il était bloqué. La seule entrée était juste en face de lui, soit sur la même ligne que ce monstre. Celui-ci récupéra son bâton en plein vol de la main gauche, et agrippa le pied de Charlène de la main droit. Il souleva l'adolescente comme si elle ne pesait rien et l'envoya valser à quelques mètres de là, tout en prenant soin de ne pas la blesser trop grièvement. Les ordres étaient clairs : pas de victimes inutiles. Benjamin était un danger du fait de son insubordination, mais celle-ci n'avait initialement pas voulu se battre. La tuer aurait dès lors été un acte de cruauté gratuite, ce que Valentin s'interdisait formellement. Le second Valentin alla aussitôt s'assurer de l'état de son amie tandis que Mathilde scandait le nom de son frère silencieux et immobile. Le bâton disparut et les mains de la bête se posèrent sur les flancs de la petite fille, qu'il prit délicatement dans ses bras. Daniel, tremblant de la tête au pieds, sut qu'il ne pouvait rien faire sans risquer sa vie et celle de son enfant et ne put qu’observer leur agresseur disparaître avec fulgurance, emportant avec lui l'être qui lui était le plus cher. Une vingtaine de secondes plus tard, l'Omnikhaan déposait Serena au fond d'une bassine dont elle ne pourrait, compte tenu de sa taille, pas sortir. La fillette pleurait, ce qui fit grimacer Arthur lorsqu'il s'approcha d'elle. Il s'en voulait de devoir ainsi sacrifier une enfant, mais quel autre choix avaient-ils ? Elle seule possédait des gènes mutants parfaits, issus de deux mutants eux même issus de purs humains. La probabilité qu'un tel individu vienne au monde était minime, pourtant la génétique avait produit ce miracle juste à temps. Serena Moscovitch était la clé pour terminer l'Omnikhaan. Il ne leur restait plus que du temps à gagner, aussi la bête se rendit-elle sur le champ de bataille où tous les héros étaient réunis. Il était grand temps d'en finir.

Erik, en contrebas, s'offusquait. Comment pouvait-on décemment lui poser une telle question ? Il était du côté de la liberté. Un tyran régnait déjà dans son monde, aussi en savait-il quelque chose : le plus grand nombre n'y gagnait jamais lorsqu'un seul homme s'accaparait le pouvoir. Jamais. Le soldat ne répondit toutefois pas, se rendant compte de sa mauvaise foi. Des années durant, il n'avait pas daigné s'intéresser à ces affaires politiques. Dans son pays, l'on vivait de la même manière qu'avant l’ascension de Maximilien. Enfin de compte, c'était la traque d'Alucard et la quête de la dissolution de Taetra qui l'avaient passionné. N'avait-il pas, alors, grandement servi les intérêts de ce fameux dictateur ? Non. Ces erreurs appartenaient au passé. Erik avait compris à présent que bien que naïf, le courage des rejetons du Pot avait quelque chose d'admirable. Il méritait que l'on se batte pour lui. À moins qu'il ne soit qu'une chimère. Une valeur étendard, à l'instar de cette liberté factice que tant prônaient, pour se donner bonne conscience lors des guerres. Erik soupira et baissa les armes. Il y avait, dans le laxisme de son interlocuteur, quelque chose de touchant, de juste. Il se tenait ici, au calme, tandis que des titans se battaient contre de puissants mages, là-haut. Pourquoi ? Eux-même n'en savaient pour la plupart rien. Un ennemi était apparu, alors ils luttaient. Qu'il était simple d'être manichéen.

-Allez savoir...souffla le Major Saori.

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Louis
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Dim 31 Mai - 16:42

- Dans les faits, intervint Edwig, il s'agit d'une simple prise de pouvoir. Seuls les opposants ont à craindre quoi que ce soit. Enfin, il n'est pas à exclure qu'il tue toutes les menaces potentielles, dont je fais bien sur partie! Mais je crains que ce ne soit mon cas, quel que soit le gouvernement en place.

De ce fait, selon le colosse, ce qu'avait de mieux à faire Erik Saori était de se cacher. Il n'avait pas le pouvoir de faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre, et n'en gagnerais de toute façon comme seule gratification que la mort. Comme d'ailleurs pratiquement tous les valeureux déjà morts sur le champs de bataille. Combien étaient déjà morts pour leurs idées? Edwig avait fait parti d'une force implacable et aveugle, tué une multitude d'hommes et de femmes qui n'avaient qu'essayés de protéger leurs terres. Si ils n'avaient pas levés les armes, ces pauvres bougres seraient encore en vie à l'heure actuelle. Eux se battaient pour des idées, mais sans le pouvoir qui lui est inextricablement lié. Valentin était détenteur de ces deux qualitées essentielles. Pourquoi ne pas renoncer plutôt que d'enlasser une idéologie jusque dans la tombe? Et qu'en était il de lui, Edwig Luthness? Lui aussi avait le "pouvoir". Peut être même bien plus que la quasi-intégralité des habitants de cet univers. Et lui, restait pourtant placide dans ce carnage. Etais-ce par simple désir d'éviter de répandre la mort sur son passage? Non, pas vraiment. Tuer ne lui posait pas le moindre problème. Il avait été éduqué dans cette optique, et n'en avait pas le moindre remords. Il s'agissait d'autre chose. Le fait d'être un réprouvé, un être haï par tout Valato. Il regarda quelques instants le militaire à ses côtés. Lui ne le détestait pas. Pourtant, il connaissait ses actes. Les mutants de Cardith, eux non plus, n'avaient pas montré la moindre colère à son sujet. Faisait il fausse route, en choisissant la neutralité? De toute façon, avec le désir de contrôle de Valentin Aënis, et le fait qu'il venait de tuer Reingleff, le nouvel l'ordre voudrait sans doute le mener à l'échaffaud. Un gigantesque brasier s'étendait maintenant à perte de vue, déclenchant au loin, les cris d'une multitude. Edwig jetta un dernier coup d'oeil en direction d'Iyoh. Son ancien supérieur n'avait pas intérêt de mourir!

- Tu penses que je suis capable de m'en faire un? demanda t-il en désignant un des géants avançant inexorablement vers l'arène.

Le monstre, visiblement inarêtable, semblait pourtant en proie aux tourments. Une créature auréolée de flammes noires et bleues la harcellait sans cesse, tranchant sa chair et brûlant sa peau. Agâcé, le géant tentait tant bien que mal de l'attraper, de la même manière qu'un moucheron agaçant. Après de multiples essais, le Khaan à moitié incinéré attrapa son attaquant d'un mouvement sec des deux mains. La lumière dégagée par la créature disparue soudainement, et le monstre se frotta les mains, comme pour achever sa victime. Mais rien ne se produisit comme il l'escomptait. Ses mains se désagrégèrent soudainement sous la chaleur, les trainées de feu continuant leur route sur les avants bras du Khaan. Ne marquant pas un instant de pause, l'étrange volatile reparu et continua d'attaquer son adversaire au visage, sans qu'il ne puisse rien faire. Le géant continua de se consumer, tombant à genoux avant de mourir dans de terribles spasmes.

Sans prendre le temps de se réjouir de la mort du Khaan, Melody fondit sur un autre adversaire, visiblement prête à réitérer l'exploit! La capitaine savait qu'il faudrait au moins cela pour assurer la victoire, si ce n'est bien plus. Dans le champs de bataille, elle était l'un des derniers remparts, si ce n'était le dernier, à la domination de leurs ennemis... C'est alors qu'apparut l'omnikhaan. Le réceptacle du pouvoir de Valentin... Que faisait il ici?

La militaire contacta aussitôt Ariane... Il lui faudrait tous les êtres les plus puissants de ce monde pour vaincre cette monstruosité. Et elle espérait que les renforts ne tardraient pas trop... Elle propulsa une énorme boule de feu noire dans sa direction, qui déclencha une terrible déflagration tout autour d'eux. Mais elle ne s'y trompa pas... Si Edwig pouvait survivre à cette attaque, l'omnikhaan s'en sortirait sans doute indemne...
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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Dim 31 Mai - 18:17

[ https://www.youtube.com/watch?v=mRM4aQCHp2Y ]

L'affrontement entre Alucard et Maximilien durait déjà depuis un bon moment, mais seul le tyran semblait se fatiguer. Les flammes et l'énergie noire avait dévorés nombre de sbires, principalement des sombrités venues aider leur maître, un second sprinkhaan était mort, abattu par les deux ennemis, car il les gênaient. La différence de puissance se fit malgré tout ressentir au bout d'un moment, et le combat connut une courte pause.

- N'es-tu pas humain, Alucard la Flamme blanche ? Ne ressens-tu donc aucune fatigue ?

Le dictateur était à bout, et se tenait vouté, bien qu'encore combatif. Mais le maître légitime de Taetra n'entendait pas répondre à son ennemi mortel, ni continuer l'affrontement plus longtemps. Le feu rouge changea de couleur, devenant vert dans un premier temps, puis bleu, progressivement violet, avant de prendre une teinte blanche comme s'il s'agissait de flammes de papier, presque tangibles. Maximilien généra un bouclier d'énergie noir particulièrement intense ... Mais lorsque le souffle blanc d'Alucard percuta ce bouclier, il souffla dans sa rage toute chose sur sa trajectoire, laissant pour seul vestige une longue traînée roussie. Il rajusta son grand manteau blanc avant de recevoir un message d'Ariane. Il leva le regard sur l'Omnikhaan. Julie aussi observait la créature.

- Jules, toi et ton frère allez vous mettre en sécurité, maintenant.

Le jeune homme aux cheveux bleus n'attendit pas qu'on le lui répète et chargea son frère sur ses épaules, qui, dans l'état dans lequel il était, ne pourrait trop le contredire, puis il partit vers la plus proche zone protégée. Les flammes blanches d'Alucard percutèrent sur le champs l'Omnikhaan, suivi de très près par un puissant rayon de June.


Emilie s'était téléportée au côtés de Miranda, lorsqu'un trois khaans avaient entrepris de la lincher. Sa lame et ses transpositions répétées, accompagnées de quelques cris pris de courroux, eurent vite raison de ceux-ci.

- Même pas vous touchez UN SEUL de ses cheveux ! cria-t-elle, prise d'adrénaline.

Raphaël, pour sa part n'avait pas répondu à la réplique concernant sa grand-mère. Il ne considérait plus cette femme comme membre de sa famille depuis un long moment, et il avait ressentit un certain plaisir en l'humiliant. Non, il ne l'avait pas tué. Pas lui. Il l'avait simplement regardée mourir. Elle était tombée, inerte, comme un déchet. N'était-ce d'ailleurs pas ce qu'elle était ? Bien vite, l'ange noir s'envola de nouveau. Les choses se déroulèrent alors bien vite, mais il put clairement voir Serena transporté par l'Omnikhaan. Il laissa la bête retourner sur le champs de bataille, avant de fondre sur Arthur. En plein vol, à pleine vitesse, il frappa du poing, enrobé de reinom à l'état le plus pur, en direction du visage de sa cible. Interdiction de toucher les enfants. C'était une règle encore plus sacrée pour le gaillard au chapeau que celle qui consistait à protéger les siens. Il était à présent recouvert de cette substance infâme, comme un véritable spectre de rage incarné ...


Dans la chambre du pot, alors que le conseil du kosq entier semblait être vaincu, un ricanement gras raisonna. Fenraë se débarrassa de l'arme qui l'embrochait au mur. Comment un être aussi puissant pouvait-il autant manquer de culture ? Peu importait, elle devait finir la mission. Sa blessure commença à se résorber alors qu'en deux bonds, elle fondit sur Valentin, crocs et griffes plus acérées que jamais.

Erlyn, lui, chutait avec un léger sourire. Ses blessures était nombreuses, mais c'était le succès qui les attendaient. Etait-il encore une fois mort en héros ? Non. La légende de valato se demanda s'il n'était pas maudit ... Mort contre un vieillard sénile, puis contre une bête dont il aurait pourtant pu éviter les assauts ... Encore une fois, sa mort était stupide. Inutile. Tous n'avaient cesse de vanter l'individu formidable qu'il était, pourtant, ses morts, à présent au nombre de deux, étaient misérables. Sylgja venait de s'écraser ... Puis vint son tour. Ils avaient été jeté comme s'il n'avait pas eut d'importance.


Oloren avait esquivé les assauts d'Iyoh avec une aisance insultante due à ses dons. L'espace d'une seconde qu'eux seuls avaient pu sentir passée, son regard se plongea dans celui de son adversaire et un sourire tira ses joues.

[ https://www.youtube.com/watch?v=yLf9FF8Wohc ]

Lui ? Plus grand escrimeur de Valato ? Il aurait pu, mais était encore loin du compte. Durant les cinq années qui avaient séparées leur rencontre, cinq ans durant lesquels la jeune femme aux cheveux blancs s'étaient entraînée chaque jours face à sa grande sœur, autrefois une ombre, elle aussi, dont le talent à la hallebarde valait bien celui d'Iyoh à l'épée. Durant cinq ans, elle avait persévéré et usé de son don avec précision, jusqu'à atteindre un niveau bien supérieur à celui de Beörielle. Bien supérieur aussi à celui d'Erlyn. Oui, Iyoh était un adversaire de taille, mais jusqu'à maintenant, la cadette de la fratrie Ehlkaÿd n'éprouvait aucune difficulté dans l'affrontement. Il était temps qu'elle s'y mette sérieusement ... La vitesse de la jeune femme augmenta, pas uniquement ses déplacement, mais chaque mouvement qu'elle produisait, jusqu'à sembler flou, par instants. Iyoh aurait pu devenir le plus grand épéiste de tout Valato, c'est vrai. Mais il s'était trompé de voie Esquivant les coups de l'épéiste, elle fit glisser sa lame dans le vent, par des coups aux tibias, aux bras et aux buste ....
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Dim 31 Mai - 21:26

Lilia volait, courait, tentait désespérément de sauver le plus de vies possible en s'interposant afin d'éviter que leurs alliés ne soient emportés par l'énergie formidable déployée par Alucard. Elle en vint à prévoir de le mettre hors combat s'il continuait ainsi, mais il parvint finalement à se défaire de son adversaire et s'en alla vers un ennemi plus éloigné des leurs, ce qui permit à l'Archange de relâcher son attention pour la rediriger vers les géants. Plus que six. Elle décolla vers celui qui, blessé, était le plus lent des siens et se posa sur son crâne. Il eut beau s'agiter, bondir, frapper, rien n'y fit : les pieds nus de la jeune femme ne se décollèrent pas de son épiderme grisâtre. Elle enfonça non sans une grimace ses doigts tendus dans l'œil vertical de la bête et laissa son pouvoir s'introduire dans le corps de son ennemi. La lueur de vie discernable dans ses autres yeux disparut alors tandis que sa carcasse massive s'écrasait au sol, inerte. Lilia se mit à léviter de nouveau afin de ne pas choir à son tour, puis fonça vers sa prochaine cible en ignorant royalement les balles qui venaient s'écraser sur son bouclier doré. Au loin, certains s'acharnaient sur une même cible, que la mutante confondit avec un simple sprinkhaan à qui il aurait manqué une paire de bras et le tentacule. Sans doute avaient-ils une raison d'ainsi se concentrer sur cette créature en particulier, mais elle ne pouvait s'autoriser le luxe de se détourner de son objectif premier. C'est alors qu'un projectile couleur émeraude vint la faucher en plein vol. Lilia poussa un cri de surprise en sentant sa trajectoire être déviée, et alla percuter le mur d'enceinte à cent mètres de là, nullement blessée mais secouée. Les soldats velniens commençaient donc à se servir de leurs canons pour piloner le sommet de l'arène. Cela ne pouvait signifier qu'une chose : ils n'avaient plus besoin des soldats qui s'y trouvaient. Quel que soit le but de Valentin, il devait être très proche de l'atteindre s'il se permettait une telle audace. La jeune femme se redressa et chercha Angélyna des yeux, avant de se souvenir qu'elle était accompagnée des filles du feu qui demeuraient certainement la meilleure assurance de sécurité contre ces canons. Rien ne servait donc de s'inquiéter, sa sœur étant certainement moins en danger ici que nulle part ailleurs. Lilia reprit sa mission en prenant soin d'éviter ces tirs hasardeux.

Ces mêmes tirs ne durèrent pas bien longtemps. Kayoshin, sur la parterre qui entourait l'arène, venait de finir d'étriper Artémis Adagio. Il n'y avait pas pris le moindre plaisir, ne se sentait aucunement soulagé d'avoir ainsi eu recours à la violence, mais il n'avait su se retenir. Dana était morte, et deux chois s'offraient à présent à lui : sombrer dans un désespoir incommensurable ou faire preuve de courage et se battre pour protéger ce monde que sa compagne aimait tant. L'hésitation dura une infime seconde avant que l'inférieur ne fuse vers les soldats de Valato qui bombardaient le bâtiment. Déchaîné, il renversait ou transperçait de son aura cette artillerie primitive tout en lacérant les traîtres. Les doigts de sa main droite étaient pliés tandis que ses ongles avaient grandis, formant de véritables griffes que venaient compléter trois arc de cercle bleutés longs d'un mètre chacun derrière lui. Dès lors qu'il frappait, ces lames auriques suivaient ses mouvements et tranchaient sans vergogne tout ce avec quoi elles entraient en contact, faisant ruisseler le sang de ces humains sans foi ni loi. Nul mot n'aurait alors suffit pour décrire la colère que ressentait l'Aori. D'abord dirigée vers Artémis, elle avait fini par se répandre à tous ses alliés qui avaient, de près ou de loin, consciemment ou non, participé à lui ôter sa camarade. Ils allaient tous payer pour ce crime dont ils n'avaient pour la plupart pas conscience, ce maudit Valentin Aënis plus encore que tous les autres. À chaque nouvelle victime, à chaque canon démoli, Kayoshin poussait un rugissement félin. Petit à petit, sa chevelure s'était hérissée plus encore et ses muscles s'étaient tendus à un point tel que ses veines en devenaient saillantes, tandis qu'il se courbait si bas en courant qu'on aurait pu jurer qu'il en viendrait à se déplacer à quatre pattes. Ceux qui avaient le malheur de pointer vers lui leurs flèches ou épées attisaient son courroux sanguinaire et périssaient dans l'instant, regrettant de ne pas avoir fui. Essoufflé, le corps assombri par l'hémoglobine, Kayoshin observa son œuvre. Le sang coulait à flots, s'infiltrant entre les pavés des rues, glissant dans les caniveaux pour rejoindre les égouts et déjà les insectes carnassiers s'accumulaient pour profiter du festin. L'inférieur ne tarda toutefois pas à retourner vers le mur d'enceinte de l'arène. Sans hésiter, il enfonça ses griffes dans la pierre et entama son ascension à un rythme furieux.

Assise sur la pierre, la tête entre les mains, Miranda tentait de réprimer ses tremblements. Les cris de Mathilde ne l'atteignaient pas tant elle était sonnée. Combattre des monstres gigantesques, elle pouvait le faire. À peu de choses près, elle y aurait même pris plaisir. Mais cette chose était d'un tout autre niveau. Ne l'avaient-ils donc pas senti ? Lorsqu'il avançait vers Daniel, elle avait projeté vers lui une de ses vagues télékinétiques. Elle n'avait certes pas pu y insérer l'intégralité de sa puissance, faute d'espace et contrainte par la présence de ses amis, mais le coup demeurait assez puissant pour prétendre rivaliser avec l'utilisation que faisait Raphaël du Reinom. Le bâton tournoyant de leur adversaire s'était alors mis sur la trajectoire du pouvoir et l'avait totalement dissipé en y opposant une force centrifuge supérieure. Personne n'avait jamais fait ça . C'était insensé. Pourtant, même elle qui s'affirmait la plus puissante des mutantes devait admettre que son pouvoir était risible face à cet être. Il s'était contenté de tuer Benjamin mais aurait pu se débarrasser d'eux tous en quelques secondes s'il l'avait voulu. Miranda s'était attendue à mourir dans l'instant, dans les couloirs de cette fichue arène, après avoir vu ses amis se faire anéantir. Son cœur battait encore la chamade et elle peinait à se calmer, si bien qu'elle ne remarqua pas que Daniel était parti à toutes jambes et ne revint réellement à elle que lorsque Émilie se débarrassa de trois sauterelles qui s'étaient frayées un chemin jusqu'au petit groupe de mutants. L'adolescente plongea ses yeux dans ceux de la jeune femme, la remerciant silencieusement, avant d'oser enfin regarder Benjamin. Au fond d'elle, elle espérait sans y croire que les pleurs de Mathilde ne signifiaient pas ce qu'elle redoutait qu'ils signifient. Il n'y eut guère de miracle. Valentin tentait vainement de calmer son amie, tandis que Charlène, peut-être plus apeurée encore qu'elle, s'était relevée pour continuer d'abattre les murs. Elle qui était pourtant si lunatique parvenait à rester pragmatique dans un cas aussi désespéré et tentait de leur ouvrir un échappatoire le plus vite possible afin que d'autres n'aient pas à périr. Les civils s'engouffrèrent sur cette voie improvisée, mais Miranda alla rejoindre ses compagnons. Après un bref coup d'œil, elle sut qu'elle ne parviendrait à soutenir la vue de la blessure létale du jeune homme, dont tout le flanc avait été enfoncé dans son corps. L'horreur de cette plaie béante ramena la mutante à la réalité. Ils ne pouvaient pas rester là. Comprenant que Mathilde ne les écouterait pas, elle l'immobilisa et la fit léviter, sans que ses contestations proches des hurlements hystériques n'y changent quoi que ce soit. Valentin acquiesça et partit devant pour rejoindre Charlène tandis que Miranda agrippa au passage, sans mot dire, la main d'Émilie. Elle ne lui avait pas pardonné et doutait d'y parvenir un jour, mais elle refusait de la laisser derrière elle maintenant. Elle refusait l'hypothèse qu'elle puisse de nouveau mourir sans qu'elle n'en sache rien. La fuite était lâche, mais quelle autre option avaient-ils ? En l'état des choses, aucun d'entre eux ne pourrait faire la différence. Pas contre ce monstre. Miranda fit quelques pas, puis se stoppa net, les poings serrés. Elle même ne parvenait pas à se convaincre d'abandonner ses amis. Même si c'était le choix le plus sage, elle ne pouvait s'y résoudre. De rage, elle lança Mathilde vers Valentin, qui parvint enfin à la contenir, et fit volte face avant de partir en courant. Il fallait retrouver Daniel et Serena. Tant pis si elle n'avait plus de forces et qu'elle était impuissante face à l'autre bestiole. Plus jamais elle ne pourrait se regarder dans une glace si elle baissait les bras maintenant. Qu'aurait dit Lilia, si elle avait su qu'elle avait fui quand on enlevait sa nièce? Au diable le bon sens ; Miranda était galvanisée par un dangereux élan de fougue. Sans réfléchir, elle courut droit vers le sommet.

Lars se battait comme jamais. Il n'était pas du tout en mesure de faire face à des géants ou des soldats réellement entraînés mais tentait de faire de son mieux face aux petits sprinkhaans, se faufilant entre eux avec agilité, frappant le plus souvent du pied ou du genou pour les déstabiliser. Sa fonction s'avérait finalement défensive, en cela qu'il lui arrivait souvent de déranger assez ses ennemis pour qu'ils ne parviennent pas à attaquer précisément leurs cibles, si bien qu'il avait déjà sauvé des dizaines de vies mais n'était pas venu à bout d'un seul monstre. L'un d'eux se retrouva toutefois isolé, aussi tenta-t-il sa chance. Son poing heurta la sauterelle à la nuque, au niveau de la base de son tentacule. La créature se pencha vers l'avant suite à l'impact, mais Lars s'était déjà déplacé sur son flanc et souleva brutalement son genou pour l'écraser sur l'étrange visage de son adversaire, avant d'enchaîner par plusieurs directs et crochets qui vinrent le cueillir au buste et à l'abdomen. Enfin, le jeune homme conclut par un mawashi qui envoya le sprinkhaan au tapis. Celui-ci se redressa toutefois la seconde suivante, étourdi mais aucunement blessé par de simples assauts portés à mains nues. Avant qu'il ne puisse tenter de tuer ce mutant, il fut toutefois balayé par un puissant éclair. Pandora fit de grands bonds en agitant ses bras pour se faire remarquer par Lars.

-Oh, Monsieur ! J'attends des remerciements !

Le jeune homme rejoignit le petit groupe dont Pandora faisait partie et qui comptait également Angélyna.

-Et tu les aura en temps voulu, madame. Yo, Moscovicth. Tu t'es trouvé une bonne équipe on dirait.

-Loin de moi l'idée de te vexer Lars, mais...

-Taratata. N'essaie même pas d'insinuer que ma place est parmi les civils, Moscovitch. J'ai à faire moi, vois-tu. Et puisque je me suis assuré que tu allais bien, j'y retourne. On se revoit toute à l'heure, Moscovitch !

Angélyna se permit de sourire un instant, quelque peu détendue par l'enthousiasme mal placé de son ami. Il était encore pire qu'elle. Une fois qu'il avait une idée en tête, impossible de la lui enlever. Il finirait par se faire tuer s'il se comptait de la sorte, mais elle était heureuse de voir qu'il ne changeait pas. Sa présence était rassurante, d'une certaine manière, au milieu de ce chaos. La jeune mère ne se relâcha toutefois pas plus de quelques secondes : ces gens du monde des éléments comptaient sur elle et il était hors de question de leur faire faux bond. Lars repartit vers la foule des sprinkhaans et des soldats, tentant de toujours attaquer par derrière afin de pouvoir désarmer, déséquilibrer, apporter son soutien, si infime soit-il, lorsqu'il repéra une sauterelle d'apparence plus fragile que les autres. Il était plus petit que ses confrères, plus frêle, et avait une drôle de tête comparé à eux. Peut-être qu'il s'agissait enfin là d'un adversaire à sa hauteur ! Le mutant fit quelques enjambées vers lui, lorsque les attaques combinées de Melody, Julie et Alucard frappèrent sa cible. L'explosion fut telle que les badauds les plus proches furent soit projetés en arrière, soit carbonisés sur place, et pourtant, lorsque la fumée se dissipa, la sauterelle n'avait pas bougé d'un pouce. Elle tendit la main vers sa droite, et un bâton sombre, aussi grand qu'elle, y apparut. Lars changea d'avis. Il allait se trouver quelqu'un d'autre à affronter.

Daniel courait à travers les couloirs de l'arène, totalement perdu, à bout de souffle, mais plus déterminé que jamais. C'en était assez. Déjà qu'on venait lui prendre sa femme pour qu'elle aille se battre contre des monstres plus dangereux les uns que les autres, voilà qu'en plus on lui arrachait sa fille des bras. Maintenant, il n'avait aucun moyen de savoir que l'une ou l'autre se portait bien. Dire qu'en plus de cela, Lilia, Awa, Raphaël, Barry et tous les autres étaient là-bas également...non, il n'en pouvait plus. Lui aussi avait été sur la liste initiale du Pot pour participer à ce tournoi. D'autres, plus appropriés, avaient finis par prendre sa place mais il n'en restait pas moins fort également. Bien assez pour protéger ceux à qui il tenait. Il vit passer son ami porolien, au loin, et décida de le suivre puisqu'il semblait savoir, à son inverse, où il se rendait. Ainsi, il s'engagea dans des escaliers qui le menèrent toujours plus bas, sprintant sans cesse pour suivre tant bien que mal le rythme. Il arriva à temps pour pénétrer dans la chambre du Pot au moment où Raphaël armait son coup de poing. Valentin Aënis menait les opérations avec anxiété. Maintenant que l'Omnikhaan était remonté, il y avait fort à parier qu'on ne vienne pas les déranger, mais son instinct lui criait le contraire. Il y aurait toujours des nuisibles pour tenter de se mettre en travers de leur plan. Arthur avait terminé la préparation de la seringue dont il avait besoin pour extraire l'essence de Serena. C'était grâce à l'étude des artefacts valatien, et notamment Belwur à qui ils avaient eu accès, que les scientifiques de l'OSC étaient parvenus en un temps record à développer cet outil. Une fois planté dans le corps, le poison appliqué sur l'aiguille en faisait sécher le sang en quelques secondes à peine, puis en isolait les chromosomes ciblés. Le matériel génétique utilisable était alors attiré par l'aiguille, et le sang récolté ne contenait dès lors que le strict nécessaire. Il n'y aurait plus qu'à insérer le tout dans l'auréole de l'Omnikhaan, et il deviendrait enfin parfait. Avec le pouvoir du Pot et des cinq mondes, il pourrait créer cet univers parfait dont rêvait Valentin. Ce seraient les dernières gouttes de sang versées par la violence dans l'histoire de l'humanité. Mais alors qu'Arthur s'apprêtait à mettre fin à la trop courte vie de la fillette, l'entrée de Raphaël donna raison aux craintes de Valentin. Un intrus, encore. Il était vif, bien trop pour envisager d'éviter le coup. Derrière ses lunettes, l'éternel ami du leader européen observa, bêtement, ce poing délétère s'approcher et transpercer le corps de Valentin. Le quinquagénaire tendit le petit appareil qu'il tenait au creux de son poing à Arthur, qui s'empressa de l'agripper. Il n'hésita pas. Depuis le début, ils avaient conscience des risques encourus et avaient été prêts à se voir mourir à tout instant. Arthur était la clé de cette opération. Sa sécurité passait avant celle de n'importe qui d'autre, même celle de Valentin. Celui-ci n'avait pas hésité à user du téléporteur de l'ONU qu'il conservait toujours avec lui pour sauver son ami et lui avait à présent transmis le dispositif. Le scientifique disparut avec Serena sous les yeux effarés de Daniel.

-Non ! hurla le mutant. Non !!!

Valentin souriait, empalé sur le bras de Raphaël. Ses lunettes sombres étaient tombées, dévoilant deux yeux bleus emplis d'une intelligence bienveillante. Il tourna fébrilement la tête vers le loup-garou dont il avait évité le coup mortel, tout ça pour aller se placer sur la trajectoire d'un autre. Il fut pris d'un rire nerveux tandis qu'il se vidait de son sang.

-Hé...aussi tenace que je l'espérais, roi de Porol...

Le quinquagénaire pivota douloureusement, se retenant de hurler de douleur tant le moindre mouvement participait à réduire son espérance de vie désormais très courte. Il tenta vainement de capter le regard de Daniel, dos à lui, mais dut se résoudre à lui parler sans le voir.

-Mes excuses, monsieur Klanck...si vous aviez coopéré...nous aurions pu éviter de tuer votre fille. Je sais ce que c'est de perdre...des...choses...

Son rythme de parole faiblissait à mesure qu'il prononçait ses derniers mots. Une certaine tristesse le gagnait. Il avait sacrifié sa vie au service du bien, et regrettait amèrement d'avoir du sacrifier celle de quelques autres, mais n'aurait pas agi différemment s'il avait du recommencer. Au seuil de la mort, il était fier de ce qu'il avait accompli. Arhur allait réussir. Il n'y avait plus rien qui puisse l'en empêcher, à présent. Le projet de toute une vie, enfin abouti. Dommage qu'il ne puisse voir cela de ses yeux. Dommage qu'il n'ait pu convaincre Nithilde qu'il avait raison. Dommage que ces hommes soient trop naïfs pour admettre qu'il était le véritable héros dont ces mondes avaient besoin. Valentin périt le sourire aux lèvres. Il n'était déjà plus qu'un cadavre lorsque Daniel le tira du bras de Raphaël pour le plaquer au sol et lui frapper furieusement le visage sans s'arrêter.

-Où est ma fille ?!! Réponds moi !! Réponds !!!

Daniel n'obtint pas cette réponse qui ne l'aurait avancée à rien ; car bien plus haut, dans l'une des ruelles proches de l'estrade sur laquelle s'était tenu Valentin deux heures plus tôt, Serena venait de mourir à son tour. Arthur s'était forcé à la regarder jusqu'au bout, à écouter son souffle ralentir, à sentir ses muscles se relâcher. Jamais il ne voulait avoir à nier ce qu'il avait du faire. L'essence des mutants était enfin prête. Le scientifique déposa le minuscule corps de la fillette et usa ses implants pour contacter l'Omnikhaan. Celui-ci, qui venait d'encaisser sans broncher les attaques simultanées, fléchit les jambes et bondit. Son saut fut si puissant et vif qu'il se retrouva aux côtés de son créateur, pourtant éloigné d'un demi-kilomètre, presque instantanément. La bête s'accroupit et tourna le dos à Arthur, qui injecta aussitôt le contenu de sa seringue dans l'auréole de l'être hybride. Deux nouvelles sphères apparurent alors pour orner son dos, et il repartit sans plus attendre vers le sommet de l'arène. Il n'y avait désormais plus de raison de se battre, aussi allait-il calmer ses opposants. Usant de sa base de donnée, il composa les phrases qui lui semblèrent les plus appropriées et les fit résonner télépathiquement dans les esprits de tous, alliés comme ennemis.

-Cette guerre est terminée. Nul n'est en mesure de me vaincre, aussi me dois-je de vous demander de cesser le combat afin d'éviter de nouvelles pertes. Tout ceux y dérogeant devront périr.

L'annonce semblait avoir provoqué une accalmie loin d'être suffisante au goût de l'Omnikhaan. Il avait pour ordre de laisser quelques instants aux enfants du Pot afin qu'ils réalisent l'ampleur de sa menace. Linos sembla ne pas saisir que le message lui était également destiné et tira une nouvelle rafale vers les jumeaux, qui s'étaient réfugiés derrière les myrs restant de Darius. L'Omnikhaan leva la main, fit apparaître l'un de ses bâtons, et le lança à la manière d'un javelot vers l'officier commandant d'Aves. L'arme sombre traversa une bonne moitié de l'arène sans effleurer quiconque et se planta dans le corps du scami, le tuant sur le coup.

-Cette guerre est terminée. Nul n'est en mesure de me vaincre, aussi me dois-je de vous demander de cesser le combat afin d'éviter de nouvelles pertes. Tout ceux y dérogeant devront périr.

Le message se répéta deux nouvelles fois, avec bien plus d'impact cette fois-ci. Beaucoup des commandants alliés, dont Snori, baissèrent les armes. Ils étaient déjà en train de se faire charcuter, et on leur proposait une trêve. La refuser aurait été aberrant. Adel, à l'aide du guide, communiqua à ses troupes en leur affirmant qu'il valait mieux abdiquer. En vérité, elle voyait là une aubaine inespérée, une chance de gagner du temps pour qu'Edward puisse revenir avec les griffons. Elle n'en dit toutefois rien à ses camarades, de peur qu'un télépathe adverse puisse éventuellement capter cette information et ruiner un effet de surprise dont ils ne pouvaient pas se passer. Iyoh, en phase de se faire lacérer, fut sauvé par l'intervention de l'Omnikhaan. Lui aussi aurait rengainé sa rapière en temps normal, toutefois une occasion en or se présentait à lui. Là-bas, le petit prince lui tournait le dos. Enfin. Sa vengeance, à portée de main. Tant pis s'il devait en mourir. C'était sa seule occasion de passer outre la jeune Ehlkaÿd et la rouquine. Le trancheur fit scintiller son énergie électrique, se rendant une nouvelle fois invincible pour quelques secondes, et se dégagea en forçant les deux filles à s'éloigner. Dès la première foulée, Iyoh se sentit libéré. Il se retenait depuis des années, avait été forcé de changer pour survivre, et allait mourir ici même. Mais quelle mort. Le seul homme à avoir été son rival périrait de sa main. Ils disparaîtraient ensemble. Ainsi devait-il en être. La lame électrique d'Iyoh se mit en mouvement bien trop tôt pour que Snori, pris de court, puisse penser à une façon de l'esquiver. L'acier le transperça de part en part tandis que ses yeux écarquillés se mêlèrent à ceux de son némesis. Les visages se firent face un instant. L'un effaré, effrayé, l'autre souriant, satisfait. Voilà ce qui arrivait lorsqu'un noble se prenait pour un guerrier. Iyoh resserra son emprise sur sa lame, la remontant dans l'abdomen de Snori, tranchant au passage ses viscère. Un sursaut de douleur parcourut le corps du souverain de l'Oran, dont le menton était orné d'un filet rougeâtre. Les lèvres du trancheur se mouvèrent, mais sa victime ne saisit pas le sens de ses mots. Il mourait à cause de la folie d'un homme à qui toute raison avait été arrachée. Il mourrait car Gladys Engels avait formé les ombres. Il mourrait car Luuwr avait arraché des mains de cet enfant son précieux artefact. Tout cela parce que Naïlika avait déclenché une guerre. Il mourrait car Agnir de Reydoran et William Pendragon s'étaient affrontés des années durant. Il mourrait car il portait illégitimement le nom des rois de l'Est. En fin de compte, pourquoi mourait-il réellement ? N'était-ce pas son amour des armes qui l'avait engagé sur cette voie ? Mourir au combat...ce n'était pas si mal. Même des mains d'Iyoh Tzumihi. Le voile sombre obscurcit sa vision au moment où l'arme de l'Omnikhaan fauchait son assassin. Alors la guerre reprit. Offusqués, les hommes du Sud repartirent à l'assaut et les terriens répondirent. Les sauterelles se défendirent, tandis que les géants se remettaient en marche. Seul être apaisé au sein de ce tumulte, l'Omnikhaan comprit qu'il n'y aurait pas de paix. Pas avec eux.

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Louis
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Lun 1 Juin - 16:29

La neige tombait comme jamais sur les plaines désolées de Naïlika. Les bottes des voyageurs, enfoncées de près de dix centimètres sous les flocons blancs, étaient trempées. Sous sa cape en fourrure, Edward avait revêti plusieurs couches successives de vêtements en laine, qui n'empêchaient pourtant pas le froid de lui glacer les os. D'ici quelques mois, de ces champs émergeraient les premières pousses de blé et d'orge qui nourriraient son peuple; si il avait encore un peuple à ce moment là... L'intriguant Valentin Aënis avait réalisé un coup de maitre qui faisait passer Solunthes et sa trahison d'Athis pour un vulgaire escroc. L'homme les surpassait sur tous les points. Et c'était la raison pour laquelle il restait ici, immobile, tandis qu'Hommes et Femmes mourraient pour lui. L'attente était insuportable. L'aide des gryffons leur était essentielle, et chaque minute qui s'écoulait les rendaient plus vulnérables encore... Selon l'un des livres d'Irwan Knell, il restait en Valato un peu plus d'une centaine de ces créatures mythologiques. Edward regrettait de ne pas avoir pu emmener l'érudit avec eux.

Inès, après les avoir déposé ici, était parti à leur recherche. Le prince lui avait donné quelques instructions, insistant particulièrement sur l'avenir de Valato et l'importance d'une coalition entre les gryffons et les humains, en cette heure troublée. Grâce à son don de téléportation, elle aurait du revenir depuis bien longtemps... Les gryffons étaient reconnus comme pacifiques, mais peut être n'était elle parvenu à leur faire entendre raison? Edward lança un regard en direction de Kellue. Droite comme un I, elle scrutait les environs, inébranlable... Peut être avait-elle des doutes, elle aussi? Néanmoins, rien ne le montrait dans son visage...

Soudain, Inès reparu à leurs côtés. Edward sursauta à son apparition, puis fut empli de doutes. Aucun gryffon n'était encore apparu. Il la regarda avec intensité, presque craintif de ce qu'allait lui annoncer la porteuse de Nigfol...

- Ils sont en train de délibérer déclara t-elle.

La fille d'Igole Vrag s'était entretenue brièvement avec, selon ses dires, près de 70 gryffons, dont les avis étaient assez divergents. Certains ne toléraient que bien peu ce qu'ils considéraient être une convocation par un petit roi du nord... D'autres prônaient leur totale neutralité face aux affaires humaines. Plus clairvoyants, quelques uns avaient compris que les intrigues du multivers les concernaient tout autant que l'humanité. Un débat avait débuté, dans lequel Inès n'avait pas eu le droit de présence...

Cette affaire ne plaisait pas à Edward. Sans doute aurait-il du accompagner Inès, pour convaincre les créatures millénaires. Mais il avait désiré les rencontrer tous sur un terrain neutre... Peut-être avaient ils déjà pris la décision de ne pas intervenir? Il n'y avait de toute façon aucun moyen de vérifier cela... Envoyer Inès serait revenu à la comdamner à mort... Ils patientèrent encore quelques minutes en silence, et malgré le froid environnant, le roi ne tenait pas en place...

Soudain, des ombres noires apparurent au desus des flocons. Ce fut Kellue qui les aperçut en premier, et le fit remarquer à ses compagnons... Sous le blizzard, ils ne parvenaient pas à les identifier clairement, mais quelles créatures autres que les Gryffons aurait-ce pu être? Une première bête se posa doucement au sol, ignorant délibérément les humains en face d'elle. La créature s'ébroua, faisant tomber la neige accumulée sur son corps. Un deuxième Gryffon, puis un troisième se posa. Ils furent bientôt une cinquantaine au sol, se posant loin les uns des autres, et visiblement sans ordre prédéfini. Knell n'avait pas menti en les décrivant comme des créatures magnifiques et solitaires. La beauté de la scène faillit faire couler des larmes de joie à Edward. Même si c'était peut être la dernière chose qu'il verrait de sa courte vie, il ne pouvait qu'admirer la majestuausité de ces créatures, la sagesse illuminée par chacun de leurs mouvements.

Pendant un temps qui sembla infini, les humains restèrent immobiles, tandis que les Gryffons commencèrent à observer ceux qui les avaient convoqués. Une dizaine d'entre eux, après un rapide coup d'oeil s'envolèrent aussitôt, sans la moindre explication, sous les frissons d'Edward. L'un deux finit par s'avancer. De tous, ici, il semblait le plus âgé. Ses plumes ébouriffées semblaient bien plus mates que celles de ses congénères, et la manière dont ses congénères l'observaient le désignait aisément comme le chef... Un cri strident sortit de sa bouche, et tous les gryffons se rapprochèrent lentement... Se tournant vers Kellue il s'apprêta à lui demander de traduire lorsque le gryffon commença à parler, d'un ton lent et monocorde. Décontenancé par les sons que pouvaient émettre le bec de la bête, il lui donna toute son attention.

- Vos manières n'ont guère plu à notre assemblée, Edward de Reydoran, souverain de Naïlika. Je me nomme Araleas Thön, ce qui dans votre langue signifie "L'Ouragan calme". Aujourd'hui, je serais la voix de la multitude. Jamais un humain n'a convoqué notre peuple. Il s'agit d'une requête bien presomptueuse de votre part, roitelet. Ceux qui volent à mes côtés sont venus car ils sont, tout comme moi, intrigués par cette démarche presque suicidaire. Êtes vous si désespérés?

Edward inspira longuement, tentant de cacher au mieux son anxiété. Ainsi, il était le premier des souverains à avoir eu le privilège de s'entretenir avec des Gryffons. Une nouvelle boulversante pour lui, bien conscient que ces créatures savaient sans doute presque tout de ses actes depuis sa naissance...

- Je le suis, Araleas Thön. Je crains pour la vie de tous les peuples de Valato, le vôtre y compris...

Il fut interrompu par le cri d'un autre Gryffon, visiblement furieux. Leur interlocuteur reprit la parole.

- Certains pensent que les menaces humaines ne concernent pas notre peuple, et que nous mêler à vos intrigues ne changera rien à notre situation.

- Ils ont tort clama Edward de toute la force de sa voix. Edwig Luthness n'est il pas une menace pour votre équilibre?

- Il est vrai... Mais c'est un homme seul, qui ne peut rien contre notre multitude.

- Là d'où je viens, une armée a été levée. Une armée décidée à conquérir Valato par tous les moyens. Face à elle, même les plus brillants porteurs d'artefacts de notre temps sont impuissants. Nigfol elle même n'a pu endiguer l'invasion. Sans vous, cette armée marchera bientôt sur nos terres, imposant son égémonie à tous ses habitants, vous y compris...

- Nous avons vu ceux que vous nommez les Khaans. Ils ont tenté de s'en prendre à nous, après avoir pris le contrôle des dragons. Et ils ont lamentablement échoués face à notre puissance.

- Et pourtant, vous êtes tous là à m'écouter, chose qui jamais ne serait arrivé si vous n'aviez pas conscience de l'urgence de la situation.

Les gryffons avaient peur, avait-il fini par comprendre. C'était pour cette raison qu'ils s'étaient réunis aussi vite. Voir des dragons chiroptères "répliqués" par les Khaans les préoccupaient. Un coup de tonerre résona au loin, puis un éclair tomba aux pieds du souverain.

- Prends garde à ne pas être insolent, petit roi. Aucune créature n'est au dessus des Gryffons! déclara une autre créature, plus impétueuse qu'Araleas

Edward frissona de peur. L'éclair aurait bien pu le tuer...

- J'ai vu, là où j'ai été convié, des créatures bien plus terrifiantes que les Gryffons... Sinon, jamais je n'aurais osé venir demander votre aide...

Un long silence suivit cette déclaration, suivi peu après par les cris incompréhensibles de la race la plus puissante de Valato. Il aurait pu demander à Kellue ce que signifiaient ces sons stridents, mais n'osa pas le faire...

- Que nous offres tu, en échange de notre aide demanda alors Araleas Thön, plus calme que jamais.

- Je serais bien incapable de répondre aux requêtes d'un peuple aussi noble et supérieur que le votre... Mais je vous promet la paix...

- Bonne réponse. fit simplement le porte parole avant de s'envoler avec ses semblables en direction du portail.

Pendant quelques instants, alors que tous les gryffons avaient dors et déjà disparu, Edward ne parvint à comprendre ce qu'il venait de faire. Puis il explosa de joie, enlaçant Kellue et Inès avec exaltation. Ils avaient réussis! Ils leur restaient une chance de vaincre! Bien vite remis de sa joie, il prit la main d'Inès, et ils reparurent aussitôt auprès de la porte menant au multivers...

Le chaos reignait en maitre, près de l'arène. Alors que l'omnikhaan avait tenté tant bien que mal d'imposer un certain calme, les deux armées avaient recommencées à se battre, les valatiens furieux de la mort du souverain d'Oran... Des larmes coulant sur les joues de Melody, la jeune femme désirait plus que tout le venger. Mais la vie avait déjà quitté le corps de son assassin. Une fureur sans nom l'envahit. Sa voix, amplifiée par Belwur, résonna dans l'arène comme un tremblement de terre.

- NE LAISSONS PAS CES ASSASSINS REMPORTER LA VICTOIRE. HOMMES ET FEMMES LIBRES, UNISSEZ VOUS POUR ANEANTIR CES USURPATEURS!

Plus aveuglément qu'auparavant, Melody se lança dans la bataille, faisant un carnage dans les lignes ennemies. C'est à ce moment qu'apparurent les Gryffons, plus nombreux que tout ce qu'avait pu voir la capitaine dans sa courte vie. Avec leur soudaine arrivée, un orage aussi rapide qu'imprévisible débuta, couvrant le ciel bleu de nuages menaçants. Une myriade d'éclairs commença à tomber sur les lignes ennemies. La chance semblait enfin tourner de leur côté! A la suite d'un gryffon, Melody se rapprocha de l'Omnikhaan. Cette créature devait tomber! Bientôt, il fut submergé sous une pluie de flammes et d'éclairs, qu'il encaissa sans broncher, avant de saisir le gryffon à la gorge, et de le décapiter sans la moindre difficulté. Ne se laissant pas gagner par le découragement, Melody attaqua de plus belle, fonçant sur le monstre avec entrain. D'une pirouette, elle se retrouva dans le dos du Khaan qu'elle tenta de transpercer de sa lame. Avec une vigueur des plus surprenante, il contra son attaque, avant de répliquer, son bâton en direction de la tête de son aggresseuse. Pas en reste, Melody fit une roulade, puis déversa sur son mortel ennemi ni plus ni moins que de la lave liquide.

D'autres hommes et femmes vinrent l'aider assaillant la créature à distance grâce aux armes qu'ils étaient parvenus à récupérer sur les hommes de l'OSC. A sa grande surprise, Edwig la rejoignit aussi, sous sa forme humaine, son bâton à la main. Sans prendre le temps de saluer son amante, il attaqua aussitôt l'omnikhaan. Les deux bâtons se croisèrent une première fois, déclenchant une légère onde de choc. Puis les échanges redoublèrent, à une vitesse telle qu'on arrivait à peine à remarquer les armes des deux opposants. Puis un craquement sinistre résonna, et l'arme d'Edwig Luthness céda sous les assauts de la créature. Un instant après, il fut projeté au sol. La créature sembla hésiter à l'achever, puis repéra Melody, au loin, continuant d'user de ses pouvoirs contre elle. D'un bond, elle arriva à sa hauteur et la saisit d'une main à la gorge. Malgré l'armure toute puissante que lui conférait Belwur, la jeune femme sentit peu à peu le Khaan en venir à bout, sans le moindre effort. Sa respiration se fit de plus en plus difficile, mais elle n'abandonna pourtant pas, lardant de son épée le corps visiblement indestructible du monstre. Bientôt, tout son visage prit une teinte cramoisie. Trop peu de sang arrivait à son cerveau, et elle se sentit perdre connaissance. Elle comprit qu'elle rejoindrait bientôt Snori dans la tombe. Elle se sentit soudain apaisée. Mourir sur le champs de bataille lui avait toujours semblé être la mort des braves. Perdre la vie en protégeant son peuple, offrir son corps et son âme pour que d'autres puissent vivre paisiblement. Elle ne regrettais rien...


Un craquement sonore rententit soudain, et la capitaine Luuwrienne tomba au sol, inspirant l'air du mieux qu'elle le pouvait avec sa trachée écrasée. Avant de perdre connaissance, elle aperçut Gareth, en face d'elle, qui venait de la sauver des griffes de l'omnikhaan. Le nordique avait frappé de toutes ses forces dans le dos du monstre, qui avait pourtant à peine reculé... Au moins était il parvenu à sauver la militaire. Augmentant le poids de son adversaire, il tenta de l'enfouir sous la terre. Une faille apparut sous la bête, qui y tomba silencieusement. Lorsque la créature disparu, il tenta de créer un éboulement pour l'enfermer sous terre, mais l'Omnikhaan, bien vite remis de sa surprise, ressorti du sol en un instant et transperça Gareth de ses griffes à de multiples reprises.

Un puissant flot de sang s'écoula de son corps, tandis que le nordique sentait la vie le quitter. Ses pensées se tournèrent vers sa fille, que jamais plus il ne reverrait. Il mourrait dans l'espoir de lui donner une vie meilleure, et regrettant pourtant de ne pas pouvoir la voir grandir, se marier. Le destin était au final bien cruel avec lui... Lentement ses yeux se fermèrent, alors qu'il perdait conscience. Comme dans un rêve, il sentit son corps s'élever dans le ciel, et dépasser la tempête qui reignait sur le champs de bataille. Au loin, il apercevait la réplique de Porol, où Layla attendait, en sécurité, la fin des hostilités. Continuant son élévation avec regret, il aperçut soudain une silhouette au moins toute aussi lumineuse que le soleil. Après un instant d'égarement, il la reconnu. Des larmes de tristesse et de joie coulèrent sur ses joues. Gareth Soubresault n'était plus.
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Lun 1 Juin - 20:55

Nul fardeau n'aurait pu prétendre entre tel que celui de l'immortalité. Les premiers siècles étaient divertissants, permettaient d'explorer les possibles offerts par ce don des cieux. Mais bien vite, la lassitude l'emportait. Les émois ne pouvaient être exacerbés que par leur caractère passager, ne se vivaient pleinement que lorsqu'on craignait de ne plus disposer d'assez de temps pour les ressentir de nouveau à l'avenir. Dès lors que l'avenir devenait une notion infinie, quel valeur accorder aux événements ? Longtemps, Kami avait luté, ne parvenant à trouver une manière convenable d'aborder l'éternité qui s'offrait à lui. Il lui avait fallu près de six siècles avant de comprendre qu'il se devait de faire profil bas, et quelques millénaires de plus pour atteindre un certain équilibre. C'était dans la religion qu'il avait trouvé la paix. Depuis ses décennies passées dans les monastères, le premier des mutants tentait de se détacher de ses émotions humaines. Il aidait ceux qui avaient besoin de lui, y prenait satisfaction mais non plaisir, puis partait au hasard à la recherche d'une nouvelle tâche à accomplir. Nul ne se doutait du nombre de tournants historiques dans lesquels il était impliqué. Il avait connu l'essor des premières civilisations, rencontré des hommes dont on ne parlait plus que dans les récits, vu de ses yeux la construction de Porol. Il avait survécu à d'innombrables guerres, aux cataclysmes les plus marquants de cette ère, et à ses propres pulsions suicidaires. Peut-être alors qu'il aurait pu considérer son immortalité comme un cadeau, s'il n'était en outre pas doté du pouvoir empathique parfait. Pourtant, si bref avait-il été, son passage à l'institut Hubs l'avait marqué. Quinze ans à vivre aux côtés de ces jeunes mutants, durant lesquels il avait appris à les connaître mieux qu'ils ne se connaissaient eux-même. Il y avait de la noblesse en eux, plus que dans la plupart des rois qu'il avait rencontré. Leurs réussites étaient merveilleuses, leurs échecs grandioses. Son amour pour eux, contraire aux règles qu'il s'était imposé, l'avait forcé à les quitter. Le destin les réunissaient aujourd'hui, et Kami ne put en être heureux. Il avait perdu des centaines d'amis et s'en était remis, faute d'autre alternative. La mort de Barry vint cependant poser la pointe d'un couteau sur son cœur, et celle de Gareth l'y enfonça jusqu'au manche. Silhouette anonyme parmi l'immensité de la foule affolée, il s'effondra. Certains l'enjambèrent, d'autre le piétinèrent, mais lui ne se souciait guère de la douleur physique. Il souleva fébrilement son bras gauche et observa le nom de son ami, marqué en noir sur son épiderme. Aucun doute, le lien était rompu. Ce n'était pas une erreur de sa part, pas une interférence imprévue. Kami savait que Gareth était mort. Il le ressentait comme s'il venait de mourir lui-même. Dire qu'il avait péri aussi bêtement. Il n'y avait rien d'héroïque dans ses actes, rien de fantastique qui méritait un tel sacrifice. Avait-il pensé à sa fille en se jetant ainsi dans la mêlée ? Pourquoi diable n'avait-il pas suivi ce même conseil qu'il avait donné à Angélyna ? Gareth...il ne pouvait disparaître ainsi. Cet homme avait trop souffert et méritait de s'en aller en ayant enfin guéri cette blessure qu'il traînait avec lui. Quitter ce monde sans s'être accompli, et en laissant derrière lui une enfant orpheline ? Dieu appliquait une fois encore sa justice qui dépassait leurs sens. Il lui dictait une nouvelle leçon, lui imposait une nouvelle épreuve. Kami posa sa main sur sa poitrine et se recroquevilla, secoué de toutes parts. Les larmes coulaient depuis ses yeux fermés tandis qu'il faisait taire son indignation. Un ami de plus venait allonger la longue liste macabre. Le prêcheur humecta son pouce de ses pleurs, et vint le frotter sur son avant-bras, avec une force telle que la chair sous son ongle tournait au blanc. Peu à peu, les dix-sept lettre constituant le nom du défunt s'effacèrent.

Des griffons ? Par quel moyen étaient-ils donc parvenu à les convaincre ? Valentin n'avait pas parié là-dessus, et Solunthes moins encore. Le maître des illusions avait jusqu'à lors préféré se camoufler dès lors qu'il eut comprit que quelle que soit l'issue de cette guerre, lui serait perdant. L'occasion était toutefois magnifique. Si jamais un griffon était blessé, peut-être pourrait-il en prendre le contrôle et fuir. Alors, lorsque tous seraient au plus bas, lui reviendrait pour réclamer son du. D'autres avaient beau déployer des moyens plus impressionnants, ses ambitions n'en demeuraient pas moins ardentes. La domination du monde serait sienne, aujourd'hui ou demain. L'aisance avec laquelle l'Omnikhaan vainquit ses ennemis lui fit choisir la seconde option sans hésiter. Il vaincrait un jour, mais il n'était pas pressé. Nakaën et son artefact disparurent dans les ombres pour aller se dissimuler au plus bas de l'arène, dans la chambre de l'un des guides. Par mesure de précaution, il demeura invisible. Nul n'aurait à priori pour idée de venir le chercher ici, mais ses affrontements multiples avec Ohihir lui avaient appris à ne jamais baisser sa garde.

Les géants frappaient, usaient de la supériorité accordée par leur taille pour happer en plein vol les griffons qui osaient s'approcher d'eux. Certaines des bêtes ailées tombaient, mais le verdict fut sans appel : quelques minutes à peine après l'arrivée de l'espèce dominante de Valato, il ne restait plus qu'un colosse. Tous les autres avaient été foudroyés, balayés, ou tranchés par les plumes redoutables constituant les magnifiques ailes de ces chimères. La véhémence des troupes de Valentin baissa d'un ton, tandis que la colère des rejetons du Pot monta d'un cran. Le temps des lames s'entrechoquant était passé. Désormais, chaque coup était porté dans l'espoir de tuer, et l'Omnikhaan était le premier à se prêter au jeu. Les ordres étaient clair. Ne pas tuer à moins d'être attaqué. Ces humains qui étaient assez insouciants pour s'en prendre à lui se condamnaient d'eux-même. Son bâton se chargeait seul de parer la foudre des griffons, tandis qu'il encaissait sans broncher les flammes de Melody, trop volatiles pour représenter un véritable danger. Les interventions d'Edwig et Gareth le dérangèrent toutefois grandement. À défaut de le blesser, ils parvenaient à le retenir, et ce précieux temps perdu l'empêchait de finaliser sa mission. À chaque fois qu'il tentait de trouver la combinaison de mot adéquate à leur faire comprendre que leurs actes les desservaient, un nouvel intervenant venait l'interrompre et il devait reprendre le processus à zéro. Las, il abandonna. Leur bêtise les rendait inadéquats à la vie dans le nouveau monde de Valentin Aënis. Les sociétés humains avaient toujours eu comme tort de conserver en leur sein les dissidents, les marginaux, les inappropriés, mais une telle tolérance n'était plus d'actualité. Alors il répliqua. Bêtes, hommes, peu lui importait à présent pour peu que la violence des affrontements puisse attirer l'attention de sa véritable adversaire. L'Omnikhaan l'observait plus qu'il ne regardait ses adversaires. Elle préférait défendre le plus grand nombre contre les sauterelles plutôt que de venir se frotter à lui. Elle agissait de sorte à sauver le plus de vie possibles. Son état d'esprit était le bon, mais ne convenait pas à la créature d'Arthur. Il fallait qu'il l'affronte. On l'empêchait d'avancer jusqu'à elle, aussi allait-il la faire venir jusqu'à lui. Il y aurait une mort qu'elle tiendrait absolument à venger. L'Omnikhaan se détourna de tous ses assaillants, encaissant volontairement les sphères explosives des jumeaux. Le souffle le propulsa dans la direction souhaitée, soit vers un petit groupe constitué de trois maîtres des éléments, un guerrier du pôle Sud, et une mutante de Cardith. Sa cible.

Erik ne réagit guère en voyant son ancien équiper se mettre soudainement en marche, allant à l'encontre de ces idéaux laxiste qu'il partageait l'instant d'avant. Sans doute avait-il vu l'un de ses amis périr. Beaucoup se disaient prêts à abandonner toute violence jusqu'à qu'on les fasse souffrir. Il était malaisé de s'en tenir à sa ligne de conduite ; Erik l'avait appris à ses dépends durant ses années de service. Se battre sans réfléchir était tellement plus aisé. Être l'épée et non la main la maniant. Qui irait blâmer l'épée pour un meurtre ? Aujourd'hui cependant, il se devait de devenir main et épée à la fois. Le Major soupira. La trêve proposée par leur ennemi était pourtant tentante, mais un peuple indigné n'était jamais stoppé par de simples mots. Il semblait à présent inévitable qu'ils guerroient jusqu'à l'extermination totale de l'un des deux camps. Erik se fondit dans le vent et remonta jusque dans les gradins, pour constater non sans surprise que le niveau du terrain avait quelque peu baissé. Lors de l'évacuation des civils, l'un des guides avait effectivement fait en sorte que le champ de bataille utilisé lors de la finale revienne au même niveau que les tribunes, mais un gouffre de deux bons mètres les séparait à présent. Il fallait croire qu'à force de frapper, les attaches commençaient à lâcher. Mieux vaudrait ne pas être dans le coin lorsque cet immense ascenseur en perdition serait définitivement privé de ses câbles...

Une brèche circulaire de taille humaine apparut sur le flanc de l'arène, à mi-hauteur. Miranda avait assisté depuis une fenêtre au massacre perpétué par Kayoshin Magreefer près de l'estrade, et eut soudain l'idée de se rendre sur place afin de vérifier que des ennemis ne s'y trouvaient pas. Foncer droit vers une potentielle base, seule, presque vidée de ses pouvoirs pouvait sembler risqué, mais qu'avait-elle à y perdre désormais ? Elle refusait de rester ici, les bras croisés. Même si elle n'était sûre de trouver quoi que ce soit sur place, autant prendre sa chance. Alors elle se créa cette porte en faisant voler en éclat les briques du mur, puis bondit dans le vide, ralentissant sa chute afin d’atterrir sur ses deux pieds sans encombre. L'adolescente avança prudemment, vérifiant que ces corps étaient bel et bien dépourvus de conscience afin qu'on ne vienne pas lui tirer dans le dos, puis grimpa sur l'estrade. Elle eut beau en observer les moindres recoins, rien d’intéressant ne parvint à retenir son attention. Dommage, elle aurait parié sur un dispositif quelconque lui permettant de remonter jusqu'à Valentin. Il fallait qu'elle arrête de se faire des films. La jeune mutante en vint presque à baisser les bras et admettre son impuissance lorsqu'un objet tomba au sol non loin de là, produisant un son suffisant pour attirer son attention. Miranda se rua vers la ruelle concernée et tomba face à Arthur, qui venait d'écraser son téléporteur au sol. Il n'en avait plus besoin, à présent. Il y eut une première seconde de flottement durant laquelle le scientifique de l'OSC identifia sa chasseresse et comprit que le sort ne lui était pas favorable. Cette seconde, Arthur aurait pu l'exploiter pour se placer entre Miranda et le corps de Serena, et il ne pensa à cette option que trop tard. L'adolescente avait déjà aperçu la fille d'Angélyna et était à présent parfaitement immobile, figée sans afficher la moindre expression. Arthur crut voir là une occasion et agrippa maladroitement le pistolet à sa ceinture, qui fut écrasé avant même qu'il ne puisse le pointer vers l'adolescente. Miranda desserra le poing qu'elle venait d'utiliser pour désarmer le terrien et l'observa avec haine.

-C'est vous qui avez fait ça ? cracha-t-elle

-Je...

L'idée de mentir traversa l'esprit d'Arthur. Il pouvait prétendre avoir trouvé le corps et avoir pris peur face à Miranda. Mais cette possibilité fut bien vite écartée. À presque quinze ans, cette gamine n'était plus assez stupide pour croire à une telle divagation, d'autant que beaucoup l'avaient vu en compagnie de Valentin. Même s'il avait pu s'en sortir ainsi, Arthur n'aurait de toute manière pas menti. Il avait agi et assumait à présent pleinement les conséquences. Il n'y avait rien à regretter. Le scientifique remonta ses lunettes sur son nez et se tint droit, haut de ses deux mètres.

-Oui. Je l'ai sacrifiée, affirma-t-il sans broncher.

Arthur s'attendait à tout, plus certainement à sa mort, mais il n'avait pas prévu que Miranda se mette à ricaner. Les Moscovitch représentaient énormément pour elle. Ils étaient une petite famille simple et heureuse, issue de l'institut, constituant une preuve que même les mutants pouvaient s'en sortir sans être rattachés à Porol. Plus encore, ils étaient des gens doux et compréhensifs, qui avaient toujours été attentionnés à son égard. Angélyna avait fait office de mère pour elle après la mort d'Émilie, et Daniel comptait parmi les êtres humains qui méritaient le plus de vivre dans ce monde tant il était, profondément comme en surface, bon. On avait tué leur enfant unique, dans cette ruelle, loin de tous, et eux ne le savaient probablement pas encore. Miranda se fichait bien de savoir quel objectif voulait atteindre Valentin : rien ne justifiait une telle cruauté. L'adolescente fit léviter le corps de la fillette jusqu'à elle et la prit dans ses bras, la serrant contre son cœur sans quitter Arthur des yeux. Elle ne respirait plus, ne bougeait plus d'un poil. Ce n'était pas un cauchemar, Serena était bel et bien morte. Miranda se mit à avancer lentement vers Arthur, qui ne bougeait pas mais était incapable de retenir ses tremblements et les gouttes de sueur qui perlaient sur son front.

-J'ai été élevée par tout un tas de gens géniaux, commença la mutante. C'est pas facile, mais j'essaie de prendre ce qu'ils ont tous de mieux. Je me dis que si je les imite bien, j'arriverais à être aussi sympa que Danny et aussi drôle que les jumeaux. Je veux être aussi cool que Lars et aussi douce que Gareth. Je fais en sorte d'être aussi intelligente que Lilia aussi belle qu'Angie. Ils m'apprennent tous quelque chose. Parce qu'ils sont tous vachement doués pour un truc ou un autre. Et celui qui m'a appris la colère est vraiment, vraiment fort quand il s'agit de se venger.

Miranda ne souriait plus. Sa mâchoire était serrée, ses sourcils froncés, ses lèvres pincées. Elle n'avait certes plus beaucoup d'énergie, mais sa réserve serait plus que suffisante pour lui montrer la manière dont on faisait payer les dettes de sang lorsqu'on était élevée par un Monier. Le massacre commença, dans cette ruelle, à l'abri de tous les regards indiscrets des défenseurs de l'arène. Cette revanche aurait du être accordée à Angélyna ou Daniel, mais Miranda ne pouvait se retenir. La chair  d'Arthur fut soumise à une pression montant crescendo et l'écrasant de toute part, si bien que, petit à petit, son corps tout entier commença à se ratatiner. Mais Miranda y allait doucement. Elle voulait qu'il souffre le plus longtemps possible avant que ses organes vitaux ne soient touchés. Les os se fêlaient, les veines explosaient, les yeux sortaient peu à peu de leur orbite. Et l'adolescente se stoppa. Elle n'y arrivait pas. Malgré l'envie, cette violence ne lui ressemblait pas. Arthur était dans un sale état, mais il vivait. Tant mieux. Au moins ne pourrait-il pas bouger d'ici. Elle reviendrait, avec tous les autres, une fois qu'ils en auraient fini. Il fallait trouver les Moscovitch, à présent. Sans lâcher Serena, la mutante se mit à léviter en direction du sommet de l'arène. Elle y arriva à temps pour sentir son cœur se serrer comme jamais.


Lilia venait d'achever le dernier géant. Sa carcasse disparaissait, rayée de ce plan de l'existence par les pouvoirs exponentiels de l'Archange. Elle commençait à comprendre le fonctionnement de ces capacités acquises au dépit de Nathan. Si elle désirait de tout cœur survivre, son bouclier la rendait invincible. Si elle souhaitait vaincre un homme sans avoir à le tuer, son instinct la poussait à frapper le bon endroit avec la bonne intensité. Si elle ne possédait pas la force nécessaire, son don la lui accordait. Elle altérait sa réalité. Plus rien ne lui semblait impossible dans la limite de ses cinq sens, de ce qu'elle pouvait concevoir. Cela ne suffisait pourtant pas : les cadavres continuaient à s'accumuler autour d'elle. Les griffons faisaient toutefois un travail tel que l'issue de cette bataille tournait enfin en leur faveur, ravivant l'espoir des assaillis. Puis le cri d'horreur de Miranda retentit par-dessus le brouhaha. L'adolescente était tombée à genoux, incapable de retenir le restant de son pouvoir qui déferla autour d'elle, détruisant tout le pan des gradins dans lequel elle se trouvait. Lilia se tourna vers elle, soucieuse, avant de se rendre compte que sa protégée n'avait rien. Ce n'était pas pour elle qu'elle avait hurlé. Les yeux de l'Archange balayèrent fébrilement la zone pendant que sa bouche s'entrouvrait. Elle vit. Les centaines de guerriers ne comptaient plus, pas plus que les créatures alliés ou ennemies. Même les quatre visages ébahis des combattants du monde des éléments n'eurent d'importance. Il n'y avait plus que l'Omnikhaan, être hybride lui tournant le dos, majestueux et effrayant à la fois, et la femme qu'il tenait par le cou à bout de bras. Trois bâtons sombres étaient plantés dans son dos. Les tatouages sur ses bras ballants étaient recouverts par le sang et sa longue chevelure blonde dissimulait partiellement ses yeux. Une goutte sombre perla du bout de son auriculaire, venant s'ajouter à la flaque écarlate qui se formait sur le sable, y créant des remous macabres. L'Omnikhaan lança sans ménagement le corps de sa victime, lequel pivota au cours de cette chute qui sembla durer une éternité. Lilia fixait cette femme. Les cheveux qui masquaient son visage allaient se dégager. Elle allait la voir. Non. Lilia ne voulait pas savoir. Elle ne voulait pas qu'on lui confirme le nom de cette nouvelle victime. Toutes, mais pas elle. Sans elle, elle n'était plus rien. Il n'y aurait plus de bonheur, plus de sursaut d'espoir, plus d'émotion qui méritait d'être vécue. Pourtant Lilia ne détourna pas les yeux. Son pouvoir lui permettait de devenir l'être parfait, mais elle ne pouvait changer une réalité que rien ne servait de nier. Et alors que le cadavre eut effectué un quart de tour, les traits doux d'Angélyna s'imposèrent à elle avant de s'écraser sur le sable. L'Omnikhaan fit apparaître un nouveau bâton dans sa main, et le planta dans la nuque de la jeune mère, avant de se tourner droit vers Lilia. Malgré le demi-kilomètre les séparant, son regard lui était indubitablement destiné.

L'aura blanche se dissipa. Partout autour d'elle, les combats continuaient, comme si rien ne s'était passé. Lilia ne comprenait pas. Ne se rendaient-ils pas compte, tous, que le monde venait de s'effondrer ? À quoi bon continuer à s'acharner si la seule perspective qu'ils avaient était une vie sans Angélyna Moscovitch ? Lilia fit un premier pas sur le sable. Ses pieds nus s'enfonçaient légèrement, soulevant d'infimes traînées de poussière à chaque centimètre gagné. Désarticulés, ses bras ne suivaient plus le rythme de ses mouvement saccadés et son corps était légèrement penché vers l'avant, lui permettant d'approcher ses yeux de la dépouille qu'elle espérait voir remuer. Chaque pas fut un supplice. Son cœur la faisait souffrir, sa gorge était si serrée qu'elle en avait envie de vomir, mais elle continua inlassablement d'avancer. Elle, l'être la plus puissante du multivers, semblait plus faible qu'elle ne l'avait jamais été. Une simple silhouette frêle de plus, une nouveau zombie errant comme tous ceux qui avaient aujourd'hui perdu leur raison de vivre. Et elle se fichait bien des autres. Angélyna. Elle allait se relever. Se soigner, être secourue. Un miracle allait se produire. Elle n'avait pas le droit de mourir ainsi, pas sous ses yeux. Cela n'aurait fait sens. Pourquoi lui aurait-on accordé un pouvoir sans limite, si c'était pour voir sa sœur périr ? Raphaël allait arriver. Il allait faire quelque chose. Lilia le chercha des yeux. Pourquoi n'était-il pas là ? C'était son rôle, de  couvrir leurs arrières. Il l'avait toujours fait. Il l'avait encore fait aujourd'hui, n'est-ce pas ? La mort d'Angélyna avait été feinte pour tromper l'Omnikhaan. Lilia pleurait à mesure qu'elle se mentait. Elle devait affronter une vérité à laquelle elle ne voulait pas faire face. Angélyna était là, à dix mètres à peine. Lilia avança. Sept, six mètres. Elle tomba à genoux et se traîna, avant de s'étaler et de ramper. Ses pleurs devinrent sanglots, et sa respiration irrégulière laissa place à des cris étouffés. L'Omnikhaan la regarda passer sans se mouvoir, parant les coups de ceux qui tentaient de s'en prendre à lui, tandis que l'Archange atteignait le corps de son aînée. Elle leva un bras incroyablement lourd, empoigna un premier bâton, et le fit disparaître. Le second, le troisième, puis le dernier, celui de la nuque, subirent le même sort avant que Lilia ne fasse se retourner péniblement sa sœur. Elle avait les yeux fermés, la bouche entrouverte. Ses cheveux, décoiffés, s'étalaient sur le sol, formant une auréole dorée derrière son crâne. Les doigts de Lilia s'avancèrent timidement, palpèrent son menton, ses lèvres, ses paupières, puis revinrent à sa gorge à au trou béant y ayant pris place. Elle y trempa un index tremblant, qui ressortit rougit. Angélyna était si belle. Son visage aurait suffi à rendre heureux le plus triste des hommes. Alors elle ne pouvait être partie. Pas avec un air si serein. Lilia boucha la plaie de sa paume. Elle voulait la guérir. N'était-ce pas ainsi que les pouvoirs de l'Archange fonctionnaient ? Ses souhaits se réalisaient sans cesse, alors pourquoi ne pouvait-elle pas guérir autrui ? Lilia s'acharna sur le cadavre. Elle tenta de la ramener à la vie en usant de ses pouvoirs, entama un massage cardiaque plus enclin à briser des côtes qu'à autre chose, s'essaya au bouche à bouche en obstruant de ses pensées l'inutilité de ses actions.

-Angie...parvint-elle à prononcer d'une voix suraiguë. Angie...allez..Angie...

Sa voix fut de nouveau étouffée par ses sanglots. Prononcer son nom devint impossible et cette incapacité fit office, pour Lilia, de preuve ultime. Angélyna était morte. Ses plaintes devinrent des cris de douleur déchirants. Le bâton de l'Omnikhaan décrivit une courbe verticale, la cueillant de bas en haut pour l'envoyer valser dans les airs, et elle ne pensa pas à réagir. La bête bondit jusqu'à elle, lui agrippa le crâne, et vint l'écraser sur le sol sans la lâcher avant de se dresser et de soulever sa victime. De son poing libre, il frappa l'Archange, passant outre le bouclier doré, multipliant les hématomes sur son corps. Lilia se laissait faire. Ces coups ne l'atteignaient pas, et n'étaient la cause d'aucune de ses larmes. Lorsque la créature la lança au sol, près de sa sœur, deux minutes plus tard, elle était vivante mais si amochée qu'il lui semblait impossible de bouger le petit doigt. L'aura ne rayonnait plus. Il n'y avait qu'une petite femme maigre, pieds et bras dénudés, aux vêtements clairs tâchés de son propre sang, qui avait perdu toute envie de se battre mais que son pouvoir maintenait en vie. L'Omnikhaan envoya un nouveau message. Du bout de son arme, il désigna celle qui avait été sa plus grande menace.

-L'Archange est impuissant. Il n'y aura pas de victoire pour vous. Si vous vous rendez, il n'y aura pas non plus de défaite. Soyez raisonnables.

_________________
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Dernière édition par L.Hubs le Mar 2 Juin - 8:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 2 Juin - 5:07

Assez.
Il avait vu suffisamment de gens à qui il tenait mourir. Suffisamment de souffle se couper subitement. Les siens s'étaient suffisamment battus pour un combat sans sens réel. Un mur vola en éclat laissant Raphaël passer au travers des décombres. Le spectre de substance noir qu'il était devenu marchait paisiblement vers l'Omnikhaan et Lilia. Paisiblement, non. C'était une marche funèbre et pleine de haine. Le souffle de Miranda s'était fait si compliqué et ses cris pourtant si forts qu'il put ressentir lui-même la douleur de la jeune mutante. Enfin, celui de l'archange s'était fait trouble. Coupé, puis opressé à intervalles relativement régulières ... Il avait récupéré le corps de Valentin, et le traînait vulgairement par le pied, en traversant le champs de bataille, qui se calmait. Il tourna le regard vers Oloren, sur ses genoux reposait la tête du dernier roi d'Oran, et le visage de la jeune femme était en larme. Elle l'avait aimé, et même après être passée au delà de ses sentiments pour lui, il était resté une personne de grande valeur à ses yeux. Son meilleur ami. Son véritable meilleur ami. Sa tête se tourna vers les restes de Gareth. A propos de meilleur ami, ne venait-il pas de perdre le sien ? S'il le fallait, Raphaël s'occuperait de Layla, mais personne ne pourrait remplacer son père aux yeux de l'enfant.
Que c'était-il donc passé ?
De nouveau, le regard du gaillard au chapeau, toujours en marche sous son aspect ténébreux, se porta ailleurs. Julie, Alucard, Jules et Darius. Bien que le pyromancien considère l'Eldarak comme un bâtard, il le protégeait, ainsi que tout le reste de sa famille, en ce moment même. Il était l'un des seuls encore fièrement debout, et prenait place devant ses proches accroupis ou même allongés, épuisés par leurs combats respectifs. La mère, elle, tenait dans chaque bras un fils, leur apportant toute la douceur qu'elle pouvait encore leur apporter. Raphaël retira les vêtements de Valentin pour les porter à celle-ci, via un simple courant d'air amplifié. Il était temps qu'elle s'habille ...
Que c'était-il passé, encore ailleurs ?
L'ange noir lâcha le cadavre qu'il traînait, se rapprochant petit à petit de l'Omnikhaan et de l'Archange. Serena. Angie. Mortes toutes les deux.
Voilà ce qui c'était passé.
La substance noire qui enrobait le corps de Raphaël disparût au profit de sa peau blanche. Elle même disparût au profit de sa peau grisâtre et d'un aspect bestial. Enfin, cet aspect disparût pour ne redevenir que Raphaël, au moment où celui-ci arriva auprès des deux éminences. Sa seconde paire d'aile disparue à son tour, tandis que ses grandes plumes se replièrent. Un puissent sentiment s'empara de lui. Une force qu'il ne comprit pas, d'abords, malgré son affinité particulière avec celle-ci. Il chancela avant de reprendre possession de ses moyens, et de reprendre son souffle, momentanément coupé. Il se redressa enfin et fit face à la créature infâme qui leur annonçait leur échec, et mis ses mains dans ses poches.

- Quand ... Quand on est créé par Jolan, on peut avoir des liens plus ou moins forts avec lui. Moi, j'ai un lien si fort que je peux ressentir ses impressions, depuis que je l'ai rencontré en vrai. T'as déjà ressenti la colère d'un créateur ? J'aimerais te voir face au mien. Je sais pas si il existe une seule personne dans ce monde ou le sien capable d'imaginer ce qu'il te ferait. Tu t'rends pas compte de c'que tu viens de faire ...

Il sortit une main de sa poche, joignant le geste à la parole.

- Pas de défaite, après une reddition ? Mais va bien t'faire foutre, regardes autours de toi ! Vous êtes seuls responsables de ça, et vous savez pourquoi ? Parce que pour VOTRE monde de merde dans lequel tout le monde est un esclave décérébré, vous aviez qu'à d'mander ! Un créateur vous l'aurais fait, votre univers d'ordures condensées ! Au lieu d'ça, vous faites quoi ? Vous butez l'origine de tout ce que nous sommes, vous coupez les liens avec nos pères, et vous tuez ceux qui s'insurgent ! Vous n'êtes que des meurtriers sans but, votre idéal de paix n'est qu'un prétexte pour massacrer toujours plus de monde, et toi, Omnikasse-couille, t'as été créé que pour tuer ! Ta seule raison d'être, c'est le sang qui coule sur un sol désoeuvré. Tu ne respires même pas ...

Raphaël sortit sa deuxième main de sa poche, dans son discours, plein de rancoeur.

- Alors vas-y, c'est bon, créé le, ton monde de haine et de souffrance, et tirez-vous là bas. Tirez-vous TOUS là-bas. Et laissez-nous vivre dans le monde que NOUS on veut, que nous aimons. C'est pas notre problème si ça vous plaît pas, vous avez les moyens de vous barrer ailleurs, alors faites-le et foutez-nous la paix, et ce définitivement. Mais sachez-le, si y'a pas de victoire pour nous, y'en aura pas non plus pour vous. Tôt ou tard, on finit par payer.

Il n'avait attaqué à aucun moment. A aucun moment sa colère exprimée n'avait été joint d'un geste agressif, pourtant, ses mots avaient le tranchant que partagent les vérités douloureuses ... L'Omnikhaan n'en aurait sûrement rien à faire de son avis. Les mots d'un jeune père en colère était bien loin de le toucher. Mais la créature n'avait plus non plus d'intérêt à ses yeux à présent.
Il se rapprocha de Lilia, lentement, et s'allongea à ses cotés, la prenant tendrement dans ses bras. Il posa l'oreille de l'archange contre son buste, la laissant entendre chacun de ses puissants battements de coeur. Il caressait sa joue avec tendresse, en faisant attention de ne pas passer sur ses hématomes, recouvrant le reste de son corps de l'une de ses ailes noires mal entretenues. Il se fit plus doux que pour sa propre fille, en l'instant.

- Lilia, murmura-t-il. Lilia ? Tu compte faire quoi, maintenant ? Le temps ne s'est pas arrêté, tu sais ? Rien n'est encore joué. Seulement on a besoin de toi. Pour ramener tout le monde, Barry, Gareth, Benjamin, Serena et Angie, et tous les autres, on peut les ramener. Mais on à pas le droit d'abandonner, pour ça. Il nous faudrait les créateurs. Il faut que quelqu'un prenne la place du pot, et il n'y à qu'une seule personne qui peut faire ça. Je peux t'aider, Lilia. Je crois en toi. Maintenant, il faut que toi aussi, tu aies foi en moi.
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 2 Juin - 10:26

Alors c'était fini. Les sprinkhaans s’immobilisaient un à un, les soldats de l'OSC baissaient leurs armes, et leurs adversaires en faisaient de même. On se dirigeait vers les cadavres qu'on enlaçait, qu'on pleurait. Adel avait rejoint le champ de bataille. Enroulée dans son long manteau, elle marchait en évitant les corps, sans que cela n’empêche ses bottes de tremper dans le sang. C'était la première fois pour elle. Malgré ces années passées à étudier la stratégie militaire, elle n'avait jusqu'à lors jamais mis les pieds sur le théâtre des opérations. L'odeur lui donna des hauts-le-cœur qu'elle parvint à réprimer. Ils avaient perdu. Mieux armé, préparé, Valentin les avait dominé malgré leurs quelques sursauts d’orgueil, avait causé des centaines de morts dont l'adolescente se sentait responsable. C'était elle qui avait pris l'initiative de commander aux troupes alliées. Aux vaincus. Elle ne pouvait alors pas ranger ses pions en attendant la prochaine partie. Même en s'y étant formée, même si on la considérait comme un prodige, elle n'avait pas été à la hauteur. Ses yeux se posèrent sur la dépouille de Snori Pendragon. Le roi de l'Est, perdu à jamais en vain. Mais cette notion de noblesse n'avait plus d'importance à présent. Qui se soucierait des rois d'antan dans un monde nouveau ? Adel hésitait. Elle ne savait pas vers qui aller. Peut-être aurait-elle du remotiver ses troupes, mais sa lucidité l'empêchait de mener plus d'hommes encore à l'abattoir. Elle avança finalement vers Oloren. Inès avait porté près d'elle le corps de Llednar, qu'elle avait déposé près de Snori, tandis qu'Esmezia s'était occupée d'Erlyn. Un à un, les membres de l'expédition encore en vie se réunissaient autour des héros tombés au combat. Ils avaient traversé l'enfer ensemble, cinq ans auparavant. Ces trois hommes étaient pour eux des amis, des frères, des amants, des mentors. Alix vint étreindre sa petite amie, se serrant à son dos. Ils étaient abattus, trop brusqués pour penser à se venger.

-Je...commença Adel.

Esmezia lui fit signe de venir s'installer à leurs côtés. Il n'y avait rien à dire. Leur deuil était bercé par l'orage apporté par les griffons, et nul mot n'aurait été en droit de les déranger. La guerrière rousse rompit le rang pour aller s'accroupir face à Oloren. Elle ne lança qu'un bref regard à son amie et prit la main de son mentor quelques secondes durant, avant de s'allonger doucement entre les corps, à même cette terre pourpre devenue boueuse. Les yeux grands ouvert, elle lorgna les cieux en silence. Irwan, qui reconnaissait là l'une des nombreuses coutumes funéraires hovoïtes, ne tarda pas à la rejoindre. La pratique était culturelle et aucunement religieuse. Il s'agissait de se joindre aux défunts après les accidents ou les batailles, de mourir un peu avec eux afin que, le temps d'un instant, leurs corps sans vie ne soient pas reconnaissables au milieu de leurs amis. Alix alla faire de même en tirant légèrement Oloren pour s'assurer qu'elle la suive. Inès se colla à Llednar. Adel se détourna d'eux. Elle en connaissait la plupart, s'était liée d'une amitié très forte avec certains, mais ne se sentait pas tout à fait à sa place. Ce fut vers Edward qu'elle se dirigea, un peu plus loin, et s'inclina sans se redresser.

-Mes excuses, votre altesse. Je ne suis pas parvenue à renverser le cours de la bataille.

Un nouveau sanglot incontrôlable parcourut le corps de Lilia. Elle ne pouvait pas croire que Benjamin était mort lui aussi, et ne voulait pas pense que le même sort ait été réservé à sa nièce. Elle l'avait vu, l'instant d'avant, dans les bras de Miranda. Prise d'un terrible doute, l'Archange se redressa péniblement, de quelques centimètres à peine, juste assez pour pouvoir tourner les yeux vers l'adolescente. La fillette qu'elle portait ne bougeait pas. Sa peau était bien trop pâle. Lilia se laissa retomber sur le torse de Raphaël, trop faible pour continuer à pleurer. Sa voix, infime, déchirée, rauque, s'éleva si bas que nul autre que son ami ne put entendre ce qu'elle disait.

-On ne peut pas...

Elle n'avait rien d'autre à ajouter. Fébrilement, elle répéta ces mêmes mots. Personne ne pouvait prendre la place du Pot. C'était pour cela qu'il avait créé ce réceptacle censé contenir son essence à sa mort. C'était pour cela que Nathan et ses collègues devaient veiller sur les mondes après son départ. Il n'y avait pas de remplaçants à sa suite. Peut-être qu'un véritable Archange aurait pu faire quelque chose, défier la mort. Même ça elle n'y croyait pas. Et quand bien même, elle n'était qu'une moitié d'Archange. Elle l'avait compris en constatant qu'elle n'avait pas accès à certains des pouvoirs des guides. Du fait de la présence de Layla, elle n'était que la moitié de cet être légendaire, et ne maîtrisait qu'une infime partie de ce potentiel réduit. Mais même en supposant qu'elle parvienne à devenir le Pot, qu'elle sacrifie sa vie pour faire revenir les créateurs, rien n'y changerait. Angélyna était née d'une humaine qui jamais plus ne serait présente. Lilia aurait imploré l'aide de Raphaël quelques minutes plus tôt mais se rendait compte à présent qu'il se battait pour des chimères. Ses espoirs vains ne faisaient que renforcer son propre désarroi. Avoir la foi ne suffisait pas toujours. Elle n'était de toute manière plus en mesure d'utiliser ses dons. Atteindre le statut d'Archange demandait un équilibre émotionnel presque parfait et était, en ces conditions, impensable. C'était fini. Ils n'avaient qu'à laisser l'Omnikhaan agir comme bon lui semblait, rien ne pourrait empirer.

-On ne peut pas...répéta-t-elle.

Lilia parvint à s'asseoir en s'appuyant sur son ami. Il allait lui dire que même si c'était impossible, il le ferait. Mais il ne savait pas ce qu'elle savait. Elle comprenait le fonctionnement de l'univers, les lois le régissant. Parfois, il fallait admettre que l'impossible existait bel et bien. Angélyna, Skyler, Barry, Maya, Aron, Serena, Gareth, étaient morts pour de bon. Il n'y avait pas d'astuces cette fois-ci, pas de retour en arrière, pas de miracle. Juste une affreuse vérité qu'ils ne pouvaient nier. Miranda courait vers eux. Elle déposa Serena au sol et s'empressa de vérifier sans espoir aucun l'état d'Angélyna. Presque aussitôt, elle prit dans les bras de Raphaël la place que Lilia venait de lui laisser. L'Archange, qui tenait péniblement sur ses jambes, chercha du regard l'Omnikhaan qui n'était déjà plus là. Elle regarda passer devant elle Daniel, qui se rua vers sa famille perdue, et n'eut la force de lui adresser le moindre signe. Elle avança de quelques pas vers le chaos de l'après-guerre, sans but, sans nulle part où s'ancrer. Beaucoup l'observaient mais nul l'osaient la déranger. Elle avait toléré la présence de Raphaël mais ignorerait, voire repousserait tous les autres. Elle n'était plus en mesure de supporter qui que ce soit. Ils viendraient tous tenter de lui dire qu'elle devait sauver le monde sans comprendre qu'il n'y avait plus rien à sauver. Leur ignorance, leur insensibilité l'insupportaient. Elle marcha, observant le visage de chaque mort, tentant de se dire qu'il y avait derrière eux tous une petite sœur laissée seule. Puis elle tomba face à la carcasse de Linos Petridis. Ses yeux ne se posèrent toutefois pas sur la chair meurtrie, y préférant l'arme automatique qui jonchait au sol. Ce serait facile. Un geste, et le cauchemar prenait fin. Elle sut pourtant dès lors qu'elle esquissa le mouvement qu'elle n'aurait jamais le courage d'en venir à cela. Miranda sursauta dans les bras de Raphaël à cet instant et eut un mouvement de recul, de dégoût, posa ses deux mains sur sa bouche. Daniel venait d'avoir le courage que n'avait pas eu Lilia et partait rejoindre les siens. Lilia ne broncha pas. Elle avait su qu'il était déjà mort au moment où sa femme et sa fille avaient perdu la vie. Non loin, les héros valatiens s'allongeait aux milieux de leurs amis décédés. Eux aussi avaient beaucoup sacrifié. Lilia se posa lentement sur le sable et croisa les jambes, et se releva presque aussitôt pour retourner auprès d'Angélyna. Elle observa une nouvelle fois son visage, puis alla porter Serena pour la déposer dans les bras de sa mère. Elle traîna ensuite Daniel sur quelques mètres, l'allongeant sur le dos, aux côtés de son épouse, puis alla s'accroupir près de leurs têtes en posant ses mains sur ses cuisses. Ses pleurs reprirent, sans sanglots, sans tremblements. Seules les larmes coulaient sur les lèvres de cette jeune femme immobile, venant s'écraser au sol, goutte par goutte, abondantes.

L'Omnikhaan revint. Il n'était parti que quelques minutes, le temps d'aller chercher la dernière chose dont il avait besoin. Ni le discours ni les menaces de Raphaël ne l'avaient atteints. Un être sain d'esprit n'aurait pas tenté d'intimider un outil. Car voilà ce qu'il était. Un moyen physique d'accomplir la volonté de Valentin Aënis, une créature sans conscience. Il déposa délicatement le cube sur le sol et alla s'asseoir face à lui. Un tentacule surgit soudain de la base de sa nuque. À la différence de ceux des autres sprinkhaan, il n'était doté d'un flagelle électrifié mais d'un dard court et fin. Celui-ci vint se planter dans cube, y forçant son passage, avant de commencer à en pomper l'essence. La première des cinq sphères vides lévitant autour de l'Omnikhaan s'illumina, tandis que la lueur de son auréole commença à gagner en intensité. Il n'avait besoin que de quelques minutes. Le temps que le pouvoir incubateur du Pot se mêle aux puissances réunies des cinq univers. Quelques minutes avant que ne naisse la nouvelle ère. L'être artificiel venait tout juste de commencer ce dernier rituel mais rayonnait déjà d'une puissance outrepassant les limites déjà atteintes auparavant, lui faisant dépasser le niveau de l'Archange et des Créateurs. Il devenait autre chose. Le point culminent de l'union infinie. Il était le nouveau Big Bang, et allait bientôt exploser.


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Louis
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 2 Juin - 14:52

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Une véritable tempête se déclencha soudain sur la citée de Porol, pourtant généralement à l'abri des intempéries. Les bâtiments, mis à mal par l'ouragan, s'envolaient les uns après les autres sous la furie des vents. Interloqués, les guides présent dans la ville des anges tentèrent en vain d'endiguer le cataclysme météorolique en cours, avant de comprendre son origine. Seule au centre de la ville, dans l'oeil de la tempête, une petite fille pleurait toutes les larmes de son corps, produisant des gestes violents et saccadés autour d'elle. Layla venait d'absorber toute l'énergie résiduelle qu'avaient laissés derrière eux des générations d'anges. Sa conscience s'était étendu jusque dans l'arène, où elle avait sentie son père tomber, loin d'elle, puis trépasser en tentant de la sauver. Sa colère, sa rage, et toute sa haine étaient maintenant concentrées sur la seule entitée responsable de ce massacre. De longues ailes noires, répliques parfaites de celles de Raphaël apparurent sur le dos de l'enfant, tandis qu'elle achevait de détruire la cité d'où elle avait vu son père traverser le voile de la mort. L'une de ses mains minuscules s'abattit sur le sol de la ville, faisant ployer les structures jusqu'à leur annihilation. Puis elle s'envola en direction de l'arène, suivie de loin par deux guides pour le moins terrifiés. La tempête, elle, ne s'éloignait pas d'un pouce, redoublant même de fureur. Les ailes du roi de Porol, trop grandes pour une si petite fille, la propulsaient à une vitesse inimaginable, tandis que ses larmes salées allaient rejoindre les torrents d'eau s'écoulant des nuages noirs.

En quelques instants, Layla repéra sa cible. La créature responsable de la mort de son père, et de bien trop d'amis. Elle allait payer. Serrant le poing, l'enfant fondit sur l'omnikhaan, puis la frappa comme une furie au niveau du torse. Si sa force était risible, chaque coup annonçait l'arrivée d'un éclair qui frappait le monstre de plein fouet. Mis à mal, il la repoussa d'un coup de poing. Avant même que Layla ne sente l'attaque la toucher, un bouclier de ronces incandescentes se forma autour d'elle, la protégeant de la toute puissance de l'omnikhaan. Repoussée de plusieurs mètres, elle tomba nez à nez avec le corps inanimé de son père. Alors, la terrible guerrière qu'elle était devenue pendant l'espace d'un instant redevint une petite fille pleurant son malheur. Oubliant jusqu'à l'omnikhaan, elle enlaça celui qui lui avait donné sa vie. La tempête disparu elle aussi... Dans l'espoir que tout ceci ne fut qu'une illusion, l'enfant resta accrochée au corps sans vie de Gareth Soubresault, espérant follement que celui ci se relève. Sans le comprendre, elle insuffla tout le pouvoir hérité du pot dans la vision qu'elle avait de celui qui l'avait éduquée, dans le désir que celui ci revienne à la vie. Mais le corps restait pourtant sans vie...

A quelques pas de là, une forme éthérée apparaissait. Cette créature fantastique, constituée d'une infinité de filaments bleus comme la nuit fit un premier pas, puis un second, en direction de Layla. La Créatrice se tourna vers l'entitée, et se jeta dans ses bras lorsqu'elle le reconnut. Si le spectre lui ressemblait énormément, il ne s'agissait pas de Gareth Soubresault. L'homme semblait idéalisé, proche de la perfection. Ses mains, d'une douceur infinie bien qu'impalpables, carressèrent le visage de sa fille avec tendresse. Puis il se tourna vers l'omnikhaan, une fureur divine animant ses traits parfaits. La créature, qui avait cessé de s'occuper d'eux dès lors qu'il avait comprit que Layla ne l'attaquerait plus, se focalisa soudainement sur l'être éthéré qui venait d'apparaitre. Le poing serré de la créature fit saillir ses muscles, tandis qu'elle fonçait sur l'omnikhaan.

Le monstre tenta de l'arrêter, mais le corps de Gareth passa à travers ses bras tendus. Le nordique infligea un uppercut d'une puissance phénoménale sous le menton de l'omnikhaan, qui s'envola sous le choc. Pas en reste, la création de Layla rejoignit le monstre dans le ciel, lâchant les bondes de sa colère. La carapace du monstre commença à se craqueler sous le choc.

Au sol, la petite fille, qui semblait ne plus rien avoir d'un archange, s'avança en direction de l'étrange boite dans laquelle l'omnikhaan puisait sa force. Pour une raison inconnue, l'objet l'attirait.

La furie de la créature semblait ne connaitre aucune fin, tant que son adversaire ne serait réduit en poussière. L'omnikhaan répliquait maintenant de toutes ses forces pour vaincre son ennemi immatériel. Il parvint à trancher l'énergie éthérée à de nombreuses reprises, mais sans grands succès. D'autres hommes et femmes, parmi les plus combatifs et les plus hargneux rejoignirent le combat.

Dans la main de Layla résidait le pot à crayon, craquelé à de nombreux endroits, comme à l'agonie... Elle sentait, dans le vulgaire objet en bois, l'énergie de l'omnikhaan en corrompre l'essence.

Dans le ciel, la bête parvenait à repousser peu à peu ses adversaires. D'un coup sec du poignet, elle projeta Melody Jennsen au loin, avant d'ouvrir les entrailles d'Edwig Luthness, qui tomba au sol... Même l'Ombre de Gareth commençait à faiblir.

La petite fille serrait la boite à s'en faire mal aux phallanges, comme hypnotisée par le contenu invisible du pot.

L'omnikhaan retomba au sol, provoquant une onde de choc tout autour de lui. Il était à quelques mètres de Layla, qui regarda l'un après l'autre l'objet et la créature. Le monstre sembla hésiter pendant quelques instants, jaugeant les possibilités de la gamine en face de lui. L'image éthérée de Gareth apparu derrière l'enfant, prêt à protéger coûte que coûte sa créatrice...

Puis, sans le moindre élément annonciateur, Layla pressa de ses deux mains le pot à crayon. L'objet opposa une certaine résistance dans un premier temps, avant d'être réduit en l'état d'une poussière noire et volatile, qui se répandit dans tout l'univers...

La carapace de l'omnikhaan se fendit alors soudainement, laissant apparaitre dans ses interstices une lumière crépusculaire. Puis dans un hurlement, le monstre tomba peu à peu en pièces, les orbes ornant sa tête s'agitant autour de sa dépouille dans un sifflement inquiétant.

Ne prêtant plus la moindre attention à la créature agonisante, Layla prit la main de son père de substitution et fit apparaitre un portail éthéré près d'eux. Ils s'y engagèrent alors, sans la moindre hésitation, disparaissant de la vue de tous...
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 2 Juin - 16:33


Une fissure conséquente apparut, malgré le parfait entretien du bâtiment, sur l'une des façades du palais royal de Nora. Elle gagna en largeur et zébra la pierre jusqu'à atteindre le toit, où elle creuse peu à peu un trou réduisant à néant l'étanchéité et l'isolation de cette bâtisse millénaire. Alderon Fushy, assis sur le trône, leva ses yeux presque aveugles vers le plafond d'où s'écoulaient quelques gouttes d'eau et d'infimes gravats. Son capitaine de la garde et lui s'échangèrent un regard surpris avant qu'une secousse phénoménale ne vienne les tirer de leur étonnement laxiste. Les cris se multipliaient déjà, si nombreux et élevés qu'ils parvenaient jusqu'aux oreilles du vieillard dont l'ouïe n'était pourtant pas fameuse. Un séisme. Ici, à la capitale de l'Est ? Il n'y avait pourtant ni volcan, ni plaque tectonique dans la région. La secousse ne cessait de gagner en ampleur, sans laisser à penser qu'elle allait se stopper. Les premières secondes firent grimacer le régent, conscient que les frais de réparation seraient lourds, mais il fut en proie à une véritable panique alors que, même après deux longues minutes, l'accalmie ne venait pas. Des quartiers entiers s'effondraient et, déjà, l'on signalait la venue d'un raz-de-marrée si fulgurant qu'il aurait été vain de penser à évacuer. D'autres affirmaient que la lune s'était fendue, ce que le maître-savoir s'empressa de vérifier. À son grand désarroi, il ne s'agissait nullement d'affabulations. Ils étaient punis par les dieux. Une colonne de lumière s'éleva depuis le sol percé, bientôt jointe par des dizaines de ses semblables, et tous les êtres vivants de Veln et Valato ressentirent, au même instant, le manque d'oxygène dans l'air. Les secousses se calmèrent, le vacarme se dissipa, le temps s'arrêta. Et, sous les yeux ébahis d'un vieillard pensant avoir vécu tout ce que l'on pouvait vivre, l'univers explosa. Les portails menant aux cinq mondes se fermèrent, les uns après les autres, sur la placette dallée qui encernait l'arène, après que l'Omnikhaan ait disparu, détruit au cours du rituel salvateur. Qu'avaient-ils donc fait, les fous ? Alors qu'il leur offrait un monde uni, eux optaient pour la fin de toute chose. Il n'était guère surprenant que son créateur ait voulu les fédérer. Tout cela pour le tuer, lui, l'instrument de leur salut.

Les spectateurs de l'affrontement entre l'Archange et le monstre suprême avaient acclamés la victoire sans appel de la fillette, mais devinrent bientôt muets. Du cube brisé jaillirent des sillons argentés qui rampèrent jusqu'aux gradins, puis dévalèrent le mur d'enceinte afin d'atteindre le sol du multivers. Ils s'éloignèrent d'une trentaine de mètres, puis opérèrent simultanément un virage parfait vers leur droite, se rejoignant les uns les autres pour former une rosace chatoyante autour de l'arène. Tandis que cet étrange dessin croissait, l'essence du pot disparaissait, réduite à néant par l'ultime recours de l'être parfait. Et alors que tous s'interrogeaient sur la raison d'être de ce motif, celui-ci s'étendit de toute part, recouvrant le parterre d'un couche opaque et plane qui ne tarda à dépasser l'horizon. Chaque objet se trouvant sur le même plan vertical que cette marrée argentée disparaissait alors, annihilé comme l'avaient été les cinq mondes du Pot. Il ne fallut qu'un instant à l'essence de leur hôte pour parcourir le multivers, qui bientôt ne fut plus réduit qu'à un bâtiment et à quelques dizaines de milliers d'individus. Les cieux adoptèrent la même teinte grise et furent privés de leurs nuages, de leurs astres, de leur soleil. L'arène fut plongée dans l'obscurité la plus totale et tous comprirent, sans savoir d'où leur était venue cette information, que vingt milliards d'être humains venaient de disparaître. Il n'y avait plus rien. Ni cités, ni états, ni monts dans lesquels se réfugiaient les bêtes. Rien d'autre que l'arène. L'essence du Pot était la seule chose permettant, après sa mort, aux cinq mondes de rester indemnes. Sans elle, le multivers n'était plus. Tout aurait du disparaître. Pourtant, la couche argentée se dissipa. À travers ses fissures, l'on pouvait distinguer un nouveau ciel, tandis que le paysage alentours semblait modifié en profondeur. Une immense plaine avait remplacé la ville, dont il ne restait ça et là que des bâtiments en ruine. Au loin, on pouvait distinguer Porol, écrasée au sol, recouverte de lianes, tandis que quelques oisillons virevoltaient entre ses hautes tours.

Lilia se redressa. Elle avait fermé les yeux durant cette trop brève apocalypse. Elle était l'Archange et savait, de fait, ce qu'avait provoqué le contact forcé du pouvoir de Layla, de l'essence du Pot et de l'Omnikhaan. L'univers était reparti à zéro avec comme cœur l'arène. Il n'y avait plus de dieu hôte : ce monde était autonome, fonctionnel, vaste et inconnu. Les guides n'avaient aucun pouvoir ici. Ce n'était plus le multivers. Plus de ponts pour mener à eux les créateurs, plus d'aoris. Rien d'autres qu'eux, le survivants chanceux de l'arène, livrés à un nouvel infini. Lilia observa ses semblables, rescapés impuissants du Ragnarök, et posa ses yeux sur ce dernier portail, créé par Layla. Leur dernière et infime lueur d'espoir.

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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Dim 7 Juin - 17:47

Les murs étaient tombés un à un, ridiculement fébriles face à Charlène qui ne se retenait pas et se hâtait pour leur frayer un chemin. De moins en moins espacés et gagnant en intensité, les éboulements faisaient des victimes toujours plus nombreuses, ce en dépit des efforts des rares fils de la terre qui s'étaient rangé du côté des civils et faisaient leur possible pour remettre le plafond en état. D'un terrible coup de poing, la jeune mutante brisa la paroi externe au moment où le combat entre l'Omnikhaan et le fantôme invoqué par Layla prenait fin, trente mètres plus haut. Elle chargea Mathilde sur ses épaules comme si elle ne pesait rien et se mit à courir, avec Valentin, en direction des ruelles. Il leur fallait s'enfoncer le plus profondément possible dans la ville, voire la dépasser pour se mettre à l'abri, quelque part dans le multivers, loin de ces combats meurtriers. Une fois en sécurité, ils contacteraient les autres membres de l'institut, mais pour l'heure leur présence était parfaitement inutile. Ce fut donc avec soulagement que les jeunes mutants avancèrent et frôlèrent la mort. Quelques secondes à peine, soit le temps nécessaire pour parcourir la quinzaine de mètres les séparant des lignes de la rosace formée par l'essence libérée du Pot. S'ils avaient, par malheur, été assez vifs pour franchir cette ligne avant que la marrée argentée ne s'étende, ils auraient été réduits à néant. Charlène s'en voulut immédiatement mais ne put s'empêcher de se faire la remarque qu'en fin de compte, l'intervention de la créature ayant tué Benjamin les avait finalement sauvé. L'adolescente fut au premières loges pour voir les bâtiments disparaître mais ne resta pas figée sur place. Apeurée par cette nouvelle menace inconnue, elle fit demi-tour pour retourner d'où elle était venue, courant se réfugier dans le seul édifice qui semblait à présent pouvoir faire office d'abri. Le nouvel univers naquit toutefois en moins d'une minute, si bien que la jeune fille lunatique était encore à l'extérieur au moment où le ciel réapparut. Elle l'observa, bouche bée, avant de poser les yeux sur l'immense forêt qui se dressait face à eux, belle et menaçante à la fois. Mathilde s'était redressée et, sonnée, jaugeait les événements d'un œil hagard. Imperceptiblement, ces trois-là s'étaient rapprochés les uns des autres, prêts à se défendre mutuellement si quoi que ce soit tombait d'on ne savait où pour s'en prendre à eux. Dans des moments tels que celui-ci, ils mettaient aisément leurs quelques différents de côté et savaient se serrer les couds. Pourtant il n'y eut rien. Pas d'ennemi pour les agresser, pas de nouveau cri de douleur, pas même de pleurs. Rien qu'un étrange silence percé par le doux souffle d'un vent printanier et les sifflements d'oiseaux lointains. Une accalmie qui, après une telle bataille, n'indiquait la victoire d'aucun des deux camps.

-Il faudrait qu'on remonte, glissa Mathilde en tournant les yeux vers le sommet.

-Sans savoir ce qu'il en est là-haut ? rétorqua Valentin. C'est jouer avec le feu.

-T'as pas envie de savoir s'ils vont bien ?

-Si. Bien sûr, là n'est pas la question. Je dis juste qu'il vaut mieux être sûrs que nous on va bien, d'abord.

-Et d'après toi...on va bien ?

Valentin se mordit les lèvres à la remarque de son amie et fit un bilan de la situation. Des morts à prévoir par centaine, la possibilité d'une nouvelle menace à tout instant, l'absence totale de contact avec leurs amis, la fermeture des portails vers les cinq mondes, et cette étrange vague opaque qui avait changé le décor. Sans compter le meurtre de Benjamin, l'enlèvement de Serena, puis les disparitions successives de Daniel et Miranda. Mathilde n'avait pas tort. Leur situation pouvait difficilement empirer, alors autant aller à la rencontre d'une éventuelle bonne nouvelle.

Lucky Hubs s'était joint aux premiers groupes qui se formaient dans l'espoir de venir en aide à d'éventuels survivants, laissant son jumeau auprès des rescapés de l'institut. Même s'ils se ressemblaient énormément, Jeff avait toujours été plus sensible, plus réfléchi, tandis que lui préférait agir d'abord. Leurs qualités s'accordaient mais seul son côté téméraire pourrait leur être d'une quelconque utilité en cet instant. Lucky préférait ainsi mettre sa peine de côté et user de ce qu'il lui restait d'énergie à bon escient. Aidé de quelques inconnus venus de tous horizons, il descendit à travers les couloirs, conseillant à tous ceux qu'il croisait de remonter en hâte, le sommet demeurant la zone la plus sécurisée pour l'instant. Beaucoup s'étaient réfugiés dans les loges pendant les affrontements, préférant s'isoler avec leurs proches plutôt que de se joindre à la masse grouillante des milliers de spectateurs entassés sous terre, et la tournure de l'invasion leur avait donné raison. Il était à présent temps de les faire sortir, aussi Lucky et les siens se séparèrent à l'entrée des quartiers valatiens. Ils avançaient prudemment, plongés dans le noir faute d'électricité, les muscles tendus. En arrivant ici, ils avaient trouvés l'entrée entrouverte et plusieurs meubles avaient été saccagés. Tout semblait indiqué qu'une lutte avait eu lieu et que des sprinkhaans hantaient encore probablement l'endroit. Lucky progressait sur la pointe des pieds, à l’affût de tout bruit suspect. Arrivé à une première porte, il en agrippa la poignée qu'il fit tourner avec précaution, puis l'ouvrit brutalement. Tenta, du moins. Verrouillée, la porte ne bougea pas d'un iota. Le mutant scruta prudemment les horizons avant de donner trois coups du bout de la phalange. Quelques secondes plus tard, le rescapé venait en faire de même depuis son abri improvisé.

-Sortez de là, murmura Lucky près de la serrure. C'est fini en haut, on a gagné mais faut qu'on vous fasse remonter.

-Qui est ce « on » ? lui répondit-on.

-Euh...les gentils. Je suis Lucky Hubs. Je suis dans le bon...

La porte s'ouvrit à l'annonce du nom, révélant un adolescent presque adulte aux cheveux blonds légèrement ondulés et aux iris particulièrement pâles. Sa façon de fixer la position approximative du visage de son interlocuteur ne laissait que peu de place au doute quant à la cécité dont il souffrait. Il n'était pas bien haut de taille et avait ce petit côté charmeur, arrogant sans vraiment l'être. Lucky ne se permit toutefois pas de perdre son temps à se faire un avis sur ce type qu'il ne reverrait probablement jamais et s'empressa de lui agripper le bras avant de le traîner vers la sortie.

-Je vous remercie monsieur Hubs mais je peux marcher sans votre assistance.

-D'accord. Suis moi de près.

Lucky rasait les murs, se penchant à chaque angle pour s'assurer de l'absence d'éventuels ennemis. Ceux d'en haut pouvaient peut-être affronter des armées à eux seuls, mais lui en était resté au stade où un simple monstre représentait un danger létal. Se savoir autrement plus faible que ses alliés constituait une frustration certaine, toutefois il tirait plus encore de fierté à surmonter ses peurs. Or il avait en cet instant peur comme jamais. La grande bataille avait eu quelque chose galvanisant, une aura épique les ayant tous poussé à se surpasser malgré l'imminence de leur défaite. Ici, il était seul, et peut-être périrait-il seul en tentant de venir en aide à quelques inconnus.

-Gardez votre calme, lui conseilla le garçon dans son dos.

-Je suis calme.

-Votre rythme cardiaque et l'abondance de votre transpiration m'indiquent le contraire. Il n'y a pas de honte à avoir peur, mais puisque nos vies sont en jeu, je me dois de vous conseiller de prendre sur vous.

Tiraillé entre la frustration d'être ainsi rabroué par celui qu'il était censé mener à bon port et sa raison, Lucky finit par ralentir sa respiration en tentant de faire le vide. Jeff lui aurait sans doute conseillé la même chose. Une fois ses moyens retrouvés, il alla frapper aux prochaines portes. Leur groupe grossit jusqu'à être formé de six individus, ce que le mutant jaugea suffisant. Il décida de les ramener vers la sortie en s'assurant au passage de prendre à son bord les éventuels survivants qu'ils croiseraient. Et c'est alors que la porte salvatrice se faisait voir au bout du couloir qu'une sauterelle apparut. Effrayante en plein jour et au milieu d'une guerre, elle s'avérait tout bonnement terrorisante dans l'obscurité. Éclairée par la lumière blafarde de sa flagelle, sa peau grisâtre brillait faiblement, entourant la bête d'un halo qui s'intensifia légèrement lorsqu'elle les vit et tourna vers eux ses sept yeux répugnants. Les articulations de ses jambes se retournèrent tandis que le sprinkhaan posait ses mains au sol, trouvant ainsi six appuis qui lui permettaient de courir aussi vite qu'un chien de chasse. Figés, les valatiens ne purent que rester bouche bée lorsque le monstre se mit en marche. Lucky, d'abord tétanisé, serra les poings De l’interstice laissé entre ses doigts et sa paume émana une lueur dorée dont la source fut révélée lorsqu'il rouvrit la main : une sphère incandescente de la taille d'un calot. La bête continua d'avancer, accélérant jusqu'à atteindre une vivacité prodigieuse, puis bondit droit vers eux, tentacule tendu. Deux autres sphères étaient apparues dans la main de Lucky, qui fronça les sourcils et fit à son tour un pas en avant. Hors de question pour lui de repartir sans un exploit personnel.

-Même pas en rêve, saloperie ! cria-t-il avant d'attaquer.

Le trio de boules impacta le sprinkhaan au niveau du torse, provoquant une explosion dont le souffle projeta les deux adversaires dans des directions opposées, tandis que la chair de la sauterelle prenait feu. Lucky s'empressa de se relever et lança une nouvelle sphère, puis une second, avant d'enchaîner crescendo, incinérant plus encore sa victime à chaque attaque portée, créant des flashs de lumière et un boucan du tonnerre dans cette loge jusqu'à lors si calme qu'elle en devenait anxiogène. Lorsqu'il se stoppa, essoufflé, il observait avec un large sourire les cendres qui recouvraient le périmètre ciblé. Voilà. Une cible facile sur laquelle se déchaîner, ça lui plaisait ! Mais mieux valait ne pas rester dans le coin pour autant. Son petit groupe s'empressa de remonter jusqu'au sommet de l'arène, et William Pendragon, sauvé par ce membre d'une des familles les plus aimées du multivers, alla rejoindre ses compagnons pour honorer la mémoire de son frère dont on venait de lui apprendre la mort.

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