Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Puis le jour se leva ...

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L.Hubs
Marchombre
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Sam 27 Juin - 10:36

Déjà lasse des ces interminables débats, Esmezia soupira bruyamment, sans le moindre souci de discrétion. Agir était plus simple lorsqu'elle n'était qu'une simple aventurière solitaire. S'il y avait un souci, elle s'en chargeait sans attendre l'aval de personne. Quand la situation la dépassait, elle n'avait qu'à demander main forte à Edward ou Snori, et le problème était réglé. La situation était bien sûr différente, mais l'incapacité de tous ces parleurs respectables à prendre une décision rapide l'agaçait au plus haut point.

-Mettez Adel sur ce siège, lâcha-t-elle sans ôter sa mâchoire de son poing. Elle est plus intelligente que nous tous réunis.

Kellue fit la moue, ne sachant que penser de cette proposition. Par réflexe, elle aurait rétorqué qu'il ne s'agissait que d'une gamine sans expérience ni renommée, mais ses préjugés à son égard s'étaient quelque peu dissipés en la voyant diriger les opérations d'une main de maître. De là à la préférer à Irwan Knell pour représenter Valato, il y avait un monde. À moins qu'il ne s'agisse que d'orgueil mal placé. Peut-être était-il temps d'être pragmatique et qu'elle était effectivement déjà plus avisée que les érudits les plus renommés. Mais le peuple ne serait guère disposé à se ranger derrière cette inconnue. Irwan réfléchissait également. Il ne connaissait pas vraiment cette adolescente mais en avait entendu beaucoup de bien en seulement quelques jours, entre autre de la part de Snori qui n'était pourtant pas né de la dernière pluie. Elle avait pour elle l'avantage d'être une fille du Nord, un peuple rude qui avait subi bien des déconvenue au fil des siècles, tandis que lui n'avait jamais régné que sur l'Oran, une contrée prolifique et paisible qu'il était aisé de diriger. Facile de devenir érudit lorsque les frontières n'étaient pas menacées, que l'économie se portait bien et que le climat était propice aux récoltes en tout genre. Gérer une crise telle que celle-ci le dépassait.

-Elle n'est pas émotionnellement apte à occuper un tel poste, intervint Erik.

-Elle l'est.

Kami avait prononcé ces quelques mots avec l'étrange assurance qui le caractérisait et sans ciller. Le nom de la jeune fille inscrit sur son bras lui avait permis vivement de jauger son état cognitif, au demeurant plus que satisfaisant. Elle était effectivement émotive, mais n'en tirait que du bon et parvenait à rester pragmatique. À ses yeux, elle était plus que qualifiée. Irwan trancha.

-Va donc la chercher, Esmezia. Beaucoup ici ne la connaissent pas. À moins que quelqu'un s'y oppose.

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Sam 27 Juin - 10:52

- Moi, déclara Oloren. Adel est probablement la jeune fille la plus intelligente que je connaisse, il n'empêche que c'est un poste qui demande du discernement. Esmezia tu es toi-même bien placée pour savoir qu'elle a encore besoin de temps pour murir et gagner en cette qualité, génie ou pas.

La jeune fille aux cheveux blanc de neige pouffa de rire.

- J'ai l'impression de parler de moi, l'intelligence en moins ...

- Honnêtement, je préfèrerais encore voir monsieur Knell en tant que juré, renchérit Edlan. La faute n'est pas sienne, mais je ne saurais prendre une enfant au sérieux, qu'elle m'écrase ou pas en terme d'intellect.

Le roi de Porol afficha un air désolé. Il ne pouvait définitivement pas se résoudre à collaborer avec quelqu'un à qui il serait capable d'offrir des bonbons ! Il se surpris à partager pour beaucoup l'avis d'Oloren. Pour peu qu'elle passe quelques temps auprès du vieil homme, elle allait devenir une politicienne redoutable.

- Non, elle n'est pas prête, lâcha Gérard à Kami. Elle se sent coupable du nombre de morts récent, si bien que cela lui embrouille l'esprit, malgré qu'elle tente de se raisonner. De plus, la mort du jeune roi et d'une certaine Habeth l'affecte beaucoup. Je m'oppose à sa position de juré, au moins pour ce gouvernement temporaire.

Edlan fronça les sourcils. Le vieil homme en savait beaucoup sur cette jeune fille, sans pour autant lui avoir parlé ...
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Louis
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Dim 28 Juin - 14:17

La démarche des quelques membres du conseil était louable et dénuée de toute ambition, mais restait pourtant une énorme perte de temps, alors que le conseil risquait déjà de s'éterniser. Edward n'avait au début pas désiré intervenir, mais s'en sentait maintenant l'obligation. Il savait que sa parole aurait force de loi, et c'était bien là ce qui le dérangeait. Mais le temps n'était plus aux tergiversations, mais à l'action. Il s'éclaircit la gorge, et le silence revint dans l'ancien QG.

- Donner une place à la jeunesse est, à mes yeux, essentiel. C'est un concept auquel je crois réellement, étant moi même à peine plus vieux qu'Oloren et Adel. Pourtant, je pense que notre meilleur choix ici est Irwan Knell. C'est en grande partie grâce à lui que nous devons la victoire sur la dictature Naïlikanne lors de la seconde grande guerre. De plus, le bilan économique d'Oran lors de sa régence parle de lui même. Il a dévoué sa vie entière au bonheur des Oraniens, et est de nous tous politiciens le plus expérimenté. J'aimerais que ce poste lui revienne. Je propose à chacun d'entre nous de voter pour la personne qui semble la plus apte à nous représenter -temporairement, je vous le rappelle-.

Tous levèrent la main les uns après les autres pour donner leur avis sur le futur représentant de Valato. A sa grande satisfaction, Irwan fut choisi, bien qu'Oloren et Adel obtinrent un score prouvant bien que leurs aptitudes n'étaient pas mésestimées. Edward félicita Irwan d'un signe de tête, avant qu'un messager ne vienne, encore une fois, les interrompre.

- Raphaël Monier ainsi que Lilia Hubs sont de retour en notre monde. Ils semblent avoir réussi leur mission de sauvetage, mais... Je pense que vous devriez voir ça par vous même...

Tous approuvèrent pour que les deux sauveteurs ainsi que la jeune fille responsable de la mort de l'Omnikhaan soient conviés, au moins temporairement. Le messager repartit alors en trombe, en direction du centre de l'arène.

L'arrivée dans le monde réel fut un cauchemar pour Layla. Un brouhaha de panique s'élevait un peu partout, tandis que beaucoup cherchaient dans le champs de bataille ravagé, un ami, un frère, ou un fils. Son regard fut terriblement attiré vers l'endroit où son père était tombé, quelques minutes auparavant en ce lieu, et huit années auparavant dans la vie de l'adolescente. Elle fut à la fois triste et reconnaissante de voir que son père avait été déplacé. L'apercevoir lui aurait brisé une seconde fois le coeur. L'archange remarqua une petite foule qui les attendaient autour du portail, celui-ci qui venait d'ailleurs de se désagréger à leur sortie. Certains applaudirent, mais la plupart étaient interloqués. Ils avaient vu, quelques minutes auparavant, une petite fille triomphant de l'Omnikhaan s'enfuir par cette porte vers un autre univers, suivie de Raphaël et Lilia. Maintenant, ils remarquaient une adolescente revenir en compagnie de ses sauveurs. Honteuse, elle détourna le regard. Peut être les avaient-elle sauvés, mais elle les avaient quittés dans le but de ne jamais revenir. Et ils étaient maintenant confrontés à une adolescente dont ils ignoraient tout... De quoi effrayer la jeune fille en question...

Un homme se précipita auprès d'eux et les informa discrètement de la situation. Un gouvernement se mettait en ce moment même en place, et il désirait les rencontrer. Layla lança un coup d'oeil à Raphaël et Lilia. Aucun d'eux n'avaient sans doute envie d'aller argumenter avec des politiciens, mais ils ne semblaient pas avoir le choix. Se faisant le plus discrète possible, elle suivit l'homme, le pas lourd...
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Lun 29 Juin - 1:51

Miranda revenait du conseil, les mains dans les poches, quelque peu vexée d'en avoir été chassée malgré la capture de l'un des principaux commanditaires de cette rébellion sanglante. Tant pis, qu'ils règlent donc leurs affaires. Elle faisait confiance à Edlan pour parler en leur nom. Raphaël l'aurait sans doute fait également, mais l'adolescente ne pouvait cacher sa préférence pour le patriarche des Moniers lorsqu'il s'agissait de diplomatie. La fâcheuse tendance du fils à frapper avant de poser les questions aurait pu s'avérer...problématique. Mais elle ne râlait en vérité que pour la forme, et pour éviter de trop penser. Leur nouvel objectif, à savoir rebâtir la civilisation en unissant cinq cultures éparses, avait de quoi donner le tournis aux plus vifs d'esprits, dont elle était bien contente de ne pas faire partie. C'était un sacré fardeau qu'ils se proposaient de porter. Si elle pouvait aider d'une manière ou d'une autre, elle le ferait. Tout pour ne pas tourner en rond dans cette arène qu'elle aurait été prêtre à détruire si on lui en donnait l'ordre. Ses pas la guidèrent vers le portail de Layla, peu après le messager. Elle arriva à temps pour le voir se renfermer et pour suivre des yeux un nouvel envol de Lilia, qui partit s'isoler sur l'un des flancs courbés de la paroi du bâtiment, à l'abri des regards. Miranda ne pensa pas à la suivre. Son aînée ne demandait que rarement qu'on lui fiche la paix, et lui en priver à ces occasions n'aurait fait sens. Ce fut plutôt Layla qui retint son attention. D'apparence, elles avaient désormais le même âge. L'on reconnaissait toujours cette jeune fille discrète à ses traits caractéristiques, et cette absence de doute quant à son identité entraîna une nouvelle flopée d'interrogations difficiles à synthétiser. Elle l'interpella alors qu'elle suivait l'homme envoyé par le conseil.

-Layla ? demanda-t-elle simplement, sourcils froncés.

Sa mine à elle aussi en disait long. Elle n'avait probablement pas envie de parler de son apparence pour le moment, ce qui n’empêcherait guère Miranda de la questionner. Avec toutes ces histoires d'archanges, de mondes et de dieux, un peu de concret ne pourrait faire de mal à personne. Une explication à l'ancienne, claire et précise, pour que tout le monde puisse s'y retrouver. Lilia se posait les mêmes questions que la télékinésiste, mais son désir de solitude dépassait sa curiosité. Une fois encore, Raphaël était venu la tirer d'une drôle de situation sans lui demander son avis. Elle lui en avait voulu sur le moment, puis était parvenue à une parfaite indifférence, si bien qu'elle n'avait pas écouté attentivement un traître mot de ce que le messager racontait, n'en percevant que de piètres bribes qui lui suffirent toutefois à capter l'essentiel. Peu lui importait qui s'alliait à qui pour diriger ce nouveau monde, elle ne voulait pas en être. Quand bien même son avis aurait été contraire, elle n'avait de toute manière rien à apporter à des politiciens chevronnés, si ce n'était un pouvoir auquel elle même ne comprenait pas grand chose et dont l'intensité était déjà en déclin suite à la mort du Pot. Une puissance incommensurable lui appartenait toujours sans pour autant tenir la comparaison face à l'aura blanche qu'elle avait déployé dans la chambre de l'entité hôte, la veille au soir. Elle ne lui permettait en outre que d'agir sur elle-même. Au mieux l'auraient-ils employés comme garde, si tant est qu'il reste encore quelque chose à garder. Mais ils n'avaient pas son intérêt. Elle n'accorda pas non plus le moindre regard à Lars, qui n'avait pas caché son soulagement à leur retour, ni à Miranda qu'elle avait pourtant aperçu. Ainsi alla-t-elle simplement s'installer, assise en tailleurs, sur une corniche étroite, perchée à plus de vingt-cinq mètres sur la pierre amochée qui constituait l'arène. Elle hésitait entre rester ici, à penser, ou détruire quelque chose pour se passer les nerfs. Il lui fallait abandonner la seconde option. Même dans son désespoir, elle gardait en tête ce qu'il restait de l'effectif de l'institut, or une destruction massive des alentours ne pourrait que leur nuire. Et puis, ça ne lui ressemblait pas. Alors elle réfléchirait. À quoi faire dans l'immédiat, à ses amis, à Angélyna. Non, pas à Angélyna. Autre chose. Elle pensa à ces griffons, majestueux, puissants. Des bêtes qui devaient se reconstruire, se reproduire pour que leur espèce perdure. Elle eut en tête l'image de bébés de cette race. Puis celle de Serena, dans son berceau. La mutante, rageuse, frappa du poing le mur le plus proche, avec une hargne telle que ses phalanges ne tardèrent pas à être couvertes de sang et qu'elle manqua de se briser quelques doigts. Autant de peine ancrée que de frustration passagère, elle se mit à pleurer de nouveau en secouant bêtement sa main endolorie, non pas sans grogner au passage toutes les insultes qui lui passaient par la tête, destinées au mur ou à elle-même.

-T'es déjà chiante de squatter le coin, alors fais le en silence...

Lilia sursauta, puis se retourna vivement vers l'homme assis à quelques mètres dans son dos et qu'elle n'avait pas remarqué à son arrivée. Plongé dans l'ombre projetée par les hauts murs d'enceinte, ses yeux aux pupilles verticales formaient deux sphères d'un jaune luisant qui permettaient à elles seules de le distinguer malgré l'obscurité. Une fois le semblant de panique passé, la mutante reconnut Kayoshin Mangreefer, le seul des trois aoris à avoir survécu à cette bataille. Son absence avait du être remarquée au conseil mais n'avait somme toute rien de surprenant compte tenu de sa personnalité. Il n'était pour sûr pas du genre à s'installer autour d'une table pour débattre. Lilia entreprit de se redresser, gênée de priver un autre être en deuil de l'isolement qu'il recherchait, mais l'inférieur reprit la parole.

-Excuses moi, fit-il d'un ton calme qui ne lui ressemblait pas. Je ne voulais pas te brusquer. J'aimerais bien que tu restes, en fait, Katadelyne.

Katadelyne ? Il n'y avait que Lars pour l'appeler par son premier prénom, dont son interlocuteur n'était d'ailleurs pas sensé avoir connaissance. Ce ne fut pour autant pas cette petite incongruité qui convainquit Lilia de rester sur place, mais un étrange sentiment de familiarité. La peine dégagée par le ton monocorde de l'aori se rapprochait énormément de la sienne. Comme elle, il avait perdu plus qu'un proche. Lui à qui elle n'avait jamais adressé que quelques coups d'œil curieux fut, à cet instant, la seule personne avec qui elle avait envie de parler des événements de cette journée. Elle se rassit, faisant face à Kayoshin qui s'était rapproché pour laisser les rayons du soleil décroissant éclaircir son visage aux traits creusés, encadrés par de longs cheveux bleus. Leurs yeux se croisèrent immédiatement. Il la fixait tel un félin prêt à défendre son territoire, tentant de discerner le moindre signe de réaction hostile, susceptible de l'attaquer à tout moment. Ce fut là du moins l'impression qu'en eut la mutante, pourtant loin d'être déstabilisée. Plus rien n'était réellement sujet à l'intimider maintenant qu'elle se savait suffisamment puissante pour venir à bout de n'importe quel adversaire – mais pas d'un fichu mur. Les intentions de Kayoshin s'avéraient en réalité toutes autres. Il tentait de se souvenir, et n'eut besoin que de quelques secondes pour que le moindre détail lui revienne à l'esprit. L'une des règles primaires des aoris était de ne pas parler de la création avec les autres formes de vie, mais puisqu'il était le dernier de son espèce, au diable ces protocoles. Lilia et lui s'observaient. L'une clairement vêtue, les cheveux dorés, les yeux larges et doux ; l'autre sombre, aux airs agressifs, musculeux et impétueux. Pourtant, face à face dans une même position, ils se ressemblaient énormément. Ceux qui côtoyaient Lilia auraient dit de Kayoshin qu'il dégageait ce même charme, que son visage était tout aussi expressif, signe de cette même incapacité chronique au mensonge, quel que soit son ampleur. L'on pouvait aisément comprendre qu'ils étaient tout deux particulièrement émotifs, souvent joyeux, et si attachés à leurs proches que cela en devenait maladif. Et que dire de leur aura violette, en tout point similaire ? Il ne pouvait s'agir d'une coïncidence. Pas pour deux êtres du Pot. Kayoshin ferma les yeux, se replongeant dans ses méditations. Lilia ne tarda pas à en faire de même. Réfléchir serait moins pesant à côté de quelqu'un qui partageait pour l'heure le même état d'esprit. Bien vite cependant, la jeune femme s'agita. Quelle que soit sa pensée première, elle dérivait toujours vers Angélyna.

-Pas foutue de te concentrer, hein ? lança Kayoshin sans rouvrir les yeux.

Lilia inspira longuement avant de répondre, se retenant de frapper de nouveau un mur. Elle ne contesta pas lorsque l'inférieur,en attendant ses mots, prit sa main entre les siennes et commença à la bander. Si ç'avait été Raphaël ou un autre, elle aurait insisté pour le faire elle-même, pour qu'on cesse de la couver. Ce sentiment était différent en l'occurrence. Kayoshin ne regardait pas sa blessure mais ne cessait de la fixer elle. Il ne se préoccupait de la guérir que pour s'assurer de pouvoir converser. D'abord désarçonnée, l'archange finit par prendre la parole.

-Ça bloque...tout s'entrecroise en permanence.

-Hum. Comme après une journée entière passée devant un dessin animé, hein ? Tu as beau fermer les yeux...ce sont toujours des images de ce que tu as fais de l'aube au soir qui te reviennent.

-C'est pareil, oui.

La comparaison n'étonna guère Lilia. Plus rien ne l'étonnait. Les aoris ne regardaient certainement pas les programmes télévisés, mais ils disposaient de connaissances telles que son interlocuteur n'avait pas eu de difficulté à trouver un élément de son cadre de référence apte à faire office de comparaison pertinente. Kayoshin observa enfin le bandage pour s'assurer que ses finissions étaient de qualité, puis reposa la main de Lilia avant de continuer, solennel.

-Dana était bien plus que ma compagne. Elle m'a donné un objectif, des sentiments, des raisons d'exister. La quête de compréhension de notre vie est commune à celle des humains. J'ai une réponse. Tu la veux ?

-Non. Je sais déjà qu'il n'y a pas de sens. Qu'on s'en trouve un.

-Ouais. Et ça pose problème, quand on le lie à une autre personne qu'à soi. Sans Dana...et toi sans ta sœur...c'est autre chose qu'une tristesse. La tristesse, ç'aurait été de perdre leur affection, d'être là pour les voir s'éloigner de nous. Mais qu'ils meurent, comme ça...nous sommes égarés. De nouveau dénués de sens.

Lilia acquiesça imperceptiblement, baissant les yeux pour ne plus écouter que la voix de cet être qui, dans les récits religieux valatiens, était l'équivalent d'un ange. Déchu soit, mais ange quand même. Nombreux auraient été capables de trouver des termes correspondant de près ou de loin à ses sentiments actuels, mais les paroles prononcées par Kayoshin sonnaient parfaitement juste. Il comprenait ce qu'elle traversait, et ce constat ne faisait que renforcer son désespoir. Trouver son équivalent dans le deuil ne l’apaisait pas. Si lui n'en était pas capable, qui pourrait lui remonter le moral ? De cette question également Lilia connaissait la réponse. Un nouveau silence s'installa, durant lequel la mutante tenta de chasser Angélyna de son esprit. Lui revinrent les souvenirs du jour où elle lui avait annoncé, à elle et aux autres membres de l'institut, qu'elle était enceinte. Elle n'avait pas su comment réagir à cet instant, et s'en voulait de ne pas avoir sauté de joie plutôt que de rester apathique, abasourdie par la nouvelle. Elle n'avait que dix-sept ans à l'époque et n'avait fini par réaliser que très tard que l'essentiel n'était pas son imminent titre de tante, mais celui de maman auquel aurait droit Angélyna. Elle avait ressenti une joie sereine le jour de l'accouchement, non pas en voyant le bébé, mais en constatant la béatitude de sa grande sœur. Son bonheur était beau. Et cette beauté-ci était partie à jamais. Lilia se tourna de nouveau vers Kayoshin, la mine sombre. Elle avait besoin de parler d'autre chose. La question vint naturellement.

-Vous saviez, pour le Pot ?

Kayoshin hocha la tête en signe d'approbation puis prit la parole en comprenant qu'un simple « oui » ne suffisait pas à la jeune femme.

-Le Pot était celui que les aoris appelaient le très-haut. Les récits disent qu'il est le chef suprême de notre peuple. La vérité est plus complexe. Il faut d'une part savoir que le Pot est un aori. Nous fonctionnons comme les sourciers que nous avons créé, à ceci près qu'il y a deux catégories de pouvoirs : les créateurs, et les destructeurs. Les inférieurs sont les seconds. Le Pot, lui, était l'équivalent d'un relais. Le seul et unique de notre race. Nous tirions notre force de lui, et nous créions dans son aire d'influence.

-Tu ne vas pas perdre tes pouvoirs, dans ce cas ?

-Non. L'aura est une entité indépendante au même titre que les humains. Même sans le Pot, vous vivez. Elle vit donc aussi.

-On a le même pouvoir...

-Si l'on exclut tes nouveaux dons, oui. Tu détiens mon pouvoir. Le fait que tu ne sois pas un aori t’empêche de le maîtriser pleinement, ce qui cause sa bipolarité et son autonomie.

De nouveau, tout deux se fixèrent. Les dires de Kayoshin confirmaient le sentiment de Lilia : il en savait beaucoup plus sur elle qu'il n'aurait du le savoir, en cela qu'il n'était pas, à l'inverse du Pot, omnipotent. Une nouvelle question lui vint en tête. Elle hésita cependant à la poser, peu certaine qu'elle était de vouloir entendre une vérité que l'inférieur connaissait probablement. L'occasion était toutefois trop belle, et qu'aurait-elle eu à y perdre désormais. Elle s'était toujours sue différente des autres humains et avait mis cela sur le compte de son enfance insolite. Son pouvoir étrange ne l'avait pas non plus interpellé tant que ça, d'autant que Skyler en avait développé un au fonctionnement similaire. Mais elle était l'archange, statut auquel seuls les guides pouvaient accéder. Si le Pot était un aori, il y avait fort à parier que les guides en soient également. Lilia se lança.

-Je ne suis pas humaine, n'est-ce pas ?

-Pas vraiment, répondit Kayoshin sans broncher. Peux-tu te souvenir précisément d'un instant de ta vie, avant que Jane Hubs ne te trouve ?

-J'ai très peu de souvenirs de mon enfance, en effet.

-C'est parce que tu n'en as pas eu. Tu n'as pas été conçue par des parents biologiques humains. Dana t'a inclus à Cardith avec mon pouvoir en te créant à tes quatorze ans. Les aoris ne peuvent pas se reproduire puisqu'ils sont immortels. Dana a créé la vie, et elle voulait un être plus personnel. Quelque chose qui se rapproche plus d'un enfant. Un humain différent. On ne côtoyait pas les humains à l'époque. On ne pensait pas que ton étrangeté te causerait tant de tort. Navré.

-Donc...j'ai été conçue d'après Dana et toi ? Vous êtes mes parents ?

-Non. Dana t'as simplement créé. Son amour pour moi l'a incitée à te créer en partie à mon image. Voilà tout.

La nouvelle était incroyable. Il y avait là de quoi rester bouchée bée, s'étonner. Au moins écarquiller les yeux. Lilia était consciente de l'incongruité de la chose. D'abord archange, puis enfant spirituelle d'une déesse, elle qui ne se pensait qu'enfant sauvage. La mutante demeura pourtant placide, souriant pour elle-même. Même cela ne l'affectait pas. Peut-être parce qu'elle s'en fichait, en fin de compte. Après tout ce à quoi elle avait fait face en rebondissements durant cette semaine, il ne s'agissait que d'une nouvelle goutte dans une seau déjà rempli à ras-bord. Et elle ne risquait pas de le faire déborder : il fuyait déjà de toute part. Combien d'autres enfants d'aoris y avait-il, à travers les cinq mondes ? Plus beaucoup, à n'en pas douter. Elle aussi était possiblement, tout comme son interlocuteur, la dernière de son espèce. En supposant qu'elle soit donc, du fait de ce procédé, à moitié aori, son statut d'archange pouvait se justifier. Mais Layla ? Encore d'autres questions. Les réponses ne lui plaisaient pas tant que ça. Mieux valait garder le mystère cette fois-ci. Lilia prit la décision de garder cette révélation pour elle et constata à cette occasion qu'elle venait de repenser distinctement à Miranda. Elle avait envie de la voir. D'être avec elle et de ne rien faire d'autre. Elle ne la comprendrait sans doute pas aussi bien que Kayoshin, mais se sentir serrée à elle, isolée du reste du monde, serait un réconfort dont elle avait soudainement très envie. L'inférieur la stoppa une secondes fois alors qu'elle entreprenait de se relever. Docile, elle se remit en tailleurs et l'interrogea du regard.

-Je vais partir, s'expliqua Kayoshin. M'isoler un peu, à l'autre bout de ce monde. On ne se recroisera certainement jamais, mais je tenais à te dire quelque chose. Le très-haut ; le Pot, comme vous l'appelez, n'était qu'un parmi d'autres. Une infinité s'offre à toi. D'autres passeront à côté, mais tu n'es pas comme eux. Pas seulement parce que que tu es, si tu tiens à te considérer comme telle, la fille de Dana. Le très-haut t'as choisi également. Ta présence est essentielle pour beaucoup. Le nombre de cœurs liés au tien est exorbitant. Tu verras cet infini. Et tu es telle que tu ne pourras faire autrement que d'aller vers lui. J'espère que sa contemplation te permettra de voir ce qui est réellement essentiel.

-Je ne comprends pas.

-Je sais. Peut-être même que tu ne comprendras jamais. Moi, je n'y parviens pas. Mais Dana t'as donné seulement ce que j'avais de mieux, et il y a beaucoup d'elle en toi. Et puis...tous ces gens aussi. Je crois que tu as ce qu'il faut pour comprendre.

-J'aurais aimé autre chose que des métaphores...

Kayoshin se mit à sourire. Voilà qu'elle se plaignait. C'était bon signe : elle reprenait du poil de la bête. Son rictus se dissipa toutefois bien vite. Il n'arrivait pas à s'expliquer les raisons qui le poussaient à se soucier du bien-être de Katadelyne. Lui, n'ayant servi que de modèle partiel, n'avait aucun lien de parenté avec cette humaine. Il ne la connaissait même que de nom et n'avait guère d'affection à son égard. Sa joie, cependant, n'était pas sans rappeler celle de Dana. En l'y aidant, peut-être la retrouverait-elle, cette joie. Alors, à travers elle, il pourrait de nouveau voir son aimée. Kayoshin leva les yeux au ciel. Non, il ne parvenait pas à se convaincre. Mais il ferait avec. Et puisqu'elle invoquait son franc parler, elle serait servie. L'inférieur se releva, étirant ses jambes engourdies, et invita Lilia à en faire de même. Une fois qu'ils furent dressés face à face, il continua, arborant de nouveau son air suffisant habituel :

-Tant mieux, je peux pas saquer la poésie. La gamine, Miranda, t'aime au moins autant que toi tu aimais ta frangine. Ça crève les yeux et t'as pas intérêt à le nier, parce que je peux pas non plus saquer les gens qui me prennent pour des cons. Raphaël, Lars, Layla, ce foutu conseil de vieux séniles, ils sont plein à compter sur toi d'une manière ou d'une autre. T'es importante. Ça te gave peut-être mais c'est comme ça. Voilà. Je suis à cours de trucs à dire. 'Tain, j'suis naze pour ça, Dana se démerdait bien mieux. J'essaie, en gros..

-C'est bon. Ça va déjà un peu mieux.

-Oh ? Grâce à ce que j'ai dis ?

-Non. Ton discours était nul. Mais merci quand même.

L'inférieur l'observa, dubitatif, s'assurant qu'elle ne lui mentait pas pour simplement se débarrasser de lui, mais fut bien vite rassuré. Elle présentait effectivement quelques signes d'accalmie. Sa dernière mission était accomplie. Et puisqu'il n'avait plus rien à faire ici et que les adieux ne lui avaient jamais plu, il se contenta d'effectuer un premier bond qui l'emmena au loin, avant qu'il ne disparaisse dans les fourrés de cette immense jungle. Lilia l'observa fuir l'arène en silence, bras le long du corps, surprise par cette échappée soudaine. Ainsi avait-il préféra ne pas s'éterniser. Difficile de lui en vouloir. Il s'agissait possiblement du meilleur choix. En ne disant que ce qu'il jugeait nécessaire sans insister, en n'hésitant pas à se taire par moments, en la faisant réfléchir sans jamais initier de contact physique, il l'avait grandement aidée à y voir plus clair. En fin de compte, n'importe qui d'autre qu'un membre de l'institut aurait pu faire l'affaire, pour peu qu'elle ne connaisse pas la personne en face. Le fait que Kayoshin soit ainsi lié à son histoire personnelle ne faisait qu'ajouter du bon à cette conversation. À moins qu'il ne lui ait menti pour s'assurer son attention et pour falsifier un semblant de proximité. On lui avait déjà fait le coup avec Angélyna des années auparavant. Lilia haussa les épaules. Qu'importait, en fin de compte. Qu'elle soit une fille de déesse ou une gamine élevée par les ours, elle commençait à entrevoir ce que Kayoshin qualifiait d'essentiel. La jeune femme se rassit. Elle avait encore besoin d'être seule. À sa grande satisfaction, ses pensées furent plus claires qu'auparavant.

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Lun 29 Juin - 15:29

C'est Raphaël qui ouvrit les portes du huis-clos, d'un geste théâtrale lui allant bien, comme d'habitude. Il tenait toujours Layla par la main et ne semblait pas prêt de la lâcher à moins que celle-ci ne le décide d'elle même. Il s'avança, les sourcils froncés, jusqu'à être visible par chaque membre du jury.

- On est venu nous chercher, vous vouliez nous voir, on est là, dites nous ce que vous nous voulez, mais sachez avant ça que je filtrerais les questions trop sensibles.

Raphaël rajusta son chapeau sur la tête de Layla. Non seulement il n'avait pas envie d'être là, mais cette obligation qu'il ressentait n'était autre que morale. Il aurait tout à fait pu retarder la rencontre de quelques jours, ne serait-ce que pour le bien être de la fille de Gareth ... Emilie avait affiché un sourire triste en voyant le gaillard ramener les deux filles. Encore une fois, il avait joué aux héros. Et encore une fois, ç'avait été un succès, du moins, pour ce qu'elle comprenait de la situation. Elle avait tenté de lui faire un petit signe de la main, mais se heurta à l'ignorance totale de l'ange noir. Le jour où elle avait ressuscité, tous deux avaient eut une conversation peu plaisante, mais pleine d'honnêteté ... Une honnêteté douloureuse. Ne sachant trop que faire, elle s'avança près de Miranda. Elle voulut se rapprocher plus, mais respecta une certaine distance, cette jeune fille qu'elle aimait plus que tout au monde l'avait déjà rejetée et elle s'attendait à un évènement similaire, mais peut-être que la situation post-apocalyptique lui donnerait plus de chance ...

- Hey ... Ça va, toi ? hasarda-t-elle sur un ton doux, et d'une voix plus tremblante qu'elle ne l'aurait voulu.


Julie avait porté son aide aux guérisseur, après s'être enfin convenablement vêtu. Ses dons étaient une véritable aubaine pour les blessures les moins graves, surtout en l'absence totale d'anesthésie. Elle voulait garder Darius de vue, lui-même ayant entrepris d'aider les blessés. Alucard aussi avait finit par rejoindre les infirmiers, sa maîtrise des flammes permis de cautériser les plaies les moins graves, et ce sans douleur, délestant les médecins qui purent s'occuper des plus grosses urgences. Des équipes ayant entrepris de chercher des survivants, Beörielle, alors encore dans les ruines, fit irruption avec une bonne dizaine de citoyens. Aucun ne semblait avoir vraiment souffert, au contraire, ceux-ci ayant occupé le réfectoire, ils transportaient à cet instant nombre de ressources alimentaires en provenance de celui-ci, une nouvelle qui ne manqua pas de ramener quelques trop rares sourire, ainsi que de faire le tour de l'arène ...
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Louis
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 30 Juin - 13:43

Les hommes et les femmes du conseil laissèrent échapper un cri de surprise lorsqu'ils aperçurent leur sauveuse. Bien qu'il fut dans leurs intentions d'évoquer leur sauveuse, une archange enfantine des plus étrange, la voir ainsi vieillie en choqua plus d'un. Edward se posait mille et une questions sur le pouvoir de la jeune fille, sur son étrange vieillissement, ainsi que sur le regard timide et fuyant qu'un des êtres les plus puissants de cette terre affichait maintenant. La dite Layla était-elle condamnée à grandir à une vitesse incroyable jusqu'à flétrir et mourir? Et quelles étaient ses intentions? Bien qu'il se soit rendu compte qu'il avait mal jugé Edwig Luthness, il avait le sentiment d'être aujourd'hui face à un cas très similaire. Ce n'était qu'une enfant perdue, dieu savait ce qu'elle était capable de faire, consciemment ou non. Il avait déjà aperçu l'enfant, aux bras de Gareth Soubresault, et il ne faisait pas le moindre doute qu'il s'agissait de la même personne. Pourtant, son visage ne dégageait plus la même innocence et bienveillance qu'il avait perçu lorsqu'il l'avait croisée la première fois. Bien qu'encore immature, elle semblait avoir muri autant physiquement qu'intellectuellement.

Elle était finalement à l'image de tous les survivants, se dit l'ancien souverain. Les peines qu'ils avaient tous subis se répercutaient sur leurs esprits. Et c'était exactement cette tristesse qu'ils devaient vaincre, si ils voulaient relever la tête et aller en avant. Nombre des participants à l'assemblée s'étaient levés à son arrivée. Edward ne put s'empêcher de faire quelques pas en sa direction, malgré l'air patibulaire de son sauveur, Raphaël Monier. Voyant le monarque se diriger vers elle, Layla se réfugia prudement derrière l'ange noir. Edward s'arrêta aussitôt. Il n'avait pas voulu l'effrayer et regrettais sa curiosité mal placée envers celle qui avait détruit l'Omnikhaan. Se rasseyant aussitôt, il fit signe aux nouveaux arrivants de s'asseoir. La jeune fille et l'homme ailé furent placés au centre de la salle, à côté des conseillers élus. La jeune fille reconnu Ethan Rayns, par elle ne savait quel miracle. Elle n'avait pourtant vu cet homme qu'une ou deux fois dans sa vie, des années auparavant. Mais il y avait en lui une sorte d'aura qui lui rappelait son père. Le quinquagénaire, qui lui aussi la regardait d'un air bienveillant, lui fit un petit clin d'oeil qui lui fit chaud au coeur, alors qu'elle était entourée d'inconnus. Profitant de sa position, et de la sympathie de Layla, Ethan prit la parole, de sa voix la plus douce. La jeune fille lui rappelait énormément Nitilde, dans son attitude, sa démarche, ainsi que la tristesse qu'elle cachait au fond d'elle.

- Layla, tu nous as rendu un énorme service, et je crois parler au nom de tous en disant que nous te sommes éternellement reconnaissant.

Suite à cette déclaration, l'assemblée silencieuse explosa en applaudissements. Comme si la déclaration d'Ethan faisait prendre conscience à tous que leurs vies étaient sauvées grâce à celle qui était maintenant une adolescente. Layla fut pour le moins perturbée par cette soudaine ovation. Ainsi, elle n'avait pas fait que des erreurs, et la reconnaissance de ces inconnus la toucha au plus haut point. Une larme coula sur sa joue, qu'elle essuya bien vite. Elle avait suffisament pleuré et crié aujourd'hui. Voyant la gêne de la jeune fille, le quinquagénaire repris au plus vite, interrompant les applaudissements.

- Tu as été extrêmement courageuse, Layla, et je pèse mes mots. Nous avons besoin de savoir ce qui est arrivé depuis que tu es partie dans ce portail. Tu te sens capable de nous raconter? Tes dires pourraient sauver des vies.

L'adolescente fit une grimace. Elle, courageuse? Non, elle ne l'avait jamais été. Seul la colère et la haine l'avaient motivés, lorsque son père avait été défait par l'Omnikhaan. Mais Layla ne voulait pas tergiverser là dessus. Il lui fallait faire un récit de son voyage. Le seul qu'elle ferait jamais. Tout cela était encore beaucoup trop douloureux pour elle. Elle mis ses idées en place pendant quelques secondes, puis expliqua d'une voix monotone comment elle avait crée le portail, en usant des dernières énergies du pot ainsi qu'en la mêlant à ses souvenirs, ainsi qu'à ceux des membres du pot. Les conseillers montrèrent un grand intérêt pour cet univers parallèle, chose qu'elle ne comprit pas. Avec un calme sidérant, elle expliqua que ce lieu n'était qu'un paradis illusoire qu'il fallait à tout prix éviter si l'on ne voulait pas y mourir, dans un état d'hébétude complet. Ses dires calmèrent l'enthousiasme de son auditoire. Elle décrivit ensuite le sauvetage de Raphaël et Lilia, éludant les moments les plus douloureux. Lorsque son histoire fut terminée, la petite assemblée l'observait étrangement, comme fasciné. Elle fut d'une immense reconnaissance envers Ethan lorsque celui ci lui chuchota qu'elle pouvait partir. L'adolescente se leva, lança un dernier regard en direction de Raphaël, puis partie seule de la salle, pour retrouver l'air libre.
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 30 Juin - 16:31

En dépit de son état de fatigue, Darius faisait preuve d'une surprenante énergie, puisant dans des ressources insoupçonnées pour échapper à Julie. La révélation de leur parenté avait été pour sûr un choc, et peut-être qu'une famille pourrait se refonder sur ces bases pour le moins insolites, mais il fallait que cette femme comprenne qu'il ne la connaissait ni d’Ève ni d'Adam et qu'il ne pouvait pas simplement tomber dans ses bras en pleurs comme s'il retrouvait une vieille connaissance disparue. La sourcière ne semblait pourtant pas encline à lâcher l'affaire, l'épiant où qu'il aille. Agacé, l'Eldarak aurait été prêt à lui demander de le laisser tranquille mais ne parvint à s'y résoudre, devinant ses sentiments. Ils parleraient de leur situation. Plus tard. Il n'avait pas la tête à cela pour le moment. À moins qu'il ne s'évite simplement par manque d'envie de s'impliquer dans une nouvelle relation sortie de nulle part et à ses yeux sans intérêt. Avoir une mère aurait été génial durant son enfance, mais il était adulte à présent et ne s’imaginait pas sous les ordres d'une matriarche quelconque. Les jeunes gens l'intriguaient bien plus, particulièrement cette gamine qu'étaient allés chercher l'archange et son ami. Elle venait de ressortir de la salle du conseil auquel Darius n'avait pas été invité, fait qui la vexait quelque peu. Ce fut presque par hasard qu'il tomba sur elle. Presque seulement, car il traînait depuis dix bonnes minutes déjà en ce lieu pour tenter d'ouïr une information quelconque susceptible de comporter le moindre intérêt. Le cas d'Edwig Luthness l'intéressait particulièrement, en cela qu'il était impossible de prévoir ce que les autorités décideraient d'en faire ; autorité auxquelles le jeune homme ne comptait par ailleurs se plier que si l'envie lui en prenait. La question de la légitimité du conseil se posait déjà, ça et là dans l'arène. Certains approuvaient la démarche, d'autres affirmaient qu'une démocratie aurait été préférable. Darius ne partageait ni le premier avis ni le second. Dictateurs et politiciens causaient autant de mal au monde l'un que l'autre, et il n'y avait au final qu'un règlement à suivre, celui que l'on se fixait à soi-même. C'était là leur lot pour ne pas l'avoir invité : il coopérerait peut-être mais ne leur obéirait pas. Pour l'heure, seule Layla avait toutefois son attention. Malgré ses défauts physiques et la négligence dont elle semblait faire preuve, cette adolescente dégageait un charme qui ne le laissait pas indifférent. Mains fourrées dans les poches de son long manteau pourpre, le jeune homme s'approcha d'elle et l'interpella comme si de rien n'était.

-Eh ! Merci de nous avoir sauvé. Je me demandais si tu étais toujours une petite fille dans un nouveau corps ou si tu avais vraiment grandi. Parce que c'est quand même étrange, cette histoire.

C'était peu de le dire. Elle avait beau être ce fameux archange dont l'arène entendait parler à chaque instant depuis la veille, comprendre la raison d'un tel vieillissement restait malaisé. Il ne s'agissait toutefois pas de la seule raison pour laquelle Darius allait vers elle. À travers cette question que beaucoup avaient déjà du lui poser, il lui tendait une main, dans un but qui lui échappait encore. La cause, en revanche, était claire. Layla lui ressemblait déjà. Ils n'avaient tout deux aucune réelle attache parmi les survivants. L'une avait perdu son père avec qui elle entretenait une relation fusionnelle, tandis que lui avait retrouvé une famille qu'il avait trop attendu et ne désirait plus. Sur qui pouvaient-ils réellement compter à part eux-même ici ? Ils étaient tout deux particulièrement puissants, et ce gouvernement tenterait d'avoir la mainmise sur leurs capacités. Elle allait se sentir bien seule, dans les semaines à venir. Lui l'avait toujours été et s'en sortait bien. Il pouvait lui apprendre comment prendre plaisir à vivre en dépit des circonstances et sans avoir à prendre autrui en compte. Ceci étant, il tenait tout de même à avoir une réponse à sa question, curieux qu'il était.

Miranda n'avait eu le temps de s'adresser à l’adolescente lors de son premier passage. Celle-ci avait filé droit, suivant au pas Raphaël, aussi la télékinésiste se résolut-elle à n'avoir aucune réponse aujourd'hui. Layla ne parlerait pas, Lilia ne parlerait pas. Elle comprenait. Elle-même n'était pas vraiment d'humeur à bavarder compte tenu de la force du lien qui l'unissait notamment à Barry. La présence d'Émilie ne la dérangea toutefois pas autant qu'elle l'aurait cru. Dès son arrivée à l'arène, elle avait été claire envers l'ancienne doyenne de l'institut : elle ne comptait pas renouer de lien fort avec elle mais tolérait sa présence tant qu'elle ne tentait rien à son égard. Ce pas en avant de sa part était somme toute acceptable, aussi Miranda répondit-elle sur la défensive sans être hostile pour autant.

-Bien sûr, ça va très bien, railla-t-elle.

Sa manière à elle de se protéger. Avoir recours au cynisme était plus simple que de confier des plaies encore bien trop récentes.

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Louis
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MessageSujet: Re: Puis le jour se leva ...   Mar 30 Juin - 20:11

Layla fit les yeux ronds face à cet étrange personnage, seule personne à oser venir lui parler parmi la multitude de curieux qui l'observaient. Elle avait de très vagues souvenirs de lui, sans vraiment pouvoir l'identifier clairement. Le « compliment », bien qu'assez récurent depuis son retour ici, la gênait toujours autant. L'adolescente remercia quand même son interlocuteur d'un sourire. Ses questions, elles, étaient pour le moins étrange. Une petite fille dans un nouveau corps ? Qu'est ce qu'il pouvait bien vouloir dire ? Les gens autour d'eux regardaient maintenant Darius avec la même curiosité emprunté de respect que Layla. Un sentiment des plus désagréables lorsque l'on avait vécu huit années avec le sentiment d'être parfaitement à sa place dans l'univers. Dans son monde, tout les habitants se comportaient d'une manière qui ne pouvait la perturber. Elle les comprenaient comme personne. Ici, les actions et réactions de ceux qu'elle fréquentait étaient parfaitement imprévisible. Parmi la foule accumulée autour du QG certains se rapprochaient dangereusement de sa zone de confort. D'autres commençaient à l'applaudir. Elle voulait fuir, tout de suite. L'adolescente fut tentée de créer un nouveau portail, mais lorsqu'elle leva la main, rien ne se produisit. Ne comprenant pas la raison de son incapacité, elle serra les poings. Peut être étais ce mieux ainsi, mais la jeune fille regrettait de ne plus avoir cette option.

- C'est... Gentil. Et pour ta question, je suis une ancienne prêtresse nordique, réincarnée dans le corps d'une adolescente dans le but de sauver les pingouins dans ce nouveau monde. Il y a trop de monde ici pour que je puisse te parler des plans secrets de mon Dieu, désolé.

Et sans ajouter un mot, elle s'éloigna à grands pas du bâtiment et de la foule pour se diriger vers la forêt toute récemment crée. La jeune fille était curieuse de voir comment ceux ci s'étaient développés si rapidement...

Darius ne broncha pas lorsqu'on commença à l'acclamer à son tour. Il était le premier à admettre que ces félicitations étaient amplement méritées, mais il en avait déjà reçu de très nombreuses lors de son service en tant qu'Eldarak dans l'armée du royaume de la terre et était désormais rompu à la gloire. Peut-être aurait-il été ému si cette gratitude avait pour source autre chose qu'un énième exploit martial. Le jeune homme préféra se concentrer sur son interlocutrice, dont la réponse fut pour le moins inattendue et d'un mauvais goût certain. Ce genre d'humour infantile ne lui parlait guère, toutefois l'assurance et la spontanéité avec laquelle la mutante avait rétorqué n'était pas pour lui déplaire. En dépit de son isolement, elle avait développé une certaine répartie. Comprenant à demi-mot qu'elle tolérait qu'il la suive, il s'empressa de lui emboîter le pas. Il fallait passer par l'une des portes de l'arène pour parvenir jusqu'à la forêt, du moins en temps normal. Les dégâts causées par les géants et autres mages assaillants permettaient de simplement passer outre les hauts murs d'enceinte désormais loin d'être étanches. Si les survivants tenaient à faire de ce bâtiment leur quartier général, des réparations s'imposeraient. S'aventurer dans un monde nouveau se serait avéré dangereux pour des humains lambda, toutefois Darius pensait ne rien avoir à craindre compte tenu de sa force et de celle de l'adolescente. L'orée de la forêt ne se situait qu'à quelques mètres à peine de leur quartier général, soit à l'endroit même où les rues avaient été englouties par la marée grise d'essence du Pot. Ses arbres, à la cime relativement basse, exibaient un feuillage verdoyant certes ravissant mais loin d'être exotique. La faune, en revanche, avait de quoi attirer l'œil : oiseaux aux plumages insolites, insectes plus massifs qu'à la normale – Charlène allait y trouver son bonheur – et empruntes ne correspondant à rien de connu. Dores et déjà, la perspective de visiter cet univers inconnu et d'en découvrir les habitants ravissait le jeune homme féru d'exploration et d'aventure. L'air était frais ici. Dressé sur les brindilles et feuilles mortes, ses bottes foulant la terre meuble et humide, Darius se sentait plus à son aise qu'il ne l'avait jamais été dans ses deux mondes d'origine. Et puis il y avait cette fille, une parfaite inconnue, qu'il appréciait dores et déjà. Peut-être serait-elle en réalité insupportable une fois qu'il l'aurait percée à jour, mais cette dose d'éventuels imprévus n'allait que pour renforcer la jubilation du jeune homme. Il avança jusqu'à sa hauteur et regarda l'horizon entre les troncs puis reprit la parole sur un ton des plus sérieux.

-Pourquoi on partirait pas un moment ? Voir un peu ce qu'il y a un peu plus loin, par là-bas. On reviendrait ici dans deux ou trois jours. Ils seraient morts d'inquiétude, nous on leur raconterait ce qu'on a découvert. Et puis ils seraient déjà prêts, avec leur conseil. On n'aura pas à les entendre piailler, comme ça.

Layla éclata de rire. Cet inconnu était décidément bien particulier. Ils venaient à peine de se rencontrer et il lui proposait déjà de faire le tour du monde. La proposition était tentante, et elle comptait bien y céder un jour ou l'autre, mais elle venait de fuir pendant huit années hors du temps, et une nouvelle escapade maintenant ne serait pas du meilleur effet pour ses derniers amis en vie...

- Je ne connais même pas ton nom ! Et pour répondre à ta première question, je viens de passer huit années dans un monde « imaginaire ». Alors même si je n'aime pas beaucoup la foule, je vais essayer de m'y habituer. Pourquoi tu me poses toutes ces questions ?

- Bah, pourquoi pas ? rétorqua Darius en haussant les épaules. Tu m'es sympathique, c'est une raison suffisante.
Un bon point déclara Layla. Mais je ne connais toujours pas ton prénom !

Lui, le plus puissant des sourciers, le maître absolu de l'acier et le créateur des myrs, le candidat emblématique de ce tournoi, était un inconnu à ses yeux ? Impossible. Quoique ses performances n'avaient pas été aussi bonnes qu'il aurait pu l'espérer et qu'il n'était de fait apparu qu'une seule et unique fois dans la fosse. Puisque cette fille affirmait avoir passé presque une décennie autre part, il n'était finalement pas étonnant qu'elle l'ait oublié, si tant est qu'elle se soit déjà intéressée à lui lorsqu'elle était enfant, quelques minutes plus tôt. Soit, il lui ferait l'honneur de se présenter lui-même. L'Eldarak marqua une révérence volontairement exagérée.

- Darius Maffert, prince du royaume de la Terre, fils unique de Maximilien Maffert, et antithèse de l'Eldarion ! Vous l'aurez compris princesse, je suis un méchant.

Ses origines ne jouaient effectivement pas en sa faveur. Heureusement, il s'était repenti à bien des égards en se joignant à Garion. La mort de celui-ci l'attristait quelque peu, lui qui avait été son plus grand rival et l'un de ses rares véritables amis. Violine était certainement dévastée d'apprendre sa disparition, et il aurait bon compte d'aller lui en toucher deux mots afin d'alléger son fardeau. Cela non plus, il n'était pas certain d'en avoir envie. Réconforter les gens n'avait jamais été son fort.

- Et toi tu es Layla Soubresault, continua Darius. Ton nom était sur toutes les lèvres durant ta courte absence. J'ai l'impression qu'ils sont peu à réaliser que la destruction de ces mondes est de ton fait. Mais je t'en remercie. Ces nouvelles perspectives m'exaltent. Pas toi ?

D'une révérence toute aussi exagérée que son interlocuteur, Layla salua la présentation que le jeune homme fit d'elle.

- Pas vraiment... Il va falloir que je m'explique avec toutes les personnes que j'ai connu sur ce que j'ai fais pendant huit ans. Toi, par contre, tu as envie de partir très loin ! Pourquoi ?

Comprenant qu'elle posait sans doute une question assez indiscrète, elle ajouta :

- Tu n'es pas obligé de répondre, hein !

Darius afficha une mine dubitative, ne cachant pas le moins du monde sa déception sur laquelle il mit bien vite des mots :

- Toi aussi, tu veux rationaliser tes envies ? Même après tout ce qu'il vient de se passer ? Je peux comprendre. Mais ce n'est pas compliqué. On va pouvoir visiter des endroits où personne d'autre n'a mis les pieds. Et on a aucune idée de ce qu'on va y trouver ! Dans nos mondes, l'inconnu n'existait plus. Les seules questions qu'on se posait encore, c'étaient des trucs scientifiques complexes chiants au possible. Là, on peut avoir une surprise derrière cet arbre ! Difficile de pas être content. Et puis bon. J'ai pas grand chose qui me retient ici. Les gens me manqueraient si je partais trop longtemps bien sûr. Mais dans l'immédiat, va savoir. Ils vont s'organiser, enterrer les morts, pleurer. Ça va être difficilement supportable.

Darius voulait visiblement garder ses secrets ! Elle finirait bien par savoir un jour ou l'autre.

- J'essaye juste de garder les deux pieds dans le réel, petit prince. Et en effet, ça promet d'être ennuyeux, ici. Par contre, le terrible méchant que tu es me semble bien trop douillet pour partir ainsi à l'aventure. Je serais tout le temps obligé de te protéger.

Selon ses souvenirs, pour le moins fragmentaires, Darius avait participé au tournoi. Le taquiner ainsi sur ses pouvoirs n'en était justement que plus drôle. Reprenant son sérieux, elle déclara :

- Bon, okay, t'as envie de t'enfuir et tu veux pas dire pourquoi. Moi, ça me va ! Mais pas maintenant. Il faut que je revois les gens de l'institut, d'abord.

Darius ne manqua pas d'éclater d'un rire franc, surpris de la résignation de Layla. Les gens n'étaient que peu enclins aux bizarreries. Un cadre posé, des relations stables, l'assurance d'une protection et d'une subordination, tout cela les rassurait, voire leur était nécessaire. Très peu partageait sa philosophie lunatique et son insouciance. L'archange n'était pas prête à le suivre dès aujourd'hui mais acceptait tout de même son offre. Elle était soit tellement choquée par les récents événements qu'elle en avait perdu l'esprit, soit une éventuelle amie des plus précieuses. Dans tous les cas, elle valait d'attendre quelques jours.

- Compris. Je te laisse le temps. Promis, je serai dans les parages. Ensuite tu pourras me protéger à ta guise, ô grande élue du Pot. Mais ne te méprends pas, il ne s'agit pas d'une fuite. Cette arène m'ennuie alors que l'horizon m'intrigue, voilà tout. Qu'aurais-je donc à fuir à part la lassitude ?

Layla contempla pendant un instant l'horizon. Partir en aventure avait été un de ses passes-temps favoris, dans son monde. Et elle ne pouvait que reconnaître le charme de cette forêt toute récemment crée.

- Alors c'est entendu, Darius Meffert, prince des sept royaumes et terrible antithèse de l'Eldarion. D'ailleurs, faudra que tu m'expliques ce que c'est, un Eldarion ! On en trouve pas beaucoup, dans mon monde !

Le soleil commençait à se coucher lorsque l'adolescente s'aperçut qu'elle dialoguait avec cet étrange prince depuis près de deux heures. Il était temps de rentrer. Saluant Darius avec la même courbette ridicule qu'elle lui avait faite plus tôt, elle repartit à grand pas en direction de la ville sinistrée. Alors qu'elle s'engouffrait dans des ruelles qui, quelques heures plus tôt, étaient magnifique, elle regretta de ne pas être parti aussitôt en direction de l'inconnu. Des jours difficiles approchaient et il leur faudrait les affronter la tête haute...
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