Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Jour 3 : Combats en équipe (2/2)

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Jour 3 : Combats en équipe (2/2)   Dim 8 Mar - 20:32

- Et qu'est-ce que tu veux que je fasse ? J'ai essayé, déjà, il ne veut rien entendre, il ne veut voir personne, même pas son créateur ...

Raphaël tentait de justifier son inaction à Kami, mais savait bien qu'il avait tort. Il aurait put exploser la porte, forcer Christian à sortir, tenter de le raisonner, mais il n'avait rien fait. Une sensation étrange le parcourut enfin.

- A propos de créateur, j'ai une impression bizarre.




- Euh, ah ok, bah on se revois plus tard alors.

Je comprenait pourquoi Louis décidait de partir, mais j'en ressentait un certain mal à l'aise. Je me retrouvait seul. Pas réellement seul, car nos créations étaient toujours présentes, mais je me retrouvais seul créateur physiquement présent dans le multivers. Je commençait à penser à ce que pouvait ressentir un individu étant le dernier de son espèce, mais je me rappelait de mon objectif. Le sentiment d'injustice de Gareth se voyait tout à fait compréhensible, Milena et Yasmine étaient tous deux des souvenirs, ils n'avaient jamais réellement vécu à Cardith. Je prenait alors le chemin de ma loge, tout en commençant déjà à la créer.

Milena.
Louis avait raison sur un point, elle allait me demander pas mal de boulot. Je m'inspirait de mes personnages déjà existant afin de l'imaginer, faire une ébauche avant de la concevoir. Elle devait d'abord être douce, pleine du sentiment d'amour et d'empathie. J'emprunterais pour cela la passion calme d'Ilyanna, qui avait le comportement qu'aurais dû avoir Sylgja si je ne l'avais pas faite mal tourner. Elle devait aussi être intelligente et compréhensive, ce que j'empruntais à Arawn, qui, bien qu'il ne le montrait souvent pas, avait une parfaite conscience des évènements. Compréhensive, mais juste. Juste ... Le concept de justice me semblait flou parmi mes créations, car je savais en profondeur ce que chacun était, jusqu'à ce que j'en vienne à une évidence. Elle aurait la même notion de justice que Raphaël ... Arrivé dans ma loge, je frappais du pied dans une chaise, en colère contre moi-même.
Milena.
Elle devait être une originale. Son caractère autant que son physique devait être créés, non recousus. Milena n'aurait donc rien de mes créations déjà existantes. Elle serait douce, empatique et pleine d'amour, intelligente, compréhensive, juste, mais tout cela proviendrait d'une page blanche. Je mettais alors une nouvelle fois une partie de moi dans une création, et il me sembla qu'elle fut bien plus complexe que ceux que j'avais déjà élaborés. Bien sûr, elle avait déjà été, autrefois. Elle serait plutôt souriante, en temps normal, mais son empathie lui ferait donc afficher facilement un air inquiet. Sa douceur et son intelligence pourrait se lire dans ses yeux, que je ferais marrons. Non, bleus. De beaux yeux bleus. La faire blonde aurait été logique, mais j'avais envie d'originalité, et surtout de contraste. D'abord, je lui fit donc les cheveux noirs, mais ce contraste là fut bien trop brusque, et me gêna. Elle serait donc rousse, d'un roux sombre, ses cheveux lisses et brièvement ondulés. Je fonçais la tinte des iris pour que tout ce qui aurait pu sembler brusque disparût. J'ajoutais alors quelques petites tâches de rousseurs sur son visage, sur des joues rondes, une petite bouches aux lèvres un brin pulpeuses, et un petit nez fin. Un visage poupon qui lui convenait parfaitement. Je dessinait alors dans mon esprit le reste de son corps, qui somme toute serait très commun, assez de poitrine opulente, assez de fesses rebondies, j'aimais beaucoup les belles formes et courbes, mais elles n'étaient pas de mises pour elle. Elle aurait donc un corps fin, que personne n'aurait à envier mais que chacun saurait apprécier. J'étais sur le point de terminer quand je sursautait de voir que j'avais oublié un détail : Milena se trouvait nue. Je la couvrant d'abord de simple sous-vêtements noirs.Haussant un sourcil, je me demandais quel style j'allais bien pouvoir lui faire adopter. J'optais pour un simple t-shirt blanc, absolument sans intérêt, pour le haut. Pour le bas, j'optais pour un jean un peu large couvert par une jupe noire, et plaçait sur ses pieds des basket converses rouges, grand classique. Je revenait sur ma décision concernant la jupe, et allongeait finalement le T-shirt blanc de façon à en faire une sorte de robe. C'était bien mieux ainsi.
Milena.
Je contemplait mon oeuvre, le coeur serré d'un sentiment de tristesse dont je ne comprenait pas l'origine. Je posait donc son corps encore inanimé sur une sorte de table d'opération que j'avais posé là un peu plus tôt. Enfin, elle était là. J'étais épuisé.

- Milena.

Elle cligna alors des yeux. Comme je l'avais dit, elle avait conscience de où elle était et de tous les évènements du Multivers autant que de Cardith.

- Je peux y aller ? demanda-t-elle l'air inquiète.

Je souriait en lui indiquant la porte. Tu es libre, ma petite, alors va.
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Jour 3 : Combats en équipe (2/2)   Dim 8 Mar - 21:14

Kami fut prit au dépourvu par deux fois en un instant. Tout d'abord par le fait que Christian refuse de voir son petit frère. D'aussi loin que le prêcheur se souvienne, son ami avait toujours porté à son cadet une affection toute particulière et aurait été prêt à faire n'importe quoi pour lui. Le clivage était certes né au moment de leurs retrouvailles à l'institut, peu après l'intégration de Daniel et Katadelyne, mais il n'aurait été délirant de penser que malgré cette opposition, leurs liens restaient forts. La quête vengeresse de Raphaël envers Benjamin en avait d'ailleurs constitué une preuve. Plus encore, ce fut l'évocation du créateur qui déstabilisa Kami. Sa situation était particulière. Il n'était originellement qu'une réplication à l'identique d'un personnage déjà existant. Arthur avait fait de lui quelque chose de plus avant de l'abandonner, et c'était finalement ce dénommé Théo qui s'était occupé de lui. Le même qui avait créé son camarade, Barry, et tant d'autres de ces jeunes gens qui lui avaient redonné le goût de vivre. Son statut était ainsi insolite, et il se sentait quelque peu à part, mais, sentant la confusion du gaillard ailé, il préféra lui venir en aide plutôt que de s’apitoyer sur son sort au demeurant agréable.

-Une impression, dis-tu ? Puis-je te demander de m'en faire part ?

Si le soutien moral le motivait, c'était surtout sa propre curiosité qui le poussait à poser ces questions. Il avait toujours cru en Dieu. Aucun dogme ne lui correspondait aussi ne partageait-il que très peu sa foi, mais l'existence d'une entité supérieure expliquait à son sens les fondements même de leur univers. Les récents événements lui donnaient ainsi raison, en cela que ces trois jeunes gens et cette entité que les guides appelaient Pot correspondaient à l'idée qu'il se faisait d'une déité. Pour autant ces réponses apportées à ses croyances profondes soulevaient plus encore de questions, et Kami était avide d'en savoir plus sur eux. Il avait bien compris qu'il ne pourrait plus rien tirer de celui étant déjà parti, aussi se devait-il d'étudier les deux restants. Si Raphaël pouvait l'accompagner sur la voie de la compréhension, elle n'en serait que plus alléchante.

Nathan sentit quant à lui une fluctuation dans l'essence du Pot. Une anomalie. Il n'avait pas été prévu que des créations voient le jour durant le tournoi, et quand bien même l'idée serait venue, on ne l'en avait pas informé. Colérique, l'aspirant archange eut une conversation télépathique avec la guide au teint mat qui lui fit part des intentions réalisée de Jolan. Il lui reprocha de ne pas l'avoir prévenu mais se rendait bien compte qu'il s'agissait d'une accusation illégitime. Les guides n'avaient aucun devoir les uns envers les autres : leur seul maître était le Pot. Cela lui permettait de se rappeler qu'il n'était pas encore archange. S'il voulait un jour pouvoir commander aux guides, il lui fallait à tout prix atteindre ce rang en s'attirant les faveurs de leur supérieur à tous. Voilà qui demandait d'agir et non pas de se contenter de prodiguer conseils et assistance. Nathan se téléporta dans la loge réservée au dernier des créateurs sur place, et se plaça dans un coin de la pièce, invisible, en attendant que Milena s'en aille. Mieux valait ne pas la noyer dans la confusion dès sa naissance. Dès lors qu'elle fut partie, Nathan réapparut, élégant et fier dans son costume noir. Il targua Jolan du regard et s'adressa à lui.

-Vous faites parler de vous, monsieur, fit-il sur le ton du reproche. L'incident survenu lors du dernier combat semble avoir des conséquences inattendues et sème le trouble. Je ne comprends pas cette contre-mesure.

Joignant le geste à la parole, il désigna des yeux la table dont Milena s'était levée.

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MessageSujet: Re: Jour 3 : Combats en équipe (2/2)   Dim 8 Mar - 23:07

Assis dans les gradins à leur place habituelle, Charlène et Darius discutaient avec aisance, l'adolescente faisant preuve d'une constance dont ceux qui la connaissaient auraient été étonnés. Cet endroit n'était certes pas le plus beau de l'arène, qui disposait de bien des salles insolites et merveilleuses, mais il semblait qu'une fois la nuit tombée, cette partie-ci du bâtiment leur appartenait. Peut-être parce qu'ils les avaient remarqués, les autres invités évitaient de venir se promener dans cette zone, laissant ainsi aux deux jeunes gens une intimité qui jouait à développer leur complicité presque innée. Ils n'avaient pas eu à se côtoyer bien longtemps pour comprendre qu'ils s'entendraient à merveille, et aujourd'hui l'idée de retourner séparément dans leurs mondes respectifs les travaillait. Aussi s'étaient-ils mis en quête d'une éventuelle solution. L'une de leurs options consistait à que l'un ou l'autre migre dans l'univers du second. Bien que la solution ne soit pas adoptée, ils avaient donc entrepris de se présenter leurs amis. Dans cette optique, Charlène avait passé la soirée aux côtés de ceux du monde des éléments. Elle avait ainsi pu découvrir Violine, qui n'était pas sans lui rappeler Mathilde à ceci prêt qu'elle était plus conciliante que la mutante. Pandora était un personnage atypique, à la fois charmant et agaçant, tout l'opposé de sa mère, sereine. Noatak était un jeune père d'apparence immature, sympathique et volontaire ; le genre d'hommes qu'elle pouvait aisément apprécier. Ils étaient peu dans ce groupe, d'autant plus que la créatrice qui détenait la moitié des leurs n'était pas venue assister à ce tournoi, mais elle ressentait déjà un certain attachement pour eux. Elle échangeait ainsi avec Darius ses impressions sur tous ces gens, et entreprenait de lui parler de ses amis, à défaut de pouvoir les lui présenter dans l'immédiat. Son récit, elle l'avait donc commencé en parlant de l'institut, dont elle expliqua le concept. Il lui fallut ainsi dériver sur les mutants en règle générale, Porol, puis les aventures qu'ils avaient vécu tous ensemble. Elle ne put s'attarder sur les conflits ayant opposé les siens à Christian puis Richard, elle même n'en ayant connaissance que par le biais des dires de Barry ou Raphaël principalement. Après presque une demi-heure, elle put enfin commencer à se pencher plus précisément sur les membres de leur joyeuse troupe.

-Valentin tu vois lequel c'est ?

Darius répondit d'un hochement de tête. Ils avaient déjeuné ensemble lors de la pause du premier jour des combats, et avaient à l'occasion échangé quelques mots. Il savait qu'il était le meilleur ami de Charlène et elle lui en avait assez parlé pour qu'elle passe directement au suivant. Non pas que ce garçon ne l'intéresse pas, loin de là, il semblait être quelqu'un de particulièrement doux et affirmé à la fois, deux qualités qui ne se retrouvaient que très rarement chez la même personne.

-Ensuite il y a Mathilde, continua-t-elle. À peu près mon âge, les cheveux bouclés...

-Elle était là ? Ça ne me dit rien...

Charlène se souvint qu'effectivement, la jeune sœur de Benjamin avait préféré rattraper le temps perdu avec son frère pendant que la plupart des adolescents se rencontraient. On ne pouvait aucunement le lui reprocher, bien sûr, seulement cela forçait la petite lunatique à faire d'elle une description que beaucoup jugeaient particulièrement juste, mais qui lui coûtait à titre personnel. Peut-être était-ce là un brin de jalousie.

-Celle qui est vachement jolie, précisa-t-elle.

L'Eldarak s'empourpra légèrement, ne sachant trop comment admettre qu'il voyait parfaitement de qui il s'agissait et qu'elle était effectivement très belle, aussi feignit-il l'ignorance – il s'en sortait pour cela à merveille. Pensive, Charlène finit par appeler un guide qui eut la gentillesse, en un éclair, de lui ramener de sa chambre la pochette dans laquelle elle conservait précieusement nombre de ses dessins, particulièrement ceux qu'elle trouvait réussis. Malgré la négligence stylistique dont elle faisait preuve, l'adolescente n'en aimait pas moins le beau et aimait le dessiner, aussi disposait-elle de plusieurs portraits de sa camarade de chambrée. Elle n'eut besoin de fouiller qu'un instant avant d'en trouver un et de le présenter à son ami. Celui-ci éclata soudain de rire. Ce n'était pas du tout à elle qu'il avait pensé, et le fait de savoir qu'il n'avait finalement pas réellement menti le soulageait grandement. Elle l'interrogea du regard, interloquée, et il lui répondit par un sourire franc, niais. Il était vrai que cette fille sur le portrait, dont il se souvenait à présent, était autrement plus jolie que Charlène. Cela n’empêchait pourtant qu'il la trouvait bien plus attirante et intéressante. Inutile de faire l'hypocrite à ses côtés. Il reporta son attention sur le papier.

-Je vois à présent. Mais j'ignorais que tu dessinais aussi bien.

Un petit rictus vint déformer les lèvres de la mutante. Même si elle demeurait modeste, elle appréciait grandement qu'on lui rappelle la qualité de ses œuvres, d'autant qu'elle se savait objectivement douée. Mais tout le mérite ne lui revenait pas.

-J'ai appris à partir des carnets qu'avait laissé Angélyna à l'institut.

-Angélyna ?

Elle demanda à Darius de tenir le premier portrait, et en sortit un second, représentant la femme dont il était question.

-C'est la sœur de Lilia. Lilia, tu vois ?

Bien sûr qu'il voyait. D'abord parce qu'elle était actrice du dernier combat en date et que celui-ci avait particulièrement marqué les esprits, mais surtout parce que tout le monde ici avait déjà entendu le nom de Lilia Hubs. D'apparence ce n'était qu'une petite blondinette maigrichonne, mais elle avait quelque chose que les autres personnes n'avaient pas. D'elle se dégageaient des flux d'émotions particulièrement marqués, voire dans l'excès. Elle était importante pour leur créateur commun, Darius l'avait bien senti. Il s'agissait en somme d'un sentiment qu'il peinait à s'expliquer et plus encore à exprimer, mais oui, il savait qui elle était. Grâce au dessin, il reconnut également Angélyna, la jeune mère tatouée.

-Angélyna est très gentille, continua Charlène. Quand elle vient à l'institut, elle prends toujours du temps pour me donner quelques conseils. Elle dessine mieux que moi, mais elle ne montre jamais ses dessins aux autres. Je crois qu'elle déteste s'imposer, mais au fond ça lui plaisir qu'on la complimente.

-J'ai l'impression que tu l'admires, s'étonna Darius.

-Un peu. À l'institut, il y a toujours eu des grands frères, des grandes sœurs. Le premier c'était Gareth, après y'a eu Raphaël et Émilie...

Face à la mine déconfite de son ami, elle sortit deux nouveaux portait afin de présenter ces trois personnes. Sur l'un étaient représentés les deux anciens tourtereaux, ensemble.

-Quand Émilie est morte, ça a été Angélyna qui a prit sa place. C'est un peu elle qui m'a élevé.

-Et maintenant ? interrogea le maître du métal.

-C'est Lilia. Elle fait toujours en sorte que tout le monde aille bien. Elle a beaucoup souffert, alors elle veut faire le bien partout, maintenant.

Darius observait son amie, étonné. Il n'était pas facile de croire, de prime abord, que Charlène comprenait si bien les gens qui l'entouraient, mais c'était pourtant le cas. Elle ne l'exprimait que peu mais parvenait sans peine à percevoir les émotions des gens. Sa crainte infondée d'être parfois malvenue l'empêchait de faire le premier pas lorsqu'il s'agissait de parler de sujets sérieux avec ses pairs, mais il n'en demeurait pas moins qu'elle se sentait particulièrement proche d'eux. Darius en vint à l'envier, lui qui avait eu une enfance des plus particulières. Élevé par un roi pour devenir une arme ultime, il avait toujours eu tout ce qu'il voulait, le souci étant qu'il n'avait jamais vraiment su ce qu'il voulait. Plus encore, il avait souffert d'une solitude insurmontable. Les autres enfants haïssaient son comportement tantôt immature, tantôt distant, où le jalousaient pour tous les privilèges dont il jouissait. Il se serait volontiers contenté de quelques soucis de communication avec sa fratrie ! Son sourire ne faisait néanmoins que s'élargir à mesure que le récit de Charlène continuait. Il adorait l'écouter parler, d'autant plus qu'elle ne se rendait pas compte qu'elle était intéressante. Il sentait qu'il pouvait l'interrompre à tout moment, et qu'elle se contenterait de le regarder avec surprise avant de répondre à sa question, sur son ton un peu décalé. Il était à son aise à ses côtés comme il ne l'était avec personne.

-Elle aussi tu as l'air de l'admirer, fit-il remarquer.

-Un peu aussi, admit-elle. Elle a toujours été très gentille...comme Angélyna, en fait. Je me répète.

-Elles ne sont pas sœurs pour rien.

-Elles ne sont pas vraiment sœurs, rectifia Charlène. C'était une supercherie montée par Jane et Barry – tiens, je les ai dessinés aussi – pour qu'elles se sentent mieux, toutes les deux.

-Tu me racontes ?

Alors elle lui raconta en lui répétant presque mot pour mot ce que lui avait dit Angélyna quelques années plus tôt. Elle s'était endormie en plein milieu du récit, pourtant elle se souvenait parfaitement de chaque syllabe prononcée. Quand elle affirmait avoir une mémoire d'éléphant, elle n'exagérait pas. Elle fit part à Darius du caractère de Lilia, qui se prénommait alors Katadelyne, et de sa relation alors tendue avec Angélyna. Elle expliqua les tensions nées au sujet de Daniel, puis les recherches menées par la jeune femme sous les conseils de Lars. Les trous avaient été comblés par les deux dirigeants de l'institut, qui avaient cru bien faire en affirmant le lien qui les unissait. Ils avaient eu raison. Cela avait permis à Angélyna de gagner en indulgence et d'acquérir un certain sens des responsabilités qui lui faisait défaut, tandis que Katadelyne avait tout fait pour s'améliorer et prendre exemple sur sa sœur. Leur osmose était encore belle à voir aujourd'hui malgré l'apprentissage de cette supercherie.

-Mais alors, Lilia, qui est-elle vraiment ?

-On n'en sait rien. Elle s'en fiche. Ça lui plaît d'être la petite sœur retrouvée.

-Et Raphaël ? Tu m'en parles beaucoup, mais tu vas l'affronter, non ?

Charlène fit la moue. Elle aurait préféré éviter le sujet, mais il faudrait bien qu'elle affronte la réalité à un moment où un autre, d'autant que le combat était demain.

-Oui, mais il est fort.

-Fort comment ?

-Ça dépend. Quand il a que ses ailes, je suis plus forte que lui. Ensuite, en noir...je pense qu'il est un peu plus fort que moi. Mais moins que Benjamin. En blanc il est plus fort que Benjamin. Plus que Lilia, je pense. Peut-être un peu plus que Gareth. Moins que toi. Mais du coup, beaucoup, beaucoup plus que moi. Il va me massacrer.

-Tu m'as pourtant décris un homme prêt à tout pour vous protéger, toi et les autres mutants.

-Ouais, il va essayer de pas me faire mal, mais il va gagner en tout cas. J'ai même pas envie de le faire, ce combat. Je vais abandonner, je pense.

La mine basse de Charlène devint soudain plus lumineuse. Elle avait presque oublié leur petit pari, mais en fin de compte, elle l'avait gagné : elle était allée plus loin que Darius dans ce tournoi, malgré le clivage immense entre leurs puissances. Il lui devait donc un myr. Le garçon ne comprit pas le pourquoi du regard amusé que son amie lui portait, et finit par l’interroger à ce sujet.

-Quelque chose ne va pas ?

-Le pari, fit-elle sur un ton entre le flegme et la malice.

-J'attendais que tu demandes !

Le fils de la terre fouilla un instant dans les poches profondes de son manteau pourpre en lambeau, et en sortit plusieurs plaques d'acier qui vinrent se réunir sur le sol. Cet amas se mit à grossir, formant une sphère dont la dimension ne cessait de croître.

-Une commande particulière ? demanda-t-il. Tu pourrais même en dessiner un que je ferais pour toi.

Charlène sembla pensive un instant. L'idée n'était pas mauvaise, certes. Cependant elle avait déjà mûrement réfléchi à son choix. Si elle n'avait droit qu'à une seule de ces créatures, hors de question de repartir avec le petit lot. Ce fut avec une joie infantile qu'elle répondit.

-L'argousin !

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Jour 3 : Combats en équipe (2/2)   Lun 9 Mar - 7:08

- As-tu seulement été créé pour comprendre ? répondis-je au guide.

Ces individus ne répondait qu'aux ordres du pot, et nous même, créateurs, n'étions sous les ordres de personne. Au final, nos "enfants" étaient les êtres les plus faibles de cet univers, comparé a nous et aux guides. Je doutais que Nathan puisse m'imposer ou me faire quoi que ce soit, étant un invité de marque du Pot, cette curieuse entité en aurait sûrement été dérangée, et il était à parier que l'aspirant Archange ne voudrait surtout pas reproduire un chaos tel que celui que nous avions déjà causé. J'étais donc plus ou moins à l'abri de ses capacités, mais il l'était tout autant des miennes, au détail près que nous pouvions profondément nous emmerder l'un l'autre de bien des manières. Je souriait en pensant que cette situation ressemblait un peu à une confrontation quelque peu tendue mais sans animosité que nous nous portions, Théo et moi.
Il te ressemble un peu, je crois.
Je souriait en répondant.

- Parlez de moi si ça vous éclate, j'en ai plus rien à foutre. Compte tenu du fait que les guides n'ont pas grand chose à carrer du bordel qui se passe dans le cerveau d'un être humain, je pense que tu t'inquiète pour l'arène et ton ascension. Jusque là, rien ne me choque vraiment. Par contre, tu es venu me voir directement ... Là ça devient intéressant. Inquiétude, agacement, doute. Peut-être que tu es venu obtenir des réponses à tes questions. C'est ce qui me semble le plus logique, en fait. Mais ça s'trouve j'me plante à fond, donc j'vais faire simple : qu'est-ce que tu veux ?

Effectivement, j'avais une idée de pourquoi il était venu directement, mais je ne savais pas ce qu'il désirait en profondeur. Je fis disparaître la table d'opération pour la remplacer par deux fauteuils confortables mais simples, face à face. Je m'asseyait sur l'un d'eux, patiemment.


- Ben, je sais pas, j'ai eu l'impression qu'on parlait de moi dans mon dos, puis rien, puis l'impression qu'il s'est passé un truc, mais juste de savoir que quelque chose s'est passé, expliqua Raphaël.

Il fronça les sourcils en entendant les bruits de pas, tournant la tête pour remarquer la nouvelle arrivante.

Sur le chemin entre ma loge et celle de Christian se trouvait celle de Raphaël. Elle savait que ce choque arriverait, mais voir aussi grand un garçon qu'elle avait connu si petit et un vieil ami tel que Kami lui fit prendre conscience du poids qui pesait dans sa poitrine. Milena salua les deux hommes d'un petit geste de la main. Elle était différente, un peu changée, pas tout à fait conforme aux souvenirs des membres de l'institut, mais c'était elle. C'était Milena.

- Bonjour ... Je sais que ça vous fait bizarre, moi aussi, d'ailleurs ... Il faut que je vois Christian.
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MessageSujet: Re: Jour 3 : Combats en équipe (2/2)   Lun 9 Mar - 12:26

Kami interrompit le flot de ses pensées en voyant débarquer cette petite rouquin. Elle ne ressemblait pas à Milena, pourtant l'évidence le frappa : il ne pouvait s'agir que d'elle. Les yeux écarquillés, il la regarda s'approcher puis se sentit presque défaillir lorsqu'elle s'adressa à eux. Sa voix n'avait pas changée. C'était la même qu'il avait entendu, bien des années auparavant, lorsque Jane et Barry cherchaient un second membre pour l'institut. Kami ouvrit la bouche mais ne parvint à prononcer le moindre mot, confus. Les informations nécessaires à l'expression de ses sentiments lui faisaient défaut, aussi fit-il en sorte de les obtenir. Dégainant de nouveau le marqueur qui ne le quittait jamais, il inscrivit le nom de son amie sur son avant-bras, en se délectant de chaque lettre ainsi gravée, pour la première fois depuis bien longtemps. Il sut le pourquoi de son retour, l'étendue de ses savoirs, et fut profondément troublé de constater qu'elle avait changé. Son essence, bien que comportant des similitudes avec celle dont elle disposait autrefois, était profondément bouleversée. Le prêcheur regarda ses pieds en silence, se résolvant à ne pas se laisser aller à une émotion inappropriée. Peut-être pourrait-il se réjouir du retour de sa camarade, ultérieurement, mais elle était avant tout ici pour remplir une fonction définie. Kami préféra rester placide.

-Christian loge au bout de ce couloir, derrière la dernière porte de gauche.

Il lui donna cette information puis repartit d'où il était venu, les mains fourrées dans les poches de son jean trop long, la gorge serrée. Une douleur sans nom le tiraillait, et il avait l'affreuse impression que le retour de son amie avait achevé de la tuer, en effaçant ce qu'elle avait été. Le lien émotionnel était pour l'heure trop fort pour qu'il parvienne à en tirer la moindre conclusion. Kami rompit l'effet de son pouvoir et s'en alla vers sa chambre, où il s'allongea tout habillé sur ses draps, les mains jointes sur son nombril, les yeux rivé sur le plafond. Cette nuit serait longue. Quelques couloirs plus loin, Nathan s'installa face à Jolan, sur le fauteuil prévu à cet effet. Déboutant sa veste, il se permit également de desserrer le nœud de sa cravate sombre et passa, par réflexe, une main dans ses cheveux ondulés. Il dévisageait le créateur avec une certaine dureté qui n'était aucunement emprunte d'agressivité. Au contraire, il était curieux, voire admiratif de ces êtres à l'origine de la création du Pot et responsables de l'existence des différents univers.

-Je cherche à comprendre, répondit-il calmement. Christian Monier pose problème ; ses relations avec les autres individus a grandement compromis le dernier combat en date, et son cas semble déranger les participants. Pourquoi ne pas s'en débarrasser ?

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MessageSujet: Re: Jour 3 : Combats en équipe (2/2)   Lun 9 Mar - 22:50

- C'est une très bonne question, Nathan.

Je souriait. Il était intéressé, et devait beaucoup réfléchir, et n'étant pas "configuré" pour comprendre des sentiments tels que ceux qui m'animaient ainsi qu'ils animaient nos créations, il devait être pris de questionnements sans réponse envisageable de son point de vue. Je me grattait la barbe, bien fournie ces derniers temps, de ma main disponible. En cet instant précis, j'étais professeur, et il était élève, il me fallait donc être compris par celui qui n'avait que trop peu vécu, et qui n'avais pas été conçu pour intégrer ce que je m'apprêtait à lui inculquer. En cet instant je regrettait que Théo ne soit pas là pour m'indiquer comment lui "enseigner" ...

- C'est compliqué d'expliquer ça, concédais-je. Je ne peux tout simplement pas me débarrasser de lui. Christian est fait de trop de passion, la colère, la souffrance, l'amour, tout ça est réuni en lui et il ressent chacun de ces sentiments, mais tout le temps, en fait. C'est comme une énorme tempête, un ouragan gigantesque qui sévit en lui. La raison n'a que peu de place au milieu de tout ça. Le fait est que chacun des protagonistes de Cardith l'a apprécié au moins une fois, c'est toujours difficile de se rendre compte que quelqu'un qu'on a su apprécier est en fait un véritable monstre. En particulier Kami, Raphaël, Gareth, ainsi que Jane et Barry ... Et je te parles pas de Milena. C'est là qu'elle intervient, mais tu verra bien par toi-même. C'est une histoire triste ... Qui se déroule en ce moment même.


En effet, à ce moment même Kami venait de quitter Raphaël et la réincarnation de Milena. Quand l'ange noir voulu prendre la parole, incrédule, la jeune femme se servit de son pouvoir pour disparaître. Trafiquer la lumière de façon à ne plus être vue ... Ces deux événements achevèrent d'hébéter le grand frère de l'institut, tandis que son aînée avait commencé à courir vers la chambre de son aimé. Sa maîtrise de l'air permit au gaillard d'en avoir conscience, mais il ne partit à sa suite qu'avec beaucoup de retard, encore sous le choque. Il prit de nouveau du retard quand il voulut prendre son envol, qui fut de courte durée lorsqu'il percuta une chaise en sautant, tombant lamentablement au sol, se redressant aussi sec à la poursuite de Milena, que tout le monde avait vue, car elle était désormais bien trop occupée à courir pour se soucier de qui la verrait ainsi. Elle n'aimait pas la façon dont je l'avais refaite. Elle se persuadait qu'elle s'y ferait, à force, mais elle aurait préféré rester telle qu'elle l'avait été autrefois. Mais je ne me souvenait pas d'elle d'autrefois. J'espérait qu'elle me pardonne ces modifications égoïstes, mais elle n'avait que bien peu d'intérêt pour moi. Elle se moquait bien de qui j'étais, et de ce que je pouvais représenter, et que je veuille ou non qu'elle rejoigne Christian, elle l'aurait de toute façon fait. J'avais voulu qu'elle accomplisse quelque chose pour moi, mais au final, j'étais celui qui avait agi pour elle. Non, pour lui. Je me rendais compte à quel point je ne représentait plus rien auprès de ces deux là. J'aurais pu m'en sentir contrarié, mais non. J'étais tellement plus heureux qu'il en soit ainsi ...

Raphaël s'arrêta avant d'avoir complètement rejoint Milena. Il laissa entre lui et elle une distance suffisante pour la voir correctement, mais pas assez pour l'entendre. S'il avait le droit d'observer la scène, il lui était interdit de l'interrompre. La gorge du gaillard se serra.

La rouquine plaça son dos contre la porte de façon un peu lourde, avant de se laisser glisser contre celle-ci. Elle commença à siffler un petit air. Un petit air sympathique sur lequel ils avaient dansé et s'étaient perdus l'un l'autre. Un air qui déchira instantanément le coeur de Christian. Dans sa lecture tranquille, la poitrine oppressée, une page broyée dans sa main, à cours d'haleine et les yeux brûlants, il se souvint de chaque note de cette chanson comme s'il l'avait écrite ... Car c'était en fait le cas. Il pensa d'abord que je lui jouais un tour, et nourrit à mon égard de bien sombre pensées. Il alla se placer contre la porte de la même manière que Milena. Il ouvrit une montre à gousset qui entreprit la même mélodie qu'avait débuté la jeune femme. Celle-ci se tût. La porte se trouvait assez fine pour que l'un et l'autre puisse s'entendre, aussi elle entama la discussion.

- Il m'a ramenée. C'est à peu près moi.

- Ce qui veut dire que ce n'est pas toi, répondit-il sèchement.

- Tu as raison ... Tu as souvent eut raison, tes raisonnements étaient si logiques et évidents. Tu as lu ma lettre ?

Il découvrait donc que je ne lui avais pas joué de tour, j'avais fait bien pire. Je l'avais ramenée, ou plutôt amenée, elle. La difficulté de parler devint plus aiguë.
[https://www.youtube.com/watch?v=wVcqyB2Rbz8]

- Je l'ai lue.

- ... C'est un peu gênant.

- Tu aurais voulu qu'il en soit autrement ?

- Oui, je crois. J'aurais autant aimé ne pas mourir, tout simplement. J'ai l'impression d'avoir grandit trop vite, pourtant, ça ne me gêne que dans le principe. J'aurais préféré que l'on reste ensemble. J'aurais voulu que tu ne te perdes pas, surtout.

- ...

- Je suis au courant de tout ce que tu as fait, à Cardith comme ici. Il y a de belles choses. J'ai beaucoup aimé tes illusions, pendant ton combat. Enfin, au début ... Ce n'est pas très sympa de m'avoir montrée si ...

- Je devais le faire, la coupa-t-il.

- Tu pouvait le faire. Tu l'as fait. Personne ne t'y a forcé. Comme pour tout le reste.

Ils marquèrent un instant.

- Tu me pardonnes, dis ?

L'espace d'un instant, il ne comprit pas pourquoi c'était elle qui lui présentait des excuses. Ce ne pouvait pas être parce qu'elle s'était exprimée de façon si crue. Ils ne s'étaient jamais retenus pour s'exprimer l'un l'autre le fond de leur pensée. Mais déjà, Milena repris la parole, précisant la question.

- C'est pas vraiment ta faute si tu t'es perdu, tu sais ? Comme tu le disais, tu as été manipulé. Par la vieille dame, déjà. A cause de moi. Et par les créateurs, aussi. Au fond, tu n'as pas fait grand chose d'autre que ce qu'on l'on voulait de toi. C'est vrai que c'est une histoire triste, au final.

Christian frappa la porte d'une inouïe violence.

- JE NE SUIS PAS UNE PAUVRE PETITE CHOSE ! hurla-t-il.

- C'est vrai. Mais tu n'es pas ce que tu es. Tu aurais dû être autre chose, en fait. Et moi, j'aurais dû rester ce que j'étais. Maintenant on est ce qu'on est, c'est comme ça.

- Je sais déjà ça. Je me suis perdu, car on a dessiné un labyrinthe sur mon droit chemin. Un labyrinthe dont ta mort était l'entrée. A présent, plus j'avance et plus je pense que la sortie n'est autre que la mort.

- Je ne suis pas d'accord. C'est vrai que je suis impliqué au plus haut point dans ta déroute, mais je veux terminer ce que j'ai commencé. Tu veux bien qu'on devienne meilleurs ?

- Personne ne peut ne serait-ce qu'imaginer que ce soir possible.

- Maintenant, si, répondit-elle, souriante.

- Je me demande bien pourquoi. Moi-même ne suis pas sûr de pouvoir y parvenir. Être meilleur ... Je suis tombé si bas.

- Je te pardonne.

- C'est facile, pour toi, rétorqua l'ange blanc. Ce n'est pas tes amis que j'ai assassiné lâchement. Ce n'est pas ta famille que j'ai atteint lorsque j'ai renversé le gouvernement de Porol par les armes.

- ...

- Personne n'oubliera ce que j'ai fait. Et aucun pardon ne me sera accordé, le tien ne vaut rien.

- Je te pardonne.

La poitrine de Christian l'oppressa. Prendre sa suivante inspiration fut un effort surhumain. Ce fut son cou qui le fit souffrir enfin, aux artères. Puis il souffrit d'un léger mal de tête, assommé par des tambours. Ses propres battement de coeur. C'était donc ce qui le diminuait tant. Que c'était lourd à porter, un coeur.



Au final, mon but était atteint. Mais je comprenait pourquoi ce sentiment de tristesse m'avait atteint lorsque Milena avait recouvré la vie : j'était tout simplement soumis au poids de la culpabilité. Milena avait raison, nous avions fait de Christian le monstre qu'il n'était pas. Le monstre dont nous avions besoin pour, et l'expression me dégoûte, nous divertir. Moi et Théo étions les principaux responsables, mais nous vivions trop auprès de Raphaël et de Lilia pour nous en soucier. Encore maintenant, le sort de Christian ne m'avait intéressé que peu de temps auparavant. Je détestait me sentir coupable, mais ce sentiment était amorti par un autre, le soulagement. Je souriait à Nathan.

- A l'heure qu'il est Christian devrait être en train de se tordre de douleur, car une bonne partie de la rage qui fait de lui ce qu'il est est en train d'être ... supprimée, en gros. Ou évacuée, plutôt. Sa douleur se pansera, petit à petit, et il sera libre de vivre son amour. Peut-être même sera-t-il doué de raison. Christian est incomplet sans Milena, mais Milena n'existe que pour Christian. Il n'y avait donc qu'une manière d'en finir avec cette histoire : les réunir. Les choses vont encore être quelque peu troublées un moment du coté de Cardith, mais rien qui puisse perturber le déroulement des combats, je pense. Puis tout se calmera ... Peut-être pour s'agiter ailleurs ...
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MessageSujet: Re: Jour 3 : Combats en équipe (2/2)   Mar 10 Mar - 1:34

Bien que chaotiques et confus, les propos tenus par Jolan faisaient sens pour Nathan. Il commençait à concevoir ce que pouvaient ressentir ces êtres humains imparfaits, habités de sentiments forts qui prenaient le dessus sur leur raison et mettaient bien souvent en péril la stabilité du multivers. Cette volonté de créer Milena dépendaient alors d'une sorte de devoir, d'un hommage rendu à cet être nommé Christian, d'un accomplissement. Ce garçon, Jolan, semblait refuser de quitter définitivement ces lieux sans avoir fait en sorte que l'homme ailé puisse atteindre un état proche de l'harmonie. De la stabilité, en tout cas. C'était une cause honorable. Une cause qui suscitait bien des émotions, mais une cause honorable tout de même. Plus encore, Nathan comprenait que Christian était un échec. Ni Jolan ni Théo n'avaient pu le stabiliser. Une expérience organique somme tout non viable. Mais n'avait-ce pas été là leur volonté ? Infliger une telle torture et des tourments passionnels à un simulacre d'humain tenait du sadisme, pourtant l'aspirant archange commençait à y déceler une certaine logique. Les personnes étaient une chose, mais leur seul caractère ne les définissait pas. Ils existaient également de par leur histoire commune avec les autres, leurs interactions avec eux, leur place dans un récit défini et pensé. Telle avait été la place de Christian. Peut-être n'y avait-il simplement plus rien à en tirer maintenant, et qu'il valait mieux le jeter comme un vieux jouet dont on ne se servait plus. Nathan sourit, se moquant de lui-même. Voilà qu'il en revenait finalement à l'interrogation initiale. Non, définitivement, il ne comprenait que partiellement les humains. Sans plus de cérémonies, il se leva en réajustant sa veste, et s'inclina légèrement.

-Merci de ces réponses, fit-il sobrement avant de disparaître.

Ce n'était aucunement par simple politesse qu'il avait formulé ces remerciements. Même si il n'était pas parvenu à chasse les interrogations concernant Milena de son esprit, Jolan avait tout de même apporté un nouveau savoir à Nathan, et pour cela il éprouvait une certaine reconnaissance. Ce savoir, le guide l'imprima en lettre capitales dans son esprit. Les humains étaient touchants et inspirants, mais idiots et dénués de sens commun. Peut-être n'était-il qu'une création parmi tant d'autres, mais il n'aurait échangé sa place avec eux pour rien au monde.

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MessageSujet: Re: Jour 3 : Combats en équipe (2/2)   Jeu 12 Mar - 20:33

Si les rapprochements entre les habitants des différents mondes avaient été dans un premier temps timides, l'accoutumance avait finalement prit le pas et désormais, il n'était plus rare que certains circulent librement d'une loge à l'autre, allant rejoindre de nouveaux camarades dont ils avaient beaucoup à apprendre. Nitilde, parmi d'autres, avait eu beaucoup de mal à faire le premier pas ; c'était d'ailleurs Vallen qui le lui avait forcé. Il fallait bien admettre que son histoire personnelle ne jouait pas en sa faveur pour ce qui était de tisser du lien social. Enfermée depuis sa plus jeune enfance dans les locaux de l'OSC, elle y avait profité d'un luxe exorbitant sans pour autant jouir de la moindre liberté. Une cage dorée. De fait, elle n'avait rencontré que très peu de personnes dont l'âge avoisinait le sien. Elle affectionnait beaucoup le jeune stratège de Mantis, que Valentin avait chargé d'être son tuteur, mais ils n'en restaient pas moins deux personnes aux rôles, aux caractères et aux status si différents qu'il leur était impossible de devenir plus proche qu'on ne les y autorisait. Anne avait été pour elle ce qui s'approchait le plus d'une amie, mais Nitilde savait pertinemment que cette receleuse vouait à son égard un intérêt tout à fait professionnel, ou presque. Quel ne fut donc pas son contentement lorsqu'elle s’aperçut que ces adolescents, en provenance principale de l'institut Hubs, étaient tout à fait sympathiques. Elle engagea aisément la conversation avec eux dont le monde présentait d'indéniables similitudes avec la terre, similitudes troublantes s'il en était dans certain cas. Des œuvres similaires existaient en effet dans leurs deux mondes. Fanatique de cinéma – elle passait une majeure partie de son temps à regarder des films dans une salle privée en haut du siège de Paris – Nitilde discuta de la grande saga Marvel du début du vingt-et-unième siècle dont elle était friande, à tel point qu'elle avait fini par se procurer, non sans mal et grâce à l'appui financier illimité de son père adoptif, tous les comics originaux. Ce garçon aux cheveux sombres qui partageait le prénom du dirigeant européen et sa cadette à la tignasse immaculée appréciaient également cet éditeur, pourtant bien vite il apparut qu'un élément pourtant essentiel à cet univers fictif manquait. Tout ce qui avait trait aux mutants semblait en effet n'avoir jamais existé dans la version de Marvel venue de Cardith. Il s'agissait aux yeux de Nitilde d'un véritable affront et d'une lacune qu'il fallait absolument combler. Valentin refusa, ayant déjà prévu de passer la soirée en compagnie de Mathilde, mais Miranda accepta volontiers l'invitation de la rouquine, qu'elle retrouva le soir même dans les quartiers terriens. Ayant très vite compris qu'il était aisé de tirer parti des guides, la scami leur avait demandé de répliquer à l'exact ses appartements. Lorsque Miranda y arriva, les mains dans les poches de son treillis, elle en eut le souffle coupé. L'institut n'était pas à plaindre niveau luxe, pourtant ces pièces immenses écrasaient en dimensions comme en esthétisme celles du manoir des Monier. Peut-être perdait-on en charme, mais le jeu en valait la chandelle.

-Personne d'autre ? demanda Nitilde, un peu déçue.

-Tu parles ! Ils doivent tous être en train de sa faire des papouilles, du style « c'est vraiment super que tu sois là, je suis trop contente, prends moi dans tes bras ! ».

Devant la mine surprise de la rouquine, Miranda se justifia.

-J'dis pas que c'est une mauvaise chose hein ! Enfin c'est fatiguant au bout d'un moment quoi.

Les deux adolescentes se dévisagèrent un instant, peinant à se comprendre l'une l'autre. Nitilde ne pouvait pas vraiment juger de la qualité du propos de son interlocutrice, elle qui n'avait pas vécu dans un cadre où l'affection débordait. Elle en était peut-être un peu jalouse. Ce fut l'occasion pour Miranda de dévisager la terrienne. Elle était un peu plus grande qu'elle mais devait à peine faire la taille de Lilia. Ses yeux étaient d'un gris foncé étonnant compte tenu de la rousseur de ses cheveux ondulés, qui dissimulaient une partie de son visage. La mutante avait peiné à comprendre le pourquoi de cette coiffure alors que celle qui lui faisait face avait un faciès plutôt agréable, mais elle comprit que ces mèches éparses avaient pour but de camoufler une cicatrice qui parcourait s'étendait de l'oreille au menton de Nitilde, sur le côté droit de son visage. Ne manquant pas de remarquer la surprise causée par cette découverte, celle-ci s'expliqua, se contentant d'annoncer que c'était son père qui l'avait ainsi mutilée. Elle ne s'attarda en revanche pas sur le pourquoi de cette sentence, répondant presque sèchement à Miranda lorsqu'elle insista. Cela ne dura fort heureusement pas longtemps. Même si elle était curieuse, l'ex-benjamine de l'institut, dont ce titre avait été destitué par Layla, n'était pas du genre à remuer le couteau dans la plaie. Puisque Nitilde ne voulait pas évoquer le sujet, soit, elle n'en parlerait plus. Elles se dirigèrent ensemble vers une salle qui s'avéra être entièrement dédiée aux projections cinématographiques. Écran géant, fauteuils rouges alignés, hauts-parleurs multiples, tout y était. Une fois de plus, Miranda fut interloquée.

-T'es pas sérieuse, fit-elle. T'as ça chez toi ?

-T'as le droit d'être jalouse.

-Tu m'étonnes. Il nous faut la même. Bon, y'a quoi au programme ?

Elles en restèrent comme prévu à l'univers Marvel, dont Miranda tenait à découvrir ces pans inexistants dans son monde. Il était visiblement essentiel pour elle de découvrir la saga X-Men, pourtant son premier choix se porta sur le second volet des Avengers, qui devait sortir à Cardith dans les semaines à venir. Une occasion de voir une telle production en avant-première, ça ne se loupait pas. Outre le plaisir non dissimulé qu'elle prit au visionnage et que Nitilde partageait bien qu'elle en soit presque à connaître le script au mot près, la présence de deux personnages parfaitement inédits surprit l'adolescente. Sa nouvelle amie lui expliqua par la suite qu'il s'agissait là justement de deux de ces fameux mutants dont la notion avait été rayée à Cardith. Elles discutèrent ainsi trois bonnes heures, prenant plaisir à se découvrir l'une l'autre. Nitilde n'était de toute manière pas difficile et pouvait s'entendre avec à peu près n'importe qui, or Miranda n'avait que deux ans de moins qu'elle et partageait avec elle bien des passions. Celle-ci trouvait quant à elle la rouquine autrement plus avenante que Mathilde ou Charlène, bien trop dans leurs mondes pour être de véritables amies. Loin d'elle l'idée d'affirmer qu'elle ne les appréciait pas pour autant, simplement elle ne se voyait pas en faire autre choses que des substituts de membre de sa famille. Des cousines avec qui elle prenait plaisir à s'amuser de temps à autres, voilà tout. Lorsque finalement elle retourna dans la loge de Cardith, les bras emplis de comics venus d'un autre monde, elle se rendit compte que certains étaient encore debout malgré l'heure tardive. Barry et Benjamin débattaient dans l'un des salons. Elle hésita à aller les rejoindre, d'une part car elle avait toujours aimé le second de Jane, mais également car elle gardait un très bon souvenir de Benjamin. On lui avait rapporté que c'était un jeune homme froid, cynique, parfois même cruel et qui avait inspiré la crainte aux membres de l'institut. Pourtant, dans sa mémoire d'enfant, il avait été particulièrement gentil avec elle. Elle était donc curieuse de découvrir ce qu'il en était réellement, mais passa la main : ces deux-là discutaient certainement de sujets sérieux auxquels elle ne comprendrait pas grand chose. À travers une vitre, elle aperçut ensuite Lilia, accompagnée de sa sœur et de Daniel. Ces trois-là étaient, avec Raphaël, ceux dont elle était le plus proche. La tentation d'aller les embêter fut toutefois vite dissipée par la joie qu'ils affichaient tout trois et sa fatigue. Elle alla finalement se coucher.

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MessageSujet: Re: Jour 3 : Combats en équipe (2/2)   Ven 13 Mar - 23:41

Des rayons de soleil traversaient les volets de la chambre de Gareth depuis un peu plus d'une heure lorsque Layla débarqua à grands cris, pour le plus grand agacement du nordique. Il ne put pourtant s'empêcher de sourire face à ce rituel qu'avait adopté sa fille depuis des années. Lui sautant dessus à grand renforts de sourires, elle le força à se lever pour lui préparer son petit déjeuner. La nuit n'avait pas été facile pour lui, mais le soutien d'Ethan avait permis d'oublier un peu ses sordides espoirs. Profitant de la somptueuse cuisine dont ils disposaient -en commun avec le reste de l'institut- le père et la fille s'activèrent, Layla faisant croître oranges et tomates, tandis que Gareth commençait la cuisson du bacon et des œufs, et mettait des tartines à griller. Étant pour une fois les premiers levés, ils anticipèrent l'arriver des autres membres en cuisinant bien plus qu'il ne leur était nécessaire Ils étaient conscients que si ils avaient désirés se nourrir rapidement, un guide aurait pu leur fournir tout ce qui leur étais nécessaire, voir même annihiler leur envie de manger. Mais ce vieux rituel ne se laisserait pas abattre par l'omnipotence du pot !

Dans l'arène, et bien loin de toutes ces préoccupations que la jeune femme aurait jugée superficielles, Melody s’entraînait d’arrache-pied. La capitaine avait passé toute la nuit à s'escrimer contre Bartiméus et quelques bretteurs renommés de Valato, qui avaient acceptés avec plaisir de l'aider. Se battant par fois seule contre trois, la jeune femme ne se ménageait pas, forçant le respect des quelques rares spectateurs de ce spectacle. Une guide observait la scène avec sérénité, prête à intervenir en cas de problème. Son regard sans âge et sa grâce poussa Roche à aller vers elle, au bout de quelques heures de passes d'armes. Il ne put tirer d'elle que son prénom, Ariane, ainsi que quelques banalités sur sa fonction en ce lieu, avant que Melody, très terre à terre, ne demande d'essayer le terrain en forme de dé, où Erlyn lui même avait combattu.

Las d'être convoqué sans interruption depuis des heures, Belwur avait décidé de ne plus conférer ses pouvoirs à la brûleuse, au grand damne de sa possesseuse, qui après une crise de colère, décida qu'elle pouvait bien se passer de l'artefact. Au bout d'un long moment, elle finit par se résigner à arrêter l'entrainement.

S'évaporant dès lors qu'elle n'était plus nécéssaire, Ariane apparut non loin de Nathan. Le guide qui semblait le plus probable d'être promu archange lui avait semblé perturbé, depuis peu. C'était un comportement auquel l'être sans âge qu'elle était ne semblait pas habitué, de sa part. Elle, plus « jeune » que lui, n'avait jamais eu aucune ambition en la matière, et ne désirait qu'apporter son aide à ses semblables, ainsi qu'aux nouveaux résidents de ce monde. S'approchant de lui avec calme, elle demanda :

- Tu sembles troublé Nathan. Est-ce la rencontre avec les créateurs qui te met dans un tel état ?
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