Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 La puissance impériale

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L.Hubs
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MessageSujet: La puissance impériale   Ven 19 Déc - 15:20


Cela faisait plus d'une semaine que la navire suivait la direction du lever du soleil, inlassable. Affichant un visage tendu, son équipage ne se laissait pas aller au moindre relâchement, conservant un sérieux à toute épreuve. Le capitaine criait quelques ordres de temps à autres, plus par acquis d conscience et pour garder ses hommes occupés que par réelle nécessité, puis il repartait s'enfermer dans sa cabine, apathique comme ses subalternes. Fendant les eaux, le bâtiment avait fière allure, arborant trois dizaines de mètres de long et un pont assez large pour y faire tenir plusieurs chariots. Tout d'acier et de bois, ce redoutable cuirassé portait en son sein des gaillards lourdement armés, vêtus d'une tenue couleur lavande ornée d'argent, surmontée d'une légère cuirasse souple mais robuste. Pendait à leur ceinture un fourreau contenant un glaive court, tandis qu'un bouclier était sanglé dans leur dos, prêt à être agrippé. Enfin, de leur main gauche, ils tenaient fièrement une lance plus haute qu'eux. En plein voyage, aucun d'eux ne risquait d'avoir à se servir de cet équipement délétère, mais le port de cet uniforme n'était pas rendu obligatoire pour des questions pratiques. À l'instar des bannières étendues là où la place le permettait, leur rôle était galvaniseur. Ils partaient en guerre. Ils s'y étaient préparés, et quand bien même ils devraient tanguer et connaître la pluie battante, ils ne se sépareraient pas de leur revêtement. L'écusson cousu sur leur épaule en témoignait : ils portaient hauts les armoiries de leur patrie, l'étendard de Veln. Combien de navires possédaient-ils ? Impossible de le déterminer en ne se basant que sur son acuité visuelle. À la gauche, à la droite de la pointe de flotte, ces imposants véhicules marins s'étendaient jusqu'à l'horizon, formant un triangle parfait. Le capitaine fit signe, après une énième vérification derrière sa longue-vue, qu'il venait d’apercevoir la côte, et les moteurs redoublèrent d'efforts. C'était le moment décisif. S'ils accostaient sans difficulté, la victoire était déjà leur. Sur la terre naïlikane, les villageois s'étaient rassemblés sur la jetée et plissaient des yeux pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'un mirage et que ces formes sombres à travers la brumes étaient bien réelles. Un vent de panique se faisait dores et déjà ressentir ; car ces navires approchant de leur petite cité provenaient d'un lieu inconnu. Il était effectivement communément établi que l'Ouest n'était qu'océan sans fin et sans vie. Dès lors qu'un des fermiers locaux avait signalé l'anomalie, les riverains avaient accuru et s'attroupaient à présent, murmurant leur incompréhension, criant leur étonnement. L'auberge, toute proche, se vida bien vite alors que le brouhaha montait. Iyoh y résidait depuis plusieurs nuits. Il avait décidé de rester en ville afin de garder un œil sur sa mère, apprendre ce qu'elle était devenu, peut-être même aller lui parler. Sur ce point, il demeurait indécis. Rasé, les cheveux attachés, vêtu comme la plèbe, il aurait presque été méconnaissable si ce n'était pour son regard perçant. Comme les autres, il se dirigea vers les alentours du port et s'adressa à l'un des marins qu'il connaissait à présent de nom.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? lui demanda-t-il, curieux.

-Ceux de la jetée disent voir des navires en approche. M'est d'avis que c'est juste le vieux du phare qui veut attirer l'attention, mais bon.

Les mains fourrées dans la poche de sa veste, Iyoh haussa les épaules et se dirigea à son tour vers la jetée à grandes enjambées, désireux d'en avoir le cœur net. La journée était particulièrement claire dans la région, et le temps était propice à la navigation, mais tout cela semblait improbable. Force fut toutefois de constater la véracité des dires précédemment entendus. Alors qu'il avançait, il commença à discerner les vagues silhouettes d'immense bâtiments et accéléra le rythme pour s'en assurer, s'approchant au plus possible du phare, dont la lueur se dirigeait enfin vers les arrivants. Une surprise teintée de crainte vint alors se loger sur son visage impassible. Ses yeux se mirent à trembler tandis que sa bouche s'entrouvrit. Ce n'étaient pas quelques navires qui approchaient de Karielle, mais toute une flotte. Des dizaines de cuirassés immenses, qui se dessinaient peu à peu à travers la brume, et qui ne pouvaient signifier qu'une chose. Les échanges silencieux entre les villageois firent comprendre à l'ancien chef des Ombres qu'il n'était pas le seul à avoir discerné la nature de la menace. Il ne voulait plus avoir à se battre, souhaitait seulement vivre paisiblement dans cette région, changer de vie comme l'avaient fait beaucoup de ses anciens confrères. Mais il devait également savoir prendre ses responsabilités. Il était fort, mentalement et physiquement. Il avait l'expérience des conflits et savait comment y mettre fin. En un instant, le trancheur retrouva contenance et s'adressa de sa voix puissante et claire à l'ensemble des naïlikans présents sur place.

-Retournez chez vous ! Prenez le nécessaire et partez vers l'Est ! Il faut que quelqu'un aille avertir la capitale. Maralik a des chevaux rapides, que ceux qui savent monter filent vers Artesia et Neims !

Durant quelques secondes, il y eut un flottement durant lequel personne ne réagit. Puis le son insoutenable d'un cor résonna depuis les navires lointains, venant assourdir les habitants de Karielle.

-Maintenant ! insista Iyoh.

Nul ne pensa à protester cette fois-ci, et tous filèrent droit vers la cité. Un groupe de jeune gens accompagnèrent le dénommé Maralik,un vieux fermier qui tenait son exploitation en périphérie. Ils avaient fait leur classe dans l'armée et pouvaient chevaucher, aussi serviraient-ils de messager pour l'heure. Les plus avisés expliquaient la situation à ceux qui ne semblaient la comprendre et se demandaient le pourquoi de cette retraite soudaine, tandis qu'Iyoh retournait à l'auberge d'un pas décidé. Il monta droit vers la chambre qu'il louait et empoigna son fourreau, qu'il attacha à sa ceinture avant d'y glisser sa rapière. Seul, il alla se dresser sur les quais, mains croisées dans le dos, jambes tendues. Les vents de novembre faisaient virevolter sa tignasse sombre derrière lui, tandis que les nuages sombres commençaient à reprendre le dessus sur un soleil qui jusqu'à lors avait timidement tenté de s'imposer. Dans son dos, les villageois s'agitaient, mais faisaient preuve d'une efficacité due à la discipline naïlikane. On pouvait reprocher à ce peuple d'être têtu et rude, mais il avait pour lui un certain pragmatisme et un sens de l'organisation qui lui avait été précieux à de nombreuses reprises. Aujourd'hui encore, ces simples marins et agriculteurs mettaient cet héritage à profit pour sauver les leurs. Iyoh n'eut besoin de se retourner, sachant que sa mère serait mise en sécurité. Ils auraient l'occasion de se retrouver plus tard. En moins d'un quart d'heure, la cité devint déserte. Ne restait plus que le trancheur, immobile, faisant face à l'ombre grandissante des bateaux sans ciller. Bientôt, le premier arriva à portée du port et débuta son accostage. La passerelle fut mise à terre, et plusieurs soldats dont l'uniforme était inconnu d'Iyoh la descendirent avant de former deux rangs parallèles qui avaient probablement pour ambition d'imiter une haie d'honneur. Aucun d'eux n'accorda le moindre regard à l'ancien chef des Ombres. Puis ce fut au tour d'un homme vêtu d'une armure de cuir et d'acier sombre de descendre. Une cape violacée virevoltait dans son dos tandis que deux manches d'armes en dépassaient, probablement deux épées, l'une plus longue que l'autre. Sa démarche, son expression, la façon dont il observait son environnement ; tout clamait que cet homme-ci était un véritable combattant. Il n'avait pourtant rien de la cruauté guerrière des rebuts de Gladys, mais lui faisait plutôt penser à Snori Pendragon, un brin d'audace en plus. Iyoh posa aussitôt la paume de sa main sur le fin pommeau de sa propre arme. Les regards des deux hommes se croisèrent, puis l'étranger avança vers lui, tout sourire.

-Je m'attendais à mieux pour nous accueillir ! clama-t-il sur le ton de la plaisanterie.

-Vous accueillir ?

L'inconnu fit silence sans cesser de le fixer, puis eut un ricanement de désapprobation.

-Tu ne manques pas d'audace, valatien.

Iyoh jeta un furtif coup d'œil derrière lui. Cela ne faisait que peu de temps que les messagers étaient partis. Il lui faudrait en gagner suffisamment pour que l'armée puisse arriver, sans quoi Karielle serait rasée en un instant, et les dommages ne s'arrêteraient pas là. Laisser ces envahisseurs – car il ne pouvait s'agir que d'une invasion – avancer dans leurs terres, c'était leur accorder un atout considérable. Dans un lieu exigu comme celui-ci, ils étaient encore vulnérables. Le trancheur considéra ses différentes options, sans trahir son intense réflexion.

-Vous êtes ? lança-t-il.

-Le prince Eiwen Sivignan Merelis, meneur de la Sainte-Garde et chef suprême de cette armée. Mais tu peux me tutoyer, valatien ! Je t'ai révélé mon identité, révèle moi donc la tienne.

Donner son nom ? Peut-être que cet Eiwen était informé et le connaîtrait, d'une manière ou d'une autre. Dans ce cas très précis, cela ne pouvait toutefois lui causer du tort.

-Iyoh Tzumihi, répondit-il simplement.

-Oh, Tzumihi ! Si ce n'est pas merveilleux. J'ai le plaisir de t'annoncer que tu es sur la liste, Iyoh, en cinquième priorité. C'est déjà honorable.

Jusqu'à lors stoïque, Iyoh se permit de sourire à son tour. Faire preuve d'assurance suffisait généralement à déstabiliser son adversaire, et cette occurrence ne dérogea pas à la règle. Eiwen eut un léger mouvement de recul lorsque le rictus se dessina sur le visage de son interlocuteur.

-Alors c'est ça ? Une invasion. Vous aviez des agents à Valato, et vous avez établi une liste des personnes à abattre. Reste à déterminer qui vous êtes.

Les soldats avaient commencé à débarquer et formaient désormais des bataillons sur le port, encerclant les deux hommes, tandis que d'autres navires commençaient à débarquer. Eiwen posa ses mains sur ses hanches et leva les yeux vers le soleil qui disparaissait petit à petit, tirant la moue. Sans se détourner de la voûte, il rétorqua.

-Perspicace, Tzumihi, perspicace. Se pourrait-il que toi et tes alliées ayez prévu notre arrivée ?

-Je vais continuer de poser les questions, si tu n'as rien contre.

Cette fois-ci, le regard d'Eiwen se durcit. Il comprit au ton d'Iyoh qu'il ne s'agissait plus d'une joute verbale mais d'un véritable duel. Son affirmation avait eu valeur de menace. Tout deux se fixèrent tels deux félins prêts à se jeter l'un sur l'autre, puis le prince de Veln porta sa main à son épée. Iyoh fut bien plus vif. En un éclair, il fondit sur lui et lui immobilisa le bras derrière le dos, passant son autre main autour de son cou. L'énergie électrique commença à crépiter juste sous la gorge du leader adverse mis à mal.

-Maintenant, si tu n'as toujours rien contre, je vais continuer de poser les questions. Vous autre ! Cessez immédiatement ce débarquement ! Si un seul autre navire accoste, je tue votre commandant.

Une femme vêtue d'un long manteau prune traversa alors les rangs de soldats, qui pointaient à présent tous leurs lances vers le trancheur. Elle se dirigea droit vers ce dernier, qui la fixa sans détourner son attention de son prisonnier. Elle s'adressa alors à lui d'une voix rauque et gutturale, peu féminine mais qui collait à merveille à son visage aux airs durs et agacés. Iyoh comprit aussitôt qu'elle était également une adversaire redoutable, au même titre qu'Eiwen, peut-être même plus encore.

-Qu'est-ce que tu vas faire, valatien ? demanda-t-elle sans conviction. Si tu tues Eiwen, tu meurs sur le champ. Ta vie n'a-t-elle donc aucune valeur à tes yeux ?

-Oh, ma vie n'a pas de valeur pour grand monde. Mais compte tenu de votre réaction à tous, je présume que la sienne en a.

L'inconnue poussa un soupir agacé et se tourna vers Eiwen.

-Tu t'en es encore tiré à merveille, commenta-t-elle.

-Comme toujours. C'est pour leur laisser l'espoir Cléome, l'espoir qu'ils puissent faire quelque chose.

-Tu es trop gentil.

-N'est-ce pas ? Cet homme, c'est Iyoh Tzumihi.

-Priorité cinq. Vous allez mourir, valatien, affirma-t-elle en retournant à Iyoh.

L'intéressé écoutait avec attention leur interaction, tentant de capter la moindre information qui pourrait leur être utile à l'avenir. Il ne comptait pas mourir ici, pas maintenant qu'il était enfin en phase de trouver sa voie, et il n'y avait plus grand chose qu'il pouvait faire à présent à part garder le silence et faire hésiter ses opposants le plus longtemps possible. Résignée, Cléome fit un signe de main et les navires encore à l'eau se stoppèrent à plusieurs dizaines de mètres du rivage. Une autre femme fit son apparition. Particulièrement grande, les cheveux roux, elle n'était vêtue que de cuir et n'avait pour seule arme qu'une simple épée à sa ceinture. Plusieurs soldats s’inclinèrent à son passage, et elle éclata d'un rire franc lorsqu'elle vit Eiwen en difficulté. D'abord penaud, celui-ci la rejoignit bien vite, premier qu'il était à se moquer de ses mésaventures. Iyoh parvint à rester stoïque, ne se laissant pas distraire par leur relâchement.

-Efficace comme toujours, mon seigneur, se moqua la grande rousse.

-Celui-là est sur la liste, l'informa Cléome. Iyoh Tzumihi.

-Ah, oui, je me souviens. Merci Cléome, va rejoindre tes hommes, je m'en charge.

La dénommée Cléome acquiesça puis repartit d'où elle était venue sans mot dire, faisant claquer son long manteau derrière elle à chaque pas. La second femme la regarda s'en aller avec le sourire puis se retourna vers le geôlier de son camarade et fronça les sourcils. Elle et Iyoh arboraient désormais une expression très similaire, preuve d'un sang froid à toute épreuve et d'une détermination de fer. Elle tira vivement son épée de son fourreau via sa main gauche, et en tendit la pointe vers Iyoh.

-Très bien Tzumihi, fini de jouer. Relâche-le, ou je t'exécute sur le champ.

-Prête à risquer sa vie sur la supposition que tu sois plus rapide que moi ?

-Ne la provoque pas...conseilla Eiwen.

À Artesia, Esmezia avait finalement décidé de suivre Adel, accompagnant Alix et Oloren jusqu'à l'académie. Il n'avait pas semblé nécessaire à l'aînée des filles d'Ilawen de prétexter quoi que ce soit pour aller toucher un mot aux responsables de sa sœur. Elles affrontèrent le blizzard faiblissant en silence, occupées qu'elles étaient à tenter d'avancer à travers la neige dans laquelle elles s'enfonçaient jusqu'aux mollets. Alix avait agrippé la main d'Oloren, ce qui vint confirmer les hypothèses formulées par l'hovoïte quelques instants auparavant. Elles étaient donc ensemble, à présent. Cela ne pouvait que leur être bénéfique à toute deux, même si certains verraient d'un mauvais œil ce genre de relations. Pour sa part, elle ne parvenait toujours pas à comprendre comment deux femmes pouvaient ressentir des sentiments amoureux et une véritable attraction l'une envers l'autre, mais tant que cela ne la concernait pas, elle se fichait bien des décisions prises par ses amies. Elle s'était presque décidée à faire une croix sur ces amitiés depuis son retour en ville de toute manière. Oloren et elle ne s'étaient adressé la parole que pour entrer en conflit, et Alix semblait désormais plus proche d'elle que de personne d'autre. Elles avaient certes collaboré pour ce prototype d'armure, mais pouvait-on alors parler de réelle affection ? Esmezia enfonça son visage dans son écharpe. Ces doutes n'étaient pas bienvenus. Alix avait toujours été là pour elle, et elle l'appréciait pour toutes ses qualités humaines. Les récents changements dans sa vie la chamboulaient quelque peu, il lui fallait simplement le temps de s'en remettre, de définir de nouveau son cercle relationnel avec clarté. L'épéiste se mit alors à rire d'elle-même. Qu'elle était bête de se soucier de ces choses. Aujourd'hui plus que jamais, elle avait ces gens pour l'entourer, elle qui craignait tant la solitude. Peut-être avait-elle peur de l'accepter, mais il en était ainsi. Elle chercha et trouva la main de son amie, qu'elle empoigna fermement avant de se rapprocher du duo qu'elle et Oloren formaient. Elles arrivèrent à l'académie une dizaine de minutes plus tard et furent distraites par une assemblée bruyante au milieu de la cour. Alix sembla hésiter, puis, apercevant sa sœur au sein de la foule d'étudiants, elle décida de la rejoindre.

-Adel ! Eh, Adel !

L'adolescente aperçut les trois amies suite aux appels de son aînée et les rejoignit. Elle aussi avait entendu ce brouhaha alors qu'elle venait de frapper à la pore d'Elias, et avait décidé d'aller voir de quoi il s'agissait, son professeur ne l'ayant de toute manière certainement pas entendu, grand distrait qu'il était.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Esmezia.

-Aucune idée, mais il y a un messager au centre.

La marcheuse jaugea l'épaisseur de la foule et décida de s'en charger.

-Silence ! ordonna-t-elle.

Beaucoup se tournèrent vers elle et se turent immédiatement, la reconnaissant sans peine. Que ce soit au Sud ou au Nord, on la connaissait de nom et de visage, or le messager qui venait d'arriver avait demandé à rencontrer quelqu'un qui faisait office d'autorité locale. À défaut de mieux en attendant que quelqu'un prévienne le maire, elle ferait donc parfaitement l'affaire. On laissa le jeune messager de Karielle avancer vers elle.

-Vous êtes Esmezia Fambriel ? s'assura-t-il.

Elle acquiesça d'un signe de tête et il reprit la parole, paniqué.

-Karielle est envahie ! Des navires sont venus de l'Ouest, nombreux. C'est une véritable armée. Mes camarades sont en route pour Neims, pour prévenir le roi, et je dois m'y rendre aussi, on n'est jamais trop prudents.

-Oh, attends ! Comment ça, par l'Ouest ? Il n'y a rien à l'Ouest.

-On le pensait aussi !

Surprise, pour ne pas dire déconcertée, Esmezia s'assura que ce messager ne lui racontait pas quelque affabulation puis le laissa repartir et alla faire face à ses amies, estomaquée. Une invasion maritime de la part de parfaits inconnus ? Cela sonnait comme la fin des vacances. Elle chercha Alix, qui comprit aussitôt où elle voulait en venir.

-Non, non, non. Tu n'y vas pas !

-Je dois m'en assurer. Alix, s'il te plaît. Tu sais que je ne changerai pas d'avis de toute façon.

L'étudiante poussa un long soupir après avoir dévisagé ses trois compagnonnes.

-Vous êtes vraiment des têtes de mules, toutes les trois. Attends moi là.

Alix disparut dans les couloirs de l'académie et revint l'instant d'après, portant à l'aide de ses assistants le mannequin sur lequel reposait constamment l'armure. Esmezia vint à leur rencontre et ils l'aidèrent aussitôt à enfiler ce redoutable équipement sous les yeux étonnés de la plupart des spectateurs qui n'avaient jamais entendu parler de ce prototype. Elle s'apprêtait à partir sans délai lorsque retentit un sou saccadé dans la cour. Laissant derrière elle une traînée bleuâtre, Inès venait d'apparaître, l'air déterminée. L'hovoïte ne parvint à le reconnaître immédiatement mais finit par discerner ses traits et marqua une surprise plus grande encore que lors de l'annonce du messager.

-Laly ? Comment est-ce que tu...Nigfol est là ?

-Plus tard ! J'ai croisé un messager qui allait vers la capitale ; je vais à Karielle.

-Je viens avec toi !

Un grand sourire s'afficha sur le visage de la révulseuse. Elles allaient droit vers l'ennemi, comme au bon vieux temps, et nul doute qu'elles en viendraient à bout. Elle prit la main d'Esmezia et se tourna vers le reste des personnes présentes.

-Je peux prendre une autre personne avec moi, si quelqu'un est intéressé.

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MessageSujet: Re: La puissance impériale   Ven 19 Déc - 19:40

Cirdan Calanor avait suivit le mouvement, désireux de retourner à l'académie après avoir échangé quelques courtoisies avec Ilawen. Beörielle avait quant à elle quitté son livre pour accompagner sa petite sœur. Ils furent tous trois présents lorsque la nouvelle de l'Ouest arriva. Cirdan haussa les sourcils lorsque Nigfol fit son apparition, sa surprise alla jusqu'à le pousser à se frotter les yeux. Les deux jeune femme aux cheveux neige furent simplement heureuses de pouvoir compter sur un tel avantage, avec la seule différence qu'Oloren ajoutait à cela la satisfaction de voir Inès aussi comblée.

- Moi j'vous accompagne. Vous pouvez rien faire, si je suis pas là pour me plaindre ! lança la cadette Ehlkaÿd.

- Dans ce cas, je viens aussi.

Toutes deux avaient enfilés leur vêtement le plus imperméable et coupe-vent, à savoir leur armure de cuir noir. Elles étaient assorties et particulièrement fringantes, la marque de fabrique de Ralën était indiscutable. Le professeur s'avança un peu jusqu'à les rejoindre à son tour.

- Si je puis me permettre de me joindre à vous, je peux être d'une aide insoupçonnée.
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MessageSujet: Re: La puissance impériale   Ven 19 Déc - 21:28

-Une seule, insista Inès.

Voir un tel enthousiasme chez ces personnes, Oloren particulièrement, lui faisait plaisir, mais elle ne voulait pas outrepasser les limites de ses pouvoirs fraîchement retrouvés et risquer un quelconque accident. Il faudrait que les deux sœurs et l'inconnu se départagent et le fassent vite, car elle ne comptait pas rester ici, sa seconde main tendue, durant une éternité.

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MessageSujet: Re: La puissance impériale   Mar 23 Déc - 13:22

- Alors j'irais, trancha Cirdan.

Oloren s'apprêta à contester, mais se ravisa, puis haussa les épaules. Après réflexion, elle préférait rester auprès d'Alix, avec le sentiment qu'elle devrait bientôt la protéger. Beörielle n'intervint pas non plus, préférant rester avec sa petite soeur. Prévoyant un semblant de doute auprès de ses amies, Oloren reprit la parole.

- Moi ça me va, il est bizarre mais je crois qu'on peut lui faire confiance.

Le professeur haussa les sourcils, puis sourit, lui-même se trouvait bizarre, il ne pouvait contredire une vérité, bien que pris au dépourvu.
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MessageSujet: Re: La puissance impériale   Mar 23 Déc - 20:14

L'état de Luuwr depuis la destruction de Rednow laissait à désirer. Soucieux et n'accordant plus leur confiance en leur dirigeant, les citoyens fuyaient vers les campagnes, cherchaient à retrouver leurs familles avant un autre incident. Si l'armée et les autorités ne communiquaient pas quant à l'avancement de l'enquête, cela ne pouvait que signifier qu'il n'y en avait pas. Kesron, ainsi fragilisé, ne savait plus où donner de la tête. Le peuple oranien coopérait sans poser de problèmes pour ce qui était de la réunification, qui n'en restait pas moins compliquée à mettre en œuvre. Le fait qu'Edwig soit encore en liberté et ait en outre à ses côtés Belwur et Nigdaoz n'allait pas pour rassurer le président qui passait une majeure partie de ses journées enfermé dans son bureau, à recevoir ministres puis généraux à la chaîne. Peu à peu, l'idée d'abdiquer, à l'instar du roi de l'Est, se frayait un chemin dans son esprit. Elle en était toutefois constamment chassée. Toute sa vie, Talir avait recherché le pouvoir, et il en avait aujourd'hui plus que ses prédécesseurs. Il lui fallait se montrer à la hauteur des événements et parvenir à contenir cette panique montante. Ce fut en début d'après-midi, alors qu'il venait de terminer un déjeuner frugal, qu'on vint frapper à la porte de son bureau une fois encore. Machinalement, il demanda à l'arrivant d'entrer mais celui-ci n'attendit pas l'autorisation pour ouvrir grand et venir lui faire face. C'était un homme d'armée, haut-gradé et vieillissant, que Kesron connaissait bien. Lui travaillait avec les différents présidents depuis Juguaïr, à qui Omer Gueldre avait succédé. Il affichait aujourd'hui un air affolé qui ne lui ressemblait pas. Placé au garde-à-vous devant son supérieur, il avait les poings serrés et contenait avec peine son impatience, aussi le chef de l'état le délivra-t-il en lui demandant d'un geste de la main de dire ce qu'il avait à dire.

-Koïden est prise, monsieur !

Kesron haussa les sourcils comme quiconque l'aurait fait en entendant un mensonge grossier.

-Qu'est-ce que vous me chantez-là ?

-Alderon Fushy s'est emparé de l'île à l'aide d'une armée qui nous est inconnue, venue des mers par l'Est.

Le président frappa du poing sur son bureau, furieux. Il se leva brusquement et avança jusqu'à la baie vitrée qui lui offrait une vue remarquable sur la capitale. Mains croisées dans le dos, il tentait de retrouver ses esprits et de chasser l'état de furie sans nom dans lequel il se trouvait actuellement, sans grand succès. Ils avaient traqué le maître-savoir sans relâche, mais il leur avait été impossible de mettre la main dessus. Afin de conserver un semblant d'unité, ils n'avaient pas révélé au peuple sa possible trahison, qui n'était jusqu'à lors qu'hypothétique. Il en avait sans doute profiter pour s'infiltrer sur l'île en toute légitimité et la conquérir de l'intérieur. Mais une armée, venue des mers ? Qu'était-ce encore que cette hérésie ? Après Rednow, Edwig Luthness s'en prenait donc à leurs réserves. Luuwr ne pouvait se permettre de perdre cette terre fraîchement acquise. Les ressources dont elle disposait pouvaient à elles seules changer le cours d'une guerre tant ces émeraudes étaient essentielles dans la conceptions de leurs armes les plus redoutables. Kesron comprit alors pourquoi son fidèle allié semblait être en proie à une telle panique. Ce n'était pas la trahison de Fushy, ni la présence de ces envahisseurs inconnus qui le déstabilisaient. L'armée du Sud était forte, elle aurait pu aisément reprendre n'importe quelle île. Mais ils avaient menés leurs expériences à Koïden. Si l'ennemi l'avait prise, alors ils avaient pris contrôle des nouveaux canons s'y trouvant. Tout navire s'en approchant serait donc coulé en un instant. Il était désormais trop tard pour parler au conditionnel : Koïden était perdue, c'était un fait. Kesron se dirigea vers la sortie, rageur, en faisant signe à l'officier de le suivre. Celui-ci retint le président en plaquant une main puissante sur son torse. Talir ressentit alors une douleur lancinante dans sa poitrine. Bouche bée, il y baissa les yeux pour découvrir une dague, plantée jusqu'à la garde, puis figea de nouveau son regard dans celui de son ami qui souriait à pleine dents. Enfin, ses paupières se fermèrent et il chuta lourdement au sol. Le militaire sortit, referma soigneusement la porte derrière lui puis, au détour d'un couloir, changea d'apparence.

Inès jaugea brièvement cet inconnu se proposant, et constata que ses connaissances semblaient approuver ce choix. N'ayant pas de temps à perdre, elle s'en contenta et lui agrippa vivement la main avant de se téléporter une première fois. Esmezia n'aurait jamais pu s'attendre à une sensation aussi grisante et commençait à comprendre ce que devaient ressentir les fonceurs lorsqu'ils utilisaient leur pouvoir. La vitesse à laquelle ils se déplaçaient actuellement était si ahurissante que la rouquine ne percevait que des suites d'images tandis qu'une formidable énergie traversait son corps. En avaient-ils eu pour quelques secondes ou plus d'une heure, elle n'aurait su le dire, mais lorsqu'elle retrouva pleinement ses esprits ils étaient arrivés sur une colline qui surplombait la cité maritime. Aguerrie, elle demanda à ses deux alliés de se dissimuler quelques secondes, le temps qu'elle estime l'ampleur du danger. La flotte adverse n'avait pas encore totalement débarqué, et il semblait d'ailleurs qu'une immense majorité des navires se soient stoppés à plusieurs dizaines de mètres du rivage. Il y avait un attroupement sur les docks, et un cercle s'était formé. En son centre, trois silhouettes se dessinaient. Avec Inès, l'avantage semblait toutefois leur. Ces navires pourraient aisément être coulés avant même d'atteindre la côte. Mieux valait pour autant faire preuve d'une certaine prudence et continuer d'observer avant de se révéler. L'hovoïte s'apprêtait à le signaler à son amie lorsqu'elle se rendit compte que celle-ci avait dores et déjà disparu. Elle poussa un soupir de dépit et murmura, plus pour elle-même que pour Cirdan :

-Ce serait trop demander de réfléchir un moment...

-Dépose ton arme au sol.

Esmezia sursauta puis se retourna brusquement pour faire face à une lame fine et courbée qui pointait vers sa gorge. L'arme disposait d'une allonge avantageuse grâce à la taille de son manche et était tenue d'une main par une jeune femme vêtue de noir, de vert, et d'une armure légère argentée. Ses cheveux sombres encadraient un visage particulièrement fin aux yeux vairons. Compte tenu de la distance qui séparait l'acier de sa gorge, la marcheuse ne pouvait pas se permettre de désobéir, aussi se redressa-t-elle lentement avant de déposer sa main sur le manche de l'épée qu'elle portait actuellement. C'était une lame droite qui ne lui convenait pas parfaitement mais qui suffisait à faire son office. Si elle parvenait à la dégainer avec une vivacité suffisante, peut-être pourrait-elle mettre son ennemie hors d'état de nuire. Tentant de s'accorder une marge convenable, elle recula d'un pas. Aussitôt, la femme en vert fit un pas en avant.

-Pas d'entourloupe, menaça-t-elle d'une voix grave et fatiguée.

Comprenant que le chois n'était pas sien, l'épéiste obéit et envoya son arme aux pieds de l'ennemie.

-Ta tête me dit quelque chose, dit celle-ci. Montre moi tes yeux.

La marcheuse baissa aussitôt le visage, et l'inconnue leva les yeux au ciel puis s'approcha et lui prit le menton entre les doigts afin de figer ses yeux dans les siens. Esmezia sauta sur l'occasion et tendit l’auriculaire, puis l'index. Une première impulsion se déclencha au niveau de son talon, donnant à son coup de genou la célérité nécessaire pour que la jeune femme, toute proche, ne puisse faire autrement que l'encaisser. Le souffle coupé, elle se plia en deux et porta sa main libre à son estomac douloureux. La seconde impulsion fut au niveau de sa hanche et propulsa Esmezia latéralement. Elle se réceptionna par un roulé-boulé en récupérant son épée, et partit aussitôt à l'assaut. L'ennemie tendit sa main vers elle, créant des courants violents qui l'envoyèrent valser en arrière. Ce pouvoir, la rouquine l'avait déjà vu, pas plus tard qu'il y avait quelques heures ! Son adversaire faisait tournoyer son arme autour d'elle tandis que l'air s'accumulait sous ses pieds, formant des volutes verdâtres qui vinrent faire décoller ses pieds du sol. Esmezia activa aussitôt son propre pouvoir, la faisait léviter à son tour.

-Alors c'est bien toi, fit l'inconnue. Vous êtes déjà deux proies à venir vous jeter dans la gueule du prédateur...qui était la femme avec vous ?

-J'ai la moindre raison de te répondre ?

La jeune femme tendit alors la main vers Cirdan, utilisant ses dons pour l'attirer brutalement vers lui, et lui encerna le coup de son bras gauche tandis qu'elle plaçait son arme près de son visage. Elle figea ensuite de nouveau ses yeux dans ceux d'Esmezia.

-Maintenant oui.

Iyoh et la grande rousse ne s'étaient pas quitté des yeux depuis plusieurs minutes. La tension était palpable, et le trancheur sentait que la patience de ces envahisseurs s'approchait de sa limite. Soit cette femme bluffait à merveille, soit elle était prêtre à réellement sacrifier ce prince pour le tuer. Il lui faudrait fuir sous peu en espérant qu'il ait fait gagner suffisamment de temps aux messagers et que l'armée ne tarderait pas à faire son apparition. Inès, sous sa forme hybride, se téléporta alors sur le toit du bâtiment le plus proche. La plupart de la remarquèrent pas, aussi leva-t-elle son arme vers le cieux et tira un coup. L'imposant rayon attira cette-fois ci l'attention de l'ensemble des troupes débarquées et d'Iyoh, qui fit l'erreur de se retourner. Eiwen en profita pour le frapper du coude et se libéra, avant de dégainer son épée et de foncer dans sa direction. Iyoh activa aussitôt son plein pouvoir et profita de sa brève invincibilité pour s'enfuir. Nul ne tenta de lui barrer le passage, ayant visiblement connaissance des tenants de cette capacité. Eiwen s'étira la nuque, engourdie, puis se tourna vers celle qui était venue à son secours quelques instants auparavant en désignant Inès.

-Amilia, c'est quoi, ça ?

-Aucune idée. Ce n'est nulle part sur la liste. Nigdaoz a peut-être changé de propriétaire.

Eiwen haussa les épaules et entreprit de s'avancer vers Inès, qui se téléporta juste en face de lui et plaça son canon sur son front.

-Votre armée repart d'où elle vient et vous restez sur place, où vous mourrez tous.

Un sourire empli d'arrogance vint prendre place sur le visage du prince velnien.

-Cela fait déjà deux fois qu'on nous menace, alors permettez moi de mettre les choses au clair, mademoiselle... ?

Inès ne répondit pas mais fit signe qu'elle l'écoutait, sans pour autant détourner son arme. Les soldats dans son dos, placés en rangs parfaits, ne semblait pas enclin à tenter quelques attaque surprise, ce qui était tout à leur honneur et à leur intérêt. Les réflexes de Nigfol auraient permis à la révulseuse d'anticiper toute attaque conventionnelle, et elle n'aurait pas hésité à tuer ceux assez fous pour s'y risquer en guise d'exemple. Eiwen se recula sans qu'elle ne cherche à l'en empêcher, étant de toute manière apte à l'abattre quelle que soit la distance les séparant s'il l'y forçait. Le prince fit un signe à Amilia, qui acquiesça puis s'en alla vers les navires, avant de s'adresser à Inès sur un ton aguichant.

-La téléportation, ces afflux d'énergie, je présume que vous êtes Inès Vrag et que vous portez Nigfol. On nous avait informé de sa disparition, mais visiblement toutes nos informations ne sont pas à jour.
Il laissa un bref silence durant lequel il chercha à observer les réactions de son interlocutrice, mais celle-ci demeura stoïque. Son sourire s'élargit.

-Vous êtes donc la plus rapide et la plus puissante des entités sur ce continent. Ce sera un test parfait ! Inès Vrag, permettez moi avant toute chose de saluer votre courage ! À l'instar d'Iyoh Tzumihi, vous n'avez pas hésité un seul instant à venir nous faire face. Mais à sa différence, vous allez périr.

Plus loin, Amilia murmura quelques mots à trois de ses hommes, qui mirent l'ordre à exécution sur le champ. Inès n'eut que le temps de comprendre la menace et de tirer son doigt vers la gâchette, agacée, qu'il était déjà trop tard. Le trio de velniens venait d'ingérer une double gemme du temps, et avaient simultanément activés leurs pouvoirs délétères en ne ciblant que cette adversaire surprise. Deux archers bandèrent leurs cordes et tirèrent des projectiles au bout desquelles d'infimes pierres étaient incrustées à la pointe. La première flèche atteignit Inès, incapable de se mouvoir, sans lui faire de réels dégâts : elle s'était simplement enfoncée de quelques centimètres dans sa chair. Lorsque la seconde l'atteint à son tour, les deux tessons de gemmes désormais présents dans l'organisme de la révulseuse furent sujets à une dissolution simultanée. Ainsi en était-il de leurs gemmes de pouvoirs. Une seule accordait un pouvoir à celui qui n'en avait pas, où ne réagissait pas face à celui qui possédait déjà un pouvoir. Quant aux deux gemmes similaires, quel que soit le cas de figure, elles mettaient fin à l'existence de l'organisme touché. Veln avait longtemps hésité à conquérir Valato à cause des artefacts, mais ils disposaient désormais d'une arme apte à les détruire. Les trois maîtres du temps s'écroulèrent à quelques secondes d’intervalle, épuisés par l'utilisation concentrée de leurs aptitudes sur une cible particulièrement puissante. Le manteau d'énergie qui entourait Inès sembla imploser, ne laissant plus qu'à la jeune femme un bracelet autour du poignet. Si tôt qu'elle y eut posé les yeux, celui-ci s'effrita puis tomba en poussière, se dispersant au gré des vents. Inès n'eut pas le loisir de s'attrister, d'être effrayée. Elle tomba à son tour au sol, inerte, vidée de toute vie. Elle était venue ici en tant qu'être le plus puissant de ce monde pour mettre fin à ce conflit, et n'avait pas tenu trois minutes avant de périr. Elle aurait voulu mourir en héroïne, accomplir quelque chose. Penser perdre après cette résurrection inattendue était impensable. Elle avait enfin retrouvé sa joie, ses amis. S'assurant sans nécessité de leur victoire, Eiwen planta sa lame sombre dans le crâne de la jeune femme, puis leva un poing vers le ciel en se tournant vers ses troupes.

-Nous sommes désormais plus puissants qu'eux ! Nos ancêtres ont été chassés de Valato, et aujourd'hui, nous reprenons cette terre qui est notre !

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MessageSujet: Re: La puissance impériale   Mer 24 Déc - 12:03

- Voilà une manière bien peu délicate de remercier ceux qui viennent vous souhaiter la bienvenue. C'est un peu froid, pourriez-vous ôter ceci de mon visage ? Nous avons beaucoup marché et j'ai mal aux jambes, seulement m'asseoir et discuter sous la menace m'est une idée parfaitement désagréable. Et puis, je tiens à la vie, aussi.

Cirdan adressa son habituel sourire a la velnienne. Ce sourire de courtoisie qui ne semait le trouble qu'à la deuxième rencontre avec le professeur.

- Au fait, je me nomme Cirdan Calanor, je suis professeur à l'Académie. Bonjour !

L'innocence du dit professeur dans son air tant que dans ses paroles était exaspérantes, mais dénué de tout mensonge.
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MessageSujet: Re: La puissance impériale   

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