Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Loin des conflits, proche du bonheur

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Louis
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Jeu 13 Nov - 23:25

L'auberge commençait doucement à se remplir. Seth, désireux d'aider enchaînait les services, et sa maladresse était sur le point de devenir légendaire dans le lieu chaleureux. Loin d'agacer les clients, ses pirouettes acrobatiques pour empêcher un plat ou une tasse de tomber provoquaient l'hilarité générale. Loin de prendre mal ces quolibets amicaux, le jeune homme redoublait d'efforts, ce qui ne changeait malheureusement pas grand chose pour la vaisselle d'Ilawen...

Alors que le soleil commençait à s'éclipser sur Valato, la porte de l'auberge s'ouvrit, révélant un homme de grande taille et capuchonné, tout de gris vêtu. Une barbe noire mangeait son visage. Les derniers rayons de l'astre solaire ne permettaient pas de discerner précisément ses traits, mais il portait l'attirail du guerrier accompli. Une épée massive ornait son épaule droite, tandis qu'une dague et un sabre court reposait à sa taille. Une valise d'une certaine taille se balançait à sa main gauche. Son manteau, rapiécé par on ne sait quelles aventures, descendait jusqu'à ses bottes, tandis que son torse était recouvert d'une veste de cuir noir, maintenue par plusieurs attaches de la même couleur matte. Sans ôter son capuchon, l'homme lança un rapide regard sur l'ensemble de la foule, s'attardant particulièrement sur le personnel atypique de l'auberge.

Sans esquisser un mot, le nouveau venu s'installa à une table un peu éloignée de la foule, posant la valise sur ses genoux, qu'il ouvrit méticuleusement. Puis, sans attirer l'attention de personne, l'homme sortit le contenu de son bagage et en vérifia l'état. Après quelques minutes d'attention extrême, l'étranger dégaina l'arme à son dos et la posa avec précaution sur la table, ainsi que les quelques armes qui ornaient sa ceinture. Ôtant finalement sa capuche, il laissa apparaître une longue chevelure noire jais et des yeux verts vifs. Brandissant la guitare qui reposait sur ses genoux, il débuta un arpège d'une simplicité évidente qui fit se tourner tous les regards vers lui. Les cordes vibraient sous ses mains massives mais d'une agilité impressionnante. Bientôt, l'ingéniosité de son art commença à se faire ressentir, passant le registre des émotions avec une habilité évidente. Un public venait de se former autour de lui. Lorsque l'attention de son audience lui fut totalement acquise, il déclara simplement :

- Voici l'histoire d'une légende de Valato.

Une mélodie calme et riche en harmoniques s'éleva de sa guitare, tandis que la voix douce et grave du conteur s'élevait dans l'auberge. Il évoqua l'histoire d'une jeune héroïne aux cheveux de feu, qui désireuse de montrer sa valeur, partit occire un dragon pour libérer les villageois de son oppression. Lorsque vint le moment de l'affrontement, le musicien atténua les sons sortant de sa guitare, avant de sauter sur sa chaise, et de faire résonner de puissants accords avec d'amples mouvements de mains.


Et les boules du dragon brillaient
Quand la rouquine attaqua son antre
Et l'hardie trancha l'imposant organe
De sa longue épée brillante

Le sang rougeoyant du monstre
Arrosa la demoiselle
Qui plongée dans son élan
D'un revers, arracha ses ailes

Et l'erreur du dragon fut sa perte
De sa puissance, trop confiant
Périssant de la main assurée
D'une rousse dont la hardiesse
Ne connais nulle pareille


La surprise face à ce changement de ton fut notoire chez les spectateurs, qui pourtant applaudirent tous chaleureusement. Faisant une allègre révérence, Bartiméus Roche se tourna vers ses compagnons de route avec un immense sourire.
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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Jeu 13 Nov - 23:32

- Ah, ça, c'est pas nouveau, elles pourraient porter des nouvelles en ragot qui iraient plus vite que nos messagers, plaisanta-t-elle sans sourire.

Beörielle, surpassant une certaine gêne, s'approcha un peu d'Alix et Zia, se permettant de se joindre à la conversation.

- Excusez-moi de vous couper ... Qu'est-ce que l'académie ? Et qu'y fait-on ? J'aimerais savoir ...

Oloren, ayant entendu sa sœur qui avait haussé le ton, juste de quoi attirer l'attention sans paraître imposante, la regarda d'un air sérieux. Elle savait ce que son aînée voulait savoir, mais quand bien même elle en était touchée, cela la désolait de la voir s'attacher ainsi à cet objectif. Certes, il était bien moins mal avisé que son précédent objectif, à savoir le meurtre d'Erlyn, mais elle ne pouvait s'empêcher de vouloir qu'elle choisisse un autre but à atteindre. Pendant un instant, elle se trouva hypocrite, aussi. Elle aussi avait tenté de s'attacher à un rêve qu'elle ne pouvait réaliser. Elle avait fait le choix d'aller de l'avant, cependant, alors, pourquoi pas Beö ?

Cette dernière faisait d'ailleurs en sorte de ne pas croiser le regarde de Bartiméus Roche. Cinq ans auparavant, il avait aidé Erlyn à la capturer, mais il avait failli y rester, une lance en travers du coeur, la gêne de faire face à cet homme, surtout ainsi habillée, commençait à la gagner.
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Ven 14 Nov - 19:15

Alix était toujours ravie de partager des informations sur l'académie, bien qu'elle soit sous un relatif embargo et ne puisse parler de la plupart des projets encore en cours. Elle s'étonna toutefois que Bëorielle n'en eut dores et déjà entendue parler. Cet établissement était réputé à travers Valato. Centenaire, il avait gagné en popularité lors de l'occupation luuwrienne qui, quoi qu'en disent les nationalistes nordiques, avaient emportés dans leur sillage de nets progrès en matière d'hygiène, de savoir faire, de stratégie et de technologie. D'éminents professeurs y enseignaient tout genre de matières aux étudiants dignes et motivés. Chacun était libre de choisir ses maîtres, de rejoindre des équipes de recherche, de créer : les membres étaient autonomes, du moins chez les adultes. Pour les plus jeunes, le parcours s'apparentait plus à un rythme scolaire classique, d'une qualité supérieure. Être accepté à l'académie ne coûtait rien, l'institution étant financée par l'état, mais peu de gens pouvaient y prétendre. Lorsqu'Alix s'y était rendue la première fois, c'était avec la peur au ventre et un manque flagrant de confiance en soi. On lui avait fait passer des batteries de tests, d'entretiens, ce des jours durant, afin d'évaluer son intellect, sa créativité, ses capacités d'adaptation et de raisonnement. De justesse, on lui ouvrit les portes de ce cercle fermé, en lui faisait comprendre qu'il lui faudrait redoubler d'efforts et réussir à s'imposer d'avantage si elle souhaitait y demeurer. Cela faisait déjà trois ans, et elle ne regretta d'en être. À présent, elle pouvait observer les travaux de grands scientifiques, étudier des sujets plus passionnants les uns que les autres, et participer à de nouveaux projets en cours. Inspirée par sa sœur d'adoption et poussée par Ilawen, Adel avait à son tour posé sa candidature, un an plus tard. Alors âgée de treize ans, elle avait fait l'unanimité. Le directeur de l'académie en personne avait fait part de son étonnement à Ilawen, décrivant sa fille comme un génie dont le potentiel dépassait celui de tous les esprits brillants qu'il ait connu, et en lui recommandant de ne pas en faire part à l'intéressée. Il aurait été dommage, à son sens, que ses capacités se noient dans une vanité que de telles flatteries auraient pu entraîner. Quoiqu'il en fut, l'Académie des Arts et des Sciences d'Artesia était l'un des lieux de connaissances les plus importants de Valato, à l'instar de Nora. Alix s'apprêtait à faire part de tout cela à Bëorielle lorsqu'un client fit une entrée particulièrement impressionnante et entonna un chant pour le moins atypique. La jeune femme plissa les yeux pour tenter de discerner le visage dissimulé derrière cette longue chevelure et cette barbe hirsute, et se rapprocha d'Esmezia qui lui avait tiré la manche. L'hovoïte lui murmura :

-Eh, ce ne serait pas Bartiméus... ?

-Si ! Je savais bien qu'il me disait quelque chose. Tim !

Elle se leva en hâte pour aller le rejoindre, oubliant la conversation qu'elle s'apprêtait à entamer avec Bëorielle, et parvint finalement à retenir son impatience afin de laisser Esmezia passer un bras autour de ses épaules afin qu'elle s'aide de sa personne. Elle aussi avait certainement très envie de retrouver ce fameux ménestrel, d'autant plus qu'à son inverse, elle ne l'avait pas revue depuis cinq ans. Les deux amies avancèrent donc vers leur ancien compagnon, toutefois Snori les avait devancé. Premier arrivée, il scrutait le guérisseur d'un air amusé.

-Vois-tu, mon ami, je me souvenais de toi comme d'un homme somme toute...poétique ? Non pas que je dénie l'intérêt artistique de ton premier couplet, bien entendu.

De tous ses proches, celui que Snori souhaitait le plus ardemment retrouver était certainement Bartiméus. Bien qu'il fut discret pour ne pas dire muet durant la première partie de leur voyage commun, la disparition de Melody l'avait ouvert aux autres, qui avaient alors pu découvrir un homme bon sous son apparence parfois menaçante. Le soldat Roche avait été d'une aide précieuse à celui qui était alors prince de l'Oran, apportant conseils stratégiques et soutien constant, s'avérant être un allié précieux au combat et en dehors, apte à remonter le morale des troupes et leur insuffler un élan de motivation dans les moments durs. Ensemble, ils avaient survécu à Gotor et avaient remporté cette guerre. Pour tout cela et simplement pour l'homme qu'il était, il l'estimait particulièrement. Esmezia et Alix arrivèrent alors que Snori terminait sa raillerie.

-Moi je le dénie, affirma l'hovoïte sur un ton léger. Et crois moi, je m'y suis déjà affairée, personne n'aurait envie d’entamer un dragon par le bas-ventre.


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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Sam 15 Nov - 20:17

Un sourire apparut sur le calme visage du musicien. Un long moment s'était écoulé depuis la dernière fois qu'il avait vu ses amis de l'expédition. Revoir leurs têtes transformées par les années était une expérience des plus amusantes. Par les nouvelles rides qui ornaient le front du roi déchu, il semblait avoir traversé de dures épreuves. Il affichait pourtant une mine heureuse, signe évident qu'il avait réussi à vaincre ses démons. Esmezia, quant à elle, semblait en proie à une certaine fatigue. Pourtant, elle semblait avoir acquis une grande maturité. Avec sa nouvelle coupe de cheveux, l'héroïne de sa chanson avait beaucoup changé. Pourtant, c'est Oloren qui le marqua. La couleur de sa crinière, virant à un blanc perle rappelait sans conteste son célèbre frère. Tentant de son mieux de rendre justice à l'honorable personne qu'avait été Erlyn, Bartiméus avait écrit et chanté nombre d'histoires à son propos. Elles n'étaient malheureusement pas toujours appréciées à leur juste valeur...

- Mes inspirations poétiques n'ont pas changés, mon ami. Je désirais juste chanter quelque chose de joyeux pour nos retrouvailles!

Leur rencontre n'était à vrai dire pas un hasard. Bartiméus avait croisé Habeth quelques jours auparavant. Cette dernière, visiblement en proie à de nombreux doutes, lui avait indiqué que Snori se trouvait dans les parages. Perspicace, le musicien s'était aussitôt rendu à l'auberge d'Ilawen, où si il ne trouvait pas ses amis, il pourrait trouver des informations. Le jeune homme avait tenté de remonter le moral de l'archère, qui n'avait rien voulu dire de ses malheurs. Il l'avait donc quitté après quelques jours, avec une certaine culpabilité.
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Sam 15 Nov - 20:33

Entendre la voix de Bartiméus provoquait de drôles de sentiments chez les membres de l'expédition. Il en avait usé pour ses chansons, évidemment, toutefois son ton était tout autre lorsqu'il s'adressait à eux, simplement, avec cette douceur qui le caractérisait. Alix, moins encline à ressentir cette nostalgie, répondit la première.

-C'est vrai que ça faisait longtemps ! Et vous ne vous êtes pas revu du tout depuis ce temps ?

-Pas de mon côté, affirma Esmezia. Pourtant j'ai pas mal traîné un peu partout...où est-ce que tu te cachais ?

Après la guerre, leur groupe s'était séparé, bien que soudé. Beaucoup avaient du assumer leurs responsabilités, à commencer par Snori et Edward, rois respectifs de leurs contrées, et Melody, membre importante de l'armée luuwrienne et du conseil. Quant aux autres, ils avaient pour beaucoup poursuivis des objectifs plus personnels les ayant écarté de leurs camarades. Se croiser sans avoir prémédité une rencontre fut par la suite chose impossible pour beaucoup, bien que certains entretinrent des correspondances. Pour Esmezia, ç'avait été une grande période d'incertitude. Elle demeura au palais de Nora dans un premier temps, mais comprit, comme elle s'y était attendue, que Snori ne pourrait pas lui accorder autant de temps qu'auparavant. Elle avait alors alterné les séjours chez ses parents et à la capitale, avant de se décider à agir d'elle-même. Le seul dont elle n'avait entendu aucun écho, au final, c'était Bartiméus. On disait qu'il avait décidé de quitter l'armée pour s'adonner à la musique, mais rien de plus concret n'était parvenu jusqu'aux oreilles de l'hovoïte. Ilawen, qui faisait passer ses clients avant tout, remarqua enfin le nouvel arrivant et s'avança vers lui à l'instar des autres, plaquant son torchon sur son épaule et ses mains sur ses hanches.

-Bartiméus ! Eh bien, c'est un véritable défilé ces temps-ci !

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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Sam 15 Nov - 20:49

Oloren croisa le regard de Bartiméus pendant le petit laps de temps où il la dévisageait. Elle lui sourit simplement, brisant sa longue période d'amorphisme. Roche avait été l'un des rares amis d'Erlyn, et plus rare encore, l'un de ceux qui lui avait fait confiance. Elle ne se souvint pas de grand chose concernant leur relation l'un envers l'autre, et les cinq années qu'il avaient passés éloignés les uns des autres ne faisait que les séparer un peu plus. Aujourd'hui, Oloren n'avait plus grand chose d'une enfant, et Bartiméus avait probablement évolué, lui aussi. Ce simple sourire fut ce qu'elle trouva de plus honnête à adresser au ménestrel. Elle le savait être un fidèle ami, et cela lui suffisait à l'apprécier.

- Salut, Bartiméus. Je sais pas si tu te souvient de moi, mais je suppose que tu as deviné qui je suis avec ma crinière ... Et je ne te présente pas ma frangine, je crois que vous aviez fait connaissance, il y à quelques années.

Beörielle frissonna. Encore une gaffe de la part de sa sœur. Elle se tourna donc vers eux, adressant un regard agacé à sa cadette. Sa réponse ne fut qu'un sourire, le même qu'elle adressait à Bartiméus, elle comprit ainsi qu'Oloren la poussait à percer l'abcès. Elle se retrouva intimidée, mais préférait effectivement poser la situation le plus vite possible plutôt que de se cacher pour ne pas gêner, ce qu'elle ferait malgré tout si les choses ne s'arrangeait pas.

- Euhm. Bonjour, hasarda-t-elle.
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Sam 15 Nov - 20:56

Zia et Bartiméus auraient sans doute pu se croiser une quinzaine de fois, pendant cette demi-décennie. Les deux amis ayant passé l'un et l'autre beaucoup de temps à Hovo. Pourtant, le hasard ne leur avait pas permis de s'adonner à de joyeuses retrouvailles jusqu'à maintenant.

- Je comptais tes histoires là où tu n'étais pas, visiblement! fit Bartiméus avec un sourire. Je rend encore service de temps en temps à l'armée Luuwrienne, et le reste du temps, je fais ma route dans les tavernes Naïlikannes et Hovoïtes. Je suis surpris que vous n'ayez pas entendu parler de moi! J'ai mon petit succès, ici-bas!

Roche avait en effet connu la renommée dans nombre de petits villages Hovoïtes, et quelques villes Naïlikannes. Il avait même été convié à un banquet organisé par Edward de Reydoran. Le souverain ne l'avait bien sur pas reconnu, mais l'avait pourtant gratifié d'un sourire reconnaissant à la fin des festivités. Le peuple l'avait nommé le Conteur des heures sombres, en référence à la tendance que l'artiste avait d'évoquer la période de guerre qu'il avait lui même vécu. Malgré son engagement envers les forces du sud du continent, ses œuvres poétiques narraient aussi bien les drames et les instants heureux de Luuwr et Oran que de Naïlika.

Lorsqu'Oloren intervint, il hocha la tête avec un sourire puis se tourna vers Bëorielle sans montrer l'appréhension qu'il avait face à cette rencontre. La soeur d'Erlyn semblait avoir repris un bon chemin, et en compagnie d'Oloren, Zia ou Snori, elle ne pouvait que suivre cette trajectoire. Pourtant, Bartiméus avait encore du mal à occulter les menaces de mort proférées à la légende aux cheveux blancs qu'il avait fréquenté.

- Content de te revoir fit Bartiméus, poli.
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Sam 15 Nov - 21:14

Remarquant le manque de sincérité de cette réponse, bien que plus appréciable qu'un "tu aurais dû mourir en prison", Beörielle se leva, s'avançant jusqu'à lui pour lui faire face. Il ne pouvait pas réellement être content de la revoir, mais au moins, elle, dirait sans détours ce qui lui pesait sur la conscience.

- Il me semble que nous n'avons pas été présentés au mieux, il faut dire qu'un champs de bataille n'est pas spécialement le meilleur endroit où tailler le bout de gras. Je suis Beörielle Ehlkaÿd, et je vous témoigne mon respect, Bartiméus Roche, ainsi que mes plus plates excuses quant à notre petit morceau de passé commun, je vous prierait de bien vouloir ne plus prendre en compte mes propos d'il y à cinq ans, résultant d'un sérieux différend familiale que je préfère taire. Sachez que je fais de mon mieux pour me montrer loyale et digne de confiance depuis lors, et que je compte pas revenir sur ces vœux. Je suis aussi prête à toute sorte de défi ou mise à l'épreuve pour que vous me regardiez comme une personne normal, ou au moins que vous m'ignoriez. Veuillez aussi pardonner mon audace, mais il fallait que je m'exprime.

Reprenant un peu son souffle, Beörielle, dans sa tenue de serveuse, ne semblait pas plus dangereuse qu'Alix, malgré qu'elle se tienne bien droit et soutienne le regard du ménestrel. Oloren, à coté, s'était assise, soutenant sa tête avec son poing, souriant en observant la scène se dérouler.
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Dim 16 Nov - 14:55

La déclaration soudaine de Bëorielle fut une énorme surprise pour Bartiméus. Voir une déclaration si spontanée et décalée par rapport au contexte prouvait bien les profonds remords de la jeune femme. Même si il ne pouvait certainement pas oublier le passé de l'ancienne Ombre, il pouvait certainement essayer d'apprendre à la connaitre en excluant les événements de ces dernières années.

- Votre passée est sombre, Bëorielle... Mais votre simple présence auprès de mes amis montre que vous êtes devenue une personne de confiance. L'ardoise est effacée, ne vous inquiétez pas à ce sujet! fit calmement Roche.

La sœur d'Erlyn semblait visiblement remplie de remords face à ses actes passées. Le conteur espérait que cette déclaration apaiserait l'âme en peine que la jeune femme semblait être. Avec un sourire conciliateur, il montra qu'il n'avait pas d'animosité envers elle, puis se tourna vers Snori avec intérêt.

- J'espérais voir Melody avec vous! Après tout, nous sommes presque tous réunis désormais! Je suppose qu'avec les derniers événements, elle n'a pas pu se libérer? déclara le soigneur d'un air décontracté.

Voilà quelques mois que la jeune femme ne lui avait pas envoyée de lettres. Bien qu'il ne le montrât pas, Tim était assez inquiet pour son amie. Lors de son dernier message, elle avait clairement affirmé qu'elle ne trouvait plus la moindre satisfaction dans son corps de profession et que son désir était de retrouver ses amis de l'expédition. Le conteur lui avait proposé de s'offrir quelques vacances en Hovo avec lui pour en parler, mais n'avait plus rien reçu depuis lors...

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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Dim 16 Nov - 16:09

Snori observait, attentif et satisfait, le semblant de dialogue qui se nouait entre le nouvel arrivait et Bëorielle. Puisqu'il était celui qui avait emporté bon gré mal gré l'ancienne Ombre avec lui, il se sentait responsable de sa présence et de tout ce qu'elle pouvait impliquer, que ce soit pour Oloren ou plus encore, bien que cela n'ait été prévu, pour Bartiméus. Il aurait fallu, à un moment ou un autre, évoquer cet instant passé où ils s'étaient croisés, dans de bien tristes conditions. Le sang-bleu n'avait idée de l'ancienne personnalité ou des ambitions d'autan de l'aînée de la fratrie Ehlkaÿd, mais était à présent sûr, pour l'avoir côtoyé pendant près de trois semaines, qu'il s'agissait d'une personne dénuée de mauvaise intentions. Tout comme les autres membres de son groupe tristement célèbre, elle méritait qu'on abandonne toute charges à son encontre afin de la laisser vivre, paisiblement. Ç'avait d'ailleurs été l'une des mesures les plus marquantes du gouvernement naïlikan, peu après qu'il soit érigé : ne pas poursuivre les soldats de Gladys Engels. L'ère où la violence ne trouvait qu'une violence plus grande encore pour réponse était abolie. Les amis retrouvès s'installaient tous autour de la table à laquelle Bartiméus s'était posé en premier lieu, tandis qu'Ilawen sommait les autres clients de leur faire un peu d'espace. Cet amas de figures connues piquait nécessairement la curiosité de ces badauds, souvent admiratifs et avides de découvrir ce qu'étaient, outre les contes et on-dits, ces personnages populaires. Pour autant, la crainte suscitée par les conséquences d'une éventuelle insubordination envers la propriétaire de l'établissement surpassait encore leur intérêt pour les anciens membres de l'expédition. Ayant déjà eu l'occasion de retrouver le guérisseur il y avait quelques mois de cela, Alix proposa à Snori de prendre sa place et alla servir tandis que l'oranien rejoignait ses camarades. On évoqua alors le cas de Melody. Les regards se tournèrent vers Oloren et Esmezia, les plus à mêmes de narrer les récents événements pour les avoir elles-même vécus.

-Eh bien...commença la marcheuse.

Ce sujet était tabou depuis leur arrivée ici. Suivant les directives avisées de Solunthes, l'hovoïte avait déclaré que ces vacances ne devaient être entachées par des pensées moroses, qu'il fallait laisser les autres se charger de ce qui était grave. Et elle en était certaine : ils y arriveraient ! Après tout, le groupe de Neims comptait en son sein Edward, probablement l'un des hommes les plus intelligents de Valato en plus d'être bienveillant et avisé, Oswald, qui le conseillerait, fort de son expérience, ou encore Llednar et Inès, ayant tous les deux déjà affronté Edwig. S'ils collaboraient avec le maître des illusions, aucun doute, ils parviendraient à régler la situation. Pour autant, il faudrait bien qu'ils parlent des morts à un moment ou un autre. L'annonce du décès d'Orion n'avait pas suscité d'émotion particulière. Beaucoup lui vouaient un profond respect mais n'appréciaient sa personnalité, aussi la douleur fut-elle moindre. Cela avait été déjà plus compliqué pour Wahlo. Il avait longtemps travaillé comme majordome au palais de Nora, et avait de ce fait croisé à de nombreuses reprises certains des leurs, Snori en particulier. C'était un homme serviable, fidèle, courageux. Un véritable allié sur qui l'on pouvait compter et qui, malgré sa discrétion, savait se faire apprécier pour ce qu'il était. Enfin, pour ce qui était de Melody, la peine était plus lancinante encore. D'une part car elle fut l'une des leurs, et plus encore car son état était incertain. Ne pas savoir s'avérait pire encore que tout le reste. Il était alors aisé d'imaginer le pire, de considérer tous les scénarios possibles, à commencer par son décès, voire sa trahison. Esmezia l'avait remarqué à de nombreuses reprises, la brûleuse s'était assombrie au cours de leur mission. La souffrance qu'elle éprouvait était d'autant plus forte qu'elle avait l'impression d'y être pour quelque chose, Melody n'ayant accepté qu'avec difficulté la vérité quant au stratagème de Solunthes. Bartiméus avait toujours été son ami le plus proche, et elle lui devait la vérité. La rouquine se lança donc, en évitant de croiser le regard de son interlocuteur. Elle lui raconta brièvement les tenants de la quête de Düïrhir, puis arriva au moment de la destruction de Rednow.

-À ce moment, Melody est partie sans rien nous dire. Je crois qu'elle voulait aller vérifier si Edwig avait perdu, mais...on ne l'a pas revue depuis.


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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Dim 16 Nov - 18:26

- De même qu'on a pas vu le griffon s'envoler de nouveau. Quand elle a été hors de vue, c'était déjà beaucoup trop calme. En bref, on ne sait pas si on doit ou non porter un nouveau deuil, mais on est pas sûr non plus qu'on soit tiré d'affaire. Et vu les derniers événements, vous me pardonnerez mon pessimisme, cependant je serait toi, Tim, je commencerait à me faire à l'idée qu'on ne la reverra peut-être pas.

Assise, regardant droit dans les yeux de Bartiméus, Oloren affichait un air sincèrement désolée. Le doute était encore permis, mais semblait fortement être un faux espoir, et bien que la jeune femme aux cheveux neige ne l'ai jamais appréciée, cependant elle appréciait le ménestrel, et annoncer une nouvelle de ce type n'avait rien d'agréable.
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Lun 17 Nov - 18:16

D'un air pour le moins confiant, Tim affirma : "Melo est une dure à cuire, je sais qu'elle est encore en vie. Elle a frôlé la mort plus de fois que nous tous réunis et s'en est toujours sortie! Je ne vois pas pourquoi ça changerais, hein?

Pourtant, le conteur était loin d'être aussi confiant que ce qu'il montrait à ses vieux amis. Son amie allait mal depuis quelques temps, il l'avait compris à ses dernières lettres. Un assaut contre Edwig Luthness aurait il pu s'apparenter à une tentative de suicide? D'autant que le fait que Zia ait redonné Belwur à la capitaine n'augurait rien de bon. La jeune femme avait toujours admis que l'influence de l'artefact lui était nocive... Une petite étincelle d'espoir demeurait pourtant... Ils avaient tous traversé tellement d'épreuves avec elle, cela ne pouvait se finir ainsi!

Seth, excité d'avoir reconnu un autre héros de l'expédition, approuva dérechef ses dires.

- J'ignore tout d'elle si ce ne sont les rumeurs qui me sont parvenues. Mais si il y a bien une personne qui a pu tenir tête à Edwig Luthness, c'est bien elle!

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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Lun 17 Nov - 23:10

Les avis quant au cas de Melody étaient divers, souvent tranchés, et relativement pessimistes, mais l'on préféra s'en tenir aux faits rappelés par Bartiméus. Leur amie était effectivement des plus solides. Quelle que soit la menace qui lui faisait face, elle s'en sortirait. Ainsi le sujet fut clos, et l'on ne l'évoqua plus. Placée au beau fixe par l'arrivée de leur compagnon, l'humeur s'avérait festive. Il affirma que malgré son désir de rester quelques temps auprès d'eux, il ne les dérangerait aucunement et dormirait sous la tente qu'il emportait constamment avec lui, ce qui ne manqua pas de faire rire Alix. Dormir dehors par un temps pareil relevait tout simplement du masochisme. Ils se serreraient, voilà tout ! Il fut décrété qu'Esmezia laisserait sa chambre à Bartiméus et irait envahir celle de son amie, ce qui ne dérangeait aucunement ni l'une ni l'autre. L'on privilégiait ainsi pour la répartition des chambres les paires du même genre, exception faite de Seth. Si la logique aurait voulu qu'il soit placé avec son cousin, Ilawen aurait eu un cas de conscience à demander au prince de partager sa couchette. Le groupe rentra ainsi dans la demeure de leur ôte à la tombée de la nuit, au moment où l'équipe du soir reprenait le flambeau à l'auberge. Bien que toujours aussi peu désireuse de se joindre à eux, Adel fit acte de présence, uniquement pour cet invité surprise qu'elle avait appris à connaître et apprécier. Pour autant, ses yeux évitaient soigneusement de se poser sur la guerrière rousse, qui fut comme d'accoutumée peu à son aise face à cette hostilité affichée. Elle ne dit néanmoins mot jusqu'au souper, jugeant qu'il aurait été maladroit de forcer la main à cette adolescente dont elle parvenait à comprendre le dilemme. Se contenter de s'ignorer mutuellement aurait alors été la meilleure chose à faire puisque l'événement qui nouait leurs passés les empêchait de s'entendre, mais l'épéiste n'y tint plus. Elle ne supportait pas de voir cette jeune fille en peine constante alors qu'elle était, de ce qu'elle en avait entendu de la bouche d'Alix, une personne des plus formidables. Ils étaient pour la plupart attablés et Ilawen venait d'apporter le plat de résistance - tous avaient unanimement souhaités sauter l'entrée – lorsque l'hovoïte prit la parole, s'adressant à celle qui était située au parfait opposé de sa place autour de la table avec un sourire engageant.

-Tu ne dis pas une prière avant les repas ? J'ai déjà remarqué que tu ne le faisais pas, et je me posais la question.

Esmezia n'avait que de vagues connaissances concernant les rituels et autres procédures que suivaient les adeptes de Dana, mais elle était certaine pour l'avoir déjà observé à de nombreuses reprises qu'ils remerciaient leur déesse pour la nourriture qui leur était accordée. Elle ne portait à ces pratiques aucun jugement particulier, convaincue qu'elle était que tout ce qui pouvait permettre à des hommes de trouver le réconfort sans nuire à autrui ne pouvait qu'être bon, et sa question n'était guidée que par une curiosité exempte de tout reproche ou raillerie. Adel lui rendit pourtant un regard noir et rougit quelque peu en constatant que la plupart des convives s'étaient tournés vers elle, probablement surpris qu'un dialogue s’entame publiquement et avides d'en connaître l'issue. Alix, assise entre ses deux amies de l'expédition, lui souriait plus encore que les autres, l'encourageant explicitement à crever l'abcès une bonne fois pour toute. Le ton qu'employa l'adolescente fut toutefois si froid que tous se contentèrent par la suite de regarder tristement leurs assiettes.

-Je ne suis pas croyante, lâcha-t-elle sèchement.

Les sourcils de la rouquine se froncèrent. Elle adorait Adel, lui pardonnait volontiers son aigreur à son encontre, mais commençait à être fatiguée d'éviter la confrontation qui devrait un jour ou l'autre avoir lieu. Prenant une nouvelle fois les convives à cours, elle repartit à l'attaque, faisant preuve d'une fougue qui n'était pas sans rappeler l'adolescente qu'elle était autrefois, avant qu'elle ne s'assagisse.

-Tu fais pourtant partie de l'ordre, non ?

Il y avait eu dans sa voix un certain agacement, voire un air de défi. Cette fois, leurs regards se croisèrent enfin et se figèrent définitivement l'un dans l'autre. Il y eu un moment de silence durant lequel les attablés ne pouvaient qu'observer, quelque peu gênés, les deux filles se fusiller ainsi. Aussi proche de l'une que de l'autre, Alix passa un bras autour des épaules de son amie tout en envoyant un grand sourire, toutes dents dehors, à l'une puis à l'autre. Elle ouvrit la bouche pour intervenir et calmer le jeu, mais sa sœur d'adoption la devança, crachant des mots tout aussi insidieux que ceux de son interlocutrice.

-Je ne sais pas ce qu'on en dit dans les campagnes hovoïtes, mais l'ordre n'est pas qu'une organisation religieuse !

S'attaquer à ses origines pour tenter de la dénigrer ? Voilà qui était bien puéril et qui tira un rictus teinté d'orgueil à Esmezia. Il était en outre bien connu qu'elle avait côtoyé tous les milieux les plus intellectuels de Valato, ce qui contribuait à rendre cette attaque risible.

-Adel ! gronda Alix, à la fois soucieuse et colérique.

-Quoi ? répondit-elle, plus enragée encore.

-Tu n'as pas à être aussi méchante !

-C'est moi qui le suis ?!

À mesure que le ton montait, le visage d'Ilawen se décomposait. Elle avait toujours su qu'Esmezia avait le sang chaud, et cela faisait d'ailleurs partie des traits de personnalité qui la rendaient à son sens attachante. Mais ses deux filles adoptives n'avaient jamais haussé la voix ainsi. Il ne lui semblait d'ailleurs pas qu'elle ne se soit déjà opposées pour quoi que ce soit d'autre que des broutilles. Les voir se donner ainsi en spectacle la dérangeait, elle qui avait tenté de leur inculquer ses valeurs, cependant elle ne parvenait à savoir laquelle elle devait rabrouer, et n'était de toute manière pas certaine de savoir comment s'y prendre. Peu confiante, elle se contenta de lancer un « calmez-vous » discret et peu convaincant, à l'instar des remarques que certains se risquaient eux aussi à glisser, Snori compris. Et les filles ne semblaient vouloir s'arrêter.

-Évidemment que c'est toi ! Zia est mon amie, notre amie à tous !

-C'est une meurtrière !

-Kuzon aussi en était un, et...

Alix se stoppa au milieu de sa phrase, comprenant trop tard qu'elle avait gaffé. Le visage de sa sœur s'était refermé tandis qu'elle lui adressait un regard meurtrier. À elle, et à elle seule. Mâchoire crispée, yeux humides, l'adolescente se leva brutalement de table avant de quitter la demeure, s'engouffrant dans la nuit et la neige sans se retourner. Ilawen repoussa sa chaise et entreprit de la suivre, mais Esmezia la devança, l'incitant par une main posée sur son épaule à rester assise. Malgré l'intensité de la brève dispute qui avait eu lieu, elle demeurait souriante, rassurante. En voyant ce visage tourné vers elle, ce furent irrémédiablement les traits de Snori qui revinrent à l'esprit de la bourgeoise. Le cœur battant la chamade, elle laissa pour autant l'hovoïte partir à la suite de sa fille à sa place tandis qu'Alix éclatait en sanglots, réconfortée tant bien que mal par l'ancien roi de l'Oran. Esmezia, d'un pas claudiquant, avança jusqu'à la porte entrouverte et enfila en vitesse son manteau, avant de disparaître à son tour dans les ténèbres. Elle n'eut aucun mal à retrouver la fuyarde dans ce paysage noir et blanc : elle s'était assise sur le rebord d'une petite corniche, toute proche, derrière l'un des murs de l'imposante chalet. Depuis la baie vitrée, elle était totalement invisibles. Les genoux repliés sur sa poitrine, eux-même encernés de ses bras, elle s'était recroquevillée sur elle-même et avait dissimulé son visage, si bien qu'elle n'entendit arriver sa poursuiveuse que lorsqu'elle fut à quelques mètres. Elle se releva alors en hâte et se tourna vers elle, poings serrés, non pas sans avoir au préalable essuyé les rares larmes qui avaient coulé. Elle ne voulait pas montrer que cette altercation l'avait atteinte. Pas devant elle.

-Quoi encore ? demanda-t-elle, acerbe. Pourquoi est-ce que tu ne veux pas me laisser tranquille ?

La marcheuse s'approcha, mettant à profit son don afin de ne pas s'enfoncer dans la couche de neige frigorifique recouvrant le sol, et prit le temps de dévisager la jeune fille, ce qu'elle n'avait pas encore pu faire depuis leurs retrouvailles. Il y a cinq ans, elle était particulièrement réservée, mais resplendissait d'une aura lumineuse, que sa seule couleur de cheveux n'expliquait pas. Elle avait beaucoup grandi depuis, et affichait un visage à mi-chemin entre celui d'une jeune femme en devenir et celui d'un enfant, doux. Esmezia lui sourit tristement et glissa, avec une timidité qui ne lui était pas coutumière.

-Parce que je t'aime.

Adel fut déstabilisée un court instant par la teneur de ces propos qu'il était rare d'entendre, mais recouvrit bien vite son ardeur.

-On ne se connaît même pas !

-Ce n'est pas tout à fait vrai. Je sais tout ce qu'il y a à savoir sur toi. Alix m'a tellement parlé de toi, Ilawen aussi ! Et puis, il n'y a pas grand chose dont je sois vraiment fière, mais Snori m'a appris à comprendre les gens, et...

-Et tu crois que tu peux me comprendre juste comme ça ? lui cracha-t-elle.

-Oui. Je crois que oui.

Esmezia s'approcha, se retrouvant à à peine plus d'un mètre de l'adolescente, qui eut un léger mouvement de recul. Elle entama alors son monologue, à un rythme tel qu'il fut impossible pour Adel d'intervenir ; qu'elle ne l'aurait de toute manière pas écouté si elle l'avait fait ; et qu'elle ne le fit pour conclure pas.

-Tu me détestes parce que j'ai tué ton frère à Gotor. Mon nom à lui seul te mettais en colère, mais tu m'as enfin rencontrée et tu te rends compte qu'au final tu m'apprécies. Alors tu n'arrives pas à faire la part des choses entre les faits et ce que tu ressens réellement. C'est le genre de situations auxquelles on est forcément confrontés après une guerre. Au fond tu le sais, je n'ai jamais voulu tuer ton frère, et si ça n'avait pas été moi, ça aurait pu être n'importe qui. Ceux qui en sont réellement coupables ont déjà payés. Alors ça me fait mal que tu continues de ma haïr alors que moi je t'adore. Je n'ai jamais été très douée pour ce qui est du relationnel, et c'est un peu pour ça que je me suis retrouvée pas mal seule, ces derniers temps, mais, crois le ou pas, moi aussi j'ai été confrontée à bien des situations frustrantes. Et il s'avère que parfois, ne pas réfléchir et simplement foncer dans le tas, ça fait du bien. Et c'est marrant, parce que je tenais le discours inverse à Oloren, il y a quelques jours...mais quoiqu'il en soit...tu me détestes vraiment, hein ? Tu me déteste en te rendant compte que c'est stupide, tu aimerais pouvoir m'apprécier, mais tu me détestes. Arrête moi si je me trompe...

Adel demeura stoïque. Elle n'avait pas détourné le regard, sans doute pour prouver qu'elle n'allait pas ployer sous ses mots, mais Esmezia avait pu observer les réactions qu'elle ne pouvait endiguer. La fierté de l'adolescente l'aurait poussée à affirmer que si, cette idiote se trompait, mais elle se tut, ce qui ne fit qu'élargir le sourire de la rouquine.

-Parfait, continua-t-elle. Dans ce cas, je sais ce qu'on va faire. Ou plutôt ce que toi tu vas faire. Prête à essayer ? Tu lèves le poing...

Joignant le geste à la parole, elle ferma sa main gauche et la plaça lentement à hauteur de sa tête, esquissant une semi-garde.

-Puis tu me le balances en pleine figure !

Esmezia mima l'acte, envoyant valser un coup qu'elle fit délibérément se stopper suffisamment loin pour que sa cible ne se sente même pas visée. Adel eut une mine étonnée et sembla alors soudainement sortir de son aigreur pour laisser place à ce qui ressemblait à de l'incompréhension.

-Tu veux que je te frappes ? demanda-t-elle, comme pour s'assurer qu'elle avait bien entendu.

-Moi, pas spécialement. Mais si toi tu veux, alors vas-y ! Promis, je me défends pas.

Adel l'observa, la bouche entrouverte, frissonnant à cause du froid et de l'émotion qui se rencontraient. Elle était contre toute forme de violence. C'était l'un des aspects qui l'avait d'ailleurs convaincu de rejoindre l'ordre des adeptes de Dana, et même si elle portait une épée à sa ceinture, elle était heureuse de ne jamais avoir eu à s'en servir. Certes, elle s'était déjà imaginée porter atteinte à l'intégrité physique de la jeune femme qui lui faisait face, et avait pris plaisir à ces fantaisies sadiques, mais ne pouvait s'imaginer passer à l'acte. Pas avec son consentement ! Frapper une ennemie qui ne lui voulait que du bien perdait tout son sens. Mais elle avait tué Kuzon. Malgré qu'elle n'en soit en rien fautive, c'était un fait. Durant cinq ans elle lui en avait voulu, et même avec la plus grande des volontés, elle ne pouvait le lui pardonner. Hésitante, elle leva le poing comme le lui avait montré l'amie de sa sœur l'instant précédent. Cette dernière hocha la tête en signe d'approbation, l'encourageant en silence. Ses doigts se déplièrent et se replièrent à de multiples reprises tandis qu'elle prenait de grandes inspirations, tentant de calmer ses tremblements. Elle contracta ses muscles, et Esmezia lui adressa un clin d'œil. Le coup partit alors, frappant l'hovoïte au niveau de la pommette. Celle ci avait serré les dents et fermé les paupières en anticipant l'attaque, et constatait avec satisfaction que la douleur n'était pas si terrible que ça : Adel manquait de force physique. La deuxième coup surpris en revanche la marcheuse. Elle ne s'était pas attendue à celui-ci et en fut déséquilibrée. Forcée de prendre appui sur sa jambe faible, elle tomba à la renverse dans la neige, emportée par l'adolescente qui s'était jetée sur elle. À califourchon sur son bassin, elle continuait de la frapper, compensant la faiblesse des impacts par leur nombre. À aucun moment, Esmezia ne pensa à se défendre. Bras en croix, sourire aux lèvres, elle tint son engagement jusqu'à que le sang inonde ses traits déformés par les hématomes, tandis que les coups faiblissaient et que les sanglots qu'elle avait cru entendre s'intensifiaient. Penchée sur elle, presque allongée, Adel observait son œuvre avec dégoût, laissant jaillir les larmes qu'elle avait retenu pendant ces cinq années. Sa victime volontaire posa une main affectueuse sur l'arrière de son crâne, et la poussa à venir se blottir contre son torse. Elle avait mal. Ses nerfs étaient en feu, mais elle ne se permettrait pas le moindre gémissement : celle qu'elle tenait entre ses bras avait bien plus souffert qu'elle. Entre deux cris mêlant peine, remords et soulagement, Adel parvint à hurler un nom, dont le détenteur situé non loin put entendre la résonance.

-Bartiméus !!

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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Mar 18 Nov - 0:18

Le ton avait vite monté dans la salle à manger sous le regard inquiet de Bartiméus. La douleur d'Adel était des plus compréhensibles, pourtant la jeune fille n'avait pas encore la maturité pour comprendre les actes de Zia. En temps de guerre, des décisions terribles devaient être prises, souvent dans le feu de l'action et sans que l'on puisse réellement y réfléchir. Il s'interdit néanmoins d'intervenir. Il ne savait où se placer dans ce conflit, et ne connaissant pas la jeune fille suffisamment, avait peur d'aggraver les choses. Même si il rendait régulièrement visite à Ilawen et ses filles, jamais Adel n'avait évoqué ce sujet, probablement trop douloureux...

Lorsque les deux filles s'éclipsèrent pour régler leurs différents l'ambiance dans la salle devint glaciale. Après l'éclatement de colère soudain, personne n'osait plus parler, hésitant entre évoquer l’événement, ou changer de sujet. Seth tenta maladroitement de briser la glace en complimentant Ilawen sur sa cuisine, mais ce ne fit que renforcer l'ambiance pesante qui régnait désormais.

Les cris d'Adel brisèrent soudainement le silence, faisant sursauter la petite assemblée. Reconnaissant son nom, Bartiméus se leva prestement, renversant sa chaise, et couru la dague au point vers la voix de la jeune fille. Il la trouva allongée sur le corps d'Esmezia, toutes les deux couvertes de sang. Sans prendre le temps de comprendre ce qui venait de se passer, le conteur regarda aux alentours afin de vérifier si aucun ennemi ne se trouvait dans les parages. Ses réflexes de militaire l'empêchaient tout simplement de comprendre qu'Adel était responsable de l'état de l'Hovoïte.

Enfin, il saisit la jeune fille sanglotante avec le plus de douceur qu'il put et lui indiqua d'un signe de tête ferme mais non-dénué de compassion de retourner à la maison. Puis il se pencha sur le corps abîmé de sa compagnonne en lui adressant un sourire qui se voulait rassurant. L'ampleur des dommages était conséquent. La jambe de la marcheuse, pourtant en convalescence depuis peu, semblait avoir été mise à mal par les coups subis. Une multitude d'échymoses sillonnaient le corps et le visage de Zia. Bartiméus ne pouvait soigner de tels plaies dans ce froid. Laissant briller quelques étincelles d'énergies sur le membre blessé, il s'assura de ne pas faire d'avantage de mal à son amie lorsqu'il la déplacerait. Puis il la saisit délicatement entre ses deux imposants bras, et la porta comme un enfant vers le châlet.

Sans prêter attention à qui que ce soit, il déposa Zia sur un lit, dans la première chambre qu'il trouva, puis commença à s'affaire autour de son corps. La jeune aventurière lui avait déjà montré sa récente blessure, et Roche avait bien conscience que cela dépassait de loin ses compétences. Il commença par anesthésier la douleur, puis apposa ses mains sur toutes les surfaces meurtries de la peau de la jeune femme. Le sang maculait désormais les draps du lit sur lequel reposait Esmezia.
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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Mar 18 Nov - 18:14

Beörielle retint un hoquet de surprise, la main sur la bouche, avant de se précipiter à la suite de Tim. Par de nombreuses fois, elle avait pansé ses plaies, et savait préparer quelques pommades à base de plante pour les blessures les plus bénignes. L'hiver posant problème pour faire cueillette, elle espérait pouvoir compter sur des réserves en cuisine, si son aide était acceptée.

Oloren se leva tranquillement, allant rejoindre Adel. Elle aurait tout le temps de voir Zia plus tard et la savait entre de bonnes mains, la jeune académicienne, en revanche, était un cas qui lui semblait bien plus urgent. Elle avait perdu son frère, et c'était un sujet sensible qu'il valait mieux éviter. Elle avait retenu ses larmes durant tout ce temps, et la jeune femme aux cheveux neige continuait pour sa part de le faire. Elle voyait en elle comme un rappel de ce qu'elle fut autrefois. Le rappel d'une leçon que tous connaissent, mais ne subissent pas avec la même intensité. Le rappel d'ô combien il est difficile d'aimer.
Elle chuchota à Adel.

- Tu as fait ce que tu devait faire. Tu peux te juger si c'était une bonne ou une mauvaise chose, et te rajouter un poids que tu viens de perdre, ou bien tu peux aller la rejoindre, et veiller sur elle autant qu'elle veille sur toi à présent. On vit, on subit, on fait. On aime. On a pas toujours le choix mais on peut toujours essayer de l'avoir au maximum. Mon frère me disait que peu de chose comptait dans sa vie plus cher qu'un simple sourire.

Sur ces mots, Oloren sourit à Adel. Simplement. Un simple sourire signifiant beaucoup de chose. Elle avait toujours été quelqu'un qui fonctionnait principalement sur ses sentiments. Le pragmatisme, l'orgueil, la vanité, tout ça n'était que de fausses façades chez elle. Elle fonctionnait sur ses sentiments et ceux qu'elle ressentait le plus n'étaient autre que la douleur, la tristesse, constantes, mais aussi la joie et l'amour. Le regard qu'elle offrit à l'académicienne fut à cet instant formidable, pour peu que l'on y soit sensible, mêlé tant de compassion que de joie et d'amour. Un amour totalement absurdement simple et désintéressé.
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Mer 19 Nov - 11:57

Esmezia s'était laissée porter par Bartiméus sans réagir. Elle aurait certainement pu marcher elle-même, et en venait presque à trouver risible cette habitude qu'avaient ses amis de veiller ainsi sur elle. Pas plus tard que lors de leur arrivée à Artesia, ç'avait été Oloren qui s'était ainsi occupée d'elle. Loin d'elle l'idée de le leur reprocher cela dit, elle appréciait au contraire leurs gestes et savait pertinemment qu'il ne fallait pas mettre cela sur le compte d'un perception erronée qu'ils pouvaient avoir de sa personne, laquelle serait alors due à son gabarit ou au simple fait qu'elle soit de sexe féminin. En l'occurrence, Adel ne l'avait frappée presque exclusivement qu'au visage, aussi sa mobilité ne s'en trouvait-elle pas affectée ; en outre, bien qu'elle n'aie pas fait preuve – comme elle le lui avait implicitement demandé – de la moindre retenue, l'adolescente n'avait provoqué des blessures bénignes. L'hovoïte se laissa toutefois porter et reçut avec soulagement les soins de Bartiméus, qui était indéniablement un guérisseur de talent. Esmezia n'avait eu besoin de consulter des médecins de cet ordre qu'à de très rares occasions, fort de la stratégie de combat qui la caractérisait. Sa force physique lui interdisant de parer les attaques face à des adversaires dans l'immense majorité des cas plus puissants, elle jouait le tout ou rien : esquiver toutes les attaques. Jusqu'à lors, ce lui avait à peu près réussi, mis à part contre Edwig. Quoiqu'il en fut, elle avait malgré tout acquis quelques connaissances sur le fonctionnement de pouvoir et savait que certains de ses détenteurs ne se contentaient pas de refermer les plaies, stopper les hémorragies et calmer la douleur, ils accéléraient également le processus naturel de guérison. Compte tenu de la nature de ses ecchymoses, avec un peu de chance, elle serait donc sur pied d'ici le lendemain, car elle n'en doutait pas un seul instant, son compagnon faisait partie de cette catégorie de soigneurs talentueux. Il lui sembla d'ailleurs que les soins qu'il lui appliquait à cet instant s'avéraient, pour sa jambe, bien plus efficaces que ceux de Solunthes, apaisant considérablement la gène musculaire qui l'accompagnait depuis plusieurs jours. Snori ne tarda pas à entrer dans la pièce, découvrant qu'il lui serait impossible de dormir dans son lit ce soir. Il s'approcha de la blessée, observant avec intérêt les gestes de Bartiméus, puis adressa à sa disciple un sourire qu'elle lui rendit.

-Qu'est-ce que tu as encore fait ?

-Une thérapie de choc...à ma manière. Comme d'habitude.

Ils échangèrent un regard qui en disait long. Eux deux se connaissaient si bien qu'ils n'avaient plus réellement besoin de se parler pour se comprendre, et il le voyait bien, en cet instant, elle était particulièrement heureuse, quand bien même elle venait de se faire massacrer. La rouquine se tourna ensuite vers l'homme qui s'assurait du bon déroulement de sa convalescence.

-Désolée de te solliciter alors que tu viens d'arriver, s'excusa-t-elle.

Au moment où il était intervenu, Adel s'était écartée, en état de choc, observant minutieusement le déroulement de la scène sans parvenir à reprendre contenance. L'émotion l'avait submergée et elle n'avait su se contrôler, elle à qui la violence n'inspirait que du dégoût. Quand Bartiméus retourna dans la maison, elle resta de longues secondes assise dans la neige, à regarder ses gants recouverts de sang, avant de tenter de les en nettoyer en les plongeant dans la matière gelée, puis elle retourna à son tour au chaud, hébétée. La réalité de la scène alentour ne lui parvenait plus que par bribe, si bien qu'elle ne vit pas Oloren avancer vers elle et qu'elle n'entendit pas ses premiers mots, ne focalisant son attention sur sa voix qu'à partir de sa seconde phrase. Adel ne connaissait pas du tout la jeune Ehlkaÿd. On lui avait parlé d'elle, puis elle l'avait enfin rencontrée, mais leur isolement respectifs ces derniers jours leur avait empêché d’échanger le moindre mot. De fait, ses paroles ne trouvèrent écho chez l'adolescente, qui, bien que reconnaissant volontiers la véracité des propos tenus, ne s'y intéressa pas. Sans doute méditerait-elle dessus une fois le calme retrouvé, mais son esprit bouillonnait trop en cet instant pour accepter de raisonner sur des bribes de philosophies apportées par une jeune femme pour qui elle n'éprouvait rien d'autre qu'un intérêt pour son pouvoir. Un point toutefois s'avérait parfaitement juste : elle devait aller la rejoindre, sur le champ. Passant en vitesse devant Ilawen qui n'eut pas le courage de la retenir, Adel rejoignit ceux qui s'étaient réunis dans la chambre de Snori. De nouvelles larmes lui montèrent aux yeux lorsqu'elle découvrit les draps dont certains zones devenaient pourpres. Snori, proche de son amie, laissa passer l'étudiante qui s'en approcha pour venir prendre sa main entre les siennes. À la façon dont elles se regardaient à présent, il aurait été impensable d'imaginer qu'elles fussent en conflit l'instant d'avant.

-Je suis désolée, affirma Adel sur un ton fragile, tremblante sous le coup de l'émotion et rouge de honte.

-Alors on l'est toutes les deux...je t'ai fais souffrir pendant tout ce temps. On va pouvoir repartir sur de bonnes bases, hein ?

L'adolescente hocha fébrilement la tête tandis qu'Esmezia libérait sa main pour la passer sur le visage de son interlocutrice.

-On parlera demain. Moi, j'ai juste envie de dormir. Mais tu devrais parler à ta sœur.

De la tête, Snori désignait la porte grande ouverte où certains s'étaient attroupés sans oser entrer, Alix comprise. Adel eut du mal à lâcher la main de sa victime, n'y parvenant finalement que lorsque celle-ci lui adressa une fois encore un sourire lumineux, et partit finalement en direction du couloir, les yeux baissés. Elle ressentait un tel mal être qu'elle fut incapable de les regarder, tous autant qu'ils soient. Le simple fait de lever finalement la tête vers sa sœur lui coûta un effort considérable, et lorsqu'elle voulut avec la plus grande des sincérité lui demander pardon, elle se contenta de la prendre dans ses bras. Surprise, Adel garda longtemps les yeux ouverts. Elle ne comprenait pas. Ils avaient tous compris ce qu'elle venait de faire, avaient tous du supporter son humeur glaciale, et pourtant ils étaient tous si doux avec elle. Ils lui pardonnaient, sans qu'elle n'eut rien à faire en contrepartie. Même cette fille qu'elle avait ouvertement haï pendant des années. Même cette autre fille qu'elle le connaissait qu'à peine. Ses yeux se fermèrent tandis qu'elle refermait ses bras sur Alix. Elle n'avait plus son frère. Personne ne pourrait jamais le remplacer, mais il lui fallait se rendre à l'évidence. Tout ce qu'elle possédait à présent était mieux encore. Cette nuit-ci, elle ne dormit que très peu. Esmezia, elle, eut l'un des sommeils les plus réparateurs de sa vie.

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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Jeu 20 Nov - 3:22

A l'extérieur, le temps était devenu infâme. Quelques minutes avaient déjà passées depuis la confrontation entre Adel et Zia, mais les choses commençaient à se calmer. La porte s'ouvrit de nouveau, lentement, accompagné d'un grincement désagréable. L'homme qui avait ouvert la porte était vêtu de noir et de rouge, l'on aurai dit une robe, au premier coup d'oeil, mais il ne s'agissait que d'un très long manteau, couvrant jusqu'aux chevilles, ouvert à la ceinture, fermé jusqu'en haut du buste. Entre son foulard et sa capuche, on ne voyait là que le regard d'un bleu improbable du nouvel arrivant. Cet aspect mystérieux et quelque peu menaçant fut rapidement balayé lorsque l'étranger retira son masque et envoya sa capuche en arrière. Il sourit à l'assemblée, comprenant qu'il brisait probablement un moment pendant lequel on n'attendait personne. Il s'empressa de refermer la porte.A cet instant, il semblait la personne la plus gentille au monde, ou bien la plus minable, vu son air pataud. Son visage n'affichait que bonté et le contraste brutal de la couleur de ses yeux ne semblait plus si choquant à présent. Toujours en souriant, il agrippa la sangle de sa sacoche, et s'avança tranquillement jusqu'à Alix.

- Bonjour, veuillez m'excuser mais j'ai faim et soif, et l'on m'a indiqué cette adresse. J'ai voyagé, voyez-vous.

Il avait quitté le convoi peu de temps avant Oloren et Esmezia, mais étant à pieds, il s'était vite fait distancer par la vélocité légendaire des loups géants. En regardant un peu plus autours de lui, il remarqua les deux jeunes filles aux cheveux blancs, ainsi que l'homme aux cheveux blonds. Il ne mit pas longtemps à les reconnaître.

- Faim et soif, et je tombe sur une brochette de légendes ... A qui dois-je m'adresser pour me pincer ? Je dois rêver.
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Jeu 20 Nov - 15:15

L'on avait continué de s'occuper du cas d'Esmezia durant les quelques minutes nécessaires à ce que le sang cesse de couler, puis Ilawen avait en vitesse aidé Snori à changer les draps imbibés. Considérant qu'elle avait besoin d'espace, Alix décida de laisser sa chambre à son amie tandis qu'elle irait rejoindre celle de sa sœur. Toutes deux avaient de toute manière besoin de parler ce soir. Adel était donc déjà partie, désireuse de s'isoler un instant, tandis que les autres, sans s'attabler, grignotaient en silence. Pour autant, l'absence de mots échangés n'avait plus rien à voir avec la gène d'il y a quelques instants, à l'inverse, elle s'avérait plutôt apaisante. Ç'avait été sous une drôle de forme, mais ce souci était réglé. Alix, plus encore que ses camarades, semblait heureuse qu'il en soit ainsi. Les conversations commençaient enfin à reprendre lorsqu'un parfait inconnu entra, magnétisant aussitôt tous les regards. Ilawen eut un temps de pure surprise face à l'incongruité de la situation lorsqu'il alla s'adresser à sa fille. Artesia était une ville paisible, aussi ne verrouillait-elle sa porte que tard le soir ; et leurs préoccupations ainsi que l'obscurité les avait empêché de voir l'homme arriver. N'en restait pas moins qu'il ne manquait d'audace ! La grosse dame s'avança vers lui, l'air réprobatrice.

-Et je peux savoir qui vous a indiqué cet adresse, monsieur... ?

Loin d'elle l'idée de se montrer désagréable, bien au contraire, elle était la première à se montrer accueillante. Mais elle ne trouvait simplement aucune logique au fait qu'il se soit rendu ici. En ville, les établissements ne manquaient pas, et les cuisines des tavernes étaient certainement un endroit plus approprié pour un mendiant à la recherche de restes. Pour autant cet homme n'avait aucunement l'air d'un miséreux, au contraire. Dans ses yeux luisaient cette intelligence pétillante propre à ceux qui avaient reçu une riche éducation. Or le voilà qui entrait chez elle comme si de rien n'était. Pour sûr, il ne manquait pas d'audace.

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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Jeu 20 Nov - 17:12

- Et bien, j'ai demandé à un marchand l'endroit le plus accueillant, désolé, j'arrive peut-être tard, ou tout simplement ne suis-je pas au bon endroit, au moins serais-je assez effronté pour vous demander un verre d'eau, suite à quoi je m'en irai ... Et encore une fois, je suis navré.

L'audace n'était pourtant pas ce qui l'avait précipité ici, mais bel et bien le temps extérieur, sous pareil climat, il n'avait eu le choix que de passer outre la règle sociale voulant que l'on frappe à la porte. En s'excusant, il s'inclina néanmoins de quelques courbettes, gratifiant Ilawen d'un sourire aimable, les sourcils haussés d'une certaine inquiétude.
Oloren le détailla avec un peu plus de précision. Il n'y avait pas que son regard qui était emprunt d'une riche et bonne éducation : ses vêtements ressemblaient aux tenues de magistrat luuwriens, et son grand manteau était tenu par une broche très particulière qu'elle n'avait encore jamais vu. Ses mains étaient fines et allongées, semblaient douce, signe qu'il ne devait pas s'entretenir d'un travail très physique. De plus, en dehors du moment de surprise lorsqu'Ilawen lui avait sauté dessus, il se tenait bien droit, comme beaucoup de ces gens qui ont une fierté à défendre ... Elle se surpris le dos bien courbée, la tête soutenue par sa main, et se demanda si l'on pensait d'elle qu'elle était encore une traîne patin de plus, sa sœur, elle, se tenait au moins aussi droit que le nouvel arrivant. Elle se concentra un peu plus sur la broche, plissant des yeux pour lire l'inscription qui résidait sur celle-ci.

- Düïr ath va nüsl ih ah Hir Cirdan Calanor ... J'ai rien compris mais c'est classe, dit-elle a Snori en souriant.

De son coté, Cirdan commençait déjà à remettre sa capuche, se résignant à braver le temps une nouvelle fois ...
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Sam 22 Nov - 6:10

Ayant la tête ailleurs suite aux très récents événements, Alix n'avait pas vraiment pris le temps de considérer le physique de cet homme qui s'était pourtant adressé directement à elle, étant donné qu'Ilawen avait eu vite fait de le détourner d'elle. Lorsque Oloren évoque sa broche à haute voix, elle y jeta tout de même un coup d'œil, et reconnut aussitôt ce symbole que peu pouvaient se targuer de porter. Le lien se fit alors aussitôt entre sa silhouette cadavérique, ses yeux pâles et ses longs cheveux. Elle n'avait jamais eu l'occasion d'y assister mais savait que cet homme avait donné des cours ; quelque chose à propos des plantes si sa mémoire ne lui faisait pas défaut. On était bien loin de son domaine, cela dit tout homme ayant pu prétendre à l'enseignement dans un établissement aussi prestigieux méritait un accueil un tant soit peu chaleureux. Et ce serait de toute manière une bonne occasion de se changer les idées, car la jeune femme le voyait, sa mère d'adoption était encore sur les nerfs, ce qu'elle ne pouvait aucunement lui reprocher.

-C'est un professeur de l'académie ! leur apprit-elle, parlant un peu plus fort que prévu.

Snori de son côté avait à son tour reluqué la broche sans plus comprendre que son amie ce qu'il y avait d’inscrit dessus. La sentence semblait noble et puissante, effectivement, mais l'ancien hovoïte, ce n'avait jamais été sa tasse de thé. Cette langue n'était plus utilisée depuis près d'un millénaire et on n'en conservait aucune trace écrite. Seules quelques familles ancestrales de l'état de l'Est continuaient de la transmette oralement, mais dans l'immense majorité des cas, des expressions seules étaient restées. Les artefacts, encore aujourd'hui, étaient nommés via ce dialecte. Il était peu étonnant, au final, que les érudits de cette fameuse académie dont il avait beaucoup entendu parler depuis son arrivée s'accordent quelque titre par le biais de cette langue. Cela devait participer à gonfler leur ego, à les faire se sentir comme l'élite intellectuelle de Valato. Pourtant cette homme ne semblait guère vaniteux, bien au contraire. Ilawen répondit aux dires de sa fille par un grand haussement d'épaules qui voulait signifier « très bien, s'il le faut vraiment... », et reprit la parole.

-Eh bien, professeur, aurais-je l'audace de vous demander une nouvelle fois votre nom et de vous inviter à ma table ? Je me ferai un plaisir de vous désigner les auberges où vous pourrez coucher par la suite.

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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Sam 22 Nov - 13:18

Cirdan sursauta lorsqu'Alix l'annonça par sa profession. Ainsi démasqué, il sentit que la situation commençait à se poser, même si la tension qu'il ressentait de la part d'Ilawen n'était quant à elle pas redescendue d'un pouce. Il voulu refuser l'invitation, mais sentant la possibilité de courroucer celle qu'il pensait être la mère de la jeune fille blonde, il fit comme on le lui dit.

- Je suis Cirdan Calanor. Et j'ai en effet enseigné à l'académie ... Des études sur la nature, en fait. Je vous remercie infiniment de votre sollicitude et de m'accepter chez vous, quand bien même ma tenue est absolument honteuse.

Il s'inclina de plus belle sur ces mots, faisant retomber sa capuche sur sa tête, qu'il chassa par la suite en arrière. Sans faire d'histoire, et surtout en se faisant petit, il se joignit aux autres à table. Son regard se porta sur le prince, puis sur les deux soeurs Ehlkaÿd. Sur Alix, ensuite, puis sur Ilawen, suite à quoi il retint un sursaut. Après un rapide passage sur Seth, il arrêta son investigation sur Bartiméus. Persuadé de l'avoir déjà vu quelque part, il préféra néanmoins lui offrir un simple sourire que d'engager la conversation.
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Sam 22 Nov - 16:00

Les convives reprenaient le repas dans une drôle d'ambiance, quelque peu gênés par cet inconnu qui s'imposait alors que ce lieu se voulait intimiste. Pour autant, maintenant qu'ils faisaient avec, mieux valait lancer un semblant de conversation. Snori s'y lança, plutôt sociable de nature.

-Et donc, qu'est-ce que vous enseignez ?

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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Sam 22 Nov - 16:12

Cirdan sourit à Snori, dans cette ambiance tendue où son seul désire était de déguerpir aussi vite que possible afin de ne plus gêner, l'intérêt du fils Pendragon était une véritable main tendue, qu'il ne manquerait pas de saisir.

- Et bien, enseigner est un bien grand mot, en vérité je suis plutôt conférencier, grâce à mes efforts je peux désormais réserver des salles afin d'y présenter mes découvertes, qui se résume assez bien en tant qu'études approfondies des espèces animales et végétales connues en Valato et ailleurs. Enfin, en supposant qu'il existe un ailleurs.

Concernant ce dernier point, le regard de Cirdan s'illumina. Il avait cette intime conviction qu'il ne pouvait pas y avoir qu'un seul continent en Valato, mais il n'avait trouvé lors de ses recherches aucune preuve que ce fut le cas, ni même que quiconque ait essayé. Cela lui avait d'ailleurs valu la moquerie de ses camarades de classe les moins avisés, à l'académie. Bien qu'il ait décroché son diplôme des plus rapidement, il était vu par ses collègues comme un rêveur idéaliste, peu le prenait au sérieux, et les quelques uns qui daignait lui prêter de l'intérêt tâchait d'éviter le sujet...
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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Sam 22 Nov - 16:23

Ainsi était-il l'un de ces naturalistes plus à l'aise seul au milieu d'une fauve grouillante que dans les rues peuplées d'humains. Un homme de science en somme, comme on pouvait en croiser beaucoup dans les milieux culturels ou simplement à Nora. Snori avait l'habitude de côtoyer ce genre de personnes et gardait nécessairement Irwan en tête lorsque cet archétype se présentait devant lui, à ceci près que l'ancien maître-savoir faisait preuve d'un pragmatisme à toute épreuve. L'inconnu, nommé Cirdan, semblait en revanche un brin rêveur. Loin de feindre son intérêt, l'ancien monarque enchaîna.

-Vous auriez étudié les griffons, à tout hasard ?

Il s'était souvent posé des questions sur ces créatures dont on n'avait pu tirer grand chose tant elles conservaient avec avarice leurs secrets. Longtemps, la famille Pendragon avait, étrangement, utilisé cette mythique bête comme armoiries. Le récit de Fushy, quelques semaines plus tôt, avait ranimé la passion de Snori pour eux et celui, plus récent, d'Esmezia et Oloren n'avait fait que l’attiser encore plus.

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MessageSujet: Re: Loin des conflits, proche du bonheur   Sam 22 Nov - 16:32

Cirdan blêmit un peu à ce moment là.

- Je n'en garde pas un très bon souvenir, se contenta-t-il de dire.

Longtemps, les griffons avaient été son seul sujet de préoccupation, tant ces bêtes le fascinait, il avait pu les étudier de loin, au départ en récoltant quelques plumes, observant des marque sur certains arbres, tâchant de découvrir de quoi ils se nourrissaient. Il avait aussi tenté d'observer la naissance d'un griffon, mais ceux-ci défendant bien plus leur tranquillité que leur secret, il avait vécu suite à cela une mésaventure des moins enviables, et cela se voyait à son visage déconfit.
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