Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Volutes de fumée

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Louis
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MessageSujet: Volutes de fumée   Dim 2 Nov - 21:44

La longue file de caravanes de réfugiés avançait bon train en direction de Naïlika. Constituée en grande majorité de militaires et des têtes pensantes de Valato, elle avait été rejointe par quelques centaines de civils clairvoyants du danger que courait Rednow. Une marche silencieuse s'était implicitement instauré entre les fuyards, simplement interrompue par les pleurs de certains citadins terrifiés par l'inconnu. Cette situation était plus terrible que tout ce qu'ils avaient connus par le passé. L'invasion des forces d'Igole Vrarg faisait bien piètre figure face à l'attaque d'un seul homme. Et ces hommes et femmes effrayés devaient désormais se diriger vers le pays de leur ancien ennemi pour échapper à la mort. Soudain, une terrible déflagration se fit entendre dans leurs dos.

Tous se retournèrent pour constater la terrible explosion qui ravageait maintenant le joyau de Luuwr. Le choc fit trembler le sol au pied des survivants tandis que certains tombaient à genoux devant la destruction de ce qui avait été leur foyer. Tous prirent soudainement conscience qu'il ne pouvait y avoir aucun survivant à cet hécatombe. Chacun d'eux connaissait au moins une personne dont la vie venait de s'éteindre parce qu'il ne s'était pas résolu à partir, ou qu'il n'en avait pas eu le temps. Avant qu'ils n'aient eu le temps de comprendre cela, une pluie de débris s'abattit sur eux, blessant et tuant les exilés.

Les soldats reprirent douloureusement conscience de leurs responsabilités, poussant les civils à reprendre la marche au plus vite. Certains pourtant, malgré le danger, restaient immobiles, comme figés par un tel drame. Certains furent abandonnés à leur sort, mais la plupart furent emmenés par leur famille en pleurs.

La déflagration continua encore quelques secondes avant de s'étendre piteusement, ne laissant de la plus belle ville de Valato que quelques décombres à moitié immergés aux reflets d'émeraude. Edward, en tête de la file, ne put s'empêcher d'observer avec une incommensurable tristesse le destin funeste de Rednow. Plus qu'un symbole qui s'écroulait, il s'agissait du plus beau lieu qu'il ait jamais visité, une ville de culture et d'art, à la frontière de terres et mers. Sans compter ses habitants...

Si certains étaient emplis de mélancolie, une fureur noire animait Melody. Ce monstre qu'était Edwig Luthness venait de détruire sa ville. Le lieu où la pauvre orpheline qu'elle était avait grandi et vécue. A peine remise de ses blessures, la jeune femme se leva et s'abandonnant à un Belwur au sourire cynique, se métamorphosa en un dragon aux formes presque inhumaines puis s'envola en direction de la ville, la colère au ventre. En quelques brassements d'airs, la capitaine fut au dessus de Rednow.

Tout n'était plus que ruine. Les bâtiments effondrés étaient inondés par une eau aux reflets verts, et les plus petits débris étaient évacués en direction de la mer. Melody ne parvint même pas à reconnaître son ancienne maison lorsque celle ci s'effondra face à la pression des courants marins. En proie à de terribles bouleversements aquatiques, la ville commençait doucement à s'enfoncer dans des eaux plus profondes.

Après quelques secondes d'observations, la jeune femme trouva ce qu'elle cherchait. A une centaine de mètres du joyau brisé de Luuwr, une multitude de cratères s'étaient formés, du aux imposantes pierres qui avaient jaillis lors de l'explosion. Dans le plus grand d'entre eux reposait un être humain à la carrure plus que reconnaissable. Edwig Luthness...

Le voleur des pouvoirs d'Ohihir semblait sévèrement amoché. Ses vêtements n'étaient plus que des lambeaux calcinés, et une multitude de plaies parsemaient son corps. Sa peau était roussie et brûlée à de nombreux endroits. Et il était pourtant encore vivant. Faisant apparaître au creux de sa paume une épée de feu aux reflets noirs, la capitaine Luuwrienne fondit sur le colosse, décidée à en finir. D'un puissant coup d'estoc, elle transperça le cœur du civicide, qui écarquilla les yeux avant de pousser un long râle de surprise. Remuant l'arme dans le corps de l'ancien Ombre dans le but d'engendre le plus de souffrance possible, elle l'injuria d'une voix éthérée, donc les échos faisaient bien d'avantage penser à la voix suave et pernicieuse du démon qui la possédait, qu'à la fidèle officière Luuwrienne qu'était Melody.

En un instant pourtant, alors qu'on aurait pu une nouvelle fois porter pour mort l'assassin d'Orion Délafi, l'agonisant saisit fermement les poignets de son agresseuse et l’assomma d'un violent coup de tête. L'armure pourtant infranchissable de Belwur brisa net, et la jeune femme, perdu dans les limbes ne put que voir l'Ombre se relever en boitillant, avant de se pencher vers elle avec un air étrangement inquiet...
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Dim 2 Nov - 22:38

Il s'agissait d'un choc dont la violence surpassait de loin tout ce que le Sud avait connu ces derniers siècles. Et plus encore que ce déferlement de puissance, que cette destruction massive, c'était l'aspect soudain de cet assaut et sa fulgurance qui déconcertait à présent les rescapés de la cité des eaux. Alors qu'ils avaient eu vent de la quête de leurs héros et qu'ils plaçaient en eux tous leurs espoirs, voilà qu'un ennemi qu'ils pensaient perdu à jamais venait leur ôter tout ce à quoi ils tenaient. Nul n'aurait pu prédire qu'il en serait ainsi. Blessée, incapable de se maintenir d'elle-même tant la douleur la tétanisait, Esmezia avait observé le carnage, appuyée sur Oloren. L'issue du combat inévitable avec le griffon leur paraissait évidente, compte tenu du fait que le mythique gardien n'avait reprit son envol. Et Rednow fut détruite, engloutie sous un océan de flammes verdoyantes. Était-ce du fait de leur assaillant, ou un sabotage voulu ayant eu pour but de le faire sombrer ? Pour l'heure, ils ne pouvaient prendre de risques et devaient continuer d'avancer. L'hovoïte ne parvenait à quitter l'immense brasier des yeux. Elle y cherchait la silhouette du parleur, craignant de la voir parcourir en quelques enjambées la distance les parcourut. Elle ne remarqua pas le départ de Melody, ni l'arrêt momentané de leur troupe. Ce ne fut qu'après une longue heure d'apathie que la jeune femme détourna le regard, se laissant choir pour s'allonger sur le bois rude de la carriole. Elle était épuisée. Pas seulement physiquement, non. Ces semaines de marche, de combats, de complots et de drames avaient profondément atteint son moral qu'elle pensait inébranlable. La cruelle défaite qu'Edwig lui avait infligé fut un point final à cette grande montée de frustration. Sans vraiment s'en rendre compte, elle rabattit ses paupières. Ils étaient serrés, dans ce chariot, et elle avait chaud malgré le temps. L'odeur d'Oloren, familière, la rassurait alors qu'elle s'essayait à faire le vide. Rapidement, elle s'endormit.

Kellue, installée avec elle, Oloren et Arawn, l'avait observée sombrer d'un air grave. Cette jeune guerrière avait donné beaucoup de sa personne. Plus que n'importe qui, elle méritait de se reposer, mais l'état de sa jambe restait inquiétait. Une fracture comme celle-ci laissait des séquelles à vie. Jamais elle ne retrouverait un équilibre aussi parfait que celle qu'elle avait acquis à force d'entraînement. Son avenir en tant que combattante semblait quelque peu compromis, certainement pour son plus grand bien. Pour autant, ce n'était guère cette petite héroïne qui préoccupait la parleuse. Deux autres femmes lui causaient énormément de souci. Melody, pour commencer. Particulièrement sombre depuis sa discussion avec le roi de l'Oran, elle se renfermait sur sa personne, prenant des décisions impulsives et irréfléchies, voire stupides. Et là voilà qui fonçait vers les décombres de la cité, où, à n'en pas douter, un ennemi l'attendait. Car malgré l'ampleur de l'explosion, la louve-garou n'en doutait pas un seul instant : Edwig y avait survécu. Ohihir aurait théorisé que Belwur lui était néfaste. S'ils la perdaient elle, c'était l'une de leurs alliés les plus précieuses dont les nations réconciliées se privaient. Néanmoins, en dépit de toute l'importance qu'avait la capitaine, les cogitations de Kellue ne concernaient qu'elle-même. Sa situation l'inquiétait fortement, la désespérait. Elle s'y était finalement résignée, d'une certaine manière. Son vieil ami n'avait pas réussi à la sauver. Quitter ce monde ne l'aurait pas tant dérangée que cela, si ce n'était pour Edward. N'écoutant plus que son propre ressenti, elle enfourcha un cheval vide à proximité et le fit trotter afin de rejoindre la tête du convoi. Les soldats de l'escorte la laissèrent passer afin qu'elle arrive au niveau de son souverain et ami. Elle porta sur lui un regard affectueux, laissant paraître la moindre de ses émotions sur son visage meurtri. Elle l'aimait. Il était le petit frère qu'elle n'avait pas eu, la seule personne à qui elle avait pu s'attacher réellement. C'était pour lui, et seulement pour lui qu'elle avait si longtemps accepter de négliger ses propres désirs, ses ambitions. Elle avait renoncé à un trône qui lui revenait de droit, pour lui. Son estime constituait la plus belle des récompenses, mais cette fois, cette unique fois, elle allait lui demander un service. Une faveur.

-Edward ? La pleine lune arrive demain soir. Avec tout ce qu'il s'est passé, je n'aurai pas le temps d'apprendre...je vais tuer beaucoup d'innocents, peut-être certains de nos compagnons, peut-être toi...

L'entraînement avec Arawn, les rituels des tribus lupines, la volonté d'apprendre à maîtriser cette force nouvelle...tout cela ne lui permettrait pas d'y parvenir. Elle en avait pleinement conscience, à présent. Elle pouvait alors être lâche et attendre d'être tuée en tant que bête sauvage, qu'ennemi des hommes, ou faire preuve de bravoure et affronter son destin la tête haute.

-Vous me tuerez, à ce moment, continua-t-elle. Mais je préfère mourir avant cela. Quitte à devoir y passer, je préférerais que ce soit toi qui t'en occupes.

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Lun 3 Nov - 1:31

Arawn réfléchissait activement à un moyen d'aider Kellue, mais plus il réfléchissait, plus il trouvait de solution, plus la seule qui s'imposait se trouvait être le partage du sang. Lorsqu'il loup partageait son sang avec un autre, ils se trouvaient liés par des liens plus puissants que ceux de la famille. Arawn avait par deux fois partagé son sang, et s'était imposé comme le mâle dominant par ces deux fois. Les deux fois, ces adeptes avaient réussi à contrôler leur don et s'étaient séparés du parleur, et vivaient à présent paisiblement, se faisant régulièrement parvenir des loups messagers, qui avaient parfois donnés naissance à des contes pour enfants, lorsqu'il arrivait à des fermiers d'en voir un.
Evidemment, la question du rejet s'imposait, mais au point où ils en étaient, il serait difficile de trouver une autre solution. Le principal problème du premier plan du lycanthrope se trouvait être la chasse. Si il n'y avait pas assez de nourriture, Kellue sombrerait effectivement dans un élan meurtrier. Le seul moyen d'endiguer ce problème était de repaître la nouvelle louve avant qu'elle puisse chasser d'elle même, de la même façon qu'un sevrage est précédé par une période de dépendance. Tout cela, il devait en faire part à quiconque accordait de l'importance à Kellue, hélas, tous ceux-là semblaient occupés à observer cette explosion verdâtre qu'il jugeait minable. Arawn avait considéré la cité comme perdue au moment même où Edwig était arrivé. De toute façon, Arawn n'aimait pas trop les villes. En revanche, l'ancien porteur d'Athis l'intriguait. Pourquoi s'était-il montré si aimable ? Qu'aurait-il fait avec Solunthes en sa possession ? Si il avait eu la certitude qu'il aurait cessé ses activités criminelles après avoir obtenu ce qu'il voulait, adoptant par exemple l'exil, l'ancien gardien aurait volontiers déchiqueté lui-même Nakaën pour récupérer Solunthes et le lui donner. Ceci, il ne pouvait le confier à personne, mais malgré tout, il ne pouvait s'empêcher que, s'il avait du le faire, une vie en aurait sauvé des milliers ...

Oloren avait recueilli Zia de façon naturelle, la laissant s'appuyer contre elle, posant sa tête sur sa poitrine, elle caressait sa tête, ses cheveux, lui portant un regard bienveillant. Elle méritait grandement son repos, et elle aurait aimé l'imiter, mais un détail lui empêchait de fermer l'oeil.

Prévisible.


Effectivement, tout cela, elle l'avait pressenti. Lors de la réunion, elle avait haussé le ton, désignant une mission suicide, d'une dangerosité incomparable, elle avait prévenu que nombre d'entre eux ne reviendraient pas ... Et tout cela c'était avéré vrai.

Prévenue.



Elle les avait prévenus, pourtant, mais elle n'avait pas été écoutée. En conclusion, elle observait cette explosion de couleur jade terriblement belle. Terriblement car cause de chaos supplémentaire. Les risques estimés étaient bien loin d'approcher le malheur qui frappait aujourd'hui le monde. Et cette voix qui ne cessait de se manifester de façon énigmatique. Soupirant, elle laissa finalement tomber sa tête contre celle d'Esmezia, la serrant un peu contre elle, dans une position un peu plus confortable, pour elle autant que pour la jeune fille aux cheveux neige. Plus fort que les pensées qui lui traversait l'esprit, la fatigue emporta Oloren dans un sommeil profond et réparateur.
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Louis
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Mar 4 Nov - 18:06

Un silence de mort régnait dans la colonne. Tant étaient morts aujourd'hui... Regardant Oswald avec intensité, Edward réfléchit à la terrible défaite qu'ils venaient de subir. Le général devrait absolument lui faire un rapport détaillé de la force d'Athis lorsqu'ils seraient de retour à Naïlika. En attendant, le jeune roi ressenti une légère satisfaction d'avoir libéré Solunthes des griffes du monstre qui avait attaqué Rednow.

Kellue se présenta devant lui alors qu'il était plongé dans ses pensées. Malgré son état de faiblesse évident, Edward était plus qu'heureux de la revoir en vie. La jeune femme semblait avoir enduré tellement, depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vu qu'il admirait d'autant plus son sang-froid. Pourtant, lorsqu'elle vint lui faire sa requête, le souverain Naïlikan vit tout de suite que sa seule amie n'allait pas aussi bien que ce qu'elle voulait montrer.

Son discours l'estomaqua. La demande de l'ancienne porteuse d'Ohihir lui brisa le cœur tant elle était désespérée. Pourtant, Edward se força à garder un visage d'une totale neutralité. Chose qui était assez aisée pour lui de manière générale, mais qui en ce moment se révélait aussi difficile que douloureux. D'un ton assez sec, et regardant son interlocutrice dans les yeux, il déclara avec fermeté :

- Il y a eu assez de morts inutiles pour ne pas rajouter la votre sur la liste, Kellue Dovlass. Douter de vos capacités n'a jamais été dans vos habitudes, et malgré l'ampleur de votre perte -à laquelle je compatis- je vous interdis de baisser les bras. Ohihir vous a fait un don que beaucoup envieraient et j'ai cru comprendre que le Lycanthrope Arawn se dévoue entièrement à votre éducation. Je refuse votre requête de tout mon être et vous interdit, en tant que votre roi, de mettre fin à vos jours.

Edward fit une pause, scrutant son amie avec intérêt avant d'ajouter :

- J'ai entièrement confiance en tes capacités. Même en forme lupine, je serais prêt à mettre mon cou à ta disposition et avoir la conviction que jamais tu ne me feras pas de mal. Alors en tant qu'ami désormais, je te demande de rejoindre Arawn et de faire tout ce qui est en ton pouvoir pour que cette première transformation se passe bien.


Le jeune roi avait l'espoir que son petit discours ait convaincu Kellue, bien qu'il n'en ait aucune certitude. Cela ne lui plaisait guère, mais maintenant qu'il la savait suicidaire, il n'hésiterait pas à la faire accompagner par des soldats, si cela s'imposait... Pour sa propre sécurité.


Bien loin de là, Melody entendait des vagues bruits autour d'elle. Encore étourdie, elle ne parvenait pas à en comprendre l'origine. Les derniers événement lui revinrent vaguement à l'esprit. Son attaque suicidaire et son échec, le regard d'Edwig Luthness lorsqu'elle avait cru en finir avec ce monstre, l'influence de Belwur dans ses actes. C'est cette dernière pensée qui la poussa à ouvrir les yeux. La capitaine se trouvait à même le sol, recouverte d'une couverture rugueuse. Un feu brûlait non loin d'elle.
Tant bien que mal, la jeune femme parvint à s'asseoir pour se rapprocher du feu. C'est à ce moment qu'elle aperçut, dans l'état de confusion auquel elle était encore soumise, son agresseur se réchauffant les mains près du foyer. Elle voulut se jeter sur lui pour l'étrangler, mais encore trop faible, elle ne parvint qu'à glisser à même le sol.
Bien que ses vêtements soient encore calcinés, l'Ombre ne montrait plus aucun signe de blessures apparentes. Melody se souvenait pourtant d'avoir transpercé le cœur du monstre, et une déchirure sur l'armure d'Edwig l'attestait... Les gants de Belwur reposaient sur ses mains. D'un geste peu habile, la militaire tenta de lui arracher son dû, mais n'y parvint pas.

- Je ne te le donnerais pas déclara simplement le colosse. Son influence sur toi ne serait que renforcée...

Melody émit un reniflement méprisant. Ce monstre jouait avec elle, bien conscient que Belwur était sa seule porte de sortie. L'artefact n'était aucunement nocif pour elle. Il lui faisait simplement se sentir bien plus libre qu'à son accoutumée.

- Libères moi alors, monstre!

Edwig eut un sourire triste. Tout dans l'attitude de Melody lui rappelait une très ancienne connaissance, maintenant décédée. Toute cette fureur contenue dans une femme. La folie n'était visiblement pas loin...

- Tu es libre, Melody Jennsen. Si tu souhaittes partir, tu le peux dès à présent. Néanmoins, je doute que tu le fasses, car Belwur restera avec moi, et ton addiction pour lui est telle que tu mourrais pour le récupérer...

Par simple désir de contradiction, Melody pensa un moment à se lever et fuir face au destructeur de villes. Elle n'esquissa pourtant pas un mouvement, et les deux ennemis de toujours restèrent immobiles pendant un long moment, avant que la capitaine ne se décide à briser le silence d'un ton amer.

- Suis-je donc encore en vie pour que tu m'humilies une dernière fois, avant de me torturer et de me tuer?

- Il y a eu suffisamment de morts aujourd'hui rétorqua avec colère l'ancien porteur d'Athis. Et si tu es encore présente ici c'est parce que je pense être capable par la parole de te soigner d'une affliction que j'ai déjà observé par le passé.

- La seule personne qui a besoin d'aide ici, c'est toi monstre. Et le meilleur moyen de mettre un terme à tes souffrances et de t'éradiquer de la surface de cette terre.

Secouant la tête, Edwig interrompit le duel de regards qu'avait instauré Melody. Belwur avait fait sur elle de bien tristes dommages, probablement impossibles à soigner. Athis avait lui même eut une importante influence sur le colosse, et du temps où le Félin parcourait encore cette terre, nul doute que l'Ombre, si il avait été dépourvu de son artefact, aurait eu des réactions de manque très similaires à celles de la capitaine Luuwrienne. Mais il n'avait en lui que de la tristesse pour son défunt professeur. Face au regard furieux que lui lançait toujours la jeune femme, Edwig comprit qu'il lui restait encore beaucoup de travail avant qu'elle ne parvienne à redevenir elle même. Il aurait pourtant simplement pu la tuer. Mais pour une raison qu'il n'aurait su expliquer, il en était incapable.
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Sam 8 Nov - 21:53

Lev avait quitté la compagnie de Snori depuis la veille. Comprendre que la situation de l'Oran dégénérait avait été aisé pour une bête de son calibre, et il lui avait alors fallu aviser quant à son avenir. Son maître, lointain, n'avait pu être rejoint dès le début. À présents, ils étaient toutefois assez proches pour se réunir après de longues semaines, et ce fut alors qu'il filait droit vers le Nord qu'il le retrouva. Llednar était accompagné de Nakaën, lequel portait son artefact. Tous deux chevauchaient sans relâche, fuyant la menace d'Edwig Luthness. Ils avaient entrevus, au loin, une titanesque explosion dont ils ignoraient la source, mais ne s'étaient pas permis de s'arrêter. L'arrivée du rapace changeait la donne. Même si le natif centraliste n'était pas parleur, il avait dressé son animal de compagnie depuis sa naissance et avait établi avec lui plusieurs codes qui leur permettaient de se comprendre lorsqu'il s'agissait de transmettre des informations rudimentaires. En l'occurrence, l'aigle les informa que leurs alliés les suivaient, d'à peine deux heures. Aussi prirent-ils ensemble la décision de les rejoindre, jugeant non pas sans pragmatisme qu'ils seraient plus en sécurité tous réunis, en bénéficiant notamment de la présence de Melody. Lorsqu'ils arrivèrent, ils firent face à une assemblée désemparée. L'un des officiers de l'avant-garde les mena jusqu'à Oswald, qui se chargea de leur expliquer brièvement la situation. Ils avaient perdu Rednow, Orion, Nigdaoz, Meldody et Belwur. Difficile d'imaginer pire scénario en aussi peu de temps, mais il leur faudrait faire avec. On décréta une pause, afin que les montures puissent se reposer et que chacun prenne le temps de se nourrir, de soigner ses blessures. Nakaën vint proposer ses services à ceux ayant été injuriés, avec l'accord d'Oswald qui avait décidé de lui faire confiance. Beaucoup se méfièrent et refusèrent cette main tendue, de crainte que l’illusionniste ne s'immisce dans leur esprit. Ceux qui acceptèrent ne purent en revanche que constater l'amélioration fulgurante de leur état de santé. Grâce à la seconde forme de Solunthes, les os se réparaient en quelques instants, les hémorragies cessaient, les douleurs s'évanouissaient. Les réticents, face à la miraculeuse récupération de leurs amis, finirent par se laisser faire et ne le regrettèrent point. Au cours de sa tournée médicinale, l'hovoïte arriva au chariot sur lequel reposaient Esmezia et son amie, Oloren. Il y grimpa et posa la paume de sa main sur la rotule de sa concitoyenne, entamant ses soins en espérant ne pas l'éveiller. Les os avaient été sévèrement touchés. Il pourrait quelque peu arranger la chose et accélérer grandement sa guérison, mais il faudrait qu'elle soit constamment attentive car elle conserverait une faiblesse à cette jambe. Il eut presque terminé lorsqu'elle ouvrit les yeux, sans que cela ne le surprenne : une fracture qui se réparait, on ne pouvait pas ne pas le sentir.

-Nakaën ? s'étonna-t-elle.

En prenant soin de ne pas bousculer Oloren, elle se redressa légèrement afin de se retrouver assises, adossée à la rambarde de la carriole. Elle n'avait pas tout à fait les idées claires et se sentait un peu engourdie, aussi jeta-t-elle un coup d'œil alentours pour s'informer de la situation. Ainsi, ils s'étaient stoppés. Au moins, ils pouvaient à présent être sûrs d'une chose : Edwig ne les poursuivait pas. Ou bien il avait anéanti toute l'arrière-garde et attendait de pouvoir les attaquer quand ils s'y attendaient le moins...mais mieux valait croire qu'il avait renoncé à les poursuivre, voire que Melody était parvenue à l'abattre. Elle sentit soudain comme un frisson lui parcourir le corps tandis qu'une chaleur doucereuse lui envahissait la jambe. Dès que Nakaën eut ôté sa main, elle se risqua à la bouger, prudemment. Il avait fais du très bon travail, encore une fois.

-Merci, lui chuchota-t-elle. Où est-ce que nous sommes ?

-Plus très loin de Gotor, répondit le guérisseur. Zia, Solunthes souhaite rester seul un instant, mais il veut quand même que je te demande de ne pas nous accompagner à Neims.

Neims. Alors c'était désormais établi : ils allaient se réfugier là-bas afin de concevoir tout ce dont ils auraient besoin afin de vaincre Edwig. Mais il était hors de question qu'elle ne s'y rende. Malgré son épuisement, malgré son découragement, elle demeurait la seule en qui Solunthes pouvait entièrement faire confiance, Nakaën mis à part. Face à ces politiciens sans scrupules et ces militaires rigides, il aurait certainement besoin de son soutien à un moment ou un autre. Et puis ils avaient commencé tout ça ensemble ! Ils avaient été prêts à faire abstraction de leur petite personne, tous les trois. Elle ne voulait pas qu'on la rejette maintenant, alors qu'ils entamaient une étape cruciale de cette confrontation. L'idée même qu'il puisse le lui en faire la demande l'indignait, si bien qu'elle en oublia de baisser le volume de sa voix, éveillant son amie.

-Ma présence le dérange peut-être ?

Nakaën eut alors un triste sourire qui lui fit immédiatement regagner son calme. Il y a quelques mois de cela, il détestait Esmezia Fambriel, la jalousant farouchement. Il était simplement frustré de n'être rien comparé à elle, mais avait compris au contact de Solunthes ce qui faisait d'elle et de beaucoup de ses amis des gens admirables. Plus encore, son lien avec son pendentif lui faisait ressentir, à échelle humaine, les états d'âmes de l’illusionniste. Le rouge lui monta au joues alors qu'il prit la parole.

-C'est tout l'inverse, Zia. Il t'apprécie toi plus que n'importe qui et n'est jamais aussi heureux qu'en ta présence, mais il se soucie de ta sécurité. Edwig le poursuit, lui, et pas toi. Il veut que tu te caches, le temps que tout cela soit résolu. Tu voulais retrouver ton amie, Alix, n'est-ce pas ? Alors va, tu l'as mérité.

Esmezia était estomaquée. D'une part par cette simple déclaration, mais surtout du fait que le ton employé par Nakaën laissait peu de place au doute quant à la nature de cette séparation : elle avait de fortes chances d'être définitive. Elle les appréciait, tous les deux, et tenait à rester à leurs côtés. Pourtant elle comprit qu'ils ne lui laisseraient pas le choix et qu'il en était mieux ainsi. Le guérisseur se tourna vers Oloren.

-Veille à ce qu'elle atteigne Artesia, s'il te plaît. Et restez-y, vous y serez en sécurité.

Les deux hovoïtes s'échangèrent un long regard, empli d'une tristesse en retenue, lourd de sens. Elles allaient partir maintenant, droit vers l'Ouest, et lui irait au Nord avec les naïlikans, accomplir son destin qui s'était scellé au moment où il avait trahi Athis.

-Au revoir, Oloren, Esmezia.

Nakaën s'en retourna vers les autres blessés sans se retourner. Solunthes, tapi au fond de son pendentif, ressentait un déchirement qui lui était inconnu. À force de côtoyer les humains et de s'approcher si près de leur essence, il avait fini par adopter certaines de leurs émotions. Celle-ci, parmi tout leur panel, était particulièrement puissante et attristante. Les hommes y mettaient un nom qu'il ne parvint pas à se remémorer, mais il fut certain d'une chose. S'il en avait eu la capacité physiologique, il aurait versé des larmes. Esmezia le regarda s'éloigner, la mine basse, s'efforçant de penser à ce qui l'attendait pour se changer les idées. Alix, Ilawen. Leurs sourires permanents, leur énergie et leur convivialité lui ferraient le plus grand bien, et être accompagnée d'Oloren serait splendide. Elles reformeraient leur petit trio. Restait le cas d'Adel, mais cela serait également l'occasion de briser la glace. Pressée d'en finir, elle s'étira longuement la jambe avant de mettre pied à terre. Elle tenta de faire quelques pas mais dut s'appuyer sur le chariot afin de ne pas s’étaler au sol. Même si elle n'avait plus à s'en faire quant à l'état de son membre inférieur, mieux valait y aller doucement. Sans doute boiterait-elle pendant quelques jours. L'un des soldats alentours vint lui apporter une cane de fortune qui fit parfaitement l'affaire pour qu'elle puisse aller informer Oswald de leur départ imminent. Celui-ci discutait alors avec Llednar et Inès.

-Vous aurez besoin d'une escorte ? s'enquit l'ancien général. Nous avons largement assez d'hommes pour vous en fournir, d'autant que les garnisons de Gotor nous rejoindrons bientôt. Et certains ont déjà travaillé sous vos ordres, jeune fille, alors ce ne sera pas un problème.

-Je vous remercie Oswald, mais je pense qu'il vaut mieux qu'on y aille seules. Et puis, avec Oloren, je ne crains pas grand chose de toute manière.

Oswald acquiesça d'un hochement de tête, conscient de la force dont disposaient les Ehlkaÿd, puis comprit au léger silence qui s'était installé et aux sourires gênés des trois jeunes gens qu'il devait les laisser seul un instant, aussi s'éloigna-t-il. Aussitôt cela fait et non pas sans qu'Inès l'aie discrètement remerciée, elle étreignit ses deux amis qui se montraient étrangement plus affectueux que d'accoutumée. Elle n'avait eu que peu l'occasion de le constater ces derniers temps, mais ils formaient une paire charismatique et s’embellissaient l'un l'autre.

-J'étais contente de vous revoir, annonça-t-elle. Dès que tout ça sera fini, il faudra qu'on se retrouve ! Faites attention à Nakaën, hein. Il est plus fragile qu'il en a l'air.

-Je ne vais pas le lâcher, la rassura Llednar.

-Assures toi qu'Oloren ne fasse rien de stupide, de ton côté, renchérit Inès.

Kellue et Edward étaient pour leur par encore en pleine discussion. Dommage, elle aurait bien aimé aller les saluer, mais ces deux-là étaient particulièrement proches et jamais elle n'aurait osé les interrompre, d'autant qu'ils ne semblaient pas converser de la pluie et du beau temps.

-Vous saluerez le roi et Kellue de ma part ?

-Aucun souci, répondit Inès. Prends soin de toi, surtout.

Ils se saluèrent une dernière fois pour Esmezia retourna vers Oloren, observant au passage inconsciemment les alentours afin d'y trouver Nakaën, qui semblait ne plus se trouver dans le coin. Devant son amie, elle scruta les loups d'Arawn. Qu'allait-il se passer pour lui ? Si Oloren l'accompagnait, sans doute viendrait-il également, ce qui signifiait qu'il serait séparé de Kellue. Lui imposer un choix la dérangeait, aussi s'enquit-elle des intentions de la fonceuse.

-Tu veux vraiment venir ? Tu n'es pas obligée, si tu préfères rester avec eux. Peu importe Solunthes, je suis assez grande pour voyager seule.

En vérité, elle souhaitait plus que tout que sa camarade marche à ses côtés, mais elle se voyait mal la supplier. Kellue, à quelques dizaines de mètres de là, dévisageait Edward. Il ne semblait pas comprendre l'ampleur de sa situation, mais elle était touchée qu'il lui fasse ainsi confiance. Elle n'avait effectivement jamais manqué de volonté, une qualité essentielle pour maîtriser la folie meurtrière des lycanthropes. Peut-être pouvait-elle essayer, si et seulement si elle avait sa parole.

-Alors demain soir, je me transformerais, lui dit-elle. Mais s'il doit en être ainsi, je veux que tout soit fait pour qu'on puisse m'abattre au moindre signe d'agressivité. Je ne veux pas faire de mal à quiconque, Edward. Je ne veux pas mourir en étant une menace pour toi.

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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Dim 9 Nov - 0:14

[https://www.youtube.com/watch?v=jjbiMXfe2NU]

- "Tu n'es pas obligée", elle est pas mal, celle là, et tu m'expliques comment tu comptes être crédible avec des yeux de biche pareils ?

La jeune femme aux cheveux blancs sourit, attrapant le bord de la charrette, sur lequel elle s'appuya pour sauter par dessus. Effectivement, le cas d'Arawn s'imposait. Celui-ci semblait plongé dans une réflexion complexe. Aussi discrète qu'à son habitude, Oloren hurla au travers du convoi.

- OH, ARAWN !

Pour seule réponse, le lycanthrope leva le bras, affichant la paume de sa main. Tous deux se mirent à sourire. De nombreuses pages s'étaient tournées, dans leur vie, mais celle-ci était bien l'une des plus marquantes, bien que cette séparation soit d'une simplicité absurde. Ainsi, Arawn n'était plus gardien. Libre, il redevenait son propre maître. Ainsi, Oloren n'était plus une jeune fille idiote. Elle commençait à ressembler à Erlyn, du point de vue de l'animaliste. Elle se tourna vers son amie.

- On décolle ? demanda-t-elle simplement en grimpant sur son loup géant.

L'ancien gardien, lui, se mit à sourire. Ses yeux devinrent jaunes vif, fluorescents, tandis que ses canines se précisèrent, sans qu'il prenne pour autant sa forme lupine. Il huma l'air d'un air satisfait. Ce soir serait un grand soir.
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Dim 9 Nov - 19:07

La première nuit était passée, synonyme d'insomnie pour l'ancienne porteuse d'Ohihir. Elle avait passé des heures à repenser à tous ces moments passés en compagnie d'Edward, à toutes ces années durant lesquelles le futur roi avait été pour elle un véritable moteur. Elle s'était jurée de le servir jusqu'à sa mort, du mieux qu'elle pouvait, et ne comptait pas revenir sur ce serment. Malgré le mal dont elle était atteint, elle désirait plus que tout être son bras armé, le protéger de quiconque tiendrait à s'en prendre à lui. C'était dans cette optique qu'Ohihir lui avait fait don de cette infime partie de son pouvoir, afin qu'elle puisse survivre à l'opération menée par Solunthes. Alors quand bien même elle n'était plus certaine de pouvoir encaisser la transformation à venir, elle gardait espoir, ne laissait pas fléchir sa volonté. À dire vrai, l'approche de la pleine lune l'obnubilait tant qu'elle n'écoutait plus les conversations pourtant essentielles des gens autour d'elle, et qu'elle ne considérait même plus l'option d'aller demander du soutien à Arawn, ayant l'impression qu'il lui avait déjà dit tout ce qu'elle avait à savoir. Elle aurait beau l'écouter, il aurait beau la rassurer, tout ne dépendait plus que d'elle à présent. Lorsque le soleil se leva en son dernier jour paisible, de grandes cernes s'étiraient sur son visage. Le manque de sommeil venait ajouter à son sentiment de décalage. Plus rien, aux alentours, ne lui semblait avoir de substance. Assise dans un chariot, proche du cortège de tête, elle se laissait porter sans mot dire, scrutant l'horizon d'un œil fatigué. On lui avait parlé de l'appel régulier que ressentaient les parleurs, cet amour pour la nature qui les prenait, parfois, et les forçait à aller s'exiler de l'humanité quelques instants. Elle n'avait jamais été une parleuse très douée, n'avait jamais réellement compris ce que pouvaient ressentir les bêtes. Sans doute était-ce à cause d'Ohihir. Puisqu'il avait toujours été à ses côtés, elle n'avait jamais pris le temps de développer ses pouvoirs initiaux. Mais là, pur sûr, elle aurait apprécié le calme plein. Pour peu, elle aurait presque eu envie de courir, en ligne droite, jusqu'à se retrouver au cœur d'une forêt où personne ne viendrait la trouver. Le fracas incessant des roues et des sabots sur le pavé inégal de la route ne faisait qu'amplifier son agacement, peignant sur son visage une moue constante. Cette journée fut longue, terriblement longue. Kellue ne fit qu'observer le paysage défiler, immobile, dans un silence perpétuel. Ses pensées s'envolèrent parfois vers Melody, qui s'était certainement faite tuer, sans que cela ne l’émeuve. Du coin de l'œil, elle scrutait le soleil, observant son orientation dans le ciel à plusieurs reprises pour le voir décliner petit à petit et laisser de nouveau le monde s'assombrir. Lorsque l'on passa du bleu au gris, le convoi se stoppa pour passer la nuit. Elle comprit alors qu'il était temps. Sans mot dire, elle alla se mettre un peu en retrait. Une bonne partie des soldats de la troupe semblaient au courant de ce qui allait se passer, aussi une cohorte la suivit-elle, piques en main, prête à l'achever si cela s'avérait nécessaire. Elle eut ainsi la satisfaction de voir qu'ils étaient prêts à accomplir leur devoir. Si elle en avait eu le courage, elle se serait tuée elle-même, sur le champ. Elle vit Edward, à distance, qui observait la scène, et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Ils allaient peut-être se quitter définitivement aujourd'hui, parce qu'elle avait accepté de se sacrifier pour une mission dont les chances de réussites étaient minces. Solunthes aussi était présent, comme pour la remercier de ce qu'elle avait fait. Peut-être pour aider à la stopper en cas de besoin, également. Les deux autres membres du conseil avaient également pris place dans le cercle de spectateurs, ainsi que plusieurs officiers qu'elle connaissait de nom. C'était là une véritable veillée funèbre. Voir le désespoir dans leurs yeux lui refléta le sien, et cela lui redonna un semblant de baume au cœur. Ils avaient beaucoup fait pour elle, l'avaient soutenus, Arawn plus encore que les autres. Pour leurs efforts, elle se devait au moins d'essayer. Apaisée, presque sereine, elle s'agenouilla et fixa la lune, qui se révélait petit à petit. Il n'y eu que quelques minutes à attendre, et chacune d'entre elle fut ponctuée d'une accélération conséquente de son rythme cardiaque. L’appréhension l'assaillait, elle qui se pensait courageuse. Puis, enfin, la transformation débuta.

Ce fut d'abord un déchirement dans sa poitrine. Ses organes se métamorphosaient petit à petit, s'adaptant à la nouvelle morphologie qu'elle allait adapter, causant par ce processus une douleur qu'elle n'aurait pu imaginer mais qui, en comparaison avec ce qu'elle avait ressenti lors de l'extraction d'Ohihir, faisait pâle figure. Lui avait souffert plus encore que cela pour qu'elle puisse vivre, alors elle ne pouvait se permettre d'abandonner le combat. Oui. Elle allait faire tout ce dont elle était capable pour dominer cet adversaire intérieur. Petit à petit, ses bras et jambes se couvrirent d'un pelage sombre, qui bientôt grimpa pour envahir l'intégralité de son corps. En quelques instants, elle ne ressembla plus qu'à une silhouette vaguement humaine dont on ne distinguait plus que l'anatomie à sa plus grande échelle. Ses cheveux et sourcils avaient à eux seuls tellement poussés qu'ils recouvraient effectivement l'intégralité de son visage, rendant ses yeux, son nez ou encore sa bouche totalement invisibles. Puis, étonnamment, le processus capillaire s'inversa et il n'y eut bientôt plus aucun cheveu sur son crâne. Ses oreilles, rendues ainsi visibles, s'élargirent et s'allongèrent, adoptant une forme plus pointue, les faisait ressembler à celles de Nahaow. La parleuse, qui s'était jusqu'à lors tordue de douleur, tomba lamentablement au sol, à plat ventre. Un doute plana sur l'assemblée. Était-elle morte ? La transformation avait-elle échoué, si bien qu'elle lui avait été létale ? Personne à part Arawn ne connaissait sur la lycanthropie plus que ce qu'ils en avaient entendu ou lus dans les contes, aussi ne pouvaient-ils affirmer quoi que ce soit. Mais bientôt, le processus reprit. Kellue se redressa sèchement, poussant un hurlement terrifiant qui n'avait plus rien d'humain. Sa rotule gauche se brisa avant de se retourner, modifiant le système articulatoire de sa jambe, avant que la seconde ne subisse la même modification. Ce furent ses avant-bras qui, les premiers, gagnèrent en volume. Ils s'élargirent considérablement, abordant une imposante musculature qui bientôt fut visible sur la totalité de son corps désormais nu, sa croissance ayant déchiqueté les vêtements qu'elle portait alors. Elle atteignit rapidement plus de deux mètres de haut et poussa un second hurlement. C'est alors que son crâne entama sa transformation. Il s'allongea lentement tandis que les craquements de ses os étaient audibles à plusieurs mètres et que la douleur de l'ancienne porteuse ne faisait aucun doute. La mâchoire, plus particulièrement, était sujette à d'importants changements, et ses dents, si blanches qu'elles en étaient luisantes, se firent de plus en plus nombreuses et incisives. Symbole du parachèvement de cette première métamorphose, les pupilles de la louve rétrécirent tandis que ses iris devenaient jaunes. Elle se retourna vers ceux qui l'observaient, gueule entrouverte. Enfin ! Elle se sentait libérée ! La douleur s'était évanouie, et elle pouvait de nouveau se mouvoir comme elle l'aurait fait autrefois. Mieux encore, elle se sentait particulièrement puissante. Depuis toujours, sa force ne dépendait que d'Ohihir, mais cette époque était révolue : ce nouveau pouvoir était exclusivement sien. Cette énergie, dans ces bras, était suffisante pour écraser n'importe quel crâne ! Elle pouvait de nouveau être au-dessus du lot, loin au dessus. Elle le pouvait...mais qu'allait-elle faire de tout cela ? Ses objectifs d'humaine lui semblaient lointains. Ne restait qu'une sensation, particulièrement désagréable. Une frustration lancinante qu'elle se devait de chasser, tout de suite. Un désir irrémédiable. La faim. Or voilà que se présentaient devant elle des proies en abondance. Des ombres sans visages, sans âmes, sans existence propre et qui feraient bientôt partie d'elle. Des offrandes ! Elle fit un premiers pas en leur direction et hurla son désir de les assimiler, poussant un cri terrifiant vers eux. De ses griffes, elle allait lacérer leur chair puis découperait les pièces les plus appétissantes via ses crocs. Un jeu d'enfant. Elle prit une inspiration intense de ses nasaux. Leur odeur était des plus alléchantes, agissait comme une véritable drogue. Pourtant, quelque chose la dérangeait. Elle renifla, une fois de plus, pour s'en assurer, puis réitéra à de multiples reprises. Il y avait un élément qu'elle ressentait plus facilement que les autres, un élément qui la dérangeait. Ses yeux se posèrent sur le plat en question, et un doute terrible s'immisça dans son esprit. Son instinct et sa conscience s'opposèrent alors avec une violence inouïe. Peut-être se souvint-elle. Nul ne le sut réellement à cet instant, mais tous observèrent, dépités, le loup-garou faire volte face et s'enfuir à toute vitesse, filant droit vers l'Ouest. Les soldats poussèrent un long soupir de soulagement, heureux qu'ils étaient de ne pas avoir à affronter cet être hybride ; mais cette victoire avait un goût amer. Kellue Dovlass venait de disparaître dans la nature.

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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Dim 9 Nov - 20:36

Arawn ricana en voyant la réaction des gardes. Ricanement inquiétant car il semblait bien plus profond et fort qu'un ricanement d'homme. Lorsqu'il l'aperçurent, ils ne purent qu'admirer un loup-garou encore plus grand et puissant que ce qu'ils avaient à présent l'habitude de voir quand l'ancien gardien se métamorphosait. Pourtant, son poil noir de jais le rendait presque invisible, si bien que la seule indication sur sa taille venait de la lueur que produisait ses yeux jaunes. Il partit immédiatement à la suite de Kellue, poussant un hurlement à la lune. Hurlement qui avait pour but de rallier la meute ... Une meute qui s'était déjà infiltrée au milieu des gardes, discrète en tant qu'hommes, monstrueuse en tant que lycantrhopes. Ils furent treize à sortir de l'ombre, couverts de poils, armés de griffes et de crocs. Pourtant, leur course n'avait rien d'une chasse ou d'une charge.
Ils partaient guider une soeur.
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Mar 18 Nov - 19:42

Les deux comparses chevauchaient maintenant depuis quelques jours, traversant monts et vaux sans le moindre but apparent, tel deux spectres perdus dans l'immense monde. L'un et l'autre ne se parlaient que bien peu. Bien que leur rencontre soit récente, ils semblaient l'un et l'autre se comprendre sans utiliser de mots. Et pourtant, leurs différences étaient grandes. Mais ils avaient partagé un fardeau similaire, une plaie qui n'avait pu se refermer jusque là. Mais leurs maux étaient aussi liés à leurs qualités. Jamais, ils n'auraient pu entrer dans les légendes de Valato, si ils n'avaient pas croisés le chemin de ces créatures influentes qu'étaient les artefacts.

Melody ne pu s'empêcher de jeter un regard vers les gants blancs portés par son compagnon de route. Lors des premiers jours, la capitaine renégate n'avait cessé de dévorer Belwur du regard. Puis, peu à peu, ses yeux s'étaient ouverts de nouveau sur ses actes au cours des derniers moi. L'influence du démon de feu l'avait rongée, affaiblissant sa volonté, ne laissant qu'une obsession déchirante. Les premiers soirs elle n'avait pu s'endormir, décidée à récupérer au péril de sa vie l'objet nocif. Lors de ses quelques tentatives infructueuses, une brève lutte s'engageait avec celui qu'elle appelait ironiquement "l'Ombre d'Athis" avant qu'il ne la mette hors d'état de nuire. Pourtant, après ces altercations, Edwig Luthness pansait ses quelques blessures malgré les insultes et menaces de mort proférées. Melody n'en avait cure, à ce moment, et n'essayait pas de comprendre les actes du "monstre", le considérant simplement comme un pervers désireux de l'humilier. Puis au bout d'une semaine, il finit par lui expliquer. Lors de sa jeunesse, une femme l'avait éduquée. Il ne s'agissait pas de sa mère, bien au contraire elle était responsable de la mort de cette dernière. Non, il s'agissait de Gladys Engels.

A l'évocation de ce nom, la capitaine renégate avait sursauté. Cette femme avait été sa grande némesis lors de la dernière guerre, convoitant l'artefact qui était sien. La dirigeante des Ombres était l'incarnation de la folie, et la ressemblance entre son comportement et le sien la frappa soudainement. Avait-elle donc agit ainsi, prête à la destruction pour parvenir à ses objectifs? Deux souvenirs pourtant bien éloignés l'un de l'autre s'imposèrent a l'esprit de la jeune femme. Le premier était l'utilisation de la forme hybride de Belwur par Gladys Engels, lors de leur combat pour récupérer l'artefact. La Naïlikanne n'avait pas hésiter à utiliser le pouvoir du démon sur ses propres troupes afin de réduire en cendre ses adversaire.
Lors de la bataille de Rednow, elle avait imité sa défunte ennemie, n'hésitant pas à utiliser la pleine puissance que lui conférait la forme finale de Belwur pour anéantir Edwig, ce qui aurait probablement tué une multitude de vies innocentes.

L'Héritier du pouvoir d'Ohihir et d'Athis avait compris toutes les pensées qui se mêlaient dans l'esprit de la jeune femme. Il attendit donc un moment, silencieux, avant de reprendre son récit. Cette femme, malgré sa folie, les avaient éduqués et Edwig ne pouvait réprimer une affection presque maternelle envers elle. Elle avait du mourir, car ses aspirations ne pouvaient être que nocives pour les peuples de Valato, et le colosse, bien qu'il ne l'ai jamais montré, en avait été assez marqué. Le jour de la chute de Rednow, Edwig avait vu en Melody les mêmes vices que ceux qui caractérisaient Gladys. Peu désireux de voir une histoire aussi tragique se répéter une nouvelle fois, il avait dès lors investi toute son énergie à sauver l'âme en peine qu'était la jeune femme...
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Mar 25 Nov - 4:31

- L'invitée n'était pas prévue, Hir Ejah.

Elle les observait depuis à présent une heure. Elle savait qu'elle retrouverait l'ancien porteur, le moment venu, elle avait été au courant de la suite des événements, quelqu'un comme elle ne pouvait ignorer des choses aussi capitale. Elle avançait, enrobée dans sa cape d'une couleur rouge très sombre, son visage encapuchonné. Ejah, ainsi appelait-elle Edwig. Dans le Code, c'était ainsi que l'on nommait un héritier. Edwig l'avait reconnue. Il avait su qu'elle était là depuis la première minute de cette heure où elle les observait. Il l'avait su, alors que personne d'autre ne l'aurait pu. Elle pris place autours du feu de camp minable qu'ils avaient préparés en attendant leur sommeil, dont elle ne comptait pas les priver, cependant, il lui fallait parler à son nouveau camarade. Elle hôta sa capuche, dévoilant sa tignasse rose, propre à celle de sa famille, bien paisiblement, et sans geste brusque. Elle sourit alors à Melody.

- Malgré cela, il est impoli d'éconduire les amis d'un ami. Bonsoir, Melody Jennsen. Nombre sont ceux qui me nomment Hir Embra, mais comme vous connaissez mes enfants, vous pouvez m'appeler Sylgja. Sylgja Ehlkaÿd.
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Mar 25 Nov - 15:23

Edwig regarda la nouvelle arrivante avec une certaine surprise, bien qu'il l'ait déjà repéré quelques minutes auparavant et en avait averti Melody d'un signe discret. Celle ci se tenait donc aux aguets, mais n'avait pas dégainé, curieuse de voir qui allait être assez fou pour chercher querelle au Civicide. Sa surprise fut grande lorsqu'elle reconnut les cheveux caractéristiques des Elkhaïd. De ses souvenirs, la mère de Erlyn et Oloren était une femme dangereuse, qui par le passé avait été fidèle au dictateur Vrarg. Tous ces faits la mettait sur ses gardes, malgré le terme "d'amis" qu'avait employé la nouvelle arrivante. Il n'était en soi pas surprenant qu'Edwig et Sylgja se connaissent, ils avaient tout deux étaient dans le même camp lors de la seconde grande guerre... Pourtant, malgré la confiance récente qu'accordait Melody à son ancien ennemi, elle était loin de pouvoir croire une femme tel que cette Hir Embra... La dangerosité typique des Elkhaïd, ainsi que l'air presque décontracté qu'elle prenait face à un homme capable de tuer un gryffon à main nue n'étaient que peu rassurantes.

Hir Ejah... Ainsi, Edwig avait désormais le droit à un titre. Jadis, il avait considéré avec amusement ce désir de cacher son nom par un trait d'une quelconque noblesse. Aujourd'hui pourtant, son esprit commençait à effleurer la signification de ce mot. Puisant dans l'immense mémoire qu'Athis lui avait léguée, il déchiffra le langage ancien utilisé par Sylgja. Quelques bribes de souvenirs du félin lui revinrent aussi. Des souvenirs âgés de quelques millénaires et pourtant si similaires aux événements récents. C'est avec une certaine ironie, mais aussi une grande marque de respect qu'Edwig répondit alors :

- Je comprends désormais votre titre, Hir Embra. Et vous remercie de m'inclure parmi les vôtres...

S'inclinant, il se tourna vers sa compagnonne pour lui expliquer brièvement les significations de ces termes. Melody hocha la tête avec méfiance.

- Que lui voulez vous? lui demanda t-elle avec défi.

Malgré ses connaissances et son pouvoir, Edwig faisait preuve parfois d'une naïveté des plus surprenantes. Comme si il n'était capable de comprendre entièrement les intentions humaines et se retrouvait aveuglé dans ses propres désirs. Melody, de par certaines suggestions pratiques, avait plusieurs fois aidé le colosse à éviter une catastrophe. L'idée de la lettre, notamment était d'elle. Même si elle n'avait que peu d'espoir que ces requêtes aboutissent, cela permettait d'établir un début d'interaction pacifique... Il n'en était pas de même pour le cas de Sylgja...
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Mar 25 Nov - 16:46

- Je ne puis pour le moment être plus précise qu'en vous répondant que j'ai besoin de lui, autant qu'il a besoin de moi. Si je vous était hostile, je ne me serait pas présentée devant vous. Je sais beaucoup de choses sur vous, Melody. Tellement de choses. Et vous ne savez rien de moi. Pas plus qu'Edwig, d'ailleurs, ni même Athis avant lui, je porte des secrets que Solunthes lui-même ne saurait découvrir. Sachez simplement que tout ce que j'ai fait ou ferait n'est pas obligatoirement à l'encontre de vos principes.

Sylgja regarda Melody droit dans les yeux. Dans les souvenirs d'Athis légués à Edwig, c'était la première fois qu'elle n'arborait pas son air de grand mère souriante, psychopathe, et d'une absurdité absolue. Au contraire, elle semblait d'un sérieux désolé, compatissante.

- Je ne compte pas livrer ce que j'ai de personnel sur le coeur, pas à vous, mais sachez que vous n'auriez jamais dû récupérer Belwur. J'en suis navrée. Vous l'avez beaucoup trop subit. C'est pourquoi vous étiez animée par la colère, l'autre jour, à Rednow. Il s'est joué de vous. Comme il l'a toujours fait. Hir Ejah, le Kosq réfléchit à l'idée de ne plus donner de porteur à Belwur. Il veut connaître vos projets le concernant. Vous êtes notre frère, à présent, vous êtes libre de prendre part à nos décisions.
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Mar 25 Nov - 19:11

Le ton de Sylgja, ainsi que ces affirmations dont Melody était parfaitement consciente ne plaisaient guère à la jeune femme. Que savait-elle de l'influence que pouvait avoir un artefact sur un être humain? Strictement rien, la capitaine en était convaincue. Et Belwur n'était pas plus en son pouvoir qu'il ne l'était pour la nation Luuwrienne.
Un seul regard en direction d'Edwig lui montra qu'elle se trompait à ce sujet. Quel que soit le Kosq dont parlait la nouvelle arrivante, le colosse allait leur remettre Belwur. Elle ne tenait plus vraiment à l'artefact. Même si il demeurait une influence, la créature qui habitait ces gants la dégoûtait plus que tout. Mais savoir que l'objet -d'une gigantesque puissance- reposerait dans les mains de Sylgja, criminelle de grande renommée, ne l'enchantait pas vraiment...

- Aucun artefact, pas même Athis, n'a eu un jour l'honneur d'être l'un des votre. Et j'ignore si votre choix est judicieux... Néanmoins, je vous accompagnerais afin de rencontrer vos pairs, Hir Embra rétorqua le nouvel Hir avec réserve.

Même si il n'était pas à proprement parler un artefact, Edwig en était venu à se considérer moins humain qu'Artefact. Il y avait ici manière à débattre. Le Kosq s'en chargerait probablement. Leur petit groupe aurait pu l’accueillir avec joie, lui qui n'avait au final plus sa place parmi ceux qui étaient ses semblables. A cette pensée, il jeta un coup d’œil à la capitaine dont il s'était occupé ces dernières semaines. Son visage éveillait en lui des passions humaines dont il croyait n'être plus doté. Pourtant, du moins temporairement, ils allaient devoir se séparer. Mais l'Héritier attendrait le dernier moment pour lui annoncer. Malgré la confiance et l'affection qu'il portait envers Melody, il ne pouvait l'emmener avec lui rencontrer le Kosq. Certains secrets ne pouvaient être révélés aussi aisément. Secrets dont Athis s'était emparés il y a de cela bien longtemps...
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Mar 25 Nov - 21:10

Sylgja regardait Edwig et ressentait dans son regard quelque chose qu'elle n'avait elle-même pu voir depuis bien longtemps. Melody semblait toujours aussi fermée vis-à-vis d'elle, cependant, cette émotion ressentie fit appel à son raisonnement.

- Melody. Je sais que vous ne me faites pas confiance. Et vous avez entièrement raison, de plus c'est réciproque. Mais si vous décidez de venir avec nous malgré tout, je puis promettre l'hospitalité de notre maître, du moment que vous ne posez pas de problème au Kosq. Vous êtes aussi tout à fait libre de refuser, auquel cas il vous faudra nous attendre, un petit village comptant deux auberges sont à proximité de notre destination. C'est tout ce que je puis faire pour vous. Après tout, avant d'être un allié, mon propre fils était votre ennemi, non ?

Blottie dans sa cape, Sylgja pensa alors à ses enfants. Elle n'avait éduqué que l'aîné. Ce même aîné qui lui avait prise ses filles, pour les mener loin de leur mère et père. Elle voyait en les yeux d'Edwig quelque chose qu'elle n'avait vu depuis bien longtemps, certes ... Mais, elle, ne ressentait rien.
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Jeu 27 Nov - 19:45

Edwig et Melody échangèrent un long regard. Bien sur, la jeune femme aurait pu les suivre jusqu'au Kosq. Mais l'un comme l'autre savait qu'elle n'y trouverais pas sa place. Ils arrivaient désormais à la croisée des chemins. La capitaine se devait de retrouver les siens, bien qu'elle préféra de loin la présence du colosse. Elle avait encore beaucoup d'amertume envers le petit cercle d'amis qu'il lui restait en Valato, mais elle ne pouvait rester indéfiniment déclarée comme morte. De plus, elle profiterais de ce retour "à la civilisation" pour innocenter au mieux Edwig. Ils se reverraient, elle en était convaincue.

- Ne sauriez vous pas où se trouve Bartiméus Roche?

La mère d'Erlyn semblait parfaitement informée, pour être parvenue à les retrouver. Même si son ami n'était probablement pas l'homme le plus recherché en Valato, il était néanmoins suffisamment connu pour qu'une femme tel que Sylgja sache où il se trouve...
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Jeu 27 Nov - 22:00

Cela faisait un moment que Sylgja suivait la trace de tous les individus de la compagnie, et les seules pistes qu'elle avait perdues se trouvaient être Arawn et Kellue, jusque tout récemment. Elle n'eut aucun mal à répondre à Melody.

- Ils se trouve, lui et bien d'autres, auprès d'une femme nommée Ilawen, à Artesia, proche de l'Académie. Si vous avez pour objectif de les rejoindre, nous pourrons faire un bout de chemin ensemble, mais nous nous séparerons alors un jour avant d'arriver, non pas que je ne veuille pas vous accompagner jusque là, mais ni moi ni mes enfants ne sont encore prêts à nous revoir, et je ne puis laisser Hir Ejah seul, ce serait fort impoli. Cela vous convient-il, à l'un comme à l'autre ?

Elle les regarda calmement, tour à tour. Plus elle parlait avec eux, plus elle semblait honnête et moins elle paraissait dangereuse. Pourtant, bien qu'honnête, Sylgja avait la réputation d'être chaque seconde plus mortelle que la précédente. Entretenir une longue conversation avec elle pouvait dans de nombreux cas être un acte suicidaire. Elle savait pertinemment que Melody garderait ça en tête, et Edwig ... Edwig avait à présent encore moins de raison de la craindre qu'avant.
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Louis
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MessageSujet: Re: Volutes de fumée   Mar 2 Déc - 17:30

Les deux renégats approuvèrent solennellement. Tous trois ne parlèrent que bien peu, et se couchèrent assez tôt. Depuis l’annonce de leur séparation, bien qu’éphémère, l’ambiance s’était faite plus lourde dans le camp où ils dormaient pour la nuit. Edwig, que la fatigue n’appliquait plus de la même façon que le commun des mortels, entendit la jeune Luuwrienne se remuer dans sa couverture sans parvenir à trouver le sommeil. Pourtant, l’ancien Ombre ne s’inquiétait pas plus que cela pour Melody. Bien qu’assez bornée, la jeune femme serait en sécurité auprès des siens, et peut être parviendrait-elle à mettre fin à cette chasse à l’homme injuste. Cela n’avait de toute façon que peu d’importance. D’ici une petite centaine d’année, il ne serait plus considéré que comme une légende, et plus personne ne partirait à sa recherche. Il pourrait de nouveau se déplacer librement en Valato. Une pointe amère le transperça lorsqu’il réalisa que tous ceux qui l’avaient connu seraient morts, Melody comprise…

Une heure avant l’aube, tous se levèrent et partirent en direction d’Artésia. Le voyage se révéla rapide, leurs chevaux étant des plus véloces. Le destin semblait vouloir séparer dans les plus brefs délais cette relation contre-nature entre une simple humaine et un homme devenu artefact. Ce furent du moins les pensées qui traversèrent l’esprit de Melody. Lorsque vint l’heure pour eux de se séparer, ils descendirent de leurs bêtes et s’enlacèrent un long moment sans savoir que se dire. La capitaine savait qu’Edwig le retrouverait bientôt, une fois ses mystérieuses responsabilités accomplies. Puis chacun repartit, Edwig à la suite de Sylgja, et Melody en direction d’Artésia…
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