Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Civicide

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L.Hubs
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MessageSujet: Civicide   Jeu 23 Oct - 20:08

Depuis quelques jours, le soleil n'apparaissait plus. Constamment, des nuages venaient le reléguer au rang de souvenir chaleureux sans lui laisser le moindre espace, plongeant la région dans la pénombre et la grisaille constante, le tout parsemé de pluies diluviennes. Le moral des membres de l'expédition, déjà bas, en prenait un coup supplémentaire des plus malvenus. Lorsqu'ils avaient quitté leur suite au lendemain de leur arrivée à Abrial pour rejoindre la porte indiquée par Kesron, ils y furent accueillis par une vingtaine d'hommes armés jusqu'aux dents, dont un officier qui leur indiqua les chevaux qu'ils devaient emprunter. Leur grand nombre ne laissait de place au doute quant au fait qu'ils seraient escortés. Malgré la gaieté que tentait parfois d’insuffler timidement Esmezia, l'on restait plus que sérieux au cours de cette désagréable marche, et elle même n'y mettait pas tout son cœur. Cela ne faisait que deux semaines qu'elle avait rencontrée Solunthes et s'était engagée dans ce périple, mais elle n'en pouvait déjà plus, ne demandant qu'un repos salutaire. Il aurait toutefois été lâche de sa part de se plaindre comparé et d'autres qui souffraient dans des proportions autrement plus importantes, Kellue en tête. La parleuse avait insisté pour venir avec eux malgré son état et tenait à peine sur sa monture, sans jamais lâcher prise. Sa détermination exemplaire n'était que plus flagrante lorsqu'elle discutait longuement avec Arawn de sujet qu'elle conservait secret pour l'heure, mais dont tout le monde pouvait faire une approximation. Il leur fallut deux journées complètes pour parvenir jusqu'à Rednow, et force fut d'admettre que la beauté de l'architecture locale avait de quoi leur insuffler une motivation nouvelle. Cet endroit méritait d'être comparé à un joyau tant il était resplendissant, ce quelles que soient les conditions. En outre, l'optique d'y retrouver des amis ne pouvaient que les réconforter malgré les tristes nouvelles qu'ils apportaient. Ceci étant, Esmezia restait focalisée sur ce qu'elle avait à faire. Durant leur marche, un faucon était venu livrer un message à l'officier chargé de les mener à bon port, et sa mauvaise mine ne laissait que place au doute, bien qu'il n'ait pas souhaité leur divulguer la moindre information. Les troupes envoyées à Véonde avaient du subir une cuisante défaite. La mine sombre, les aventuriers traversèrent le grand pont débouchant sur l'artère terrestre principale de la cité fluviale, et furent pour le moins surpris du changement de ton auquel ils se confrontèrent.

C'était une véritable explosion de joie qui retentit à leur arrivée. Cette expédition, censée être secrète, avait fini par s'ébruiter d'une manière ou d'une autre jusqu'à que la ville entière soit au courant. Pour eux, citoyens ordinaires en tant de paix, il s'agissait d'un événement sans précédent tant les figures ainsi réunies les faisait, déjà individuellement, rêver. Tous les enfants du monde avaient entendus leurs fabuleuses histoires, les admiraient plus que n'importe qui, à commencer par Melody Jennsen. Si beaucoup étaient populaires, elle faisait office de véritable légende. La porteuse de Belwur, celle qui revenait d'entre les morts pour terrasser sa terrible adversaire et reprendre son du. Celle qui avait mené le groupe de héros vers Nigfol, et avait sauvé le Sud, sans jamais succomber à la tentation des flammes maléfiques de l'être qu'elle gardait. Le nombre de candidatures féminines dans l'armée avait triplé suite à son succès retentissant. Et si ce n'était qu'elle. Elle était accompagnée des deux adolescentes qui avaient pu participer à cette fantastique odyssée. Elles avaient alimentés les ambitions fantasmagoriques des plus jeunes, leur avaient prouvé que n'importe qui pouvait avoir sa chance. Et qu'en était-il à présent ! L'une était la chevalière blanche de Valato, l'autre l'amie des rois et la descendante d'une lignée aux pouvoirs uniques. Venait ensuite Llednar, le voleur silencieux, mystérieux, solitaire, un anti-héros comme on les aimait et qui avait gagné grand nombre d'admiratrices. Le tout avec un loup-garou, gardien d'Erlyn aux six titres, puis deux porteurs d'artefact, dont celle d'Ohihir. Comment ne pas placer ses espoirs en eux, combattants infatigables de la lumière ? La foule s'était accumulée sur leurs flancs, lançant de grands cris et parfois des fleurs devant leurs montures, acclamant leurs noms comme s'ils venaient une fois encore de sauver le monde. Et cette euphorie ne fit que déprimer plus encore Esmezia. Elle se força à rester droite sur sa monture, poings serrés sur les guides de son destrier. Au bout de quelques instants, alors que la joie ne semblait pas connaître de décroissance même devant leur apathie, elle décida de se stopper et de mettre pied à terre. On l'observa, pendus à ses lèvres, et ses mots furent plus froids qu'à l'accoutumée.

-Nous avons échoué. Complètement échoué. Alors ne venez pas nous en féliciter.

Puis elle reprit son chemin à pied, ne voyant plus l'intérêt de continuer au pas sur leurs chevaux alors qu'ils étaient presque arrivés au centre-ville, où se trouvaient les ambassades et le bâtiment du conseil. Les autres décidèrent de la suivre, même Kellue, soucieuse de pouvoir tenir sur ses deux pattes au plus vite, mais qui eut toutefois besoin de l'appui constant de son homologue parleur pour ne pas ralentir considérablement les autres. La brève mais cassante déclaration de l'hovoïte avait fait tomber un silence de plomb dans l'assemblée qui, leur bonheur galvanisant passé, se rendaient compte qu'il manquait un membre à leur groupe et qu'un nouveau les avait rejoint. L'un d'entre eux, bravant un interdit implicite, vint se placer sur la route de la jeune rousse ayant pris officieusement leur tête.

-Que s'est-il passé ? Vous n'avez pas trouvé Durihir ?

-C'est Düïrhir, répondit-elle sèchement, et...

Un, deux, une dizaine d'autres venaient leur barrer le passage, posant tous des questions de plus en plus redondantes, perdant tout sens commun face à la peur qui commençait à se faire ressentir. Si eux avaient échoué, qui réussirait ? Avec l'abdication soudaine du roi de l'Oran et cette défaite, ainsi que le meurtre de la porteuse de Belwur et le massacre d'Eszial, que se passait-il donc à Valato ? Déjà à bout de nerf, Esmezia était prête à se montrer menaçante pour qu'ils aient la paix, mais n'eut heureusement pas à le faire grâce à l'arrivée des deux membres du conseil encore sur place, accompagnés d'Inès. Orion s'adressa à la foule avec la délicatesse qu'on lui connaissait.

-Dégagez de là, badauds, ou je vous jure que j'ordonne à la garde de s'occuper de vous escorter jusqu'à chez vous.

L'annonce tira quelques regards mécontents, mais eut pour sûr son petit effet. Beaucoup savaient qu'Orion était homme de parole et qu'il n'hésiterait pas un seul instant à avoir recours à la force s'ils n'obtempéraient pas. Ainsi les questions cessèrent sans qu'aucune réponse ne doive être apportée. Le chef du conseil fit signe aux arrivants de le suivre, mais ceux-ci furent retenus par Inès, qui était allée les dévisager un à un, grimaçant lorsqu'ils étaient blessés, n'hésitant pas à serrer ceux qu'elle affectionnait dans ses bras, et leur apprenant par l'occasion de Kesron les avait averti de leurs déconvenues et du retournement de situation quant à Solunthes.

-Le jugement va avoir lieu dès aujourd'hui, dit-elle, principalement à l'adresse de Nakaën. Orion, Oswal et moi en seront membres, ainsi qu'Edward et le maire.

-À vrai dire, le jugement va avoir lieu immédiatement, précisa Oswald. Vous aurez le temps de vous reposer ultérieurement, mais je crains que nous ne puissions attendre.

-C'est parfait ainsi, commenta simplement Nakaën.

Le guérisseur semblait déterminé à prouver la bonne volonté de son ami, lui qui n'en doutait pas un seul instant. Orion les mena jusqu'au bâtiment du conseil, mais ils ne s'installèrent pas, cette fois-ci, autour de la grande table du rez de chaussée. À la place, ils empruntèrent un escalier descendant qui les mena jusqu'à quelques mètres sous terre, où une véritable cour de tribunal étaient installée. C'était là que se prenaient toutes les décisions importantes concernant les artefacts ou les jugement des anciens criminels de guerre. Il y avait un emplacement pour les cinq jurés, dont le nombre était impaire afin qu'une décision soit nécessairement prise à la fin du procès. Les tribunes, quant à elle, étaient emplis de représentants politiques et militaires, qui avaient également besoin d'en savoir le plus possible sur leur possible adversaire. Nakaën remarqua que les lumières n'avaient pas été placées au hasard mais disposées de telle façon à que les ombres projetées par les personnes présentes ici soient moindres. Une piètre mesure qui n'aurait guère empêche Solunthes de s'enfuir s'il l'avait voulu, mais il ne pouvait que saluer leur prudence. Orion alla s'installer, désignant un banc proche du parloir aux membres de l'expédition, puis se tourna vers Oloren.

-Jeune fille, je vous prie de me remettre Nahaow.


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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Civicide   Jeu 23 Oct - 21:01

Oloren accueillit la nouvelle avec un petit sourire. Se trimballer Nahaow sur sa poitrine, c'était un peu comme transporter les cendres de Walho dans une urne rose et la brandir au public ... Elle retira le médaillon de son cou et le lança négligemment à son interlocuteur.
Crétin prétentieux.

Oloren laissa échapper une expiration sonore, puis avalant de travers, étouffa son rire dans ses quintes.

- Hm'pardon, avalé d'travers !

Tout en continuant de tousser, elle commença déjà à s'en aller, tandis qu'Arawn se montrait présent à la moindre demande de Kellue. L'ancienne porteuse aurait sans doute ressenti un stress croissant face à autant de population s'étant réunie au même endroit. L'envie de se transformer pour faire peur à la plèbe lui était restée en tête, en particulier parce qu'il craignait d'avoir du mal à protéger sa camarade porteuse face à autant de monde ...
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Louis
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MessageSujet: Re: Civicide   Jeu 23 Oct - 21:25

L'élite de Valato était venue participer à ce procès ridicule. Toutes ces personnes, bouffies d'importance et emplies d'arrogance étaient là pour juger un artefact. Quelle idée idiote. Les opinions de Melody rejoignaient beaucoup celles de Belwur à ce sujet. Ces êtres nébuleux qu'étaient les artefacts ne connaissaient même pas le principe de mortalité. A quoi bon les juger? Ces dirigeants craintifs tremblaient de peur à l'idée de savoir que faire de Solunthes, et croyaient qu'en le rabaissant à l'état humain, ils auraient un réel pouvoir sur lui... Prenant place sur le rang des témoins, Melody ne salua personne, se murant dans un silence autiste des plus appréciables...

Edward, quant à lui, ne tenait plus en place. Comment Ohihir avait-il pu tomber dans un piège aussi grotesque? Le souverain Naïlikan aurait aimé qu'on l'avertisse d'un tel plan avant qu'il n'échoue. Le responsable de cet acte terrible entra alors, un air déterminé au visage. Nakaën, si Edward avait bien compris. Le porteur de Solunthes... Le roi ignorait sous quelles conditions le jeune homme s'était rendu et avait hâte d'entendre ses justifications. Mais il doutait sincèrement de la non-culpabilité de cet homme. Son comportement était le même que celui des meurtriers qu'il voyait lors de ses séances de doléance, montrant un faux air de remords au jury et qui récidivaient quelques mois après.

Revoir Kellue fut un choc pour le jeune suzerain. La jeune femme semblait métamorphosée. Elle s'était amaigrie à l'extrême et elle semblait avoir peine à marcher. Soutenue par l'un des membres de l'expédition dont le nom lui échappait, elle avait pourtant ce même air de détermination qui brillait dans ses yeux. Si ils avaient été seuls, Edward se serait précipité vers elle et l'aurait enlacé, et cela malgré ses réticences. Mais aujourd'hui, entouré de nombreux dirigeants influents, il ne pouvait se permettre ce genre de conduite. D'un simple regard, il exprima toute l'affection qu'il éprouvait pour elle, et son désir de l'aider. Plus tard, ils auraient une longue discussion. Pour le moment, leurs responsabilités respectives les attendaient. La situation à Valato était des plus inquiétantes et ils devaient s'occuper de ce premier problème, loin d'être le plus important...
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Civicide   Ven 24 Oct - 18:23

Orion récupéra l'artefact sans lancer un regard vers la jeune femme aux cheveux nacrés, et fit signe à un sous-officier de l'armée luuwrienne de s'approcher. Celui-ci s'empara délicatement et fièrement de Nahaow et le passa autour de son cou après être allé s'asseoir près des membres de l'expédition et des autres personnes qui pourraient être emmenées à témoigner. Lui ne dirait mot, évidemment, mais ferait office de support physique pour l'ancien camarade de Wahlo. L'avatar apparut rapidement, tentant de conserver l'air le plus neutre possible, pourtant son visage trahissait une immense tristesse. On demanda ensuite à Esmezia de remettre Solunthes au conseil, et ce denier fut à son tour remis à un homme de confiance, qui alla pour sa part s'installer au banc de l'accusé. Le maître des illusions jaillit donc également, sous la forme humaine qu'il semblait avoir définitivement adopter lorsqu'il devait communiquer avec ses nouveaux alliés. Certains furent étonnés de voir que cet être dont on disait tant de mal leur ressemblait en tout point, attisant même chez eux une certaine sympathie. Mais ils n'oubliaient pas qui il était et ce qu'il avait fait. Son éveil à Hovo avait mis fin aux pertes de mémoire de ses homologues parasités, qui avaient pu narrer ses exploits passés. Offtaür et Nigdaoz apparurent à leur tour, complétant le tableau. C'étaient elles qui, en connaissance de fait, avaient recommandé de livrer Solunthes a un autre guérisseur que son porteur avant qu'ils n'arrivent à se mettre d'accord sur une sentence. Ainsi, sans qu'un temps suffisent soit passé, il ne pourrait utiliser qu'une infime partie de son pouvoir et ne représenterait aucune menace à proprement parler, ses seuls corbeaux pouvant aisément être déjoués par les capacités mentales de l'ondine. Kellue, un instant, capta le regard d'Edward dans lequel elle plongea le sien en tentant de lui faire comprendre par un hochement de tête qu'il n'avait pas à s'en faire. Elle ne faillirait jamais à ses devoirs envers lui, avec ou sans Ohihir. Installé sur le plus haut siège de la tribune des jurés, le maire de Rednow était un homme petit et fin, avec de longs cheveux attachés et une fine moustache lui donnant de faux airs d'aristocrates. Il n'était que le quatrième homme le plus influent du pays, après le président, son suppléant et le maire d'Abrial, mais tenait à faire bonne figure en président cette assemblée. Il se racla une première fois la gorge pour demander un silence qui fut aussitôt acquis, puis éleva sa voix incroyablement cristalline, qui portait à merveille dans ce sous-sol.

-Messieurs, mesdames, je déclare cette session ouverte. Moi, Tolobert Jorson, la présiderait et en serait juré. Les quatre jurés supplémentaires seront Orion Délafi, dirigeant du conseil et gardien de Nigdaoz ; Oswald Schimp, gardien d'Offtaür ; Inès Vrag, unificatrice et instauratrice de la paix naïlikane ; et Edward de Reydoran, premier du nom, unificateur et instaurateur de la paix naïlikane, roi de Naïlika. Le roi-président Talir Kesron, premier du nom, a informé le conseil de l'état de votre mission, ceci étant, nous vous demandons sur le champ de nous en faire un rapport complet. Kellue Dovlass, de par son statut de meneuse, en est légitimement chargée. Exceptionnellement, elle en sera dérogée du fait de son état de santé et nous chargeons Melody Jennsen, capitaine de premier bataillon de Luuwr et porteuse suppléante de l'artefact Belwur, de prendre sa place. Suite à cette élocution, pourront intervenir pour compléter le récit : Esmezia Fambriel, Llednar de l'Oran, Oloren Ehlkaÿd, Arawn de l'Oran, Kellue Dovlass, et l'artefact Nahaow. La procédure en découlant sera détaillée au moment venu. Se réservent le droit d'intervenir au cours du rapport les jurés, et les jurés seuls. Mademoiselle Jennsen, la parole est à vous.

Dès le début, le ton était donné, et un premier détail ne jouait pas en la faveur de Solunthes : Nakaën n'avait pas eu droit à la parole.

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Louis
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MessageSujet: Re: Civicide   Sam 25 Oct - 12:54

Le long "psaume" qu'infligea le maire Jorson à l'audience faillit tuer Melody d'ennui. A force d'habitude, la capitaine avait fini par accepter ce genre de cérémoniels inutiles, surtout présents pour faire une démonstration de pouvoir à un public déjà soumi à la grande Autorité. Cette théâtralisation excessive renforça la jeune femme dans l'idée qu'elle n'avait été qu'un pion dans cette grande organisation qu'était l'armée Luuwrienne. Son bataillon d'adoption était probablement décimé désormais. Un semblant de peine se manifesta dans le coeur de la porteuse de Belwur, vite étouffé par une colère noire envers Kesron. La prétention de cet homme n'avait pas la moindre limite... Ce président de pacotille n'avait pas la moindre idée de la situation réelle. Décidée à cacher cette apathie envers le jury présent, Melody conserva une voix neutre lorsqu'on lui demanda son rapport.

- A part quelques incidents mineurs, notre expédition s'est rendu à Véonde sans réels obstacles. A notre arrivée, la ville semblait presque déserte, si ce n'est la présence de plusieurs fonçeurs retrouvés morts, attirés comme nous le supposions à ce moment par Düïrhir. De nombreuses statues, qui se révélèrent être des automates assez similaires à ceux de l'armée Naïlikanne -si ce n'est bien plus efficaces- était placées à des endroits stratégiques dans la ville. Lorsque nous arrivâmes au centre de la ville, une machinerie étrange semblait être en activité. Il s'agissait d'une création d'Athis, qui avait pour but de répliquer l'appel que peut générer un artefact. C'est à ce moment que la retraite me sembla être l'ordre le plus approprié. Hélas, lorsqu'apparut l'artefact félin et son porteur, Ohihir montra son désir de le vaincre, malgré le fait que l'avantage numérique était largement en faveur des embusqués. Ne suivant aucune directive de par le fait que Kellue Dovlass était partie, nous avons tenté d'organiser une défense tant bien que mal. Nos pertes furent minimes, mais le traqueur Driss décéda, de la main de Iyoh Tzumihi. L'Ombre a vraisemblablement été libéré par son ancien accolyte Edwig Luthness. Par la suite, la retraite fut lancée, et nous fûmes plusieurs à ne pas parvenir à s'enfuir. Sans pouvoir l'affirmer, j'ai cru comprendre que Zia avait été mortellement blessée, et Ohihir avait échoué à vaincre Athis. Après quelques heures en cellule, Solunthes et son porteur Nakaën sont venu me chercher dans la précipitation, me faisant embarquer sur un dragon avec Esmezia Fambriell et Kellue Dovlass. Les cris de rages typiques d'un puissant Siffleur se firent retentir pendant notre fuite. Nous nous situyons à quelques centaines de mètres de Véonde lorsqu'une énorme bête, faisant grandement penser à Ohihir émergea des airs pour tuer un des deux dragons de Solunthes. Heureusement, personne ne se trouvait sur la bête. Lorsqu'une quinzaine de lieux nous séparait de Véonde, nous retrouvâmes le reste du groupe, qui était parvenu à fuir. C'est à ce moment qu'Esmezia Fambriel expliqua son plan fait de concert avec Solunthes et Ohihir.

Si la longue déclaration monocorde avait surtout intrigué le jury, un grondement menaçant éclata soudain dans la pièce.

- Vous voulez dire qu'Ohihir se serait sacrifié intentionnellement? demanda Edward d'une voix sceptique


- J'ignore tout de cela, n'ayant pas assisté à la destruction de l'artefact. Je sais néanmoins que les cris qu'a émit l'Ombre Edwig Luthness était d'une puissance sans équivalent, et que jamais je ne l'ai entendu faire preuve d'une telle puissance... répondit Melody au tac au tac.

Un signe de la part du maire Jorson la poussa à continuer son rapport.

- Si j'ai bien compris les dires de la jeune Fambrielle, un lien se serait crée entre Solunthes et elle, permettant de comploter pour la destruction d'Athis.

La jeune femme s'interrompit quelques instants. Puis se levant et avançant devant les jurés, elle les observa avec un regard de défiance avant de déclarer :

- Permettez moi d'exprimer mon avis sur ce dernier point. D'expérience, je connais la force d'influence des artefacts. Solunthes est le maitre de la manipulation. Il ne fais aucun doute que la jeune Fambriell est sous son influence et ne peut répondre de ses actes. Tous les signes montrent la culpabilité de l'artefact. A cause de lui, notre situation est des moins enviables. Je doute qu'il puisse être un allié, quelle que soit la situation.

Puis sans un mot, elle se rassit à sa place, son regard de nouveau dans le vide, caressant doucement les gants de Belwur...
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Civicide   Sam 25 Oct - 14:58

Esmezia avait écoutée avec attention chaque mot prononcé par sa camarade, tentant de retenir tous les points obscurs qu'elle devrait s'empresser d'éclaircir et les erreurs qu'il faudrait corriger au plus vite pour ne pas laisser des informations erronées fausser le jugement des personnes présentes à ce tribunal exceptionnel. Elle récitait tout cela avec calme, neutralité, presque flegme, tant de qualificatifs qui étaient parfois à son honneur, puis elle lança sa dernière pique qui alla s'enfoncer directement dans le cœur de la jeune hovoïte. Où était passée son amie, celle avec qui elle avait pu avoir une conversation si franche quelques jours auparavant ? Voilà qu'elle remettait en cause son intégrité psychique, tout en desservant grandement leur cause. De la part d'une alliée aussi droite que Melody, ces paroles acerbes avaient presque valeur de trahison pour l'ancienne disciple de Snori, qui en était trop estomaquée pour ressentir la moindre colère. Son désir de discréditer ces doutes injustes était lisible sur son visage, et heureusement, Inès lui fit discrètement signe à temps de ne pas intervenir. Les procédures ici étaient très claires : on ne pouvait parler lorsque ce n'était pas à son tour de le faire. Une intervention prématurée n'aurait pu que la desservir, aussi se ravisa-t-elle pendant que les jurés s'échangeaient quelques murmures. Visiblement à l'initiative, Inès se retourna vers les membres de l'expédition, prenant de court ses homologues.

-Esmezia Fambriel, nous aimerions entendre votre version des faits concernant ce complot dont nous parle la capitaine Jennsen.

La jeune épéiste se leva vivement, se retenant de sourire à l'ancienne porteuse de Nigfol, parvenant à lui exprimer par un simple regard sa reconnaissance. Elle tenta d se tenir la plus droite possible en affichant une certaine détermination, et s'exprima avec une certaine aisance. Il fallait dire que depuis Abrial, elle avait préparé ce bilan qu'il lui faudrait dresser à haute voix à un moment ou un autre.

-Lorsque j'ai rencontré Solunthes aux monts du Nord, il m'a informé, moi seule, de la stratégie établie par Athis, visant à assimiler Ohihir. En se faisant passer pour l'allié qu'il était autrefois, Solunthes a pu passer outre sa vigilance et nous préparer le terrain pendant qu'il me chargeait de jouer un rôle naïf. J'ai informé, comme convenu, Kellue et Ohihir de ce que nous prévoyions.

Esmezia obtint le soutien de la parleuse, qui acquiesça à la vue de tous l'information, laquelle tira une mine pensive à Offtaür. Elle qui était la plus encline à cerner les pouvoirs du maître des illusions pouvait avoir quelque réserves quant à la marcheuse, mais doutait que la conseillère d'Edward, renforcée par sa proximité avec leur doyen, ait pu elle aussi être trompée.

-Athis, continua l'hovoïte, souhaitait répandre la rumeur de l'apparition de Düïrhir, un puissant artefact, qui n'a jamais existé. Nous avons mimé de tomber dans son panneau et avons fait en sorte de former l'expédition. Le piège aurait du se refermer dans la forêt de Reydoran, mais c'est finalement à Véonde que nous nous sommes rendus. Là-bas, Ohihir a attaqué sciemment nos adversaires pour nous permettre de nous échapper. La présence imprévue d'Iyoh Tzumihi a rendu notre fuite complexe et a causé la mort de Wahlo Driss, ainsi que ma propre capture et celle de Melody Jennsen, mais Solunthes a fait en sorte de nous garder en vie.

Elle appuya le ton en prononçant les derniers mots de sa phrase, tentant par l'exposition d'un tel fait de redorer dans une bien moindre mesure le blason de celui qu'elle tentait de défendre. Elle ne marqua toutefois pas une pause suffisante pour que l'on puisse croire qu'elle en aie fini, et reprit.

-Par le biais d'une machine de sa création, apte à fonctionner uniquement grâce aux pouvoirs de Solunthes, Athis allait détruire Ohihir et s'accaparer sa force. Vous savez tous qu'il est impossible de détruire un artefact par les moyens conventionnels, aussi Solunthes avait-il eu l'idée d'utiliser l'envergure de l'essence d'Ohihir pour détruire notre ennemi de l'intérieur. Pour une raison ou une autre, le procédé à échoué, et Solunthes nous a permis de nous enfuir en emportant Belwur avec nous. Il est impossible d'ôter l'artefact contre son gré en ce qui concerne Solunthes, pourtant il a accepté sans omettre la moindre réserve de...

-Merci, mademoiselle Fambriel, la coupa le maire.

Inès, voyant la frustration qui découlait de cette rupture imposée, fit de nouveau signe à son amie de garder le silence. Les jurés débattirent quelques instants avec que Tolobert ne pose la première question.

-Les éléments que vous nous avez apporté semblent indiquer que le plan échafaudé par Solunthes impliquait de détruire les deux artefacts dont il est question, à savoir Ohihir et Athis. Athis, lui, souhaitait assimiler Ohihir grâce aux pouvoirs de Solunthes. Or il semblerait que ce soit exactement cela qui se soit produit. Comprenez vous que nous puissions en ce cas émettre des doutes légitimes quant à l'honnêteté de celui que vous défendez, compte tenu de ses antécédents, lesquels tendent à prouver qu'il est et à toujours été un allié proche de l'artefact détenu par l'ancienne Ombre, Edwig Luthness ?

-Bien sûr que je le comprend, s'empressa de répondre Esmezia. Et évidemment, formulé ainsi, il est aisé de penser qu'il se joue de nous depuis le départ ! Mais il a risqué sa vie à plusieurs reprises pour nous en s'opposant à Athis !

-Un seul d'entre vous l'a-t-il vu, de ses propres yeux, s'opposer directement à Athis ?

La question, sèche, avait emmené de la bouche d'Orion, dont le regard s'était durci. L'absence de réponse qui en découla fit se lever un murmure dans l'assemblée. Murmure qui fut rompu par Solunthes lui-même.

-Veuillez m'écouter.

-La parole de nous a pas été accordée, rétorqua Tolobert.

-Vous faites preuve d'une insolente stupidité, humain.

Le maire de Rednow fut pour le moins décontenancé et chercha à capter l'attention de l'officier portant actuellement l'artefact dont le procès était fait, prêt à lever la main pour lui demander de retirer son pendentif. Orion la lui plaqua sur son bureau avant qu'il ne puisse faire le moindre geste. En ce qui concernait les artefacts, il était le seul juge et ne permettrait pas que ce politicien aille à l'encontre de sa volonté ; or il était curieux d'entendre ce que leur adversaire avait à leur dire. Le murmure de la salle était devenu brouhaha suite à cet affront qui ne les rassurait guère. L'agressivité indifférente dont faisait preuve cet être malfaisant prouvait, à leur sens, qu'il ne leur voulait que du mal. Esmezia serrait les dents suite à ce revirement imprévu. Toute initiative n'était pas bonne à prendre en de telles circonstances. Pourtant Nakaën, lui, affichait un sourire satisfait. Enfin, ils allaient accélérer et cesser de s'embourber dans les procédures. Orion demanda à Solunthes de continuer. Debout aux côtés de son porteur actuel, il avait les mains enfoncées dans les poches et les contemplait avec flegme. Plus douce que lors de son intervention précédente mais toujours aussi grave, sa voix s'éleva.

-Je suis coupable de bien des crimes. J'ai tué nombre d'hommes, rendu fous d'autres, aie répandu des épidémies, et tout cela dans le seul but de servir Athis, mon ami. Il y a peu encore, j'aurais été prêt à vous détruire, vous qui tentez de vous mettre sur son chemin. Si je l'avais désiré, ces personnes qui se tiennent devant vous seraient mortes. Si cela a pour vous une quelconque forme d'importance, oui, sachez que je suis prêt à répondre de toutes ces atrocités. Mais aujourd'hui, c'est une menace plus grande que toutes celles que vous avez pu connaître qui plane au dessus de vos têtes, et au dessus de la mienne. Rien de ce que vous possédez ne puis vaincre Athis. Il est possible que je le puisse, avec votre aide.

-Balivernes ! tonna Tolobert. Comment vous faire confiance ? Vous avez fait libérer Iyoh Tzumihi, mit Nora à feu et à sang ! Vous avez, avec votre allié, fait tuer Raëllve Orumi, et avez causé la mort de Wahlo Driss et Ohihir ! Vous avez ébranlé, anéanti la paix qui règne en Valato !

Puis il se tourna vers ses camarades jurés, plus pensifs les uns que les autres. Orion ne s'était encore fait d'avis mais était plutôt hostile à ce soit-disant retournement de veste. Oswald, lui, plus réfléchi, préférait ne pas encore donner d'opinion, trop d'éléments n'étant pas encore tirés au clair, rejoignant grandement en cela l'avis de son artefact. Inès, pour sa part, abondait dans le sens de Solunthes et ressentait un profond agacement. Ce bonhomme aux cheveux sombres était coupable de bien des choses mais avait entièrement raison quant à leur nécessite de le compter parmi leurs alliés. Ils devaient s'unir pour l'heure, et ne pouvait de toute manière plus craindre grand chose de sa part. Dès qu'il les aurait aidé, sans doute l'enfermeraient-ils dans un repère gardé par les forces militaires des grandes nations, et il ne représenterait alors plus la moindre menace. Mais s'ils disaient vrai et qu'Athis était à présent capable de vaincre un dragon à lui seul, alors...Un vent de nostalgie la parcourut alors qu'elle posait les yeux sur le bracelet, à son poignet. Oui. S'il était aussi puissant qu'avait pu l'être Nigfol, ils ne pourraient le vaincre. Pas seuls. Quoiqu'il en soit, ils allaient délibérer une fois encore. Kellue, à la surprise générale, se leva de son banc et alla se placer près de la tribune des jurés, se déplaçant avec difficulté et s'appuyant constamment sur une longue canne en bois qu'on lui avait remis. Elle s'adressa directement à son roi, sans se soucier des autres.

-Edward. Ohihir s'est sacrifié pour ça. J'étais prête à le faire aussi, et Wahlo est mort au cours de cette quête. Je t'en prie, fait que ce n'ait pas été en vain.

Le tutoiement avait fusé, plus naturel que le vouvoiement qu'ils s'imposaient généralement en public. Une fois cela dit, ce fut vers les autres jurés et la foule qu'elle se tourna et qu'elle reprit, s'exprimant avec plus de force :

-Je sais quelle force Athis possède maintenant. On ne peut pas le combattre. Lui le peut, fit elle en désignant Solunthes.


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MessageSujet: Re: Civicide   Sam 25 Oct - 15:24

Le regard du jeune souverain passa de Kellue à Solunthes, pensif. Cette histoire était des plus étranges, et pourtant sa fidèle amie avait accordé sa confiance à l'artefact, de part l'intermédiaire d'Esmezia. L'avis du roi était loin d'être tranché... Trop d'obscurité demeurait dans cette affaire...

- En vérité, je n'ai que deux questions. Une relevant de la pure curiosité, et la seconde d'un ordre pratique. Comprenez, chers jurés, avant que j'en vienne à mes deux questions, que ma confiance en cet artefact est extrêmement limitée. Il a lui même conscience, j'en suis convaincu, que lorsqu'il n'aura plus d'utilités pour nous, il sera probablement mis en sécurité, à un endroit où il ne servira plus pendant quelques centaines d'années. Pourtant, si mademoiselle Dovlass, -héroïne de la dernière guerre, héritière du savoir d'Ohihir ainsi que de sa sagesse, et mon bras droit dans le gouvernement que j'ai instauré grâce à l'aide de Luuwr et d'Oran- m'affirme que seul Solunthes peut nous sauver de cette situation chaotique, alors j'aimerais que nous prenions bien conscience de ce qui peut être fait grâce à lui.

Prenant une pause théâtrale, Edward scruta les membres du jury un à un, ainsi que l'audience. Les enjeux de ce discours n'auraient pu être plus importants.

- Ma première question, et la plus importante est celle ci : Solunthes, vous prétendez pouvoir neutraliser Athis. Mais votre pouvoir est -selon les rapports- bien loin d'équivaloir à celui de l'artefact des siffleurs, et cela sans la puissance qu'il a volé à Ohihir. Comment comptez vous le vaincre, alors que votre première tentative a lamentablement échouée?
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MessageSujet: Re: Civicide   Sam 25 Oct - 15:43

Nakaën se permit de sourire tandis que Solunthes dévisageait avec intérêt de fameux roi de Naïlika. Il était différent, en bien des points, des autres politiciens qu'il avait pu rencontrer au cours de ses longs siècles de vie. Son âge, en premier lieu, constituait une rupture importante avec ses homologues, mais plus encore, à leur inverse, il ne semblait pas être guidé par sa fierté. Un garçon d'une certaine franchise, assez ouvert d'esprit pour accepter des idées auxquelles lui n'aurait pu penser. Pas étonnant qu'Ohihir en ait fait son protégé. Il fut un temps, lui et Athis se seraient empressé de tuer une personne aussi dangereuse. Et nul doute que son ancien ami tenterait de le faire, comme il avait fait en sorte de se débarrasser de Snori Pendragon. À présent, le reste de l'audience n'était que spectateur, écrasés par la prestance des deux êtres qui s'observaient intensément.

-Mon pouvoir, humain, n'est aucunement comparable à celui d'Athis. Nous ne sommes plus fort l'un que l'autre, mais complémentaires. Le sien fait partie même de ce qu'il est. Sa personnalité, son intelligence, son ingéniosité sont son plus redoutable pouvoir. Il dispose en outre d'une force physique surpassant celle de n'importe quel guerrier, afin de combattre les adversaires qu'il ne pourrait simplement convaincre de le rejoindre. Est en mon pouvoir, quant à moi, d'altérer la mémoire ou l'état de santé de ceux qui m'entourent, de les faire souffrir, de les faire halluciner. Mais ne croyez pas que sois capable de manipuler directement les esprits. Maintenant que cela est établi, sachez que je ne souhaite aucunement affronter Athis. Le porteur qui m'utiliserais en ce cas périrait sous ses coups. Je dispose en revanche de connaissances qui me sont exclusives quant à la composition des artefacts, ce qui fait leur force, et que j'appelle essence. Si vous pouvez me fournir les restes des créations d'Athis, je pourrais trouver un moyen d'utiliser ses propres machines contre lui et de le détruire de l'intérieur. Toutefois, il me semble qu'un point n'est pas clair pour vous humain : je ne vous promet aucunement de parvenir à vaincre mon ami. Je doute d'ailleurs fortement d'y parvenir en l'état des choses, et plus nous attendrons, mieux il maîtrisera ses pouvoirs, moins aisé encore il sera d'en venir à bout.

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MessageSujet: Re: Civicide   Sam 25 Oct - 15:58

Méfiant, Edward scrutait le visage de l’illusionniste sans avoir les capacités de comprendre ses émotions. Bien peu connaisseur des artefacts, il était incapable de comprendre les motivations de cet individu.  

- Vous prétendez avoir des connaissances exclusives sur les artefacts, et demandez pourtant la récupération du matériel qui appartiens à Athis. Malheureusement, je doute que nous soyons en capacité de récupérer ces machines, si tant bien est qu'elles existent toujours après votre trahison...

Un rapide regard à Josron lui fit comprendre ce que le jeune roi pensait de l'intervention belliqueuse Luuwrienne à Véonde. Avec ce massacre, il ne faisait aucun doute que la ville fortifiée serait sous bonne garde à présent. Et si milles hommes n'étaient pas capable d'en venir à bout, envoyer une nouvelle escouade, plus nombreuse encore était bien trop risqué...

- Mais développez vos connaissances à ce sujet. Du peu que nous avons découvert jusque là, seul deux artefacts ont été détruits. Nigfol ayant choisi son auto-destruction, et Ohihir ayant connu la vengeance d'Athis. Par quels moyens pourrions nous neutraliser ce dernier sans les machineries nécessaires?
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MessageSujet: Re: Civicide   Sam 25 Oct - 16:34

Le peu de savoir qu'avait Solunthes s'avérait en réalité très abstrait, et surtout impossible à transmettre via un langage humain. L'essence des artefacts n'était pas une matière physique, ni un élément psychique, mais quelque chose d'éthéré, presque irréel. Seule était certain sa composition, qui réunissait les caractéristiques identitaires de l'artefact, ainsi que ses pouvoirs et ses savoirs, le tout avec d'infinies nuances qui rendaient le tout particulièrement complexe. Un esprit humain s'y serait noyé. Il lui fallait pour autant tenter de leur faire comprendre ce que lui avait compris, faute de quoi ils courraient à leur perte.

-On ne peut pas, répondit-il. Sa force physique et sa résistance dépassent, selon mes estimations, tout ce que vous pouvez imaginer. Vos prototypes de canons à émeraude, même une fois achevés, n'auront aucun effet sur lui.

À cette annonce, l'officier servant de porteur éphémère sursauta, tout comme le maire de Rednow. Ces essais orano-luuwriens étaient censés être tenus top secrets. Mais Solunthes avait pu fouiller sans la moindre difficulté dans l'esprit du militaire, n'ayant pas même à y focaliser son attention pour déceler les informations les plus intéressantes, en l'occurrence absentes. Certains hauts placés dans la foule s'agitèrent nerveusement suite à cette révélation, mais le compagnon de Nakaën enchaîna, ne leur laissant pas le temps de réagir de quelque façon que ce soit.

-Si vous ne pouvez me fournir les prototypes d'Athis, il me faudra en construire moi-même. Cela me prendra un temps dont nous ne disposons peut-être pas. Avec ces machines, plusieurs options s'offriraient à nous. L'une d'entre elle consisterait à placer les pouvoirs de Belwur en Nigdaoz.

Cette dernière haussa les sourcils à l'évocation de son nom. Était-on littéralement en train de proposer de la faire fusionner avec Belwur, tout ça dans le seul but de vaincre un homme-chat ? Hors de question de se laisser faire comme ça. Silencieuse depuis le début, elle se permit de prendre les devants avec orgueil.

-Vous en faites toute une histoire, mais je suis sûre que moi je peux le battre, votre Athis, sans l'aide de personne.

-Non, trancha Solunthes. Tu ne le peux.

-Alors Belwur et Nahaow me fileront un coup de main, et on s'en débarrassera vite fait bien fait.

-Vos porteurs périront avant que vous n'ayez atteint votre seconde forme, répliqua l’illusionniste, avant de se retourner vers Edward, décidant d'ignorer cet artefact juvénile. Si vous ne voulez me fournir le matériel dont j'ai besoin, il me faudra des réserves illimitées d'émeraudes et de catalite. J'aurai également besoin de ce qu'il reste de Nigfol.

Avoir sous la main un artefact dépourvu d'essence pourrait éventuellement lui être utile. Nul n'avait jamais pu étudier un objet tel. En l'observant, il pourrait peut-être trouver un moyen de faire disparaître Athis de Valato une bonne fois pour toute. Et peut-être pas seulement Athis. Sa compréhension de son existence avancerait d'un grand bond si l'alliance des humains lui permettait de collaborer avec eux. Une telle pensée lui paraissait étrange, venu de lui. Jadis, il les aurait simplement forcé à lui apporter ce dont il avait besoin. On disait que les hommes changeait, et tout laissait à penser que cette règle s'appliquait également pour eux, créatures au pouvoir absolu. Inès s'était figée un petit instant, observant longuement son bracelet. Elle ne voulait l'abandonner, mais était consciente que si le conseil l'acceptait, elle n'aurait guère le choix. Avancer ne pourrait de toute manière lui faire de mal. Son rôle d'ancienne porteuse de Nigfol lui collait plus à la peau qu'elle ne l'aurait souhaité, et elle se sentait presque coupable d'avoir déprimé aussi longtemps lorsqu'elle se comparait à Kellue qui demeurait forte.

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MessageSujet: Re: Civicide   Dim 26 Oct - 18:06

Un brouhaha soudain s'éleva à l'annonce d'une possible fusion entre Belwur et Nigdaoz. Le démon était hors de lui. Pour qui se prenait ce petit merdeux prétentieux, avide de détruire les êtres les plus exceptionnels de Valato.

- Hey, espèce de connard déclara Belwur, vociférant. Si tu veux que je sois annihilé comme Ohihir, te gênes pas, dis le franchement! Parce que déjà que je n'ai pas spécialement envie de sauver tes petites fesses d'artefact, si encore en plus, c'est pour y donner ma vie, autant que je te tue tout de suite, histoire d'avoir la paix.

Belwur fit mine de cracher sur son homologue, tandis que Melody lui faisait un regard noir. L'audience regarda l'intervention de l'artefact sous un mauvais oeil et on enjoigna la jeune femme à retirer les gants de Belwur afin que le procès puisse continuer. Tandis que le démon continuait de lancer des insultes vulgaires mais néanmoins très imaginatives, Melody coupa tout contact physique avec les gants, ce qui eut pour effet de faire disparaître l'importun.

Ne prêtant aucune attention au remue-ménage Edward dévisagea de nouveau Solunthes. Les ressources qu'il demandait devraient lui être allouées. Pour autant, il faudrait s'assurer que le potentiel de l'artefact serait à son minimum, afin de réduire les risques d'une trahison...

- Voici ma deuxième question, Solunthes. Pourquoi, après avoir servi aux côtés d'Athis pendant des milliers d'années, l'avez vous abandonné, vous alliant à Ohihir pour le supprimer?

Un grand froid se répandit dans le public. Les motivations d'un tel être semblaient tellement nébuleuses que tous étaient accrochés aux lèvres de l'artefact...
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MessageSujet: Re: Civicide   Dim 26 Oct - 19:07

Solunthes regarda froidement Belwur, distant, sans réellement écouter les propos qu'il vociférait. Ce démon avait toujours été un être décérébré, dont Athis se servait à sa guise. Seules la motivation ou la destruction le motivaient, et il était la cause de nombreuses débauches parmi ses porteurs. Rien en lui n'inspirait le respect ou l'admiration, laissant place au dédain et à l'agacement. Il était loin, très loin de la grandeur d'Ohihir, Athis, ou encore Offaür. Lui et Nigdaoz étaient différents d'eux. Ils ne méritaient en aucun cas la moindre attention de sa part. La question d'Edward, en revanche, tira un sourire à l'avatar. Drôle d'humains...à croire qu'ils n'allaient jamais le lui demander, quand bien même il s'agissait de l'interrogation la plus légitime de toutes en ce qui concernait ses ambitions. Les contours de l'homme aux cheveux de jais se floutèrent, ondulèrent, tandis que son épiderme s'assombrissait. Bientôt, il eut prit sa véritable apparence, celle d'une silhouette vaguement humanoïde ponctuée de deux fentes lumineuses faisant office de globes oculaires. Sa forme originelle, plutôt effrayante, fit soulever un petit brouhaha dans l'audience. Habituellement, Solunthes n'aimait guère la revêtir, préférant puiser dans l'esprit de son hôte afin d'utiliser un faciès qu'il idéalisait. Mais puisqu'il s'agissait de faire preuve de transparence, autant pousser le vice jusqu'au bout. Malgré son absence de bouche, sa voix s'éleva de nouveau.

-Je ne me suis guère allié à Ohihir que par concours de circonstances. La vérité est que la perspective de sa destruction m'enchantait autant que celle d'Athis.

Cette fois-ci, ce fut une véritable explosion de haine à son encontre. Le lâche, l’illusionniste, passait aux aveux. Il souhaitait éliminer les deux plus éminents artefacts afin d'acquérir leur place, d'être le plus puissant d'entre eux. Esmezia était pour le moins perdue, ne comprenant aucunement les raisons qui poussaient l'accusé à avouer cela. Pour dire vrai, elle même ignorait que la mort d'Ohihir allait dans son sens, et était tout aussi curieuse que le reste d'écouter ce qu'elle avait à dire. Parmi les jurés, c'était également la débandade. Orion et Tolobert débattaient à vive voix, ignorant magistralement Inès qui tentait de les calmer, tandis qu'Oswald avait fermé les yeux, dépité, agacé par ce triste spectacle. Il se surprit à remarquer que du temps d'Igole, une conseil de la si haute importance n'aurait jamais dégénéré ainsi. La discipline militaire lui manquait, quelque fois. Nakaën tentait d'interpeller son artefact, qui restait stoïque, ne pouvant l'entendre à travers ce capharnaüm. Puis Solunthes prit la forme de Tolobert. Il en changea pour acquérir l'apparence d'Edward, d'Oswald, des deux derniers jurés puis de quelques uns des membres de l'expédition, faisant tenir chaque nouvelle illusion une paire de secondes. Son manège provoqua quelques exclamations mais fit revenir l'attention globale sur lui ; et il ne se décida à reprendre son propre physique que lorsqu'il jugea qu'on l'écoutait de nouveau.

-Stupides humains, vous faut-il donc du spectaculaire pour que vous fassiez preuve de bon sens ? Ne me faites pas regretter ce que je vais dire. Vous évoquiez, maire de Rednow, des valeurs comme la paix ou la confiance, toute à l'heure. J'apprécie ces valeurs. Mais la confiance, la paix, ne seront jamais que des illusions plus puissantes que les miennes tant que nous existerons. J'ai passé des millénaires à affronter des humains et à en aider d'autres, et il m'aura fallu tout ce temps pour comprendre que Valato ne connaîtra jamais l'équilibre tant que les artefacts seront utilisés.

Enfin, plus un mot n'était prononcé en dehors des siens. Tous étaient pendus à ses lèvres, charmé malgré eux par l'absolue sérénité avec laquelle il exposait ses idées. Mais plus encore, c'était l'originalité de son discours qui les attirait. Aucun artefact, jusqu'à lors, n'avait publiquement donné d'avis sur leur espèce. Eux qui étaient les plus grands mystères de son monde finissaient-ils donc par se dévoiler à travers lui ? Les membres de l'expédition possédaient, en cet instant, aussi peu d'informations que le reste de l'audience, Nakaën compris. Le jeune hovoïte, qui avait fait de l'ancien allié d'Athis son ami, craignait grandement pour sa sécurité, redoutant la tournure que prenaient les événements. Solunthes continua son discours.

-Tout, en Valato, n'est viable qu'à échelle humaine. Si besoin en était, nous en sommes la preuve. Les humains ne nous on créé, pourtant nous, êtres suprêmes, leur correspondons, avons été conçus pour eux. L'homme est seul maître de Valato. Un maître stupide, cupide, cruel. Un maître que je haïssais jusqu'à peu. Et parmi vous, despotes de ce continent, certains s'avèrent bons. J'ai vu des gens de bien, au cours des siècles, et en ait rencontré un de plus, quelques semaines auparavant. Si vous me demandez alors ce qui m'a poussé à trahir Athis, voici ma réponse.

Joignant le geste à la parole, il désigna de la main Esmezia, pour le moins surprise, qui n'eut toutefois le temps de s'étonner à haute voix, car Solunthes n'en avait fini.

-Esmezia Fambriel est un être humain tel que vous devriez tous l'être. Peut-être que certains, parmi vous, le sont d'ailleurs déjà. Vous venez en aide à autrui pour assurer la paix, le bonheur, pour mettre fin à la violence. Valato devrait ressembler à l'idée que des humains comme Esmezia Fambriel s'en font. Et Valato ne le pourra qu'une fois débarrassée des parasites que nous sommes. Athis m'a permis de comprendre comment détruire des artefacts. Permettez moi de le tuer, puis de nous tuer tous. Permettez moi, humains, de vous offrir la paix.

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MessageSujet: Re: Civicide   Mar 28 Oct - 15:49

Un discours aussi fascinant que surprenant. Edward tombait des nues. Un artefact qui désirait la destruction de tous ses semblables, il s'agissait bien de la première fois que le jeune roi entendait parler d'une histoire pareille, et cela malgré toutes les connaissances qu'il avait acquis grâce au sage Ohihir. Le plus étonnant étant sans doute que l'argumentation de Solunthes tenait presque la route, rappelant les heures noires de Valato où Athis et Ohihir s'opposaient avec acharnement dans une lutte pour le pouvoir. Une oreille peu connaisseuse aurait probablement jugé les revendications de l'artefact comme d'une grande sagesse.

Il y avait pourtant un point sur lequel Edward était entièrement en désaccord. Solunthes avait eut dans toute sa vie un parcours malfaisant, s'opposant avec son ami de toujours Athis pour la domination du monde. Ses meurtres étaient innombrables et il n'avait fait que se battre avec ses rivaux artefacts. Sa vision de la bonté était donc corrompue par le passé tourmenté qu'il avait vécu, et si il avait vu en la jeune Esmezia un être humain admirable, il semblait en être totalement incapable pour ses semblables. Ohihir avait été un artefact d'une incroyable bonté, se battant pour la paix, et bien qu'il ne fut pas parfait, il avait toujours œuvré pour le bien des hommes. Athis, lui, était une créature malfaisante, le seul de ses homologues avec qui avait -disait-on- entretenu une relation dans le long terme. La vision de Solunthes était donc biaisée par ses connaissances, qu'Edward aurait jugé de "limitées" en la matière. Pourtant, le souverain était bien loin d'être sur que ses convictions étaient les bonnes, et ne connaissait Ohihir que de ce que le vieil artefact avait bien voulu lui montrer. Il pouvait faire fausse route, mais suivre le chemin de Solunthes revenait simplement à l'extermination d'une espèce déjà rarissime.

Se levant, Edward regarda son interlocuteur dans les yeux pendant un petit moment, tandis que la foule se faisait silencieuse. Se raclant discrètement la gorge, il porta ensuite son attention sur l'ensemble de l'auditoire, ainsi que sur les porteurs d'artefacts et leurs compagnons éternels.

- Je comprends maintenant vos motivations, et mon vote vous est acquis quant à l'aide que vous nous apporterez pour neutraliser Athis. Pour autant, je n'approuve pas le moins du monde votre discours, Solunthes. Vous n'avez pas réellement connu Ohihir autrement qu'en vous opposant à lui. Je n'ai pas la prétention d'avoir été proche de lui, mais il a toujours œuvré pour la paix. Sans lui, une révolte aurait peut être lieu à l'heure actuelle en Nailika. Sans la coopération de Nigfol et d'Inès Vrag, les troupes de l'ancien dictateur auraient ravagés Luuwr et Oran, et Esmezia Fambriel, que vous admirez tant, et qui j'en conviens est une personne exceptionnelle serait elle aussi probablement morte dans ce conflit. Il est vrai que vous autres, artefacts, avez une grande influence sur notre vie. Mais si cette force que vous représentez déséquilibre le cycle "normal" de Valato, elle nous est, je pense, bénéfique. Oui, Athis, Belwur et vous avez perpétré des massacres. Il semble aussi probable que tous les artefacts ici présents aient tués des multitudes. Mais jamais nous n'ordonneront de génocides de votre espèce, car j'aime à croire que chacun peut se racheter, et que la peine capitale utilisée dans le seul but de rendre les hommes meilleurs est une hérésie.

Se rasseyant lentement, Edward croisa les bras, impatient de voir la réaction des autres membres du jury. Il avait donné son avis, et n'avait plus qu'à attendre de voir si sa position était suivie.
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MessageSujet: Re: Civicide   Mar 28 Oct - 16:02

On avait demandé à Oloren de rester au cas où il lui serait demandé de témoigner à son tour. Elle avait attentivement écouté Solunthes, malgré l'ennui qui l'avait assaillie au début du procès, qu'elle jugeait complètement inutile. Vint les dernières paroles du discours de l'artéfact, et un sourire aux lèvres. Elle regarda Esmezia, tout en conservant ce même sourire, jusqu'à lui faire un clin d'oeil. C'est vrai que son amie agissait toujours pour le bien des autres avant le sien, contrairement à elle. Comme d'habitude, elle n'attendit pas qu'on lui permette de parler, ce qu'elle fit sur un ton grave.

- Après tout pourquoi pas ? C'est vrai, tous les témoins ici ont vu de quoi était capable l'autre timbré, j'ai beau pas lui faire confiance, il marque un point : sans lui, on y arrivera pas. Qui plus est, les problèmes ce sont multipliés, toute l'aide disponible serait bonne à prendre. Et tant que ça ne passe pas par une apocalypse, la paix, c'est ce qu'on veut tous, non ?

Elle savait que des reproches allaient probablement lui être faite, mais elle s'en moquait royalement. Pour le peu qu'elle puisse représenter, si Zia avait besoin de soutien, elle pourrait compter sur elle, et puis, elle ne savait pas grand chose de ce Nakaën et de ce Solunthes, mais de toute évidence, ils avaient pris de gros risques en trahissant Athis, de plus, ils avaient sauvé son amie. Il lui avait fallut du temps pour y réfléchir, mais quoi qu'ai pu faire Solunthes dans le passé, ce qui comptait dorénavant, c'était l'avenir. On avait offert une seconde chance à son frère, considéré comme l'ennemi publique numéro 1 il y a cinq ans de cela, pourquoi ne pas donner sa chance à ce beau parleur ? Qui plus est, elle appréciait qu'Edward soit aussi de cet avis.
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MessageSujet: Re: Civicide   Mar 28 Oct - 20:20

Edward et Solunthes se livraient à une joute verbale qui suscitait nombre de commentaires ou emmenait de longs silences, que la récente annonce de l'artefact avaient rendus particulièrement insoutenables. La tension, présente depuis l'arrivée du maître des illusions dans le tribunal, avait grimpé à une allure faramineuse jusqu'à atteindre ce pic ; toutefois les altercations explosives à venir furent désamorcés par l'intervention imprévue et somme toute providentielle d'Oloren. Son franc-parler avait le mérite de ramener un peu d'ordre dans cette discussion dont les institutions avaient perdu le fil et le contrôle, leur rappelant de faire les choses une à une, en començant par répondre à la question essentielle : laissait-on Solunthes leur venir en aide pour résoudre la menace que représentait Athis, affublé des pouvoirs du défunt Ohihir ? Edward s'était exprimé en la faveur de l'accusé, et la jeune Ehlkaÿd venait de faire de même. Esmezia se retint tant bien que mal de lui envoyer une grande tape dans le dos et se contenta de lui sourire sans réellement parvenir à faire preuve de discrétion. Elle ne pensait plus pouvoir compter sur son amie dans cette affaire, mais en quelques mots, elle venait de clouer le bec à une bonne partie de l'assistance. Évidemment, ils avaient raison de stipuler qu'accorder sa confiance à leur ancien ennemi était imprudent ; elle-même qui avait été sa complice ne trouvait pas en lui un être des plus honorables, mais il fallait avant tout faire preuve de pragmatisme. Ils ne l'avaient pas vus de leurs propres yeux, mais le rapport de la bataille de Véonde avait sans douté été suffisant pour leur prouver que leur adversaire ne plaisantait pas. La jeune hovoïte dévisagea les différents jurés, tentant de prévoir le résultat du vote à venir. Edward se ralliait à leur cause, et même si elle restait stoïque afin de respecter la neutralité à laquelle elle était tenue, Inès semblait également leur accorder son soutien. Seule la jeune génération osait faire preuve d'audace. Tolobert, en maître de cérémonie, frappa trois coups distincts avec son marteau sur le pupitre qui lui était assigné, réclamant par ce biais un silence doublé d'attention, lequel lui fut accordé, l'accusé s'abstenant de répondre directement à son interlocuteur privilégié.

-Le jury va voter pour les termes suivants : accorder un soutien matériel à l'accusé afin qu'il nous assiste dans nos projets pour contrer l'artefact Athis. L'accusé ne sera porté par son porteur, Nakaën Bêril, que lorsque la situation exigera qu'il utilise l'intégralité de ses capacités, si telle situation venait à voir le jour. L'accusé ne sera jamais laissé seul et sera toujours accompagné d'au moins un membre du conseil. Une fois Athis vaincu, l'accusé sera séparé de nouveau de son porteur avant que le conseil ne décide de son sort. Accusé, acceptez vous les termes ?

Solunthes sembla hésiter un bref instant. Il n'avait pas fini de parler avec ce drôle de petit roi humain, mais pouvait comprendre qu'on préfère restreindre ses paroles pour le moment. Qui plus est, ce tribunal n'avait pas tort en voulant abréger cette séance, preuve qu'ils se rendaient enfin compte de l'urgence de la situation. Aussi fit-il un simple signe de tête pour exprimer son accord, et le jury se retira, non pas sans qu'Offtaür, présente sous forme d'avatar, ne fixe longuement son homologue. Ainsi souhaitait-il tous les détruire. Ses hypothèses étaient des plus intéressantes et méritaient approfondissement, toutefois ce n'était guère le lieu pour s'opposer en ce sujet. Ohihir et Athis mis de côté, jamais deux artefacts ne s'étaient verbalement confrontés en présence d'autres humains que leur porteur. Si cela pouvait être dans l'intérêt de l'accusé, l'ancienne allié du doyen du conseil ne se voyait en revanche guère se mettre ainsi en scène. Elle aurait l'occasion de discuter avec lui, plus tard. De défendre la précieuse vie de ses amis. À présent, les cinq votants allaient délibérer afin de tomber d'accord sur une décision, qui serait dans tous les cas soumise à la majorité. Tous seraient forcés de rendre public leur vote à l'issue du procès, par principe de transparence. C'était certainement le moment, au tribunal, où le suspense était à son comble. Quand ces cinq personnes réapparaîtraient, le destin de Solunthes serait scellé. Et ce dernier en était persuadé, le destin de l'humanité le serait également. Les membres de l'expédition avaient eux aussi droit de se concerter, bien qu'ils ne puissent intervenir par la suite, mais ne pouvaient toujours pas adresser la parole à l'accusé que certain d'entre eux défendaient. Esmezia s'approcha d'Oloren, anxieuse mais plutôt satisfaite. Ne sachant comment exprimer une affection sur laquelle il était malaisé de mettre des mots, elle accorda à sa camarade une frappe amicale sur l'épaule en lui lançant un regard complice et reconnaissant.

-Merci ! Tu devrais penser à t'engager dans la politique, tu sais ? Ça leur ferait pas de mal de se décoincer un peu.

Puis ses yeux se posèrent sur Melody, et elle ne put trouver quoi lui dire. Les doutes exprimés étaient des plus légitimes, pourtant, remettre ainsi en cause le bien-fondé d'une cause qui lui tenait tant à cœur, en public, sans le lui en avoir glissé mot auparavant avait été pour le moins maladroit. Voire plus : ce n'était vraisemblablement par mégarde que la capitaine luuwrienne s'en était verbalement prise à elle. Blessée dans sa fierté mais surtout du fait de la confiance aveugle qu'elle accordait à son ancienne supérieure, elle détourna vite le regard et ne lui accorda plus d'attention. Agir ainsi semblait puéril, elle en était consciente, pourtant elle sentait une certaine agressivité de la part de l'actuelle gardienne de Belwur depuis quelques jours à son égard. Elle préféra se tourner vers Kellue, assise sur l'un des bancs, qui s'appuyait sur le mur afin de se dépenser le moins possible. Si l'on pouvait encore la sentir quelque peu exténuée, elle commençait néanmoins à reprendre des forces et ne menaçait plus de s'écouler à n'importe quel instant.

-Merci à toi aussi, Kellue, lui dit-elle. Je sais que ce n'est pas facile, pour toi...

De la main, la parleuse lui avait fait signe de s'arrêter et lui adressa une mine aussi fermée et déterminée que d'accoutumée.

-Nous parlerons états d'âmes plus tard, Esmezia. Pas avant que cela soit fini. Tu me remercieras à ce moment là, si j'ai été utile.

Esmezia eut envie de contester avec entrain, de lui affirmer qu'elle leur avait déjà été utile, et plus qu'un peu. Jadis, alors qu'elle et Inès s'étaient faites enlever par le despote naïlikan avide de récupérer Nigfol, Kellue s'était jointe au groupe ayant pour but de les libérer sans la moindre hésitation, et elles lui devaient déjà la vie. Là encore, lorsqu'elle avait eu conscience des risques de ne pas revenir vivante de cette expédition, elle n'avait pas hésité un seul instant, allant même jusqu'à n'en informer Edward. Un secret aussi lourd que son éventuelle disparition avait du être particulièrement dur à porter sans avoir pu auparavant adresser quelques mots à ce jeune homme dont elle était particulièrement proche. Et voilà qu'elle avait perdu Ohihir, l'artefact qu'elle portait depuis son adolescence. Rarement, dans l'histoire de Valato, une cohabitation n'avait duré aussi longtemps. Malgré cela, jamais on ne l'entendit se plaindre, elle qui avait renoncé à toute considération matérielle, à ses titres, au pouvoir que son statut lui accordait pour servir un roi déchu. Un tel exemple de dévotion ne pouvait qu'être salué, et refusait catégoriquement de l'être. L'hovoïte ne remarquait jamais assez à quel point elle ressemblait à Melody, pourtant leurs comportements semblaient évoluer dans des sens opposés suite à cette mission. Et quelle mission...tout cela faisait beaucoup. Avec un peu de chance, Solunthes n'aurait plus besoin d'elle, mais elle aurait mauvaise conscience de le laisser seule alors qu'il lui semblait être, pour l'heure, la seule véritable alliée en qui il avait pleinement confiance. Mais qui sait, peut-être finirait-il par faire d'Edward son ami. Soucieuse de rendre, dans la mesure du possible, plus chaleureuse cette assemblée et de se changer les idées, la rouquine s'étira longuement les bras derrière le dos et s'adressa à tous ses compagnons, leur adressant un sourire franc.

-Moi, dès qu'on en aura fini, je fais une pause ! Ilawen m'a dit que j'étais toujours la bienvenue, et même si je n'aime pas m'imposer...je crois que je vais profiter un peu de son hospitalité. Ça fait longtemps que je ne les ai pas revues, ces trois là.

Derrière la tribune réservées aux jurés, une porte dérobée menait sur la salle où les cinq se trouvaient actuellement. Par souci formel, la table autour de laquelle ils allaient débattre était ronde. Tolobert s'y était installé le premier, fiches en main, l'air renfrogné. Afin de ne pas se faire éventuellement influencer par ces entités qui n'étaient votantes, Orion et Oswald avaient ôté leurs artefacts et les avaient placés au centre du meuble, tandis qu'Inès conservait le bracelet de Nigfol. Ce fut Orion, en leader avisé et zélé, qui prit la parole en premier, sur un ton acerbe.

-Détruire tous les artefacts...pour qu'on soit à la merci du premier ennemi venu ?

-Ce n'est pas le sujet aujourd'hui, lui rappela Inès.

Il se retourna vers la jeune naïlikane, surpris de la voir autant s'imposer aujourd'hui, et lui lança un regard noir qu'elle soutint et lui rendit. Eux deux ne s'appréciaient guère, ce n'était un secret pour personne, et Oswald tentait constamment de calmer le jeu entre son ami de longue date et la fille de celui qu'il avait longtemps considéré comme un frère de cœur. Aujourd'hui encore il aurait pu intervenir mais s'avérait finalement satisfait de l'énergie dont faisait preuve l'alliée de la couronne. Elle commençait à se retrouver elle-même, à s'affirmer. Pour peu, on aurait presque pu l'imaginer sourire. La remarque cloua en tout cas le bec du trancheur qui, renfrogné, se mit à tapoter nerveusement sur le bois massif. Tolobert en profita pour élever la voix à son tour.

-Quand bien même ce Solunthes puisse nous aider, comment lui faire confiance ? Si un être comme Athis n'a pas pu prévoir sa trahison, qu'en est-il de nous ?

-Offaür possède des capacités psychiques qu'Athis n'a pas. Je pense que les illusions les moins puissantes de Solunthes n'auront d'effet sur elle. Encore est-il que je doute de pouvoir utiliser mon artefact comme je le faisais autrefois.

Du fait de son âge avancé, le corps de l'ancien général n'était effectivement plus apte à accueillir sur de longue durées l'essence d'Offtaür. La quête d'un remplaçant pouvait de fait s'avérer essentielle, surtout dans une situation où ses aptitudes avaient matière à leur être précieuses. Le naïlikan se tourna vers son roi.

-Lui accordez vous cette confiance dont il est tant question, Edward ?

Jamais, au quotidien, il ne se serait permis de s'adresser au monarque par son prénom, mais telle était la règle au conseil : dès lors que l'on y entrait, l'on oubliait tous ses titres, ses affiliations. Tout homme y avait un poids équivalent. Ainsi, tous étaient tenus de s’appeler par leurs prénoms respectifs.

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MessageSujet: Re: Civicide   Mar 28 Oct - 22:53

Oloren se frotta l'épaule, elle s'attendait à d'avantage de douceur, comme un câlin, par exemple, mais elle se rappela de leurs retrouvailles, où elle avait défenestré son amie à pleine vitesse, aussi se fit-elle rapidement à sa récompense !

- Tu pourras toujours compter sur moi, Zia, tu l'sais bien ... Et puis pour la politique, j'ai d'autres projets, dans la vie, hein, comme par exemple trouver l'origine de cette voix dans ma p'tite tête, puis éventuellement rencontrer l'amour de ma vie, avoir des enfants, leurs apprendre à foutre le bordel encore mieux que je ne le fais déjà, ce genre de trucs, tu vois !

Elle se tourna vers Kellue en souriant, Arawn se trouvait toujours près d'elle, prêt à l'aider au moindre signe de fatigue, à la moindre nécessité.

- Si tu veux en placer une hésite pas, hein ...

- Je devrais être en train de chasser pour Kellue. Je n'aime pas cette salle, elle est trop fermée ... Je veux sortir d'ici.
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MessageSujet: Re: Civicide   Mer 29 Oct - 14:22

La familiarité d'Oswald surprit quelque peu Edward, tellement habitué à des marques de respect presque exagérées de la part de ses sujets. Pourtant, cela était loin de le déranger. L'homme avait toujours prouvé sa fidélité à la couronne, et à l'ensemble de Valato, et Edward admirait le sang-froid dont il avait fait preuve lors de la dernière guerre.

Il n'avait pas la moindre confiance en Solunthes, c'était évident. Il aurait fallu être fou. Pourtant, de leur dialogue avait émergé le sentiment d'une certaine sincérité. Le jeune roi s'était peut être fait abuser par l'artefact manipulateur, pourtant, tant que leurs objectifs seraient communs, Edward ne voyait pas Solunthes les trahir. Néanmoins, il faudrait dès lors que leur ennemi serait annihilé, neutraliser l'artefact. On ne pouvait lui permettre de détruire ses semblables en toute impunité. Le souverain Naïlikan s'apprêtait à répondre lorsque l'écho de puissantes percussions résonna dans toute la ville. Un regard en direction du maire suffit à lui faire comprendre que des ennuis arrivaient.

A quelques lieux de là, un homme d'une stature imposante avançait à pas rapides en direction de la ville, un bâton de marche métallique à la main. Un nuage d'oiseaux, probablement attirés par le sang décrivaient des cercles tout autour de lui dans le ciel. Si le visage de l'homme ne laissait filtrer aucun sentiment, une colère noire se trouvait en lui. Sa dernière quête, l'unique motivation qui lui permettait de continuer d'avancer. Venger la mort d'Athis. Son père d'adoption, trahi par celui qu'il estimait le plus. Bientôt, la garde de Rednow remarqua sa présence. Peu surprenant, puisque depuis quelques jours, son portrait était affiché dans toutes les rues des villes importantes. Cela n'affectait pas outre mesure la vie d'Edwig. Ces simples mortels ne pouvaient plus rien contre lui. L'ancien Ombre prennait pourtant un malin plaisir à les effrayer. Ces femmes et ces hommes tremblant de terreur en sa présence n'avaient qu'à cesser de le regarder comme un monstre. Les cavaliers se précipitèrent vers Rednow dans le but de prévenir la ville de son arrivée.

Accélérant le pas, l'Héritier arriva bientôt à la porte ouest de la ville. Deux centaines d'archers l'attendaient fermement, tandis que les portes de la ville se fermaient à la hâte. Son arme à la main, Edwig continua d'avancer, faisant fi de son comité d'acceuil. Sans la moindre sommation, les défenseurs de la ville tirèrent une salve de flèches dans sa direction. Même à cette distance, ces soldats d'élites rataient rarement leurs traits. Du bout de son pouce, le disciple d'Athis frotta légèrement la partie supérieure de son bâton. L'onde de choc qui s'ensuivit repoussa les flèches à quelques centaines de mètres de leur objectif. La marche d'Edwig n'en fut nullement ralentie. Pris de panique, un archer tira de nouveau. Ignorant superbement le projectile, le premier ennemi de la nation continua d'avancer. Un des volatiles accompagnant sa marche intercepta la flèche en plein vol puis tomba lamentablement au sol, sa quête accomplie. L'imposante porte ouest de Rednow se trouvait désormais devant lui. D'une importante épaisseur, elle était constituée de bois et de fer. Prennant appui sur ses pieds, Edwig la poussa avec force tandis que de nouveaux traits s'abattaient sur lui, arrêtés miraculeusement par des oiseaux. Un craquement sonore résonna avec satisfaction dans les oreilles de l'attaquant lorsque la poutre bloquant l'entrée de la porte céda sous la pression qui lui était imposée. La porte, faisant pourtant le triple de la taille de l'ancien Ombre, s'ouvrit à la volée. Au seuil de la ville, Edwig observa la myriade de soldats le scrutant avec anxiété, tentant pourtant de faire preuve de férocité. La voix stentor du Hurleur résonna alors dans la ville.


- HABITANTS DE REDNOW. LIVREZ MOI L'ARTEFACT SOLUNTHES, ET NUL MAL NE VOUS SERA FAIT.

Nul doute que tous, dans la ville, avaient entendu ce puissant appel...
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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Civicide   Mer 29 Oct - 18:39

Arawn lâcha un lourd soupir.

- Avec un instinct pareil, bientôt je ne serait plus ni parleur ni lycanthrope mais devin, lâcha-t-il en sautant par la première fenêtre venue, passant sous sa forme bestiale avant d'atterrir au sol.

Oloren se plaça à la fenêtre d'o il avait sauté, pour une fois, elle attendrait les ordres. Le gardien parleur traversa la ville rapidement, jusqu'à arriver devant Edwig, où il repris sa forme humaine, ne craignant aucun courroux de sa part. Si lui nourrissait quelques sentiments amers envers le géant, ce dernier ne devait sans doute avoir aucune raison de l'attaquer, aussi se prononça-t-il calmement.

- J'aimerais gagner du temps, toi, Edwig Luthness, m'accorderais-tu une discussion sans acte belliqueux ?

Se tenant tout de même sur ses gardes, il attendit calmement la réponse. Si le porteur réagissait de façon brutal, il n'aurait qu'une seule chance de s'en tirer.
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MessageSujet: Re: Civicide   Mer 29 Oct - 18:43

La voix, inhumaine, avait retenti dans la moindre rue du joyau de Luuwr, résonnant dans les espace creux, devenant caverneuse et lointaine mais encore tout à fait audible dans le tribunal sous-terrain. Solunthes garda un étonnant sang-froid en comprenant que son ancien allié l'avait déjà retrouvé. Lui et ses nouveaux compagnons s'attendaient bien sûr à qu'il les traque sans relâche, mais n'auraient pu prévoir qu'il fasse preuve de tant d'efficacité. Les troupes envoyées par Abrial auraient pu, au vu de leur renommée, le confiner dans ses ruines d'adoption, maigre consolation compte tenu de leur sacrifice, mais avantage tout de même. Or ce n'avait été le cas. Un messager apparut, dévalant les escaliers dérobés de la salle du conseil, et alla s'adresser directement à un militaire présent dans les tribunes, lequel se leva aussitôt en confirmant ce que tous craignaient : il s'agissait d'Edwig Luthness, le porteur d'Athis. Face à une situation imprévue, il fallait à tout prix éviter de céder à la panique. Orion se redressa et prit immédiatement le fourreau qu'il avait placé au centre de la table, le fixant dans son dos.

-Nigdaoz, libères toi.

Jaillissant de l'objet, la jeune fille apparut, un sourire malsain greffé sur le visage.

-Depuis le temps que j'attendais que tu te bouges le cul ! commenta-t-elle. On y va !

Tolobert attrapa fermement le bras de son concitoyen avant qu'il n'aie pu les quitter, attisant par ce simple geste la colère du trancheur qui lui lança un regard noir. Loin de se laisser intimider, le maire  de la cité fluviale se dressa de toute sa hauteur.

-Que comptez-vous faire, Délafi ?

-Aller à sa rencontre, j'aviserai après.

-Quitte à envoyer quelqu'un nous représenter, Délafi, je ne pense pas que vous soyez le plus qualifié.

Orion, d'un geste brusque, repoussa la main qui le retenait et se servit de la sienne pour agripper le politique au col, qu'il tira sans vergogne pour se faire approcher leurs deux visages. Entre ses dents serrées, il lança, l'air implacable :

-Je suis le chef du conseil. Personne n'est plus qualifié que moi tant que ça concerne les artefacts.

Puis il relâcha sa victime éphémère avant de faire volte face et de filer à toute allure sans adresser le moindre regard à Solunthes ou aux membres de l'expédition. Puisqu'ils n'avaient plus le temps de réfléchir, il avait prit sa décision. Si les intentions d'Athis n'abondaient pas dans leur sens, il protégerait leur prisonnier. Plus radieuse qu'elle n'avait jamais semblé l'être, Nigdaoz encourageait son porteur par de longues acclamations, s'improvisant des cris de guerre plus vulgaires les uns que les autres. Au moins, elle affichait clairement ses ambitions, mais à défaut de la fourberie le caractérisant, elle ressemblait beaucoup à Belwur en ce qui était de leurs caractères. Elle l'estimait d'ailleurs beaucoup, elle qui ne jurait que par la force. Suivant de près son ami afin de s'assurer qu'il ne commette pas d'erreur regrettable, Oswald avait replacé sa boucle d'oreille et se stoppa quant à lui face aux héros de la guerre passée. À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelle. Il se tourna dans un premier temps vers l'actuel porteur de Solunthes.

-Veuillez rendre l'artefact à son gardien, je vous prie.

Quelque peu étonné, le soldat s’exécuta tout de même sans poser de question, heureux qu'il était d'être débarrassé d'un tel fardeau. L'idée d'avoir constamment cette entité surpuissante en train de fouiller son esprit ne l'avait pas enchanté le moins du monde. Nakaën passa le pendentif autour du cou et l'avatar réapparût sous sa forme humaine, surpris lui aussi de cette décision. Ce vieillard lui avait paru bienveillant et réfléchi, mais également et surtout prudent. Il ne se serait pas attendu à qu'il lui accorde ainsi sa confiance, mais était satisfait de constater qu'il y avait bien de l'espoir pour la race humaine, qui se plaisait à se faire plus idiote qu'elle ne l'était. L'ancien général s'adressa par la suite à Llednar, seul militaire gradé du groupe si l'on excluait Melody, pour qui il avait d'autres projets.

-Jeune homme, le roi Pendragon vous aurait confié sa vie et il semblerait que mon roi et ses alliés vous fassent également confiance. S'il s'avère qu'il est bien notre seul espoir et que nous sommes condamnés en l'instant présent, il vous faudra fuir avec Solunthes et son porteur.

Llednar acquiesça tout en espérant ne jamais avoir à exécuter cet ordre, se souvenant en entendant la voix d'Oswald qu'ils avaient jadis été ennemis. Alors que la troisième grande guerre venait de commencer et que les états centraux avaient été réduits en cendres, il lui avait dérobé sa carte de Valato, parmi les plus précises du continent ; un objet leur aillant permis de progresser de manière optimale par la suite. Aujourd'hui, celui qui avait mené l'invasion de sa contrée natale s'en remettait à lui. Le givreur s'adressa, enfin, à Melody.

-Capitaine, êtes vous apte à utiliser Belwur ? Si nous en venons à une confrontation, nous aurons cruellement besoin de vous.

Inès, les ayant rejointe depuis quelques instants, à temps pour écouter les différentes ordres donnés par le doyen du conseil, se dirigea à son tour vers Llednar, le cœur lourd. Elle savait ce qu'il en coûtait d'être proche du pouvoir : il lui fallait parfois prendre ses responsabilités au dépend de sa petite personne. Alors que jamais elle ne l'avait encore fait durant ces cinq années, elle ôta son bracelet et le plaça dans la main de son ami. Puisque Solunthes en aurait besoin, autant s'assurer qu'il puisse l'avoir sous la main le moment venu. Et elle avait entièrement confiance en Llednar pour cela. Ce n'était certes pas le plus redoutable combattant, ni le plus brave ou le plus malin, mais personne ne savait fuir et se mettre en sécurité aussi bien que lui.

-Merci, jeune humaine, commenta l'illusioniste.

Puis, apercevant Edward, il l'interpella.

-Petit roi. Je comprends votre empressement, mais j'aurais à vous transmettre quelques informations essentielles qui pourraient nuire à la sécurité de Valato au cas où je disparaîtrais.

Guidé par les soldats, Orion avait marché à vive allure à travers les rues de la ville, où l'on ordonnait aux citoyens de se terrer dans leurs demeures. Ainsi, c'était au centre d'une véritable haie d'hommes armés que le trancheur se déplaçait, et il perça bientôt l'arc de cercle assombri de foule militaire qui se tenait à quelques dizaines de mètres de leur ennemi, immobile. Il ne faisait visiblement preuve d'aucune agressivité pour l'heure, malgré les menaces qu'il venait de vociférer. Le luuwrien vit que le loup-garou, ami de la jeune Ehlkaÿd, était déjà sur place, et s'en réjouit. Au cas où ils en venaient à une confrontation directe, il pourrait être un précieux allié. Pour autant, il ignorait s'il avait déjà engagé la conversation et ne s'en souciait guère. Cet homme n'avait aucune importance. Ainsi, Orion se retrouvait de nouveau face à Athis, lui qui l'avait si longtemps dissimulé aux yeux du monde. Il se souvenait parfaitement de ce jour où les Ombres, menées par Tzumihi, avaient finalement retrouvé la trace du perfide, du manipulateur. Ce jour-ci, il n'avait su les arrêter. Étrangement, les jérémiades de Nigdaoz avaient cessé lorsqu'ils étaient arrivés près de l'entrée forcée de la ville. Offtaür avait tenté de lui apprendre à utiliser les facultés mentales latentes qu'elle possédait, tant bien que mal. Elle n'avait guère été une élève assidue, et peut-être n'était-elle simplement pas douée pour cela, mais elle avait beau se concentrer, elle ne ressentait nullement la présence d'Athis. Le bâton n'y trompait pourtant pas, mais elle en crut bon d'en informer son porteur, qui décida de mettre l'information de côté pour l'instant. De la main, il fit signe aux archer de débander leurs armes et aux soldats de faire reculer leurs lignes, afin de leur laisser un certain espace.

-Tu me reconnais certainement, Athis. Je suis Orion Délafi, chef du conseil. Il est dit que tu as acquis un pouvoir nouveau. Un pouvoir qui te donne l'impression que tu peux menacer Rednow et le conseil, à toi seul ?

Orion s'avança, assuré, pour ne se retrouver qu'à quelques mètres de son interlocuteur. Il lui adressa un rictus empli d'arrogance.

-Je ne te pensais pas présomptueux, railla-t-il.

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MessageSujet: Re: Civicide   Mer 29 Oct - 19:27

L'arrivée de leur ennemi fit sursauter Melody. Comment diable avait-il fait pour être informé de la sorte? La capitaine Luuwrienne avait pourtant veillé à leur discrétion. Il existait aussi la faible probabilité qu'Athis soit ici par hasard, dans le seul but de trouver des informations. Mais cette option semblait assez invraisemblable. Suivant les ordres de ses supérieurs avec un air impassible, la jeune femme sortit du bâtiment, Belwur en main. S'emplit en elle une soudaine envie d'en découdre avec leur adversaire, le tuer de ses propres mains. L'impulsion de haine, transmise par son artefact, devint presque une obsession pour la capitaine. La métaphore "voir rouge" n'en était pas une pour Melody, mais un fait. La jeune femme commença à courir vers le lieu des opérations...

Loin de là, à la porte ouest se trouvait Edwig, flegmatique, observant les militaires sans vraiment les voir. D'ici peu, tous les hommes de pouvoirs seraient face à lui, prêts à assumer leurs responsabilités envers cette ville. L'ancien Ombre espérait que les discutions seraient pacifiques, mais se battre ne l'effrayait pas. Bien conscient de la puissance de chaque artefact, il se savait objectivement bien supérieur à eux tous réunis -dans le cas où ceux ci travailleraient en équipe-. Leurs diversités et caractères propres leur empêcherait probablement une coopération efficace? Quant aux soldats, ils n'étaient même pas l'ombre d'une menace pour lui. Certaines de ces pauvres âmes semblaient en proie à une panique sans précédent, plus forte encore que lors de l'assaut de Naïlika, quelques années auparavant. Un parleur l'interpella soudain. Loin de ressembler à un politique, il avait d'avantage l'aspect d'un voyageur solitaire. Edwig le reconnu comme un membre de l'expédition de Véonde. Athis, dans une telle position de domination, l'aurait sans doute décapité proprement pour son insolence. Les méthodes de l'Héritier étaient bien différentes et même si le félin était son maître, il ne comptait pas l'imiter dans tous ses actes pour le reste de la longue vie qui l'attendait.

- Je ne saurais dire si tu es fou ou courageux, Parleur. Je te présente mes condoléances pour Ohihir. Je ne compte pas palabrer avec toi, excepté si tu me dis où se trouve Solunthes.

Avant que le lycanthrope ait eu le temps de répondre, Orion Délafi se fraya un chemin dans la foule, puis se présenta devant lui, éloignant les soldats à une certaine distance d'eux. Son ton, contrairement à celui d'Arawn, était pour le moins menaçant et déplaisant. Serrant les poings à l'évocation de son maitre décédé, Edwig rétorqua en serrant les mâchoires :

- Athis est mort. Tué par un traître que vous avez tout intérêt à me livrer si vous ne souhaitez pas que je réduise cette ville et tous ses habitants en cendre.


Bien loin de là, Edward observait Solunthes avec intérêt mais aussi avec une certaine crainte. La situation était critique, et l'artefact semblait désireux de lui remettre des informations capitales pour leur survie. Il ne savait ce qu'il allait apprendre, ni comment il devrait juger les dires du maître des illusions, mais il ne put qu'acquiescer. Il s'agissait au mieux d'un gage de confiance de la part de son interlocuteur, au pire d'une tentative de manipulation.
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MessageSujet: Re: Civicide   Mer 29 Oct - 20:26

Arawn détailla Edwig de haut en bas, chaque couture de ses vêtements, sa respiration, la moindre goutte de sueur ...

- Je ne suis ni fou ni courageux. Je me veux simplement honnête envers toi. Merci pour tes condoléances, je suppose que nous ressentons la même chose, toi et moi. Excepté le fait que tu en es ressorti plus fort, tandis que mon amie n'en a été qu'affaiblie. Je t'avoue avoir une certaine rancune à ton égard vis à vis de cela, mais je lis sur ton visage que tu es affligé de bien des tourments.

Le porteur croisa les bras. Si Edwig avait hérité de l'instinct d'Ohihir, il devinerait, malgré la rancune, aucune intention agressive envers lui. Oloren arriva à ce moment là, en pleine vitesse, elle s'arrêta net, déplaçant un léger nuage de poussière. Elle étudia rapidement la situation, et la compris tout aussi vite. L'ancien porteur d'Athis pouvait facilement s'énerver sous les injonctions de cet abruti d'Orion.

"T'as pas une idée, toi, quand on en a besoin ?"

Fuis.

"Ah ouais, super conseil, merci, vachement utile."

Reste et meurs, alors.

La jeune fille aux cheveux neige afficha alors un air profondément fatigué. Si cette voix se permettait en plus de l'envoyer chier, ça commencerait à faire une sacrée liste ...
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MessageSujet: Re: Civicide   Mer 29 Oct - 20:32

Solunthes avança vers le jeune roi afin d'être certain qu'eux seuls puissent entendre ce qu'il allait dire, à l'exception possible des membres de l'expédition les plus proches, à qui il faisait de toute manière entièrement confiance. Ce qu'il allait lui dire aurait probablement permis de jouer en sa faveur durant le procès, toutefois il avait fait en sorte de rester centré sur le sujet principal qu'était la méthode à employer pour arrêter le nouvel Athis, plus puissant qu'il ne l'avait jamais été. Ces informations n'y étaient liées d'aucune façon mais pourraient toutefois s'avérer capitales au maintien de la paix de Valato ; or sa récente bienveillance envers l'humanité lui imposait de minimiser les risques en transmettant ce savoir à Edward. Pour ce faire il aurait aisément pu communiquer avec lui au travers de l'une de ses illusions, mais le naïlikan aurait alors émis de forts doutes, se demandant s'il n'avait pas été victime de quelque retournement de cerveau de la part d'un potentiel ennemi. Il aimait bien ce monarque, alors autant faire en sorte de le mettre de son côté ; qui sait, il s'avérerait peut-être essentiel par la suite.

-On m'a accusé de l'attaque de Nora, et je tiens à rétablir la vérité. Alderon Fushy, le maître-savoir, était allié d'Athis. Il devait pour son compte libérer avec discrétion Iyoh Tzumihi, mais a préféré faire croire à une attaque de notre part. Pour des raisons que j'ignore, il a trahi tout comme moi Athis, a répandu le chaos dans sa propre cité et commandité l'assassinat de son prince et apprenti. Il serait bon pour vous de mener une enquête sur sa personne.

Au dehors, Orion haussa les sourcils, réflexe l’empêchant de dissimuler sa surprise. Athis, mort ? Nigdaoz avait finalement vu juste. D'une certaine manière, Solunthes avait donc réussi ce qu'il avait entrepris, mais la nouvelle signifiait que l'ancienne Ombre possédait désormais les pouvoirs des deux entités millénaires, tout en demeurant un être humain. Cette alchimie nouvelle constituait un imprévu dont les limites n'étaient pas définies et posaient un sérieux souci, affronter un ennemi dont on ne connaît rien s'avérant nécessairement plus compliqué. Mais tout compte fait, cela pouvait leur sourire. Un artefact était par définition indestructible, aussi tuer un Athis exalté par une hausse exponentielle de force aurait été problématique. Si Edwig Luthness restait humain, alors il devait être possible de mettre fin à ses jours, quand bien même cela serait compliqué. Or voilà qu'il réitérait ses menaces. Venir seul, dans une cité emplie d'adversaires de qualité, n'était guère prudent.  Du coin de l'œil, le chef du conseil pu voir qu'Oswald et Melody étaient arrivés sur place, accompagnés par les deux jeunes femmes ayant pris part à la quête de Düïrhir, qui, selon les dires, étaient de redoutables combattantes. Ils avaient de quoi être en confiance, mais mieux valait rester prudent et n'affirmer, pour l'heure, que Solunthes était bien ici, à Rednow. Nigdaoz prit malheureusement l'initiative.

-Des menaces, des menaces, j'ai déjà battu Athis une fois, gros tas ! T'as jamais entendu les petits surnoms que nous donnent les humains, hein ? Ils sont assez justes, pour tout te dire. Ohihir le sage, Athis le manipulateur. Quand bien même t'es sage et manipulateur, tu te souviens pas comment on m'appelle ? Nigdaoz la destructrice ! Alors ouais, on a Solunthes, et j'attends qu'une chose, que t'essaie de nous le reprendre !

Oswald soupira longuement tandis qu'Offtaür foudroyait du regard sa cadette qui ne la voyait pas. Un comportement aussi immature était à prévoir de sa part, après tout. Et au moins, ils étaient fixés sur la marche à suivre. Ce serait un combat. Même si le vieux général naïlikan ne supportait plus d'utiliser la seconde forme de son artefact, il pourrait toujours se servir de la première. La boucle d'oreille sombre s'illumina et devint un long bâton d'ébène, finement sculpté. Offtaür utilisait l'élément aquatique sous toutes ses formes. Vu la nature du terrain, elle pourrait se révéler particulièrement efficace. Orion, ayant paré à l'éventualité, porta la main à son fourreau vide. Il referma les doigts sur la poignée invisible d'une lame qui se matérialisa au moment où il commença à la défourailler. Elle était intégralement constituée d'une énergie électrique similaire à celle produite par les trancheurs, au détail près que celle-ci semblait encore plus intense. Le chef du conseil le sentait : sa camarade était prête à passer encore au niveau supérieur en un instant si cela s'avérait nécessaire. Les soldats alentours tenaient de nouveau fermement leurs armes, à l’affût du moindre mouvement de la part de leur adversaire. Orion recula de quelques pas, souriant à pleine dents. Se battre lui avait manqué !

-Tu te souviens de ce jour, à Hovo, où je vous ai mis en fuite, toi et tes risibles compagnons ? lança-t-il. Je ne vais pas te laisser te carapater cette fois-ci.

-Allez, assez parlé, rajouta Nigdaoz. On lui rentre dans le lard !

Tout cela n'était guère prudent et ne plaisait pas à Oswald, qui se serait plutôt rangé du côté d'Arawn en tentant de calmer le jeu, mais à présent qu'ils avaient joué leur carte, impossible de faire marche arrière. Il fit discrètement signe à Orion que celui-ci pouvait porter le premier coup. En un instant, la lame d'électricité se chargea pour atteindre une dimension affolante. Le trancheur décrivit un arc de cercle dans le vide, et une serpe d'énergie fusa directement sur Edwig.

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Louis
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MessageSujet: Re: Civicide   Mer 29 Oct - 21:34

La stupidité de Nigdaoz était décidément incommensurable. Si Athis et lui avaient été défaits par le passé, il s'agissait aujourd'hui d'un combat d'une toute autre envergure. Edwig avait de toute façon l'information qui l'intéressait. Il n'aurait maintenant plus qu'à éliminer tous ceux qui l'empêcheraient d'accomplir sa vengeance. Le bain de sang ne s'arrêterait jamais... Ces idiots devaient pourtant être en connaissance du massacre de Véonde. Pourquoi ne renonçaient ils pas? Ils avaient de toute façon fait leur choix.

En un très court instant, l'Ombre laissa une partie de l'essence d'Athis et d'Ohihir s'emparer de lui. La phénoménale métamorphose qui s'effectua en lui le transcenda. Il grandit d'une tête, tandis que les muscles de tout son corps gagnaient en envergure. Certaines parties de son armure explosèrent sous la pression. Quelques rares touffes de poils apparurent sur son épiderme tandis que d'imposants crocs poussaient dans sa mâchoire. Prudent malgré tout, Edwig ne laissa pas tout le potentiel de l'artefact des parleurs s'exprimer. Ses réactions face à ce pouvoir -encore loin de sa compréhension- restaient assez aléatoires.

Avec son bâton toujours en main, le Hurleur effectua un saut de près de deux mètres, avant d’atterrir derrière son premier agresseur. D'un simple coup de pied, il envoya voler Orion Délafi vers quelques soldats qui le réceptionnèrent tant bien que mal. Assez satisfait, il se tourna vers Oswald, décidé à le neutraliser lorsqu'il ressenti une terrible brûlure sur l'ensemble de son dos et son crane. Quelque peu sonné et surtout surpris, Edwig se tourna vers l'origine de cette attaque. Melody Jennsen, revêtant déjà la forme hybride de Belwur, volait à quelques mètres de lui, lançant une multitude d'orbes de feu dans sa direction. D'un bond, il tenta de l'intercepter une première fois, mais la capitaine l'esquiva avec agilité. L'Ombre encaissa encore plusieurs boules sans broncher, avant de tenter de la neutraliser une nouvelle fois. La Luwwrienne, remarquant que ses attaques n'étaient que très peu efficaces, déchaîna le pouvoir de Belwur, faisant apparaître d'impressionnants crépitements rouges et noirs autour de ses mains. Grâce à l'héritage d'Athis, Edwig comprit aussitôt qu'il s'agissait d'une attaque dévastatrice, à laquelle il survivrait peut être, mais dont il serait vraisemblablement le seul à se relever. La capitaine risquait de raser le quartier tout entier, c'était à se demander dans quel camp elle était... Ne la laissant pas finir son incantation, il la saisit au vol, puis atterrit de tout son poids sur elle. L'exosquelette constituant son armure se fissura. La laissant évanouie sur le sol, il regarda la cinquantaine d'opposants voulant se mesurer à lui et déclara avec colère :

- Votre mort n'est pas nécessaire! Livrez moi Solunthes et je quitterais Rednow sans jamais revenir.

L'Héritier du pouvoir d'Athis et d'Ohihir commençait à se lasser de ces déclarations préventives. Personne ne l'écoutais jamais, de toute façon. Il devrait simplement laisser libre cours à sa colère.

Isolé en dessous de la terre, Edward n'entendait pas les clameurs du combat. Bientôt, il devrait se préocuper de ce problème. Pourtant, à l'heure actuelle, l'information délivrée de Solunthes le bouleversa. Fushy, avec qui il avait conversé de nombreuses fois, et en partie grâce à qui il était désormais marié avec Anya, se révélait être un traître manigançant pour le pouvoir. Fallait-il en avertir Snori Pendragon? Edward en doutait beaucoup, pourtant laisser le roi déchu dans le secret le gênait énormément. Pourtant, il craignait la réaction du cousin de sa femme. Un mal de tête naquit dans le cerveau déjà encombré du souverain Naïlikan. Et il avait pour l'heure d'autres problèmes urgents à régler.

- Je vous remercie pour cette confidence Solunthes. Partez maintenant, rester ici n'aidera personne...
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MessageSujet: Re: Civicide   Mer 29 Oct - 22:23

La première attaque d'Orion avait frappé Edwig de plein fouet alors qu'il entamait une sorte de métamorphose, et ne semblait avoir eu aucun effet sur lui malgré la puissance que le trancheur et son alliée y avaient placé. La vitesse de réaction de leur adversaire s'avéra en outre des plus impressionnante, et le chef du conseil ne se rendit compte qu'il avait entamé la contre-attaque qu'au moment d'encaisser un coup. Oswald s'était aussitôt préparé à faire face à un ennemi qui fut finalement distrait par les démonstrations pyrotechniques de Belwur. Le temps de leur confrontation, le temps semblait être figé : nul, parmi les spectateurs, ne pensa à agir, de crainte d'être pris par les feus du démon. C'est alors qu'en une seule offensive, la capitaine luuwrienne fut mise à terre. Elle qui portait l'une des reliques les plus puissantes de Valato avait perdu sans jamais entrer réellement dans cette danse. Cette déconfiture leur avait au moins prouvé qu'il ne fallait pas faire les choses à moitié s'ils comptaient vaincre l'héritier d'Athis, et cela enchantait Nigdaoz. Elle fit signe à son porteur qu'elle était prête. L'énergie électrique s'accumula autour de l'intégralité des membres du trancheur, avant de devenir une véritable aura si opaque qu'il devenait impossible de discerner les traits d'Orion. Sortie de nulle part, la foudre tomba à plusieurs reprises sur leur tandem. Le vacarme provoqué par la métamorphose força les soldats adjacents à se couvrir les oreilles pour ne pas finir à les tympans dans un salle état. Ils durent garder la pose une quinzaine de secondes, puis l'électricité se dissipa en formant une onde de choc qui les fit tituber. L'être qui en résultait semblait humain et dépassait d'une vingtaine de centimètres le porteur. Vêtu d'un long manteau blanc aux motifs bleutés, de gantelets et de bottes, il ne laissait rien paraître de sa chair, recouvrant son visage avec un masque dont la seule fente horizontale laissait paraître deux yeux luisants. Enfin, de l'arrière de son crâne jaillissait une masse crépitante azur à mi-chemin entre une chevelure hérissée et une flamme incandescente. L'être leva une main, paume ouverte, vers les cieux. L'aura indigo formant des volutes s'élevant de ses doigts fut frappée à son tour par la foudre.

-Vous feriez mieux de partir, lança Oswald aux soldats les plus proches, qui s'empressèrent de relayer l'information.

Bientôt, la plupart des militaires quittaient les lieux, emportant avec eux les civils les plus curieux et téméraires. Le discours qu'avait prononcé Nigdaoz toute à l'heure avait eu beau les desservir, elle n'avait pas pour autant menti. Les humains s'étaient effectivement amusés à donner un titre à chaque artefact et à la qualifier de destructrice, à fort juste titre. Quand elle laissait déferler sa puissance, le paysage s'en souvenait longtemps. L'intéressée jubilait. Elle qui n'avait toujours été considérée que comme une enfant à surveiller par ses aînés et une faible comparée à Belwur et Nigfol allait prouver au monde à quel point elle était redoutable et essentielle pour lui. Une nouvelle lame électrique apparut dans la main d'Orion, prenant cette fois-ci des dimensions hallucinantes. La chose devait aller sur ses cinquante centimètres de large et s'élevait à une vingtaine de mètres dans les cieux, concentrant autour d'elle une telle puissance que tous les poils des humains alentours en étaient hérissés.

-Disparaît, rejeton du chaos ! s'exclama le trancheur, dont la voix était à la parfaite mi-mesure entre la sienne et celle de l'objet partageant actuellement son corps.

Le chef du conseil fit un signe à Oswald, qui le transmit aux autres personnes encore présentes, puis l'arme précédemment créée rétrécit en une fraction de seconde tandis qu'Orion se retrouvait face à Edwig, ayant avancé vers lui d'une seule traite comme l'aurait fait un fonceur. Sur les flancs, Oswald et Esmezia apparurent à leur tour, l'un faisant se mouvoir une pointe gelée à l'air particulièrement acérée, l'autre tendant une épée mi-longue vers le visage empli de bestialité de l'Ombre. Offtaür, veillant de près ou de loin sur Nigdaoz depuis toujours, avait été ébahie de voir que l'une des plus jeune d'entre eux puisse déployer une telle force. L'amas d'énergie qu'elle avait formé dans un premier temps, bien qu'imposant, s'étalait sur une ère bien trop grande pour être efficace, du fait de la dispersion de ladite force. Mais elle avait réussi à la condenser, à la canaliser en un point donné. Si la diversion lancée conjointement avec l'hovoïte fonctionnait et que l'attaque d'Orion touchait, ils avaient des chances de mettre fin à ce combat sur le champ !

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MessageSujet: Re: Civicide   Mer 29 Oct - 23:15

Son plus dangereux ennemi vaincu, Edwig regarda les environs avec attention. Les soldats, comprenant qu'ils n'avaient aucune chance commençaient à se replier, ou à fuir pour certains. Leurs visages anxieux montraient un tel sentiment d'impuissance que l'Ombre eut presque de la peine pour eux. Le combat n'avait début que depuis quelques minutes mais le Hurleur voulait en finir au plus vite. Plus il perdait de temps ici, moins il aurait de chance de retrouver Solunthes. Il s'apprêtait à s'enfuir lorsque Esmezia Fambriel mena un assaut des plus ridicules. Comment escomptait-elle le vaincre avec ses aptitudes pour le moins limitées? D'un violent coup de bâton il fit s'envoler l'épée de la marcheuse avant de la projeter d'un coup de poing contre un mur en face d'elle. La jeune femme s'étala ensuite sur le sol, sa jambe pliée dans un angle qui semblait impossible à l'anatomie humaine. Sans avoir le temps d'observer cette bizarerie, Edwig remarqua du coin de l’œil qu'Oswald Schimp fonçait sur lui à une vitesse ahurissante. Ayant juste le temps de contrer l'attaque, l'Ombre plaça son bâton entre son corps et la lame de givre du vieux général Naïlikan. Il s'apprêtait à ôter la vie à son agresseur lorsque résonna la voix furieuse d'Orion dans son dos. Tournant sa tête vers lui, il n'eut que le temps de voir le trancheur brandir une lame d'énergie de la taille d'un poignard s'enfoncer dans son torse, déchirant ses entrailles avec une facilité déconcertante. Tombant lourdement au sol, l'Héritier sentit son essence reprendre sa place dans son organisme, tandis que l'énergie libérée par la lame se répandait dans son corps, provoquant de terribles souffrances. Le poing serré en direction d'Orion, Edwig commença à convulser, tandis qu'une vapeur dorée s'évacuait de son corps.
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