Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Les douces lamentations de Véonde

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Louis
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MessageSujet: Les douces lamentations de Véonde   Ven 3 Oct - 23:11

Le soleil était à son firmament, mais pourtant presque aucune lumière ne filtrait dans la ville abandonné de Véonde. Occupée par une végétation luxuriante, la place forte était autrefois une plaque tournante du commerce de Valato. Athis, encore jeune à l'époque, s'en souvenait d'ailleurs comme un lieu de culture et d'expansion. Aujourd'hui, l'expansion la plus impressionnante était sans doute celle des arbres, qui poussaient à même la ville. L'odeur nauséabonde et l'isolement total de la ville expliquaient son abandon, il y avait de cela des siècles. Pourtant, les remparts étaient encore en excellent état, même si verdoyants, et bien peu de tours de gardes reposaient à même la terre. Bien peu de mégalopoles actuelles auraient pu se vanter de résister aussi bien à l'usure du temps. Voilà quelques temps qu'Edwig et son artefact avaient aménagés l'endroit. Au sein même de ce que l'on aurait pu appeler le donjon se trouvait une multitude d'armes et de nourriture. De quoi tenir à un long siège sans manquer de rien. Mais ils n'en étaient pas encore à là. Rester dans l'ombre, voilà ce qu'il y avait de plus judicieux à faire, à l'heure actuelle. Véonde était donc le repaire parfait. Le plus intéressant, selon Athis, était les catacombes. Étendues sur l'ensemble de la ville, elles étaient éboulées à de nombreux endroits mais conservaient des trésors inimaginables. Outre les vestiges mortuaires des habitants, nombre de leurs biens avaient étés stockés dans les bas-fonds. Athis même ignorait ce qui était arrivé à cette ville si prospère, mais cette question ne trouverait sans doute jamais de réponses. Là bas, ils avaient construit un atelier dans lequel résidait quelques automates de la dernière guerre, ainsi que nombre d'émeraudes de Koïden, qu'ils avaient récupérés lors de leurs pérégrinations dans l’île.


De puissants battements d'ailes vinrent interrompre le sifflement quotidien du vent dans les marécages. Iyoh... Le rénégat, le tueur de têtes couronnées, l'inflexible et l'imprévisible. Son ancien maître. Dire qu'Edwig et lui avaient été des amis aurait été un énorme mensonge. Mais le colosse avait du respect pour son ancien supérieur. Il le savait capable d'influence auprès des militaires, d'une ténacité sans limites. Son manque de sang froid avait toujours été son défaut. Edwig l'avait bien vite compris. Une seule et unique fois, il avait du lever la main sur lui pour le maîtriser. Bien que bien moins perspicace à l'époque, il se félicitait d'avoir agit ainsi, mais espérait pourtant que le Naïlikan parviendrait à oublier ce geste. Nul ne savait ce qu'il était devenu après cinq longues années dans un trou obscur. Ses informateurs le décrivait comme un prisonnier calme et silencieux, profitant de son « temps libre » pour se cultiver. Edwig n'y croyait pas un seul instant. Iyoh pouvait certes avoir gagné un soudain intérêt pour la lecture, et en cela il ne pouvait l'en blâmer. Mais de là à avoir perdu toute combativité et toute envie d'ourdir des plans contre ceux qui l'avait humilié, il y avait une frontière que le jeune tueur ne franchirait jamais. Le problème majoritaire qui se posait était l'acceptation de l'autorité. Par le passé, ils avaient ensemble tenté d'éliminer Gladys, la représentante ultime de l'autorité des Ombres. La femme était folle, mais il faudrait s'assurer qu'Iyoh ne fasse pas un amalgame entre les porteurs d'artefacts et la défunte porteuse de Belwur. Il serait de toute façon bientôt fixé. Les vibrations sonores de la bête ensorcelée par Solunthes se faisaient de plus en plus imposantes. Puis un choc puissant résonna à même les vieilles pierres de Véonde. A pas lents et mesurés, Edwig se dirigea vers le dragon. Iyoh avait une valeur incalculable. Il était temps d'en tirer profit...
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Les douces lamentations de Véonde   Sam 4 Oct - 11:22

Le voyage avait été incroyablement rapide tant la mobilité des grands dragons surpassait celle des équidés. En deux jours à peine, les alliés d'Athis avaient parcouru Valato de tout son long, rejoignant la côté Ouest sans que le temps ne leur semble long. Malgré une longue conversation la première heure qui avait eu pour but d'informer le trancheur, tous deux étaient cependant restés silencieux durant le reste du voyage, ne s'échangeant que de courtes onomatopées lorsqu'il s'agissait de décider des pauses et des repas. Les raisons étaient différentes. Iyoh cherchait à établir un plan pour son avenir qui, s'il s'avérait plus radieux qu'il n'aurait pu l'espérer, demeurait incertain. De ce qu'il avait compris, d'importantes forces étaient à l'œuvre et un nouveau conflit éclatait. Il n'était pas certain du rôle qu'il voulait y jouer, mais il ne comptait pas rester passif. Quant à Solunthes, c'était le déroulement de l'évasion du chef des Ombres qui le laissait perplexe. Les directives données à Alderon Fushy avaient pourtant été claires : ramener discrètement Iyoh Tzumihi à la porte Ouest. À la place, il avait fait assassiner le jeune prince, s'évader les prisonniers de la Cage, et instauré le chaos à Nora. Sa soif de pouvoir l'avait aveuglé, ou illuminé. Il avait décidé de trahir leur cause. Cela se paierait, tôt ou tard , mais ne s'avérait pas gênant pour l'heure. Leur but était de rester discrets, or l'énorme diversion créée par le vieillard pourrait les servir. Ces décisions se prendraient avec Athis, lequel s'avança d'ailleurs vers eux à la seconde où ils atterrirent. Iyoh bondit du dos de leur monture et dévisagea son ancien ami avec un sourire en coin. Il avait bien changé. Cette grosse brute écervelée semblait adulte, à présent, et dégageait un charisme qu'on ne lui connaissait pas. Son artefact avait donc fini par le dompter, au final.

-Alors c'est ici que tu te terres ? Ce sera toujours mieux que la prison.

Véonde n'avait en effet rien d'accueillant, que ce soit du fait de son architecture ou de sa localisation. Pas étonnant que Luuwr ait décidé de l'abandonner. Nakaën descendit à son tour du dragon, qui ne tarda pas à repartir se nourrir, dans les forêts environnantes. Le jeune tailleur ne s'en faisait pas, il reviendrait. Une créature à l'esprit si faible ne pouvait résister à l'emprise des pouvoirs du maître des illusions. Solunthes se matérialisa d'ailleurs, prenant sa forme la plus commune, celle de l'homme à la chevelure de jais et à la barbe taillée en pointe. À l'unisson, porteur et artefact se dirigèrent vers le duo reconstitué, et l'avatar regarda Edwig droit dans les yeux.

-Il semblerait que le maître-savoir nous ait trahi. J'ai été forcé de rattraper Tzumihi à dos de dragon, nul doute que nous avons été repérés. La coalition fera le lien entre Nora et moi. M'est d'avis que nous devons nous hâter de capturer Ohihir.

Leur alliance gagnait déjà en puissance, mais ils ne pourraient pas faire grand chose, à quatre, contre le conseil.

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Louis
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MessageSujet: Re: Les douces lamentations de Véonde   Sam 4 Oct - 13:58

Dès lors que ses deux alliés descendirent de la bête, Edwig dévisagea Iyoh avec intérêt. L'homme avait désormais une imposante barbe, dissimulant une bonne partie de son visage. Ses cheveux avaient eux aussi gagné en volume. Ce changement capilaire montrait avec évidence l'ermittage imposé à l'Ombre. De par sa démarche bien plus calme qu'auparavant, le géant déduit que ces années d'exclusion n'avaient pas fait que donner une apparence pitoyable à Iyoh. Il lui avait aussi donné un calme et une sagesse nécéssaire à la suite des opérations. Et malgré tous ces changements, les yeux de son ancien compagnon n'avaient pas changés. On y sentait encore brûler la détermination qui l'avait caractérisé chez les Ombres. Une force qui lui permettrait de changer le monde, comme il en avait déjà été capable par le passé. Eludant la remarque du nouvel arrivant par un simple signe de tête, Edwig reporta son attention vers Nakaën. Les informations qu'il apportait étaient imprévues, mais n'allaient pas forcément contre leurs objectifs. Néanmoins cette insubordination de la part de Fushy devrait être payée.


En vérité, cette atmosphère de chaos nous est utile, mais elle prouve que nous ne pouvons nous fier aux alliés humains. Ils sont trop peu aléatoires...

Un regard furtif vers Iyoh indiqua la suspicion qu'il portait aussi envers son ancien chef. Seul Solunthes était digne de confiance, en vérité.


Laissons Fushy mettre son plan à execution, quel qu'il soit. Nous l'éliminerons lorsque cela sera nécéssaire. Quant à Ohihir, il viendra à nous. Il a toujours foncé tête baissée lorsqu'il y avait une occasion de jouer au héros. Tu as fait un travail remarquable Nakaën. Je te remercie.


Posant fermement sa main sur l'épaule de Iyoh, il l'enjoigna à les suivre. Tous trois marchèrent silencieusement dans le labyrinthe végétant qu'était Véonde. Bientôt, ils arrivèrent jusqu'à un étroit escalier en colimaçon, s'engouffrant autour d'une imposante bâtisse en bien meilleur état que le reste de la ville. Au sommet des marches se trouvait une imposante porte en fer qui dénotait grandement avec l'allure rustique du reste des lieux. Nul doute qu'elle avait été rajoutée il y a peu de temps. Une fois à l'intérieur, on pouvait admirer une salle de grande taille, presque conviviale, à mi-chemin entre une bibliothèque et un appartement. Un nombre impressionnant d'ouvrage recouvrait presque tous les murs, mis en valeur par quelques lampes à huiles accrochées au plafond. Au centre présidait une table de bois rustique, entourée de quelques chaises.


Cette salle est l'ancienne bibliothèque privée des dirigeants de Véonde fit Edwig, avec le ton d'un aimable guide touristique. Je l'ai réamménagée , et y ait ajouté quelques livres de ma collection personnelle. J'ai ouï dire que ton passe temps principal, en geole, était la lecture. Ici, si tu veux t'adonner à ta passion, tu en seras libre. Mais pour l'instant, asseyons nous. Je suis sur que tu as de nombreuses questions, et je me ferais une joie d'y répondre.

Donnant l'exemple, Edwig s'assit sur un des rares sièges capable de supporter sa morphologie.
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MessageSujet: Re: Les douces lamentations de Véonde   Sam 4 Oct - 15:19

Edwig avait pensé à tout. Personne ne viendrait les débusquer ici, et ils disposaient de tout ce dont ils avaient besoin. Oui, quitte à rester dissimulés, cette cité était parfaite. La salle en haut de la tour rappelait à Iyoh des souvenirs datant de l'époque où ils se terraient à Hovo, dans la bibliothèque abandonnée. Une trouvaille d'Athis. Là-bas, il avait surtout sommé ses subordonnés de trouver les artefacts qu'ils cherchaient. Beaucoup des Ombres avaient alors péri. S'il avait commencé à s’assagir au contact de l'homme-lion au lieu d'agir dans la hâte, l'issue de cette guerre aurait peut-être été différente. Le vieux Fushy avait raison. Il avait commis trop d'erreurs par le passé. Mais il se savait différent à présent. Ce qu'il avait perdu en force physique, il l'avait gagné en sang-froid et en réflexion. Malgré cela et les années passées à étudier l'histoire du continent, il ne parvenait à se faire une idée concrète de ce que pouvait être le plan de ces deux êtres de légende. Et ce Solunthes...il les suivait sans mot dire, le regard vague, l'air nonchalant. Edwig semblait lui accorder une pleine confiance, mais il restait aux yeux du trancheur une personne imprévisible, du moins pour l'heure. Les doutes n'étaient toutefois pas à l'ordre du jour. Bien qu'il bénéficie d'une esquisse de liberté, il n'oubliait ni à qui il la devait, ni que ses deux « alliés » pouvaient se débarrasser de lui en un claquement de doigt s'il devenait encombrant. Autant se soumettre pour l'heure. Suivant l'exemple de son interlocuteur, Iyoh s'installa, bientôt imité par le grand porteur aux cheveux blonds dénommé Nakaën. Il passa une main dans sa barbe hirsute, qui le démangeait depuis des semaines déjà. Il faudrait faire quelque chose pour son apparence, afin de retrouver son élégance d'autrefois. Il tenait à être présentable pour son grand retour dans ce monde. Les regards se croisèrent. Dire qu'Edwig était son homme de main autrefois. Un fou furieux qu'on pouvait envoyer prendre tous les risques. L'heure était au changement. Entre eux, et, à n'en pas douter, pour ce monde. Si leurs ambitions n'étaient pas démesurées, les artefacts ne se seraient pas réunis ainsi.

-J'ai, effectivement, bien des questions, dont deux d'importance majeure. Qu'as-tu fais pendant toutes ces années, et que comptes-tu faire maintenant ?

Nakaën, silencieux, avait croisé les bras et restait un peu à l'écart. Il observait tour à tour leur nouvel allié et la sacoche d'Athis, dans laquelle résidait Belwur. Trouver un porteur avide de pouvoir pour ce dernier ne serait guère problématique. On lui avait parlé d'une des Ombres encore en vie, le fils d'Igole Vrag. Un brûleur. S'il était resté fidèle aux idéaux de son père ou à ceux de Gladys Engels, il accepterait peut-être dans les joindre. Et même si ce n'était pas le cas, il s'agissait en somme d'un homme perdu, sans but, sans attaches. Le manipuler serait aisé. Restait à savoir ce qu'en penserait le démon incandescent, lui qui n'avait jamais accordé sa puissance qu'à des femmes. S'il ne coopérait pas avec eux, il faudrait l'y forcer. Agir ainsi serait déchirant, tant pour le maître des illusions que pour Athis, mais Solunthes savait que son ami n'hésiterait pas à donner l'ordre. Les flammes de Belwur étaient pour l'heure une protection des plus efficaces face à Ohihir et ses compères, qui disposaient d'une force autrement supérieure à la leur. Iyoh, dans l'autre main, avait été décrit, en son temps, comme le plus grand des épéistes, ayant tenu tête au prince Pendragon et même à Erlyn aux six titres. Et si ses talents pour le combat en faisaient un être redoutable, ses capacités à l'infiltration et ses immenses connaissances des infrastructures de ce monde le rendaient précieux. Enfin, il leur restait Sylgja, probablement la plus incertaine des membres de leur petit groupe. Alliée ? Ennemie ? Solunthes ne comprenait pas pourquoi Athis lui avait fait confiance. Probablement était-ce avant qu'il n’apprenne son réveil. Elle les avait bien servi pour récupérer Belwur, mais il faudrait s'en débarrasser dès qu'elle ne serait plus nécessaire. Les Ehlkaÿd représentaient une menace à prendre au sérieux, ce depuis leur émergence en Valato. Sylgja et ses filles devaient périr. Enfin. Avec tout cela et leur dragon, ils étaient assurés de pouvoir s'occuper du cas de leurs rivaux s'ils s'y prenaient avec finesse.

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MessageSujet: Re: Les douces lamentations de Véonde   Sam 4 Oct - 16:06

L'attitude actuelle de Iyoh plaisait à Edwig. Il ne semblait pas avoir de colère envers lui, et il apparaissait clairement qu'il se soumettrait à leurs requêtes. Jusqu'à preuve du contraire, il accorderait donc sa confiance à l'Ombre renégat. S'éclaircissant la gorge, le colosse à la voix de ténor s'apprêta à déclamer une longue histoire...


- Voilà cinq ans, lorsque notre défaite fut totale, nous dûmes retourner dans l'ombre. L'humiliation faite par Ohihir n'était pas la première qu'Athis eu subit au cours des derniers siècles. Le plus grand désir de cet artefact est de nous annihiler, et sans la disparition de Nigfol, ceut été chose aisée. A vrai dire, cette auto-destruction nous a beaucoup appris. C'est un évènement qui jamais par le passé ne s'était produit, et que, dans notre fuite, nous avons beaucoup étudié. Pendant une longue année, nous avons parcouru monts et vaux afin, le temps de nous faire oublier. Tout allait pour le mieux à Valato en cette période. Les patries étaient réunifiées, la paix régnait, et tous semblaient vouloir oublier la guerre. Nous partîmes donc dans l'île de Koïden. La sécurité y était importante, mais par d'habiles manipulations, nous avons tissé notre toile, plaçant des hommes dignes de confiance aux rôles importants. Ce lieu se devait d'être notre, car il détient des ressources nécessaires à nos machinations. Là bas, nous avons étudiés l'ingéniererie moderne. Les automates s'étant montrés d'une terrible efficacité, il semblait nécessaire d'en connaitre la conception afin de la perfectionner. Naïlika et Koïden étaient donc nos deux premiers objectifs. Deux longues années étaient désormais passées, et les avis de recherche me concernant commençaient à disparaitre. Bien sur, quelques personnes me reconnurent, surtout dans notre patrie. Mais nul ne peut plus s'en vanter. Véonde fut ensuite un abri parfait pour nous. Il ne fut pas aisé de transporter toutes les ressources amassées dans nos pérégrinations jusqu'ici. Au final, nous disposons maintenant d'une base viable, avec un confort pour le moins raisonnable. Ce fut un travail de longue haleine, et il reste beaucoup à faire, mais je m'en satisfait pour le moment. Une fois la citée abandonnée réhabilitée, de nombreux travaux sur les automates furent effectués. Nos ressources étaient plutôt limitées, et les automates n'étant efficaces qu'en nombre, il m'a fallu donc revoir complètement leur conception. Aujourd'hui, une vingtaine d'automates fonctionnels sont présents à Véonde grâce à un travail intensif. Et je te prie de me croire lorsque j'affirme qu'ils sont bien plus meurtriers qu'à leur origine. Par la suite, je suis reparti de Veonde. Il me fallait des alliés puissants. Une équipe capable de tenir tête à la puissance brute d'Ohihir à tout moment. Je me suis tourné vers notre ancienne supérieure. Her Embra. Cette femme, bien qu'extrêmement compétente, s'est montrée pour le moins incontrôlable, et elle est désormais obsolète. J'ai rejoint Solunthes et son porteur Nakaën peu après. Il s'agit d'un allié de longue date d'Athis. Peu apte aux combats, il se montre pourtant d'une efficacité redoutable quant il s'agit de manipuler. Grâce à lui et son savoir, Athis et moi avons trouvé des armes qui nous propulseront sur le trône de Valato. Quant à toi, au fil des années, je ne t'avais pas oublié. Ton charisme et tes habilités à la lame pouvaient se révéler plus qu'utiles. Fushy faisant parti de ma toile, je l'ai convaincu que tu pourrais servir notre cause une fois libre. Je l'ai aussi chargé de ton éducation. Et maintenant te voilà. Permet moi de te poser une question, désormais. Maintenant que ta liberté t'es acquise, qui veux tu devenir, et que veux tu faire?
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MessageSujet: Re: Les douces lamentations de Véonde   Sam 4 Oct - 16:52

Iyoh écouta le récit de son ancien camarade avec attention. Un détail le frappa : c'était bel et bien Edwig qui s’exprimait, et qui le faisait en son seul nom. Athis lui laissait donc une certaine liberté. Sans doute avait-il réussi à le façonner à son image, ce qui ne pouvait qu'abonder dans son sens. Ceci n'était toutefois pas essentiel, et Iyoh se concentra sur ce qu'il y avait d'important à retenir. Un point retint particulièrement son attention. Ils disposaient d'automates. Eux pourraient s'avérer très utiles, voire décisifs, mais il ne ferait part de ses idées qu'ultérieurement. Edwig ne lui disait pas tout. Il restait évasif, omettait de citer des noms, d'entrer dans le vif du sujet. Il voulait gagner sa confiance sans pour autant se livrer entièrement à lui. Bien entendu, il avait parfaitement raison d'agir ainsi ; seul un fou aurait dévoilé les retors de son plan à quelqu'un comme lui. Pour autant, le trancheur en était presque vexé. Lui qui était autrefois à ses ordres se permettait à juste titre de le traiter comme un pion ; un pion certes important et de valeur, mais un pion tout de même. Sylgja Ehlkaÿd était également de la partie. Une ancienne haute placée des serpents de la nuit. Leur ordre avait été presque annihilé par l’émergence des Ombres, mais sa réputation la précédait, elle qui faisait partie de la prestigieuse famille Ehlkaÿd. Il faudrait la détruire. Était-ce pour cela qu'on était venu quérir son aide ? Iyoh en venait presque à l'espérer. Tuer un Ehlkaÿd ajouterait une belle pièce à son tableau de chasse, si tant est que celui-ci l'intéresse encore. La question posée par son interlocuteur fit d'ailleurs écho à ses pensées. Que comptait-il faire ? Il n'avait pas réellement eu le temps d'y réfléchir, car même s'il escomptait s'évader, il n'avait aucune idée du moment où il aurait pu le faire. L'idée de retourner chez ses parents, à Naïlika, l'avait effleuré avant d'être violemment chassée. Il ne ferait qu'exposer ses proches à de sévères représailles en s'approchant d'eux, et mieux valait se rendre à l'évidence : jamais il ne pourrait vivre une vie normale. À dire vrai, on ne lui laissait pas réellement le choix. S'il s'alliait à Athis, il avait ses chances de s'en sortir. De l'autre côté, s'il tentait de le trahir, on l'exécuterai sans doute à cause du massacre de Nora. Uniquement si les résidents de Véonde ne lui faisaient pas la peau avant. Alors que voulait-il faire ? Eh bien...

-En prison, j'ai eu le temps de réfléchir, répondit-il. À notre passé, à Valato. À la vie. J'ai pris connaissance et comprit les modes de pensées de bien des érudits. Des hommes et femmes au savoir incommensurable, qui ont voué leur vie à l'assimilation d'informations sur tous les sujets. Des hommes de la trempe d'Irwan Knell. Tous ont livré leur recette du bonheur, et chacune d'entre elle contredisait celle d'un autre. Puis j'ai pu lire l'ouvrage de Poroa Lilloh. Selon elle, le monde n'est constitué que de trois composantes : le néant, le chaos, et le moi. Le néant et le chaos sont deux vérités immuables, et le moi est la seule entité supérieure à les surpasser. Le monde n'est rien, le monde est tout, le monde est ce que tu vois de lui. Je me suis demandé que faire pour changer Valato, pour me changer. Mais il n'y a rien à faire. Vivre n'est une action qui n'est résolue que par l'acceptation de son absurdité. Alors autant vivre pour ce que l'on aime. J'aime me battre. J'aime écraser l'espoir, j'y prend plaisir. J'aime ces moments exaltants où ta vie ne tient qu'à la perfection et la minutie de tes actions. On m'a maintenue en vie pour m’empêcher de vivre, toutes ces années. Si le chemin que tu me proposes d'arpenter me permet de vivre, quels que soient les dangers encourus, alors je le suivrai.

Les termes étaient clairs, et Iyoh souriait. Il se doutait de la réponse de son ancien camarade, et elle lui plaisait d'avance.


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MessageSujet: Re: Les douces lamentations de Véonde   Sam 4 Oct - 17:10

Le colosse scruta son compagnon avec intérêt. On retrouvait là le Iyoh qui avait perpétré des massacres, mêlant son talent naturel pour les armes à sa fougue. Il semblait heureux de l'opportunité qui lui était offerte, et Edwig ne demandait que cela.


- Tes passions seront employées à la perfection ici, en ce cas!


Le porteur d'Athis partit chercher une carte de Véonde, qu'il étala soigneusement sur la table.


- Aujourd'hui, j'ai besoin de toi pour vaincre nos plus grands ennemis. Ces derniers arriveront dans la ville d'ici moins d'un mois. Voilà pourquoi j'ai besoin que tu connaisses parfaitement chaque recoin sombre, chaque place de cet endroit. Une fois nos ennemis anéantis -dont certains font parti de nos anciennes connaissances-, tu seras libre d'agir à ta guise, et faire ce que tu fais le mieux : agrandir ton tableau de chasse et répandre le doute chez nos adversaires. En fonction de la manière dont tu nous aura aidé avant cela, je pourrais réfléchir à une récompense qui ne pourrait que te ravir. Nous en sommes encore loin, mais ne l'oublie pas. Ta dévotion ne sera pas oubliée.


Edwig avait une idée précise de la récompense en question. Mais tout cela restait secondaire.
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