Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Hôpital de Pabarce

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L.Hubs
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MessageSujet: Hôpital de Pabarce   Sam 30 Juin - 23:28

Pabarce n'avait rien d'une cité en essor. Bien au contraire, elle vieillissait, se mourait petit à petit. Ses rues, devenues malfamées, étaient recouvertes de déchets, tandis que les magasins fermaient un à un. Seul son hôpital restait dressé, fier d'apporter son aide à tous ceux qui en avaient besoin. Un bâtiment lumineux, tel un phare au milieu de la nuit, qui n'en restait pas moins glauque au-delà du concevable. Si les soins apportés étaient convenables au point de pousser les malades de la région à venir en ville, les conditions dans lesquelles se trouvaient les internés laissaient vraiment à désirer. Non, ces conditions étaient lamentables. Des lits aux matelas défoncés entassés dans des dortoirs, des murs sales, aucune intimité. Un bloc, plus particulièrement, accueillait uniquement ceux atteints de maladies graves, des pensionnaires réguliers dont les traitements onéreux devaient être renouvelés plusieurs fois par an pour allonger leur durée de vie de quelques misérables semaines. Semaines qu'ils perdaient de toute façon dans cet hôpital au lieu d'en profiter à l'extérieur. Les condamnés, comme ils se surnommaient mutuellement, voyaient chaque jour certains de leurs compagnons de chambre partir pour ne jamais revenir. En fermant les yeux le soir venu, tous se demandaient si leur tour ne viendrait pas. Fatalement, nombre perdaient espoir. Élise Bottero ne faisait pas partie de cette catégorie ci.

Son cancer la déchirait. Elle se sentait mourir peu à peu sans rien pouvoir y faire, pourtant perdre espoir lui semblait inconcevable. Pourtant, peu de monde lui rendait visite à part sa famille. Il fallait dire qu'à force de ne jamais être à l'école, elle ne s'y était pas faite beaucoup d'amis. Allongée sur son lit, zappant négligemment malgré les protestations de certains condamnés qui voulaient regarder d'autres programmes, elle s'ennuyait ferme. D'un geste d'une nonchalance devenue habituelle, elle passa sa main dans sa chevelure presque rase, d'où seules quelques mèches folles osaient jaillir. En voyant son reflet dans l'écran du téléviseur, elle poussa un léger soupir. Cette coiffure ne lui allait pas si mal. Elle aurait simplement aimé s'en rendre compte quand elle décidait encore de la longueur de ses cheveux.

-Élise, tu cherches quoi dans la télé?

Un petit garçon d'à peine sept ans venait de lui poser cette question en grimpant sur son lit. L'adolescente ne répondit pas tout de suite, se posant à son tour cette même question. Peut-être souhaitait-elle apprendre, entre deux émissions stupides, qu'un membre corrompu du gouvernement avait été arrêté. Elle ne se faisait pourtant pas d'illusion. Les médias étaient contrôlés, infectés jusqu'à la moelle. Si dérapage il y avait, aucun bruit ne courrait à son propos. Avec tendresse, elle passa un bras autour de l'épaule du jeune garçon et le serra contre elle un instant. Sept ans. Il mourrait au grand maximum dans trois mois. Sept ans. On avait encore tout à découvrir de la vie à cet âge là. Pourtant, il faisait partie des condamnés. Ceux qui ne pouvaient plus rien espérer.

-Rien. Tiens, mets ce que tu veux.

Elle jeta un coup d'œil à son réveil. Quinze heures. Il n'y aurait sans doute plus de visites aujourd'hui.


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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 0:05

Depuis déjà une bonne vingtaine de minutes, Jude Mayer s'avançait dans les rues désertes et mal famées de Pabarce, cherchant du regard quelque chose ou quelqu'un qui aurait pu la réconforter à ce moment précis. Bien sûr, ce n'était pas parce qu'elle avait peur de s'égarer ou d’atterrir dans un endroit qu'elle ne connaissait pas, bien au contraire. Ce chemin là, ce long trajet, elle l'avait fait des dizaines de fois, et elle aurait très bien pu s'y rendre les yeux fermés. Non, tout cela ne lui posait pas de problème. D'autres ennuis surgissaient, des situations que personne n'aurait aimé vivre : la dégradation perpétuelle de sa ville natale, l'augmentation de criminalité, de la petite délinquance aux trafics en tout genre, des agressions à chaque allée un peu sombre ... Voilà ce qui qualifiait Pabarce à présent.

Même si le thermomètre frôlait les 20°C, la jeune fille était toujours enveloppée dans son écharpe en laine, un sweat à capuche bien trop large et un livre de fantasy sous le bras. Depuis toujours, le moindre pas dans la rue ou la simple apparition en public la rendait mal à l'aise : elle sentait perpétuellement un regard parfois moqueur, parfois empli de pitié, parfois source de questionnements se poser sur elle. Parfois, lorsqu'elle tendait l'oreille, elle pouvait entendre les réflexions des passants, les chuchotements ou les longs soupirs. Même si Pabarce se trouvait être une grande ville, la banlieue n'était pas moins semblable à un village, où tout se sait et où les déboires et les souffrances des uns alimentent les cancans et la satisfaction des autres. Comment pouvaient-ils tous savoir qu'elle était malade ? Que son père aussi était malade ? Sa famille n'avait pas d'amis, mais pas d'ennemis non plus. La rumeur se répandait à une vitesse monstrueusement folle...

Perdue dans ses pensées, elle se retrouvât bien vite devant l'hôpital de la ville, qui, tout comme ses malades, se trouvait être dans un piteux état. A force de venir assez régulièrement, et pour son plus grand bonheur, Jude n'avait plus besoin d'expliquer la raison de sa venue ici. Elle se contenta simplement de regarder le gardien, un homme au crâne dégarni et à la silhouette peu avantageuse. Croisant le regard de la jeune fille, il tira une bouffée d'une cigarette interdite et lança à son interlocutrice, avant de la laisser entrer dans le bâtiment :

- Fais gaffe, gamine. Ils sont de moins en moins commodes avec les mômes, là-dedans ...

Comme à chaque fois, elle ne répondit pas, se contenant simplement d'un hochement de tête. Durant les cinq minutes suivantes, elle concentra son regard sur ses pieds, n'ayant pas à affronter directement les malades en phase terminale, les "morts-vivants", comme elle les surnommait si bien. Bien que son trajet fût rythmé par les hurlements en tous genres, elle arriva devant la porte de son amie. Elle frappa un coup long, deux coups secs, un coup long : c'était le signal. Elle pénétra dans la petite pièce aux couleurs pastels, immondes, apercevant la mine dégarnie et triste d’Élise et de son compagnon de chambrée, un petit garçon occupé à regarder un dessin animé stupide.

- Salut, Élise.

Elle prit place dans le grand fauteuil beige, abîmé et déchiré sur toutes les coutures, balançant comme à l'accoutumée ses jambe dans le vide.
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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 3:27

Un homme fait raisonner ses pas à travers les couloirs de l'hôpital. Chaque "Clak" de semelle sur le sol est suffisamment distinct pour qu'on puisse le suivre au son. Il est entièrement vêtu de noir, une main dans la poche de son grand manteau de même couleur, l'autre tenant une cigarette, son visage est découvert, ses cheveux son longs et gris, il est visiblement bien âgé, mais son physique à toute les capacités d'un homme de trente ans. Il porte une dernière fois sa cigarette à sa bouche avant de l'écraser par terre, devant une chambre. Personne ne le remarque, mais lui, vois tout.

Il rajuste ses lunettes sur ses yeux oranges, et en profite pour caresser la cicatrice qu'il à sur la tempe gauche. Il finit par entrer dans la chambre, et referme derrière lui. Il n'est pas invisible, mais il n'est ni entendu, ni vu. Il s'assit lentement sur une chaise à côté d'un lit, auprès d'un homme qui semble plus vieux qu'il ne l'est réellement.

- Ça fait longtemps ... Je croyais que tu était déjà mort.
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 9:54

Jude Mayer. Le gamin blotti contre Élise et tous les autres condamnés présents dans la salle, soit une petite dizaine, connaissaient à la connaître tant elle venait souvent rendre visite à son amie. Cette dernière lui adressa un sourire qu'elle aurait voulu radieux mais qui ne parvenait qu'à exprimer une tristesse teintée de lassitude. Non pas envers la compagnie de la frêle rouquine, plutôt vers ce quotidien écrasant. Elle jeta un rapide coup d'œil à ses camarades de chambrée. Leurs regards exprimaient tous le même sentiment. Néanmoins, les yeux d'Élise brillaient d'une lueur inconnue des autres. Une flamme ardente grossissant chaque jour, prenant des allures de projet. Depuis le dernier passage de Jude, elle y avait grandement réfléchit. Aujourd'hui, il était temps d'exposer tout cela à la seule personne en qui elle pouvait véritablement faire confiance. Ses parents n'auraient pour leur part pas fait l'affaire, car ils auraient sans doute voulu l’empêcher de parvenir à ses objectifs. Elle en était convaincue, tout ceci devait se faire en secret. Du revers de la main, elle caressa affectueusement la joue rebondie du gamin.

-Eh, tu peux nous laisser seules un moment s'il te plait?

Il sembla hésiter, souhaitant sans doute continuer de regarder la télévision, mais se renfrogna face au ton de celle que beaucoup ici appelaient "grande sœur". Elle ne donnait que très rarement des ordres; celui-ci en était un. D'un pas lent, il se dirigea vers une fillette de son âge, assise dans un coin. Élise le regarda s'éloigner avec un léger pincement au cœur, semblable à de l'amertume. Après tout ce temps passé ensemble, ces condamnés avaient tissés des liens forts. Très forts. Lorsque l'un d'entre eux mourrait, chacun oubliait un instant que lui aussi était en sursis. Chassant ces pensées, elle tourna les yeux vers Jude. Une véritable amie. Les rares fois où elle était allée au lycée pour des périodes rarement plus longues qu'une semaine, elle avait été la seule à venir vers elle. Si, au départ, sa présence l'avait gênée, elle était désormais ravie lorsqu'on lui annonçait qu'elle pourrait passer quelques jours hors de l'hôpital, cette nouvelle offrant la perspective de nombreux fous rires avec elle. Après s'être assurée que personne ne puisse entendre la conversation, Élise parla enfin.

-Je suis contente que tu sois là, Jude. J'ai besoin de toi, et à vrai dire, c'est plutôt urgent. Si on se fie à ce que j'ai pu capter des conversations entre les médecins, il ne me reste pas plus de six mois, grand maximum. Et pour être honnête...

Elle frémit. C'était sans doute la décision la plus importante de sa vie. La prendre revenait à un suicide. Sauf que dans tous les cas, sa mort était imminente. S'il fallait y rester, mieux valait choisir sa fin.

-Je ne compte pas les passer ici, conclut-elle.

À cette annonce, ce fut la salle entière qui sombra dans un silence sans nom. Élise ne se rendit compte qu'à cet instant que malgré toutes ses précautions, la curiosité des autres condamnés avait pris le dessus sur leur subordination. Tous la dévisageaient à présent, lançant des questions à tort et à travers, dans un capharnaüm qui s'accrut à une vitesse phénoménale. Le bruit était tel qu'il inquiéta jusqu'à l'infirmière du couloir. Prête au pire, elle déambula dans la pièce, fixant un à un tous les internés.

-Qu'est c'qu'i s'passe?

Le calme revint aussi vit qu'il avait été détrôné. Si personne ne voulait voir Élise s'en aller, ils ne nuiraient pas pour autant à ses projets. Un garçon à peine plus vieux qu'elle se tourna vers l'infirmière.

-Rien du tout. Un simple jeu.

Si son ton sonnait faux, son air mièvre la convainquit, et elle repartit en bougonnant quelques jurons sur l'impertinence de la jeunesse. Le même garçon se tourna ensuite vers Élise, qui lui adressait un sourire reconnaissant.

-Tu vas vraiment partir?

-Oui, annonça-t-elle, incapable de leur mentir, mais je vous expliquerais ça plus tard! S'il vous plait, laissez moi seule avec Jude. Juste un petit moment.

Malgré leurs mines déconfites, tous acquiescèrent en silence et retournèrent vaquer à leurs occupations. Pour s'assurer que personne ne soit tenter, le grand garçon réunit même tous les condamnés dans un coin en leur proposant un des multiples jeux dont il avait le secret. Tout en se promettant de le remercier ultérieurement, Élise figea son regard dans celui de Jude. Devinerait-elle ses projets, les accepterait-elle? Rien n'était moins sûre, cependant elle constituait pour le moment sa seule porte de sortie. Si elle voulait vivre, ne serait-ce que quelques semaines, il fallait qu'elle l'aide.

-Tu m'avais dis que ton père faisait partie de Taetra. Il faudrait que je le rencontre.

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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 14:21

Élise paraissait faible, très faible. Ses joues se creusaient au fur et à mesure des visites de Jude, ses cheveux tombaient un par un, laissant apparaître un crâne dégarni, et un regard qui ne cherchait qu'une fine lueur d'espoir. Elles se connaissaient depuis quelques temps déjà, à l'époque maudite où Jude allait encore à l'école, et où les moqueries et les humiliations envers elle allaient bon train. Tous, sauf elle. Élise. Elle avait trouvé en cette jeune fille, avec qui elle n'avait que très peu de choses en commun en fin de compte, une véritable alliée et une raison de croire en l'espèce humaine, du moins encore un peu. Elle débordait de gentillesse, de générosité et n'hésitait pas à défendre la veuve et l'orphelin, s'inquiétait du malheur et des réjouissances de ses amis. Convaincue qu'elle aurait réagit de la même manière dans la situation inverse, Jude se rendait régulièrement, quasi quotidiennement, à l'hôpital. Parfois quelques minutes, parfois la journée entière : ces visites n'étaient jamais forcées, toujours sincères. Cependant, Jude, toujours affalée dans la fauteuil miteux, haussa un sourcil à la demande de son amie.

- Mais ... Pourquoi tu veux le rencontrer ?

Elle essayait de faire abstraction des perfusions dans le bras de son interlocutrice, qui ressemblaient à de longs serpents qui pompant les dernières forces de son amie, et regardait tour à tour les autres malades présents dans la pièce : il n'y avait qu’Élise qui dégageait une lumière particulière, une lueur dont elle seule avait le secret. Six mois à vivre. Jude le savait, elle était préparée. Elle n'aimait pas spécialement montrer ses émotions, mais elle eût un pincement au coeur. Au fond, elle savait pour quelle raison son amie voulait parler à son père. Elle se leva, doucement, et s'approcha de la table de chevet. Elle rangeait méthodiquement les pilules et autres médicaments de son amie, espacés à intervalle régulier, parfaitement alignés.

- Tu sais, il m'a dit que c'était dangereux. Et qu'il ne fallait pas en parler. Toi, je te l'ai dit. Je te l'ai dit parce que tu es mon amie. Pour toujours. En plus, Papa ne peut pas se déplacer. Cloué au lit. Il a une infection, je crois.

Tout cela était véridique. Le père de la jeune fille ne pouvait plus sortir de la maison familiale, ou pour de très rares exceptions. L'intégralité des soins se déroulait à domicile, et un nombre incalculable d'infirmières et de médecins déambulait dans toute la maison, s’affairait de toute part. Il faut dire que son géniteur, même dans l'état lamentable dans lequel il se trouvait, était un malade exigeant et n'avait pas la langue dans sa poche. Néanmoins, Jude fourra la main dans sa poche, et en ressortit un portable usé jusqu'à la corde, bien loin des technologies modernes, et le tendit à son amie.

- Son numéro est dans le répertoire. Appelle-le, si tu veux.
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 14:55

Le moindre geste de la part de Jude était empli de sollicitude. Cela toucha profondément Élise sans pour autant la désarçonner. Ses intentions étaient tout à fait sérieuses, il ne s'agissait pas là d'un simple délire de la part d'une gamine un peu trop gâtée, loin s'en fut. Lorsqu'on lui tendit le téléphone portable, elle hésita un instant avant de le repousser. Discuter lui aurait sans doute donné toutes les informations nécessaires, cependant elle espérait plus. Il fallait le rencontrer, voir ses réactions au fur et à mesure de son éventuel récit, revivre à travers sa voix les émotions qu'il avait vécu. Yeux dans les yeux. Elle en était convaincue, le face à face faisait partie du processus. D'un geste nonchalant, elle tira d'un coup sec sur l'une de ses perfusions. Avec une légère grimace mais sans la moindre douleur, elle la vit tomber au sol. Un peu de sang s'écoula de son bras, mais elle eut vite fait de stopper cette petit hémorragie en se faisant un bandage de fortunes. De nouveau, tous les regards se tournèrent vers elle, tandis qu'elle ôtait les deux autres perfusions. Enfin, elle se mit debout, se dégourdissant non sans plaisir les jambes pour la première fois depuis trop longtemps à son goût.

-Attends...tu t'en vas? Comme ça? demanda le garçon de son âge, dont le visage avait blanchi sous le coup de la surprise et de l'inquiétude.

-Bien sûr que je m'en vais, répondit-elle avec un grand sourire. Je vais juste faire un tour, je reviens très vite, pas de panique!

S'ils ne rétorquèrent rien, il était évident que personne n'était dupe. Élise se tourna vers Jude.

-Si ton père ne peut pas sortir de chez toi, alors je viens chez toi le temps de lui parler. Ils ne remarqueront même pas que je suis partie.

Alors qu'elle se dirigeait vers la salle de bain avec quelques vêtements pour s'y habiller seule par soucis de pudeur, une fillette l'interpella. Grande pour son âge, avec des couettes et un air renfrogné, elle appréciait moins Élise que la plupart des autres condamnés. Ce fut presque avec arrogance qu'elle la toisa.

-On va avoir des ennuis à cause de toi!

-Et alors? De toute façon qu'est-ce qui pourrait nous arriver de pire que ce qu'on subit déjà?

Comme souvent, Élise ressentait une vague de reconnaissance envers le grand garçon. Elle lui adressa un second sourire qui constitua à ses yeux la plus belle des récompenses, puis la regarda filer vers la salle de bain avant de menacer tous les autres de fortes représailles de sa part s'ils trahissaient son amie. Le petit garçon qui venait souvent se blottir près d'Élise s'avança vers Jude, qu'il commençait à connaître au fil des semaines.

-Vous allez où? lui demanda-t-il.

Élise ressortit deux minutes plus tard, vêtue d'un vieux jean et d'un sweat relativement semblable à celui de Jude. Elle s'assit sur un lit, lassa rapidement ses chaussures, puis adressa un signe de la main à tous ses camarades, avant d'observer celui de son âge. Il était l'aîné ici. Cela faisait pour sa part plus de deux ans qu'il était enfermé. Son espérance de vie n'était pas tant remise en question, du moment qu'il demeurait à l'hôpital. C'était une prison à vie. Même si tous ne l'appréciaient pas, personne ne se risquait à lui désobéir en raison de sa carrure et de son statut d’aînesse. Élise le connaissait depuis son arrivée ici. Lors de tous ses séjours, il avait été à ses côtés, et elle lui avait souvent parlé de ses ambitions. Eux deux étaient assez matures et proches pour se rendre compte qu'elle ne reviendrait sans doute jamais. Le cœur serré, elle alla déposer un baiser sur sa joue qui n'avait rien à voir avec ceux dont elle gratifiait parfois les plus jeunes d'entre eux. Leurs regards se croisèrent une dernière fois, puis se perdirent à jamais. Elle rabattit sa capuche sur sa tête, précaution au cas où certains infirmiers la reconnaîtraient. Vu le nombre de patients, cela s'avérait sans doute impossible, mais mieux valait être prudent.

-Jude, on y va?

Sans attendre de réponse, elle se jeta dans le couloir. Malgré elle, ses yeux s'embrumèrent de larmes. Il n'était jamais facile de faire une croix sur son passé, aussi misérable celui-ci fut-il.

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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 16:03

L'homme en noir sortit presque au même moment, rajustant de nouveau ses lunettes et caressant sa cicatrice. Habitude devenu un tic depuis la formation de celle-ci. Il ferma la porte derrière lui, l'homme à l'intérieur venait de mourir, mais les médecins ne se pressèrent pas, ils n'attendaient que cela, car il était Sourcier. Son regard se posa sur une petite fille qui courrait dans le couloir de l'hôpital. Chez une personne d'aussi jeune âge, il ne lui fut difficile d'entrer en "lien". L'homme en noir est aussi un Sourcier, et un bon. Un simple regard dans les yeux de la môme lui suffit.
Où cours-tu ainsi ?

Il lui sourit, ne détournant pas le regard.
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 16:45

Gênée par le baiser du compagnon de chambre de son amie et par les larmes discrètes de celle-ci, Jude secoua la tête, se pinça les lèvres et posa une main sur le poignet frêle d’Élise. Pendant l'espace de quelques secondes, les deux jeunes filles se regardèrent au fond des yeux. La brunette voulait faire passer tant de choses par ce regard, des sentiments qu'elle ne pouvait malheureusement pas avouer avec les mots. Son amie avait peu à peu pris la place d'une sœur pour elle aussi, mais c'était bien trop dur de l'avouer, si proche de sa mort. Ce genre de confidences ne ferait certainement qu'envenimer la situation.

- On y va. A la maison.

Elle sortirent ensemble de cette prison, dans un premier temps sans rien dire, évitant d'être aperçues par une infirmière ou une aide soignante. Après avoir franchi la grille et un soupir de soulagement plus tard, Jude fit un signe de la main au gardien. Cet homme était quelqu'un de brave, et certainement pas un mouchard qui irait tout dire à la direction. Elle savait qu'elle pouvait lui faire confiance pour garder le silence, qu'il était bien trop différent pour leur causer un quelconque embêtement, bien trop différent de tous ces gens. Mais d'un côté, elle savait que l'on ne devait pas accorder trop vite sa confiance : c'était ce qu'on père lui avait toujours appris, et il savait pertinemment de quoi il parlait.

Durant la demie-heure qui séparait l'hôpital et la maison, les deux amies échangèrent quelques mots sur les alentours, sur les changements qu'avait subies Pabarce depuis l'entrée d’Élise à l'hôpital. Jude mourrait d'envie de lui poser tout un tas de questions sur ce qu'elle ressentait après avoir été enfermée tout ce temps et se retrouver enfin à l'air libre. L'éthique lui aurait sans doute imposer de demander comment se passait la chimiothérapie, mais elle n'en fit rien pour autant. Elle trouvait ce genre de discussion absolument grotesques : pourquoi demander comment se déroulait un traitement de ce genre ? Son amie avait un cancer, elle n'était pas en colonie de vacances. Entre deux ou trois plaisanteries et quelques éclats de rire, les deux compères arrivèrent devant la demeure des Mayer.

- Voilà, c'est chez moi.

Bien qu'elles soient amies depuis quelques temps déjà, Élise n'avait jamais mis les pieds chez son amie, maison située dans le quartier aisé et protégé du reste de la ville. Le contraste avec le lieu où elles se trouvaient une heure auparavant était impressionnant, et ce sentiment ne fit que s'accentuer au fur et à mesure de la visite. L'allée qui menait vers la porte d'entrée était entourée de rosiers parfaitement entretenus, la pelouse verdoyante tondue quotidiennement habillait le jardin. De l'extérieur, le lierre grimpait nonchalamment sur les murs en pierre réelles, reliant presque les fenêtres entre elles. En pénétrant à l'intérieur de la maison, Jude sentit tout de suite l'effervescence habituelle, entre les discussions entre les médecins et les infirmiers, qui devaient être sur place à toute heure du jour et de la nuit, juste "au cas où". Du moins, c'était ce que sa mère s'évertuait à dire. Jude, toujours accompagnée de son amie, s'avança vers le salon, où sa mère était confortablement installée, lisant le journal du jour. Femme élégante d'une quarantaine d'année, habillée simplement mais avec goût, regarda, surprise, sa fille et son amie. N'importe qui aurait pu lire la fatigue, voire l'épuisement, sur son visage. Avant qu'elle n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Jude prit la parole.

- Maman, voici Élise. On aimerait parler à Papa. Maintenant.

Après avoir adressé un sourire à l'amie de sa fille, l'épouse Mayer reposa le quotidien sur l'accoudoir du fauteuil en cuir, se redressa et prit un air désolé.

- Ma chérie, tu sais bien que ce n'est pas ...

- C'est très important. Vraiment. Vraiment beaucoup. Juste quelques minutes, je te le promets.

Après un court instant de réflexion, l'interlocutrice fit un long soupire et hocha la tête. De toute manière, un peu de compagnie ne pourrait pas faire de mal à son mari ...

Jude agrippa le bras de son amie, et l'emmena au deuxième étage. Les murs étaient imprégnés de l'odeur de désinfectant, les étagères chargés de matériel médical. Une aide-soignante, visiblement bougonne, ignora la venue des deux adolescentes, rangeant les compresses et autre seringues dans une commode à disposition. A l'intérieur de la chambre du malade, décorée avec goût, un infirmier préparait une perfusion, la mine déconfite, refusant de croiser le regard de son patient. Ce dernier, justement, le teint livide et la mine fermée était assis au milieu d'un lit immense, le corps amaigrie soutenu par une dizaine d'oreillers.

- Papa ... Je te présente Élise. Elle voudrait te parler, seul à seule, dit, avec gêne, Jude, à l'attention de l’infirmier présent.

Ce dernier, avec un voix incroyablement douce et un sourire en coin, s'adressa à Jude.

- Mademoiselle Mayer, c'est impossible. Je suis en train de soigner votre père, voyez-vous et nous ne ....

- Sortez. Tout de suite. Laissez-moi seul avec ces jeunes filles.

- Mais ...

- Il n'y a pas de mais. Vous n'avez pas à répondre à ma place, vous n'avez pas à répondre à ma fille à ma place. Alors écoutez-moi bien, si vous êtes toujours là dans les cinq secondes, vous faites vos valises et vous retournez à l'hôpital de Pabarce. Vous ne serez pas difficile à remplacer. Dégagez maintenant. Et reprenez votre merdier.

Penaud, le salarié sortit immédiatement, les bras chargés, refermant la porte derrière lui. Jude s'était déjà confortablement installée sur un fauteuil en cuir beige au fond de la pièce, de la même façon qu'elle l'avait fait à l'hôpital. Joseph Mayer, quant à lui, regardait à travers la baie vitrée pendant quelques minutes. La vue était splendide, sûrement la plus belle qui soit sur l'océan Atilique. Puis, au bout d'un certain temps, il regarda Élise, presque avec de la gentillesse.

- Bien. Élise, c'est ça ? Dites-moi tout : qu'est-ce qui vous amène dans la chambre d'un vieux mourant ?
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 17:31

La fuite à travers l'hôpital se grava dans la mémoire d'Élise comme un souvenir à la fois merveilleux et déchirant. Elle voyait défiler des médecins animés de bonnes intentions mais plus glauques les uns que les autres, ainsi que les pièces hantant ses cauchemars. Dortoirs, blocs opératoires, tout cela ne ferait bientôt plus partie de sa vie. Au détour d'un couloir, elle crut entendre une voix résonner dans son esprit, mais jaugea avec parcimonie que ce n'était que le fruit de la fatigue. Enfin, elles sortirent, se glissant telles deux ombres dans la lumière aveuglante. Très vite, Élise oublia le monde de tristesse qu'elle venait d'abandonner à défaut des rires et de la vitalité retrouvée. Même si elle se fatiguait bien plus vite que son amie, le simple fait d'entre ses muscles ankylosés souffrir lui faisait le plus grand bien. Immédiatement, elle sur que son choix avait été le bon. Quitte à vivre peu de temps, autant en profiter! Les deux adolescentes parlèrent de la ville, de sa dégradation, sans vraiment y accorder une réelle importance. Le monde était bien trop vaste pour se soucier du déclin d'une vieille cité. Force fut toutefois de constater le changement radical d'ambiance entre les différents quartiers. Elle le savait depuis longtemps, pouvait le voir de ses propres yeux aujourd'hui: les Mayer n'avaient pas le moindre soucis financier. En entrant dans la vaste demeure, elle prit soin de baisser sa capuche puis suivit son amie, jusqu'à qu'elles soient interrompues par sa mère.

-Enchantée madame Mayer, répondit-elle simplement une fois que Jude l'eut présentée, tout en s'inclinant légèrement.

Malgré les demandes relativement floue de sa fille, la mère de Jude comprenait sans doute que la présence d'Élise et la volonté de parler à son père n'étaient pas sans lien. Gênée de s'imposer de la sorte, l'adolescente sentit ses joues se teinter de rose, et ne put dissimuler sa satisfaction lorsque son amie les emmena à l'étage. Elle eut l'occasion de détailler l'ensemble de la maison. Richement décorée dans un ensemble sobre, l'intérieur avait de quoi faire pâlir bien des prétendus décorateurs. Lorsqu'enfin elles se campèrent devant ce vieil homme incapable du moindre mouvement, Élise se demanda si elle aussi ressemblait à cela. Elle ne devait pas être bien belle à voir si c'était le cas. Elle ne pensait pas cela à cause de son aspect physique à proprement parler, mais principalement pour le regard de monsieur Mayer. Il n'avait plus aucune lueur. Pas d'espoir, pas de plaisir, pas de craintes. Simplement un vide pesant. Soudain mal à l'aise, elle se força tout de même à fixer son interlocuteur. C'était pour lui qu'elle était venue. Lui manquer de respect aurait été un comble. Après avoir pris une grande bouffée d'air, elle commença.

-Je...j'ai cru comprendre que, d'une façon ou d'une autre...vous étiez lié à Taetra.

Elle n'eut pas besoin d'attendre une réponse. La lueur qu'elle cherchait désespérément dans ses yeux s'était allumée. Elle ne savait pas encore de quoi il s'agissait, mais son regard fit office d'acquiescement. Rassurée qu'il ne réagisse pas d'une façon négative comme il l'avait fait auprès de l'homme chargé de le maintenir en vie, elle continua, sur un ton plus léger.

-Je ne vous apprendrais donc rien en vous disant que le gouvernement chasse les sourciers. J'étais sourcière. Mais...

Son discours dura un bon moment. Elle lui raconta tout, de la découverte de son pouvoir à son enlèvement, l'échec de l'opération, la maladie. Pour le moment, elle se contentait de son histoire, qui aurait éventuellement pu attendrir certains grands-pères ou faire hurler les anarchistes. Ce n'était pas ce qu'elle recherchait. Il fallait simplement que monsieur Mayer soit au courant de son histoire pour comprendre ses motivations, éventuellement accepter de l'aider. Ce fut au moment où elle allait enfin passer aux choses intéressantes que son téléphone portable sonna. S'excusant, elle le sortit de sa poche, observa du coin de l'œil le correspondant: il s'agissait de sa mère. Elle jeta un regard au père de Jude, qui lui fit signe quelle pouvait, non, qu'elle devait répondre. En tant que parent, il comprenait sans doute mieux que quiconque qu'une mère s'inquiète pour son enfant. Elle décrocha. Sa mère hurla si fort que tous ceux présents dans la pièce purent entendre le son de sa voix.

Élise! Est-ce que je peux savoir où tu es?!

L'inquiétude se mêlait à une colère sans nom.

-Maman, je suis chez Jude, tout va bien, je...

Tout va bien? Tout va bien?! Ce n'est pas un jeu Élise, tu ne peux pas simplement décider de partir comme ça en plein milieu de la journée sans l'autorisation des docteurs!

Les reproches sortis de la bouche de sa mère furent la touche finale à sa volonté de suivre son objectif. Elle aurait aimé simplement raccrocher au nez de sa mère, toutefois elle sentit l'indignation monter en elle. Sa propre mère la sermonnait parce qu'elle tentait de profiter des derniers mois de son existence beaucoup trop courte. Elle la sermonnait au lieu de s'effondrer en lui disant qu'elle s'était fait un sang d'encre pour elle.

-Si je les écoutais je ne pourrais jamais sortir! Et de toute façon je rentre à l'hôpital dès ce soir!

Elle n'aurait pas voulu se montrer aussi agressive, toutefois l'accumulation des diverses émotions ne lui permettaient pas de retenir ses mots. Sa mère, à l'autre bout du fil, parut tout aussi désemparée car un grand silence suivit son annonce. Implacable, Élise continua, bien décidée à ne pas flancher.

-Excuses moi de décider pour une fois ce que je vais faire de ma journée! Maintenant tu vas simplement appeler l'hôpital, leur dire où je suis, et ils vont venir me chercher? Mais ils ne me trouveront pas! Je rentrerais quand je le voudrais, c'est à dire ce soir, et pas avant!

D'un geste rageur, elle raccrocha, éteint son portable, et le fourra dans sa poche. Elle se rassit enfin sur le siège qu'elle occupait face à monsieur Mayer, souffla un grand coup pour se calmer, et reprit là où elle s'était arrêtée comme si de rien était. Seulement, elle avait conscience d'un fait: il lui fallait connaître sa destination et quitter ce lieu au plus vite, sans quoi une camionnette blanche et quelques hommes en uniforme la ramèneraient d'où elle s'était enfuie avant même qu'elle ait pu se rendre compte de ce qu'il se passait. Sa décision trop hâtive avait peut-être des airs d'inconscience, cependant elle ne sen souciait pas. Elle n'aurait qu'à trouver un point de retrait, prendre tout l'argent disponible sur son compte, puis s'en aller. Il lui faudrait abandonner son téléphone pour ne pas pouvoir être suivie. Tout un plan se dessinait déjà dans son esprit.

-Je veux me venger de tout ce qu'ils m'ont faire subir. Je n'ai aucun opinion politique et je me fiche de qui dirige, mais si Taetra dérange le gouvernement au point de l'inquiéter, je veux en être! S'il vous plait, il faut absolument que je sache comment les rejoindre.

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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 18:40

Avec une attention qu'il n'avait pas porté à quiconque depuis des années, Joseph Mayer écouta la jeune fille qui se tenait face à lui. Taetra. Il n'avait jamais oublié cette période de sa vie, si riche en rencontres, en rebondissements, en actions profondément bienveillantes. Bien sûr, le malade, aujourd'hui cloué au lit, n'avait pas toujours agit comme un enfant de chœur et en était conscient. Pourtant, le fait que cette jeune demoiselle, de l'âge de sa fille qui plus est, fasse preuve d'un tel courage et d'une telle détermination forçait son admiration. Presque amusé de l'épisode avec l'appel de la mère de son interlocutrice, il se put s'empêcher de sourire, et haussa la voix, les yeux toujours fixés sur son interlocutrice.

- Olga ! Olga ! OLGA !

Ce fût au bout de la troisième fois qu'une petite femme rondelette, les cheveux blonds et attachés en un chignon impeccable, pénétra dans la pièce, le visage neutre. Être malmenée par cet homme devenait monnaie courante, et elle en était presque habituée.

- Oui, monsieur Mayer ? demanda-t-elle, innocemment.

- Soyez utile, pour une fois, et empêchez quiconque de l'hôpital de Pabarce à pénétrer ici. Faites passer le message, votre place est en jeu. Je ne laisserai personne emporter cette jeune fille avant mon accord. Que ce soit bien clair. Filez maintenant.

La dénommée Olga, quelque peu surprise par cette demande incongrue, acquiesça. De toute manière, elle n'avait pas vraiment le choix. Après un hochement de tête et un signe de la main à Jude, elle sortit de la pièce. Celle-ci, recroquevillée, était également absorbée par l'histoire de son amie, même si elle la connaissait par coeur. Imaginer ce qu'elle avait pu vivre, et ce qu'elle vivait encore, paraissait incroyable. L'attention de son père était toujours tournée vers son amie, et après une quinte de toux, il prit lui aussi la parole.

- Je ne peux qu'être admiratif face à votre volonté et à votre histoire, Élise. Si tous mes éléments de Teatra avaient été comme vous, nos missions auraient été encore plus productives. Qui plus est, ils étaient en excellente santé. Voyez-vous, je ne saurais que parfaitement comprendre la situation que vous vivez. Regardez, l'ironie du sort est sans limite : moi, assistant de mission d'un dirigeant de l'organisation, que beaucoup considérait comme un élément inébranlable de l'organisation, se trouve cloué au lit depuis des années. On me soigne, on me materne, on me change, on me donne à manger, on me lave. La preuve, vous pouvez demander à ma fille : elle n'a aucun souvenir de moi en bonne santé. Enfin, je suppose.

Les regards se tournèrent forcément vers Jude, qui se mit inexplicablement à rougir. Rien que par le regard de la jeune fille, n'importe qui aurait pu deviner que cette supposition s'avérait vraie.

- J'ai arrêté de me battre, moi. Mais aujourd'hui, l'espoir renait avec vous. Et je suis heureux de voir que des gens comme vous existent encore. Jude, apporte-moi une feuille de papier et un stylo.

La jeune fille, surprise que son père lui demande quelque chose, s'exécuta. D'une main tremblante, il nota quelques noms, ceux des principaux membres de Teatra, ainsi que le lieu de leur quartier général : Néris. Puis, il écrivit encore quelque chose d'autre, après une minute de réflexion. Il tendit la papier à Élise et lui fit signe d'approcher.

- Voilà, je vous ai mis tout ce que je savais. J'ai également mis le nom et l'adresse d'un médecin à Néris, qui pourra vous fournir un traitement gratuit. Rien pour allonger votre durée de vie ou pour faire reculer la maladie, mais au moins pour diminuer les effets. Dites lui que vous venez de ma part, ce sera gratuit. Autre chose. Jude ? Tu vas aller avec elle.

La jeune fille écarquilla les yeux.

- Mais, pourquoi ?

- Pour que tu comprennes enfin ce que nous faisons pour ton pays ! Et aussi pour que tu sois confrontée à la réalité ! Puis, tu pourras toujours rester chez Tante Jane. Il me semble qu'elle s'occupe d'enfants dans un institut... J'ai pas bien compris. Des questions, Élise ?
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 18:54

L'homme en noir arriva calmement devant la porte de cette vieille connaissance, qu'il ne pensait plus jamais voir de sa vie. Aucun membre de Taetra ne l'avait oublié, et surtout pas lui, l'archiviste. Il frappa à la porte, cinq fois. Son regard aussi vieux que son visage dont seule les rides témoignent du lourd passé trahissaient une détermination inhabituelle chez un vieillard. Il était pourtant clair qu'il n'était pas n'importe quel vieillard ... Enfin on vint lui répondre. Avant même qu'on lui demande ses intentions, il donna ordre.

- Dites à Joseph que Gégé attends devant la porte.

Il se tourna, s'éloigna un peu et sortit une cigarette de son paquet, la porta à sa bouche et l'alluma avec une allumette. Il aurait bien le temps d'en griller une avant de retrouver son vieux camarade.
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 19:45

Comme son patron lui avait demandé, Olga était postée sur le balcon d'une énième chambre d'amis donnant sur la rue, regardant sans grande conviction les passants et les véhicules qui s'avançaient vers la propriété. Joseph Mayer était un homme sec et exigeant avec ses employés, n'étant jamais satisfait de rien. Mais, sans doute valait-il mieux travailler ici, supporter les piques de son patron et vivre à temps complet dans cette maison incroyable, plutôt que s'aventurer au-delà de ce quartier, dans le centre-cille de Pabarce. Non seulement les loyers étaient bien au-dessus de ses moyens, mais la qualité de vie était très inférieure, sans parler de la hausse du chômage constante. Si seulement un homme pouvait l'emporter loin d'ici ...

Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas tout de suite l'arrivée de cet homme, au loin. Il toqua plusieurs fois à la porte, visiblement excédé. Olga, soucieuse de bien faire, se leva de son poste et descendit en trombe les escaliers, ne voulant pas être sermonnée une nouvelle fois. En ouvrant la porte, l'homme à la cigarette ne lui était pas familier. Sans doute était-ce la première fois qu'il rendait visite à Mayer.

- Entrez, monsieur.

L'homme s'exécuta, pénétrant ainsi dans l'humble demeure de cette famille atypique. La mère de Jude, se leva de son fauteuil, et adressa un petit sourire à la gouvernante.

- Olga, vous pouvez retourner à votre travail. Je vais m'occuper de monsieur.

Dommage, pensa-t-elle. Pour une fois qu'elle aurait pu, elle aussi, alimenter les rumeurs et les cancans en questionnant cet inconnu, elle devait poursuivre son poste d'observation ennuyant ... Avec un haussement d'épaules, elle se décida finalement à remonter les escaliers, laissant seule Judith Mayer et l'étrange visiteur. Celle-ci l'invita à s'asseoir dans le petit salon, et exposa la situation, soucieuse.

- Mon époux est très malade, et de plus, il est déjà en pleine discussion avec une jeune fille, une amie de notre fille, Jude. Si vous voulez bien attendre un peu ... Mais je ne peux vous garantir qu'il sera apte à vous recevoir. Que lui voulez-vous ?

Très amoureuse de son mari et aux vues de son passé tumultueux, elle voulait garder le contrôle total au sujet de ce genre de visites intempestives.

- Excusez-moi, il serait probablement plus commode de me présenter. Je suis Judith.
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 19:57


- Je me nomme Gérard, mais votre mari m'appellera probablement Gégé, répondit-il en maintenant son air dur sur son âgé visage. Je suis sourcier, et membre de Taetra. Je suis un ami de longue date de votre époux, mais vous feriez mieux de m'oublier séance tenante, pour votre propre sécurité. Je viens chercher les enfants.

Aucun son n'était sortit de la bouche du vieil homme en noir, et pourtant, ses mots avaient été très clairement perçut par Judith. Il émanait de lui un air de bienveillance, mais l'idée qu'il parte avec la fille de son ami allait probablement contre les désirs de sa mère, et il le savait parfaitement, même s'il y avait des chances pour que les jeunes filles veuille le suivre.
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 20:21

Un vent de panique secoua Judith, même si la bienséance la retenait de hurler et de mettre cet homme dehors. Elle pensait que Teatra ne viendrait plus jamais troubler cette famille meurtrie, mais apparemment, l'organisation était revenue dans leurs vies à tous. Mais, pour quelle raison ? Son mari ne pouvait plus marcher, ni même bouger seul. Quant à sa fille, elle avait tellement peur du monde extérieur ... Sans parler de sa bipolarité. Peut-être qu'il s'agissait certainement de cette Élise ? La quadragénaire, dont le visage, bien que marqué par le temps, était toujours aussi charmant, chuchota à son interlocuteur.

- Écoutez moi bien, il est hors de question que je laisse ma fille à un inconnu de cette façon. Pourquoi maintenant ? Pourquoi elle ? Et la petite Élise, dans tout ça ? Jude est malade, mon mari aussi. Nous avons autre chose à faire que tremper dans une histoire encore compliquée !

Bien sûr, elle ne savait rien des projets de son mari, ni même de la discussion qu'il avait au même moment avec la sourcière malade. Néanmoins, elle n'allait pas se laisser marcher sur les pieds de cette manière.

- Je veux des explications. Et bien plus longues que ce que vous venez de me dire.
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 20:38

Ecrasant sa cigarette dans un porte-monnaie reconvertit en cendrier, il continua à s'exprimer envers la jeune femme.

- Je n'ai pas de raisons à vous donner, madame. Je peux juste vous assurer, malgré ce que vous pensez, qu'elles seront bien plus en sécurité avec nous qu'ici. Vous voulez une preuve ? Votre mari est encore en vie. Je connais le problème de Jude, et je pense que sur ce monde, je suis le seul à pouvoir l'aider. Je compte aussi emmener Élise. Je sais qu'elle cherche à nous rejoindre, et je ne compte pas l'en empêcher. De plus, vous nez tremperez pas dans cette histoire compliquée, comme vous dites. Une fois que je serait parti, vous m'aurez oublié.

Gérard referma son porte-cendre et le rangea dans une poche de son manteau. Il adressa un regard grave à la femme face à lui.

- Le temps de vous rendre compte qu'elles sont parties, vous les retrouverez. Comprenez, madame, que je ne souhaite que le bonheur de votre famille. Cependant, de notre temps, cela est impossible.
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 21:03

Judith, haussa un sourcil, puis se mordit les lèvres. Toujours méfiante, elle se calma quelques instants.

- Deuxième étage, première porte à gauche.
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 21:11

Gérard hocha la tête pour la remercier. Il monta les escaliers, et ouvrit la porte en question, puis la referma derrière lui. Il rajusta ses lunettes et caressa sa cicatrice comme à son habitude.

- Salut Jo'.
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 21:13

Élise parcourut longuement les informations données par le père de son amie, puis gratifia celui-ci d'un regard bienveillant. Il lui avait déjà appris tout ce qu'elle avait besoin de savoir, lui ouvrait même la porte vers Neris. Par quelques ordres secs, il lui permettait de profiter de sa vie, ni plus ni moins. L'idée que Jude l'accompagne, en revanche, ne l'enchantait guère. Elle appréciait énormément sa compagnie, cela était indéniable, mais ne désirait pas pour autant l'embarquer dans des histoires aux aboutissements incertains. Hors de question toutefois de contester Joseph Mayer.

-Merci infiniment monsieur Mayer! Je ne peux pas vous promettre que je vous rendrais la pareille un jour vu que je ne vais pas tarder à mourir, mais j’essaierais! lui promit-elle.

Elle passa, par habitude, une main dans ses cheveux court, puis entreprit de sortir de la pièce en compagnie de sa camarade. La porte s'ouvrit avant qu'elle ait pu esquisser le moindre geste. Elle resta alors stupéfaite. Un homme vêtu de noir venait d'apparaître sur le seuil. Sans qu'elle puisse comprendre pourquoi, il lui inspirait une vague de sentiments opposés. Outre cela, un sentiment de déjà vu l'habita dès le premier regard. Elle ne saurait dire où ni quand, mais une choses était sûre, elle avait déjà rencontré cet homme. Un doute submergea alors son esprit. S'il s'agissait d'un infirmer, ou d'un policier chargé de la raccompagner. Elle évalua la situation. Vu la nature du terrain, s'il décidait de l’assommer, il n'aurait aucun mal à le faire; or aucune autre possibilité que le passage en force ne s'offrait à elle. Prudente, elle fit un pas en arrière et s'adressa à lui instinctivement.

-Qui êtes-vous?

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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 21:21

Le sourire d’Élise remit du baume au coeur de Joseph. Alors qu'il allait tout simplement inviter sa fille et son amie à quitter la maison, une mine bien connue fit son apparition. Gérard. Ces deux là étaient des amis de longue date, mais s'étaient perdu de vu peu après l'accident. Heureux de revoir son ancien collègue, Mayer ne laissa rien paraître pour autant.

- Tiens, vieille branche.Depuis combien de temps ne sait-on pas vu ? Une décennie ?

Il fit un petit sourire, puis continua.

- Qu'est-ce que tu attends ? Présente-toi. Tu n'es pas venu là pour me parler de la pluie et du beau temps.
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 21:28

Tu dois bien avoir une petite idée, nous ne sommes pas nombreux à porter les mêmes vêtements que moi, répondit-il directement "dans la tête" dans la jeune fille.

- Et non, je n'ai pas l'intention de t'assommer, à mon âge, on à autre chose à faire que de trimballer des corps dans la rue, même légers. Je m'appelles Gérard, je suis l'archiviste de Taetra. On ne s'est pas vus depuis treize ans, une semaine et deux heures, sans prendre les minutes et secondes en compte.

Gérard avança vers son vieil ami et se plaça auprès de lui.

- Je suis venu chercher les filles, en fait. Mais je suppose que tu t'en doutais.
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 21:37

Impossible. Ce mot était le seul à se frayer un chemin parmi les idées confuses d'Élise. Elle s'enfuyait de l'hôpital, décidait de rejoindre Taetra, et à peine une heure plus tard, un de ses plus hauts représentants venait à elle. De surcroît, ce dit représentant s'amusait à utiliser la télépathie pour communiquer avec elle. Tant de paramètres à assimiler d'un coup, qui lui donnaient l'impression que sa vie avait pris un tournant très vite. Peut-être même trop vite. De toute façon, faire demi-tour s'avérait inconcevable. Si elle se présentait à ses anciens geôliers, ils la surveilleraient de près, ne lui laisseraient plus une seconde de répit. Les autres condamnés seraient sans doute heureux de la voir revenir comme promis, mais elle perdrait sa liberté de façon définitive. Hors de question. Toutefois, la prudence restait de mise.

-C'est vous qui m'avez adressé la parole toute à l'heure? Non, la question est stupide, bien sûr que c'était vous. Qu'est-ce que vous faisiez là bas?

Malgré le fait que ce Gérard fusse un ami de Joseph, elle ne parvenait pas à lui faire confiance. Trop froid, trop terre à terre sans doute. Trop vieux aussi. Élise parvint à se détendre un peu, et envoya un regard vers Jude, se demandant comment elle allait réagir. On tentait de l'embrigader de force, en toute logique elle se rebellerait. Mais voilà, si leur amitié avait bien appris une chose à Élise, c'était que sa camarade ne s'avérait pas toujours très logique.

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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 21:53

- Vincent est mort.

L'air dur du vieillard était probablement lié à cela. Tinté de nostalgie, son regard attristé se cacha derrière les paupières de Gérard. Vincent Negil. Un sourcier du feu, énergique et surtout ligué comme jamais contre le régime actuel. Un blanc sincère s'imposa, puis il continua.

- Je viens emmener les filles, si elles acceptent de m'accompagner jusqu'au Lieu.
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 21:58

Jude, les yeux rivés sur ses pieds, écoutait d'une oreille distraite le dialogue entre son amie, son père et le nouvel arrivant. Elle s'était levée brutalement, marchant d'un bout à l'autre de la pièce méthodiquement, prenant soin de ne pas marcher sur les lignes du carrelage. Bien que choqué par l'annonce de la mort de Vincent, Joseph regarda tout de même sa fille s'affairer, sans trop oser dire quoi que ce soit. Ces troubles obsessionnels et ces manies étaient directement liées à sa bipolarité. Quelle honte. Pourquoi, avec sa femme, n'avaient-ils pas pris le problème dès le début ? La raison lui revint soudain en mémoire. C'était lui, qui ne voulait pas. Il avait jugé cette dépense inutile, surtout pour une maladie qu'il ne considérait pas comme telle. A la voir agir de cette manière, il semblait évident qu'elle souffrait d'un problème bien plus profond qu'il ne l'aurait imaginé.

- Jude ?

Comme elle l'avait fait à l'hôpital, elle se mit à aligner les stylos, les plaquettes de médicaments, tout ce qui lui tombait sous la main. Au bout de quelques instants, le malade perdit patience et tapa du poing sur la table de chevet.

- JUDE ! Cesse ces enfantillages !

La jeune fille arrêta quelques instants, puis regarda les interlocuteurs présents.

- J'ai trop peur. Je ne veux pas y aller. A Neris.
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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 22:08

L'annonce du refus de Jude, s'il ne parut pas plaire outre mesure à son père, satisfit pleinement Élise. Elle devait déjà veiller sur elle. Sa nature protectrice l'aurait forcé à faire en plus attention à Jude à chaque instant, or la voie sur laquelle elle s'engageait était risquée. Une détermination renouvelée s'installa définitivement dans son regard. Gérard n'avait pas daigné lui répondre, mais tant pis. Il le guiderait vers Taetra, seul cela importait à présent.

-Je ne sais pas ce qu'est le Lieu mais je viens avec vous.

Elle retourna ensuite jusqu'à son amie. Elle ne voulait pas d'adieux déchirant, sans quoi elle n'aurait pas la force de partir. Le doute l'avait déjà assailli lorsqu'elle avait du se séparer des condamnés. Elle se devait donc d'être brève avec June. Dès qu'elle fit un pas vers elle, elle sut qu'elle n'y parviendrait pas. Tout quitter restait son rêve le plus cher, surtout si elle pouvait dans un même temps rejoindre Taetra, mais une force indéchirable lui soufflait qu'elle n'y parviendrait jamais sans elle. Initialement partie pour l'étreindre, elle se figea devant elle, prenant un air presque supplicateur qu'elle ne se connaissait pas.

-Tu es sûre? On pourrait bien s'y amuser tu sais!

Bien s'y amuser. Élise ne savait pas du tout de quoi elle parlait. Peut-être s'agirait-il d'actions isolées, voire simplement de logistiques, mais il était également à prévoir que tout cela tourne à des conflits armés. À vrai dire, elle ne savait absolument rien du mode opératoire de l'organisation qu'elle souhaitait rejoindre.

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MessageSujet: Re: Hôpital de Pabarce   Dim 1 Juil - 22:40

- Il est normal d'avoir peur. Sachez que si vous me suivez, votre vie toute entière prendra un tournant irréversible. Vous apprendrez de nouvelles choses, en vivrez, des plus ou moins dangereuses, certes, mais il y à une chose particulière que vous devez savoir : Vous serez plus libre que jamais.

Gérard se redressa et se mis à côté des jeunes filles.

- Vous avez le choix entre une vie monotone et une autre qui, à terme, vous rendras heureuses. Mais pour cela, il faut me suivre.
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Hôpital de Pabarce
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