Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Véonde, L'Abandonnée

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Louis
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MessageSujet: Véonde, L'Abandonnée   Dim 22 Avr - 16:33

Une heure, deux heures, un jour, un an... Depuis quand courraient ils ainsi comme des fantômes terrifiés? Bartiméus n'en avait pas la moindre idée. Une seule chose était sûre, voilà longtemps qu'il n'avait pas dormi. D'horribles cernes décoraient son visage couvert de poussière. Plusieurs fois à bout de force, il avait chuté au sol, et avait douté de pouvoir se relever. Il s'était décidé à attendre la mort, incarnée par les automates, mais à chacune de ses chutes, un ami charitable l'avait aidé à se relever, et la course effrénée avait repris. Lorsqu'il observait ses camarades, il voyait la même fatigue, la même terreur, et le désespoir de la situation. La plupart de leurs montures s'étaient enfuis ou avaient dépéris à cause du rythme d'enfer soutenu par leurs cavaliers. Melody n'était pas en meilleur état que Roche. Du sang coulait sur sa tempe, et la perte de Belwur minait son moral. Ses épaules ne supportaient plus les lanières de l'énorme sac qu'elle portait, celui ci même contenant des vivres qui leurs seraient utiles à l'arrivée à Véonde. Chacun de ses pas lui rappelait les innombrables cloques qui ornaient désormais ses pieds, et elle mis un certain temps avant de s'apercevoir de l'humidité qui s'infiltrait dans ses bottes. Un pas de trop, et elle dérapa dans une sorte de mare verdâtre où pullulaient les moustiques et autres créatures au moins aussi ignobles. La tête sous l'eau, Melody fut prise de torpeur craignant de ne pouvoir remonter à la surface. Elle sentit des sortes d'algues s'enrouler autour de son corps, sur ses chevilles, ses bras, et même autour de son cou. L'asphyxie la guettait lorsqu'un bras musclé la saisit par le dos de ses vêtements, et la sortit de l'eau.

- ça va? demanda Roche.

La capitaine hoqueta et cracha de l'eau, avant d'acquiescer. Les algues avaient laissé des marques rouges sur les parties non protégées de son corps. Après un instant de pause, où elle reprenait sa respiration, elle prit conscience de l'endroit où elle se trouvait. Ils s'étaient enfoncés profondément dans des mangroves, et elle venait de chuter dans un des nombreux marécages présents dans la zone. Des arbres aux innombrables racines sous-marines s'étaient développés entre les cours d'eau, la végétation environnante couvrait presque entièrement le soleil, pourtant à son zénith, et les bruits des bêtes environnantes était incessant. En face d'eux se trouvait une imposante muraille dont la pierre avait pris une teinte verte au fil du temps... En face d'eux résidait Véonde, la ville abandonnée, leur seul espoir selon Snori Pendragon. Les portes imposantes de la ville étaient entrouvertes, comme si leurs habitants étaient partis en hâte, dans le désir de fuir cette ville maudite. Ironie du sort, aujourd'hui, c'était eux qui revenaient à elle... Tandis qu'ils franchissaient le seuil de Véonde, un bruit morbide résonna à leurs oreilles. Leur entrée avait déclenchée la chute d'une cloche, qui explosa au sol en vrillant les tympans de tous les survivants du massacre de Rednow. Lorsque tous furent en sécurité à l'intérieur des murs protecteurs de la ville, a chacun fut assignée une tâche. Trouver des vivres et de quoi assurer les soins, de quoi dormir et de quoi se défendre, là étaient leurs priorités. Les plus épuisés furent autorisés à trouver le sommeil dans les maisonnées abandonnées, tandis le reste du groupe veillait sur eux. Luttant contre le sommeil, Melody était monté sur l'imposante muraille, observant les alentours afin de s'assurer que les Automates ne les avaient pas suivi ici... Selon l'assurance de Snori, ces démons au service de Nailika ne pourraient supporter l'atmosphère des mangroves... Mais eux, y arriveraient ils? Déjà à bout de souffle en arrivant, les derniers défenseurs de la liberté suffoquaient sous la chaleur des marais...
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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Dim 22 Avr - 17:13

Ralën avançait dans la ville, cédant les derniers sacrements aux nombreux fugitifs qui n'avaient pu survivre aux infections et à l'atmosphère des marais. Où qu'ils aillent, la mort les suivaient. Ilyanna serait peut-être l'une des suivantes tant les lieux l'éprouvait. En sueur, Arawn la posa dans un lit d'une des maisons abandonnée de la ville, et resta à son chevet. Si elle mourrait, il se retrouverait véritablement seul.

Au début, ils étaient cinq. Üdek, le sanguin, Nigmaëll, la givreuse, Ilyanna, la lumineuse, et lui, le lycan. Enfin, Erlyn, l'intemporel. Trois étaient mort, Üdek, l'un des trop rares sanguin sur le continent, Nigmaëll, maîtresse de l'air gelé, et Erlyn. Le temps. Un don qu'une seule famille au monde maîtrisait. A présent, cela n'avait plus aucune importance, car ce que les gens communs appelaient magie avait complètement disparût. Peut-être la magie reviendrait-elle un jour. Il l'espérait pour beaucoup, mais pas pour nombre d'autres. Ralën soupira en entrant dans la maison, et une nouvelle fois en s'asseyant enfin sur une chaise de bois, qui grinça et se courba d'humidité lorsque le sénéchal se relâcha. Il avait compté cent-dix-huit morts sur le chemin jusqu'à la cité fantôme. Les larmes et la sueur se mêlèrent sur la joue du paladin.



Je me réveille enfin. d'après ce que je peux voir sur le calendrier de la cabine, j'ai dormi trois jours. Les autres doivent être arrivés à Véonde ... Ou bien là-haut. Je me lève péniblement, je suis presque nue, mes vêtements sont en train de sécher juste à côté. J'inspecte le bureau, cloué au plancher, sur les cartes, je vois que le navire sur lequel je me trouve n'est d'aucune nation du continent. Il s'appelle Fier-Volant, et est en provenance d'Edfren. Je ne sais même pas si ces lieux existent. J'émet l'hypothèse que je suis en train de rêver. Cette pensée est balayée lorsque rentre une femme en armure noire comme corbeau, et très dénudée, en contraste odieux avec ses cheveux. Ses cheveux roses.

- Salut, j'suis ta grande sœur. Habilles-toi, tes vêtements doivent être secs, dit-elle en posant sa lance sur son épaule. Faut qu'on discute, toute les deux.
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Pomme
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Mar 24 Avr - 10:34

[HRP: Excusez-moi pour cette disparition d'une semaine, mais ma connexion Internet a eu raison de moi ... Me revoilà pour la fin de notre RP ! Yiiiiiha !]

Même si Laly entendait les cris, les essoufflements et les plaintes des gens derrière elle, les appels divins et autres pleurs déchirés, il n'y avait que les pas qui rythmaient la fuite vers la ville abandonnée. La jeune femme, dont les esprits n'étaient pas encore totalement revenus et ne comprenant toujours pas pour quelle raison les artéfacts s'étaient enfuis de cette manière, ne jetait pas le moindre regard derrière elle. Elle courait inexorablement, dépassant allègrement les vieillards à bout de force, tombait quelque fois mais se relevait quoi qu'il pouvait se passer : l'idée de mourir sur ce bord du chemin la hantait. Non, son heure n'était pas encore venue. Pas tout de suite.

Elle aperçut devant elle Melody, chuter, puisant le peu de ses forces restantes pour continuer. Roche, en bon ami, était toujours là pour l'épauler, même s'il ne faisait pas bonne figure non plus. Véonde se dressait devant eux et Laly osa regarder le nombre de survivants restants : la moitié avait succombé durant cette journée de course et d'angoisse. Horrifiée, elle se décida néanmoins à rejoindre Melody et Roche. Ôtant une algue nauséabonde des cheveux de la militaire, elle demanda, d'une voix cassée et fatiguée :

- Expliquez-moi ce qu'on fait ici.
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Louis
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Mar 24 Avr - 11:04

Melody, hors de souffle, voulu ouvrir la bouche mais ne fut pas capable de sortir le moindre mot tant elle était épuisée. Elle devait aller se reposer, mais lorsqu'elle voyait l'état de certains autres survivants, elle se dit qu'il était de son devoir de rester debout, pour protéger ceux qui était dans des états de faiblesse bien pire qu'elle... Jetant un coup d'oeil à Roche, elle attendit que celui ci réponde à sa place. Ce qu'il fit bien vite.

- Les scientifiques Orano-Luuwrien ont découvert que l'air de la ville était néfaste aux créatures crées par les Nailikannes. Je ne saurais expliquer pourquoi. Néanmoins, ici, aucun automate ne peut nous atteindre.

Cette "bonne nouvelle" était néanmoins à nuancer. Certes, les créatures démoniaques ne pouvaient les atteindre, mais les troupes humaines pouvaient très bien débarquer d'un instant à l'autre. Et après la terrible fuite qui les avaient épuisés, il semblait bien improbable qu'ils y réechappent, malgré les murs protecteurs de Véonde.

- Nous ne sommes pas à l'abris des risques, rappela Roche. Je crains que les hommes de l'armée de ton père viennent nous assaillir, tandis que les automates continueront leur long chemin destructeur, rasant Rednow, Abrial, et enfin Nora. Ensuite, ils feront sans doute payer aux Hovoïtes la trahison d'une petite partie d'entre eux. Ensuite, la suprématie Nailikanne sera imposée à tous, et toute forme de rébellion tuée dans l'oeuf grâce à la toute puissance de leurs Automates... Je commence à douter de plus en plus que notre place soit ici... Des scientifiques auraient dû venir ici, dans l'espoir de trouver une parade aux monstres Nailikans. Pas des guerriers... Nous devrions être en train de défendre coûte que coûte notre pays, tendant une multitude d'embuscades, attaquant et fuyant sans cesse, insaisissablement...

Bartiméus cracha au sol, contre tous ses principes et tout ce qui faisait généralement de lui un gentilhomme... Il était ulcéré d'avoir du laisser mourir des hommes et des femmes pour continuer sa route dans un lieu comme Véonde... Il n'était d'ailleurs pas le seul mécontent. Peu à peu, chez les Survivants, enflait une rumeur de protestation face à cet ordre, face à leur situation, face à leurs pertes et leur chagrin...
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Mar 24 Avr - 18:11

Cela faisait déjà plusieurs semaines que les survivants de Rednow avaient été morcelés par la charge des troupes nailikanes. Suivant le plan à la lettre, la plupart des hommes et femmes parvenant à échapper aux terribles automates se dirigèrent vers Véonde, la cité oubliée. Un semblant d’organisation commença à s’y former, rendant l’endroit viable bien que les conditions demeurent encore précaires. Dans une telle situation, il n’était pas pour le moment envisageable de riposter de quelque façon que ce soit, l’important étant avant tout de permettre à chacun de retrouver sa famille, ses amis, et l’espoir. Llednar avait fui en emportant une Zia inconsciente sur ses épaules. Il emprunta par la suite un cheval dans un village alentour, puis tous deux chevauchèrent rapidement pour arriver à leur nouveau refuge parmi les premiers. D’autres convois, plus importants, emportaient des dizaines d’alliés, dont les blessés dans des grands chariots ou des prisonniers de guerre, dont Iyoh Tzumihi. Personne ne savait encore ce qui se passerait désormais, mais tous avaient accordés leur confiance à Snori au moment du départ. Néanmoins, la tendance semblait se renverser peu à peu : leur héros n’était toujours pas arrivé. Depuis ce fameux jour où un allié improbable leur avait sauvé la mise, il n’y avait plus trace du prince de l’ancien Oran.

Il était juste à présent de parler de ces états au passé. Nailika, implacable dans sa marche destructrice, avait fini par atteindre son objectif en conquérant l’intégralité de Luuwr et d’Hovo. Pendant un court laps de temps, on crut que l’Oran résisterait par un miracle inexplicable, mais le monde déchanta bien vite lorsque la monarchie prospère tomba à son tour. Bien que n’ayant plus aucun caractère étonnant, la violation de la neutralité hovoïte suscita chez les « résistants » - c’était ainsi que les nailikans appelaient les véondois – une grande vague d’indignation. Certaines langues avisées leur rappelèrent toutefois que l’expédition partant à la recherche de Nigfol fut la première à pénétrer illicitement le territoire oriental, ce qui calma rapidement les mœurs. Le manque de nouvelles quant à Snori, censé les mener au cours de cette reconstruction, commençait à émousser la combativité du peuple. Une grande majorité avait dors et déjà atteint la cité salvatrice, mais beaucoup pouvaient encore plaindre l’absence d’un proche. Au sein d’une famille, une seule disparition suffisait à plonger la plupart des membres dans le découragement, or bien plus d’un seul membre manquait à l’appel dans chaque lignée. Aujourd’hui, ils n’étaient plus beaucoup à croire au plan de leur leader au sourire éternel. Resterait-il si optimiste face à leur situation actuelle ?

Évidement. Quelle que puisse être le danger, jamais il n’aurait modifié la moindre once de son comportement. Snori était bel et bien en vie. Il comptait, comme prévu, se rendre à Véonde, mais s’était avant tout adonné à une mission qu’il ne pouvait accomplir qu’en solitaire. Il aurait peut-être dû prévenir ses compagnons au préalable, mais se réunir après leur division aurait constitué une perte dans leur temps ô combien précieux. À pied puis en trouvant lui aussi un destrier efficace, il avait fait le tour des régions encore libres pour prévenir leurs derniers alliés du repli. Prenant en premier lieu le risque de passer par les anciens états centraux, il avait ensuite chevauché vers Abrial. Malheureusement, la capitale luuwrienne était déjà en état de siège, et personne n’avait pu être sauvé là-bas. Cet échec le découragea un court instant, mais il se ravisa et se dirigea vers l’objectif lui tenant le plus à cœur : Nora. Comme il l’eut espéré, il y retrouva l’intégralité de sa famille, ainsi qu’Alix, vivant visiblement sous le même toit que son frère, bien que leur relation n’ait visiblement pas évolué. Le prince, encore reconnu comme leader politique officiel de l’Oran, retourna ensuite au palais royal, où il prévint la plupart des ministres et conseillers ayant servi sous Kunz et Irwan. L’annonce de la mort de ce-dernier causa d’ailleurs un grand émeu dans la classe politique et culturelle locale. La perte de cet homme ayant à lui seul rempli la moitié de la bibliothèque royale causait en effet une perte considérable. Bien sûr, chaque vie perdue lors des batailles devait être honorée au même titre qu’une autre, mais il était clair que certains avaient plus accomplis que d’autres.

Certains furent prêts à tout quitter sans conditions pour aller s’installer dans la ville fantôme, mais beaucoup demeurèrent incrédules face à ces annonces pessimistes. Pour beaucoup, Nora restait une forteresse imprenable. Jamais, au cours de multiples années de guerre, la capitale de la culture n’avait été envahie. Pourquoi prendre le risque de traverser les surpuissantes lignes ennemies pour se rendre en plein centre d’un territoire occupé, alors qu’ils étaient ici en sécurité ? Peu à peu, l’orgueil oranien resurgissait. Ne voulant pas perdre de temps, Snori se contenta de reprendre la route en donnant les directives à ceux disposés à le suivre. Il leur recommanda de voyager seul ou en petit groupe, de passer par les chemins les plus improbables, et surtout de ne jamais parler de leur réelle destination autour d’eux. Sur le chemin du retour, Snori s’interrogea toutefois sur la viabilité de son plan. Les gaz émis par ces éternels marais repousseraient inexorablement les automates, mais Nailika disposait également de troupes humaines. Ceux-ci auraient peut-être l’audace de s’attaquer aux résistants. Ce serait une grande partie de bluff qui se jouerait en attendant que les véondois puissent s’organiser suffisamment pour changer le cours de cette guerre. Il n’avait de toute façon pas à se poser ce genre de questions, car la voix lui avait assuré que tout se passerait pour le mieux pour le moment. Qu’entendait-elle réellement par là ? Était-ce elle la responsable de l’intervention de ce jeune homme aux cheveux bleus qui avait démoli à lui seul une grande partie de l’armée nailikane ? Tant de questions restaient encore en suspens…

Enfin, il arriva. Seul, à pied, il observait le paysage comme un simple touriste l'aurait fait, jaugeant d'un rapide coup d'œil les possibilités qu'offrait un environnement semblable. Bien que ses connaissances agraires fussent limitées, Snori déduisit qu'ils ne pourraient jamais cultiver cette terre nauséabonde. Lorsqu'il entra dans la ville, certains l'acclamèrent, mais d'autres le huèrent, insatisfait d'avoir suivi un plan si impulsif et insensé. Avant toute chose, il fallait voir ses compagnons. Incapable de les retrouver en cherchant au hasard dans les murs de la grande cité, l'ancien prince décida simplement de s'asseoir sur un banc et d'attendre. La nouvelle de sa venue se propagerait rapidement, alors ses amis viendraient sans doute d'eux même. Tout en répondant aux questions de visages inconnus lui demandant où il se trouvait ou ce qu'ils comptait faire à présent, il examina l'architecture locale. Les bâtiments ne faisaient pas plus de trois étages, étaient sales, tombaient en ruine. L'odeur pestilentielle qui se dégageait des marais méritait à elle seule la réputation désastreuse de ce lieu. Comme il s'en était douté, ils n'auraient pas pu rêver pire.

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Louis
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Mar 24 Avr - 20:48

Placé en tailleur au sommet d'un bâtiment, Bartiméus observait les environs, comme à son habitude, depuis les trois semaines où ils se trouvaient ici. Peu à peu, de nombreux nouveaux réfugiés arrivaient dans la ville, ce qui plongeait le soldat dans des sentiments contradictoires. Il était heureux que ces derniers viennent se cacher ici pour échapper aux automates Nailikans, mais il était furieux de voir que plus les renforts affluaient à Véonde, moins il y avait de défenseurs à Nora et Abrial. Ils étaient ici coupés du monde, sans autres informations que celles que leurs donnaient les nouveaux arrivants, qui ne savaient eux même pas grand chose. De plus, il tolérait de moins en moins le comportement de Snori, qui les avaient d'abord exhorté à fuir dans une ville abandonnée, laissant derrière eux ceux qui ne pourraient suivre le rythme, alors que leur rôle était avant tout de protéger leurs concitoyens. Le Prince de Nora les avait lâchement abandonnés sans aucune instruction. Ils l'avaient crû mort et avaient pendant un certain temps pleuré cette perte, mais un politicien récemment arrivé leur avait appris qu'il luttait pour qu'un maximum de personnes participent à son plan insensé, si plan il y avait. Le ravitaillement de la ville fantôme était presque impossible et le rationnement commençait à peser comme une épée de Damoclès au dessus de la tête de chacun. Aiguisant nerveusement son arme, Bartiméus fut interrompu par Melody, qui déclara :

- Snori vient d'arriver par la porte sud. Tu peux aller lui expliquer la situation? Il faut que j'aille m'occuper des nouveaux, leur expliquer les consignes de sécurités et leur donner des vivres...

Sans répondre, Roche sauta de son perchoir et ordonna d'un geste à une nouvelle recrue de prendre sa place au guet. Il jeta un coup d'oeil à Melody. La pauvre était épuisée par l'atmosphère des marais et par tout le travail que constituait la remise en état de la ville. Elle passait son temps à crier, mais étrangement, aujourd'hui, son ton était doux, presque trop pour sembler sincère... Bartiméus supposait, sans doute avec raison, que la jeune femme avait, comme lui, était déçu de Snori, mais qu'elle souhaitait cacher ces sentiments sous le masque de l'occupation. Encore plus énervé, Roche partit en direction de la porte sud. Il était fort probable qu'il le croire d'un moment à l'autre, ce qui ne se fit pas attendre. Le jeune homme était assis sur un banc, totalement seul, comme attendant qu'ils viennent à lui. Se plantant droit comme un piquet à une distance de deux mètres du Prince de Nora, il le regarda du haut de ses presque deux mètres, et demanda :

- Tu daignes enfin te présenter à nous, après avoir exigé de nous le pire, et cela sans aucun semblant de remord?

HRP : je propose une conversation rapide entre les deux personnages
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Mer 25 Avr - 8:23

HRP: Ça roule, faisons ça.


En voyant arriver son ami, Snori eut d'abord l'esquisse d'un sourire, mais celui-ci disparu très vite face au ton réprobateur du soldat luuwrien. Une telle colère était compréhensible, mais il fallait faire preuve de pragmatisme. Bien que n'ayant pas du tout envie de répéter une fois de plus des arguments ayant été ressassés à moult reprises, le jeune homme fit toutefois un effort pour paraître le plus calme possible.

-Ah, Bartiméus, je suis content de te voir. Pour répondre à ta question, non, je n'ai aucun remord à avoir sauvé l'intégralité de ceux se trouvant dans cette ville, d'autant plus qu'ils pourraient, dans un futur plus ou moins lointain, sauver tous ceux se trouvant désormais sous le joug nailikan.

Il s'exprimait avec détachement, mais un léger ton de défi restait perceptible dans sa voix.

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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Mer 25 Avr - 9:51

Roche resta un instant silencieux. Il s'en voulait à lui même d'être en colère face à son ami, mais il était en tel désaccord avec lui qu'il ne pouvait faire autrement que d'exprimer ces reproches, qui étaient, il en était sûr, partagées par les autres survivants...

- Et si tu t'étais trompé? Si, pendant que nous nous terrons, Nailika détruisait l'ensemble de nos villes, et qu'au final, nous ne soyons pas assez puissant pour les vaincre?
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Mer 25 Avr - 9:57

Cette possibilité avait déjà effleuré l'esprit du prince, mais il l'en avait très vite chassée durant son voyage. Il avait pu observer ce que Nailika faisait, notamment dans les états centraux où il s'était rendu. S'il fallait tout expliquer à ses compagnons pour regagner leur confiance, il le ferait autant de fois que nécessaires.

-Ils n'ont aucun intérêt à détruire. La domination apporte beaucoup plus de choses. La preuve en est que Luuwr a agi de la même façon lors de la grande guerre, souviens t'en. Ce que nous nous apprêtons à faire n'est pas différent des actions d'Igole Vrag, lorsqu'il a uni le peuple dans l'ombre pour pouvoir renverser la tendance ultérieurement. S'il a réussi avec autant de brio, nous le pouvons également. Dans tous les cas, si je me suis trompé, je peux alors affirmer que je vous ai réellement tous sauvé.

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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Mer 25 Avr - 10:32

Un fond de vérité était perceptible dans le discours de Snori, et Bartiméus le savait bien. Néanmoins, la situation était-elle réellement la même que pour Igole Vrag? Il ignorait tout du défunt dictateur, mais il doutait que l'homme avait dû entraîner son armée dans un lieu aussi peu propice à la vie humaine... Roche se rapprocha du prince, et lui murmura à l'oreille :

- Même si j'ai du mal à comprendre ce que tu fais, je te fais confiance. Ce n'est plus le cas de tout le monde ici. Il serait temps que tu expliques à ceux qui sont ici pourquoi ils doivent se terrer. Quant à la destruction des villes, je me méfierai d'avantage que toi. Les automates ont bien rasé Rednow...

Puis il s'écarta et regarda Snori pendant quelques secondes encore. Il disparut bien vite dans la foule qui s'était rassemblée autour du Prince de Nora...
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Margogotte
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Mer 25 Avr - 12:23

La fuite avait été éprouvante. Partout, les habitants de Nora fuyaient, foule dense où se mêlaient soldats et citoyens sans aucune distinction. Ce n'était plus qu'un peuple, apeuré, cherchant à sauver sa vie.
L'homme aux cheveux roses -Habeth avait été incapable de retenir son nom- avait couru lui aussi, la portant sur son dos comme un homme soutient un enfant. La jeune-femme avait senti des peaux se toucher contre la sienne, des cheveux frôler sa nuque, tandis que le retranchement se poursuivait. Ça et là, des chevaux égarés filaient vers l'avant du peloton, manquant d'écraser les humains vulnérables. Habeth avait vu des enfants tomber, plus morts que vifs, avant d'être aussitôt submergé par la vague humaine. Elle avait enfoui sa tête contre le dos de son porteur, appelant le ciel en silence pour ne plus avoir à contempler toute cette hécatombe. Cela ne cesserait-il donc jamais ? Y-aurait-il donc constamment des morts ?

Puis, après des semaines passées à marcher dans ces terres hostiles, la silhouette floue de Véonde s'était élevée devant eux, la foule avait perdu de sa vitesse. Partout, des personnes essoufflées peinaient à reprendre leur respiration, des cris de nourrisson crevaient le silence pesant. De nombreux regards haineux étaient échangés, dans lesquels se mêlaient parfois de la pure terreur. Entendant le souffle rauque de l'homme aux cheveux roses, Habeth lui dit de la reposer à terre, qu'elle pourrait avancer seule maintenant que la marche forcée était terminée. Elle dut insister pour qu'il la laisse faire, et un désagréable frisson sinua le long de son échine lorsque ses pieds de posèrent sur le sol. Elle avait presque oublié. Sa tête tourna quelques secondes, mais une fois qu'elle eut repris son équilibre elle put avancer parmi les ruines. Des familles étaient rassemblées, d'autres erraient seuls, devenus orphelin, ayant perdu un père, une soeur, un fils. Toute la détresse de ces personnes atteignait Habeth, lui remémorait le moment précis où elle avait vu son professeur mourir sous ses yeux. Les choses changeaient, les hommes devenaient différents, évoluaient. Mais la douleur restait. Pas celle qui restait présente dans ses côtes, là où la dague avait déchiré la chair, mais celle enfermée dans la poitrine, crevant à l'intérieur.

Habeth buta dans quelque-chose, et baissa les yeux. Contre son pied se trouvait une poupée de chiffons, affreusement sale, et déchirée à maints endroits. Elle avait perdu la moitié de son rembourrage. A quelques mètres, une petite fille la fixait de son oeil valide. L'orbite vide, masquée par un bout de tissu pourpre, semblait hypnotiser Habeth. Elle ramassa la poupée, qui semblait lui sourire en grimaçant. Un des boutons symbolisant son oeil avait sauté.
La voix de la fillette creva le silence:

"C'est moi qui ai fait ça. Pour qu'elle soit comme moi."

La jeune femme fixa l'enfant avec horreur, recula de quelques pas, puis jeta la poupée au sol avant de prendre la fuite. Ses pas la guidèrent dans un endroit reculé de Véonde, là où de rares personnes erraient, comme elle. Les larmes baignaient ses joues, mais elle ne sentait pas, elle ne sentait plus rien. Elle était devenue vide, vide comme l'oeil de cette petite fille, vide, tellement vide. Elle trébucha, s'effondra, resta agenouillée contre un mur. Elle resta ainsi de longues minutes, tandis que d'énormes sanglots sortaient de sa poitrine. Personne ne faisait attention à elle. Tout le monde était aveugle.
Et puis, au bout d'un moment, ses spasmes s'espacèrent, elle sa respiration reprit un rythme normal. La déchirure dans sa poitrine sembla se faire moins oppressante. Elle s'en voulu aussitôt de s'être montrée si faible. Mais la fatigue mêlée à la douleur et à la détresse avait eu raison de ses forces.
Essuyant son visage de sa manche poussiéreuse, elle s'appuya au mur pour se redresser.
Jugeant que le plus pressant était à présent d'éviter de se retrouver seule, elle partit en quête d'un de ses compagnons. Elle avait cru voir Zia et Llednar partir ensemble, aussi ne se faisait-elle que peu de soucis pour l'adolescente. Marchant au hasard, évitant de croiser le regard des hommes fantômes, elle finit par arriver devant un espace dégagée. A l'opposé, elle aperçu Snori et Roche en grande discussion. L'homme semblait reprocher des choses au prince, mais celui-ci paraissait l'écouter sans frémir. Habeth ne parvenait pas à entendre leurs voix. Elle attendit que le soldat s'éloigne pour s'approcher. Snori ne paru pas s'apercevoir de sa présence, mais elle n'hésita pas à se laisser tomber sur le banc sans invitation. C'était ça, ou bien elle s'effondrait sur place. Ses jambes n'avaient plus aucune force.
Quelques secondes passèrent avant que la jeune hovoïte ne parle d'une voix faible et rauque. La terreur transparaissait dans celle-ci, mais elle n'eut pas peur de passer pour une faible auprès du prince. Il n'était pas homme à juger les gens dans un moment de détresse.

"Est-ce qu'ils savent qu'on est là ? Et si... si ils le savent, est-ce qu'ils... ils vont venir ?"
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Mer 25 Avr - 19:52

Dans la chaleur et dans l’angoisse environnante, Laly se sentait peu à peu défaillir. Entre la fatigue, l’incompréhension, le manque de nourriture et les conditions de vie épouvantables, la jeune fille n’arrivait plus à se tenir sur ses deux jambes, vacillait. Les lignes droites se déformaient et le manque d’énergie eut finalement raison d’elle. Après être tombée lourdement sur le sol, les yeux clos, elle resta inerte quelques instants, plusieurs minutes qui semblaient interminables. N’importe quel passant aurait pu la croire morte, mais elle n’attirait le regard que d’une infime partie de tous ces gens. Un blessé ou un décès de plus, tout cela n’importait que très peu, finalement.

Elle se réveilla après un bout de temps, les yeux vitreux et le visage flasque, les ongles sales et les jambes tremblantes. Une odeur entêtante âcre et humide flottait dans l’air, ce qui était la possible cause du mal de tête de la fille Vrag. En se relevant, elle toussa bruyamment quelques secondes puis balaya la poussière et la terre boueuse sur les lambeaux de ses vêtements, secoua sa tignasse ébouriffée et chercha du regard les gens qu’elle appréciait.

Une foule s’agglutinait autour d’un banc en pierre, où elle crut apercevoir le haut du crâne blond de Snori. A côté d’elle, elle reconnut sans difficulté Habeth. Même dans cette situation assez difficile, elle regrettait amèrement de ne pas avoir appris à connaître l’adolescente d’une autre manière. Un mélange de curiosité, de froideur et de naïveté émanait de la petite rousse. Bien différente pour autant de Zia, beaucoup moins impulsive et sanguine, sa continuelle solitude la rendait presque attachante. Non loin d'elle se trouvait Roche, dont elle distinguait l’inquiétude sur son visage, très malhabilement dissimulée. Elle avait beau regarder partout, Melody, Llednar, Zia et Oloren restaient aux abonnés absents. D’une démarche plus vive, elle s’approcha vers le dirigeant oranien, écoutant avec intérêt les questions et discours mutuels, les voix qui s’élevaient et les murmures des uns et des autres. Puis, elle rebondit à la question d’Habeth.

- Tu as une idée de combien de temps de répit nous disposons avant de nous faire attaquer ?

Alix, quant à elle, dans sa candeur habituelle, n’avait pas compris pour quelle raison elle avait dû fuir Nora avec William et ses parents. Elle avait reçu la visite de Snori, qui lui avait semblé bien plus vieux qu’auparavant, mais toujours avec cet air charmeur et avenant qui lui était propre. L’adolescente, elle, avait quelque peu gagné en maturité, tout en gardant quelque fois de vraies attitudes d’enfant. Il y a quelques jours, William lui avait expliqué qu’ils devaient partir vers une ville étrange pour être en sécurité. En fait, elle se rendait compte à présent qu’elle n’avait écouté que la moitié de l’explication de son ami, réfléchissant au même moment au nombre de cheveux d’un être humain. Comprenant néanmoins la complexité de la situation, elle se retint de poser d’autres questions.

A présent, ils marchaient tranquillement en direction de ce fameux lieu, sous un ciel dégagé absolument sublime. Habillée d’un pantalon en lin marron et d’un chemisier pourpre, elle agrippa le coude de son ami.

-Dis, est-ce qu’on va revoir les autres ? Zia ? On va revoir Zia ou pas ?
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Mer 25 Avr - 20:22

Plutôt maussade suite à cette brève entrevue avec Bartiméus, Snori fut satisfait de voir un visage peut-être plus amical arriver. Habeth et lui avaient toujours entretenus des rapports assez amicaux, bien que ceux-ci aient été de plus en plus rare ces derniers temps. Il ne la comptait pas réellement dans les personnes dont il était le plus proche, mais sa compagnie ne s’avérait jamais déplaisante. Son sourire s’effaça légèrement lorsqu’il aperçu son teint blême. Visiblement, la bataille de Rednow lui avait laissé des séquelles. Dès qu’elle fut assise à ses côtés et qu’elle lui fit part de ses craintes, l’épéiste lui adressa quelques onces d’inquiétudes, incrustées dans un regard empli de bienveillance. Avant de répondre, il eut malgré lui une pensée pour Zia en voyant les cheveux d’un roux franc de son interlocutrice. Il s’en voulait de s’inquiéter plus pour certains que pour d’autres, mais le fait était qu’il portait à sa disciple une affection toute particulière dont il ne pouvait se détacher. Pensant avec justesse que s’il y avait le moindre mort à déplorer Roche le lui aurait annoncé, Snori répondit enfin à Habeth.

-Ils le savent forcément. Nous sommes des centaines à arriver chaque jour. Mais je ne pense pas qu’ils aient l’audace de venir nous débusquer ici. Premièrement leurs automates ne peuvent pas approcher des marais, et ils ont surtout peur de cet homme qui nous a sauvés l’autre jour. On peut compter là-dessus pour le moment. Je ne sais pas comment on s’organisera ensuite, mais j’ai le sentiment que tout ira bien. Non, plus qu’une simple conviction ; je le sais tout simplement, même si je ne saurais expliquer pourquoi.

Il n’y avait eu aucune trace de folie ou d’absence sur son visage lorsqu’il avait énoncé ces dernières phrases dignes d’un fou. Ce fut à ce moment qu’intervint Laly. Malgré la grimace due à la puanteur ambiante, elle semblait en bon état. Finalement agacé de devoir donner un compte rendu de la situation à tous ses compagnons, il se leva, décidé à découvrir quel endroit ces derniers avaient établi leur quartier général – car il était pour lui inconcevable qu’ils n’en aient pas établi un. D’un geste de la main, il fit comprendre à l’ancienne porteuse de Nigfol qu’il leur apporterait toutes les réponses nécessaire, mais pas tout de suite. L’endroit était un peu trop bondé à son goût. Il mettrait au courant des nouvelles le peuple une fois qu’il se serait entretenu avec tous ses camarades, ceux-ci lui paraissant plus qualifiés que n’importe qui d’autre à mener cette opération. Habeth étant encore faible, il l’aida à se relever puis lui passa un bras autour de la taille pour la soutenir, avant de parler d’une voix claire :

-Vous aurez toutes vos réponses, je vous le promets. Pour l’instant, je dois prévoir la suite des évènements. Nous allons nous organiser très vite. Laly, s’il te plait, dis moi où je peux trouver Zia et emmènes y tout les autres, j’ai besoin de vous parler.

Depuis l’arrivée à Véonde, Llednar était resté la plupart du temps auprès de l’adolescente. Tous deux avaient fait le voyage ensemble, resserrant des liens déjà forts auparavant. Sa blessure relativement handicapante n’était rien comparée à la perte de son pouvoir. Elle se sentait lente, ridiculement lourde. Chaque pas lui faisait mal au-delà de l’imaginable. Sans doute était-ce une question d’habitude. Tous deux assis en tailleur près d’une grande cheminée éteinte, dans une mansarde située à l’extrémité de la ville, au calme. Ils avaient repris l’entraînement depuis peu, se préparant à combattre, mais n’avaient presque pas adressé la parole aux autres. Zia, ayant longtemps travaillé avec ses parents dans l’exploitation agricole familiale, avait jugé certaines parcelles de marais comme propices à la culture de certaines céréales. Les Fambriel, dont une petite moitié se trouvait également à Véonde, avaient commencés à prendre cela en charge. Bien que les résultats ne fussent pas très prometteurs, il valait toujours mieux compter sur cela que sur les réserves s’appauvrissant de jour en jour. Non loin de la ville, William repoussa Alix avec un petit sourire lorsque celle-ci vint se coller à lui. Étrangement, depuis la détérioration de leur relation autrefois amoureuse, il ne supportait plus son contact.

-Bien sûr que nous la reverrons. Forte comme elle est, impossible qu’elle soit tombée face à des créatures aussi grotesques que ces fameux automates dont tout le monde parle.

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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Mer 25 Avr - 21:02

"Comment tu veux que je sache ou elle est ? Je me suis écroulée comme une masse par terre, à moitié mourante ... Je crois même que ça fait plusieurs jours que je ne l'ai pas vu, et je me demande d'ailleurs si elle est encore en vie à l'heure qu'il est. Puis, c'est pareil pour Llednar. J'ai pas encore la faculté de connaître le lieu de position exacte des coéquipiers ! Comment veux-tu que je vous mène à un lieu que j'ignore ? Tu m'énerves à rien expliquer. J'en ai marre de cet endroit pourri, marre de ces conditions merdiques, marre de tous ces gens. Tout ce que je veux, c'est un vrai lit, dans un vrai endroit et dormir pendant des jours entiers dans le noir. Et puis merde."

Voilà ce que Laly rêvait de dire à Snori, un discours comparable à celui d'une gamine capricieuse et boudeuse. Ce sentiment d'incompréhension se révélait absolument terrible pour elle, et l'état de fatigue absolument déplorable dans lequel elle était la rendait très irritable. Cependant, se mordant les joues et plongeant son regard dans les yeux gris de son ami, elle répondit simplement.

- Je vais la chercher. Je vous rejoins près de l'arbre qui ressemble à un ... à un ... à un dragon chiroptère là-bas.

Sans lancer un regard vers les autres, elle commença à marcher dans la ville abandonnée, à la recherche de la rouquine ou d'un ancien camarade. Pendant une quinzaine de minutes, elle errait dans les moindres recoins, accordant aux passant un simple hochement de tête. C'est alors qu'elle apperçut la jeune fille, dans un coin relativement isolé, accompagnée de Llednar. Elle posa une main sur son épaule, et dit d'un ton plat.

- Snori veut nous voir. Suivez-moi.

D'une démarche nonchalante, elle ne prit même pas la peine de vérifier si ses deux amis la suivait ou non. A quelques mètres, elle crut apercevoir Melody. Elle porta deux doigts à sa bouche et siffla. Le bruit fut extrêmement désagréable, mais eut le mérite de dévier l'attention de la militaire vers l'ancienne porteuse de Nigfol.

- JENNSEN ! RAMÈNE-TOI !
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Louis
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Jeu 26 Avr - 10:08

La manière très impolie qu'usa Laly pour attirer son attention fit l'effet d'une bombe à Melody. Tournant rapidement sa tête en sa direction, elle la congratula d'un regard assassin, avant de finir d'expliquer aux nouveaux arrivants le fonctionnement de la cité d'un ton assez sec. La militaire se dirigea ensuite vers la fille Vrag avec un regard hautain.

- Si tu pouvais cesser d'imiter la pie, ne serais ce que quelques instants, cela rendrait la cohabitation plus agréable! Qu'est ce que tu veux?

En vérité, Melody savait quelle était la raison de l'appel de l'ancienne porteuse de Nigfol, mais il était plus simple de mimer l'ignorance. Tout comme Roche, elle s'interrogeait sur les instructions du Prince, même si ses sentiments étaient plus tournés vers le doute que la colère... Toujours agacée par Inès, elle la suivit jusqu'au lieu où se trouvait Snori et le reste de l'équipe. Se plaçant en face de lui, à quelques mètres de distances, elle s'assit en tailleur, jaugeant son ami du regard, comme essayant de deviner ses pensées. De la part du jeune homme, on pouvait s'attendre au meilleur, comme au pire... Roche suivit le mouvement, toujours en colère. Il s'appuya contre l'arbre, à l'écart, silencieux.
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Jeu 26 Avr - 13:01

Très vite, tous furent réunis sur une petite place indiquée par Laly. Bien que n'ayant rien de charmant, ce lieu avait au moins le mérite d'être relativement isolés. Certains soldats, sous une impulsion professionnelle, firent en sorte de fermer le périmètre pour que la réunion se déroule au mieux. Roche et Melody furent les premiers arrivés. Le prince adressa un rapide signe de la main à la capitaine, puis alla s'asseoir près des autres pour se relever moins d'une minute plus tard, lors de l'arrivée comme de Llednar et Zia. Même si elle ne pouvait que marcher à cause de la perte récente de son don, elle aurait voulu courir pour sauter dans ses bras. Comme pour répondre à ce manque, Snori traversa la distance les séparant en quelques enjambées rapides, puis la serra contre elle en éclatant d'un rire nerveux partagé par l'adolescente. Lorsqu'ils se séparèrent, l'épéiste posa avec émotion une main reconnaissante sur l'épaule de Llednar. Il avait beaucoup de choses à lui dire, en privé, et cela devrait attendre la fin de cette réunion. La première chose à faire était de partager les informations dont ils disposaient. Lorsqu'enfin ils furent tous installés, Zia prit la parole.

-On nous a expliqué que tu a fait le tour de Luuwr, mais pourquoi tu ne nous a pas prévenu? demanda-t-elle sur un ton de reproche. On pensais que t'étais mort, ou pire que tu nous avait totalement lâché!

Ces mots créèrent deux sentiments dans l'esprit de Snori. D'un côté, il était déçu qu'ils aient pu croire qu'il les trahirait de quelque façon que ce soit, mais leur indignement montrait finalement que l'idée de le voir les abandonner leur aurait paru invraisemblable. Se détournant vite de ces pensées futiles, il répondit à sa disciple:

-J'aurais peut-être du vous prévenir, c'est vrai. Mais si personne ne me voyait fuir vers Véonde, les nailikans auraient pu eux aussi me croire mort. Enfin, cela importe peu désormais que tous ceux prêts à résister sont là. Je n'ai forcé personne à me suivre, et sachez que tous ceux ne se trouvant pas ici sont bien plus à plaindre que nous. Ceci étant dit, je n'ai pas de plan pour reconquérir nos pays.

Cette annonce créa un courant glacial presque tangible pendant quelques secondes.

-Sérieusement? Qu'est-ce qu'on fait là alors?

Depuis ce jour où elle l'avait rencontré sur les quais de Nora, Zia vouait une confiance aveugle à Snori. Aujourd'hui, pour la première fois, cette dévotion commençait à vaciller. Elle se rendait compte que malgré toutes ses qualités, lesquelles lui semblaient innombrables, il restait un homme comme les autres, commettant des erreurs. Si la décision de venir se terrer dans les marais en était une, elle leur coûterait cher.

-Comme je vous l'ai dit, reprit Snori, je n'ai pas de plan, mais cela ne signifie pas que nous sommes condamnés. Avant tout, j'ai besoin de tout savoir sur cette ville. Comment vous êtres vous organisés, qui gère les vivres, où se trouvent les prisonniers,tout. Ensuite, je dois vous avouer quelque chose. Je sais qui est l'homme qui nous a sauvé lors de notre fuite à Rednow. Je sais aussi qu'il n'a pas le droit de nous aider une fois de plus, mais nos ennemis ont peur de lui. Il est notre assurance que nous ne serons pas attaqués. Cet homme, en réalité, n'en est pas un. Il se nomme Kayoshin Mangreefer, et à moins que je ne me trompe, il serait l'équivalent de ce que nous appellerions un "ange", si l'on en suit le dogme. Je crois que lui et ses alliés vont bientôt venir ici, très bientôt. Pour la suite...je m'en remet à eux.

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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Ven 27 Avr - 21:30

- En attendant il va falloir que vous assumiez votre rôle de roi, Snori. Le peuple attend qu'on le guide, qu'on lui dise quoi faire. Portant mon armure et ma masse d'arme dans les rues pour venir jusqu'ici, j'ai aperçu nombre de gens me désigner un salut guerrier. Ils sont prêts à combattre, ou à mourir. Il faut monter des fortifications, établir un plan d'embuscade, etc, la ville est tellement fragile que faire écrouler un mur sur des troupes ennemi est une tâche qu'un enfant pourrait exécuter. Vous ne pouvez pas vous permettre de vous reposer sur autrui, à l'heure actuelle, vous avez des ordres à donner.

Sur ces mots, Ralën, qui venait d'arriver, reparti vers un bâtiment massif, en pierre. Un donjon. Le lieu ou l'on pouvait trouver les armes abandonnées de la précédente civilisation.


Arawn avait laissé Ilyanna, qui s'était endormie, attiré par une odeur étrange. Contrairement au reste de la ville, elle n'était pas composée de moisissure. Seul lui semblait la percevoir, peut-être parce que son odorat était, de base, plus développé que d'autres. Il s'enfonça dans des ruelles encore moins engageantes que les marais eux-même...
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Sam 28 Avr - 7:43

Habeth avait écouté le discours de Snori avec attention. Le fait qu'il ne les ait pas prévenus de telle ou telle chose lui passait complètement au-dessus: elle avait été si fatiguée ces derniers temps que "penser" avait été un acte inaccessible. De plus, elle faisait confiance au prince, même si d'après les autres il avait commis quelques erreurs ces derniers temps. Mais de toute façon, le mal était déjà fait.

En revanche, les mots de Ralën l'avaient sortie de sa torpeur. Elle n'était peut-être pas en état de combattre pour le moment, mais elle pouvait apprendre à d'autres à le faire.
Fixant Snori avec plus de détermination qu'elle n'en avait possédé depuis de longues semaines, elle dit d'un ton doux:

"Ralën a raison. Nous sommes trop vulnérables, et nous ne pouvons nous reposer sur des hypothèses, c'est trop dangereux, on ne peut pas prendre le risque de se tromper. Il faut établir un système de défense, des murailles autour de l'enceinte de la ville, et préparer les hommes à se battre. Comme l'a dit Ralën, nombre d'entre eux sont probablement prêts à donner leur vie. Peut-être pas pour toi, Snori, se sentit-elle obligée d'ajouter, mais pour leur avenir.
Je suis prête à former rapidement des archers, avec Laly si celle-ci veut bien m'aider.
Elle riva ses yeux sur l'intéressée en souriant, sachant pertinemment que la jeune femme était également une archère hors pair. Il y a de nombreux arbres rabougris dans le coin, on pourrait les abattre et récupérer leur bois, les tailler pour fabriquer des flèches. Nous pouvons le faire. "
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Dim 29 Avr - 9:41

Quoiqu'il puisse ressentir, admettre la véracité du raisonnement de ses camarades constituait la seule option pour Snori. Leurs craintes étaient tout à fait rationnelles, dans la mesure où les forces ennemies s'accumulaient dans des proportions autrement plus grandes que les leurs. S'ils ne pouvaient pas attaquer, alors ils devraient faire converger leurs talents divers pour former une défense absolue, dans le cas où leur coup de bluff ne marcherait pas. Les nailikans pouvaient être dupés un instant, mais finiraient forcément par comprendre la supercherie. La volonté d'Habeth à vouloir apporter sa pierre à l'édifice fit en tout cas chaud au cœur du prince. Cette initiative, prise par Ralën, était habituelle pour un militaire si haut gradé, mais l'archère n'était jamais qu'une soldate lambda.

-Et moi je leur apprendrais comment utiliser une épée! Nous allons tous nous battre. Peu importe ce que certains peuvent dire, on te suivra jusqu'au bout!

Llednar hocha la tête d'un air approbateur pour appuyer les propos de Zia. Snori, à la fois ému et amusé, avait envie de répliquer qu'elle avait elle-même encore beaucoup à apprendre et que son entraînement était loin d'être fini, mais il n'eut pas le temps de prendre la parole: deux personnes venaient de faire irruption sur la place. Dans la rue adjacente, les gardes sensés empêcher quiconque de rentrer se regardaient, ébahis, visiblement incapable de prononcer le moindre mot. L'idée de stopper ces nouveaux venus leur avait paru tout simplement invraisemblable. Non, au delà de cela, il leur semblait évident qu'ils devaient les laisser passer. Au premier coup d'œil, chacun put reconnaitre l'un des arrivants. C'était cet homme aux cheveux bleus qui les avait aidé lors de leur fuite. Il avançait d'une démarche assurée, sa longue crinière hérissée flottant légèrement au gré des courants d'air chauds parcourant les rues délabrées de Véonde. Ses bras, nus à cause du débardeur sombre qu'il portait, étaient fins mais semblaient incroyablement musculeux. Les mains dans les poches, il observait les bâtiments alentours avec un certain dédain, mais aussi, pensa Llednar, avec une certaine pitié. Contrairement à Snori, l'ancien rôdeur parvenait à détacher ses yeux de la femme accompagnant leur sauveur. De cette dernière se dégageait une aura lumineuse intense, si puissante qu'elle éclairait la placette sombre. Ses cheveux, d'un blond éclatant, retombaient gracieusement autour de son visage d'une perfection indescriptible. Même si elle avait eu une armée derrière elle et une arme à la main, aucun être humain n'aurait été capable de la considérer comme une ennemie tant son expression semblait bienveillante. Même si le type au débardeur était impressionant, il faisait office de simple amuse-bouche à côté de sa compare. Vêtue d'une robe blanche simple portée habituellement par les enfants, elle vint tout naturellement s'asseoir en tailleur près des membres de l'expédition. Kayoshin, bien plus taciturne, croisa les bras et resta debout près d'elle.

-Bonjour, dit-elle simplement.

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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Dim 29 Avr - 13:15

Melody déclara quant à elle qu'elle s'occupait de la gestion de leurs maigres ressources depuis son arrivée. La population étant tellement croissante, il fallait veiller au bon ordre, dans un climat aussi hostile que celui de Véonde. Elle parlait d'une voix rauque, presque sans sentiment. L'épuisement la guettait, et elle ne parvenait plus à dormir la nuit, ce qu'elle ne dit bien évidement pas. Belwur, Nigfol et les automates habitaient ses rêves, ainsi que les nombreux défunts de cette terrible guerre.

A l'arrivée des deux inconnus, Bartiméus plaça instinctivement sa main sur son arme, et jeta un regard noir aux gardes de l'entrée. Si ils n'avaient pas le désir de stopper les intrus, au moins auraient ils pu avertir la garde. Les arrivants n'avaient pas l'air hostiles, mais on pouvait presque pressentir leur "aura" autour d'eux. Ils semblaient incarner la puissance et la confiance en soi, chose que beaucoup des habitants de Véonde semblaient avoir perdu... Etrangement, Roche se dit que cet homme et cette femme avaient un lien avec la perte de leur pouvoir. Il essaya de répondre poliment, sans cacher la méfiance de son visage.

- Bonjour... Bartiméus Roche. Qui êtes vous?

Se présenter était sans doute la première chose à faire...
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Dim 29 Avr - 14:14

Debout, les mains dans les poches, Laly regardait et écoutait Snori avec la plus grande attention. A la fin de son explication, l'ancienne révulseuse perdit ses pensées dans le nom "ange". Elle n'avait jamais été cartésienne, puisqu'elle avait vécu toute sa vie dans l'évolution de pouvoir et dans la recherche d'artéfact, mais l'évocation de l'existence d'êtres angéliques était absolument fascinante. Il y avait tellement de choses à expliquer, tellement de zones d'ombres qui pourraient être ainsi effacés ... Elle espérait que cette communauté ferait son apparition un moment ou à un autre lorsqu'elle entendit soudainement son prénom dans la bouche d'Habeth. Surprise, elle secoua la tête et fit un petit sourire en observant la motivation inébranlable de la jeune Zia.

- Former des archers ? S'ils ont leurs armes ou si nous pouvons en disposer, nous pouvons commencer la formation dans quelques heures ... En tout cas, je t'aiderai avec plaisir.


Au moment où elle allait lancer une boutade à la rouquine, elle vit un jeune homme aux cheveux bleus et à la musculature époustouflante, accompagné d'une jolie blonde rayonnante. Elle avait un air un peu enfantin, voire candide. Elle n'avait aucune idée de l'âge de la demoiselle. Comme un évidence, elle imita sa posture, la regarda quelques instants et lança d'une voix presque intimidée.

- Laly.

Les ensevelir de questions n'aurait été d'aucune utilité. Elle attendit simplement, et avec hâte, la réponse de ces mystérieux inconnus.
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Dim 29 Avr - 14:43

La jeune femme envoya un sourire resplendissant vers Bartiméus et Laly, mais ne répondit pas à leurs questions implicites ou explicites. Pour le moment, elle observait Snori, qui semblait subjugué par sa présence. Même lors des rencontres avec leurs pires ennemis, jamais il n'avait eu un air aussi hébété. Zia se souvenait encore de son sourire lorsqu'il avait fait face à Iyoh lors de leur voyage à travers Hovo. S'il avait vu un fantôme, il n'aurait en tout cas pas eu une expression très différente de celle désormais inscrite sur son visage. Tous deux se fixèrent un instant, et lorsque le prince s'apprêta à lui poser cette question qui lui brûlait les lèvres, elle lui donna la réponse avant de le laisser s'exprimer.

-Cela faisait longtemps que je voulais te rencontrer, Snori, affirma-t-elle de sa voix aiguë mais douce. Tu aurais du mourir à de nombreuses reprises durant ton aventure, mais j'avais besoin de toi. J'avais besoin de vous tous.

-C'est vous, n'est-ce pas? parvint-il enfin à demander. Celle qui m'a aidé lorsque nous allions être pendus à Nailika, celle qui m'a demandé de guider notre peuple à Véonde...

-C'est exact. Je suis désolée d'avoir eu à me servir de toi, mais je savais que tu accepterais mes décisions. Comme beaucoup de tes amis, ton cœur est pur.

Elle se tourna ensuite vers Kayoshin à qui elle lança un regard interrogateur, puis observa une nouvelle fois la petite assemblée. Kellue arriva à cet instant. Les gardes postés aux rues alentours auraient dus l'arrêter, mais ils buvaient les paroles de la jeune femme comme si rien d'autre n'avait d'importance. Ce fut donc sans le moindre soucis que la garde du corps d'Edward arriva en trombe près du petit groupe, fixant leur interlocutrice avec un rictus de rage. Le jeune aux cheveux bleus ne comprit ses intentions que trop tard lorsqu'il la vit débouler vers eux. D'un geste d'une brutalité hors du commun, Kellue agrippa la femme par le col de sa robe, et la plaqua contre un grand arbre trônant au centre de la place. Le sourire sur le visage de l'agressée n'avait pas disparu. Dans un même geste, Snori, Zia et Llednar se levèrent et firent un pas vers Kellue.

-Pourquoi...avez...vous...fait...ça? parvint-elle à articuler.

La jeune femme parut surprise un instant, puis cette sérénité revint se figer sur son visage.

-Oh, bien sûr, répondit-elle, Ohihir n'était pas n'importe quel artéfact. Il vous a sans doute transmis quelques informations avant de disparaître. Je peux sentir l'affection que vous lui portiez, Kellue Dovlass, et je comprend que vous soyez en colère pour vos pouvoirs, à vous ainsi qu'à vos amis. Je vous en prie, lâchez moi. Je ne serais pas venue si je ne comptait pas vous expliquer le pourquoi de ces actions.

Miraculeusement apaisée, l'ancienne parleuse relâcha lentement la fille à la robe, qui faisait signe à Kayoshin et aux autres que tout allait bien. Zia s'apprêtait à demander à Kellue pourquoi elle avait fait ça, mais Kayoshin fit signe à tous de se taire. Personne ne se risqua à désobéir à son ordre.

-Je vais maintenant vous répondre. Avant tout, je crois qu'il est de coutume, dans votre culture, de se présenter. Vous me connaissez sous le nom de Danna.

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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Dim 29 Avr - 14:57

Lorsqu'elle vit Kellue agresser l'inconnue de cette manière, Laly n'eut même pas le reflexe de se lever pour éviter un geste malheureux. Comme beaucoup, elle était hébétée face à l'explication de la jeune fille. Cependant, lorsque cette dernière affirma être Danna, elle demanda, intéressée.

- Danna ... Inutile de vous expliquer ce que vous représenter pour beaucoup de gens sur Valato. Mais, d'où venez-vous ? Et pourquoi être focalisée sur nous ? Enfin, surtout sur Snori. Quel est votre but?


Le ton de l'ancienne porteuse de Nigfol était extrêmement doux, très différent de d'habitude. Tout d'un coup, la fatigue et les rudes épreuves endurées n'avaient plus aucune signification pour elle.
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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Dim 29 Avr - 15:08

Ralën revint enfin de son allé au donjon, traînant une caisse lourde dont provenait de nombreux cliquetis. Il la relâcha lorsqu'il rejoint enfin le groupe. Juste à temps pour entendre la dernière phrase de la femme assise.

- Lok'neoh deb chavakin, Sare.

Votre chevalier vous salut, Madame.

Si le sénéchal avait instruit la langue ancienne à Erlyn, et Fründ, le père de ce dernier, une chose était sûre : il maîtrisait ce langage comme s'il était sien. Nul doute que la déesse connaisse la signification de ses mots, et sache saluer de la même manière, mais avant qu'elle puisse répondre, le paladin était déjà agenouillé devant elle.
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MessageSujet: Re: Véonde, L'Abandonnée   Dim 29 Avr - 15:21

L'arrivée de Ralën surprit tout d'abord la jeune femme, mais celle-ci lui adressa un sourire lorsqu'il s'adressa à elle dans cette antique langage. Le sénéchal devait sans doute être un fervent homme de foi s'il priait avec ces mots oubliés. Bien que comprenant parfaitement le sens de sa phrase, elle lui répondit dans la langue commune, parlée de tous.

-Votre dévotion me touche, mais allez plutôt vous installer près de vos camarades, vous n'avez nul besoin de vous agenouiller face à moi.

Kayoshin alla s'adosser à l'arbre tout en lançant un regard intéressé vers la scène. Il adorait voir ce genre d'idiots vouer un culte à son amie. Depuis que Danna avait commencé à parler, plus personne ne prenait vraiment en compte sa présence, et cela était parfait. Avec douceur, celle que tous considéraient comme une déesse demanda à l'assemblée de s'asseoir. Une fois que chacun fut installée, elle répondit aux questions posées par Laly.

-Irwan Knell a souvent effleuré ces réponses sans jamais parvenir à les toucher. Tous les artéfacts connaissaient la vérité sur notre compte, mais aucun ne pouvait en parler. Avant de me lancer dans les explications les plus complexes, je désire avant tout vous affirmer que mon désir à toujours été de voir votre camp l'emporter. Bien que Luuwr et l'Oran soient condamnables sur bien des plans, si la victoire avait été votre, je sais que vous n'auriez pas instauré un régime aussi terrifiant que celui de Nailika. Je vous ai guidé vers vos artéfacts dans ce seul but.

Elle prononça cette dernière phrase en regardant successivement Laly, Kellue et Melody.

-Malheureusement, il semble que vous ne possédiez pas la puissance nécessaire pour vaincre.

-Mais on avait Nigfol avec nous! Laly avait assez de force pour détruire une armée entière! objecta Zia.

-C'est vrai. Et il est également vrai que Nigfol vous aurait trahie. Je peux créer les artéfact, mais pas leur imposer ma volonté.

Cette annonce jeta comme un froid. Personne n'avait jamais vraiment apprécié Nigfol, mais de là à penser que cette petite peste aurait fini par les trahir. Danna adressa un sourire triste à l'ancienne porteuse de l'artéfact, puis fit un ample geste des bras, les tendant de chaque côté de son corps, paumes ouvertes. Apparurent alors les avatars de Nahaow, Offtaür, Nigdaoz, Ohihir, Demi-Portion, Belwur et Nigfol.

-Je pense qu'il sera bon pour tout le monde que certaines informations proviennent de leur propre bouche, affirma Danna.

Belwur et Nigfol mis à part, tous semblaient se ranger derrière Ohihir, qui observait Kellue.

-Nous savions que nous allions disparaître, dit-il de sa voix grave. Nous avons aidé Orion et les autres dans le seul but d'obéir à nos maîtres. Kellue, vous autres. Vos sentiments et les nôtres ne sont pas comparables. Nous ne sommes pas des êtres humains, et cette guerre ne nous concerne pas. La plupart d'entre nous agissent comme Danna nous ordonne de le faire. Ceux qui sont purs, ceux qui n'ont qu'un maître. Certains d'entre nous...ne répondent pas à ce critère.

Les cibles de ses derniers mots étaient évidentes: Belwur et Nigfol étaient clairement différents des autres avatars.

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