Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Un joyau rayé

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Pomme
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Lun 9 Avr - 12:32

Les pieds nus de Laly se balançaient dans le vide lorsqu'elle entendit le son de la grande cloche. Il fallait fuir. Elle n'avait plus le choix à présent : descendre de cet maudit arbre et faire face aux automates restants étaient devenus une évidence. Au loin, elle croyait percevoir ses amis quitter ce lieu désastreux, tout comme les armées restantes. Périr seule ici, de manière si pathétique, il en était hors de question. A quelques mètres de l'orme, peut être deux-cent tout au plus, un cheval à la robe orangée se tenait, haletant et visiblement épuisé : l'animal sans cavalier devenait, aux yeux de la brunette, la seule et maigre chance de sortir de cet enfer. Le temps était compté.

Sans se poser de question, elle glissa le long du tronc avec difficulté, épuisée et décontenancée par la perte de ses pouvoirs. Pendant quelques secondes, alors que la cloche continuait de retentir, elle hésita à poser un pied à terre : elle savait que ses chances de survie étaient minimes, mais il n'y avait pas d'autre solution. Un automate commençait dors et déjà à s'avancer vers elle. S'agrippant à une branche positionnée au dessus, elle se balança pour attérir à une distance relativement éloignée de son ennemi. Son corps était à présent en contact avec la terre ferme, et ce malgré les forces qui s'envolaient de minute en minute, elle devait fuir. Des plaies béantes et des ecchymoses violacées commençaient à apparaître sur son corps décharné. Avec difficulté, saisissant tout ce qui passait entre ses mains pour se défendre, et plus particulièrement des restes d'automates morts au combat, elle courrait vers le destrier qui n'avait, par miracle, pas bougé d'un centimètre.

Les joues humides et le regard effaré, elle tentait de canaliser le cheval roux, visiblement nerveux. Au bout d'une minute qui lui sembla interminable, elle réussit à monter sur son dos, puis à suivre ses camarades qu'elle apercevait au loin. Si tout se passait comme prévu, en quelques minutes, elle les aurait rejoints.
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Lun 9 Avr - 14:58

-On fuit le plus vite possible. Sauvez votre vie avant de penser à celle des autres, et surtout suivez moi sans broncher !

Snori lança ces mots exacts à Bartiméus, puis les répété à quiconque croisait son chemin, en donnant comme directive de faire passer le message. Après tout ce temps, le prince commençait à connaître son ami. S’il y avait des blessés, des personnes âgées, n’importe qui ayant besoin d’aide, il serait sans doute allé leur porter secours. Ce genre d’intentions ne pouvaient qu’être louées, cependant leur échappée ne leur permettait pas de ralentir pour leurs amis. Si l’occasion se présentait de secourir des alliés sur le chemin, ils devraient la prendre, mais en aucun cas ils ne pouvaient se permettre de se retourner. Avoir recours à une philosophie si élitiste le répugnait, pourtant il n’avait pas le choix. Rapidement, il arriva aux portes Nord de la ville, où beaucoup l’attendaient en guettant les automates. Fort heureusement, ceux-ci ne semblaient pas comprendre la manœuvre. La tâche n’en serait que moins complexe. Rapidement, Snori vit que beaucoup de ses camarades se trouvaient parmi la foule. Il crut apercevoir Ilawen au loin, accompagnée de sa fille adoptive. Il eut également un soupir de soulagement en voyant Zia, dans un état déplorable mais encore en vie, dans les bras d’Illyanna. Elle avait poussé un râle de douleur lorsqu’on l’avait emporté, mais s’était forcée à voir le côté positif des choses : même si ses plaies s’ouvraient, quelqu’un venait à se secours.

Un brouhaha assourdissant s’élevait de la masse sombre formée par les survivants. D’aucuns débâtaient sur la pertinence de la retraite vers l’Est, pourtant personne n’osait contester les ordres donnés. Snori savait parfaitement ce qu’il faisait, ou du moins il savait que son idée était la seule leur accordant une chance de s’en sortir. L’existence des automates était connue de Luuwr depuis déjà plusieurs semaines. Bien que partant de zéro, les meilleurs ingénieurs et autres spécialistes s’étaient plongés dans l’étude de ces fabuleux soldats pour déceler leur point faible. À leur grand désarroi, ils ne semblaient pas en avoir : la puissance des émeraudes de Koïden surpassait largement celle de toutes les autres armes. Il restait toutefois dans leur constitution une minuscule faille. Un gaz, incroyablement volatile, totalement bénin pour l’homme, mais pouvant causer des ravages sur les animaux dont les systèmes immunitaires étaient fragiles. Étrangement, cette même substance affectait également les émeraudes, les rendant plus friables, voire les brisants. Ce gaz, dégagé par les substances toxiques des grands marais du Sud, ne pouvait en aucun cas être transporté. Beaucoup avaient cherché à recréer un environnement apte à le reproduire, mais personne n’y était encore parvenu à ce jour. Snori avait découvert tout cela à Nora. Il n’y avait qu’un seul endroit où l’armée nailikane ne pourrait rien contre eux : ces grands marais. Les survivants seraient confinés, mais seraient toujours plus confortablement installés que dans des cercueils, d’autant qu’une ville laissée à l’abandon depuis bien longtemps se dressait toujours sur place : Véonde. Vivre dans un milieu si hostile s’avérerait compliqué, mais il n'avait que ça en tête pour le moment. Prêt à faire son annonce, Snori tourna la tête vers ses compagnons, et le silence s'installa sans qu'il n'ait à le demander.

-Bien! Nous allons devoir marcher longtemps, sans relâche, et nous n'attendrons pas ceux qui sont trop lents. C'est cruel, mais le sacrifice de quelques uns permettra la survie de tous les autres. Je sais que vous contesterez, mais nous n'avons pas le choix! Si vous ne me faites pas confiance et que vous préférez vous rendre ou vous réfugier à Nora, je ne vous force à rien! Je vous l'annonce: c'est à Véonde que nous nous rendons. Allons y!

Immédiatement, une grande vague de désapprobation fit son apparition. Tous connaissaient la ville fantôme, sans doute le lieu le moins accueillant de tout Luuwr. S’entasser dans ces marais puants, cette idée ne relevait-elle pas simplement de la folie ? Sans se soucier des réactions diverses, Snori entama sa marche. Une bonne moitié des hommes présents le suivirent, mais les autres demeurèrent ou partirent dans l’autre sens. Kellue, pour sa part bien décidée à faire confiance en cet homme, agrippa le poignet d’Edward et l’obligea à les suivre sans lui demander son avis. S’il fallait l’assommer pour le mettre en sécurité, elle n’hésiterait pas une seule seconde. Rapidement, des corps inanimés mais encore vivants furent chargés dans des grands chariots, et une véritable marée humaine se mit en marche, ou plutôt en course. En effet, même les plus âgés trottinaient, soucieux de ne pas ralentir leurs camarades. Tant qu’ils ne dépassaient pas la façade Nord, tout se passerait bien. Une fois qu’ils seraient dans le champ de vue des automates, les dommages risquaient en revanche d’être importants.

-Et c’est là que j’interviens, siffla le jeune homme aux cheveux bleus entre ses dents.

Un sourire carnassier se dessinait sur son visage, dont toute forme d’appréhension avait disparu. Son compagnon en costume noir, jusque là satisfait, tira pour sa part un rictus tinté de surprise.

-Selon les règles, Kayoshin, tu n’as en aucun cas le droit d’intervenir dans le jeu de deux êtres supérieurs comme nous…

-Une fois que tous les pions sont mis en place. Je connais les règles, Reingleff. Il se trouve que tous les pions ne sont pas présents : la pièce principale de ton adversaire vient tout juste de disparaître. En attendant, j’ai donc le droit de m’amuser comme bon me semble…

Le dénommé Reingleff lança un regard dégouté vers la jeune femme, qui parut tout à coup aussi impétueuse que son ami. Elle avait déjà un coup d’avance…

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Lun 9 Avr - 18:35

- SNORI PENDRAGON !

Le paladin sénéchal, debout, auprès d'Oloren - dont les crampes avaient cessées -, était sur le chemin du groupe qui avançait vers Véonde. Ils étaient partis à l'Est, et les avaient attendus ne sachant pas où se dépêcher. Ilyanna n'avait pas lâchée Zia, elle faisait preuve d'une douceur peu commune suite aux blessures de la rouquine. Arawn, lui, avait installé Habeth dans ses bras de sorte que sa plaie ne se rouvre pas... Sans oublier de traîner son apprenti derrière lui. Le massif forgeron pris la marche auprès de Snori, comme tous les autres.

- Où allons-nous, prince ?

Même si la disparition de son don avait fait partir sa fatigue, il conservait une majorité de cheveux blancs, malgré les quelques mèches roses restantes. La question qu'il venait de lui poser était rhétorique, mais il voulait confirmer cet avis avant d'entreprendre toute autre réflexion.
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Louis
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Mar 10 Avr - 18:35

Un fort sentiment de colère naquit dans la poitrine de Bartiméus. Il savait que Snori donnait un ordre stratégique nécessaire à la survie de leur armée, néanmoins, de cet ordre allait découler la mort de centaines, peut être même de milliers de personnes, abandonnés à leur sort par une armée ayant échoué dans leur mission de protection... Le jeune homme était déchiré dans un combat qui opposait sa passion et sa raison. Son coeur lui dictait de rester ici, et d'aider au mieux les derniers hommes, femmes et enfants qui s'échappaient, et son esprit lui disait d'obéir au prince... Furieux contre lui même, il se plaça en queue de la formation, prêt à aider ceux qui peinaient à suivre la colonne...

Melody, quant à elle, s'était placée en tête, aux cotés d'Edward de Reydoran et de Kellue. Elle avait du reconnaître l'efficacité de l'armée Reydoranne, qui l'avait sauvé de justesse de la mort. Sans la cavalerie du prince, elle serait sans doute morte à l'heure qu'il était. Inès avait, elle, apparemment disparu, et était sans doute morte transpercée par un automate...

- Merci de votre intervention, Prince Reydoran... dit Melody d'un ton forcé. Elle n'aimais pas vraiment admettre qu'elle avait eu tort en pensant que le jeune homme serait fourbe avec eux...

Presque surpris de ce remerciement, Edward regarda la militaire d'un air étrange, comme si cela était la première fois qu'il la voyait... Il ne s'attendait pas du tout à cette reconnaissance de la part de la jeune femme, et pensait qu'il tiendrait à tout jamais le portrait de l'intriguant arriviste prêt à trahir à tout instant, pourtant, les choses changeaient, comme c'était souvent le cas dans des moments de crise. Une certaine solidarité se formait entre les Nailikans et les Luuwriens/Oraniens. Ces derniers voyaient bien qu'eux aussi mourraient sous les coups des automates... Interrompant les pensées d'Edward, Melody demanda à Kellue:

- Ils ne reviendront pas, hein?

La jeune femme connaissait déjà la réponse, mais elle avait besoin de le formuler à haute voix...
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Pomme
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Mar 10 Avr - 19:35

Pendant de longues minutes, Laly avait suivi la marée humaine à distance sans quitter de vue ses camarades. Les automates se trouvaient à présent loin derrière elle, même si la fille Vrag jeta tout de même, à une dizaine de reprises, des coups d'œil inquiets par-dessus son épaule. Son destrier, qui n'était pas l'un des plus dociles, tenta de rebrousser chemin au bout de quelques mètres, ce qui la retarda légèrement. Puis, lorsqu'elle jugea leur position suffisamment proche de Melody et de Snori, elle abandonna son encombrant compagnon de voyage et usa de ses dernières forces pour s'avancer.

C'était tout simplement la cohue, de part en part, dans les moindres recoins de la foule. Entre les vieillards inquiets, les enfants terrorisés et les femmes éplorées, la jeune femme réussit tant bien que mal à se frayer un chemin jusqu'à ses camarades, qui devaient très certainement la penser morte. Au bout de quelques minutes de recherches, elle reconnut immédiatement la silhouette élancée et la chevelure châtain de Melody. Trop heureuse d'apercevoir un visage connu et désireuse de connaître enfin la vérité, elle lui demanda du tac au tac, le visage sale et les vêtements déchirés :

- Où est Belwur ?
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Louis
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Mer 11 Avr - 16:24

Melody regarda un instant des pieds à la tête la jeune femme, remarquant son air débraillé, ses vêtements sales et déchirés. Elle s'apprêtait à faire une remarque désobligeante mais se ravisa. Ces querelles étaient inutiles, surtout dans leur situation.

- Au moins, tu es en vie déclara la militaire, rassurée...

La jeune femme jeta un coup d'oeil à Kellue, qui n'avait rien répondu, mais qui n'avait sans doute rien à dire face à ça, autre que de constater la disparition des artéfacts. La seule personne qui aurait pu les aider était Irwan Knell, et le pauvre était mort des mains d'Iyoh... De toutes leurs pertes, c'était sans doute la plus importante pour les Oraniens...

- Inès, ils sont partis... affirma difficilement Melody, comme si ces mots lui causaient une douleur insupportable. Belwur, Ohihir, Nahaow, et tous les autres. C'est définitif, je le crains...

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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Mer 11 Avr - 17:11

Kellue, tout en gardant en permanence un œil rivé sur Edward, semblait totalement absente. Depuis ces grands flashs lumineux, elle se sentait vide. La disparition de son éternel camarade avait fait disparaître une partie même de son être. En observant Melody et Inès, on pouvait deviner que leur cas n'était pas très différent. Elles aussi avaient du apprendre à vivre avec les avatars, que cela leur plaise ou non. Tous les porteurs finissaient par accepter leur sort. Seulement, l'abolition pure et simple de leurs pouvoirs rendait le constat plus pessimistes. Que ferait la marcheuse à présent, sans la puissance brute d'Ohihir? Tous ses mouvements lui paraîtraient bien lents désormais. Machinalement, elle se tourna vers l'armée d'automates, loin derrière eux. Pour le moment, aucun ne semblait disposé à les attaquer tant la destruction de Rednow les occupait, cependant certains se rapprochaient de manière inquiétante. Si personne ne venait retenir les créatures difformes, ils seraient très vite rattrapés. Seulement, plus personne ne possédait une force nécessaire pour affronter une armée. Momentanément subjuguée par les flammes dansantes, la parleuse répondit à la question de Melody avec un temps de retard:

-Je crois qu'ils ne reviendront pas...

Décidé à ne pas perdre la moindre seconde, Snori accélérait le pas. Il ne lança qu'un sec "Véonde" lorsque le sénéchal le questionna sur leur destination, et ne lança aucun regard à Zia pour laquelle il se serait inquiété en temps normal. Trop de choses se mêlaient. De ses choix présents se dessineraient l'avenir de milliers de citoyens, d'inconnus comme d'amis. Tous ceux le suivant lui faisaient pleinement confiance, mais lui-même n'était pas sûr de prendre le bon choix. Une aide aurait été la bienvenue, mais qui aurait pu lui apporter? Irwan, bien sûr. Il aurait pu si la lame acérée de la dernière Ombre ne lui avait pas ôté la vie. Omer Gueldre aurait également constitué un allié de poids s'il n'avait pas été coincé à Nora. D'ici une semaine tout au plus, la capitale oranienne verrait la flotte nailikane fondre sur elle. La neutralité hovoïte ayant été violée tôt dans l'après-midi, les survivants de Rednow n'avaient donc plus le choix. Véonde, la ville fantôme. Une croix fut dressée sur son nom lorsque les luuwriens décidèrent de faire d'Abrial leur capitale. Bâtie en plein centre de ces marais putride, propice aux maladies et à la famine, chacun préféra l'oublier ou n'en parler que pour la maudire. Ses murs sombres, ses ruelles délabrées, sa puanteur continue; tant d'éléments qui feraient à présent leur quotidien. Ils marchèrent une bonne dizaine de minutes sans que rien ne vienne les inquiéter.

Ce fut au bout de ce court laps de temps que les premiers signes de fatigue et de peur apparurent. Un soldat luuwrien était en effet tombé par pur hasard sur un automate visiblement esseulé, puis l'avait abattu non sans peine à l'aide de l'un de ses compagnons. Il ne s'agissait néanmoins pas d'une machine déréglée se retrouvant ici par hasard. Des bruits sourds retentirent tout autour des milliers d'hommes se déplaçant. On entendit l'acier chuinter de toute part, les hommes ayant tiré leurs lames dans un même réflexe militaire. Le restant d'hovoïte, bien que moins entraîné, faisait preuve de cette même vivacité. Il y eut alors un flottement, interminable, durant lequel chacun continua d'avancer en produisant le moins de bruit possible, puis ce fut le vacarme final. Derrière eux, une grande moitié de l'armée nailikane courait. Snori, qui avait jugé ces robots de combat relativement lents, ne put retenir un hoquet de surprise. Ils se déplaçaient à une vitesse faramineuse, bien plus vite que la moyenne humaine. Llednar lui-même doutait de pouvoir les distancer sur un terrain parfaitement vierge. Ceux à l'arrière de la troupe étaient principalement des vieillards ou de grandes familles ne voulant pas se séparer pour le voyage. Parmi eux, une bonne proportion d'enfants. Si ils périssaient, tous leurs futurs guerriers mouraient. Il fallait à tout prix les protéger, or se déplacer dans cette masse humaine s'avérait tout simplement impossible. Dans tous les cas, à quoi bon se donner du mal? Personne ne pourrait plus rien. Ils avaient perdu, simplement, et allaient mourir ici même.

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Mer 11 Avr - 20:54

Tout en injectant le sang d'Erlyn dans la jambe d'Oloren, le sénéchal lui ordonna de courir, ce qu'elle fit, et même si elle ne courrait plus telle une fonceuse, ses jambes musclées lui permis de distancer rapidement le lieu de combat. << Quelqu'un doit écrire l'histoire, Oloren. Il doit rester quelqu'un capable de se souvenir de ce qu'il s'est véritablement passé. Alors souviens-toi, c'est un ordre. N'oublie jamais. Ne nous oublie jamais. La vérité doit être diffusée.>> Les mots de son grand père étaient sans appel, mais gorgés d'une bienveillance presque choquante vis-à-vis du niveau de la situation. Quelques nailikans tentèrent de la tuer au passage, mais ce fut Ralën qui ouvrit un passage au travers de cette première ligne. Une fois lancée, elle disparût suffisamment loin. pour éviter d'être mêlée au combat. Il repris sa place auprès des survivants.

- Bon et bien, il semblerait que Nailika soit assez lâche pour s'en prendre à des blessés. Est-la toute la fierté dont peut faire preuve cette nation qui dit vouloir se libérer ? Est-ce la un procédé qui semble juste aux yeux de tous ? Pas aux miens. J'aurais aimé, que l'on perde ou non cette guerre, poser ma petiote sur mes genoux, et lui conter mes aventures. J'aurais aimé qu'elle vive avec moi comme si nous avions toujours été une famille. En vérité j'aurais aimé un bon nombre de choses, mais qu'importe puisque, apparemment, nous allons faillir ici. NAILIKANS ! Êtes-vous assez faible d'esprit pour penser que VOTRE liberté DOIT nous coûter LA NOTRE ? Sachez, mes très chers ennemis, que vous avez tué des enfants. Leurs mères, leurs pères. Imaginez la douleur d'une mère sans famille, la déchirure d'un père qui vois le sang des siens, le traumatisme des enfants qui grandirons orphelins ... Imaginez-vous à la place de chacun d'entre eux. Que ceux qui sont inquiets à ce sujet rentrent chez eux... Et que tous ceux qui n'ont déjà plus rien, ou qui sont assez inconscients pour risquer de tout perdre s'approchent, ils finirons comme ceux que j'ai déjà tué...

Il savait son discours inutile. Certes sa présence était apaisante, et il émanait de lui une assurance qui forçait le respect, mais il n'était pas le supérieur de ces soldats. Malgré toute la résonance de ses mots, ils les savaient sans effet... Il ne faisait que se rassurer lui-même.




"Quelqu'un doit écrire l'histoire, Oloren. Il doit rester quelqu'un capable de se souvenir de ce qu'il s'est véritablement passé. Alors souviens-toi, c'est un ordre. N'oublie jamais. Ne nous oublie jamais. La vérité doit être diffusée." Ce sont les mots de mon grand-père. Ce sont les vainqueurs qui écrivent l'histoire. Mais moi, je n'oublierais pas la vérité. Je cours, sans cesse je cours. Je ne me suis retourné qu'une fois, et personne derrière moi. Je n'entends plus rien depuis un certain temps. Je continue de courir, même si le douloureux souvenir de ces crampes soudaines laissent une hésitation dans ma foulée. J'ai l'impression de n'avoir jamais couru aussi vite. C'est comme si j'étais sur le dos de Myzraël ... Son souvenir m'arrache une larme, celle de mon frère une seconde, et rapidement, tout ce que j'ai vécu depuis de nombreux mois me reviens, je me rends bien vite compte que je ne laisse plus échapper des larmes, mais des pleurs. Je ne comprends pas pourquoi tout cela arrive. Je me souviendrait de tout. C'est tout ce qui compte. Je croyais courir vers Véonde, ce qui est censé être notre destination, mais le bruit de mes pas changent soudainement, je glisse et tombe dans de l'eau. De l'eau salée. Lorsque je regarde devant moi, la mer me regarde mélancolique. Je n'ai pas compté depuis combien de temps j'ai couru, mais mes pieds me font extrêmement mal. Je retire mes chaussure et les plongent un instant dans la mer glaciale...
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Sam 14 Avr - 14:53

Les yeux écarquillés, Laly observait Melody. Comment et pourquoi les avatars avaient fui ? Était-ce seulement envisageable ? Non, l'ancienne porteuse ne comprenait décidément rien à ce qu'il se passait. Kellue avait l'air dans le même état qu'elle : perdue, désabusée, démotivée. A ce moment précis et sans aucune hésitation, elle aurait vendu père et mère pour sortir de ce cauchemar dans lequel ses camarades et elle s'engouffraient peu à peu. Sa survie face aux automates tenait aussi du miracle, les retrouvailles avec ses compagnons également et Inès se rendit bien vite à l'évidence : que ce soit physiquement ou psychologiquement, aucun d'entre eux n'était apte à combattre une nouvelle fois.

Dans le brouhaha ambiant, ignorant royalement la remarque de Melody, elle pressa le pas pour arriver à la hauteur de Snori. A première vue, il ne semblait même pas avoir remarqué sa présence et elle avait bien du mal à suivre la cadence infernale qu'il imposait à la troupe et à lui-même. Saisissant vigoureusement son poignet, elle plongea son regard d'ébène dans celui de son ami. Cinq secondes interminables. Elle ne savait pas par quoi commencer, ne savait même pas que dire aux vues de l'état catastrophique de la situation, et le jaugea des pieds à la tête. Il avait bien grandi.

- Qu'est-ce ... C'est quoi ce bord...

Elle s'arrêta en plein milieu de sa phrase, effrayée par les automates qui arrivait en masse une seconde fois et par cette foule composée presque exclusivement de civils, de femmes, de vieillards et d'enfants. L'envie d'abandonner résonnait dans son esprit, découragée par cette marée robotique. Puis, dans un élan qui la surprit elle-même, elle lâcha le bras de Snori et déclara innocemment :

- Je ne vois qu'une solution : un explosif. Si c'est bien géré, ça pourra les ralentir. Je me porte volontaire pour y aller, s'il n'y a que ça. Encore faut-il en disposer ...
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Sam 14 Avr - 19:31

Utiliser une bombe aurait sans aucun doute ralenti les automates pour un court instant, mais cela aurait surtout causé des dommages collatéraux considérables. Bien qu'attirante, l'idée de Laly n'en était donc pas une bonne. Snori observa la fuite d'Oloren avec un sentiment partagé entre la fierté et l'amertume. Certes, fuir constituait la meilleure solution, pourtant il n'aurait pas pensé que l'adolescente les abandonnerait si facilement. Cet homme imposant se présentant comme son grand paire avait sans douté usé d'arguments très convaincants: vu son éloquence lors du discours adressé à leurs adversaires, ce n'avait rien d'étonnant. Ces paroles sur l'intérêt même de la guerre coulaient de sens, seulement les machines ne pouvaient pas comprendre. Créées pour tuer, elles se contenteraient d'effectuer cette tache. Face à elles ne s'élevaient pas un peuple avide de survie, mais un simple fourmillement causé par des centaines de proies. Déjà, la chasse commençait. Dans à peine une minute, les premiers combats débuteraient, des combats que Nailika n'aurait aucun mal à emporter. Tout espoir disparut au fur et à mesure que l'armée avançait vers les rescapés de Rednow. Trop abasourdi pour faire le moindre geste, Snori fixa bêtement leurs bourreaux pendant plusieurs secondes sans prendre la peine de répondre à Inès, puis il se ressaisit.

-Courez! Droit vers l'Est! Ne vous arrêtez pas!

Peu à peu, l'ordre se proliférait et la plupart se mirent à accélérer comme le leur conseillait leur chef. Désormais, toute cohésion disparaissait. Une seule chose comptait: se rendre à Véonde. Les troupes se divisaient, certains préférant se dissimuler, d'autres fonçant droit vers la ville fantôme située à plusieurs jours de marche, peut-être même des semaines. Llednar, instinctivement, avait pris Zia des bras de sa porteuse et la cala sur son dos avant de partir plus vite que n'importe qui d'autre. S'il s'agissait de fuir, il se savait doué. Pour les combats, il n'aurait pas servi à grand chose. Ne se préoccupant plus de ses subordonnés, Snori aussi courait, tout en prenant soin de rester en dernière position et en s'arrêtant de temps à autre. Il tentait d'attirer l'attention des troupes adverses sans trop d'espoir d'y parvenir. Certains, encore plus pessimistes, s'avançaient vers les automates et s'agenouillaient en signe de soumission, espérant obtenir la grâce des machines. Une fois qu'une bonne dizaine de ces couards furent tués, plus personne ne joua la carte de l'abdication. Inexorablement, les automates rattrapaient les hommes, dont le souffle se faisait court tandis que leurs adversaires ne ressentaient pas la fatigue. Il leur aurait fallu un miracle pour s'en sortir. Beaucoup se mettaient à prier, espérant se rendre compte que tout cela n'était qu'un cauchemar. Personne ne se réveilla. Le miracle, un sourire arrogant figé sur les lèvres, fit pour sa part son apparition spectaculaire, dans un halo de fumée sombre. Semblant tomber du ciel, le miracle devait mesurer un mètre quatre-vingt, portait un débardeur sombre et avait des cheveux bleus anormalement hérissés.

-Il est temps de s'amuser un peu, murmura-t-il entre ses dents, ce qui n’empêcha personne de l'entendre tant sa voix résonnait avec une beauté indescriptible.

L'armée adverse dans son intégralité se concentra sur ce nouvel adversaire, qui prenait une position farfelue, voire animale: il se tenait recourbé, les bras légèrement au dessus de sa tête, prenant appui sur sa jambe gauche tandis que la droit, tendue devant lui, frôlait à peine le sol. Un premier automate, visiblement parfaitement programmé pour ne pas avoir à ressentir la moindre hésitation, fonça vers le miracle, toutes lames devant. Le jeune homme fouetta l'air de son poing fermé: une imperceptible vague d'énergie vint alors faire valser non seulement le premier robot, mais également tous ceux se situant derrière lui. Passant à son tour à l'attaque, le sauveur des rescapés se glissa au milieu de ses ennemis en les frappant de ses membres nus sans que ceux-ci ne puissent rien faire. Sa façon de se battre le faisait ressembler à un félin égorgeant sa proie. Désormais, le prédateur ne se trouvait plus chez les nailikans. Entre deux robots réduits en charpie, l'inconnu eut le temps d'adresser quelques mots à Snori en plongeant ses deux yeux d'un bleu profond dans ceux, gris, de l'oranien.

-Qu'est-ce que t'attends? Cours, avec tous tes larbins, grouille!

Même s'il ne comprenait pas pourquoi ils devaient fuir étant donné que les automates se faisaient anéantir, Snori obéit et somma aux autres d'en faire de même. La voix de cet homme lui rappelait celle de la femme lui parlant de temps à autres. Cette femme qui ne se trompait jamais. Cette femme qui se tenait de nouveau assise sur la colline, et qui observait Kayoshin jouer avec "les méchants". Il avait le droit de vaincre ceux-ci, mais pas le reste. Snori devait réellement fuir à présent. Avec une nonchalance certaine, elle tourna la tête vers l'homme au costume noir, toujours debout à ses côtés.

-À quand fixons nous la date de notre petite annonce? lui demanda-t-elle.

-Attendons que tes rats se soient terrés dans leurs trous, répondit-il avec un air hautain.

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Sam 14 Avr - 21:41

En voyant Snori fuir, Ralën eut probablement la plus stupide réaction de sa vie, à savoir "pourquoi il cours ?". Un regard en arrière le décida à en faire de même. Le géant aux mèches roses avait chargé sa masse sur son dos et faisait preuve d'une force physique admirable vu le poids de l'armure. Arawn courut aussi, avec Habeth sur le dos, accompagné de Ilyanna, qui, déchargée de son fardeau, courrait bien plus vite à présent. Le sourire du sénéchal fendait son visage au regard amusé. Il riait, hurlait de joie et déblatérait des mots en langue ancienne qui semblait le réjouir au plus haut point ...



Je crois que je me suis endormie près de l'eau. Je ne sens plus le sable ni la mer. Je ne sens plus mon armure, d'ailleurs. Je ne sais pas où je suis, mais quand je rouvre les yeux, c'est un plafond que j'ai au dessus de moi. Combien de temps s'est écoulé depuis que j'ai abandonné mes amis, je n'en ai aucune idée. Le plafond semble bouger de droite à gauche, je devine que je suis dans un bateau. Je suis trempée. J'en déduis aussi que la marée m'a emportée. Lorsque je tente de me relever, mon corps retombe, mais pas sur le matelas. Des mains me rattrape et me pose délicatement. Le visage du jeune homme qui repose la couverture sur moi ne m'est pas inconnu. J'ai du mal à savoir qui, mais une odeur, d'alcool, je crois, me revient dans le nez. Je sombre à nouveau dans mon sommeil.
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Louis
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Dim 15 Avr - 16:08

Le carnage que répandaient les automates parmi les civils était horrifiant. Bartiméus regardait, impuissant, les hommes et les femmes se rendre en espérant de la compassion de la part des machines. Pourtant, aucun cœur n'animait les créatures, et le massacre continuait. Comprenant qu'il ne servait à rien de s'agenouiller, les habitants de Rednow se relevaient, mais se faisaient exécuter avant d'avoir pu détaler. Roche distribuait des coups furieux, avant de reculer progressivement. Si cela ne permettait pas la victoire, le jeune homme avait la naïveté de penser que cela sauvait au moins quelques vies. Pourtant, peu à peu, il s'épuisait et accumulait les blessures. Au bout d'un moment, la pique d'une des créatures s'enfonça plus profondément dans son épaule. Titubant, il vit sa vision se troubler, alors que le sang coulait sur son torse.

- Espèce de sombre crétin! Arrête de jouer les héros et obéis aux supérieurs. Tu ne sauveras pas leur vie! Sauve la tienne!

Melody, rouge de colère sur son cheval vermeil de sang avait saisi son ami par le col et l'avait forcé à monter avec elle. Si la jument peinait à soutenir leurs poids, la peur des automates semblait être un bon stimulant pour la bête, qui repartit au triple galop lorsque la pique d'un des monstres l'effleura, arrachant au passage quelques crins de sa queue. Bartiméus s'accrochait fortement à Melody, de peur de se voir tomber. Une chute avec sa blessure, il le savait, lui serait fatale. Ils se retrouvèrent bientôt à la tête de la file de fuyards. Melody était bien loin d'apercevoir la ville salvatrice annoncée par Snori...
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   

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Un joyau rayé
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