Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Un joyau rayé

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Pomme
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Mar 27 Mar - 21:26

L’impressionnante forme que prit l’ennemi Edwig grâce à son artéfact fit frémir Laly : face à une telle bête sauvage, à ses crocs et ses griffes acérés, elle ne pouvait pas faire grand-chose. Néanmoins, lorsque la brute épaisse fonça sur elle, elle réussit à sortir de sa trajectoire dans une gracieuse roulade sur le côté, s’écorchant les bras et les genoux à maintes reprises. Face à un tel colosse, elle ne pouvait pour l’instant que fuir, tentant tout de même quelques coups de dague vains. Encore une fois, Nigfol se trouvait totalement absente de ce combat, et ce même si l’un de ses confrères s’était directement adressé à elle. Laly, le souffle court, s’époumonait dans cette bataille dont elle n’avait absolument pas l’avantage : elle s’étonnait d’ailleurs d’être toujours en vie. Le ciel se chargeait de plus en plus, virait dans un mauve terrifiant, prêt à exploser à n’importe quel moment dans une vague d’éclairs et de tonnerre. Un genou à terre, Inès tentait de faire bonne figure, les yeux embrumés et le corps couvert d’ecchymose et de plaies. Il fallait se rendre à l’évidence : les forces n’étaient pas équilibrées, et la victoire adverse ne tenait qu’à un fil. Dans un tremblement de voix, elle murmura, démenée et à bout de force.

- Pitié Nigfol, je t’en supplie …

Les soldats de l’armée s’approchaient, prêts eux- aussi à se livrer dans une bataille sans merci. Entre deux regards, elle aperçut Zia, elle aussi emprise à la rage de vaincre et victime de douleurs certainement handicapantes. A présent, il pouvait arriver le pire à la rouquine, et ce même si sa technique frôlait la perfection … Toute cette énergie pour la protéger. Et elle, comme une lâche et une loque, était prête à abandonner et à lâcher prise, pleurant presque la seconde forme de son artéfact. Elle était déçue. Déçue de Nigfol, elle qui s’amusait à jouer avec des missions qui la dépassait. Déçue des choix qu’elle avait fait, des enjeux qu’elle avait sous-estimés. Puis, surtout, déçue d’elle-même, et en venait à penser qu’elle ne méritait pas cet honneur que la nature et la volonté lui avaient offert. Se relavant, titubant en direction de son amie, elle finit par s’effondrer à terre. Les yeux clos. La fatigue, l’errance, le désespoir. Elle n’y arrivait plus, n’y croyait plus, lâchait les armes. Croiser le regard d’un de ses amis, qui ne comprendrait certainement pas le pourquoi du comment, aurait été le pire des châtiments. La fille de Vrag, volontaire et déterminée, était réduite à néant, attendant impatiemment le coup fatal qui lui serait porté.

Des secousses sous son corps flasque. Des vibrations inhabituelles. L’être tout entier de la révulseuse commençait à prendre une dimension tout autre, comme si un énorme coup de poignard lui avait été enfoncé profondément dans le ventre. Lentement, ses pieds commencèrent à quitter le sol, sous le regard ébahi des soldats et des spectateurs présent, et la silhouette de la jeune femme fut entourée d’un halo bleu clair contrastant avec le paysage décimé. Pendant un certain temps, quelques secondes ou quelques minutes, Laly flottait dans l’air, entourée d’un champ de révulsion protecteur, empêchant ainsi n’importe quel ennemi de l’approcher de trop près. Les yeux fermés, elle avait semblé entrer dans une transe certaine. Puis, devant chaque âme présente, la jeune femme se métamorphosa : ses vêtements usés, tâchés de sang et poussiéreux avaient fait place à un long manteau blanc en fourrure. Ses cheveux bruns en bataille s’étaient transformés en une longue chevelure grisâtre et soyeuse. Son regard triste et noir avait disparu, laissant ainsi des yeux blancs sans iris, sans la moindre expression. De plus, dans ses mains, deux armes à feu s’étaient glissées, ses index sur leur détente respective. Dans une vitesse ahurissante, elle mit de nouveau pied à terre, le champ protecteur ayant totalement disparu. Silence. Laly regarda Edwig, déconcertée, puis tendit le bras vers lui, l’arme à bout portant, prête à appuyer sur la gâchette à tout moment.

-Nous y voilà …
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Louis
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Mer 28 Mar - 18:56

Le champs de bataille brillait d'un rouge vermeil. Le Joyau de Luuwr semblait être en proie à la folie la plus totale, du moins dans les yeux de Melody et Belwur. Les pavés des rues étaient constellés de tâches rougeâtres, et la ville elle même semblait être devenue le repère des agonisants, malgré les nombreux guérisseurs, dont Roche, qui, à défaut de soigner les blessures les plus graves, réconfortaient ceux pour qui il ne restait plus que quelques instants à vivre. Le jeune homme soignait d'ailleurs sans distinctions Nailikans, Luuwriens et Oraniens. Tout cet altruisme faisait bien pâle figure face au carnage méthodique que pratiquaient les soldats des deux cotés. De tous, Belwur était sans doute celui qui se remarquait le plus par sa brutalité et sa violence. Ses rires sadiques résonnaient dans toute la ville. Son pouvoir n'avait désormais plus aucune limite. Malheur à ceux qui le croisaient. Sous les rennes de Melody, il ne laissait aucune chance aux soldats Nailikans, qui n'avaient pour seul choix que de mourir dans d'atroces souffrances. Se téléportant de toutes parts, ils assénaient des coups d'épée à tout va, tranchant net et par dizaines leurs adversaires. La simple apparition du démon créait un vent d'effroi, autant dans les troupes alliées qu'ennemies. Décidant qu'ils seraient plus utiles en combattant les automates, ils s'envolèrent en direction de la bordure de la ville. Dans un état de transe, Melody envoya des boules d'un feu noir sinistre en direction des nombreuses troupes automates. Leur taille rivalisait avec celle d'une petite maisonnée. L'onde de choc qui suivit le contact des boules de feu au sol brisa les tympans de Melody, qui grinça des dents et alla atterrir auprès de ses confrères.

- Comment va t-on faire face à une telle masse? s'interrogea t-elle à haute voix

De son côté, Edwig était en bien mauvaise posture. Face à la toute puissance de Nigfol, il ne faisait aucun doute qu'il n'avait que peu de chances, malgré son expérience bien supérieure au combat. Il fut tenté pendant un instant de se rendre. Mais la voix d'Athis sembla résonner dans sa tête.

" Tu es condamné, l'ami! Si tu te rends, ils t'exécuteront pour tes crimes! Si j'étais toi, je mourrai l'arme à la main"

Même Athis affirmait qu'il était destiné à mourir. Presque résigné à son sort, le Hurleur hésita à rester ici, attendant le tir d'Inès Vrag. Ainsi, sa vie finirait avant d'avoir vraiment commencer. Il se souvint du choix que leur avait proposé Iyoh par le passé. Il aurait pu partir ailleurs, vivre sa vie. Mais il était un combattant, et il ne savait rien faire d'autre... Faisant un bond spectaculaire, il se décida à passer à l'action. Une détonation lui indiqua que Inès avait tiré sur l'endroit où il se trouvait quelques instants plus tôt. Enorgueillis par cette "victoire" contre un adversaire bien supérieure à lui, il continua sa course, sautant de toits en toits, égorgeant une multitude de soldats lorsque l'occasion se présentait. Il ignorait si Nigfol le suivait, mais c'était probable. Il tomba sur un homme loup, au détour d'une maison. Athis lui souffla que prendre cette vie serait une grande vengeance, suite à la dérouillée que lui avait infligé Ohihir. Il fonça vers son ennemi, et lui infligea une impressionnante griffure sur le dos. L'homme se retourna et Edwig claqua sa machoire de lion. Le loup n'aurait sans doute plus beaucoup de temps à vivre!
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Mer 28 Mar - 20:42

Il y eut comme un temps d'arrêt sur l'intégralité du champ de bataille. Aucune secousse, aucune onde de choc, aucun signe d'une subite violence n'en était pourtant à l'origine. Simplement une sensation. Le ressenti que quelque chose de monstrueusement puissant venait d'apparaître, électrisant toute présence humaine à des kilomètres aux alentours. Les artéfacts, plus que n'importe quel humain, furent submergés par cette vague d'énergie. Ils s'attendaient à quelque chose de grand de la part de Nigfol, mais jamais ils n'auraient pu prévoir que la gamine serait aussi monstrueuse. Kellue, debout sur l'un des toits non consumés de la cité, partageait les émotions de son compagnon lupin. Ohihir se savait puissant, pourtant face à Inès, il était réduit au rang de simple figurant. Même Belwur paraissait risible désormais. Le loup-garou aurait bien aimé régler son compte à Athis une bonne fois pour toute, mais cela ne servait plus à rien. Son ennemi avait trouvé un adversaire contre lequel il ne pourrait même pas lever le petit doigt. Pour sa part, il ne serait plus d'aucune utilité ici. Mieux valait rejoindre ses camarades, mais avant cela, il avait l'occasion de mettre les jeunes en sécurité. Avec plusieurs bonds habiles, l'être hybride alla se placer entre Zia, Oloren, et les quelques soldats ayant résisté aux assauts des combattantes. Après plusieurs coups de poings dévastateurs, il leur ôta la vie puis se tourna vers la rouquine, tenant à peine debout. La sœur d'Erlyn semblait pour sa part en bien meilleur état.

-Occupe toi de ton amie, prononça la voix grave du vieux lycanthrope.

À l'autre bout de la ville, Iyoh aussi avait ressenti cette puissance à l'état pur. Il sut immédiatement que Nigfol avait accordé ses pouvoirs à la fille Vrag, mais n'y prêta qu'une moindre attention. Il était temps pour lui de rentrer dans cette bataille. Se levant de son banc de pierre, il se dirigea à pas lent vers le bâtiment de la milice luuwrienne, sans se soucier des passants fuyant à contre-sens. Au bout de plusieurs minutes, agacé par les jacassements incessants, il fit jaillir sa rapière et l'entoura d'énergie électrique, puis déchiqueta le bras d'un citoyen lambda, provoquant autour de lui une panique délétère. En effet, l'ancien chef des Ombres ne comptait pas s'arrêter à une victime. Ce furent plusieurs adversaires non-armés qui périrent en se vidant peu à peu de leur sang. Dans cette partie de la cité, il n'y avait que très peu de soldats pour le moment. Les rues ne constituaient alors plus qu'un grand terrain de chasse pour un prédateur affamé. Le jeune homme ne savait pas s'il survivrait à sa marche punitive, et préférait donc en profiter au maximum sans se poser de questions. Lentement, en répandant des marres de sang sur ses beaux vêtements, il avançait vers le quartier général des forces du joyau de Luuwr.

Trop loin de là, une silhouette incertaine courait à une vitesse ahurissante, fonçant droit devant elle. Lorsqu'elle arrivait face à un canal aqueux, elle ne prenait pas le temps d'emprunter les ponts de pierre, préférant sauter pour ne pas perdre la moindre seconde. Son souffle, rauque, était portant à peine audible tant le bruit de ses pas le couvrait. Sa tenue n'était pas du tout adaptée pour ce genre de courses, pourtant il ne décélérait pas. Dans son dos, on pouvait voir très clairement deux fourreau parfaitement identiques, ainsi que plusieurs lames courtes à sa ceinture. Quelques minutes plus tôt, il l'avait vu, mais croyant avoir fait erreur, ne lui avait pas prêté attention. À présent, il se rendait compte qu'Iyoh Tzumihi était bien ici. Il fallait l'arrêter. Seul lui était disposé à le faire pour le moment.

-Messieurs, je vous salue.

La silhouette espérait qu'il ne serait pas trop tard. Que sa cible n'aurait pas eu le temps de commencer le massacre.

-Tu nous as déjà aidé, alors pourquoi? Tu n'es pas qu'un simple fou, tu vaux mieux que ça. Réfléchis bien à ce que tu vas faire.

S'il parvenait jusqu'aux dirigeants, le chaos qui pourrait en résulter serait terrible. Même s'ils gagnaient la guerre, à quoi cela servirait-il si plus personne ne pouvait les diriger par la suite? Mais surtout, plus personne ne pourrait déchiffrer les innombrables secrets des artéfacts. Non loin de là, un rire machiavélique éclata. Il était là. Tout prêt. Il pourrait le sauver s'il se dépêchait...

-Tu n'imagines même pas à quel point je suis...fou...

Irwan n'eut que le temps de voir arriver cet homme dans un manteau gris à travers la porte grande ouverte. Puis le vide. On lui avait narré bien des choses sur la mort, mais rien ne pouvait décrire ce sentiment d'anéantissement. Tout disparaissait. On n'avait pas le temps d'être triste, de regretter. Éventuellement une seconde pour espérer, une autre pour craindre, mais rien de plus. Le corps inerte du vieil historien tomba lourdement au sol, celui-ci étant déjà jonché des cadavres de différents dirigeants militaires. Luuwr venait de perdre une bonne partie de ses généraux. Comme guidé par son instinct, Iyoh se retourna, l'air dément, face à son nouvel adversaire. Llednar tira ses deux sabres d'un seul geste, se tenant droit, parfaitement calme. Jamais il n'avait eu à affronter d'adversaire aussi redoutable. Le rôdeur désirait absolument venger ses alliés, pourtant, tout comme le défunt régent oranien, il se posait bien des questions.

-Qu'est-ce que tu cherches exactement? demanda-t-il, de la façon la plus sérieuse possible.

Le trancheur sembla réfléchir un moment, puis s'adressa à son adversaire avec cette fois-ci une redoutable intelligence. Toute trace de sa folie avait momentanément disparu.

-J'étais trop jeune lorsqu'on m'a enlevé. Tu sais ce qu'on m'a appris chez les Ombres? On m'a appris à tuer. Nous autres, qui avons été endoctrinés, nous avons perdu toute raison. Notre vie n'a aucun sens. Je suis la voie qu'on a tracé pour moi. Je suis l'incarnation des rêves de Gladys Engels. Le meilleur guerrier de cette planète. Et toi tu n'es qu'un nuisible qui se dresse sur mon chemin. Llednar. Un nom pitoyable pour un pauvre pouilleux ayant passé sa vie à dérober, à mentir. Tu as toujours vécu dans l'ombre, et aujourd'hui tu te cache dans celle de Snori. Tu n'es rien, alors je vais me charger de te faire retourner au néant d'où tu es originaire.

-Je vois. C'est idiot. Je t'aurais presque remercié d'avoir sauvé Zia et Inès. Depuis plusieurs mois, tu nous traque sans relâche pour suivre tes objectifs insensés. Je ne suis peut-être qu'un anonyme dans ton univers, mais je vais quand même te tuer. Que ton âme trouve le repos dans la mort, Iyoh Tzumihi.

Lentement, Llednar porta sa main au collier religieux de Nino qu'il portait autour du cou, puis l'effleura du bout des lèvres. Depuis quelques temps, il s'était mis à croire, non pas par vocation, mais plus par philosophie. Il était toujours bon de se rattacher à des valeurs honorables. Après s'être défié du regard une dernière fois, les deux adversaires avancèrent d'un pas l'un vers l'autre. C'était un duel à mort. Un seul en ressortirait vivant.

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Mer 28 Mar - 20:58

Lorsqu'Edwig et Arawn se croisèrent du regard, ce dernier était déjà en pleine course. Passant hors du champs de vision de l'homme lion par de nombreuses occasions, grâce aux toits, il sema bientôt le hurleur, et partit à la recherche de son jeune apprenti. Il fallait sortir les grands moyens, quitte à risquer sa peau, à présent.


Sylgja, qui avait toujours été plus ou moins présente, était à présent en train de tenter de fuir le guerrier le plus incroyable qu'elle ai connu dans sa vie. Le Paladin Sénéchal Ralën Ehlkaÿd Aho Luuwr, pourfendeur ihid ohi, premier traducteur de la langue des Anciens. Ce dernier tapotait parfois le sol avec son pied, reniflait l'air, fermait les yeux et continuait son chemin à la poursuite de sa belle-fille. La traque semblait déjà éternelle.


Oloren pris Zia sur son dos.

- Accroches-toi ma belle.

Elle se mit à courir comme jamais en direction de l'infirmerie, à l'ambassade, où elle n'envisageait pas une seconde d'y trouver Habeth.
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Jeu 29 Mar - 21:05

Tout était rouge. Les vagues, pourpre, se tordaient en rouleaux immenses, engloutissaient tout ce qu'elles trouvaient sur leur passage. En une danse sinueuse, elles grandissaient, et Habeth s'y perdait. Des voix lointaines lui parvenaient, comme provenant de l'autre bout du monde. La jeune femme ne réussissait pas à comprendre ce qu'elles disaient. Les bribes virevoltaient à ses oreilles, puis s'échappaient au moment où elle allait saisir un mot.
Elle avait froid. Pourtant, elle brûlait à l'intérieur. Les vagues continuaient leur ballet incessant, monocorde, et une flamme lécha la surface de l'eau rouge. Mais était-ce bien de l'eau ? Tout était rouge. Ça et là, se mêlait quelques touches de noir.
Habeth frémit. Une voix plus puissante que les autres venait d'agresser son ouïe. Tout était si calme, si doux, si paisible... pourquoi les gens criaient-ils toujours à un moment ou un autre ?
A nouveau, le cri se réitéra. Une secousse ébranla l'esprit de la jeune femme, qui gémit.

"Donnez-moi une compresse. Il faut enlever cette lame de sa poitrine.

La douleur irradia dans son abdomen. Celui-ci se cambra, et Habeth ouvrit les yeux en hurlant. La voix de la femme à ses côtés répéta:

"Tenez-la, Hector! Une compresse, j'ai dit!"

Bientôt, une poigne ferme mais douce saisit les bras de la jeune femme tandis que des larmes de douleur se mêlait à la sueur en dévalant ses joues. Son corps entier semblait hurler, se tordre, fondre. Elle s'évanouit à plusieurs reprises, et à chaque fois qu'elle se sentait partir, la terreur revenait, plus pressante, et Habeth se répétait la même supplique, inlassablement:

"Je ne veux pas mourir, je ne veux pas mourir..."

Après un temps qui lui dura des heures, un cliquetis résonna sur la table de métal auprès du lit dans lequel elle était allongée. Les infirmières présentes s'écartèrent, laissant passer la femme plus âgée qui avait retiré les restes de l'épée de son ventre. Le soldat Nailikan n'avait pas du avoir eu le temps de la retirer après lui avoir porté ce coup mortel. Par chance, le fait que l'arme soit restée fichée dans la plaie avait atténué l'hémorragie. Le ventre d'Habeth fut bientôt bandé d'un linge blanc qui tranchait avec sa peau couverte de suie et de poussière. A moitié dans les vapes, Habeth comprit toutefois que l'homme dénommé Hector, probablement infirmier lui aussi, s'éloignait avec d'autres médecins pour soigner le reste des blessés. La jeune femme se demanda qui l'avait conduite ici, mais n'eut pas le temps de s'interroger plus avant, car la porte de l'infirmerie s'ouvrit. Une jeune fille aux cheveux roses, portant une adolescente aux cheveux de feu, pénétra dans la pièce. En reconnaissant Oloren et Zia, Habeth voulu se redresser, mais une douleur irradia dans son ventre et la laissa affalée sur son matelas. Néanmoins, comme bénéficiant d'un regain d'énergie, elle demanda d'une voix rauque et humide par ses récentes larmes:

"Elle est blessée ? Oloren, elle est blessée ? Zia, tu m'entends ? Zia ?"
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Jeu 29 Mar - 21:46

- Ouais, mais c'est bénin par rapport à toi, dit-elle en posant Zia sur un lit.

Elle lui caressa tendrement la joue, avec un grand sourire, puis se dirigea vers Habeth. Elle remarqua l'arme, les instruments et la fine goutte de sang visible sur les linges blancs de la jeune femme. Elle murmura quelques mots à une infirmière. Lorsqu'elle arriva auprès de l'archère, son regard était aussi plein de question que sévère.

- On viens de me dire que tu es arrivé ici il y à une heure, porté par un vieux avec des mèches aussi roses que les miennes, et, avec une blessure pareille, tu aurais dû crever au moins dix, quinze minutes avant ton arrivée, si tu es resté auprès des conflits. Je veux que tu me racontes tout. Absolument tout, du moins ce dont tu te souviens. En échange j'te dit ce qui est arrivé à Zia.


Arawn venait de retrouver son apprenti. Sans prendre le temps de l'avertir, il l'attrapa par l'épaule en le tirant en arrière, et lui arracha son bandeau. Il pris deux mètres de recul.



- Enfin je te trouve, chère belle-fille !

Sylgja venait d'esquiver un coup de masse dévastateur. Ils échangèrent quelques passes d'armes, pendant environ une minute. La mère d'Erlyn tenta d'utiliser son don, et la masse de Ralën s'écrasa sur son torse. Levant son arme au dessus de lui, il porta encore un coup au même endroit. La première frappe l'avait condamné, mais la seconde avait abrégé ses souffrances. Malgré l'armure légère et résistante de Sylgja, elle venait d'être vaincue et tuée en quelques coups seulement. L'une des mèches roses de Ralën avait disparût, mais l'important était qu'un vieillard, quelque soit ses faits d'arme, venait de massacrer une ennemie plus dangereuse encore que Beörielle Ehlkaÿd. Il retira le poids de sa masse, et l'appuya sur son épaule. Pour lui, c'était une bonne chose de faite, rien de plus. Il n'avait même pas remarqué Ilyanna, qui l'avait suivie et observée depuis le début de sa poursuite.

- Que veux-tu ?

- C'était mon rôle. Je suis une gardienne d'Erlyn.

- Et moi son grand-père, donc ce rôle me revient. Erlyn mort, il n'a plus besoin de gardiens, tu peux rentrer chez toi et vivre ta vie, jeune femme. Si le petit t'as choisi c'est que tu possède quelque chose de formidable, alors ne gâche pas ça et file. Trouves-toi un époux, fonde une famille et meurs bien. Ta place n'est pas sur le champ de bataille si tu considère qu'on y tient des rôles. J'te souhaite d'être heureuse.

Ilyanna marqua un instant de silence. Lorsque Ralën s'éloigna pour rejoindre l'ambassade et l'infirmerie, elle le suivit. Ses frères d'armes étaient morts, et elle n'avait plus rien à perdre.
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Jeu 29 Mar - 22:01

Un immense sentiment de puissance. Voilà ce que Laly ressentait. L'ultime forme de l'artéfact le plus prisé de tout Valato était à présent pour elle une deuxième peau, et elle vivait avec jouissance cette apologie souveraine : elle s'affirmait avec ce que bon nombre de ses confrères révulseurs auraient tué pour posséder. Mais voilà : c'était elle. Elle qui avait été choisie, elle à qui Nigfol avait décidé d'accorder ses plus grands pouvoirs. C'était elle et ses camarades qui avaient risqué leurs vie pour accéder à cette force incommensurable.Toute cette ferveur lui revenait de droit et, pour défendre ces gens qu'elle aimait tant, elle n'allait pas se priver pour s'en servir.

Elle vit dans le regard d'Edwig qu'il savait. Il savait que ses minutes étaient comptées. En tant normal, la jeune fille aurait réfléchi quelques secondes avant d'ôter la vie d'un être humain. Après avoir pesé rapidement le pour et le contre, elle aurait fait ce que sa conscience et son coeur lui auraient dicté. A présent, cette période se trouvait révolue : ces mois de souffrances, de deuil, d'inquiétude ... Il fallait y mettre un terme une bonne fois pour toutes. Son adversaire, ayant sans doute un espoir infime de sauver sa peau, avait fui à la recherche d'une autre victime. Inès le regardait avec tout le dédain du monde, évitant avec une précision insolente les attaques à l'épée et à l'arc de ses autres adversaires. S'occuper d'eux allait être facile, mais pour l'instant, son seul objectif était de tuer cet Edwig à la brutalité et à l'arrogance innommables.

Dans une vitesse ahurissante, entre les débris d'une bataille sanglante et les corps sans vie d'inconnus, elle se trouvait dos à son ennemi. Elle n'arrivait pas à savoir s'il l'avait entendu et s'il allait tenter de se défendre. Les secondes où elle resta inerte semblaient durer une éternité. Intérieurement, elle espérait que son adversaire puisse lire une dernière fois dans son regard le plaisir que lui procurerait sans doute sa disparition, avec quelle revanche elle allait l'assassiner froidement. Elle tendit simplement le bras, comme elle l'avait fait des années, puis appuya sur la gâchette. Un bruit assourdissant. Une puissance dévastatrice. Un homme à terre.
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Margogotte
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Ven 30 Mar - 9:53

Habeth considéra brièvement la jeune fille qui se tenait devant elle, l'air ferme, solide. De toute évidence, si la mort de son frère l'avait ébranlée, son esprit tendait à présent vers un but tout autre que la vengeance. Du moins, Habeth l'espérait. Aider une adolescente à assouvir sa soif de sang n'était pas une chose qui l'enthousiasmait.
Pourtant, elle s'inquiétait pour Zia, aussi mit-elle sa méfiance de côté pour répondre:

"Je me souviens pas de grand chose, commença-t-elle en fronçant les sourcils pour se concentrer. Je venais de tuer une escouade d'archers, lorsqu'un soldat Nailikan m'a débusquée et m'a porté un coup en traître. Je ne l'avais pas vu venir. Il s'apprêtait à me porter le coup de grâce lorsqu'il s'est effondré, et j'ai compris que quelqu'un me venait en aide seulement lorsqu'on ma soulevée de terre. Je n'ai pas vu le visage de la personne qui m'a sauvée, je me rappelle simplement... et encore, j'ai peut-être rêvé, qu'il avait les cheveux roses, exactement comme les tiens." Habeth se tu un instant, s'efforçant de se remémorer les moindres détails qui auraient pu lui échapper. Elle se rappela le souffle de l'homme, sa peau brûlante, musclée, et l'odeur de sueur qui imprégnait ses vêtements. Elle se fit la réflexion avec morgue et déception qu'elle s'était retrouvée à l'infirmerie bien trop tôt à son goût. Sa place était sur le champ de bataille, pas dans un lit bordé et maculé de sang. La belle soldate qu'elle faisait! Pour peu, elle se serait sentie déshonorée.

"J'étais à moitié dans les vapes, alors..."

Comme le visage grave de la jeune fille aux cheveux colorés l'intriguait, elle aurait voulu ajouter, songeant de plus en plus que tout ça n'était pas normal: "Pourquoi ? Tu le connais ? Pourquoi est-ce que je ne suis pas morte, cet homme est un guérisseur ?" Mais comme cela n'était pas dans sa nature de presser les gens de questions, elle dit simplement:

"C'est tout ce que je sais, je suis désolée, Oloren. Maintenant, parle-moi de Zia."
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Ven 30 Mar - 18:04

Un simple râle douloureux répondit à la requête d'Habeth. Zia, bien qu'amochée par les multiples adversaires contre lesquels elle avait du luter afin de permettre à Inès de se métamorphoser, venait de reprendre conscience. Elle ne souffrait à première vue d'aucune entaille profonde; son évanouissement n'était du qu'à l'accumulation des coups. Tout en se redressant lentement sur un coude, elle constata qu'elle se trouvait dans une pièce à l'ambiance malsaine, digne de ces hôpitaux qu'elle détestait tant. Tout près, Oloren conversait avec la soldate luuwrienne. Visiblement, cette-denière avait subit une blessure d'une toute autre gravité. Heureusement, comme toujours, il semblait qu'elle s'en sortirait.

-Arrêtez de parler de moi comme si j'étais déjà morte, parvint-elle à articuler avec une voix relativement faible.

Malgré le petit sourire se dessinant sur ses lèvres sèches, on pouvait aisément deviner son état d'esprit. Elle était vexée d'avoir perdu. Pour une battante qui ne lâchait jamais rien, devenir un poids une fois de plus constituait un fait insupportable. Comme pour prouver sa combativité, elle tenta de se lever, mais dut faire face à la réalité: elle n'était plus en état de faire quoi que ce soit pour le moment. Épuisé, son corps s'enfonça dans le matelas sur lequel on l'avait installée. Il fallait simplement espérer que Snori s'en serait mieux sorti qu'elle à présent. Le prince de l'Oran vagabondait, se déplaçant de groupes en groupes pour donner des directives, lorsqu'il ressentit l'afflux de puissance. Tout le monde comprit immédiatement que quelque chose de gigantesque était en train de se passer, mais personne ne savait encore s'il s'agissait d'une force alliée ou ennemie. Quoiqu'il en soit, il devait savoir comment se déroulait le combat contre les automates, dans les grandes plaines. L'intermédiaire le plus cohérent serait sans doute Melody. Scrutant le ciel, il finit par la trouver, en phase de brûler les rares bâtiments encore debout du centre-ville.

-Melody! Melody! Il faut arrêter leur armée là-bas! Là-bas! criait-il en désignant l'extérieur de l'index.

Une explosion monumentale retentit alors, et tout sembla se figer. Par chance, Snori avait les yeux rivés sur le bon endroit au bon moment. Un flux d'énergie formant un cylindre parfait de couleur bleue venait de jaillir du néant, creusant une tranchée large de deux mètres en plein cœur de Rednow. L'eau parcourant la ville s'y engouffra, créant une véritable innovation. La puissante énergie ne s'était matérialisée qu'une simple seconde, mais ses dégâts s'avéraient considérables. Si beaucoup d'adversaires périrent, des compagnons perdirent sans doute également la vie à cause d'elle. Cela ne pouvait provenir que de Laly. Kellue, également spectatrice de ce déferlement monumental, resta presque bouche bée sous sa forme de lycanthrope. La jeune femme et son compagnon lupin avaient vu bien des artéfacts durant leurs aventures; pourtant ils n'auraient jamais imaginés que quelque être que ce soit puisse posséder un tel potentiel destructeur et s'en servir avec cet air totalement indifférent. Ce n'était plus Laly Cabrera qui se battait à leurs côtés. C'était une créature à la force infinie.

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Ven 30 Mar - 19:01

Oloren pointa Zia du pouce.

- Comme tu vois elle va bien, elle a pris quelques coups mais j'ai réussis à empêcher des projectiles tranchants de l'atteindre. Elle a des bleus partout, mais demain ou après demain elle sera de nouveau en pleine forme ! Je vais vous laisser, je vais voir si je peux aider Snori. A toute.

Elle alla pour sortir, mais quand elle ouvrit la porte, elle tomba sur le gros paladin. A coté de la jeune fille aux cheveux roses, on aurait dit un géant. Il y eut une secousse, perçue à l'ambassade. La grande salle, où les habitants qui étaient restés se réfugiaient, vira quelques instants à la panique et l'anarchie. Tout repassa au calme quand Ilyanna leur hurla de la fermer, épée sur l'épaule. Oloren gardait son regard sur le sénéchal. Ses cheveux étaient presque aussi blancs que ceux de son frère, mais il lui restait quelques mèches roses. Elle reconnaissait le forgeron de Nora, qui lui avait légué son pistolet manuel, du moins, elle reconnaissait son visage. Il n'était clairement plus le même.

- Tu n'vas nul part, dit-il simplement.

Il tourna son regard vers la jeune archère.

- Tu vas mieux ? Très bien.

Sans attendre de réponse, il se retourna et se dirigea vers la sortie de l'ambassade. Pour lui, le combat continuait. Oloren était restée figée. Le regard du vieux paladin était le même que celui de son frère, lors de leur première rencontre. Toute bonté semblait éradiquée de son être ...
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Ven 30 Mar - 21:05

Feldryn n'avait pas vu arriver Arawn. Et il n'eût pas le temps de protester quand Arawn lui arracha son bandeau. Il hurla de douleur pendant quelques secondes, avant de s'écrouler, évanoui. C'est alors que sa malédiction se manifesta. Autour de son œil "invalide", la peau commença à noircir. Peu à peu, la malédiction s'étendît sur tout son corps, des griffes et des crocs lui poussant. Il n'avait pas réellement une apparence de lycanthrope, mais n'était plus humain. La bête qui avait remplacée Feldryn se tourna vers Arawn. Elle aurait été incapable d'identifier des êtres humains comme alliés mais s'accroupît devant Arawn, le reconnaîssant comme Alpha. Elle se tourna ensuite vers la bataille, impatiente de commencer le massacre.
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Sam 31 Mar - 13:04

<HRP> Je ne posterai pas aujourd'hui, mais plutôt demain, désolé à ceux qui sont impatients de finir ce RP!

PS : En fait, les artéfacts, ils se battent pour ou contre Rednow? x'D Vu le plaisir qu'ils prennent à la détruire, je me pose la question^^

PS 2 : Mélo est déjà en train de taper de l'automate, Théo chou

<HRP>
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Sam 31 Mar - 14:47


Une fois que l'homme aux cheveux roses fut sorti de l'infirmerie, une femme vêtue d'une blouse blanche vint vérifier qu'Habeth tenait le choc. Grogant, elle répliqua que tout allait pour le meilleur des mondes, puis lui tourna le dos. Sa défaite lui causait comme un poids sur le coeur. Mais à présent, le principal était que Zia et les autres soient en vie. Un pincement d'inquiétude étreignit sa poitrine lorsqu'elle songea à Snori. Et s'il ne s'en sortait pas ?
Le regard de la jeune femme croisa celui de Zia, qui avait l'air boudeur. De toute évidence, elle non plus supportait mal de se retrouver à l'hôpital alors que la bataille venait à peine de commencer. Leur amour propre à toutes les deux avait été sérieusement malmené...

Elle poussa un profond soupir, ce qui eut pour résultat de faire renaître la douleur dans son ventre. Elle grimaça un sourire à Zia, et dit d'un ton sarcastique:

"Bon, puisqu'on est là, ça te dit un pierre-papier-ciseaux ?"
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Dim 1 Avr - 12:05

Le dernier geste d'Edwig serait donc celui de tourner le dos à son ennemi pour faire le maximum de ravage. Tandis qu'il voyait Arawn s'enfuir au loin, il fut épris d'un pressentiment fort et oppressant. Tournant la tête, il aperçu Inès Vrag, son impressionnant canon pointé en direction de lui. Il compris un peu tard que cette vision serait la dernière qu'il aurait. Tandis que la porteuse de Nigfol pressait la détente de son arme, le Hurleur entendit un clic sonore suivit d'une terrible explosion. Un rayon d'énergie pure imposant traversa Edwig de part en part, mais il ne mourus pas instantanément. L'exoarmure lui permit de survivre quelques instants dans le déferlement sortant du canon. Loin d'être un avantage, cette attaque le fit souffrir un martyr qui dura quelques centièmes de secondes, mais qui se perpétua pendant toute une éternité pour le Hurleur. Chaque centimètre carré de sa peau le brûlait. Le soulagement de la mort vint enfin, lorsqu'Athis, pris de pitié relâcha l'exoarmure de son esclave. La chair et les os de l'ancien Ombre se disloquèrent, jusqu'à être réduis à l'état de minuscules particules flottant dans l'air. Seul restait le foulard de couleur peau, insensible au rayon d'énergie pure. Il tomba dans la tranchée qu'avait fait le tir d'Inès Vrag. L'objet sembla flotter quelques instants dans l'eau, avant de couler lentement, au plus profond du lac de Rednow...

Melody regardait bouche bée la destruction orchestrée par Laly. Si le chaos qui régnait dans la ville depuis quelques heures était impressionnant, cette première intervention de la jeune femme dépassait le concevable. L'unique tir de la jeune femme avait failli déclencher le naufrage de la ville elle même...

- Heuuu... Le mieux serait que tu attaques les automates en dehors de la ville, ça éviterait de l'abimer d'avantage dit elle d'un ton hésitant, en regardant les dégats.

Dans cette situation, étrangement, Melody n'avait pas le courage de faire de reproches à Inès, contrairement à son habitude. Elle avait presque peur de la nouvelle apparence de la jeune femme... Elle semblait métamorphosée, et pourtant reconnaissable entre mille...
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Dim 1 Avr - 13:25

Le coup qui avait frappé Edwig de plein fouet retentit pendant plusieurs secondes, entraînant ondes de chocs et hurlements divers. La foule paniquait, les soldats regardaient la porteuse avec des yeux terrifiés et la langue pendante, les alentours semblaient se redessiner lentement, sous les coups de cette bataille sans merci. Laly, elle, restait stoïque, le bras toujours tendu vers l'endroit où était mort l'Ombre en l'espace d'à peine un instant. En sentant ce tremblement et cette lumière bleue aveuglante, la jeune femme ne put cacher son air horrifié face à tant de destruction. Était-ce vraiment elle qui accomplissait ce choc affolant ? Rêvait-elle ?

La voix de Melody semblait lointaine et presque douce. La révulseuse ne percevait plus cet air froid et ce côté hautain qui la caractérisaient si bien. Non, là, elle était véritablement subjuguée et, qui sait, peut-être que la militaire voyait enfin en elle l'être mirobolant de Nigfol. Bizarrement, Laly restait presque indifférente à cette éventuelle marque de reconnaissance et au fait qu'elle soit un minimum impressionnée. Avec tous les entraînements qu'elles avaient fait ensemble, les litres de sueur écoulés et les prises de bec incessantes, la jeune fille pensait qu'elle devait certainement la remercier, mais elle n'en fit rien. Elle était distante de nature, mais encore plus avec cette forme-ci.

- Abattez la !

Elle entendit une meute s'approcher, des soldats luuwriens qui s'imaginaient sans doute qu'il était possible de l'abattre à coups d'estocs ou de risibles flèches pointues. Avec une facilité déconcertante, elle passait entre toutes les armes, toutes les menaces, ayant toujours un coup d'avance sur ses adversaires. Alors qu'ils étaient à une centaine de mètres d'elle, Laly ignora les judicieux conseils de Melody et appuya une nouvelle fois sur la gâchette. Rien qu'une seule fois. La cinquantaine de soldats fut décimée en l'espace d'une seconde, les armures et les corps volaient de bout en bout, le tout dans un cri de terreur et de douleur puissant. La ville continua de trembler pendant une longue minute, mais les dégâts matériels, bien qu'existants, se trouvaient plus minime qu'au premier coup. Seul un cratère de dix mètres de rayon s'imposa sur le sol.

- Désolée, dit-elle simplement à l'attention de Melody.
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Dim 1 Avr - 16:04

- MAIS TU ES FOLLE cria Melody. On est sur un lac, ici, tu veux faire couler la ville? Tes capacités offensives sont inutiles sur un si petit terrain! Va aider les autres à déglinguer les automates. On est suffisamment nombreux dans la ville pour les repousser!

L'air impressionné de la militaire s'était vite muté en grimace de colère. C'était bien Laly, avec son manque de professionnalisme consternant, qui dirigeait la puissance de Nigfol. Ses pouvoirs semblaient infinis, mais elle faisait des erreurs qui pouvaient causer leur mort à tous. Si jamais les fondations de Rednow, pourtant solides, cédaient, tous les civils encore présents mourraient!

Edward était encore secoué par la toute puissance de Nigfol. Il savait que la porteuse était la fille de Vrag, et espérait de tout son coeur qu'elle resterait fidèle à ses engagements. Elle avait réussi à achever leur plus grand ennemi dans les troupes Nailikannes. Savoir que cet homme ne pourrait plus faire de mal à Kellue, ou à quiconque d'autre, était réjouissant, mais les dommages causés par l’exécution étaient regrettables. Lorsque cette terrible guerre prendrait fin, la reconstruction s'imposerait...
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Sam 7 Avr - 20:51

Laly, blasée par les directives et l'autorité de sa coéquipière, l'observait avec un regard dédaigneux et empli d'une certaine froideur. Depuis des mois, elle s'était effacée face à son mentor, face à l'expérience et aux qualités humaines et professionnelles dont elle avait fait preuve durant tout ce temps. La révulseuse savait parfaitement à qui elle avait à faire mais ne pouvait contenir une certaine rancœur pour elle. Tous n'avait juré tout ce temps que par Melody Jennsen et la militaire avait mené son monde à la baguette comme elle l'avait toujours désiré. Ensemble, elles avaient fait face au deuil, aux désillusions et à la menace. La fille de Vrag avait passé du temps à ravaler sa fierté et à toujours faire ce que son interlocutrice lui demandait. Maintenant, il ne faisait aucun doute qu'en terme de puissance, elle la surpassait grandement. D'ailleurs, que pouvait bien ressentir Melody à cet instant présent ? De la fierté ? De la jalousie ? De la peur ? De l'envie ? Elle n'en savait strictement rien. Peut-être même que la militaire n'en savait rien non plus. En contemplant alternativement son interlocutrice et elle-même, la jeune femme ne put s'empêcher de penser à Belwur et à Nigfol, à leurs innombrables prises de bec, à leur volonté de toujours surpasser l'autre : leurs porteuses n'étaient pas si différentes après tout.

- J'y vais tout de suite. Et arrête un peu de hurler, tu deviens agaçante à la fin.

Bien sûr que la réaction de la porteuse de Nigfol était exagérée et que la colère de Melody se justifiait totalement. Bien sûr que détenir tous ces pouvoirs ne lui permettait pas de mettre en péril la vie de ses compères. Cependant, Laly n'arrivait plus à penser correctement : toute cette puissance et toutes les possibilités qui s'offraient à elle lui montaient à la tête. Autour d'elle, pourtant, Rednow n'était plus qu'un misérable champ de ruines où les corps sans un souffle de vie jonchaient le sol et où les détritus s'amoncelaient de part en part. La violence, le chuintement des lames et les corps écroulés à ses pieds. Le paysage si reposant et si beau de la ville ne vivait ainsi que comme dans un lointain souvenir, n'ayant rien de commun avec le sinistre spectacle qui faisait à présent place. Une chose était sûre : un énième choc aussi puissant que les pouvoirs de Nigfol, et toute la cité s'écroulerait comme un château de cartes. Dans une vitesse faramineuse et en l'espace de trois secondes, Laly avait atteint les bordures de la ville. Les cris de surprise, de terreur et d'étonnement s'étaient peu à peu levés, formant un brouhaha supplémentaire.

- Elle s'en va !

- Il faut la rattraper ! Elle ne doit PAS nous échapper !

- J'offre toute ma fortune à celui qui réussira à lui ôter la vie !

Des dizaines de phrases comme celles-ci résonnèrent et parvenaient aux oreilles de la jeune femme, mais ce genre d'élucubrations ne lui faisait ni chaud ni froid. A l'heure actuelle, qui aurait pu vaincre une telle force ? Qui aurait pu ne serait que parvenir à la blesser gravement ? Personne. La jeune femme avait confiance en ses pouvoir et à la puissance que Nigfol lui avait confié. Puis, elle était persuadée d'une chose : aucune âme ne pouvait lui mettre des bâtons dans les roues. Elle était bien trop forte.

Les automates tentaient de pénétrer dans la ville, retenus par une partie de l'armée luuwrienne. La jeune femme, assise sur la branche d'un orme qui n'avait, par miracle, pas été décimé, observait la scène. A vue de nez, leurs ennemis devaient être environ trois mille. Leur temps était compté, mais la jolie brune prit la peine de faire craquer ses dix doigts avant d'empoigner ses deux armes à feu. Puis, avançant les deux bras simultanément, elle visa comme son père lui avait appris à faire à l'arc. Puis, elle tira.

Le désormais célèbre nuage bleu vint atteindre l'épique adverse, faisant s'écrouler bon nombre de ses ennemis. Un rythme incessant de tirs de toutes parts empêchait une défense convenable de la part des automates. Pourtant, la jeune femme prit le temps d'observer l'étendue des dégâts, son plus grand soucis étant de blesser un de ses compères. Mais, les explosions étaient si grande et si dévastatrices qu'elle ne put distinguer la tournure des évènements. Au même moment, elle évitait avec grâce les attaques adverses dans une rapidité monstrueuse et dans une élégance rare. Au bout d'une dizaine de minutes, la moitié des adversaires avait chu. Dans un sourire satisfait, Laly observait les cadavres informes. C'était bien trop facile.
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Sam 7 Avr - 21:08

Jamais Iyoh n’aurait pu penser que le phasme ridicule lui faisant face pourrait être un adversaire de l’ordre de son seul rival. Pourtant, il devait bien admettre que l’élève de Snori se rapprochait du niveau de son mentor sans pour autant lui ressembler. Il employait au contraire des techniques radicalement différentes et absolument déstabilisantes. En effet, Llednar faisait preuve d’une frénésie offensive inépuisable. L’Ombre, qui avait pour habitude de mener la danse, se trouvait bien trop souvent à son goût en position défensive, laquelle ne lui convenait pas le moins du monde. Toutefois, ce n’était pas cela qui agaçait le plus le jeune homme. La seule chose le dérangeant réellement était le calme impressionnant dont faisait preuve le rôdeur. Malgré toutes ses provocations, il restait de marbre, se contenant d’attaquer sans émettre le moindre son, n’éprouvant pas le besoin d’haleter ou simplement d’ouvrir la bouche pour respirer. À le voir, on aurait pensé qu’il se promenait simplement. Malheureusement, cela ne constituait que le paraître de la situation. En réalité, Iyoh, aidé de ses talents de trancheur, menait largement ce combat. Plusieurs blessures apparaissaient déjà sur l’épiderme rougi de son ennemi.

-Tu vas mourir, minable! chantonna le nailikan après avoir infligé une blessure au visage renfermé de Llednar.

Ce dernier ne broncha même pas, continuant sa danse funèbre comme si de rien n’était. Même les puissants tirs de Laly ne pouvaient rien contre sa concentration parsemée de colère revancharde. Les deux épéistes eurent toutefois un regard surpris commun lorsqu’une chose absolument impensable se produisit. Après avoir vu plusieurs flashs de lumière, ils observèrent une traînée de fumée étincelante se trémousser au dessus de leur tête avant de plonger droit sur Iyoh et de fusionner avec son corps. Sans sommations, la lame du criminel fut ôtée de toute son énergie électrique. Pour une raison inconnue, le vent venait peut-être de tourner.

-Pose ton poing dans ma main, et le pacte ne pourra plus être rompu.

L’homme au costume noir, perché sur sa colline, venait de prononcer ces mots d’un air incrédule, comme s’il pensait que son interlocutrice allait se raviser au dernier moment. Pourtant, elle fit un pas en avant en serrant les doigts, résolument déterminée à conclure cet engagement fatal. Nul autre qu’eux deux savaient ce qui en résulterait, le jeune aux cheveux bleus mis à part. Ce-dernier, devant la volonté implacable de son ami, eut un hoquet de frayeur. De son visage arrogant se dégageait simplement une appréhension sans borne. Il connaissait parfaitement les règles des serments pour les avoir enfreintes à de nombreuses reprises. De ce fait, les sentences résultant de la malhonnêteté ne lui étaient pas non plus inconnues. Sur les êtres « inférieurs » dont il faisait partie, la loi ne causait pas d’importants dommages car les hautes autorités se désintéressaient totalement de leur sort, mais il n’en serait pas de même pour quelqu’un de l’importance de sa camarade. L’arrêter aurait été de bonne augure, mais il ne pourrait jamais rien faire qui aille contre sa volonté. Leur rapport de force était bien trop déséquilibré pour ça. Il la regarda tandis qu’elle contemplait avec neutralité le champ de bataille ravagé, puis elle s’avança vers l’homme en noir et effectua le geste convenu. Si le pouvoir de Nigfol avait laissé des légions pantoises, ce qui se passa par la suite se plaça au-delà de l’imaginable. À trois reprises, le ciel changea de couleur, passant du bleu nacré à un rouge sanguin avant de retrouver sa teinture originelle. Pendant les quelques secondes nécessaires à ce procédé, une foudre silencieuse frappa le sol à des centaines de reprises, puis une sphère dorée titanesque virevolta au dessus de la colline sur laquelle se situaient les trois inconnus. De minuscules volutes s’en détachèrent puis fusèrent dans toutes directions, jusqu’à qu’il ne reste rien de cet amas d’énergie. Quelque chose venait de changer. Il ne s’agissait pas d’une personne, d’un lieu, d’un moment. Le monde venait de changer.

Dans ce moment crucial, la réactivité de Llednar fut décisive. La garde des deux adversaires se tenait baissée. Le premier à porter un coup serait le vainqueur. Or Iyoh, désarçonné par ce changement brusque, ne fit pas preuve de ses mythiques réflexes. Des pensées par millier se confrontaient au plus profond de son esprit chaotique. En règle générale, grâce à ses lames au tranchant dévastateur, aucun ennemi ne pouvait lui faire face lors d’un combat loyal. Sans ce pouvoir, son niveau diminuait considérablement. Mais il pouvait encore gagner, il en était persuadé. Certes, pourtant dans le cas contraire, valait-il mieux se donner la peine de continuer le combat, ou était-il plus raisonnable d’abdiquer sur-le-champ ? Trop de temps passé à réfléchir en vain, largement assez de temps pour mourir. Le disciple de Snori, les yeux fermés, venait de le transpercer de part à part à plusieurs reprises, comme pour s’assurer qu’il serait bien mort. La dernière Ombre, en entamant son ultime chute, pesta de ne pas avoir pu affronter Snori une dernière fois en se rendant compte de l’absurdité de la situation. Une vie pouvait disparaître à tout moment, sans avoir pu accomplir ses désirs les plus chers. Lui qui avait pensé pouvoir périr au bout d’un duel magistral mené contre son némésis voyait à présent que ce genre de souhaits ne se réalisaient que dans les plus anciennes légendes. Il ne récolterait ni le trophée ni le panache. Vaincu par ce type discret dont il n’avait jamais su le nom, dont tout le monde se contrefichait. Vaincu par un ennemi qui paraissait faible. Vaincu par un homme simplement plus doué que lui. Ses paupières se refermèrent. C’était fini. Accablé par la douleur, Llednar tomba alors à genoux, une main sur les yeux, en criant de douleur.

-Llednar ! Tu l’as eu ? Et les autres ? Que s’est-il passé ici ?...

Snori, dès le départ, avait suivi son ami, mais celui-ci s’était avéré bien trop rapide. Le prince avait par la suite perdu son chemin un court instant, puis avait, comme tout le monde, aperçu les changements des cieux. Un nombre exponentiel de volutes de fumée s’étaient abattus sur beaucoup de soldats et de citoyens de Rednow. Sans le savoir, le rôdeur fut également touché peu après son adversaire. Désormais, ses pupilles le brûlaient comme jamais. Lui aussi se demandait ce qui avait bien pu se passer, mais il voulait avant tout savoir comment stopper cette souffrance. Il constata avec contentement et surprise qu’elle disparut d’elle-même au bout d’une paire de secondes. Lorsqu’il eut la force de rouvrir les yeux, un monde nouveau s’offrait à lui. La lumière, les endroits sombres, la pigmentation des arbres, les angles des bâtiments ; plus rien n’avait l’air d’être similaire. Pourtant, pour Snori, il n’y avait aucun changement visible à ce niveau là. Ouvert à toute éventualité devant l’incongruité de la situation, l’épéiste émit bien des hypothèses, avant d’en établir une valable, voire logique. Iyoh était bien plus fort que Llednar, c’était un fait. Il aurait peut-être pu le vaincre si leurs pouvoirs respectifs n’entraient pas en jeu. Hors, le pouvoir des rôdeurs se reposait sur leur vue. Tout commençait à prendre forme. Ces volutes ne s’abattaient pas sur tout le monde. Il s’agissait d’une purge. Seuls les hommes ayant un don avaient été touchés, et s’étaient vu ôter leurs aptitudes. Encore fallait-il comprendre le pourquoi du comment…et le comment.

Zia, face à la proposition amicale mais peu alléchante d’Habeth, tenta de se redresser pour aller sur le même lit que son amie, mais tomba à la renverse un poussant un petit cri presque comique dès qu’elle posa un pied à terre. Le souci, anecdotique pour certain, s’avérait pour elle être un changement gargantuesque. Son pied. Par terre. Une marcheuse ne posait pas son pied par terre. Dans sa semi-torpeur, l’adolescente n’avait pas vu la fumée dorée entrer en elle. À l’instant même où cela avait eu lieu, tous ses pouvoirs s’étaient volatilisés. Tout en poussant quelques jurons parmi les plus vulgaires de la langue mère, elle se redressa puis tenta de tenir en équilibre sur ses deux pieds. C’était peine perdue : elle rechuta inexorablement, et fut obligée de sauter sur le lit de l’archère luuwrienne pour ne pas se faire mal quelque part. Ce bond lui avait paru bien court, bien lent, bien lourd. Avec horreur, elle observait ses pieds comme s’ils ne lui appartenaient pas.

-Mais qu’est-ce qu’il se passe ? demanda-t-elle, effarée, à ses camarades.

Les porteurs d’artéfact ne furent pas épargnés. En un laps de temps très court, tous les avatars disparurent, et les artéfacts redevinrent de simple objet. Il n’y eut pas de cérémonie d’adieu, simplement une très mauvaise surprise. Kellue, sous sa forme de loup-garou, avait rejoint Laly et les autres sur le champ de bataille, près des automates. Au moment où elle allait enfin se lancer dans la bataille, elle redevint humaine, et portait une ceinture des plus basiques. Plus personne ne pouvait ressentir la présence de leurs amis immatériels. Même Nigfol semblait avoir subit le même sort. Vu la situation, la disparition seule des pouvoirs d’Inès Vrag n’aurait pas posé de problème. Mais voilà : ils étaient une armée affaiblie, sans le moindre pouvoir, face à des adversaires tout aussi déstabilisés...mais munis d’automates. Réduits de moitié, ils étaient encore bien plus nombreux et plus forts que les luuwriens. Le joyau rayé venait d’éclater en mille morceaux.



[HRP]Toutes formes de pouvoirs viennent de disparaître. Faites avec Wink[/HRP]

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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Sam 7 Avr - 23:15

Oloren ressentit un changement. D'un seul coup, ses jambes commencèrent à trembler, puis des crampes lui parvinrent aux cuisses et aux mollets. Des crampes si violente qu'elle en hurla. Arawn, auprès de Feldryn, perdu tout ses poils, ressentant comme une libération, comme si un poids qui lui pesait sur le dos lui avait été retiré. Il pris une grande inspiration.

Ralën, écrasa sa masse sur la tête d'un soldat, lorsque "l'arrêt" arriva. La fatigue due à l'utilisation de son don disparût en même temps que ce dernier, tous, Luuwriens, Oraniens, Hovoïtes et Nailikans, avaient perdu leur don. Lui conserva en revanche sa force et sa forme. Il sourit de se rendre compte que ce n'était pas son don qui le maintenait en état, mais ses exercices physiques. Un sourire plus que carnassier. Un sourire qui jeta un froid parmi l'armée adverse ... Ils étaient en face d'un monstre. Imperturbable, malgré la disparition de ses brillantes capacités, il continua à écrabouiller visages et os d'ennemis de Luuwr... Même s'il battait en retraite, en hurlant l'ordre aux hommes toujours en vie.
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Dim 8 Avr - 8:59

En voyant Zia s'effondrer, Habeth avait tendu les mains en un réflexe protecteur, provoquant à nouveau un élancement douloureux dans ses côtes. Reportant son attention sur l'adolescente, elle remarqua alors sa lourdeur, son allure pataude, et surtout ses pieds qui touchaient le sol. Normalement, elle aurait du planer à quelques centimètres du carrelage froid qui recouvrait la terre. Prise d'un doute, Habeth oublia la douleur et repoussa ses couvertures, ignorant les cris inquiets de la jeune infirmière:

"Votre bandage! La plaie va se rouvrir!"

Son talon toucha le sol, provoquant une sensation de froid glacé dans toute sa jambe. Avalant sa salive avec difficulté, elle posa son autre pied, puis se redressa avec précaution. Son corps blessé fut secoué par un roulis semblable à celui que l'on ressent dans les bateaux en grande mer, et la jeune femme savait que ce n'était pas du à sa blessure. Ses orteils touchaient le carrelage, mais son esprit, lui, peinait à établir une quelconque connexion.
Pourtant, il devait y avoir une explication logique, c'était obligé. Elle songea tout d'abord que cela était peut-être dû à un pouvoir des artéfacts, bien que cette hypothèse lui paraissait peu plausible. Elle se rassit avec lenteur, affichant une expression confiante et sereine, pour faire bonne figure devant Zia. Il était hors de question de l'inquiéter d'avantage. C'est ce moment que choisit Oloren pour hurler, ce qui tira Habeth de sa léthargie.
Elle attendit que les cris de la jeune fille s'estompent pour répondre à Zia, qui affichait une mine dévastée. Hormis ses talents d'escrimeuses et ses amis, son don de marcheuse était probablement tout ce qu'elle possédait. Soudainement incapable de lui mentir, elle répondit:

"Aucune idée."
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Louis
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Dim 8 Avr - 10:48

Du sang coulait sur les bras et les jambes de Roche. Il essayait désespérément de sauver un pauvre bougre, qui avait perdu une main dans le chaos de la bataille. Son combat pour la vie était loin d'être remporté, malgré son don. Les flux présents dans tout son corps sortaient de sa main droite pour pénétrer dans le moignon de son camarade, qui hurlait. La lutte contre la faucheuse durait depuis plus d'une dizaine de minutes, mais Bartiméus avait l'impression que cela durait depuis des heures. A un moment, il sentit que la magie reprenait le dessus et avait de bon espoir que son ami survive. Ses mains tremblaient et ses cheveux étaient poisseux de sang, pourtant il était heureux de voir que sa tâche n'était pas inutile. Il essayait de rassurer son compagnon, lui parlant de sa femme, qu'il allait revoir et sa petite fille, dont il avait oublié le nom. A cette évocation les yeux de l'homme brillèrent, et Bartiméus tira de ce regard sa force pour intensifier ses efforts. Soudain, les explosions lointaines provoquées par Laly cessèrent soudainement. Presque au même moment, Roche eut l'impression qu'une sonde invisible extrayait toute l'essence de son corps, et cela d'une façon extrêmement douloureuse. Il perdit connaissance...

Bombardant ses ennemis de boules de flammes démesurées, Melody se dit que la victoire leur était acquise, avec la puissance dont ils disposaient. Même si elle ne le reconnaitrait jamais devant Inès, son pouvoir serait bel et bien le facteur dans cette bataille qui leur accorderaient la victoire! Redoublant d'efforts, elle s'éleva à quelques mètres au dessus du sol, afin d'avoir un meilleur angle de vue. L'ennemi était encore nombreux, mais ils finiraient bien par en venir à bout! Soudain, elle se sentit choir, et comprit que Belwur s'était retiré. Des milliers d'idées lui traversèrent la tête. Voulait il donner un avantage aux Nailikans, qui étaient sa patrie d'origine? Peut être souhaitait il plutôt remettre son pouvoir à un autre brûleur ou jongleur? Ses interrogations s'interrompirent lorsqu'elle atterrit sur le sol. Il fallait réagir vite, si elle ne voulait pas être submergée. Heureusement, les autres étaient là pour la couvrir... Melody tourna la tête, et se rendit compte que plus aucun des porteurs n'avaient de pouvoir. Ce ne pouvait être une coïncidence. Il se passait quelque chose... Soudain, elle ressentit un grand vide intérieur, semblable, sinon plus fort que celui de Roche. Le vent qui l'atteignait déclenchait en elle des tremblements incontrôlés. Le froid, devina t-elle quelques instants après... Elle était complètement dépossédée de son pouvoir, et compris d'instinct que cette perte serait définitive... Belwur et elle ne marcheraient plus jamais aux cotés l'un de l'autre. C'était à la fois réjouissant, et plongeait la jeune femme dans une nostalgie totalement inappropriée à l'instant. Esquivant avec difficulté l'attaque d'un automate, elle dégaina son sabre, inquiète, et recula de quelques pas, tranchant les bras des bêtes, qu'elle n'aurait pas cru aussi résistantes. Leur petit groupe reculait peu à peu, sous la violence des assauts. Leurs vies étaient en grand danger, mais aussi la ville. Ils n'avaient plus l'avantage face à Nailika. Ils ne faiblissaient pourtant pas, continuant à se battre de toutes leurs forces. Toutefois, face à la masse, les porteurs finirent par se retrouver encerclés. Ils semblaient condamnés... C'est à ce moment que la cavalerie Reydoranne intervint, effectuant une percée dans le bloc solide des automates. Les pertes furent terribles, les cavaliers n'ayant pas l'habitude de se battre face à de telles créatures, pourtant, ils parvinrent à sauver le petit groupe... Une fois à une centaine de mètres des monstres, Melody demanda, avec beaucoup de tension dans la voix :

- On fait quoi, maintenant?

Les créatures avançaient lentement en direction de Rednow... Nul doute qu'une fois en ville, elles anéantiraient les dernières resistances et détruiraient le joyau de Luuwr...

L'absence de Roche n'avait duré que quelques secondes. Il rouvrit les yeux en ayant l'impression de se sentir totalement vide, comme une coquille qu'on aurait vidé de sa substance. Essayant de se relever lentement, il vit le jeune homme pour qui il voulait se battre, dans un état indescriptible. Son don de guérisseur semblait n'avoir plus aucun effet, et ne sachant pas comment guérir autrement que par lui, il n'avait d'autre choix que de voir son ami mourir dans d'atroces souffrances, inutile. Il aurait pu partir rejoindre les combats, mais il se sentit obligé de rester encore quelques instants aux cotés après que la vie ait quitté l'homme. Se ressaisissant, Bartiméus se dit qu'il devait aider les vivants, et que les morts auraient bien le temps d'être enterrés par la suite. Avec cette impression de ne plus être complet, il couru vers les portes de la ville.
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Dim 8 Avr - 18:03

Toujours perchée en haut de son arbre, Laly observait avec dédain la deuxième moitié des automates prêts à être exterminés par un nouvel enchaînement de ses tirs assassins. Vue d'en bas, elle avait l'air d'un étrange animal, vêtue de son grand manteau de fourrure grise et de ses cheveux légèrement bleutés, le tout dans un décor froid, rasé et dégradé. A l'instant fatidique où elle avança une énième fois son bras vers ses ennemis, un frisson chaud la parcourut en tous points. Prise d'un vertige inhabituel, elle empoigna fermement la branche sur laquelle elle était assise et observa, affolée, les revolvers doucement s'évanouir dans une fumée étrange. Il en allait de même pour ses vêtements, pour sa chevelure, pour son attitude si fantasque. En à peine quelques secondes, elle était redevenue Laly. Ses cheveux bruns et courts ondulaient jusqu'en dessous de ses oreilles, elle avait retrouvé sa tunique mauve, ses cicatrices sur tout son corps, ses joues roses. Et, autour de son poignet, un simple bracelet rayé bleu et gris se balançait.

La jeune femme, paniquée, tentait de garder un minimum de sang froid. L'évanouissement de ses pouvoirs avait forcément une explication. Peut-être s'agissait-il de Nigfol, fâchée ou lassée par la seconde forme ? Peut-être voulait-elle encore une fois jouer avec les nerfs d'Inès Vrag ? Agrippant de sa main libre le bijou, elle supplia.

- Nigfol ... Allez, s'il te plait ! Aide-moi ! Reviens, bordel ! On va tous crever là ! ON A BESOIN DE TOI !

Rien. Pas la moindre manifestation. Même pas un petit tremblement, ni la moindre fumée bleutée, encore moins le visage enfantin de l'avatar. Pendant deux bonnes minutes, Laly regardait son poignet, attendant de la part de l'artéfact une aide, un signe, une explication. Mais rien. Le bracelet tant convoité était devenu un simple bijou d'une banalité affligeante.

- D'accord ... Je n'ai pas besoin de toi. J'ai risqué ma vie pour te trouver, j'ai vaincu des ennemis dont tu ne soupçonnes même pas l'existence, et j'ai fait tout ça sans tes pouvoirs ! Je peux très bien le refaire !


Elle croyait à moitié ce qu'elle venait de dire, mais elle n'avait plus le choix. Après tout, il lui restait ses pouvoirs de révulseuse. Tandis qu'elle essayait de repousser les automates restants grâce à un champ magnétique, rien ne se produisit. Elle tenta une deuxième fois, puis une troisième. Une quatrième, une cinquième. Tous ses pouvoirs avaient disparu. Absolument tous. Ses ennemis, eux, n'avaient pas disparu, bien au contraire. Même après l'attaque des Reydorans, les automates devaient être encore au minimum cinq cent. Et elle, comme une idiote, était coincée dans un arbre.

- Mais ... Qu'est-ce qu'il se passe ...

Effrayée par l'absence de ses pouvoir et démunie de toute arme, elle regardait au loin, jusqu'à apercevoir Melody et tous les autres. Si jamais elle descendait, elle était condamnée. Si jamais elle ne descendait pas, elle était condamnée. Aujourd'hui plus que jamais, Laly paniquait face à cette réalité sordide.
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Dim 8 Avr - 19:29

Il ne s’agissait plus à présent d’obtenir un pouvoir démentiel pour annihiler les forces adverses. Avec les inexplicables évènements, seule la stratégie et les effectifs devaient être pris en compte ; or Luuwr écopait d’un malus de taille. L’armée nailikane était bien mieux équipée, bien mieux entraînée, bien plus disciplinée, et plus que tout ne souffrait d’aucune forme de démoralisation ou de trouble psychologique quelconque : ces automates ne pouvaient ressentir la moindre émotion. Faisant preuve de la même hargne, ils éliminaient des cavaliers par dizaines, détruisant ainsi le dernier rempart avant les portes de Rednow. Les porteurs d’artéfact, plus déstabilisés les uns que les autres, se regroupaient en se défendant tant bien que mal. Si certains comme Walho pensaient encore que leurs compagnons avaient simplement décidés de faire une pause, ceux ayant atteint la seconde forme n’espéraient plus grand-chose. Orion, plus encore, paraissait totalement désespéré. Rendu sourd par le tumulte des chocs d’acier, il baissa les bras puis avança lentement à travers les lignes de soldats, ne se souciant guère de sa sécurité. On ne pouvait plus escompter des chances de survies honorables. Sans la moindre surprise, ses camarades virent son corps sans vie joncher au sol, et furent à leur tour victime de cette hécatombe. Tour à tour, Danathor, Oswald et Walho périrent.

Kellue, bien plus combative, refusa de suivre la voie quasi-suicidaire de ses amis. Avec ou sans pouvoir, avec ou sans artéfact, elle devait tenir sa promesse. Protéger Edward. S’il fallait pour cela vaincre des centaines de combattants, elle le ferait. Un premier automate s’avança vers elle en effectuant de son bras droit un funeste mouvement de balancier. Avec une grâce féline, la jeune femme se glissa sous la lame greffée, puis enchaîna plusieurs coups de pied circulaires d’une rare violence au même endroit. Au point d’impact, l’acier flexible présentait un torsion d’une dizaine de centimètres, mais la victime continuait d’attaquer, se contrefichant d’une douleur inexistante. Il ne put en revanche pas se relever quand le poing de la parleuse s’enfonça violement dans son crâne sans visage, pour en ressortir avec une série de câbles fins. Déstabilisée, la créature ne jeta pas l’éponge pour autant, s’avançant d’un pas de plus. Heureusement, Kellue fit preuve de parcimonie en prenant en compte les conseils de Snori : frapper le torse, centre de leur énergie. Un coup de genou sec suffit à secouer assez la batterie pour stopper enfin le redoutable ennemi. Contre un être humain bien entrainée, la conseillère n’aurait pas du se livrer à un duel si acharné. D'un regard vif, elle constata que les forces ennemies étaient encore bien plus nombreuses que prévues. Si leur chef de guerre était lucide, ils sonneraient la retraite. C'était soit cela, soit leur mort à tous.

Après s’être assuré du bon état de Llednar, Snori s’était dirigé vers le temple d’où Edward observait les combats. Sur le chemin, il dut se battre contre plusieurs machines et donner des instructions sur le qui-vive, mais ne put s’attarder longtemps auprès des hommes encore valide. Il fallait absolument trouver un point de vue stratégique le plus vite possible pour mettre au clair la situation. Sous le coup de la fatigue accumulée aux quelques blessures, monter l’escalier menant à l’édifice religieux fut très difficile. Lorsque le prince arriva au côté de son homologue nailikan, il reprit son souffle plusieurs secondes avant de pouvoir prononcer le moindre mot. Le spectacle s’offrant à lui était tout simplement désastreux. La marrée grisâtre des automates avançait très clairement vers ou dans la cité inondée. L’eau ne semblait pas avoir le moindre effet sur ces monstres de guerre. Bientôt, ce seraient les citoyens retranchés dans leurs habitations en phase de s’effondrer qui seraient victimes de ce carnage. La grande cloche du temple pourrait alerter l’intégralité de leurs alliés sans le moindre problème. Sans le moindre sourire, Snori se tourna vers le jeune héritier des Reydoran.

-On bat en retraite. Nous fuyons, vers l’Est. Je pense connaître un endroit où nous serons en sécurité, du moins pour un moment.

-Monsieur, l’interpela un des gardes d’Edward, les troupes ennemies sont à l’Est. Comment comptez-vous nous faire passer juste sous leur nez ?

Un horrible rictus déchira le visage de Snori. Il avait parfaitement conscience des risques, mais s’ils ne partaient pas, ils mouraient tous. Quitte ou double, pourtant ils se devaient de jouer le tout pour le tout.

-Ils sont forts, mais lents. On va passer par la sortie Sud, puis aller droit vers l’Est en espérant pouvoir tous y survivre. La plus grande partie de notre armée était présente ici. Avec les effectifs perdus, Abrial n’a plus aucune défense. Une fois que Luuwr sera tombée, l’Oran ne tiendra pas une semaine. C’est fini, nous avons perdus. Alors suivez-moi et ne posez pas de questions pour le moment. Et sonnez cette retraite ! À chaque seconde, nos chances de succès diminuent !

Le glas sonna à moult reprises. Chacun savait parfaitement ce que ce son abasourdissant signifiait. La retraite vers l’Est, porte Nord. Toutes les mesures de sécurité avaient été minutieusement préparées, et chacun savait ce qu’il avait à faire. Le plan paraissait absolument absurde, mais la confiance placée en Snori Pendragon n’avait que très peu de bornes. Certains, hargneux, aurait sans doute voulu combattre jusqu’à leur mort pour devenir des héros, cependant même ceux-ci furent emporté par la marrée fuyarde. Ilawen, non pas sans une certaine panique, remonta rapidement jusqu’à son auberge, et emporta l’intégralité des enfants avec elle. Beaucoup pleuraient à juste titre, mais pas Adel. Silencieuse comme toujours, elle lança simplement un dernier regard près de la fenêtre avant de quitter la pièce. Le petit garçon aux cheveux ébouriffés…il avait disparu sans que personne ne le remarque. Elle ne voulait pas être prise pour une folle alors elle n’en dirait rien, mais tout de même, elle restait persuadée qu’elle n’avait pas rêvé. Llednar attendait déjà à la sortie indiquée, un corps inerte sur l’épaule. Malgré un rictus dédaigneux, il s’évertuait à porter Iyoh Tzumihi, lequel respirait encore malgré le nombre impressionnant de ses blessures. Il aurait pu l’achever, pourtant quelque chose lui soufflait qu’ils auraient peut-être besoin de lui à l’avenir.

Zia, comme tous les autres, connaissait la procédure. Il fallait fuir. Le souci était dès lors le suivant : eux tous, blessés à divers degré et incapable de sortir de leurs lits, ne pourrait jamais atteindre la sortie sans devenir des fardeaux pour les autres. Bien sûr, avec ses dons de marcheuse, elle aurait facilement pu se réfugier au sommet d’un arbre ou sauter de toit en toit pour se déplacer rapidement, mais la situation lui interdisait de faire quoi que ce soit. Allait-elle donc périr ici, impuissante, cloitrée dans un bâtiment médical ? Une chose était sûre, ce n’était pas là ce qu’elle désirait. La plupart des médecins, craignant pour leurs propres vies, s’enfuyaient sans apporter la moindre aide à leurs patients. N’ayant même pas la force de les insulter, l’hovoïte pensa avec résignation qu’elle aurait agi de la même façon à leur place, sans réussir à s’en convaincre. Anéantie, elle appuya solennellement sa tête sur l’épaule d’Habeth, en tremblotant de terreur, puis ferma les yeux. Elle préférait s’endormir avant de mourir.

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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Dim 8 Avr - 23:37

Explosé aurait été un terme faible pour expliquer l'état dans lequel se trouvait la porte de l'infirmerie quand Ralën Ehlkaÿd entra dans la pièce. Sans prendre le temps de demander quoi que ce soit à qui que ce soit, il chargea Habeth sur les épaules robustes d'Arawn, et laissa Zia dans ceux d'Ilyanna, lui pris Oloren sur son épaule libre. Il était parfaitement en état de combattre ainsi, et il avait entendu l'ordre de Snori juste avant de courir vers l'ambassade. Le paladin ouvrit la marche, ils sortiraient par un petit passage vers le nord-est de la ville, qui n'était pas encore envahie. Ils l'atteignirent rapidement, et l'empruntèrent en dissimulant la trace de leur passage derrière eux. Ils n'avaient rien dit aux jeunes filles, même pas demandé leur avis ...
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MessageSujet: Re: Un joyau rayé   Lun 9 Avr - 12:32

Edward approuva les paroles de Snori, pensif... Il n'avait pas osé proposer une telle retraite, n'ayant finalement pas beaucoup de responsabilités, dans cette bataille, pourtant, elle s'imposait. Le Joyau de Luuwr allait tomber, pour la première fois de son histoire. Des frissons parcoururent l'échine du jeune Reydoran. Il avait vécu quelques mois ici, incognito, et avait toujours révéré le centre de culture qu'était Rednow... Se dire que, cette nuit, la ville n'existerait sans doute plus qu'en tant que ruine attristait énormément le jeune homme. A la suite de Snori, il descendit rapidement les longs escaliers. Selon le rapport d'un de ses commandants, trois des six porteurs d'artéfacts avaient perdu la vie. Heureusement, les trois survivants étaient les plus puissants. Edward avait bon espoir que la petite "crise" des artéfacts cesse à un moment où un autre, on lui avait toujours décrit Belwur comme apte aux fourberies de ce genre. Même si ils perdaient aujourd'hui, il était convaincu que la victoire viendrait au bout du compte! Arrivé dans la rue, il fut tout de suite choqué par l'odeur de mort qui y régnait. Partout se trouvaient des morts et des agonisants. Un homme, occupé à réconforter un mourant, leva les yeux vers le prince Oranien lorsque celui ci arriva à sa hauteur.

- On fait quoi, maintenant, Snori? demanda Bartiméus, en proie au doute...

Ayant rejoint la cavalerie Reydoranne, Melody essayait d'infliger un maximum de dommage à leur adversaire, à distance. Les gants de Belwur, désormais inutiles, étaient accrochés à sa ceinture comme un trophée. Jetant une lance en direction du torse d'un des automates, elle eut la satisfaction d'entendre le bruit mat de son arme touchant sa cible. Elle fut prise de stupeur quand elle remarqua que la créature était toujours vivante, la lance plantée solidement sur son ventre... Elle comprenait alors le fort avantage que lui avait offert Belwur toutes ces années... Avec l'artéfact, l'arme aurait sans doute traversé deux à trois ennemis sans difficulté. Entendant résonner le glas de la retraite, la jeune femme jura et se dirigea avec le reste des troupes en direction de la porte nord...
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