Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 De vieux amis

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L.Hubs
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MessageSujet: De vieux amis   Sam 10 Mar - 22:02

La lettre ouverte des généraux nailikans s'était propagée à une vitesse ahurissante. Le monde entier était au courant: la bataille finale aurait bientôt lieu. Si Luuwr perdait Rednow, leurs ennemis auraient un accès maritime direct vers Nora. De là, ils pourraient prendre Abrial en cisaille, et tout serait alors terminé. Tous en avaient conscience. Beaucoup décidèrent de se terrer, de rester dans leurs maisons de campagne, sur leurs îles, dans leur palais. Mais d'autres tenaient à faire face. Il y avait encore beaucoup de choses à régler, mais si peu de temps pour le faire. Plus personne ne pouvait se permettre de perdre la moindre seconde, de réfléchir encore plus. Le destin de chacun prenait son tournant aujourd'hui. Allaient-ils se battre, ou demeurer oisif, attendant que la vague des automates déferle sur eux avant de les engloutir? Pour Irwan, la question ne se posait même pas. Si l'histoire s'écrivait à Rednow, il serait à Rednow. Walho, qui le suivait absolument partout pour assurer sa sécurité, le suivrait. Il tenait néanmoins, avant de prendre le navire encore une fois, à aller saluer Alix. La petite n'avait sans doute même pas conscience de tout ce qui était en train de se passer, dehors. Cela valait bien mieux pour elle. Pourtant, elle méritait de connaître la vérité, d'avoir le choix. Après avoir rapidement traversé les couloirs sinueux du palais, le majordome entra dans la chambre de l'adolescente sans frapper. Vêtu d'une simple chemise blanche et d'un veston sombre, il s'inclina légèrement, puis adressa l'un de ses rares sourires à son interlocutrice, tout en tortillant du bout des doigts sa moustache parfaitement taillée.

-Mademoiselle Firmin, je crois qu'il est temps de nous dire au revoir. Nous partons, sans doute pour ne pas revenir. Le choix vous appartient, mais, j'aimerais quand même que vous me promettiez quelque chose.

Tout à coup, son air devint plus grave. Il s'avança d'un pas, et posa ses mains sur les épaules de la tapissière. Il pouvait se passer tellement de choses à présent. S'ils perdaient, Nora serait envahie à son tour...qu'adviendrait-il alors d'une gamine retrouvée en plein milieu du palais? Il ne fallait pas rester ici.

-Allez retrouver William. Vous deux, vous ne devez pas mourir. Fuyez, aussi longtemps que possible si nécessaire, et répandez la joie autour de vous. Vous êtes futés, vous trouverez le moyen de le faire. Soyez heureux. Vous, Alix. Soyez heureuse.

Un conseil stupide, sans doute. Il faudrait pourtant rester naïf pour garder le sourire en ces temps sombre. Walho, avec son éternel pragmatisme, ne s'en sentait pas capable. Il espérait simplement qu'Alix, elle, y parviendrait. Les temps futurs auront besoin de gens comme elle, de candeur, de bonheur, de sottise. L'esprit humain causait bien des ravages depuis trop longtemps. Eux, ces jeunes, ils étaient l'avenir. Ils auraient à reconstruire, à effacer les erreurs de leurs aînés. Ceux-ci n'avaient plus qu'à aller au bout de leur dogme. Le massacre avait commencé. Il devait se terminer. Tout se passerait à Rednow. La cité des eaux, le joyau de Luuwr. Les citoyens fuyaient, les soldats arrivaient. Et, au milieu de ce fourmillement, deux silhouettes restaient droites, inflexibles, menant leur quotidien comme si de rien n'était. Ilawen, derrière son comptoir, servait ses habitués avec un grand sourire, accordant de grandes tapes dans le dos. Adel, à l'étage, aussi silencieuse qu'à l'accoutumée, serrait le collier d'Alix entre ses petites mains, en observant les nuages depuis la fenêtre de sa minuscule chambre. Elle avait toutes les raisons d'être triste, mais elle souriait. Sa grande sœur lui avait promis de revenir. Il suffisait d'attendre.

-Vous ferriez mieux de partir, toi et la petite, lançait un vieil homme à l'allure douteuse, à moitié ivre.

Ilawen lui lança un regard interloqué, puis éclata d'un rire tonitruant et franc.

-Laisse tomber Jo, on sera fidèle au poste! Luuwr ou Nailika, tout le monde a besoin de bière, non? Ils auront besoin de me garder s'ils veulent boire, ces foutus soldats!

-'parait que ce sont des robots, maman. Je crois pas qu'ils aient besoin de boire.

Beaucoup de clients, depuis un certain temps, la surnommaient ainsi. Cela l'avait fait sourire les premiers temps, puis elle s'y était faite. Entre sa fille adoptive et ses camarades de beuverie, il y avait bien longtemps qu'on ne l'appelait plus par son prénom. Après avoir poussé un petit soupir, l'imposante trentenaire se servir à son tour une pinte, puis alla s'asseoir auprès de toute sa bande. Ils ne lui apprenaient rien. Oui, personne ne lui ferait de cadeau durant la bataille, mais elle s'en fichait éperdument. S'il fallait se battre pour protéger son bar et sa petite Adel, elle le ferait. Qu'ils viennent, ces automates! Elle les transformera en robinets, et en fera couler le vin.

-Et nous y revoilà...

Le groupe de l'expédition, mené par Snori, se tenait devant les portes de Rednow. Ils avaient bien entendu eu vent de l'attaque. Leur décision avait alors été unanime: ils devaient défendre leur pays. Même Orion et Oswald s'étaient mis d'accord là-dessus, alors qu'ils se disaient neutre en temps normal. Si Nailika comptait raser tout le Sud de la carte, il fallait l'en empêcher. Il leur restait encore deux jours avant de combattre. Cela leur laissait donc un peu de repos. Le prince sut tout de suite où ils se rendraient: l'ambassade oranienne. Il en fit part aux porteurs d'artéfact dans un murmure, puis l'ancien général nailikan s'adressa à la petite assemblée.

-Bien, nous nous réunirons vers quinze heure, à l'ambassade luuwrienne. Je compte sur vous, c'est important.

Il adressa alors un simple signe de tête à ses deux homologues, et ceux-ci le suivirent. Snori, après les avoir regardé partir, lança un grand sourire à ses camarades, non pas sans une certaine appréhension. Lui aussi avait un mot à dire, désormais qu'il était le seul chef ici.

-Je suis content qu'on soit ici tous ensemble. Quoiqu'il puisse se passer, on ne se lâchera pas. Nous sommes soudés. Si nous devons mourir après-demain, ce sera ensemble. Mais aucun de nous ne mourra, pas vrai? Nous sommes bien trop forts pour nous faire battre par des novices!

-Moi, je suis pressée qu'ils attaquent. Comme ça, je pourrais leur montrer qu'à moi toute seule, je vaux mieux que toute leur armée, à cette bande de Ji...aïe!

Avant qu'elle n'ait pu se remettre à jurer comme elle aimait tant le faire, Llednar lui avait accordé une grande tape derrière le crâne d'un geste rapide. La rouquine fulminait et commençait à lui crier dessus, mais le rôdeur se contentait de sourire. Malgré tout ce qu'il pouvait affirmer, il était vraiment heureux de la retrouver en bon état. Même si elle était encore plus insupportable qu'avant. Finalement, un ou deux jours de plus dans un cachot lui auraient peut-être bien réussis. Snori, ne faisant même pas attention aux enfantillages de ses élèves -bien qu'il aurait adoré pouvoir s'y joindre- s'adressa à Laly, ou plutôt à son artéfact.

-Alors? Ce sera le moment idéal pour utiliser la seconde forme de Nigfol, non?

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Pomme
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Sam 10 Mar - 23:28

https://www.youtube.com/watch?v=zYoHBH1UOTE

Alix aussi voyait les nuages. Elle voyait exactement les mêmes qu'Adel, au même moment, perdue dans ses pensées. La tapissière ne savait guère ce que cette charmante enfant était devenue et désespérait chaque jour de ne plus jamais la revoir. Elle, seule, comment pouvait-elle aller à Rednow ? Comment pouvait-elle ne serait-ce qu'imaginer entreprendre un voyage de cette ampleur ? Sans compagnon, sans carte, sans boussole, sans arme, sans cheval. Il fallait qu'elle la revoit. Qu'elle sache qu'elle ne l'avait pas abandonnée et qu'elle l'aimait terriblement. Accoudée à son bureau, ses doux yeux marrons se perdaient dans le grand bleu profond du ciel, dans les vapeurs et dans les nuages d'un blanc presque immaculé. A sa droite, la statuette d'argile de Zia et d'elle même trônait fièrement. Finalement, elle avait fait une épée en cure-dents, pas très jolie, mais assez ressemblante tout de même. Elle n'attendait plus qu'une personne pour prendre tout son sens, car à l'heure actuelle, elle se voyait vide, sans âme.

Du bout des doigts, la jeune fille jouait avec un petit bout de papier chiffonné, résultat d'une de ses nombreuses tentatives d'écriture ou de dessin, qu'importe. Alix s'ennuyait. Elle s'ennuyait des autres qu'elle attendait pendant des heures devant la grille du château. Elle s'ennuyait de William qu'elle n'avait pas vu depuis des semaines. Elle s'ennuyait d'Adel et d'Ilawen qui avaient partagé une des plus belles périodes de sa vie. Tout était trop calme, trop triste et trop étouffant sans eux. Pour la première fois de sa vie, la blondinette se sentait incomplète, dénaturée. Bien sûr, il y avait Edward et Wawa, toujours là pour elle, prêts à l'écouter et à lui apporter l'affection dont elle avait besoin. Mais plus rien n'était pareil. Et la vie voulait que son existence ne soit plus jamais comme avant.

La porte s'ouvrit. Le majordome apparut, l'air serein et terriblement sérieux, comme toujours. Lui aussi partait. Lui aussi ne reviendrait sans doute jamais. Les secondes qui suivirent cette annonce et ses recommandations, Alix resta assise sur sa petite chaise en bois, les bras ballants et le regard vide. Elle aurait aimé hurler sa colère, sa tristesse et tout ce qui s'était vicieusement enfoui en elle durant tout ce temps, mais elle n'en eut pas le courage. Elle se contenta de tourner la tête vers la sculpture, qu'elle toucha de ses mains tremblantes. Les cheveux de Zia, son arme représentée de manière ridicule et tous les travers de cette représentation. Sans même regarder son interlocuteur, la gorge serrée, elle bafouilla quelques mots.

- Ils ne reviendront pas, hein ?

Doucement, elle poussa volontairement l'œuvre au bout de la table, froidement. La chute de l'objet parut extrêmement longue, ralentie par une sensation étrange, puis se brisa en un millier de morceaux. La tête d'Alix en argile roula jusqu'aux pieds de Walho, ironiquement attirée par cet homme. Il lui avait dit de retrouver William, puis de partir tous les deux. Le jeune homme en question accepterait-il simplement d'honorer cette demande ? L'adolescente se leva en larmes, et vint serrer le majordome une dernière fois dans ses bras.

- Je te promets, Wawa. Je te promets. Si Rednow est sur ton chemin, tu voudras bien dire à Adel que je l'aime ? Tu comprends ... c'est ma vraie sœur. Mais, où est-ce que je peux trouver William en fait?

Même si elle se perdait, même s'il neigeait, pleuvait, même si Danna toute entière se déchaînait contre cette pauvre gamine, elle le retrouverait. Elle avait promis.

[Vous pouvez arrêter la musique maintenant]

Laly était émue de retourner ici, à Rednow. Si seulement la dernière fois qu'elle avait foulé cette terre, elle aurait imaginé y revenir pour une raison aussi triste ... Elle avait eu le temps de discuter un peu avec Nigfol, de tout et de rien, de se chamailler mais également d'évoquer avec sourire les souvenirs du passé, comme lorsqu'elles avaient croisé, avec Zia, cet horrible affreux Jojo le Clodo. Une vraie relation d'attachement commençait à naître, bien au delà de celle de porteur et d'artéfact. Lors de la question de Snori, la révulseuse se mit à rire.

- Si, elle me l'accorde, pourquoi pas ! dit-elle en adressant un clin d'œil à la gamine aux cheveux bleus.

La jeune femme aimait cultiver le mystère, doutait de beaucoup de choses sauf d'une seule : la deuxième forme de Nigfol paraissait évidente pour combattre, et elle l'utiliserait. Coûte que coûte.
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Dim 11 Mar - 17:28

Kellue avait suivit ses deux compagnons jusqu'à l'ambassade oranienne. Les dirigeants furent prévenus au préalable de leur arrivée, et ils n'eurent donc aucun problème à l'entrée. Une fois installés dans le grand salon où les canapés furent disposés en un cercle presque parfait, ils engagèrent tous trois une conversation décisive. Orion prenait à cœur le fait de rester neutre, de se battre uniquement pour la justice. Oswald, en revanche, n'avait rien contre le fait de se rallier à telle ou telle organisation. S'ils désiraient affronter Nailika en compagnie des luuwriens, alors ils devaient l'assumer pleinement. Après tout, eux aussi étaient des citoyens comme les autres. Offtaür, tout à fait d'accord avec ce point de vue, s'empressa de soutenir son porteur. Très vite, les propos de l'ondine séduisirent à leur tour les deux autres artéfacts. Ohihir, lévitant au dessus du sol, les jambes tendues et les bras croisées, acquiesçait d'un simple signe de tête. Nigdaoz, bien moins enthousiaste à l'idée d'être du côté de celle dont le surnom était devenu "le mollusque" dut cependant se ranger cette fois-ci. Elle avait raison. Il y aurait dès lors de belles bagarres en perspectives. Enfin, ils gagneraient. Ils gagnaient toujours. Du coin de l'œil, Anelle les observait, eux et leurs étranges amis, mais ne se permit pas le moindre commentaire, se replongeant dans ses registres divers. Il faudrait tout de même demander aux responsables ce qui se passait ici.

Hors les responsables arrivaient. Irwan avait pris soin de mobiliser son navire le plus rapide. En un jour et une nuit seulement, ils avaient parcourus tout le chemin entre Nora et Rednow. À présent, accompagné de Walho, suivi par des gardes luuwriens d'élite, le régent oranien pénétra dans l'ambassade. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas mis les pieds ici, peut-être depuis qu'il travaillait pour Kunz Pendragon. Le roi s'occupait souvent des affaires extérieures, tandis que le ministre avait, la plupart du temps, eu la charge des tâches internes. Bien que venant tout droit du palais, l'historien prit le temps d'observer les riches décorations du bâtiment, posant avec curiosité son regard sur la moindre fresque murale, relevant les plus infimes détails du sol marbré. L'architecture avait toujours été pour lui l'un des plus grands mystères. Jamais, au cours de ces nombreuses années passées dans le luxe, il n'était parvenu à comprendre comment le toit du palais tenait en place; mais il avait fini par se faire une raison: s'il restait bien droit sur les murs porteurs, tout allait bien. Après un rapide accueil, le majordome se dirigea rapidement vers le salon, et y rejoignit ses compagnons, lesquels ne lui lancèrent que de rapides saluts. Walho, de par sa froideur constante, ne s'était pas fait que des amis, même parmi ses homologues.

-Tu comptes te battre, toi? lui lança Kellue, sarcastique.

-J'espère ne pas avoir à le faire. Je resterais auprès d'Irwan Knell pendant l'attaque, pour le protéger si nécessaire.

La parleuse s'apprêtait à lui lancer une réplique acerbe, mais Orion fut plus rapide qu'elle. En général, lorsqu'on lui coupait la parole, la trentenaire protestait, haussait la voix pour se faire entendre. Pourtant, lorsque le trancheur répondit à Walho, elle se tint sage, comme un enfant. Il était leur chef. Si il parlait, elle devait se taire, c'était si simple que ça.

-Nous avons des accord, Walho, commença-t-il. Si nous prenons une décision, tu dois nous suivre. Tu ne pourras pas toujours agir comme bon te semble. Toi qui travaille sous les ordres de tous ces militaires, tu devrais savoir qu'il faut parfois obéir sans poser de questions.

-Je ne travaille pas pour des militaires, Orion. Je travaille pour des grands hommes dont la valeur essentielle est la liberté. Je ne me suis jamais engagé à quoi que ce soit auprès de vous. J'agirais comme bon me semblera.

L'hovoïte, plus impulsif que jamais, ne comptait pas s'arrêter là, mais il sentit la main apaisante d'Oswald se poser sur son épaule. Pour une fois, le vieux général tombait d'accord avec le majordome. En cette période trouble, chacun avait le droit de choisir de la façon d'utiliser son artéfact. Offtaür, comme pour agréer les dires de l'expulseur, hocha la tête d'un air solennel. Tout à coup, brisant le silence s'installant peu à peu, Nahaow jaillit du pendentif en hexagone de Walho, puis lança un grand sourire à Nigdaoz. La jeune fille tortillait une mèche de cheveux bleus au bout de son doigt, l'air bougonne, mais elle sembla rayonner de joie en voyant le jeune elfe surgir de nulle part. Tout en poussant des petits cris simultanés, tous deux s'avancèrent l'un vers l'autre, et se mirent à exécuter une sorte de danse rituelle parfaitement ridicule.

-Daaaaaaaaawa! rugirent-ils à l'unisson, comme pour conclure ce salut minutieusement préparé.

Ils se mirent alors à converser à haute voix, attirant l'attention d'une grande partie du personnel. Irwan s'avança lui aussi dans le salon, et faillit tomber à la renverse en découvrant tout à coup quatre avatars, le fixant tous d'un air soupçonneux. Immédiatement, une centaine de questions lui virent à l'esprit. Il avait aujourd'hui l'occasion d'obtenir toutes les réponses qu'il voulait, il ne fallait pas laisser passer cela. D'un pas déterminé, il s'avança vers eux, mais Ohihir fut plus rapide, et s'adressa à lui avant qu'il n'ait pu dire le moindre mot.

-Patience, petit garçon. Nous répondrons aux questions dont nous possédons les réponses, mais pas avant que tous tes amis soient arrivés. Il y en a encore bien d'autres qui vont venir.

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MessageSujet: Re: De vieux amis   Dim 11 Mar - 19:09

Melody était désormais complètement soignée. Plus une seule trace de son martyre n'avait été visible. Elle avait passé les quelques jours de trajet à étudier les plans tactiques transmis par Belwur, qui dans son extrême bonté, avait décidé de transmettre les informations qu'il puisait des connaissances générales des artéfacts. Leur situation était réellement peu enviable. D'un coté, il y avait une armée moyenne, bien formée, mais dont les moyens se réduisaient un peu chaque jour. De l'autre, il y avait l'armée Nailikanne, surarmée, dont les automates, malgré leur effectif peu élevé, terrorisaient les armées Luuwriennes et Oraniennes. Seul les artéfacts pourraient faire pencher la balance de leur coté, et encore, uniquement si tous passaient en forme finale.

- En effet, Nigfol! Feras tu cet honneur à Inès que de lui accorder ta forme finale?

De son coté, Roche observait Zia, un peu gêné. Il avait appris que la jeune épéiste était une Fambriel, mais hésitait à la manière dont il devait agir vis à vis de cela. Ce n'était surement pas son problème, mais il était convaincu que la famille de Zia s’inquiétait pour elle, même si elle même ne s'en rendait pas compte. Mettant une main sur son épaule, il lui dit :

- On peut se parler?
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Dim 11 Mar - 19:45

Zia ne se vantait pas d’avoir une excellente mémoire, mais il lui semblait que Bartiméus ne lui avait jusqu’à lors adressé la parole uniquement pour mettre au point quelque stratégie, ou pour lui demander d’aller chercher du bois. Son air presque grave n’avait absolument rien d’habituel. Plus surprise qu’autre chose, l’adolescente accepta donc d’aller lui parler, et s’isola dans un coin, en lançant un regard vers Snori qui s’enfonçait déjà dans les tumultes de la cité des eaux. Une fois adossée à un muret, elle fourra une main dans sa poche, tout en grattant nerveusement sa nuque.

-Qu'est-ce qui se passe?

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MessageSujet: Re: De vieux amis   Dim 11 Mar - 19:49

- ça ne me regarde sans doute absolument pas, Zia, mais je sais que tu fais parti des Fambriel. Je ne pense pas que le fait de mentir ainsi soit la meilleure solution qui soit... Que penseront les autres, si ils apprennent par ta famille que tu leur a menti? demanda Roche, anxieux.

En effet, Bartiméus avait intercepté un courrier de Vrag qui affirmait que Zia se trouvait sous sa garde, et qu'il attendait que sa famille vienne le chercher. Au vu des informations qui y étaient précisés, les Fambriels devaient avoir une petite idée du lieu où se trouvait leur fille rebelle, et ils viendraient un jour ou l'autre la rechercher...
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Dim 11 Mar - 20:00

Lorsque Bartiméus prononça le nom "Fambriel", Zia ressentit un frisson lui parcourir le corps. Elle avait totalement oublié que le soldat avait été infiltré parmi leurs ennemis. Machinalement, elle se mordit la lèvre inférieure. Il aurait fallu tout dire à Snori avant. Maintenant qu'un autre s'en était rendu compte, elle aurait simplement le rôle de la gamine que l'on forçait à parler. Elle jeta un regard suppliant vers son interlocuteur, mais ce-dernier semblait inflexible. Il avait sans doute raison, sa famille s'inquiétait, mais elle se sentait bien mieux loin d'eux. D'une voix trop tremblante à son goût, elle répondit, la mine basse:

-C'est seulement parce que je vous ai menti que j'ai pu vous suivre tout ce temps. Si j'avais dis que j'étais une Fambriel, Irwan m'aurait immédiatement renvoyée d'où je venais. C'est...pff...tu ne connais pas ma famille. Si je retourne avec eux, je vais avoir la vie la plus ennuyeuse qu'on puisse imaginer. S'il te plaît, ne leur dis rien!

Elle continuait d'espérer, mais elle doutait que ce genre de stratagèmes puissent fonctionner avec Roche. Étrangement, la grande estime qu'elle avait pour lui ne tenait à présent plus qu'à un fil minuscule. Il avait le pouvoir de tout faire basculer, simplement en quelques mots...

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MessageSujet: Re: De vieux amis   Dim 11 Mar - 20:10

La mine de la jeune fille était devenue pathétique. Roche regrettait d'avoir amené le sujet ainsi, mais il n'avait pas vraiment le choix. Il comprenait que la vie de la famille Fambriel ne devait pas correspondre aux attentes de Zia, néanmoins, elle ne pouvait pas fuir éternellement.

- Zia, tes parents, grâce à Vrag, savent que tu es avec Snori... Tu ne peux pas retarder sans cesse le moment ou tu devras lui dire, car tes parents et le prince seront forcément confronté les uns à l'autre, à un moment...
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Dim 11 Mar - 20:14

Zia prit une grande bouffée d'air. Ses pupilles bougeaient sans cesse, semblant déchiffrer n'importe quel détail du paysage, comme si l'adolescente faisait défiler toutes ses possibilités. Lentement, elle se laissa glisser le long du mur auquel elle était adossée, jusqu'à se retrouver assise par terre, une jambe tendue, les bras ballants. Elle posa un coude sur son genoux, et appuya son front sur la paume de sa main. Ses cheveux roux tombèrent alors sur son visage, le dissimulant en partie, tandis qu'elle lançait, dans un murmure:

-Je sais...

Toute trace de contestation avait disparu de sa voix. Il n'y restait que de la simple appréhension. Elle craignait énormément la réaction de Snori lorsqu'il aurait conscience des ses fourberies.

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MessageSujet: Re: De vieux amis   Dim 11 Mar - 20:19

S'accroupissant pour arriver au même niveau que Zia, Roche la regarda et lui dit :

- Tu sais, parfois, des excuses sincères sont le meilleur moyen de se faire pardonner par ceux que l'on aime...

Bartiméus savait que la jeune rouquine se faisait du soucis pour Snori. Elle était en telle admiration pour lui... Il s'en voulait de lui dire des phrases aussi bateaux, d'autant qu'il n'avait aucune idée de la réaction qu'allait avoir le prince, mais il savait que parler serait sans doute pour Zia le meilleur moyen de se décharger de son fardeau...
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Dim 11 Mar - 20:26

Tous ces beaux discours étaient faciles à dire pour lui, mais la vérité s'avérait bien plus complexe. Il devait forcément y avoir une autre solution. Si elle continuait de nier et que personne n'était au courant, tout pourrait parfaitement bien se passer. Si un jour ils rencontraient les Fambriel...elle n'aurait qu'à dire qu'elle les croyait morts! Oui, ainsi, dans n'importe quelle situation, elle aurait un alibi valable. Mais elle passerait sans doute pour une idiote, et ce serait encore pire. Roche avait raison. Il fallait tout dévoiler avant qu'il ne soit trop tard.

-J'espère, répondit-elle presque froidement.

Restait encore à savoir comment aborder le sujet. En se contentant de dire "oh, au fait, je vous ai menti, je suis une Fambriel!", elle s'attirerait sans doute les foudres de tout le monde. Il lui fallait une autre stratégie. Tant que Bartiméus était présent, il fallait profiter de sa présence et de ses éventuels conseils. Peut-être avait-il déjà connu une situation semblable? En tout cas, elle ne se sentait pas d'aller dévoiler sa véritable identité sans la moindre préparation préalable.

-À ton avis, comment je devrais avouer tout ça? demanda-t-elle, sans même regarder son interlocuteur.

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MessageSujet: Re: De vieux amis   Dim 11 Mar - 20:34

Roche gratta sa barbe de quelques jours, pensif... Il essayait de se mettre à la place de la jeune épéiste, mais il était vrai qu'elle était dans une situation des plus délicates...

- Si j'étais toi, j'essayerai de prendre Snori à part, pour lui révéler. Et je le ferais maintenant, parce que si tu attends demain, tu auras une boule dans le ventre toute la nuit, et tu essayera de reporter à nouveau le moment fatidique... Je veux bien t'accompagner pour aller lui dire, mais je pense que cela ne regarde que toi et lui...
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Dim 11 Mar - 21:43

Nigfol esquissa un sourire en direction de Laly, mais aussi de Melody. Les secondes formes d'artéfacts avaient fait couler beaucoup d'encre et avait animé bon nombre de conversations durant des décennies, et l'adolescente de glace jouissait de l'immense pouvoir qu'elle avait entre les mains. Accorder cet énorme avantage à sa porteuse lui serait hautement bénéfique et, finalement, Laly n'était pas si hautaine et méchante que ça ... Il fallait apprendre à la connaître.

- On verra ça. En tout cas, je suis ravie de ne pas avoir encore vu Belwur. Comment fais-tu pour le supporter tous les jours ?

Elle avait maladroitement dévié le sujet de conversation, mais parler du futur ne l'enchantait guère. En l'espace de quelques jours, elle avait été l'artéfact d'une fille, de son père, puis d'à nouveau sa fille. Elle s'était étrangement attachée aux gens qu'elle avait détesté et était sur le point d'accorder sa forme très convoitée à sa porteuse. Plus rien ne l'étonnait, et elle s'attendait à présent au pire comme au meilleur.

Au même moment, à Nora, Alix s'évertuait à trouver une petite maison. Cela faisait bien des heures qu'elle marchait, un petit papier, où était griffonnée une adresse, à la main. N'importe qui du palais aurait pu reconnaître l'écriture fine et gracieuse de Walho. L'adolescente plissait les yeux à chaque demeure qui collait à la description faite par le majordome, demandait à tous les passants le chemin à suivre où s'ils connaissaient un certain William. Tandis qu'elle grimpait une colline avec difficulté, une pluie fine et glaciale commençait à tomber du ciel, venant mouiller ses vêtements et aplatir ses longs cheveux blonds. Elle arriva finalement dans une maison plus excentrée, assez grande sans être pour autant immense. De jolis arbres verts et quelques fleurs entouraient le chemin en gravillons menant vers la porte d'entrée. Timidement, elle s'avança et, après une grande inspiration, se décida à frapper.
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Lun 12 Mar - 17:16

Après avoir pris congé de son camarade, Zia avait réfléchi aux multiples façons d’aborder son mentor. Dans son esprit vif, le panel des possibilités s’agrandissait à chaque seconde, la laissant face à un nombre incommensurable de choix difficile. Finalement, mieux valait aller à l’essentiel, cesser de tourner en rond, foncer dans le tas sans se poser de questions. Déterminée à en finir une fois pour toute avec cette histoire, elle se plongea dans les rues de la cité fluviale, à la recherche du prince. Elle ne tarda pas à le trouver, debout près d’une fontaine, consultant ce qui semblait être un carte de la ville. Visiblement, il s’était perdu. Tout à coup rassurée par l’aspect lunatique de ce petit blondinet au visage aguichant, la rouquine se dirigea vers lui, et lui tira la manche, le prenant par surprise. Il poussa un petit cri et se retourna, dans une garde assez ridicule, prêt à attaquer son agresseur.

-Oh, c'est toi! Tu m'as fait peur, andouille.

-Tu t'attendais à qui? Un assassin venu te poignarder? répliqua-t-elle, amusée mais toujours aussi tendue.

-On ne sait jamais, répondit-il le plus sérieusement du monde. Vu le contexte, pas mal de personnes veulent probablement me tuer. Tu tires une tête étrange, petit chose. Ça ne va pas?

Le moment fatidique arrivait enfin. Elle n'avait a présent plus le temps de réfléchir, il fallait se lancer. Ils étaient debout, au milieu d'une foule de passants et de soldats, en pleine journée, à côté de la grande fontaine et des divers canaux de la ville. L'hovoïte imaginait cette scène d'aveux d'une toute autre façon, mais qu'importe. S'asseyant sur le rebord en pierre du point d'eau, elle inspira une dernière fois, puis entama son discours, les lèvres tremblantes, la voix chevrotante.

-S'il te plait, promet moi de m'écouter jusqu'au bout. Tu...tu te souviens du moment où on s'est rencontré, à Nora? C'était sur les docks, lorsque Laly m'avait sauvé des vieux marins, mais peu importe. Après, on est allé au palais, avec Oloren, et on a réussi à te convaincre de nous prendre avec toi pour aller retrouver Nigfol. Et...à ce moment là...je t'ai dis que je mes parents étaient morts...

Elle voyait déjà les successions d'expressions sur le visage de son interlocuteur, mais elle se força à continuer sans y prêter la moindre attention. Il aurait été bien trop dur de son confronter à sa réaction avant d'avoir terminé.

-Voilà, en réalité, je m'appelle Zia Fambriel. J'pouvais pas vous le dire avant, sinon Irwan aurait tout de suite reconnu mon nom, il n'aurait pas voulu que je vienne. Je suis vraiment désolée de vous avoir menti comme ça, mais c'était le seul moyen pour que vous me considériez vraiment comme l'une des vôtres. Je... enfin, j'espère que...

Il n'y avait plus rien à dire à présent. Elle ne trouvait plus les mots, perdait la voix sous le coup de l'émotion, surtout de la crainte. Pourtant, à peine eut-elle fini de parler qu'elle sentit la main de Snori se poser sur son épaule. Timidement, elle leva les yeux vers lui. Il la fixait avec son éternel sourire gravé sur son visage, l'air encore plus réconfortant qu'à l'accoutumée. Il avait presque l'air moqueur, mais en aucun cas en colère. C'était déjà bon signe.

-Je pensais que tu connaissais mieux Irwan que ça! Il sait qui tu es depuis à peu près...je dirais la deuxième fois qu'il t'a vu! Selon lui, tu ressembles beaucoup à tous les autres membres de ta famille. Je suis au courant depuis un bout de temps moi aussi.

Cette révélation créa une véritable vague de bonheur. Jamais elle n'aurait pu espérer une meilleure situation, cependant elle ne la comprenait pour autant. Si ils savaient tout depuis le début, elle se demandait ce qui avait empêché Melody de l'exclure du groupe. Bien entendu, elle ignorait tout des coups fourrés de Snori pour obliger la capitaine à le laisser recruter ceux que bon lui semblait. Le prince avait peut-être raison: elle ne connaissais pas du tout Irwan. L'historien, de son point de vue, l'aurait tout de suite dénoncée s'il avait tout su.

-Pourquoi vous m'avez laissé faire? Vous auriez eu raison de m'en vouloir...

-Haha, ne dis pas n'importe quoi. On t'as gardé parce que tu es la meilleure, c'est tout. Peu importe d'où tu viens ou qui tu es. Moi, je connais Zia, mon apprentie préférée, la plus grande épéiste d'Hovo, ça me suffit! Crois moi, je comprend mieux que quiconque que tu ai voulu quitter ta famille, et tes raisons ne me regardent pas dans tous les cas. Par contre, évite d'en parler à Melody, je crois qu'elle me tuerait.

Tous deux se regardèrent droit dans les yeux un instant. Elle n'en revenait pas que tout puisse se passer aussi bien. Finalement, ça n'avait pas été aussi dur que ça, simplement parce que son maître était la personne la plus géniale de tout Valato! D'un bond, elle plongea dans ses bras et le couvrant de toutes les éloges imaginables, tandis que lui riait de bon cœur. Même si elle avait été la criminelle la plus dangereuse possible, il lui aurait été incapable de s'en séparer. Le prince repensa néanmoins à ses propres mots. Il osait à peine pronostiquer sur la réaction de la brûleuse lorsqu'elle apprendrait cette nouvelle à son tour. Il passerait sans doute un très mauvais quart d'heure...

William, confortablement lové dans son grand canapé, avait bien l’intention de démarrer une agréable sieste lorsqu'il entendit quelqu'un frapper à la porte. Ses parents, partis il y avait une petite heure pour aller faire quelques courses en ville, auraient pu revenir, mais il ne toquaient pas de cette façon. Sans doute un visiteur inopportun. D'un geste nonchalant, le cadet Pendragon se dirigea vers l'entrée, prit la poignée dans sa main droite, la fit tourner d'un seul coup, et eut un haussement de sourcils en sentant l'odeur d'Alix envahir la pièce, à la fois douce et bien trop forte. S'il avait une personne qu'il ne s'attendait pas à voir, c'était bien elle. Après un court silence gênant, il lui adressa un petit sourire.

-Euh...je peux faire quelque chose pour toi?


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MessageSujet: Re: De vieux amis   Lun 12 Mar - 18:58

Pendant les secondes qui suivirent le moment où elle toqua à la porte, Alix se demandait qui allait lui ouvrir. Peut-être verrait-elle la mère de William et de Snori ? Peut-être leur père ? Leur domestique, leur chat ? Elle s'était toujours demandée auquel de ses deux parents le garçon qu'elle aimait ressemblait le plus, et était curieuse de le découvrir. La tapissière imaginait leur mère très élégante, avec de longs cheveux bruns ondulés et les yeux aussi jolis que ceux de Snori. Leur père, quant à lui, serait un grand blond vaillant et valeureux, dévoué à sa femme et à ses fils, et serait bien entendu extrêmement fier de la réussite de son garçon aîné. Finalement, Alix voyait les Pendragon comme une famille absolument parfaite, à l'intérieur douillet et décoré avec goût, sans soucis, à l'abri du moindre danger. Tandis que les gouttes de pluie continuaient à tomber du toit sur son visage blanc, elle eut un frisson lorsqu'elle entendit la poignée de la porte s'enclencher. Son pouls se fit plus rapide, son souffle plus court, les mains plus tremblantes. Puis, ce fut William qu'elle aperçut dans l'entrebâillement de la porte, et l'adolescente ne put s'empêcher d'éprouver une certaine déception. Elle ne savait pas encore comment elle allait devoir expliquer la chose et se décida finalement à improviser.

- Coucou. Excuse-moi de m'inviter de cette manière, mais il fallait que je te parle.


Elle s'avança dans le petit couloir, gênée de laisser des traces humides sur l'élégant parquet de la maison. Un silence s'imposa après que William ait fermé la porte, silence durant lequel Alix essayait d'ordonner sa pensée avant de parler, pour une fois. Puis, tandis qu'elle frissonnait, elle se décida à briser cette tranquillité angoissante.

- Je ne sais pas si tu es au courant, mais Laly et Zia avaient disparu : elles ont été enlevées par ... par qui déjà ? Bon, apparemment, les autres les ont retrouvées et elles vont bien maintenant, mais Walho et Irwan sont partis du palais il y a quelques jours pour combattre, je crois. Puis, vu qu'il est plus qu'évident que je ne les reverrai plus ... Walho m'a dit que je devais fuir. Que je devais fuir avec toi pour éviter qu'on soit tués. Il m'a demandée d'être heureuse. Enfin, c'est une autre histoire ça ...

Elle tortillait des pieds et des mains, n'osant même pas le regarder.

- Tu n'es pas obligé d'accepter, tu sais. Je ne veux pas être un poids pour toi, pour ta famille ou pour qui que ce soit. Si tu ne veux pas venir, je le comprendrais et je te dirais simplement au revoir. Parce que, moi, quoi qu'il arrive, je pars.
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Lun 12 Mar - 19:43

Melody prépara mentalement sa réponse avant de parler à Nigfol. Elle même se demandait comment elle faisait pour ne pas jeter ces foutus gantelets en haut d'un volcan en éruption...

- Question d'habitude, je pense... C'est de mon devoir de le garder. Ni lui ni moi ne tirons grand plaisir à cette coopération, je pense, mais sans lui, je ne serais pas là où j'en suis aujourd'hui. Et toi, avec Lal... Pardon, Inès?

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MessageSujet: Re: De vieux amis   Lun 12 Mar - 19:51

Il y avait un bon milliers de façon différentes de réagir aux annonces d'Alix. William, bien qu'appréciant son amie, ne la prit pas au sérieux, se disant qu'elle avait été crédule de prendre au premier degré les recommandations de Walho. Le cadet Pendragon connaissait bien le majordome, à force de visiter le palais. C'était le genre d'hommes à se faire du soucis pour pas grand chose. Ne sachant pas si elle blaguait ou non, il décida tout de même de tenter de la raisonner.

-Partir pour allez où? Il me semble que si il y a un endroit où nous sommes en sécurité, c'est bien à Nora. J'ai appris pour Zia, bien sur, mais elle s'était aventurée hors de la ville, non? C'est la preuve que partir ne mène à rien...

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MessageSujet: Re: De vieux amis   Lun 12 Mar - 20:11

Nigfol s'esclaffa.

- Laly, Inès ... Même moi j'en sais rien ! Puis, je doute qu'elle sache elle-même comment elle s'appelle, chuchota-t-elle à l'attention de la militaire, l'air malicieux. En tout cas, tu es bien trop gentille pour ce rustre de Belwur, pas vrai Laly ? Laly ?

La révulseuse s'était progressivement éloignée de Melody, non pas parce qu'elle s'ennuyait, mais cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas parlé à son seul vrai ami : Llednar. Les mains dans les poches, elle s'avança vers lui, avec un visage presque doux. Qu'allait-il se passer à présent ? Elle n'en savait rien, mais elle avait besoin de parler de tout et de rien avec lui, au moins une dernière fois.

- Il fait pas chaud, hein.


Alix se sentait à la fois déprimée et complètement idiote. Déprimée parce qu'elle ne pouvait partir nulle part, idiote parce qu'elle passait une nouvelle fois pour une écervelée. Les cheveux dégoulinants et les vêtements collants, elle s'adossa contre le mur blanc, les yeux fixés sur le tableau représentant la ville de Nora.

- Je te dis simplement ce que Walho m'a demandé de faire. Il m'a dit de fuir avec toi. Et j'ai promis que j'irai te voir, ce que j'ai fait. J'ai un mauvais pressentiment ... Si le palais était attaqué ? S'il y avait un combat qui tournait mal ? Les meilleurs éléments de défense, les porteurs d'artéfacts, ton frère, Zia ... Ils ne sont plus là. Imagine un instant que les types bizarres arrivent et mettent le zouk... De toute manière, je ne sais pas quoi faire de plus.
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Lun 12 Mar - 20:29

Même s'il ne pouvait pas la voir, Alix inspirait une certaine pitié à William. Depuis qu'il avait flirté avec elle, tout en ayant fait le maximum pour l'éviter, il se sentait un peu responsable de ce qui pouvait lui arriver. Après tout, malgré toutes leurs différences, ils restaient amis; hors les amis s'entraidaient dans les moments difficiles. Tout en demandant à l'adolescente de ne pas bouger, il courut jusqu'à une grande armoire, puis en sortit une serviette dans laquelle on aurait pu s'enrouler entièrement à trois qu'il s'empressa de jeter à la tapissière.

-Tu aurais pu venir avec un parapluie, lui lança-t-il, l'air amusé.

Il voulait faire tout son possible pour détendre l'atmosphère, devenue bien trop lourde. Elle avait sans doute des raisons de lui en vouloir d'avoir été si distant ces derniers temps, mais rien ne servait de tourner autour du pot ou de ressasser le passé. Mieux valait faire une croix sur leur histoire, tout simplement, et repartir sur des bases plus saines. Rien ne les empêchait d'être simplement amis. En attendant qu'elle se sèche sans prendre la peine de détourner le regard, car il n'aurait jamais l'occasion de se rincer l'œil, il repensa à ses suppositions. Il était vrai que, si Nora était envahie, le palais serait la première cible. Mais ils devraient forcément passer par Rednow pour ça.

-Je pense qu'on a pas à s'en faire. Comme tu le dis, toutes nos meilleures armes sont déjà sur place...alors l'armée nailikane n'a aucune chance de venir jusqu'ici! Oh, et s'il n'y a plus personne au palais, tu peux rester ici, on a largement la place.

Llednar, à Rednow, leva les yeux au ciel comme pour vérifier son état lorsque Laly lui parla du temps. Vraiment, en faisant des efforts incommensurable, il aurait été compliqué de trouver un sujet de discussion plus ennuyeux que celui-ci. Le rôdeur s’apprêtait à lancer une réplique cinglante, mais il se retint. Les mots ne comptaient pas. Ils parlaient juste pour être ensemble, peu importait le contenu de leurs phrases. Les bras croisés, fixant l'étendue du lac autour d'eux, il répondit:

-Oh...ça pourrait être bien pire.

Quelques secondes après, il se mit à pleuvoir.


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MessageSujet: Re: De vieux amis   Lun 12 Mar - 21:15

Tout en attrapant au vol la serviette lancée par William, Alix se sentit obligée de se justifier.

- J'osais pas demander un parapluie. On sait jamais, quelqu'un d'autre aurait pu en avoir besoin, je voulais priver personne ...

Sur le point de demander à son interlocuteur de sortir pour la laisser tranquille, elle se souvint instantanément qu'il était toujours aveugle. Cette idée la fit légèrement sourire, et elle se contenta de secouer sa tête dans tous les sens, d'enlever ses chaussures et de se sécher rapidement le buste et les jambes. Emmitouflée dans cette immense serviette, elle eut un moment de panique et de gêne lorsque William lui proposa de rester ici.

- Mais ... Enfin, je voudrais pas vous déranger, toi et tes parents. Imagine qu'un tueur ait été missionné pour me couper la tête, je vous ferais courir un grand danger ! D'un autre côté, Wawa n'est plus là pour assurer ma protection ...

Laly était partagée entre le fou rire et l'agacement : s'il y avait bien quelque chose qu'elle détestait, c'était la pluie. Elle courut vers l'abri le plus proche et lança à Llednar :

- Rappelle-moi de ne plus jamais te parler de la météo!
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Lun 12 Mar - 21:39

Le regard perdu dans le vide, Arawn, Ilyanna et Oloren contemplaient l'horizon. Le corps d'Erlyn s'en était allé dans de magnifique flammes, mais ils n'arrivaient toujours pas à faire leur deuil. Arawn en était le plus proche, car il sentait la fin de son maître proche depuis quelques mois. Très précisément le jour où ils avaient rencontré le groupe d'expédition. Ils avaient perdu Üdek, puis Nigmaëll. La vie choisissait parfois à notre place, et on ne peut se venger de la vie. Ilyanna avait du mal à imaginer que l'homme le plus puissant et spectaculaire qu'elle ai jamais rencontré soit mort. Comme de nombreux camarades morts avant lui, elle s'y ferais. C'était cela, le pire. Elle s'y faisait toujours.

Oloren se posait bien trop de question pour laisser place à un deuil. Pour elle, l'instant était toujours a la seconde où il lui avait donné une fiole contenant son sang. Elle le gardait précieusement, sans savoir pourquoi. Il lui avait glissé l'existence d'un grand père, à Nora. Que pouvait-elle bien avoir à faire d'un grand-père alors que son frère était mort sous ses yeux, et dans ses bras. Néanmoins, par curiosité, elle irait voir ce forgeron, qu'elle connaissait déjà, tout en ignorant leur lien. Il lui avait laissé bien des choses, encore fallait-il trouver lesquelles. Le regard de la jeune fille se tourna sur Feldryn.

Ce jeune homme était sorti de nul part, et était aussi invisible que présent à chaque instant. Elle lui trouvait un charme particulier. En pensant au charme, elle pensa à Snori. Sans rien éprouver ... D'habitude, elle était déconcentrée par la pensée du prince, déconcentration qu'elle ne subissait plus. Il n'y avait plus rien. Comme si tout ce qui la caractérisait s'était envolé avec son ainé. Depuis son décès, elle était complètement amorphe. Mêmes ses phrases étaient plates. Seul la beauté de son visage lui faisait conserver une part d'humanité ...
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Mar 13 Mar - 19:46

Se retrouvant seul, Llednar demeura quelques instants debout près de la berge, levant les yeux au ciel pour laisser les fines gouttelettes rafraîchir son visage plus renfermé que jamais. Il ne désirait pas paraître froid aux yeux de ses amis, loin s'en faut, mais le sérieux s'avérait de mise vu la situation. Fini la période où ils pouvaient se permettre de rire ensemble lors de leurs excursions sympathiques: il s'agissait à présent de la guerre, de défendre le dernier rempart. Demain, les porteurs d'artéfacts se battraient, et auraient sans l'ombre d'un doute besoin de toute l'aide nécessaire, surtout de la part des combattants aguerris; or le rôdeur faisait à présent partie de cette catégorie. D'un pas traînant, il suivit Inès, qui se réfugiait sous un grand pont, lequel passait au dessus d'une petite allée traversée par un petite courant d'eau. En posant son regard sur elle, il ne put la voir comme la femme possédant le pouvoir le plus grand de tout Valato. Selon les dires de Nigfol et son assurance, elle posséderait bientôt la seconde forme. Llednar repensa à Gladys et son apparence monstrueuse lorsque Belwur l'accompagnait. Imaginer son amie dans un état similaire s'avérait tout bonnement impossible, elle qui semblait en cet instant si banale. Lorsqu'il l'eut rejoint, il passa rapidement une main dans ses cheveux pour repousser les quelques mèches humides tombant sur son front, puis la regarda d'un air imperturbable.

-On devrait aller à l’ambassade, tout le monde nous y attend surement.

Cela faisait effectivement un petit bout de temps qu'ils tergiversaient dans la ville, et le grand bâtiment étatique serait sans doute autrement plus confortable que les ruelles. Entraînant Laly dans sa foulée sans lui demander son avis, il fit marcher sa remarquable mémoire pour retrouver le chemin le plus rapide. En route, ils croisèrent une patrouille de garde qui les fixèrent, suspicieux. Ils avaient raison d'être aux aguets: un assassin pourrait très vite se glisser parmi la foule décroissante. Les rats quittaient le navire, ce qui était normal. Après avoir prouvé leur identité et avoir presque déclenché une bagarre contre ces soldats, les deux jeunes purent repartirent, et arrivèrent finalement dans une grand allée en même temps que Snori et Zia. Eux courraient pour se mettre à l'abri, trempés. Vu leurs sourires respectifs, il avait du se passer quelque chose de réjouissant. Tant mieux: les bonnes nouvelles devaient subvenir avant la bataille. Les mauvaises prendraient la relève par la suite. Tout quatre entrèrent en trombe en manquant de faire craquer les jointures de la porte à double battant, tandis qu'un homme à l'accueil leur criait qu'ils étaient en train de tout salir. Lorsqu'il se rendit compte de l'identité de ses interlocuteurs, il manqua de s’asphyxier: il ne prenait pas le temps de respirer entre ses diverses excuses quant à son impolitesse. Enfin, on leur indiqua le numéro de leurs chambres respectives. Cette fois-ci, ils en avaient une chacun.

-Ah, vous voilà! commenta Irwan, enthousiaste.

Son bonheur ne venait sans doute pas de leur arrivée en elle même, mais du fait que celle-ci avançaient l'heure des révélations des artéfacts. Du coin de l'œil, Snori put apercevoir Kellue et Walho, accompagnés des deux autres hommes les ayant accompagné sur le trajet du retour, et des quatre avatars. Une telle assemblée dégageait quelque chose de presque mystique.

-Je crois qu'on va aller se changer avant tout, répondit le prince.

Ils étaient en effet dans un état assez lamentable...


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Margogotte
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Mer 14 Mar - 22:10


La pluie tombait drue, et l'on n'y voyait pas à plus d'un mètre devant soi. Les pas d'Habeth résonnaient dans l'allée déserte, et ses pieds projetaient des gouttes d'eau autour d'elle, mouillant d'avantage son pantalon. Mais cela ne faisait pas une grande différence: elle n'aurait pas été plus trempée si elle avait sauté dans la rivière.
Alors que le tonnerre commençait à gronder dans le ciel bas, la jeune femme accéléra encore. A Hovo, il pleuvait parfois, souvent, même. Mais généralement, les grands arbres primaires et leurs branches imposantes suffisaient à protéger les habitants de la pluie. C'était une découverte qu'Habeth avait faite, en quittant son pays natal pour rejoindre Luuwr. Elle accéléra encore.
Avant de courir avec autant d'empressement, la jeune femme avait été dans une infirmerie pour faire recoudre son bras. Les femmes en blouse blanche l'avaient fortement réprimandée, comme si elle n'avait pas plus de neuf ans, tout juste, et cela l'avait fortement agacée. De petite taille, le visage menu, Habeth savait qu'elle n'avait pas vraiment le physique d'une femme sensuelle, encore moins possédant des formes généreuses. Son corps étroit aurait pu porter à confusion si ses longs cheveux roux n'attestaient de son sexe.
A peine était-elle sortie de l'infirmerie, à l'autre bout de la ville, qu'on lui avait appris qu'une réunion se tenait au palais. C'était plus une rumeur qu'autre chose, et Habeth savait écouter ces phrases indiscrètes, chuchotées sur le passage des gens. Elle n'avait guère tardé à comprendre qu'il s'agissait d'une réunion incluant le groupe. Son groupe. Car si auparavant la jeune femme avait émis quelques réserves concernant son appartenance à cette bande, il n'en était plus de même aujourd'hui. Même si elle était toujours discrète, elle n'était plus invisible.
Apercevant les portes du palais, elle parcouru les derniers mètres avec hâte, terminant sa course en une longue glissade qui la mena au pied d'un garde. Sans prendre le temps de se présenter, elle demanda, totalement paniquée, ignorant le comique de la situation:

"Où sont Irwan et Snori ?"

Mais comme l'homme ne lui répondait pas, trop éberlué pour cela, elle détala à nouveau. Les sutures sur son bras la démangeaient et lui causaient une désagréable brûlure, et la jeune femme ne pu s'empêcher de gratter sa peau à travers sa tunique, avant de se rappeler que les points pouvaient céder. Elle jeta un oeil à sa manche, redoutant d’apercevoir le sang sur le tissu, et au moment où elle les relevait, elle percuta un domestique. Pestant, il défroissa sa veste.

"Excusez-moi, pardon! Désolée! bafouilla la jeune femme en contemplant le vase éclaté au sol, et l'eau répandue tout autour. Elle voulu se baisser pour nettoyer, mais éclaboussa le domestique dans sa précipitation.

- Oh, non! Désolée! répéta-t-elle, de plus en plus paniquée. Elle s'apprêtait à essuyer le pantalon de l'inconnu lorsque celui-ci écarta sa main, de plus en plus agacé:

- Il vaut mieux que vous me disiez ce que vous cherchez avant de commettre de nouveaux dégâts.

- Oui, bégaya Habeth, piquant un fard et restant droite comme un piquet, comme lorsque ses supérieurs de l'armée lui faisaient une remarque négative. Je cherche le prince Snori et un dénommé Irwann Knell."

Une fois que le majordome lui eut indiqué la direction, Habeth s'enfuit à nouveau en courant, et, après avoir galopé pendant encore une minute ou deux, elle poussa les portes de la pièce où étaient censés se trouver les deux hommes qu'elle recherchait.
Ils étaient là, en effet, et n'étaient pas seuls. Pas du tout. Interrompant de toute évidence une discussion sérieuse, Habeth resta là, une main posée sur chaque battant de la porte, encore légèrement penchée en avant par l'équilibre de sa course, fixant avec horreur les gens qui, eux, la fixaient elle. Au bout de quelques secondes qui lui parurent une éternité, elle bafouilla un mot ou deux et alla se ranger derrière ses compagnons, la tête basse, le visage cramoisi. Bon, au moins, il fallait relativiser: ses sutures n'avaient pas lâché.
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MessageSujet: Re: De vieux amis   Ven 16 Mar - 17:23

Bartiméus fut surpris de voir le nombre d'artéfacts présents dans la salle. Il aurait pu voir crépiter leurs auras. Cette présence presque mystique le rassurait. Si tous avaient au moins la puissance de Belwur, on pouvait réellement espérer remporter la victoire. Tandis qu'ils sortaient de la pièce pour aller trouver des vêtements plus convenables, il intercepta Zia au vol, un regard interrogateur sur le visage.

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MessageSujet: Re: De vieux amis   Ven 16 Mar - 17:50

Bien qu'elle se soit faite relativement discrète, plus personne ne pouvait considérer que Habeth Folia ne faisait pas partie intégrante de leur groupe. Pourtant, personne n'avait pensé à la prévenir quant à la réunion se tenant le soir même à l'ambassade oranienne. De la part de Snori, cela ne constituait pas un oubli ou une volonté de la mettre à l'écart, mais la présence de la jeune femme lui semblait si évidente qu'il n'avait pas cru nécessaire de la prévenir directement. De toute façon, elle leur faisait finalement l'honneur de sa présence. Son arrivée, pour le moins tumultueuse, eut pour effet de faire rire Zia aux éclats, laquelle fut très vite rejointe par les avatars paraissant les plus jeunes. Vu l'état de l'archère, elle avait visiblement subit elle aussi les variations incessantes météorologiques. Avec un grand sourire, le prince passa un bras autour de son épaule pour l'emmener elle aussi vers le grand escalier de marbre.

-Notre amie aussi aurait bien besoin d'au moins se changer! Il y a des dizaines de chambres de libres à l'étage, et elles nous sont toutes réservées, alors n'hésite pas à en profiter, conseilla-t-il à leur camarade avant de monter les marches quatre à quatre sans demander son reste.

Il avait raison. Le bâtiment luxueux se dressait verticalement au milieu d'un paysage urbain plat et étendu, jurant presque grossièrement avec les maisons sans étages. Zia, suivant de près son mentor, n'eut aucun mal à choisir l'une des titanesques suites mises à leur disposition sans se soucier du regard de Bartiméus, lequel ne savait pas que tout était réglé. Depuis plusieurs mois, ils avaient tous l'habitude de vivre dans le luxe du palais de Nora - Habeth mise à part - pourtant rien n'égalait le confort de ces deux-pièces. Les chambres à coucher, longe d'une dizaine de mètres et large de quinze, contenaient un lit double, plusieurs armoires emplies de vêtements divers parfaitement propres, ainsi que quelques meubles dont une bibliothèque généreusement garnie, et un mini-bar auquel elle n'avait sans doute pas le droit de toucher. Le plus impressionant restait les salles de bains. Encore plus grandes que les chambres, elles présentaient des dizaines de robinets autour d'un bassin ancré à même le carrelage brun, de la taille d'une petite piscine. L'adolescente hésita à en profiter, puis se décida très vite en entendant l'eau couler dans les canalisations, signe que les autres ne se gênaient pas. Nue, elle se glissa dans la baignoire puis laissa couler sur elle le liquide de plus en plus chaud avec un soupir de soulagement. Par rapport à la pluie glacée, cela faisait le plus grand bien. Presque avec nonchalance, elle tourna les yeux vers les nombreux miroirs tapissant les murs. Cela faisait déjà quelque temps qu'elle se souciait de son apparence. Même si elle détestait toujours autant sa peau trop pâle parsemée de tâches de rousseur, elle appréciait de plus en plus son visage, affiné par la semaine de captivité. Elle avait des petites cernes sombres sans être fatiguée pour autant, or cela faisait ressortir le vert intense de ses yeux. S'étonnant de cette coquetterie, elle se demanda si les autres aussi observaient ainsi leur reflets. Sans savoir pourquoi, l'image d'un Llednar cherchant à s’embellir en se décoiffant au mieux possible lui vint à l'esprit, ce qui la fit presque pouffer de rire, mais elle se ravisa au dernier moment. Cette hypothèse n'était pas si délirante qu'elle semblait l'être. Les gens charmant prenaient soin d'eux, c'était un fait. Plongée dans ses réflexions les plus banales, elle ne sortit de son bain que lorsqu'elle se dit que les autres l'attendaient surement. Enroulant une serviette gigantesque autour de ses épaules, elle ferma la porte...puis eut un hoquet de surprise en voyant Snori éclater de rire tout près d'elle.

-Si t'avais vu ta tête! Magnifique! commenta-t-il, fier d'avoir pu causer cette petite frayeur.

-Raaah! T'es vraiment qu'un gamin!

-Tu trouves? demanda l'épéiste, tout à coup soucieux.

Zia l'observa un instant. Avec son pantalon en toile beige, sa fine chemise blanche et son catogan parfait, il n'avait en réalité plus rien d'un marmot. Lui aussi avait bien grandi ces derniers temps, hors cela se ressentait sur son physique. Ses yeux gris, toujours emplis de malice, reflétaient également une grande vivacité d'esprit, complétée par la culture acquise auprès d'Irwan. Tout en continuant de l'insulter sans qu'il ne puisse comprendre un traître mot, elle parvint à le faire sortir à grands coups de pieds, puis alla finalement se changer à son tour tout en souriant en repensant à cette plaisanterie puérile. Après avoir enfilé un jean bleu, un t-shirt blanc et des tennis légères d'un marron clair, elle sortit à son tour de sa suite, prête à rejoindre tous les autres. La réunion allait sans doute bientôt commencer.

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