Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Emprisonnées

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L.Hubs
Marchombre
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MessageSujet: Emprisonnées   Dim 26 Fév - 20:55

*Ploc*

Une goutte d'eau venait de tomber dans la petite flaque se formant au sol. Le son créé par le choc se propagea très vite dans toute la salle, sombre. Ce fut ce simple bruit qui fit entrouvrir les paupières alourdies de Zia. Les serpents de la nuit les avaient fait voyager durant cinq jours en ne leur donnant que très rarement de la nourriture, le strict nécessaire pour survivre. Même si leur enlèvement ne remontait pas à si longtemps, l'état de la rouquine était déjà déplorable: vêtue de haillons, l'air affaiblie, le corps roué de plaies infectés, elle n'avait pas belle mine. Respirant difficilement, elle tenta de se rendormir, lorsqu'une seconde gouttelette chuta inexorablement depuis le plafond rocailleux jusqu'au sol constitué de terre humide. Reprenant ses esprits, elle se souvint alors clairement des raisons de leur présence ici. Leurs geôliers les avaient assommées à l'aube, marmonnant qu'ils arrivaient bientôt en territoire nailikan. Bâillonnée, elle n'eut l'occasion d'échanger un seul mot avec sa camarade tout le long du voyage. Elle n'en avait que de vagues tessons de souvenirs, mais il lui semblait que ce dernier s'était déroulé principalement sur des chevaux. Du coin de l'œil, elle crut apercevoir un homme, assis sur un tabouret non loin.

-Qu'est que...

Elle ne parvint même pas à prononcer un semblant de phrase avant d'être prise d'une violente quinte de toux, durant laquelle elle pensa perdre ses poumons. Après avoir reniflé bruyamment et avoir reçu des éclaboussures dues à une énième fuite d'eau, elle se redressa tant bien que mal, s'adossant au mur non loin. Elle constata avec dégoût qu'elle traînait dans une sorte de boue putride, dont l'odeur lui donnait envie de vomir. Reprenant petit à petit ses esprits, elle observa alors plus assidûment les alentours. Elle était enfermée dans une vulgaire cage semblable aux prisons de bas étage des campagnes les plus reculées de Luuwr. Derrière la grille épaisse, le colosse qu'elle avait affronté en dernier la surveillait, lui interdisant de faire le moindre geste suspect. Lorsqu'il la vit éveillée, il ne put s’empêcher de lui lancer un sourire carnassier, l'air de dire "bien fait pour toi, merdeuse". N'ayant même pas la force de rétorquer de quelque manière que ce soit, l'adolescente se contenta de baisser les yeux, en pensant à son quinzième anniversaire. Son cadeau avait été magnifique, vraiment. Elle vit alors Laly, à ses côtés, allongée au sol. Il lui semblait qu'elle venait tout juste d'apparaître, mais ses sens étaient tout simplement trop engourdis pour qu'elle ai pu la voir avant. Tant bien que mal, elle se traîna jusqu'à son corps inanimé, et posa une main sur son bras, tandis qu'elle se tenait en équilibre précaire sur son autre coude.

-Laly...Laly...marmonna-t-elle en la secouant légèrement.

Des larmes commençaient à emplir ses yeux lorsqu'elle pensa à l'éventualité suivante: et si son amie était morte? Si elle se retrouvait seule, aux mains de ces hommes plus terribles les uns que les autres? Il fallait garder espoir, à tout prix. Pourtant, en voyant leurs corps sales et blessés, en sentant la douleur dans ses cuisses, en remuant la dépouille de Laly, tout lui semblait perdu.

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Pomme
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Dim 26 Fév - 22:03

En sentant une secousse sur son bras, Laly ouvrit péniblement les yeux et se tourna vers son amie. Ce moindre mouvement réveilla en elle des douleurs inexpliquées et bien trop fortes pour mériter une quelconque description : elle avait la sordide impression d'avoir été projetée à des kilomètres par une force herculéenne. L'expression de son visage, ses membres tremblotants, ces effluves des sang sur ce qu'il restait de ses vêtements : tout indiquait qu'elles avaient subi bien des mauvais traitements depuis quelques jours. Il en allait de même pour Zia : la pauvre adolescente arborait une mine déconfite et un bien piteux état. Avec une certaine faiblesse, la révulseuse serra maladroitement la main de la jeune fille dans la sienne et, ensemble, elles restèrent silencieuses quelques minutes. Au bout d'un certain temps, elle osa demander, dans un souffle :

- Tu ... as une idée de ce qu'il s'est passé ?

A vrai dire, elle ne se souvenait de rien. Son dernier souvenir remontait à sa discussion avec Llednar, en périphérie de la ville. Elle n'avait aucune idée de l'attaque des serpents de la nuit, ni même d'où elles se trouvaient. Leur cachot était dépourvu de toute source de lumière, sentait un curieux mélange de pourriture, d'urine et de désespoir. Au loin, un garde à la posture patibulaire respirait le vice et l'inhumanité même. Laly n'osait pas demander quoi que ce soit à cet homme : les éventuels coups l'en dissuadaient fortement. La situation plus que précaire dans laquelle les deux amies se trouvaient à présent laissaient place à de nombreuses interrogations : d'autres avaient-ils été capturés ? Étaient-ils morts ? Qu'allaient-ils advenir de leurs pauvres sorts à présent ? Les réponses à ces questions se feraient savoir bien trop tôt de toute manière. Se redressant un peu, Laly posa son front sur ses genoux : son crâne semblait vouloir exploser, sa mâchoire était à présent prise de nombreux spasmes. Mais quelque chose ne tournait pas rond ... Bien sûr, leur enfermement se révélait plus que tragique et se trouvait être l'antichambre de leur mort prochaine, mais Laly ressentait un vide, un vide étrange. Instinctivement, elle releva la tête et son regard se tourna vers son bras, couvert d'ecchymose et de plaies infectées, où elle découvrit son poignet décharné nu. Sans bijou. Sans bracelet à rayures grises et bleues.

- Zia ... Je n'ai plus Nigfol !
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Lun 27 Fév - 18:30

Zia poussa un soupir de soulagement en entendant la voix de son amie, puis sécha ses larmes du coin de sa manche. Néanmoins, son esprit tournait si lentement que l'adolescente mis plusieurs secondes avant de parvenir à se souvenir de Nigfol. La perte de l'artéfact impliquait plusieurs choses. Premièrement, leurs agresseurs auraient une force de frappe monumentale, si on en croyait les dires de tous les spécialistes. Cela, la rouquine continuait néanmoins d'en douter. Certes, aux côtés de la jeune fille à la crinière azur, Laly avait accompli des prouesses, mais rien de tout cela n'avait été exceptionnel. La force de Gladys, accompagnée de Belwur, parut à ses yeux bien plus impressionnante. Après tout, cela importait peu. En revanche, la survie d'Inès était plus intéressante. Un ennemi lambda se serait sans la moindre hésitation débarrassé du corps de la révulseuse, pourtant elle aussi se traînait dans ce misérable cachot. En tout logique, l'hovoïte pouvait en déduire qu'ils comptaient la rapporter à son paternel. Quant à elle...oui, pourquoi? Ils auraient eu tout intérêt à la tuer, alors que faisait-elle ici? Dans une tiède torpeur, elle alla se coller à Laly. D'accoutumée, elle ne câlinait jamais personne, mais ses douleurs et ses peurs la poussaient à chercher une présence rassurante. À peine s'eut-elle traînée d'une dizaine de centimètres que le garde derrière les grilles cracha par terre, puis se leva en faisant tourner son trousseau de clef au bout de son index trapu recouvert de terre rougeâtre. Même ensommeillée, Zia garda en tête les bons conseils de Snori, et observa le moindre détail. Ses vêtements sombres, sa musculature, ses éventuelles cicatrices. Malheureusement, rien ne laissant envisager une appartenance à un quelconque groupe.

-Bien, vous êtes réveillées. Ça veut dire que vous pouvez voyager! Je vais prévenir le chef, ne bougez surtout pas, ajouta-t-il, avec un ton volontairement malveillant.

Avec son vocabulaire loin du soutenu, l'adolescente murmura que leur geôlier était un affreux personnage, mais ce dernier était déjà parti et n'eut pas le luxe d'entendre ces insultes fraîchement imaginées. Il ne fallait pas céder à la panique, rester calme. Avec cette idée en tête, Zia tenta de se réveiller du mieux possible, mais du se rendre à l'évidence: cette fatigue n'avait rien de naturelle. Sans doute les avait-on droguées par un procédé dont elle ignorait les retors. D'un geste nonchalant, elle remonta son pantalon pour laisser à nu son mollet droit, puis y planta d'un coup sec ses ongles courts, appuyant le plus fort possible. Le sang coula très vite, réveillant l'intégralité du système nerveux de son système nerveux. Prenant d'un coup conscience de la douleur, elle poussa un cri effroyable et retira vivement sa main. Elle venait de se faire terriblement mal, mais cela lui avait permis de reprendre totalement ses esprits. Laly, pour sa part, semblait encore somnolente.

-Désolée...

Sans la moindre pitié, elle lui réserva le même sort, et immisça en un instant ses ongles sous la chair de la révulseuse.

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Pomme
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Lun 27 Fév - 19:51

En tenant fébrilement Zia dans ses bras, Laly ravalait du mieux qu'elle le pouvait les larmes et les sanglots : son éducation de Vrag avait au moins eu le mérite de l'obliger à garder la tête haute en toute circonstance. Seulement, depuis quelques semaines, la jeune fille sentait cette carapace se fissurer inéluctablement ... En d'autres circonstances, elle aurait très probablement souris de ce revirement de situation et du chemin si différent qu'elle prenait au fur et à mesure du temps, mais pas à cet instant. Elle tentait de garder son sang froid : il devait bien exister une solution, il y avait toujours une solution. Comme le disait sa défunte mère : "Quand on est au fond du trou, la première chose à faire est d'arrêter de creuser".

L'homme rustre et vulgaire, qu'elle supposait être le gardien de cette misérable prison, crachait tout son mépris à leur égard. Laly plongea ses yeux dans les siens, même si, dans l'état où elle était, elle ne devait pas intimider grand monde. Oui, elle se sentait défaillir, prête à s'évanouir, mais elle devait réfléchir. Le surveillant avait parlé d'un chef, puis d'un voyage. De quoi pouvait-il bien s'agir ? Et surtout, pourquoi elles étaient encore en vie ? Il s'agissait uniquement de voler l'artéfact, tuer la porteuse aurait été bien plus pratique, de même pour Zia. Pourquoi diable s'encombrer de deux corps à moitié drogués ? Pour le plaisir de la souffrance ? En guise de marchandises ?

Tandis que la révulseuse se perdait dans ces questionnements, elle n'entendit pas immédiatement la voix de son amie. Alors qu'elle tournait son buste pour l'interroger, Laly sentit dans son bras une douleur immense, une douleur qui se diffusa dans son corps entier. Devant une telle sensation, elle n'eut d'autre choix que de crier à plein poumons, les yeux au bord des larmes, et de dégager son membre de l'emprise de la rouquine. Cette dernière avait d'ailleurs laissé cinq plaies sur son passage, plaies qui dégoulinaient de sang. Durant les premières secondes, Laly avait détesté Zia pour cette douleur qu'elle lui avait infligé, puis, après avoir repris ses esprits, elle la remercia d'un hochement de tête.

- Bon, l'autre brute n'est plus là. J'ose espérer qu'il y ait un moyen de sortir de cette fichue cellule ...

Utilisant son don, et ce malgré sa grande faiblesse, elle tenta de faire bouger n'importe quoi, une paroi ou la moindre dalle en pierre : mais rien n'y faisait : le seul objet qu'elle réussit à faire tomber était le verre d'eau posé sur le bureau, qui devait certainement appartenir au gardien machiavélique. S'agenouillant auprès de son amie, elle soupira.

- Rien y fait : on est piégées comme des ... comme des rats.
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Louis
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Lun 27 Fév - 20:17

Trois hommes entrèrent soudainement dans la petite pièce couverte de boue et de sang. L'un d'entre eux éclata de rire quand il vit les deux jeunes femmes dans un tel état de faiblesse. Dans son mépris, il donna un coup de pied dans le ventre de Zia, par pure méchanceté. Un autre soudard le tira en arrière, et, le menaçant d'un doigt vindicatif, dit :

- Touche pas à la gamine! Sa vie a de la valeur. Contente toi de l'emmener jusqu'à la calèche.

Celui qui semblait être le chef fit signe aux deux autres de porter les deux femmes. L'homme qui avait frappé Zia cracha au sol, à deux centimètres de son visage, avant de s'en saisir comme d'un sac à patates. Le second, un rictus malsain au visage, souleva Laly, et tandis qu'il l'emportait, profitant de cet instant de faiblesse la reluqua ouvertement. Après avoir parcouru une centaine de mètres dans un dédale crasseux, ils se retrouvèrent à la surface, sous un soleil éblouissant. Jetant les deux prisonnières dans la calèche qui les attendaient, ils s'éloignèrent sans un mot. Ces quelques mètres parcourus, en vue des blessures des deux amies et de l'attitude des soldats, avait dut être un calvaire. Allumant une cigarette, l'homme qui conduisait la calèche leur annonça :

- Vous avez rendez vous dans cinq heures avec sa magnificience Igole Vrag. Il vous faudra trouver des vêtements plus respectables, si vous ne voulez pas déplaire à notre grand chef.

Et tandis que la voiture démarrait, deux cavaliers et cinq automates se placèrent tout autour du véhicule. Les cahots de la route secouaient particulièrement fort les passagers. Très vite, un château s'apercevait au loin sur une colline. Il n'y avait nul doute que c'était ici qu'attendait le Leader Nailikan...
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Lun 27 Fév - 20:38

Une ouverture. Dès que la clé s'immisça dans le verrou de la cellule, une dizaine de solutions apparurent, dont une, plus évidente que les autres: foncer dans le tas, se battre jusqu'au dernier souffle pour saisir cette chance. L'esprit de Zia était vif. Son corps, vu son état actuel, ne pouvait malheureusement pas suivre le rythme. Elle n'eut même pas le temps de se lever, car un homme lui asséna un terrible coup de pied en plein plexus, la faisant se tordre de douleur. Une telle attaque aurait facilement pu être contrée tant sa vulgarité était flagrante, mais tous les réflexes de l'adolescente disparurent au moment où elle entama une parade. Ses bras, placés devant elle, furent balayés par le tibia de son adversaire. Elle ne put strictement rien faire. Physiquement détruite, elle se laissa porter par le serpent de la nuit, et n'eut pas la moindre réaction lorsqu'on la lança sans vergogne dans l'inconfortable chariot, d'un bois moisi. Ils l'avaient sans doute subtilement empruntés à un paysan local. À l'instant même où le soldat détourna le regard, elle aurait pu partir. Lui donner un bon coup, prendre son arme, puis sauter sans s'arrêter. Si elle se levait, qu'elle poussait son corps jusque dans ses derniers retranchements, elle pourrait s'échapper. Elle le savait. Pourtant, elle ne bougea pas d'un pouce. Mieux valait rester calme, découvrir la raison de leur présence ici. L'adolescente eut sa réponse une paire de minutes plus tard. Igole Vrag. Tandis que leur véhicule démarrait, elle s'approcha de la révulseuse.

-Il faut qu'on s'en sorte. Si ton père te pardonne et qu'il décide de te garder à ses côtés, essaie de faire en sorte que je puisse rester avec toi un moment aussi, j'ai un plan.

Elle n'en avait pas. Mais imaginer une seule seconde qu'elle puisse se retrouver seule aux mains de ces bandits tandis qu'Inès vivrait une vie de princesse l'insupportait. Après tout, elle n'avait strictement rien fait pour mériter cela. Aucun artéfact, aucune trahison. Quoique, les Fambriel lui en voudraient surement s'ils la voyaient revenir un jour ou l'autre. Non, ce jour n'arriverait jamais. Elle n'avait aucune raison de retourner là-bas. Elle ne voulait plus passer innaperçu parmi ses sept frères et sœurs, ni passer sa vie à ramasser le foi et nourrir le bétail. Il y avait des soucis bien plus importants que l'hiver à venir dans ce monde en proie au chaos. Son devoir était de tenter d'y remédier, en tant qu'élève officielle du plus grand des professeurs de tout Valato. Après s'être glissé lentement, elle risqua un regard à l'extérieur de la calèche. Au loin, elle vit se dresser l'imposante bâtisse dans laquelle on les conduisait. Un garde avait parlé des les habiller correctement. Presque malgré elle, Zia approuva cette idée en voyant ses vêtements lamentablement déchiquetés. Cela leur laissait une opportunité de plus: ces hommes n'allaient pas se charger de les changer. Elles devraient le faire elles-mêmes, seraient peut-être isolées. Elles pourraient donc tenter de s'échapper. Si, d'ici là, Laly reprenait quelques forces, elle pourrait utiliser ses pouvoirs pour créer un véritable capharnaüm! Retournant vers son amie, elle lui demanda, consciencieuse:

-Tu ne ressens pas du tout Nigfol? Aucune idée d'où elle pourrait être?

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Louis
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mar 28 Fév - 12:39

A quelques mètres de là, un homme au visage voilé par une capuche rabattue suivait le convoi, une longue épée sur le dos. Étrangement, il ne jetait aucun coup d'oeil sur les deux jeunes femmes qu'il était censé surveiller. Pourtant, son esprit était au moins aussi alerte que ses camarades soldats. Il avait récemment était engagé dans l'armée Nailikanne, et chose étrange pour une recrue, il s'occupait déjà de la surveillance des prisonniers les plus dangereux. Assez taciturne, il n'avait échangé aucun mot avec ses camarades. Un nombre impressionnant de colliers et verroterie pendaient autour de son cou.
La vérité était que si il était parvenu à ce poste, c'est qu'il était passé par un fonctionnaire fidèle aux Reydorans, qui, par on ne sait quel moyen, était devenu un allié de l'alliance Orano-Luuwrienne.

Levant les yeux au dessus de lui, l'inconnu semblait scruter le ciel, comme si il y attendait une réponse. Très vite, il baissa les yeux et regarda aux alentours si quelqu'un l'avait vu. Rassuré, il réajusta sa capuche et dirigea son regard vers l'horizon, en faisant bien attention à ce que les prisonnières ne le voient pas.
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mar 28 Fév - 19:08

Au moment où l'homme donna un violent coup de pied dans le ventre de Zia, Laly lui accorda un regard méprisant au possible, sans oser dire quoi que ce soit pour la défendre. Elle avait bien trop peur de subir le même sort, et sursauta lorsqu'un des hommes la prit par le bras pour la mener à l'extérieur de la cellule. D'abord éblouie par les rayons du Soleil, elle quitta bien vite leur chaleur pour se retrouver dans une calèche tout aussi risible que leur cachot. Quand fut annoncée le lieu de la destination, la révulseuse resta néanmoins de marbre. "Déplaire à leur grand chef" était le cadet des soucis de la jeune fille, et elle supposa qu'il en allait certainement de même pour son amie. Cependant, elle commençait peu à peu à comprendre le pourquoi de toute cette manigance : en plus de mettre la main sur l'artéfact le plus prisé de tout Valato, ces monstrueux êtres la livreraient en bonne et due forme à son père qui, le connaissant, rêvait très probablement de lui dire deux mots sur les évènements récents.

Le véhicule commença à rouler, le bruit des cravaches sur les chevaux résonnait, les roues en bois fin sur les chemins tortueux faisaient trembler la calèche entière. Un silence pesant dominait lorsque Zia lui annonça qu'elle avait un plan, ce dont Laly doutait sérieusement, mais elle lui accorda le bénéfice du doute.

- D'accord. En ce qui concerne Nigfol, je ne ressens strictement rien ...

Quelle ironie. Quelques jours auparavant, elle aurait donné n'importe quoi pour que Nigfol soit un peu moins ... un peu moins Nigfol, mais sa présence lui manquait déjà. Plus les minutes passaient, plus la demeure de son père apparaissait au loin, faisant remonter en elle les souvenirs de son enfance. Elle ressentait ce sentiments étrange, celui de quitter une prison pour une autre.
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mar 28 Fév - 19:53

La calèche roula encore plusieurs heures, avant de s'arrêter brutalement dans la cour d'un grand château. Parsemées de galets d'un blanc éblouissant, elle semblait parfaitement entretenue. Sans l'ombre d'un doute, il ne pouvait s'agir que de deux choses: un bâtiment administratif ou la demeure d'un riche particulier. Le garde patibulaire fit descendre les deux filles. Les jambes de Zia faillirent lui faire défaut lorsqu'elle toucha le sol, mais elle parvint finalement à maintenir un équilibre précaire suffisant. On leur fit faire face à une impressionnante porte à double battant haute de trois mètres, tout aussi large. Elle s'ouvrit presque instantanément, et, jaillissant de l'obscurité intérieure du bâtiment, un grand homme aux longs cheveux blancs frisés se présenta devant elles. Il les observa tour à tour avec un air dédaigneux. Il se courba légèrement pour être à hauteur de leurs visages, scrutant le moindre détail de leurs figures amochées.

-Elles ne sont pas présentables...commenta-t-il d'un ton absent.

Zia, à la seconde où il prononça ces mots, lui donna un grand coup de coude dans le torse, ce qui le plia en deux. À la seconde suivante, deux de leurs agresseurs l'avaient plaquée au sol, traînant sans vergogne son profil sur les galets. Le grand homme, après s'être remis de ce petit coup, se releva en prenant l'air le plus outré possible.

-Traînez moi ces garces dans les geôles! cracha-t-il.

Obéissant au doigt et à l'œil, les gardes les traînèrent à travers les dédales de la grande bâtisse. Au bout d'un moment, il les lancèrent contre un grand mur. De là, des larbins firent leur apparition et les lavèrent à grand coup de sceaux remplis d'une eau glaciale. Décidant de faire preuve de plus de retenue que face au maître des lieux, la rouquine ne broncha pas, bien que tout son corps ressentit l'étreinte glaciale de liquide frigorifiant. On leur envoya avec mépris deux grandes serviettes en leur ordonnant de se sécher, avant de les emmener, à moitié nues, vers une salle plus petite, visiblement une chambre ne contenant pas le moindre lit. Sur un grand bureau étaient en revanche disposés deux tenues similaires, seyant parfaitement aux tailles des prisonnières. Il s'agissait de tuniques aux couleurs chatoyantes, ainsi que de grandes bottes montant jusqu'aux genoux, et de bracelets ou ornement divers. Dès que le garde eut fermé la porte derrière elles pour les laisser se changer tranquillement, Zia imagina toutes les échappatoires possibles. Rapidement, elle se dirigea vers la fenêtre dont les rideaux étaient tirés, les ouvrit. Elle ne put retenir un cri de surprise lorsqu'elle vit, de l'autre côté, un homme les pointant avec une arbalète. Le message était clair: elles ne pouvaient rien faire.

-C'était le grand type, ton père? demanda Zia à la révulseuse tout en enfilant sa tunique, préférant largement cela à ses haillons trempés.

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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mar 28 Fév - 20:42

Laly était restée stoïque aux divers codes qu'exigeaient son père depuis toujours, exécutant les ordres sans broncher. De toute manière, les deux filles n'avaient plus le choix à présent et la révulseuse savait mieux que personne qu'Igole était le genre d'être totalement extrême qui pouvait laisser mourir un enfant de faim à la moindre désobéissance. La jeune femme savait qu'elle avait été une adolescente difficile aux yeux de Vrag, mais elle n'avait jamais regretté ses divergences et ses prises de bec constantes avec lui et Irvine, et n'était pas prête à revenir sur tout ce qu'elle avait du sacrifier pour suivre la voie qui lui semblait profondément juste. Après tout, Igole Vrag lui avait appris depuis toute petite à être fidèle à ses convictions et cette éducation se retournait contre lui, au plus grand plaisir de sa fille.

Les vêtements disposés dans la pièce, tout comme les bijoux et les chausses, étaient tout ce qu'il y a de plus conforme à l'état Nailikan. D'ailleurs, Inès ne connaissait que trop bien cette mode, qui avait le don de lui sortir par les yeux lui rappelant les années où elle avait été contrainte à le porter tous les jours de sa vie. Cependant, il devait certainement ne pas en être de même pour son amie.

- Non, ce n'était pas mon père, tu penses ... Il est bien trop imbu de lui même pour daigner accueillir ses propres prisonnières. A l'heure qu'il est, il doit très probablement regarder son état dépérir, être dans les bras d'une de ses maîtresses ou d'engloutir un repas à faire pâlir d'envie le plus gros glouton de tout Valato.

En disant ces mots, Laly se rendait compte à quel point elle vouait un dégoût et une haine profonde à celui qui lui avait donné la vie. Du regard, elle s'excusa auprès de la rouquine.

- Je suis désolée, mais revenir ici ... Tout cela me rappelle de biens mauvais souvenirs. Tu dois te dire que je suis une enfant gâtée qui ne comprend pas la chance qu'elle a d'avoir vécu dans un endroit pareil, mais fais moi confiance : Vrag nous prépare un coup tordu, j'en mets ma main à couper.
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mar 28 Fév - 21:47

Igole était en proie à des agitations incontrôlées. Depuis le temps qu'il n'avait plus revu sa fille, il ne savait absolument pas comment il allait se comporter avec elle. Un dîner se préparait pour fêter ces retrouvailles, mais le leader Nailikan n'était pas dupe. Inès ne changerai pas de comportement. Il avait pourtant tout fait pour l'éduquer correctement, et il ne pouvait que se rengorger lorsqu'il voyait qu'elle avait hérité de nombre de ses traits de caractères. Malheureusement, elle avait choisi le mauvais chemin, rejoignant leurs ennemis d'antan et oubliant ses origines. Des rides de tourments se creusaient sur son front tandis qu'Igole Vrag réfléchissait.

Tandis que Laly finissait son monologue sur la haine qu'elle portait à son père, une vieille femme, petite et ridée comme une pomme entrant dans la chambre, en pleurs. Accrochant Inès à la taille, elle lui dit, hoquetant entre deux pleurs :

- Oooh, mademoiselle Vrag, j'ai cru ne jamais vous revoir. J'étais si triste, lorsque vous êtes partie, moi qui vous ait accompagnée toutes ces années, moi qui ait changé vos langes lorsque vous n'étiez qu'un bébé, qui vous ait appris les bonnes manières, et à vous comporter comme la dame que vous êtes maintenant. Pourtant, je ne pensais pas avoir fait les choses mal, non? J'ai toujours été là lorsque vous demandiez mon aide!

Sans laisser à la jeune femme le temps de répondre, la nourrice continua son flot incessant de parole, la femme déclara : "Et vous avez manqué à votre père, vous n'avez pas idée à quel point. Qu'il se faisait du soucis pour vous! Le pauvre, vous êtes la personne qu'il aime le plus au monde, après votre mère, peut être... Mais... Je manque aux convenances, que je suis maladroite! Puis je faire quelque chose pour vous être agréable, à vous et votre amie, avant votre dîner avec votre père?"

La vieille dame fit une petite révérence à Zia, accompagnée d'un sourire, puis elle essuya les larmes qui coulaient sur ses yeux en marmonnant pour elle même : "Aaaah, que d'émotions!"
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mar 28 Fév - 22:37

Diantre, que cette femme avait vieilli ! Déjà lorsqu'elle était enfant, Inès avait le souvenir d'une nourrice petite et ridée, mais en l'espace de quelques mois, cette dame paraissait bien plus âgée qu'avant. Pourtant, la révulseuse reconnaissait ses yeux maternels et sa totale dévotion pour autrui, son air extasié et son sourire sincère. Pourtant, l'heure n'était pas aux retrouvailles et aux longues embrassades, au contraire. Puisque cette femme se portait volontaire pour rendre ce séjour agréable, elle n'allait pas se restreindre.

- Je vous présente Zia, mon amie, dit-elle en posant sa main sur l'épaule de cette dernière. Soyons bien claires : elle n'a strictement rien à voir avec ma fuite de Nailika et je souhaite qu'elle soit traitée comme une hôte de marque. Elle est une personne à part entière dans ce lieu et tous lui doivent respect et politesse. Me suis-je bien faite comprendre ?

Là était le principal soucis de Laly : Zia ne devait en aucun cas pâtir des relations familiales plus que tendues entre les Vrag. Elle devait avant tout jouir des avantages à vivre ici sans être considérée comme une moins que rien comme ce fut le cas dans cette abominable prison.

- Il est inutile de vous sentir fautive dans ma fugue, très chère madame. L'amour de ma nation était justement trop forte pour rester là, à la regarder mourir à petit feu. Je suis sincèrement désolée de tous les tourments que j'ai du vous causer, mais je ne pouvais pas me résoudre à rester prisonnière comme je le suis aujourd'hui. Zia, veux-tu quelque chose avant ce "fameux" dîner ?
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mar 28 Fév - 22:59

Lorsque Laly lui demanda si elle désirait quelque chose, Zia ne put retenir un sourire malgré la situation. Une tonne de réponses plus cyniques les unes que les autres lui venaient en tête, comme par exemple "me casser d'ici" ou "mon épée pour tous les tailler en pièces", mais elle se retint une fois de plus. Elle se contenta donc de faire un hochement de tête en signe de négation, tout en prenant un air timoré. Ce n'avait rien d'un plan, mais si elle pouvait passer pour une petite fille fragile, cela pourrait éventuellement jouer en sa faveur. Un peu plus tard, un garde vint toquer à la porte de leur prison déguisée, en leur ordonnant de venir immédiatement. Tout en lançant un regard empli d'une certaine pitié à la vieille femme fripée ayant parlé à son amie, elle sortit donc dans le couloir, et y suivit leur geôliers.

-Allez, dépêchez vous, leur ordonna-t-il.

Il avait visiblement envie de les traiter comme de vulgaires animaux, mais on lui avait sans doute demandé de bien se comporter avec les "invitées". Sur le chemin les menant à la salle à manger, un fait traversa l'esprit de Zia. Le huit du mois, elle aurait du fêter son anniversaire. Dire qu'elle l'avait passé inconsciente, alors qu'elle aurait pu en profiter, pour la première fois de sa vie, aux côtés de véritables amis. Alix, Unys...que devenaient-elles? Avaient-elles seulement eu vent de leur enlèvement? Tant de questions dont elle ne pourrait pas avoir la réponse ici. Gardant son air de petite fille apeurée mais restant aux aguets de la moindre ouverture, elle jeta un regard furtif à Inès. Elle allait revoir son père après tout ce temps. L'hovoïte n'en savait que peu sur les relations familiales de la révulseuse, mais elles n'avaient pas l'air d'être idéales, loin de là. Juste devant une énième porte, le grand homme aux cheveux blancs les attendait. Il les observa avec un petit sourire.

-Bien, je préfère largement ça, dit-il en parlant de leur accoutrement. À présent, faites preuves de bonnes manières, vous allez rencontrer l'homme le plus influent de ce monde. Un peu de tenue.

D'un geste solennel, il ouvrit enfin la porte de la salle à manger. Une table d'une bonne dizaine de mètres de long s'y trouvait, presque sans le moindre convive, mais emplie de victuailles plus copieuses les unes que les autres. Des larbins astiquaient les meubles. Aux murs, des grands tableaux étaient accrochés. L'un d'eux représentait leur hôte, plus jeune, avec ces mêmes cheveux frisés, mais courts et bruns. Sous le cadre, on pouvait lire "Loan Koondril, grand serpent". Cela confirma les doutes de Zia: les serpents de la nuit avaient un lien avec toutes leurs mésaventures. Enfin, à l'autre bout de la pièce se tenait un homme dont les ressemblances avec Laly frappèrent la rouquine. Aucun doute, c'était Igole Vrag!

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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mer 29 Fév - 0:10

Droit comme un i derrière sa chaise, Igole observa sa fille, comme si elle venait de naître. Chacun de ses traits lui rappelaient sa mère. Ses yeux, les courbes de son visage, son front. Le chef Nailikan ne put retenir un frisson. Il avait perdu tant de temps, avec elle, et ne savais plus comment s'y prendre avec elle. Quittant sa posture rigide, il fit quelques pas en direction de ses hôtes. Ses pas résonnèrent dans la grande salle. Il s'arrêta à près d'un mètre de sa fille, convaincu que le premier pas serait le plus difficile, mais que cela ne pouvait qu'aller mieux par la suite.

- Ma fille, je suis si heureux de te revoir. J'ignore lequel de mes gestes t'a blessé et t'a fait prendre cette voie, mais je ne souhaite pas la guerre avec nous. Je souhaite uniquement ton pardon!

Igole avait fait un nouveau pas vers sa fille. On pouvait presque voir la sincérité dans ses yeux. Du moins, c'est ce que pensait le garde qui se trouvait en dessous de la grande baie vitrée. Il n'avait plus de capuche désormais, mais il espérait que dans l'ombre, il passerait relativement inaperçue. En plus d'observer ces retrouvailles de famille, l'homme jetait des regards fréquents vers la vitre proche du plafond, comme si il attendait. En tout cas, une chose était sûre, le soldat serrait fort le manche en ivoire d'un couteau, non visible à cause de la longueur de ses manches...
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mer 29 Fév - 0:33

La distance mise entre elle et son père n'était pas des moindres, mais il était hors de question pour Laly de déserrer les dents : la rancœur qu'elle éprouvait pour lui était bien trop importante. La pièce puait l'argent, l'orgueil et la superficialité : quelque part, cette pièce n'était pas si différente de celle du palais Pendragon, mis à part qu'elle appartenait à son père, et que ce moindre détail suffisait à rendre cette ambiance détestable. Les bras croisés, elle le jaugeait des pieds à la tête, sans la moindre affection, comme s'il s'agissait d'un étranger.

- Tu ne me feras pas croire que tu es là simplement pour que je te pardonne. Je te connais trop pour savoir que tu prépares quelque chose de louche. Je ne peux pas croire que je sois là par simple souci paternel, vois tu.

Elle regarda autour d'elle : elle ne risquait plus d'avoir les coups de ces brutes de serpents de la nuit, du moins pas pour l'instant.

- D'ailleurs, la prochaine fois que tu me feras venir dans ce patelin, merci d'éviter d'envoyer ces rustres. Mon corps, comme celui de cette demoiselle, est parsemé d'ecchymoses en tout genre, ainsi que de plaies. C'est à peine si nous ne nous sommes pas réveillés les membres fracturés. Et encore, je ne parle même pas des conditions déplorables dans lesquelles nous avons été traitées. Que vous vouliez Nigfol, je peux le concevoir, mais que vous nous considériez comme de vulgaires animaux, je ne peux pas l'accepter. Et après, tu oses dire que tu souhaites que je te pardonne ...
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mer 29 Fév - 0:43

Igole fit un signe à un soldat situé non loin, lui chuchota quelques mots, puis l'homme sortit dans la pièce, une expression de malaise sincère dans le visage. Se retournant vers sa fille, il dit :

- Quand cessera tu de croire que je suis le mal incarné? Je ne veux rien de toi, si ce n'est ton pardon, et je n'ai aucun plan tordu derrière la tête. Quant au comportement des gardes, ils seront châtiés pour ce qu'ils vous ont infligé, à toi et à ton amie.

Se tournant vers ladite amie, il sourit de manière réservée en tendant la main.

- Zia Fambriel! C'est un plaisir de te rencontrer! Je ne te veux aucun mal, j'ai prévenu ta famille de ta présence ici. Comme moi pour Inès, ils se faisaient un sang d'encre de remarquer ta disparition. Je vais m'arranger pour que tu puisses vite retrouver tes proches!
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mer 29 Fév - 0:59

Zia se forçait à se contenir jusque là, mais c'en était trop. Elle n'avait jamais entendu Laly parler de son père, et comprenait désormais pourquoi: il était un être des plus abjects. Il affirmait n'avoir aucun plan derrière la tête, pourtant ses intentions apparaissaient clairement. Au cours de ces nombreuses semaines passées au palais de Nora, elle avait eu le temps d'étudier bon nombre d'aspects du monde politique. La famille Fambriel, depuis toujours, demeurait une des plus influentes d'Hovo. Hors, en cette période de trouble, une éventuelle alliance avec ce territoire neutre conférerait un avantage considérable à Nailika. Un échange. Une adolescente contre une position tactique pour frapper l'ennemi en plein cœur. C'était donc là le plan d'Igole Vrag.

-Alors dites à vos gorilles de me renvoyer à Nora, dit-elle avec tout le dédain du monde.

Elle ne prit pas le soin de serrer la main tendue par le régent nailikan, se retenant de justesse de lui lancer, de surcroît, une insulte cuisante. Cette attitude était tout sauf celle à adopter. Zia venait peut-être de se mettre dans une situation vraiment compromettante, mais elle l'assumait totalement. Une idée venait de lui traverser l'esprit. Une idée totalement folle, mais tant pis: elle voulait aller au bout des choses. Profitant de l'effet de surprise provoqué par sa réaction, elle fonça droit sur le père de son amie, lui asséna un terrible coup de pied en plein visage, saisit au passage l'un des couteaux présent sur la table, se glissa derrière sa cible, et lui plaqua l'arme contre le coup. Elle n'avait pas appris à se battre pour rien. Un sourire carnassier était apparu sur ses lèvres, tandis qu'elle menaçait l'homme en jetant des regards de défi aux gardes, sans doute des serpents de la nuit. Loan, plus que tous les autres, tirait une tête affreuse, comme s'il venait d'avaler une cuillère.

-Et maintenant, vous allez gentiment nous préparer une carriole. On prend votre chef avec nous...

Pour son premier enlèvement, elle pensait s'en sortir remarquablement bien.

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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mer 29 Fév - 1:12

Le coup dans la figure d'Igole lui fit assez mal, on ne pouvait pas le nier. La jeune fille avait beaucoup de talent, c'était indéniable. Elle était parait il l'apprentie de Snori Pendragon, lui même brillait d'une certaine aura dans les combats. Malheureusement, elle n'obtiendrait rien de lui. Il regrettait énormément de devoir en venir aux mains ainsi devant sa fille, et fit preuve d'un maximum de délicatesse en vue de la situation. Il ne se faisait pas d'idées, si la gamine se rendait compte qu'elle ne parviendrait pas à partir, elle pouvait très bien l'égorger sur le champs. Mimant la surprise, le leader des troupes Nailikannes tendit un bras légèrement en avant. Puis il ouvrit discrètement la paume de sa main, et utilisant son pouvoir, il attira le couteau jusque dans sa main. La pauvre Zia se retrouvait accrochée au dos de Vrag, sans la moindre arme. D'un coup sec de l'épaule, le père d'Inès délogea la rouquine de son "perchoir". Avant qu'elle ne tombe lourdement au sol, il la rattrapa galamment. L'intervention avait duré quelques secondes, et on aurait pu croire que rien de grave n'était arrivé. C'est ce que semblait vouloir montrer Igole.

Regardant ses deux hôtes, il dit : " Si vous voulez bien vous asseoir, le diner est prêt! Mademoiselle Fambriel, je vous supplie de ne pas réitérer ce genre d'exploit. Manier la lame pour autre chose que couper du pain et de la viande peut s'avérer dangereux". Aussitôt, les larbins situés autour de la table commençaient à servir les assiettes des trois convives.

Plus loin, l'homme avait assisté à la scène d'un regard inquiet, mais sans agir. Il allait bientôt être l'heure, et il ne faudrait pas que les initiatives de l'Hovoïte au sang chaud posent problème...
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mer 29 Fév - 1:23

- Avant, j'ai une question ...

Laly admirait la tentative de son amie pour les faire libérer, mais elle avait sous-estimé la puissance d'Igole Vrag : ce type était puissant et pouvait faire n'importe quoi d'elle au moindre pas de travers. Il avait les Serpents de la Nuit dans sa poche, et les deux jeunes filles savaient mieux que personne que ces hommes n'avaient abolument aucune pitié.

- Que tu veuilles me retenir parce que je suis ta fifille et que tu te berces de l'illusion comme quoi tu pourrais créer des liens père-fille, je peux à la rigueur le comprendre. Que tu veuilles faire de moi ta prisonnière parce que tu as un droit "légitime" sur moi, passe encore. Mais pourquoi garder Zia ici ? Pourquoi ne pas lui rendre sa liberté ? Attention, je ne parle pas d'une "liberté" où, dès qu'elle aura le pied dehors, tes chiens la roueront de coups. Je te parle de la renvoyer en bonne et due forme à Nora, en calèche ou d'une autre manière. Que veux-tu faire d'elle ici ? Ton esclave ? Pour remplir ce lieu vide d'humanité ?
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mer 29 Fév - 1:39

Soupirant une nouvelle fois face à l'agressivité de sa fille, Igole se demanda si un jour il parviendrait à calmer le jeu entre eux.

- Dès demain, je ferais mener une calèche pour Hovo à Zia! Mais certainement pas pour Nora. Mademoiselle Fambrielle, comprenez moi, votre famille souhaite vous revoir, et à l'âge de quatorze ans, c'est eux qui sont responsable de vous! Quant à toi, Inès, je n'ai aucun droit sur toi, c'est vrai. J'ai abusé de mes pouvoirs dans l'espoir de te faire revenir dans le droit che...

Mais un bruit étrange et assourdissant résonna au loin, interrompant le discours moralisateur d'Igole. Pour les connaisseurs, cela ressemblait à s'y méprendre à la téléportation d'un dragon chiroptère. Tandis qu'il semblait y avoir un remue ménage dans les cuisines, situées juste à coté de la grande salle à manger, une pluie de verre tomba sur le marbre blanc qui constituait le carrelage, et une énorme bête surgit, posant ses griffes fourchues sur la table et éparpillant les mets un peu partout. La créature ressemblait, de loin, à un dragon chiroptère. Elle semblait bien plus imposante, bien plus grande, et si c'était possible, bien plus dangereuse que ces créatures de légendes. Les ailes de la bête étaient complètement enflammées, et étrangement squelettiques, si bien qu'on se demandait si la bête pouvait réellement voler, où si il s'agissait juste de parures destinées à impressionner. Une voix forte et distincte résonna dans tout le château :

- Et que le bal commence! fit la voix en ricanant...
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mer 29 Fév - 2:02

S'il y avait bien une chose que Zia ne pouvait pas supporter, c'était que l'on parle d'elle tout en ignorant sa présence. Cela, elle le vivait sans cesse au sein de sa famille, près de Wuhm, dans la grande ferme des Fambriel. Les repas réunissant les oncles, petites cousins et autres inconnus avaient lieu presque tous les mois, hors les sujets de discussion y tournaient bien souvent autour des derniers de la portée. La rouquine étant la benjamine de sa fratrie, on débâtait toujours à son sujet. Devant ce grand banquet, elle avait l'impression de vivre de nouveau ce genre de calvaire. Elle s’apprêtait à lancer une autre réplique sanglante, bien décidée à ne pas rester sur un échec, quand un choc retentit. Un véritable vacarme résonna jusqu'à leurs salle, puis une créature abominable tomba tout près d'eux. Dans un premier temps, l'adolescente pensa voir réapparaître Gladys, mais la réalité la frappa dans une bouffée de bonheur pur: Melody était de retour!

-Parfait! s'exclama-t-elle.

Une seconde ouverture, en si peu de temps, c'en était presque miraculeux. Bien décidée à trancher autre chose que du pain ou de la viande, Zia prit l'un des éclat de verre fracassé, exceptionnellement tranchant, par simple mesure de sécurité. De son bras libre, elle entoura les épaules de Laly, et sans lui demander son avis, bondit à une hauteur exceptionnelle, traversant le plafond tout juste éclaté pour se poser sur le toit du château avec sa camarade. À présent, plus rien ne pouvait les atteindre! Se penchant légèrement vers le bas, elle cria:

-Vas y Melody, explose les tous!

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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mer 29 Fév - 13:03

Athis sentit une présence s'approchant au loin. Il se tourna vers Edwig, Iyoh et un jongleur si peu charismatique qu'il avait oublié son nom, et fit un léger signe de tête en murmurant :

- Belwur arrive!

Après tout ces siècles d'absences, il allait faire une petite surprise à son vieil ami! Il avait réussi à faire admettre aux ombres que si ils voulaient récupérer des artéfacts, ils devaient s'allier, ne serais ce que provisoirement avec les autorités Nailikannes. Par la suite, il n'avait pas été difficile de convaincre Igole Vrag que par ses dons d'artéfacts, il savait que les autorités Luuwriennes projetaient de l'assassiner. Ils lui avaient bien expliqué que la seule chose qu'ils désiraient était de récupérer Belwur. Quant au reste, Vrag avait exigé qu'on laisse Melody Jennsen en vie, afin de pouvoir l'interroger à volonté. Etant donné l'excitation de ses "alliés", Athis se demandait si ils parviendraient à cet objectif.

Melody faisait un massacre dans la salle de buffet, empalant les gardes avec ses serres, les avalant parfois, armure comprise. Elle aurait été répugné de ses actes, si elle n'avait pas fait une seule et même personne avec Belwur. Chacune de ses griffes était recouverte de sang. La gueule ouverte, elle incendiait les tableaux de maître, détruisait les tables, et tuait sans pitié. Là était le prix de la forme ultime. Une certaine folie semblait l'avoir prise. D'abord stupéfié par l'arrivée soudaine du dragon, Igole se ressaisit très vite, et sortit de sa poche intérieure un bracelet rayé, dont il se revêtit. Il s'en voulait d'utiliser l'objet appartenant à sa fille, mais dans une telle situation, il n'avait guère le choix. Soudain, la jeune fille aux cheveux bleus apparu.

- Apporte moi ton soutien, Nigfol!

Dans les cuisines, Athis sentit de suite l'apparition de l'artéfact. Cette intervention était selon lui une très mauvaise idée. Si Vrag mourrait, et que sa fille récupérait Nigfol, nul doute qu'ils perdraient cette bataille.

- On intervient, maintenant!

Soudain, les trois Ombres débarquèrent dans le lieu ravagé. Un vent glacial régnait dans la pièce, contrastant avec la chaleur des flammes sortant de la gueule du dragon. Le marbre jadis si beau aurait maintenant pu être assimilé à du vulgaire gravier. Igole Vrag était acculé dans un coin de la pièce, sur le point d'être transpercé par un des impressionnants crocs de la créature, Nigfol à ses cotés.

- ça faisait longtemps, vieux frère déclara Athis!

Aussitôt, Belwur se désintéressa du dictateur, pour se diriger en quelques battements d'aile vers les ombres.

- Ainsi, tu es là, toi! Nous battons nous jusqu'à la mort d'un de nos détenteurs, afin de pouvoir être réuni par la suite? Qu'en dis tu?

- Le forfait suffira, je pense!

Pour montrer son désaccord, l'immense dragon donna un coup de croc en direction d'Edwig, lequel esquiva et donna un violent coup de bâton sur le museau de la bête. Un peu sonnée, elle recula, avant de repartir à l'assaut...

HRP// J'ai besoin de savoir si Nigfol apporte son soutien à Vrag, ou même si elle a le choix de le faire! \\HRP
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mer 29 Fév - 17:02

Malgré la situation clairement favorable de Melody, Zia ne put s’empêcher de ressentir un grand frisson de terreur lorsque les Ombres entrèrent dans la pièce. Elle n'avait jamais eu peur de ces types, faisant au contraire tout son possible pour les combattre aux côtés de ses alliés, mais une aura glaciale se dégageait d'eux, encore plus qu'auparavant. Le plus grand d'entre eux, dont elle ne parviendrait jamais à garder le nom en mémoire, possédait désormais un artéfact. Quant à l'autre, le chef ganté de cuir, elle fut envahie d'une terreur sans nom à sa simple vue. Pendant leur voyage, il avait été l'incarnation de tous leurs cauchemars, les traquant sans cesse, envoyant à leur poursuite un dragon-chiroptère, rivalisant avec son mentor sans la moindre difficulté, riant aux éclats d'une voix dérangeante. Il était sans doute la seule personne à effrayer la rouquine, mais il le faisait avec un brio magistral. Elle jeta un rapide coup d'œil à Laly lorsque son père se saisit de Nigfol. L'artéfact, leurs ennemis, tous à leur portée. Leurs chances de s'échapper étaient maigres et elles auraient bien fait de les saisir en fuyant le plus vite possible, pourtant Zia sentait d'autres tâches lui incomber. Elle avait l'occasion, en quelques minutes, avec l'aide de Melody, de se débarrasser de leurs pires ennemis tout en récupérant leur plus grand bien. Il fallait tenter le coup!

-Bien, qu'avons nous là...commenta Iyoh, d'un air narquois, face à l'hideuse créature. Je te préférais aux mains de la garce nous servant de chef, Belwur.

Il entama une marche lente. Chacun de ses pas résonnait dans le silence éphémère de la salle à manger, donnant une ampleur démesurée à chacun de ses mouvements. Il remua son poignet d'un coup sec, et une lame électrique y apparut, tandis qu'un sourire se peignait sur son visage. Il n'avait pas fait couler le sang depuis bien trop longtemps; hors on lui offrait la plus belles des proies sur un plateau. Oh, il n'était pas fou, ou du moins pas totalement. Il se rendait bien compte que ce combat n'allait pas être simple, avait conscience de risquer sa vie, mais cela rendait la chasse d'autant plus exaltante! Accélérant soudain, il monta sur la table d'un seul saut, parcourut toute sa longueur en trois enjambées, puis bondit vers Melody en rabaissant son épée pour un coup vertical dévastateur. Une telle attaque aurait pu facilement être parée si l'Ombre n'avait pas été un trancheur. De ce fait, même en plaçant face à sa lame le plus résistant des boucliers, elle s'y enfoncerait comme dans du beurre. Qu'allait-il découper cette fois-ci? Un bras, une aile? Avec de la chance, il lui fendrait peut-être le crâne. Darwin, bien plus calme que son supérieur, préparait le projectile explosif le plus gros possible. Il ne pourrait pas le lancer tant que le combat aurait lieu au corps à corps, mais dès qu'il y aurait un repli, il se ferrait un plaisir d'empaler leur adversaire. Tout en chargeant son attaque au maximum, il alla se placer devant Igole Vrag.

-Surtout, restez en arrière! lui ordonna-t-il. Nous nous chargeons de Belwur.

Malgré lui, un petit sourire apparut sur les lèvres du jongleur. Dès qu'ils en auraient l'occasion, ils déroberaient Nigfol au leader Nailikan. Dans leur organisation, il restait un révulseur, qui serait sans doute ravi de se voir renforcer par la puissance de l'artéfact mythique. Un évènement inattendu vint néanmoins troubler les plans de Darwin. Zia venait d'apparaître devant lui, une épée à la main. La gamine l'avait sans doute récupérée sur un des gardes morts. Ne pouvant pas se battre au corps à corps avec son pic incandescent, il le lança au plafond, espérant provoquer un éboulement lors de son explosion. Il avait déjà entendu parler de sa nouvelle adversaire. Iyoh leur avait fait tout un topo sur le groupe de Nora. Les plus dangereux étaient, selon lui, Melody Jennsen et Erlyn Ehlkaÿd, mais il ne fallait, selon ses dires, surtout pas sous-estimer Snori Pendragon et sa jeune élève. Il ne savait rien de cette dernière, si ce n'était la couleur de ses cheveux. Vu l'orange éclatant de la crinière de son ennemie, il ne pouvait s'agir que de cette fameuse disciple. Mais cela ne lui poserait aucun problème. Il faisait partie des Ombres, le plus puissant groupe armé de Valato, ceux qui avaient repris Neims en une nuit! Il ne perdrait pas contre une adolescente. Il tira de son fourreau une arme assez insolite. Elle ne possédait pas de garde, mais simplement des orifices semblables à ceux d'un poing américain. Elle était munie d'une lame recourbée des deux côtés, à l'aspect effrayant.

-Je ne suis peut-être pas un spécialiste du corps à corps gamine, mais ça ne m’empêchera pas de t’annihiler, crois moi. Abandonne maintenant, lâche cette épée, et va t'asseoir dans un coin en attendant qu'on ait fini, lui conseilla-t-il.

-Je préfère largement rester là pour te voir trembler face à ma toute puissance! Méfie toi, amateur, tu fais face à la plus grande épéiste d'Hovo!

Prenant des positions plus insolites les unes que les autres durant a fameuse présentation, elle n'inspira que le dépit de Darwin, lequel ne tarda pas à tenter un coup, mais fut contré sans la moindre peine. À présent, les choses devenaient sérieuses. La salle fut emplie du son des cliquetis d'acier, se multipliant à une allure démentielle. Chacun des deux adversaires tentaient des bottes plus osées les unes que les autres, néanmoins Zia agissait avec bien plus de prudence qu'à l’accoutumée. Plutôt que de foncer dans le tas en espérant percer la garde, elle alternait les phases offensives et défensives, s'adaptant aux situations pour parer tout éventualité; et cela fonctionnait très bien. Aucun adversaire ne semblait pour le moment se démarquer, mais la rouquine avait une volonté de faire: aujourd'hui, elle vaincrait une Ombre, seule!

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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mer 29 Fév - 19:39

Dans le chaos ambiant, Laly était plus ou moins en sécurité perchée là-haut, et avait de ce fait une marge de réflexion plus importante que ceux d'en bas. Au contraire de Zia, qui avait l'esprit vif, il lui fallait plus de temps pour préparer un plan tenant la route. Sans artéfact, au milieu de tous ces rapaces, elle ne valait pas grand chose, sauf si un enchaînement absolument parfait se dessinait dans sa tête. De plus, elle était grandement diminuée dépourvue de son arc, de ses flèches et de sa dague, sans compter sa fatigue physique. Elle n'avait que son don, son esprit et ses capacités au combat qui pouvaient l'aider à cet instant. Le coeur et les temps battants, elle cherchait une solution, lorsqu'elle vit l'avatar de Nigfol ...

La gamine aux cheveux bleus, sans se préoccuper de ce qu'il se passait autour d'elle, flottait juste à côté de la tête d'Igole. L'air boudeur, elle prit une mine fâchée.

- C'est pas trop tôt ! Vous savez à quel point c'est étroit là-dedans ?! dit-elle en désignant le bracelet. Scrogneugneu, qu'est-ce que je dois pas supporter ... D'ailleurs, vous êtes qui vous ? Pourquoi c'est pas Laly à votre place ? Avant que je vous apporte mon soutien, je crois qu'il serait bon qu'on fasse un peu connaissance, non ? Moi, c'est Nigfol ! Enchantée !

Oui, Laly avait la solution sous ses yeux. Il suffisait juste que Nigfol aille dans son sens, et tout roulerait à la perfection ...
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MessageSujet: Re: Emprisonnées   Mer 29 Fév - 20:05

Les flammes jaillissaient de toute part. La colère du dragon semblait sans limite. D'un terrible coup de queue, Belwur détruisit le plafond, dont les poutres étaient déjà bien amochés. Tandis que la lune apparaissait illuminait ce qui restait de la salle des buffets, l'artéfact eut un rugissement effroyable, rugissement de défi et de colère. Voyant Iyoh se diriger vers lui, une lame aux reflets bleus à la main, il réagit de suite. Tel un serpent, sa queue s'enroula tout autour du trancheur, l'immobilisant entièrement. Approchant sa gueule pleine de crocs du visage d'Iyoh, Belwur dit :

- Tu as eu une courte vie! Mais au moins as tu eu l'honneur de mourir de la main de Belwur, artéfact millénaire!

Edwig intervint aussitôt pour sortir son chef de la situation problématique dans laquelle il venait de se fourrer. Donnant un violent coup dans la gorge du démon, il sauva probablement Tzumihi d'une mort certaine. Ne s'arrêtant pas là, il prononça un mot qui semblait inintéligible, mais qui eut pourtant un effet certain sur le dragon. Tressaillant de tous les muscles de son corps, il lâcha prise sur Iyoh, et recula de quelques mètres. Une bourrasque glaciale venait de l'assaillir. Reprenant vite le contrôle de son corps, Belwur comprit que cette forme, trop volumineuse, n'était plus adaptée au combat. Quittant l'apparence de l'énorme dragon, Melody reparut un instant sous sa forme humaine, avant d'être de nouveau recouverte d'un exosquelette de couleur rouge et noir. Ses ailes brillaient autant que les flammes de l'incendie qu'elle venait de déclencher dans tout le château. Une longue épée de feu apparut bien vite dans sa main. Se téléportant dans le dos d'Edwig, elle s'apprêta à le transpercer, quand, par des réflexes insoupçonnés, le géant se retourna et contra le coup de manière fulgurante. La vitesse des échanges entre les deux porteurs d'artéfacts atteignait une vitesse inouie, mais ils ne s'affrontaient pas que par le fer! Tandis que Melody crachait un flot continu de feu, le Hurleur semblait ne pas cesser de psalmodier dans sa barbe ce qui semblait être un champs de force protecteur entièrement bleu. La rencontre du feu et de la glace faisaient naître d'impressionnantes étincelles entre les deux protagonistes. Athis observait le combat, passionné. Il était évident que dans ce duel, Belwur remporterait la victoire si il ne concédait pas sa forme ultime à Edwig, mais le félin voulait voir comment se battait le Hurleur en position de faiblesse. Et il fallait admettre qu'il était plus que satisfait de son "apprenti".

Pendant ce temps, Igole, simple témoin de la dévastation qui avait lieu dans la pièce, dit à Nigfol :

- Bonjour, jeune fille! Je suis Igole Vrag, père d'Inès. Je dois pourfendre Belwur, ici présent! M'en donnera tu la force?
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