Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Au même moment, chez la famille Firmin.

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Pomme
Griffon
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Date d'inscription : 27/09/2011
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MessageSujet: Au même moment, chez la famille Firmin.   Lun 2 Jan - 0:00

Un faible rayon lumineux pénétrait dans la chambre exigüe de Cora et d'Anathol Firmin. Emmitouflés sous un amas de couvertures, cherchant à tout prix la chaleur humaine dans cette lugubre et modeste demeure, leurs yeux commençaient à s'ouvrir machinalement. Depuis des années, les journées se répétaient inlassablement, sans pratiquement aucune fantaisie : dans un métier comme le leur, l'imprévu n'avait décidément pas sa place. Le couple s'était endetté dans la création de leur propre boutique de tapisserie, et de ce fait, avait sacrifié leur vie de couple et de famille pour une routine terrifiante et hargneuse. Très vite, ils avaient embrigadés leurs progénitures dans l'entreprise familiale, sacrifiant en contrepartie leurs vies d'enfants et d'adolescents. En effet, de leur amour étaient nés un fils et une fille, Yoav et Alix, deux êtres radicalement opposés.

Yoav Firmin, l'aîné, avait toujours accepté les travaux et ordres de ses parents, en ce qui concernait la vie à la boutique ou à la maison. Il s'exécutait sans relâche dans les tâches quotidiennes et mettait un point d'honneur à obéir à ses parents. Le jeune homme de dix-huit ans n'avait jamais eu l'occasion d'apprendre à lire ou à compter, et s'en fichait éperdument : il avait entendu toute son enfance que les livres et autres savoirs n'étaient d'aucune utilité pour les modestes artisans comme eux. Oui, il fallait bien travailler de ses mains pour réussir, et ce n'était pas avec des activités prétentieuses comme la lecture, l'écriture ou les mathématiques qu'il réussirait sa vie. Bien sûr, la jeune Alix ne pensait pas comme lui, ni comme ses parents. C'était avec toujours le nez en l'air, d'une démarche légère et la tête dans la Lune qu'elle travaillait comme tapissière. Durant des années, elle avait tenté de convaincre ses parents de la laisser s'instruire, ce qui se concluait continuellement par des échecs cuisants. La tension s'était faite de plus en plus palpable durant des mois au sein de la petite famille, mais voilà, leur fille avait disparu. Chargée de rapporter du fil de Nora, elle n'avait plus jamais remis les pieds sur la terre de Luuwr, dans leur village à quelques kilomètres d'Abrial.

Un mois s'était donc écoulé depuis son départ inopiné. Bien qu'inquiète, la vie de la famille Firmin avait repris son cours : rester les bras ballants n'était pas de leur ressort, ne serait-ce que pour arriver à vivre convenablement. Ils n'avaient jamais roulé sur l'or, mais ce n'était pas un contre temps de cette envergure qui allait les stopper dans leur ascension professionnelle. En effet, la boutique de tapisserie commençait à se faire un nom au-delà des frontières puisque le Roi Kunz Pendragon commandait lui-même ses tapis pour son palais. D'ailleurs, d'étranges rumeurs circulaient au sujet de son neveu, le prince Snori, qui aurait quitté l'Oran précipitamment. Cependant, tout cela importait bien peu à la famille d'artisans : ils avaient beaucoup trop de travail pour se soucier de ce genre de futilités.

Ce matin là était comme tous les autre : Yoav était sans doute déjà sur le pied de guerre à la boutique, gérant dès l'aube les commandes et le tissage. Anatole et Cora, quant à eux, s'éveillaient dans un silence quasi religieux : depuis qu'ils s'étaient lancés dans la création de leur commerce, leurs sujets de discussion s'étaient brutalement limités. Le repas du matin trônait sur la table adjacente, composé de pain sec et de choux, et fut englouti en l'espace de quelques minutes. Le menu était certes répétitif, mais avait au moins la mérite de calmer leurs appétits. Comme tous les jours, après ce déjeuner furtif, ils rejoignaient leur tapisserie. L'absence d'Alix avait bien failli les mettre dans la panade, ce qui avait énormément agacé son père et son frère. Les deux hommes de la famille ne se faisaient pas d'illusions : elle était tellement idiote qu'elle devait certainement ne plus être de ce monde. C'était difficile à admettre, mais il fallait voir la vérité en face et passer à autre chose.

Pour Cora, en revanche, le manque de sa fille se faisait plus clairement ressentir. Elle ne l'avait jamais vraiment bien traité, avait sous-estimé ses rêves et ses désirs qu'elle jugeait toujours inutiles. Et si c'était à cause de ce mal-être qu'elle était partie ? Ou peut-être même qu'elle était morte... La trentenaire ressemblait beaucoup à Alix : les mêmes cheveux blonds, qu'elle portait bien plus courts que sa fille, et les mêmes grands yeux expressifs. Il n'y avait que la maturité et le sérieux qui marquaient son visage. La tapissière ressentait une énorme culpabilité à l'égard de sa fille : elle l'avait appelée Alix, qui signifiait "noble", pour qu'elle devienne quelqu'un. En quinze années, Cora n'avait été qu'une horrible mégère avec elle, fermant les yeux sur ses espoirs pour le futur. Elle n'avait pas voulu entendre ce que sa propre fille avait à dire, et Danna lui faisait à présent payer ce comportement détestable. A présent, Cora savait une chose : elle avait perdu cette fille solaire, ce concentré de vie merveilleux et débordant de rêves. Elle avait perdu une lumière étincelante.
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