Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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Pomme
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MessageSujet: Dernière ligne droite   Sam 31 Déc - 12:34

Après les remontrances d'Irwan, Laly s'était contentée de rester stoïque. Où était le problème puisqu'elle était en vie ? En plus, elle avait utilisé son don de révulseuse à merveille. Si elle ne l'avait pas fait, qui sait ce qu'il se serait passé ? Bien sûr, l'historien avait bien des raisons de lui en vouloir, et son emportement était totalement légitime, mais tout de même ... La jeune femme baissa les yeux, preuve du respect de l'autorité de son aîné, et resta un tant soit peu muette durant les heures de voyage qui suivaient, comme ses camarades.

Laly avait beau être nailikanne, les paysages, les routes et les alentours qui défilaient devant eux lui étaient totalement inconnus. Elle n'avait d'ailleurs jamais mis les pieds dans cette partie du territoire, elle qui avait passée sa vie dans le sud de Nailika. Cependant, l'idée d'être sur sa terre de naissance l'émouvait un peu, ce qu'elle cachait avec une habileté propre à elle-même. Elle se souvint des mots de Llednar : "Je ne vous accompagnerai pas jusqu'à Nigfol". La jeune femme l'avait compris, et elle se demandait dans combien de temps son ami partirait. Et surtout, elle n'osait pas imaginer la réaction d'Irwan face à son départ. Ils n'allaient être plus que trois. Où étaient les autres ? Étaient-ils encore en vie ? Plus le temps passait, et plus cette éventualité s'était dissipée, puis totalement évanouie dans l'esprit de Laly. L'historien le savait, Llednar le savait très certainement aussi. Ils ne pouvaient compter plus que sur eux-même à présent.
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Sam 31 Déc - 21:21

Cela faisait trois jours qu'ils avaient traversé la frontière et qu'ils se dissimulaient en territoire nailikan, avançant lentement vers leur objectif final. Ils faisaient à présent une pause loin des villages, dans leur petit campement improvisé à la tombée de la nuit. Ils avaient eu le bonheur de ne pas croiser le moindre soldat durant tout le trajet, ce qui n'avait absolument rien de normal. Pour que les troupes soient à un tel point absente, il devait y avoir une raison non négligeable. L'embranchement de la Harte n'était plus très loin désormais. Irwan était totalement obsédé par la suite des évènements, s'avérant au final très incertaine. Nigfol était à cet endroit, certes, mais même Laly ne savait comment le retrouver. Ils avaient fait tout ce voyage, et il s'agissait à présent d'aller à l'essentiel. Découvrir où se cachait l'artéfact, entrer en contact avec lui, apprendre à s'en servir au plus vite, retourner à Nora. Cela était périlleux, mais ils n'avaient pas le choix. Jin et Melody ne devaient pas être mortes pour rien. C'était pour leur cause qu'elles avaient donné leurs vies, alors hors de question de ne pas y parvenir si près du but. Chacun des quatre compagnons avait l'esprit rempli, c'était un fait, mais Llednar pensait à une toute autre chose. Il allait les quitter, bientôt. Très bientôt. À vrai dire...

Le jeune homme se leva et s'éloigna un peu des autres, qui ne lui demandèrent pas ce qu'il en était. Après tout, il s'agissait peut-être seulement d'aller assouvir quelque besoin naturel, et en cela nul n'avait besoin de le déranger. Ce fut donc avec surprise que, quelques secondes plus tard, Irwan entendit le son de sabots retentissant sur la route pavée. Vu l'état actuel de ses nerf, il aurait du s'énerver d'une façon incommensurable, mais le visage de Laly l'en dissuada. Il pouvait y lire une certaine tristesse plus ou moins camouflée, mais en aucun cas de la surprise. Tout ceci était donc prévu. Elle savait que Llednar allait les quitter sans dire le moindre au revoir, mais n'en avait fait part à personne. Voila un comportement que l'historien trouvait bien lâche, surtout de la part d'un jeune homme qui se voulait quelqu'un de franc. Et que se passerait-il s'il se faisait avoir par quelque garde? Avouerait-il tout ce qu'il savait, confierait-il à leurs ennemis la position de leur groupe? Il était, en une infime portion de temps, passé du statut d'allié à celui de traître. Irwan plongea son dur regard dans celui de la révulseuse.

-Alors? Où est-il parti?

Tout était sombre. Llednar n'était éclairé que par la lueur de la lune presque pleine tandis qu'il galopait à travers les sentiers battu. Durant le voyage, il avait eu le temps de tout préparer, et savait exactement où se trouvait le camp vers lequel il se rendait. Chaque raccourci, chaque chemin secret avait été recensé, et ce grâce à la carte très précise qu'il avait dérobé aux officiers nailikans il y avait de cela plus d'un moins. Jamais il n'aurait pensé pouvoir arriver jusqu'à ce stade lorsqu'il était parti de son village. Alors qu'il chevauchait, toute son épopée défilait devant ses yeux. Sa première escapade près d'Abrial, lorsqu'il rencontra Laly et qu'il la mena indirectement jusqu'à Nora. Puis l'altercation avec Snori Pendragon, qu'il avait voulu maîtriser avant de se retrouver lamentablement à terre, terrassé par les talents de son futur camarade. Les entraînements sur le navire, les bourdes d'Alix, le sauvetage in-extremis de Zia à Wuhm, ces quelques minutes passées ensemble. La perte de Belwur et de sa porteuse, puis de Jin. Le combat contre le dragon-chiroptère, conclus par une fuite de leur part. Enfin, la confession réciproque avec la révulseuse. Tant de choses qu'il avait vécu avec émotion sans jamais le montrer, sans jamais se laisser distraire par quiconque, attendant patiemment ce moment. Maintenant il y était, et il n'avait pas droit à l'erreur.

Une heure plus tard, il arriva à destination. Rapidement, il attacha son cheval à un arbre, et s'approcha, enroulé dans ses vêtements nailikans, le plus discrètement possible. Le complexe auquel il faisait face était impressionant. Composé de quatre principaux bâtiments hauts de plusieurs étages et pouvant accueillir des centaines de personnes, équipé de fils barbelés, muni de gardes à arbalète absolument partout. À priori, pénétrer dans un tel lieu semblait impossible, mais Llednar n'était pas un débutant. Il était entré dans bien des demeures en se faisant remarquer à de très rares occurrences, et comptait bien faire de même aujourd'hui. Vérifiant que ses armes étaient bien accrochée à sa ceinture, il sentit un stress monstrueux monter en lui. Il jouait bien plus que sa propre vie ce soir. S'il échouait, alors elle était condamnée, sans la moindre possibilité de s'e sortir. Pas de précipitations. Le jeune homme alla s'asseoir dans un coin, adossé à un chêne massif, et regarda longuement les étoiles. Depuis toujours, c'était le seul moyen pour lui de se calmer lorsqu'il était nerveux. Elles étaient belles, scintillant de mille feux dans la voûte obscure, illuminant leur monde lorsque l'ombre le gagnait. L'astre de la nuit, presque plein, se faisait grand ce soir-ci. Les minutes passèrent, une à une, lentement, jusqu'à se transformer en heures. Il était plus de minuit lorsqu'enfin il commença son opération.

Il y avait trois entrées, toutes surveillées par deux gardes. En combat singulier, le rôdeur se savait faible. Il aurait aisément pu passer entre eux, mais il se serait fait remarquer et aurait causé le trouble. S'il agissait de la sorte, il était sur de se faire remarquer. Il devait les vaincre, c'était la seule solution, mais il le ferait comme une Ombre l'aurait fait: sans que sa présence ne soit soupçonnée. Il prit une pierre qui traînait par terre, se plaça dans un angle mort, et la lança par dessus le mur d'enceinte. Le roc chuta de l'autre côté en provoquant un son suffisant pour que les gardes détournent le regard. Le premier reçu un couteau de lancer en plein dans le dos. Comme prévu, le second se tourna vers son collègue à terre, ce qui laissa à Llednar tout le loisir de l'égorger en silence. Malgré son dégoût prononcé pour le sang, il traîna les deux cadavres hors de l'allée principale, les plaça dans la forêt sombre, et repartit d'un pas pressé, accroupi. La forteresse dans laquelle il venait d'entrer était une véritable micro-cité. Plusieurs allées débouchaient sur des habitations et des grands bâtiments, tandis que des énormes tentes vides étaient déployées un peu partout. Un homme armé passa tout près du rôdeur, qui eut l'heureux réflexe de s'adosser à une baraque de bois usé.

Par où passer, et surtout où se rendre? Il n'avait pas le temps d'explorer tous les dédales s'il voulait pouvoir rester discret. Les ruelles semblaient bien surveillées. L'idéal aurait été, comme dans bien des cas, de passer par les toits, mais les arbalétriers l'en descendraient en moins de temps qu'il ne fallait pour dire hülye. Le jeune homme se risqua à passer sa tête hors de son abri, et aperçu une créature fort étrange. Grisâtre, éclairée de lueurs vertes, elle ressemblait à un humain doté d'une bien étrange combinaison. Non, à y réfléchir, ça ne pouvait être cela: la forme du crâne était trop différente de celle d'un homme, et la chose était trop fine. Sa démarche aussi coupait avec celle d'un soldat. Ses membres se tortillaient dans tous les sens, et son corps entier semblait en flexion à chaque pas. Cet engin-là tourna la tête dans toutes les directions avant de repartir, en faisant presque traîner à terre la lame greffée à son bras.

-Allez, avancez!

Un garde venait de crier au loin ces quelques mots, l'air menaçant. Llednar hésita un instant, puis pris l'énorme risque de grimper sur une sorte de villa afin de voir où se situaient l'homme qui avait parlé. Là-bas! Ils étaient deux, armés jusqu'aux dents, à faire s'entasser des prisonniers de tous âges dans une grande tente, entourée de hauts murs. Une fois qu'ils furent tous à l'intérieur, ils refermèrent leur prison de toile, et allèrent se placer à la seule entrée du périmètre. Il fallait les éliminer. Après avoir pris soin de vérifier que personne ne puisse le voir, il entama sa course. Alors qu'il se trouvait à une vingtaine de mètres sur la droite de ses deux cibles, il fut repéré. Le premier le visa avec son arme, tira, rata son coup. Llednar était déjà sur lui, et lui sauta dessus comme il aurait bondit par dessus une haie. Son pied prit appui sur l'épaule du garde qui tomba à terre. Dans le même mouvement, il planta sa dague dans la nuque de l'homme tombée, lança son ultime couteau vers le second, et l'acheva d'une série de coups d'estoc dans l'estomac. Heureusement, aucun d'eux n'avait eu le temps d'appeler à l'aide. C'était maintenant le moment décisif. S'il entrait dans cette tente en disant qu'il avait tué les geôliers, alors tous les prisonniers chercheraient à s'échapper, et ils mourraient tous. Il pouvait faire sortir une personne en toute discrétion, mais pas plusieurs dizaines. Il fallait ruser. Prenant la tenue d'un des hommes qu'il venait d'abattre, il l'enfila après avoir caché les corps, et se dirigea vers la tente, qu'il ouvrit d'un coup.

Le spectacle était horrifique. Il les croyait des dizaines, mais dans ce minuscule bâtiment, les citoyens devaient être plus de deux-cent. Tous, sans la moindre exception, étaient décharnés, semblaient osciller entre la vie et la mort. Vu l'état de certain, Llednar aurait même parié qu'ils n'étaient plus que des macchabée. Le remord le gagnait dors et déjà. S'il avait pu, il aurait aidé tous ces gens, mais c'était impossible. Quand il était entré, le silence régnait. Tous l'observaient avec une mine déconfite, attendant une nouvelle de sa part, étant à la fois intrigués et effrayés par ce qu'il allait dire ou faire. Étrangement pour eux, ce garde-ci gardait le silence, les scrutait un par un. Enfin, il la trouva, et dut se retenir pour ne pas crier sa joie. Certes, elle était incroyablement maigre, semblait fatiguée comme jamais, était recouvertes de coupures et d'ecchymoses, mais son regard et sa tignasse blonde ne pouvaient tromper personne: c'était Nino. Le rôdeur se força de rester droit, et s'adressa à elle d'une voix dure.

-Eh, toi! Viens par ici, et pas un mot! On a à te parler.

L'adolescente déglutît, regarda avec tristesse ses amis, puis observa le garde avec un petit sourire.

-Oui, j'arrive.

Ces simples mots touchèrent Llednar au plus profond de son être. Souriante en toute circonstance, gardant espoir malgré ses conditions misérables, polie. Tellement droite que ça en devenait presque agaçant...en cet instant plus encore qu'auparavant, il l'aimait infiniment. Ils sortirent tous deux de la tente, et se dirigèrent près du mur d'enceinte. Ils croisèrent d'autres gardes au passage, qui ne parurent pas surpris le moins du monde qu'un de leur collègue emmène une prisonnière. Nino ne posait pas la moindre question, se contentant d'avancer en tenant ses mains jointes devant elle, puis en toussant de temps à autre. Au son rauque, sa maladie était bel et bien visible. Elle semblait même avoir empiré, mais désormais tout irait bien. L'effort que faisait Llednar pour ne pas révéler son identité et son stress était monumental. Il mourrait d'envie de hurler, de pleurer, de tomber à genoux devant elle, mais devait patienter encore. Quelques minutes seulement. Alors qu'ils arrivèrent à une porte de sortie de la forteresse, ils furent interpellés.

-Eh! Où allez vous ainsi? leur demanda le larbin qui faisait le pet.

-J'emmène cette gamine en ville, ordre du chef. Un problème avec ça?

L'autre sembla hésiter. Cela semblait légèrement tiré par les cheveux, mais s'il faisait perdre du temps au général, il recevrait une rouste monumentale dont il se souviendrait toute sa vie. Mieux valait ne pas prendre de risque avec ce genre de choses.

-Mouais, allez y.

Llednar défia son prétendu collègue du regard, et sortir avec Nino. Il la tira par le bras, l'emmena dans la forêt, à une distance raisonnable afin de ne pas pouvoir être vu par qui que ce soit. Elle haletait de plus en plus, avait énormément de mal à respirer malgré leur courte marche, mais il la força à continuer. Il le fallait. Enfin, lorsqu'ils furent à l'abri, elle s'assit par terre sans demander la moindre autorisation, ce qu'elle même trouvait déplacé. La peur se lisait dans ses yeux rien qu'au fait d'imaginer la sentence qu'elle allait recevoir pour cela.

-Excusez moi...je dois me reposer un court instant, je...je suis désolée, mais je ne peux...

Ce n'était plus nécessaire de continuer. Son ami, accroupi en face d'elle, avait ôté son casque et la fixait, pleurant et riait à la fois. Le bonheur le subjuguait tout simplement. Dès qu'elle fut remise du choc, Nino eut la même réaction. Il venait de la sauver, après tout ce temps...c'était tellement irréaliste. Pourtant, c'était bien vrai. Ils étaient ensemble, et libres. À leurs yeux, le reste du monde n'existait plus. Ils étaient réunis, pour toujours. Leur discussion fut des plus longues. Pendant près d'une heure, ils échangèrent en toute discrétion, tombèrent dans les bras l'un de l'autre, se racontant tout ce qu'ils avaient vécu. Il avait tant craint pour sa vie, mais elle n'avait rien de grave. Peut-être que finalement tous les médicaments qu'elle avait du ingurgiter pendant des mois avaient eu un effet durable. Que pouvait-il demander de plus à présent? Ils chevauchèrent, à deux sur le destrier acheté par Irwan, et se rendirent dans une forêt voisine de celle dans laquelle se trouvaient Laly et les autres. C'était là le chemin du retour. Ils allaient s'endormir, côte à côte, sans que le froid ne les dérange nullement.

-Llednar...

-Hum?

-Tes amis...tu vas les abandonner?

-Je ne peux rien faire pour eux maintenant. Non, je n'ai jamais rien pu faire pour eux, mais cela n'a aucune importance.

La vérité était que cela en avait, pour eux deux. L'un s'était lié d'une profonde amitié avec ses camarades, ce notamment envers Laly, et l'autre désirait profondément le retour à la paix, pas uniquement pour elle. Au cours de sa captivité, elle avait fait bien des rencontres, avait appris la valeur de la sérénité. Il fallait que l'horreur cesse, et pour cela, Nigfol devait être trouvé. C'était là, selon la fervente croyante qu'elle était, la volonté de Danna. Mais ils reparleraient de tout cela bien plus tard. Le sourire avait retrouvé leurs lèvres cette nuit, et cela, même la plus grande des quêtes ne pouvait le leur arracher. Dans la nuit, Nino toussa, beaucoup, bien plus que n'importe quel malade l'aurait fait. À ses yeux, ce n'était après tout qu'une toux. Pas de quoi s'inquiéter...

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Pomme
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Dim 1 Jan - 12:18

A l'instant où Laly avait vu Llednar s'éclipser, elle savait que, pour lui, la quête vers Nigfol s'achevait ici. Tant bien que mal, la jeune femme tentait de photographier cette dernière image qu'elle aurait de lui, celle d'un homme amoureux qui volait à la rescousse de l'être qu'il aimait. Leurs chemins se séparaient à présent, sans un regard, sans un adieu, sans le moindre geste d'amitié. Laly avait la gorge serrée. Pour la première fois de sa vie, elle était inquiète pour quelqu'un, pour une personne qu'elle appréciait au-delà de ses origines et de son mode de vie, pour un ami. Elle repensa aux innombrables fois où Llednar lui avait tapé sur les nerfs, où elle regrettait amèrement de partager cette quête avec lui. Puis, elle se souvint des moments émouvants où ils s'étaient apprivoisés, où ils s'étaient livrés avec sincérité et émotion. A présent, il fallait avancer et garder ces souvenirs dans un coin de son esprit. Oublier ne servait à rien, et plus que tout, elle ne voulait pas l'oublier. Son air froid et distant, son calme incroyable et son individualisme avaient fasciné la révulseuse, mais elle ne se faisait aucune illusion : c'était la dernière fois qu'elle le voyait. Elle devait paraître triste à cet instant, et pour une fois, elle ne pouvait pas dissimuler ce qu'elle ressentait : c'était bien trop difficile.

En détournant le regard de la forêt où la rôdeur avait disparu, elle croisa le regard d'Irwan, exactement celui qu'elle avait imaginé : mêlé à l'incompréhension, à l'agacement et à la méfiance. Plus le temps passait et plus l'historien devenait antipathique aux yeux de la jeune fille. A présent, avec le caractère sous pression de son aîné et le culot de la dénommée Habeth, Laly se sentait bien seule. Même si Llednar ne parlait jamais, sa présence était réconfortante. Là, l'ambiance était nettement moins sereine. Elle plongea ses yeux dans ceux de son interlocuteur.

- Il est parti. Il avait une quête différente de la notre. Nigfol, il en avait rien à foutre.

C'était des phrases simples, mais sans le moindre ton de reproche dans la voix de la jeune femme. Au contraire, il y avait comme de l'admiration dans ses mots. D'un geste de la tête, elle fit signe à ses camarades de la suivre. La nuit était tombée, mais il fallait continuer coûte que coûte. Et, encore plus que les autres soirs, Laly n'arriverait pas à s'endormir.
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Lun 2 Jan - 14:24

Quelques heures plus tard

Ils avaient encore galopés, traversant des milles avant de prendre un repos bien mérité. Voyager de nuit, sans le moindre doute, s’avérait plus sûr que de jour. Les patrouilles, déjà bien peu nombreuses, étaient à présent totalement absentes. Il était désormais tôt le matin. C'était un sept décembre, et le froid se faisait ressentir dans ces grandes steppes nailikanes. Ils ne s'étaient éveillés que depuis quelques minutes uniquement pour reprendre la route, sur leurs montures épuisées. Irwan ne savait pas ce qu'il en était pour ses camarades, mais la lassitude la gagnait. Depuis tout ce temps, le fait qu'ils soient perpétuellement sales, engourdis, loin de tout et dans un stress continu devenait pesant. À présent qu'ils n'étaient que trois, il pouvait se rendre compte que l'absence des figures les plus joyeuses comme Zia, Alix ou Snori lui manquait terriblement. L'ambiance, pour le moins morose, insupportait chacun d'entre eux. L'espoir avait fuit, vaincu. L'historien observait avec lassitude l'horizon, désespérant que Laly ne ressente toujours rien qui puisse les mener sur la trace de l'artéfact, quand l'impensable se produisit.

Un loup venait de pousser un hurlement, typique à l'espèce des monts pourpres. Ils étaient pourtant bien loin des sommets d'Hovo. Cela ne pouvait signifier qu'une chose. Ils étaient là. Au loin, la fumée qui s'élevait de leurs montures canidés ne laissait pas le doute sur leur identité. Erlyn accompagné de ses gardiens, Oloren, Bartiméus, le prince et la petite Zia. Tous en vie. Irwan se surprit à rire. C'était nerveux, dénué de tout sens, mais le fait de les voir revenir ainsi, sonnant la charge, dans un mouvement qui dégageait une assurance incroyable venait de lui redonner le baume au cœur. Ils s'en étaient sortis contre un dragon-chiroptère, la bête la plus dangereuse de Valato. Que pourrait-il leur arriver à présent? Le quarantenaire mit pied-à-terre en faisant de grand mouvement pour que leurs camarades puissent les voir, ce bien que ce fut déjà le cas. En ralentissant petit à petit, ils arrivèrent enfin à leur niveau, souriants eux aussi. Laly et Irwan étaient en vie. Par leurs aptitudes ou leurs connaissances, ils étaient les deux membres de cette expédition qu'il fallait à tout prix protéger, et ils étaient bien là. Snori s'empressa d'aller embrasser son vieil ami et sa camarade, avant de les regarder d'un air surpris. Il n'étaient pas au complet.

-Où sont passés Alix, Elevir et Llednar? demanda-t-il.

-Et qui c'est celle-là? s'empressa d'ajouter Zia, méfiante à l'égard de cette parfaite inconnue qui chevauchait en compagnie de ses camarades.

Il y avait effectivement de quoi être inquiet. Perdre Alix aurait été aux yeux de tous une profonde tristesse, ce encore plus pour les deux adolescentes. Les cas d'Elevir ainsi que de Llednar étaient différents, mais personne ne pouvait nier qu'ils avaient appris au fil du temps à apprécier ces deux-là. Pressé de dissiper les doutes qui pesaient encore, Irwan leur répondit avec une certaine sérénité qu'il retrouvait enfin, lui qui était si nerveux ces derniers jours.

-Elevir accompagne la gamine chez ses parents. Il était temps pour eux de nous quitter, le danger se faisait trop grand. Cette femme qui nous accompagne se nomme Habeth Folia, soldate de l'armée luuwrienne. Nous l'avons trouvés à Morhen, et elle nous accompagne depuis. Quant à Llednar, il semblerait qu'il nous ait quitté de son plein gré.

Il avait foudroyé la révulseuse du regard en prononçant ces ultimes paroles. Elle aurait pu et surtout aurait du le retenir, lui qui détenait tant d'informations compromettantes. Aux yeux d'Irwan, il n'était plus qu'un traître à présent. Le fait d'apprendre son départ de la sorte déçu profondément Zia. Il avait réussir à le convaincre, même sans mots, qu'il était quelqu'un de franc, sur qui on pouvait compter. Visiblement, sur cela comme sur bien d'autres choses, elle s'était trompée.Tant pis! Après tout, ce n'était pas cela qui allait les décourager, surtout pas désormais qu'ils frôlaient leur but. Nigfol devait attendre sa future maîtresse, non loin de là. Il ne s'agissait plus que de l'escorter, et tout serait réglé. Bien sur, elle était loin de se douter que le contrôle d'un artéfact d'une telle puissance n'avait rien d'aisé.

-Détrompez vous. Je suis toujours à vos côtés.

Tous les yeux se rivèrent vers le rôdeur. Agissant avec la discrétion qui lui était propre, il avait jailli de l'orée du bois, debout à côté de la monture qu'il tenait par les rennes, sur laquelle une gamine de l'âge d'Oloren se tenait. Il y avait quelque chose de changé en lui. Il n'abordait pas plus de sourire qu'à l'accoutumée, pourtant une certaine joie de vivre était discernable dans ses yeux. Nino avait réussi à le convaincre qu'il ne devait pas abandonner lui non plus. Elle pouvait parfaitement comprendre qu'il se fiche de Nigfol, mais ne serait-ce que par franchise envers ses amis, il se devait de les accompagner jusqu'au bout. Peu avant, il avait relâché Lev. Cet oiseau qui fut son camarade pendant de longs mois avait trop vu la guerre; à présent, il méritait de vivre heureux lui aussi. Zia aurait eu envie d'aller sauter dans ses bras, mais le fait que cette fille soit présente la gênait un peu. Elle ne devait pas être n'importe qui aux yeux de Llednar.

-Eh bien... repris Snori, vu que nous sommes au complet, je pense que nous savons ce qu'il nous reste à faire. Mais qui est donc cette charmante demoiselle qui t'accompagne?

-Oh, je suis confuse, s'empressa-t-elle de répondre. Mon nom est Nino Nezzyl. Mes hommages, monsieur Pendragon, monsieur Knell. Ravi de vous rencontrer tous autant que vous êtes, conclut-elle avec une légère révérence.

Plus loin, dans une ville nailikane. En haut de la tour pendaient plusieurs prisonniers, tandis que des dizaines de corps de gardes gisaient au sol. Tout cela n'inquiétait guère Gladys, bien au contraire. Non, le plus embarrassant était le cadavre de ces deux hommes. Le premier était un serpent de la nuit qui avait servi son pays durant la grande guerre et bien plus encore. Après tout, s'il était tombé contre le groupe à la recherche de Nigfol, il était possible qu'il soit mort. Le second était pire encore. Malgré ses blessures, ses cheveux blonds coupés courts et son air arrogant étaient reconnaissables parmi tant d'autres. C'était une Ombre, un grimpeur. Loin d'avoir le niveau des grands chefs, il restait tout de même un très bon élément, à qui bien des missions en solitaire étaient confiées. Il avait presque l'âge de la fille Engels, ce qui en faisait l'un des membres les plus âgés de leur organisation. Accroupie près de lui, Gladys se releva, et s'adressa au lieutenant présent sur place.

-Vous-êtes sûr de ce que vous avancez?

-Absolument. Erlyn aux cinq titres et Snori Pendragon sont responsables de ce massacre. Ils étaient bien accompagnés de deux adolescentes, de plusieurs loups. Il n'y a aucun doute possible.

-Je vois...très bien, vous autre! Nous nous lançons à leur poursuite, au plus vite!

Iyoh ne disait mot. Il n'y avait plus rien à dire à présent, mais il fallait simplement agir. Pour le bien de la nation, comme elle le leur avait appris, il stopperait l'expédition. Il mettrait fin personnellement aux jours de son rival, vaincrais la révulseuse, prouverait qu'il mérite encore sa place, bien plus que la femme au voile. Leur dernière chevauchée venait de débuter. Ils étaient des Ombres. L'élite du monde. Lorsqu'il s'agissait de se battre, personne ne leur arrivait à le cheville. Ils étaient huit. Gladys, l'équipe d'Iyoh, et celle de cette peste voilée. Ils étaient invincibles...


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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Lun 2 Jan - 15:41

https://www.youtube.com/watch?v=06oCrWfh5tI&feature=related

La nuit avait été bercée par un étrange calme et une douceur bien particulière. Dans ce silence presque mortel, Laly s'attendait à tout, mais surtout au pire, prête à bondir sur le moindre danger et à riposter à la moindre altercation. Durant ces longues heures ténébreuses, la révulseuse s'était perdue dans ses pensées et avait commencé à reformer sa carapace du début de l'aventure. L'incompréhension se faisait de plus en plus forte entre elle et Irwan, tandis qu'elle n'appréciait que très peu Habeth. Aucun désir d'échanger, aucune envie de partager ses angoisses, aucun besoin perceptible de se sentir utile à quiconque. Elle sentait une aigreur grandissante et une antipathie qui s'apprivoisaient en son être, à son plus grand damne. Pire que tout, retrouver Nigfol lui semblait presque dérisoire à présent, et elle n'était plus emprise de cette volonté de sauver son peuple : tout cela n'avait été qu'un rêve désuet, une volonté de gamine. Laly avait grandi, et elle se rendait compte à présent à quel point devenir adulte et sentir ses rêves s'envoler faisaient mal. Trop mal. La jeune femme n'avait strictement aucune notion du temps : cela faisait peut-être quinze jours, un mois ou trois qu'ils avaient quitté l'Oran, et cela lui importait bien peu. Les même jours déprimants recommençaient en vain, sans jamais en voir le bout. Plus le temps passait et plus le groupe s'était restreint, les divers combats avaient entraîné la mort de Melody, de Jin, la disparition de ses alliés et la fuite de son seul ami. Elle était partie de sa ville natale sans l'envie de s'attacher, seule avec ses espoirs et son but. L'ironie du sort et de la vie voulait qu'elle se sente en elle une solitude dévastatrice. Jamais ils n'arriveront à Nigfol. Le désir n'était plus là.

Tandis qu'elle sellait son cheval pour la énième fois, un bruit la fit détourner les yeux. Une, deux, trois. Quatre, cinq, six. Sept, huit. Dans la lumière encore faible du jour, huit silhouettes familières approchaient, celles qui lui avaient tant manqué. Bouché bée, la révulseuse secoua la tête, frotta ses yeux à plusieurs reprises : un mirage ? Non, c'étaient bien eux. La tignasse rousse de Zia, les cheveux roses d'Oloren, la sourire charmant de Snori. L'assurance et la force d'Erlyn et de ses trois gardiens, le fidèle soldat Roche. En vie. Des survivants. Des héros. Les moments d'angoisse et de pessimisme s'envolèrent quand elle serra le Prince dans ses bras. Ensemble, séparément, ils étaient intouchables. Un dragon taupe, les Ombres et même un dragon-chiroptère n'avaient pas réussi à se mettre en travers de leur chemin : maintenant, ils étaient ensemble pour retrouver Nigfol. Elevir et Alix n'étaient plus là, Jin et Melody étaient mortes mais ils se battaient pour eux aussi. La révulseuse avait une terrible envie de fondre en larmes dans les bras de ses camarades, mais elle se retint. Finalement, il ne manquait plus que Llednar ...

Une voix familière suivit cette pensée. Le visage ne se tourna pas tout de suite vers son ami, mais elle savait que c'était lui. Lentement, ses yeux se posèrent sur lui et Nino. Elle aussi était en vie, il avait réussi à la sauver. Une beauté juvénile et candide émanaient d'elle, elle respirait la générosité et le bonheur. Comme le rôdeur. Elle avança timidement et fit une révérence à la jeune fille, ôtant son capuchon rouge et laissant entrevoir ses yeux brillants.

- Ravie de te rencontrer, Nino Nezzyl. Laly.

Le regard noir d'Irwan avait semblé s'envoler. Revoir Llednar était un bonheur intérieur qu'elle partageait avec elle seul. L'historien devait se sentir bien ridicule à présent, mais quelque part, la jeune femme regrettait les multiples violents échanges verbaux. Elle s'avança vers lui, timidement, avec un sourire qui n'était jamais apparu sur ses lèvres.

- Pardon pour mon inconscience et nos énervements réciproques. Vous savez, c'est difficile pour moi de dire ce genre de choses, mais merci de m'avoir menée à ce but. Sans vous tous, je n'y serai jamais arrivée.

Elle se gratta la nuque, puis clama haut et fort :

- Nigfol nous attend je crois !
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Louis
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Lun 2 Jan - 16:44

https://www.youtube.com/watch?v=eb6MF0IfsvQ&feature=related

Le chemin avait été long, mais ils avaient finalement réussi à retrouver leurs amis. En vérité, Roche avait douté qu'ils soient encore en vie et de les revoir à nouveau lui avait mis du baume au coeur. Ainsi, leur quête n'avait pas été vaine. Pourtant, lorsqu'il était arrivé, ne voyant qu'Irwan et Laly, il avait cru pendant un instant que Llednar, Alix, et Elevir n'avaient survécu au combat contre le dragon chiroptère. Il s'était heureusement une nouvelle fois trompé!
Leur voyage avait été long. Lorsque les loups d'Arawn avaient enfin réussi à percevoir l'odeur, ils avaient décidés de foncer sans interruption jusqu'à sa source, et ils n'avaient pas pris de repos depuis! Nettement moins extraverti que Snori, le capitaine se contenta de faire un grand sourire à Laly, Irwan, Llednar et son amie.

- Je suis content de vous revoir mes amis!

Et face à la déclaration de Laly, il ajouta : "Et sans toi, rien n'aurait été possible!". Une question lui brûlait les lèvres, mais il n'osait point la poser, du fait qu'il venait de retrouver ses amis. Après quelques instants d'hésitations, il dit : "Laly, arrives tu à percevoir Nigfol?" Roche sentait qu'ils étaient bientôt arrivés au but, mais peut être se trompait-il. Il avait tout du moins l'espoir que la révulseuse lui réponde à l'affirmative. Une fois l'artéfact en leur possession, ils seraient en sécurité pour le reste du voyage!

Le voile claquait derrière elle. Ils approchaient de plus en plus du groupe. La confrontation serait alors inévitable, et, fait rare, l'angoisse nouait le ventre de la femme au voile. Il était évident que sans ses alliés, elle ne parviendrait jamais à son but. Observant, Iyoh, plus déterminé que jamais, Gladys équipée des gants de Belwur, et Edwig, un air de sauvagerie au visage, elle resta convaincu que le combat serait hardu... Elle récupérerai son dû!

Dans les gants, Belwur méditait. Il se demandait si il n'avait finalement pas fait une erreur en choisissant Gladys. Il s'était fié à ses souvenirs, mais même en tant qu'artéfact, il lui semblait qu'il les avaient sans doute un peu trop idéalisé... La pauvre Gladys était complètement amoureuse de lui. Un démon. Une créature crée par les anciens... Cet amour était extrêmement dur à porter, même pour quelqu'un qui adorait être vénéré. Melody, au contraire, dans sa manière d'imposer ses choix à l'Artéfact, lui donnait envie de créer un conflit. Un esprit de contradiction dans lequel il se plaisait à s'exprimer... Mais la jeune femme avait failli, elle s'était déshonoré en fuyant face au dragon taupe, créature faible et si peu dangereuse. Sans aucun doute, elle méritait son sort, mais il éprouvait de la nostalgie de l'époque où la Luuwrienne le possédait...
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Lun 2 Jan - 17:33


Ne pas se laisser emporter par les réjouissances de leurs retrouvailles. Continuer à tout pris vers l'Ouest. Au loin, le son des légères chutes ponctuant la Harte se faisaient entendre. Ils étaient tout proche. Le simple fait de traverser les steppes pendant des petites dizaines de minutes serait sans aucun doute suffisant, et ils avaient largement assez de montures. Chacun grimpa sur celle qui lui était assigné, et frappa du talon. Il avait été décidé de ne pas se presser en repartant au triple galop. Après tout, mieux valait garder quelques réserves en cas de coup dur. Qui plus est, il était peu probable qu'ils croisent le moindre danger sur ces terres arides où les soldats ne mettaient visiblement pas les pied. Dans ces conditions, pourquoi fatiguer destriers et cavaliers? Ce fut au pas qu'ils repartirent, après qu'Irwan eut envoyé un simple rictus à sa camarade.

Zia avait la tête ailleurs ces temps-ci. Bien sur, elle aimait pouvoir se dire qu'elle se battait pour la justice, pour libérer les peuples et sauver des vies, mais elle se rendait peu à peu compte que tout cela n'avait pas de réelle importance à ses yeux. En sentant la lame figée entre ses omoplates, elle se souvint de tout ce voyage, de tout ce qu'ils avaient vécu, de ses raisons d'être ici, loin de sa terre natale. Ses pensées s'envolèrent vers sa famille, les Fambriel, qui devaient se faire un sang d'ancre pour elle. Malgré le peu d'importance qu'elle accordait à sa fratrie et ses géniteurs, elle avait parfaitement conscience qu'ils l'aimaient énormément, et se sentit mal quelques instants. S'ils en avaient l'occasion, elle aurait aimé passer les voir. De toute façon, le voyage du retour allait forcément les emmener tous dans leurs régions respectives. Avec la fin de la quête, le temps de se séparer approchait à grand pas. Avant de prendre le bateau depuis Hovo, elle n'avait pas de vrais objectifs. Sa vie allait sans doute finir comme celle de tous les autres paysans, à labourer la terre et élever le bétail. Mais à présent, avec toutes ces aventures qu'elle avait vécu, elle savait que sa place était ailleurs. Puis, il y avait encore autre chose. Quelqu'un dont elle ne voulait pas être séparée. Elle se surprit à sourire, assez tristement. Que ferait-il d'elle à Nora de toute façon?

-Ça ne va pas?

Il l'observait étrangement, l'air soucieux. Elle s'en doutait déjà auparavant, et en avait eu la confirmation. Snori était une belle personne, le genre d'hommes qui méritaient d'entrer dans l'histoire, comme aurait dit Irwan. Elle avait imprimé en elle le souvenir de son visage gracieux, de son sourire éternel, de sa queue de cheval blonde. Ses mouvements, sa philosophie, bien d'autres choses. En peu de temps, il lui avait absolument tout appris, avait modifié pour toujours sa vision du monde. Il ne fallait pas que tout se stoppe si bêtement. Si seulement ils pouvaient ne pas trouver Nigfol, si seulement leur périple pouvait se prolonger encore un peu. En pensant à tout cela, elle avait pris une position inconfortable pour sa monture, qui la ramena à l'ordre d'un léger soubresaut.

-Ah! Du calme en bas! Non, tout va bien, assura-t-elle en retrouvant le sourire.

Elle lança un regard furtif à Arawn, ne sachant comment se comporter avec les créatures qu'il leur fournissait. Snori ne se faisait guère de soucis pour elle. À ses côtés, il avait découvert une personne qui lui faisait beaucoup penser à lui même, quelques années auparavant, à la différence près qu'elle jouissait d'une liberté qu'il n'avait jamais réussi à obtenir. Malgré lui, cette expérience l'avait beaucoup fait mûrir. À présent, il avait quelqu'un à protéger, à qui il pouvait également transmettre bien des choses. Peu à peu, il comprenait pourquoi Erlyn était si protecteur envers Oloren, pourquoi Llednar avait fait tout ce voyage alors que Nigfol ne le concernait absolument pas. Que ce soit l'amour ou l'amitié, ils partageaient ce même sentiment fort qui les poussait à devenir plus fort, à sans cesse dépasser leurs limites. Ils avaient une raison de continuer à se battre.

Enfin, ils arrivèrent devant le fleuve. Large de plus de vingt mètres, il était traversé par un pont de bois et de pierre d'une grande beauté malgré sa simplicité évidente. Les citoyens avaient tendance à se faire une mauvaise image de Nailika, la considérant bien souvent comme une terre dévastée et rougie par le sang. Ici, l'herbe sèche s'alliait à merveille avec les grands conifères et les monts alentours. L'eau, au milieu de ce décor d'une grande beauté, semblait synonyme de vie. Tout se déroulait pour le mieux. C'en était presque choquant tant le danger était lointain. Chacun sentait l'émotion monter en lui, d'une façon inexplicable. Un artéfact des anciens n'était pas un objet quelconque. Même pour ceux qui ignoraient leur existence, la proximité de ces armes provoquait un émeu. Nino, partageant son équidé avec Llednar, s'était lovée dans ses bras, et lui adressait un sourire radieux. Elle se sentait bien ici. Même si son corps la faisait parfois souffrir, son esprit avait atteint une sérénité dont elle n'avait pas joui depuis bien longtemps. D'un geste presque automatique, elle prit le collier en forme de pentagone pendant à son cou, puis l'embrassa rapidement, une des multiples façons de rendre hommage à Reingleff. Après tout, ils étaient en quelques sortes sur ses terres ici. Son ami l'observa en riant légèrement. Il n'avait jamais compris que l'on puisse se rattacher ainsi à des êtres de fiction.

-Il n'y a rien de drôle! se défendit-elle.

-Penses-tu...

L'adolescente observa Laly, qui chevauchait près d'eux. Alors c'était elle. Llednar lui en avait parlé. La porteuse de Nigfol, la femme qui détiendrait la force la plus grande de tout Valato, à elle seule. Heureusement que les autres n'avaient pas conscience de son secret. Elle aurait peut-être bien fait de le dévoiler, mais ce n'aurait pas été très poli de sa part, hors elle mettait un point d'honneur à rester correcte.

-Vous en avez de la chance, mademoiselle Cabrera. Vous allez pouvoir sauver tant de gens. Vous serez une véritable héroïne...je vous envie vraiment, vous savez?

Elle comptait bien discuter avec cette personne, qui avait l'air somme toutes plutôt sympathique.

Demande leur d'attendre, et écoute.

-Attendez...

La voix avait retenti dans la tête du prince, et il avait obéit instinctivement. Tous les regards se concentrèrent sur le prince, qui demandait le silence à ses amis en posant son doigt sur le bout de ses lèvres. Snori fut presque satisfait de voir qu'en tant que seul leader originel de l'expédition encore en vie, il était écouté, mais se concentra sur ce qu'il était en train de faire. Il y avait des sons anormaux. Des bruits de chevaux. Oui, il en était persuadé. Certes, il n'avait aucune connaissances en la matière, mais il en était persuadé. Ils étaient suivis, et qui pourrait venir les combattre jusque dans ces terres reculées? Pas un doute n'était possible, les Ombres étaient de retour.

-Ils arrivent! Nous ne les laisserons pas traverser ce pont! Bartiméus, Erlyn, avec moi! Laly, Irwan, foncez vers l'Ouest! Les autres, faites comme bon vous semblera, mais ils ne passeront pas ce pont avant que nous ayons Nigfol!

Il descendit de sa monture d'un geste habile, et tira son épée. Il ne pouvait décider pour chacun de ce qu'ils voudraient faire, mais il avait besoin de ses deux amis à ses côtés. Zia, sans la moindre hésitation, alla le rejoindre en dégainant sa magnifique lame à son tour. Irwan acquiesça d'un mouvement de tête. Une chose était sure, ce jeune hériter avait pris de l'assurance. C'était bien. Il fallait qu'il en soit ainsi pour qu'il puisse devenir un roi aussi respecté que son oncle.

-Allons y, Laly!

Il partit au galop, et fut bientôt suivi par Llednar et Nino. Le jeune homme les observa, leur assurant silencieusement qu'il les protégerait du mieux qu'il pourrait s'il se passait quelque chose là bas. La dernière ligne droite était engagée...

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Margogotte
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Lun 2 Jan - 21:31

Les autres membres du groupe avaient rejoint le leur, et Habeth avait dévisagé les nouveaux arrivants avec inquiétude. Les retrouvailles des deux parties de l'équipe n'allaient pas faciliter son intégration dans celle-ci. La jeune fille commençait à en avoir assez de rester à l'écart, et son agacement se traduisait par un comportement hostile. Laly manifestait clairement qu'elle ne désirait pas faire plus ample connaissance, et Irwan était toujours aussi sombre et sévère. Les nouveaux venus, bien que plus jovials, notamment les deux adolescentes, ne lui adressaient pas la parole non plus. Résignée à ne jamais se faire d'amis, elle restait délibérément en retrait, se battant sans cesse avec son cheval, poussant maints soupirs. Peut-être rejoindre cette équipée avait-il était une erreur. Peut-être aurait-elle été plus utile autre part. Mais il était trop tard, à présent, pour faire demi tour.

Et puis les Ombres étaient arrivées. Habeth avait senti son coeur se serrer en repensant à la mort de son mentor, il y avait de cela déjà plusieurs semaines. Enfin était venu le moment de se venger.
C'était qu'alors l'un des hommes, que les autres nommaient Snori avait hurlé un ordre, et Laly et Irwan avaient filé de l'autre côté du pont. Habeth n'avait pu s'empêcher de désapprouver inconsciemment ce choix, car Irwan avait beau être intelligent, il n'en était pas pour autant un homme de combat. Laly pouvait se défendre, mais pourrait-elle les protéger elle et son compagnon, si jamais il le fallait ?
Les Ombres commençaient à se rassembler au bord du pont. Leurs visages haineux les fixaient sans un mot, et de nouveau Habeth ressentit le besoin de leur envoyer une flèche à travers la gorge.
Personne ne lui donnait aucun ordre. Les autres se mettaient en position de combat, toutes lames dehors, et personne ne s'enquérait de ce qu'elle allait faire.
Déroutée, la jeune fille aux cheveux auburn hésitait. Assouvir enfin ses besoins de vengeance, au risque de faire échouer une mission importante ?
Bien plus importante que la vie de son professeur, réalisa-t-elle soudainement. Etait-il mort en vain ?
Poussant un juron, elle tourna les talons, tira une flèche de son carquois et l'encocha sur la corde de son arc. Son don de marcheuse lui permit de rattraper aisément Laly et Knell. Si cette guerre devait se terminer, elle voulait en faire partie.
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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Lun 2 Jan - 22:30

Ilyanna décida d'accompagner l'historien et Laly, avec Nigmaëll. Erlyn resta auprès de Snori, avec Arawn et Oloren. La jeune fille aux cheveux roses n'avait cessé de parlé de l'inquiétude qu'elle et Zia s'étaient faite envers les capitaines. Erlyn, lui, ne disait plus rien depuis qu'ils étaient partis. Même si sa manière de combattre n'était pas affectée, il n'avait plus l'air très en forme. Son épée devant son visage, saisie à deux mains, il murmura une sorte de prière. Il se mis ensuite en posture de combat. Arawn se mis dans la même position que ses loups. Oloren sorti simplement ses aiguilles. Ce combat-ci serait probablement le plus sanglant de tous, du moins pour cette quête ...
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mar 3 Jan - 14:11

La route avait donc repris, inlassablement, mais la motivation de Laly était de retour. La même qu’avant. Sur son destrier, elle arborait toujours son air sûr d’elle, ses grands yeux noirs expressifs et un sourire radieux. Tout allait bien se passer, tout allait être parfait. Dans peu de temps, elle retrouverait Nigfol, ils repartiraient et chacun raconterait cette aventure de son côté. Enfin, qui voudrait croire une telle histoire ? Les sabots de douze chevaux faisaient un vacarme fracassant, et c’est la voix douce et frêle de Nino qui vint tirer la révulseuse de ses pensées. A sa remarque, elle sourit : elle avait un charme certain, et elle n’était pas étonnée que Llednar soit tombé amoureux d’elle.

- C’est marrant, vous avez été plusieurs à me dire ça durant cette quête. Oui, je vais avoir un pouvoir mythique bientôt, mais je reste persuadée qu’on peut être une héroïne autrement qu’avec un artéfact légendaire. Enfin, c’est facile à dire …


Elle ne se sentait pas si exceptionnelle qu’on voulait bien lui faire croire, au contraire. Ce trop-plein d’attention devenait vraiment gênant, surtout en se rapprochant du but final. Elle aurait aimé parler avec la jeune fille longtemps encore, sûrement plus qu'avec les gens avec qui elle partageait sa vie depuis un mois maintenant, mais il était déjà trop tard : les Ombres étaient de retour. Elle ne les laisserait pas gagner, pas une fois de plus. Suivant les instructions de Snori, elle suivit Irwan au triple galop, et fut surprise de constater qu'il en était de même pour Llednar, Nino, Habeth et même Ilyanna et Nigmaëll. Il aurait été impossible pour la jeune femme de dire avec exactitude le temps de trajet : peut être quelques secondes, peut-être quelques heures. Tout devenait bizarrement plus fou dans son esprit, tant de choses se bousculaient et cherchaient leur place.

Une fois à l'abri des Ombres, ils pénétrèrent dans une forêt : boisée, feuillue, aux parfums légers. C'était un lieu tout ce qu'il y avait de plus quelconque, un faible petit ruisseau traversait ce lieu. Les chevaux marchaient au pas, les essoufflements se faisaient de plus grands, surtout venant de Nino. Laly prit le temps de regarder chacun de ses compagnons avec une pointe d'anxiété et d'appréhension dans son regard. Pour l'une des premières fois de sa vie, elle cherchait du soutien, mais un soutien qu'aucun d'entre eux ne pouvait lui apporter. Elle fit quelques pas timides et sentit une force d'attraction bien particulière, celle qu'elle attendait désespérément. Un frisson la parcourut, mordilla ses lèvres et se tourna vers ses amis, la voix blanche.

- Attendez-moi ici.

Nigfol. L'artéfact légendaire l'attendait, l'appelait. Elle allait être la première à le découvrir à l'utiliser, et aussi très certainement la première révulseuse au monde à sentir cette attraction bien particulière. Ses compagnons avaient obéi à sa demande, et étaient restés à l'écart. Elle avançait timidement, vers l'objet tant convoité. Elle s'enfonça peu à peu dans la forêt, si bien qu'elle devenu invisible aux yeux des autres. Un pied après l'autre, des pas de plus en plus assurés. Oui, elle était proche. Très proche. En face d'elle se dressait une énorme pierre gravée d'une langue inconnue. Avec réflexe, elle toucha du doigt les contours des gravures. Avec étonnement, elle constata l'enclenchement d'un étrange mécanisme, reflétant dans la lumière une entrée dissimulée sous de grands branchages. Elle respira un grand coup : de toute manière, elle ne pouvait plus reculer à présent.

L'entrée secrète conduisait à une grotte. Le décor était plus que sommaire, mais tout de même étonnant pour un lieu exclu de toute société comme celui-ci : les murs étaient lisses et d'un blanc immaculé, le sol avait été recouvert d'une fresque aux couleurs froides. Il était impossible pour Laly de mettre un mot sur les formes dessinées qui révélaient d'un grand mystère. Plus étonnant encore, dans le fond de la caverne, de nombreuses statues de glace se dressaient, représentant tantôt des animaux, parfois des êtres humaines ou encore des créatures légendaires. Mais, le plus important n'était pas là. Au milieu de ce décor étrange et glacial, un socle. Un socle grisâtre.

Elle s'approcha doucement et avec précaution de celui-ci : l'artéfact était très certainement à l'intérieur, étant donné que l'attraction était de plus en plus forte. Mais comment l'attraper ? Elle y posa ses mains, le secoua et pesta. Non, elle n'allait pas échouer aussi bêtement. Il y avait forcément une solution ... mais laquelle ? Durant plusieurs minutes, elle chercha un levier ou tout autre forme de commande qui aurait pu la mettre sur la voie, mais rien n'y faisait. Elle tomba à genoux devant ce socle, les larmes aux yeux : c'était trop stupide. Assise, la tête enfouie dans ses genoux, elle se creusait la tête, quand elle eut une idée. Nigfol était un artéfact que seul les révulseurs pouvaient porter ... il fallait peut-être utiliser son don une fois de plus ? Sans grande conviction mais avec tout de même un espoir non négligeable, elle attira donc le socle vers elle... quand un objet métallique tomba à ses pieds.

- Un ... bracelet ?

Laly n'en croyait pas ses yeux et était presque frustrée. Ils avaient risqué leurs vies pour un vulgaire bijou avec des rayures bleues et grises. C'était sans doute une erreur : un objet aussi désuet ne pouvait pas être Nigfol. Néanmoins, elle le prit sans ses mains, le tournant sous toutes ses coutures et le glissa autour de son poignet droit. Après ce geste anodin, le bijou trembla et une jeune fille aux cheveux bleus et à la combinaison d'acier apparut. Bouche bée, Laly n'en revenait pas, ne bougeait plus et avait les yeux fixés sur cette apparition. La jeune fille, quant à elle, regardait aussi la révulseuse, mais avec nettement moins d'engouement. La tête ensommeillée et une expression nonchalante sur son visage, elle lança à son interlocutrice :

- C'est toi alors ? Je t'imaginais plus belle.

L'intéressée fronça les sourcils : désagréable dès le premier abord, c'était quand même malheureux. La jeune femme à la tunique rouge aurait aimé riposter et la remettre à sa place, et avança sa main vers Nigfol pour lui donner une petite tape lorsqu'elle se rendit compte qu'elle était impalpable. Son interlocutrice eut un petit rictus cynique.

- T'es Nigfol ?

- A ton avis ? T'es face à beaucoup de trucs dans le genre toi ? Je sens qu'on m'a refilée une sacrée andouille ... Bon, je t'explique ce que je fais ? Histoire qu'on perde pas notre temps inutilement. Une fois que tu portes cette horreur autour de ton poignet, tes réflexes et ta vitesse sont décuplées, youpi. Quand tu l'actives, il devient une griffe tranchante et un canon à projectiles dans ta main. Puis pour le reste ... on verra quand j'aurais envie.

L'air hautain de la jeune fille insupportait Laly, qui se demandait presque si cet artéfact n'était pas un cadeau empoisonné. Elle enleva de son poignet le bracelet, ce qui provoqua immédiatement la disparition de Nigfol, et le rangea précieusement dans sa poche. Après avoir remis son capuchon rouge sur sa tête, elle sortit la grotte. Lorsqu'elle sentit l'air frais sur son visage, elle ne put s'empêcher de sourire. Elle avait réussi. La quête n'avait pas été vaine. Lorsqu'elle aperçut ses compagnons aux regards interrogateurs, elle fit un signe qui ne trompa personne : elle avait trouvé Nigfol, l'artéfact légendaire.
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mar 3 Jan - 17:56

À première vue, aucun changement n'était visible. Pourtant, avec le sourire qu'elle abordait et l'énergie dont elle faisait preuve en revenant vers eux, aucun doute n'était possible: Laly avait trouvé Nigfol. Cela faisait une bonne demi-heure qu'ils chevauchaient, en gardant continuellement espoir. Quand la révulseuse avait commencé à se sentir étrange, ses camarades en avaient été presque réjouis, car cela ne pouvait signifier qu'une chose. Le bonheur pouvait se lire sur le visage de chacun, mais plus que n'importe qui d'autre, Irwan était en extase. S'il avait l'opportunité d'entrer en communication avec cet artéfact, il en apprendrait bien plus sur la civilisation des anciens, sur les fondements même de leur monde. Rien n'avait plus d'importance à ses yeux. Il alla à la rencontre de Laly avec un grand sourire.

-Tu as vraiment retrouvé Nigfol? Montre-le nous donc!

Loin de savoir ce qu'il se tramait plus loin à l'Ouest, le groupe de Snori se tenait prêt. Pour le moment, dans les deux camps, seuls des regards s'étaient échangés. Chacun se jaugeait du regard, cherchant un adversaire à sa hauteur. Aux yeux du prince, il n'y avait pas la moindre hésitation: son adversaire serait pour la dernière fois Iyoh Tzumihi. Celui-ci se tenait en première ligne, au même niveau que ses alliés, sur lesquels il n'avait somme toute plus aucune autorité. Son épée scintillait, prête à trancher ses opposants, à les faire succomber, à faire en sorte qu'ils le supplient de leur laisser la vie sauve. La pression montait, très vite, paralysant tous les guerriers. Tous, sans la moindre exception, avaient peur pour leur vie ou celle de leurs proches. Tous sauf une. Légèrement en retrait, aux côtés de la femme au voile, Gladys s'avançait. Elle se stoppa à l'arrière de ses hommes puis étira le textile unique de Belwur, avant qu'un sourire carnassier vienne se figer sur ses lèvres. Elle était prête. Sa main droite se serra, fut entourée d'un halo rougeâtre, et un très long trait de feu y apparut, se terminant par une sphère compacte incandescente de dix centimètres de diamètre. Bientôt, une arme similaire se forma dans son autre main.

-Le pouvoir de Belwur est mien! clama-t-elle. Que pouvez vous face à cela? Laissez nous passer à présent, sans quoi nous vous abattrons sans la moindre hésitation.

Les phrases les plus cyniques du monde devaient apparaître à l'esprit de ses compagnons, mais ce fut Snori, en tant que chef officiel, qui prit soin de répondre à celle qui se présentait comme leur pire ennemie. Jouer aux durs n'était pas la meilleure solution, alors il se contenterais d'être lui même, décontracté, presque sympathique.

-Ma foi, je dois dire que vous êtes charmante mademoiselle...

Malgré l'ironie bel et bien présente dans ses paroles, il restait assez sincère. Leur adversaire, celle qui avait vaincu Melody avant de lui arracher son dû, dégageait une véritable aura magnétique. Sa manière de se déplacer, de les observer, et même de les menacer avait quelque chose de gracieux; mais cela ne l’empêcherais pas le la haïr pour ce qu'elle avait fait. De son seul fait, ils étaient des milliers a avoir péris. C'était à son tour à présent, même si ça n'allait pas être chose aisée de l'envoyer parmi ses ancêtres. Bien loin d'être déconcertée, Gladys prit la remarque avec un sourire narquois. Ce blondinet de pacotille allait bien vite déchanter.

-Tuez les, ordonna-t-elle à ses six sbires.

Iyoh fut le premier à partir à l'assaut, ne s'accordant pas la moindre seconde d'hésitation. Snori, sa lame devant lui, attendait son adversaire tout en se souvenant à quel point son pouvoir était redoutable. S'il le touchait lui ou son arme, le combat serait terminé. Il fallait donc lui faire lâcher son épée avant de pouvoir tenter quoi que ce soit. Zia ne savait pas où se mettre. En allant à la rencontre du trancheur fou, elle ne ferait jamais que gêner son mentor. Elle savait également qu'Edwig était un adversaire bien trop fort pour elle, et quelque chose lui disait qu'Oloren aurait un compte à régler avec l'autre type, le plus jeune des trois. Elle irait donc pour sa part combattre l'un des trois nouveaux, tout en sachant que ses chances étaient moindres. Il fallait se rendre à l'évidence, une Ombre n'était pas un combattant comme les autres, pourtant elle devait faire face. Pour Laly. Ce fut la petite rouquine qui porta le premier coup, paré très facilement par l'acier d'un sabre recourbé.

Snori et Iyoh. Le feu et la glace, le yin et le yang. Leur amour des lames mis à part, tout les opposait. L'un attaquait, sans relâche, prenant des risques démesurés sans jamais flancher, tandis que le second restait en position défensive, esquivait, apeuré par le pouvoir de son opposant. Ils venaient tout juste de commencer, mais ce combat durait depuis bien longtemps, avant même qu'ils ne se rencontrent. Chacun dans leur camps, ils faisaient partie de l'élite. Le prince de l'Oran, invaincu des grands tournois; le modèle des Ombres, considéré comme l'un des meilleurs parmi les siens. Brun ou blond, fou ou souriait, protecteur ou destructeur. Rien ne les unissait, pourtant ils se comprenaient. Ils savaient pourquoi l'autre se battait, pourquoi il ne voudrait pas perdre. Leurs amis ou leurs idéaux, ils avaient quelque chose à brandir tel un étendard avant de se jeter dans la bataille. Celle-ci était la dernière. Réciproquement, ils observaient les progrès qu'ils avaient fait. L'Ohi-Kinoï se trouvait bien loin désormais.

Enfin. Le carnage avait débuté depuis suffisamment de temps pour que Gladys entre dans la bataille. Faisant tournoyer ses bolas de feu de plus en plus vite, elle s’apprêtait à les faire jaillir dans la mêlée au hasard le plus total, pour faire le maximum le dégâts. C'est alors que l'arme se rétracta. Dans un premier temps, la sphère disparu, puis ce fut la lanière de flammes qui se retira en entrant dans les gants, dont la lueur venait de s'éteindre.

-Qu'est-ce que...

Le froid sur sa gorge. Une lame venait de s'y poser, sur le point de lui trancher le cou.



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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mar 3 Jan - 19:25

Irvine avait suivi ses acolytes dans un silence total, évitant de poser une question de trop ou de s'intégrer dans une conversation qu'il n'estimait pas importante. Depuis le conflit entre Iyoh et Edwig, il s'était fait extrêmement discret dans le groupe des Ombres, quitte à paraître inexistant. Il n'était pas le genre d'homme à prendre vraiment parti dans les conflits internes comme celui-ci : plus que tout, il ne voulait s'attirer les foudres de personne.

Ils étaient donc là, à nouveau. Leurs adversaires comme le Prince, la rouquine et la jeune fille aux cheveux roses. Le fils Vrag sourit : il avait une revanche à prendre sur cette dernière, il ne l'avait pas oublié. Mais toujours pas d'Inès. Il se faisait un véritable sang d'encre pour elle, il ne l'avait pas revu depuis un bout de temps. Elle pouvait avoir des comportements si stupides parfois ... A cette idée, il soupira.

Irvine s'approcha donc d'Oloren et dégaina son épée, dont il plaça la pointe juste en-dessous du menton de l'adolescente : si elle faisait le moindre geste brusque, elle serait embrochée sur le coup. Il fit un sourire narquois.

- Nous y revoilà. Comment vas-tu faire pour t'en sortir saine et sauve, à présent ?


Bien loin de là, Laly regardait Irwan, amusée. Tout cela le fascinait, elle en avait conscience, et elle n'allait pas se risquer à le froisser d'une manière ou d'une autre. Après tout, ils avaient tous participé à cette épopée pour cet artéfact, et être face à Nigfol était un désir totalement légitime. De sa poche, elle sortit le bracelet rayé bleu et gris, avec une légèreté proche de l'indécence, puis le fit glisser le long de sa main.

L'avatar de Nigfol apparut donc, avec toujours ses mêmes yeux endormis et cette chevelure d'un bleu électrique. Elle regarda avec dédain les compagnons de Laly, tous aussi laids les uns que les autres, et surtout ce vieux bonhomme qui la regardait avec un air ébahi et un étrange sourire.

- Plait-il ?
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Louis
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mar 3 Jan - 20:19

Ils étaient maintenant face au but. Ces insolents qui les avaient défiés et fait échouer tant de fois étaient maintenant condamnés. En infériorité numérique, et face à des ombres, ils n'avaient strictement aucune chance. Cette opportunité de laver son honneur faisait sourire Edwig. Mais c'était un sourire carnassier, qui n'avait presque rien d'humain. Le Hurleur n'était il pas en train de devenir comme Iyoh? Possible... En tout cas, il avait soif de sang, et sa vengeance allait être terrible. Quel adversaire allait il combattre? Le prince? Non, Iyoh allait se jeter sur lui de toute façon. Le capitaine Luuwrien? Cette larve et lui ne jouaient pas dans la même catégorie. Non, il allait à s'attaquer à Erlyn aux cinq titres. C'était de sa faute si ils avaient échoués à plusieurs reprises! De plus, tuer un tel adversaire lui donnerait un grand prestige! L'assassin avait gagné un sixième titre, dernièrement, en tuant un serpent de la nuit. Il allait voir de quel bois se chauffait le Hurleur!
Brandissant une sorte d'espadon, Edwig Lutness se jeta dans la bataille à corps perdu, en hurlant comme un hystérique. A pas lourds, il fonçait vers Erlyn. Les dragons eux même auraient craint une telle charge, Edwig en était convaincu...


Malgré la présence imminente des ombres, Roche n'avait cessé de regarder dans la direction ou Laly et les autres s'étaient dirigés, jusqu'à ce que ceux ci disparaissent à l'horizon. Il détourna le regard et se concentra ensuite sur les Ombres, qui étaient désormais très proches. Quoi qu'il arrive, ils avaient fait au mieux pour aider la révulseuse à obtenir Nigfol. Et ils feraient de nouveau au mieux! Dégainant deux épées courtes qu'il avait trouvé pendant leur récente fuite, il attendit. Lorsque les Nailikans leur firent face, le temps sembla s'arrêter... Chacun regardait l'adversaire avec appréhension. La tension était presque palpable. Les ombres étaient venus plus nombreux, cette fois. Ils étaient au nombre de huit, et eux n'étaient que six. Roche eut l'impression qu'une pierre tombait dans son estomac, lorsqu'il vit que l'une des ombres, qui semblait être la leadeuse, portait Belwur. Ainsi, c'était elle qui avait tué Melody. C'était elle qui était responsable de la mort de celle qui avait été son amie la plus proche. La mâchoire du capitaine se crispa soudainement. Cette ignoble femme méritait la mort. Lorsque qu'elle ouvrit la bouche, il eut envie de se jeter au combat, de venger son amie. Il trouvait la réponse de Snori bien fade, face aux horreurs qu'avait commise Gladys Engels. Lorsque le combat s'engagea, il essaya tant bien que mal de se frayer un chemin entre les adversaires. Dans la fureur des combats, il avait perdu de vue sa cible bien des fois, devant se protéger de ses adversaires. En fonçant vers la chef des ombres, il s'était attiré les foudres de ses sbires, qui tentaient de le repousser sauvagement. L'odeur de la sueur était maintenant omniprésente sur le "champs de bataille". Pendant un échange de coups, un des nouveaux arrivants parmi les ombres porta un coup à l'épaule de Roche. Premier sang... Avec fureur, Bartiméus répliqua avec un violent coup de taille qui fit voler l'épée de son adversaire au loin. S'apprêtant à achever le crétin, il fut interrompu par le cri de l'immense siffleur, ce qui donna l'occasion à l'ombre de s'enfuir. Lorsque le capitaine fut de nouveau d'aplomb, il vit que la voix était libre. Il pouvait atteindre la porteuse de Belwur sans aucune difficulté. Il ne savait pas si il allait pouvoir triompher d'elle, mais il ferait tout son possible pour réussir. Il ne restait qu'une dizaine de mètres avant qu'il n'atteigne Gladys Engels. La femme lui tournait le dos, ce qui rendait la chose plus aisée encore. Il continua à courir. Il remarqua que sa cible était accompagnée d'une femme portant un long voile noir. Enragé comme il l'était, il venait juste de la remarquer. Contre deux adversaires, il n'avait aucune chance, mais il comptait sur l'effet de surprise. Les deux consœurs semblaient étrangement proches l'une de l'autre, mais Roche ne s'attarda pas sur ce détail. Elles allaient mourir! Plus que quatre enjambées... Plus que trois... Soudain, une déflagration projeta le capitaine en arrière d'une dizaine de mètres. La chance voulu que le pauvre Bartiméus tombe comme une pierre dans l'eau du fleuve, ce qui éteignit instantanément les flammes, et amorti sa chute. Lorsqu'il sortit de l'eau, il remarqua une étrange orbe de flammes, grande d'une dizaine de mètres environs. Gladys et son alliée semblaient emprisonnées dedans...

- Belwur, qu'es tu en train de faire? murmura le capitaine... Jamais il n'avait vu Melody développer ce genre de pouvoir en possession de l'Artéfact...


Le combat allait bientôt commencer pour Gladys. Belwur le sentait en elle. Elle voulait faire déferler tout le pouvoir contenu en l'artéfact. Néanmoins, cela faisait un certain temps qu'il s'ennuyait avec elle. Cette cruche l'idolâtrait complètement. C'était d'un ridicule... Certes, le démon adorait qu'on le vénère, mais lorsqu'il s'agissait de la fille Engels, il trouvait cela lourd.

La femme au voile observa le début des combats. Elle restait à l'écart avec Gladys. Bientôt, il serait temps d'entrer en action...

En vérité, l'artéfact regrettait Melody. La Luuwrienne l'avait déshonoré en fuyant face à un vulgaire dragon taupe, c'est vrai, mais il lui semblait bien plus amusant de voyager avec elle qu'avec Gladys. Avec la jeune chef des ombres, il restait terriblement silencieux.
Astrid jeta un coup d'oeil à la détentrice de Belwur. Elle avait commencé à se servir de l'artéfact, et espérait obtenir une reddition. Quelle crédulité... Discrètement, elle sortit une dague de ses habits uniformément noirs...

En vérité, depuis longtemps, le démon était à la recherche de quelqu'un de digne de lui, à qui il accorderait sa seconde forme. Pendant quelques temps, il avait pensé que Melody était cette personne. En échouant face à un dragon, elle l'avait terriblement déçu. Sa vengeance avait été terrible, il avait aidé Gladys à la faire tuer. Mais il se demandait aujourd'hui si il n'avait pas fait le mauvais choix. En pleine réflexion, il cru sentir quelque chose l'effleurer. C'était une sensation bien étrange, comme une réminiscence du passé. Il interrompit instantanément le flux de pouvoir de sa porteuse...

La femme au voile se tenait derrière Gladys, la menaçant avec une lame qu'elle avait placé sous la gorge de la porteuse de Belwur. Elle murmura d'un ton doucereux : "Maintenant sale garce, tu vas retirer l'artéfact de tes mains avant que je ne le souille avec ton sang"

A l'instant ou le dernier mot sortait de la bouche de la femme voilée, Belwur déploya une sorte de grand champs de force, emprisonnant les deux femmes... Il se matérialisa en un éclat de rire. Finalement, cette journée ne serait peut être pas si ennuyante!
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mar 3 Jan - 21:36

L'artéfact. De tous les objets de Valato, il était le plus fascinant, le plus puissant, le plus incompréhensibles. Bien des hommes au fil des siècles avaient tenté de discerner une moindre logique dans le comportement de Belwur, puis durent se résoudre à abandonner. Il n'y en avait aucune. Un avatar et un humain ne résonnaient pas de la même façon, c'était ainsi. Gladys pensait connaître son objet, celui qu'elle avait porté durant des années, bien plus longtemps que Melody. Pourtant, elle ne s'était pas attendue à ce qu'il stoppe l'afflux de ses pouvoirs en plein milieu de la bataille, puis encore moins à qu'il agisse de lui même. Ce qui était en train de se passer n'était pas sensé être possible. Le démon ailé s'était de son propre chef séparé de sa maîtresse, laissant la paire de gant blancs tomber au sol en plein centre du grand cercle de flammes. Nul ne pourrait venir les déranger à présent. De sa magie que nul ne pouvait reproduire, il sépara la chef des Ombres d'Astrid, avant de lancer un long regard sur cette dernière. Sur son visage effrayant était déformé par la surprise, le contentement et le doute. Il ne savait trop que faire à présent. De sa voix caverneuse, il entonna son discours.

-Quel ingénieux procédé. Refroidir ton corps au point de t'en faire périr. Les risques étaient immenses, mais tu as quand même tenté le coup, et tu as réussi. Je suis épaté...

Gladys plongeait successivement son regard dans les yeux de la traîtresse, puis de l'avatar. Elle ne comprenait pas. Loin d'être une idiote, elle savait parfaitement à qui elle faisait face, mais son incompréhension était due au silence de son camarade intangible. Ce n'était sans doute pas maintenant qu'il se rendait compte qu'elle était présente, alors pourquoi ne rien lui avoir dit, à elle qui le chérissait depuis qu'elle n'était qu'une gamine? Ses actes n'avaient pas été les bons. Il fallait à tout prix se racheter aux yeux de l'artéfact, pour ne pas le perdre de nouveau. D'un geste brusque, elle dégaina son épée en se préparant à aller mettre fin aux jours d'Astrid. D'un simple geste, Belwur l'en dissuada.

-Hoho...Un peu de calme, enfin. Vous vous battrez, mais pas tout de suite. Faisons cela dans les règles de l'art mesdemoiselles. Nul d'entre vous ne doute que je puisse savoir à quoi vous pensez en ce moment, n'est-ce pas? Je savais que vous devriez vous rencontrer une seconde fois. Je savais tout ce qu'il se tramait depuis le départ. Étrangement...je savais aussi que ce jour-ci arriverait. Allez savoir pour quelle raison saugrenue, j'ai décidé d'être juste aujourd'hui. Faites couler le sang en mon honneur, mes jolies! Montrez moi qui de vous mérite d'acquérir ma légendaire puissance!

Alors c'était ainsi. La loi du plus fort. Gladys était la meneuse des Ombres, mais faisait aussi et surtout partie de l'élite de cette organisation. La plupart des techniques de combat enseignée aux jeunes recrues, elle en était la principale utilisatrice. Ils lui devaient la gloire, la puissance. Même Igole Vrag en personne avait reconnu que Nailika avait besoin d'elle. Alors, perdre contre une recrue? Une simple soldate? Une subordonnée? Cela la fit presque sourire. S'il fallait la battre de façon conventionnelle, elle le ferait, avec le plus grand plaisir. Le fait que Belwur la remette en cause venait de la motiver à un très haut point. Ses jambes se mirent en marche, faisant mouvoir son corps avec une agilité presque féline, tandis qu'elle ôtait d'un seul geste sa grande cape or et ébène, la jetant dans les flammes, laissant dévoiler sa tenue de combat, souple, élégante, parfaite. Dans de multiples fourreaux de taille minuscules, des coutelas en tout genre étaient rengainés. C'était un véritable arsenal qu'elle transportait. Avec une épée longue et fine dans la main droite ainsi qu'une seconde plus courte dans l'autre, elle se mit à décrire des cercles autour de la femme voilée.

-Avant que je ne te tue...dis moi comment tu as pu t'en sortir.

À l'extérieur de cette arène flamboyante, la stupéfaction avait régné pendant une poignée de secondes, avant que les six Ombres ne reprennent leur danse mortelle. Chacun avait un style de combat différent, mais eux tous partageait cette même vivacité, cette grâce, cette maîtrise. Ils étaient cent. À eux seuls, ils avaient repris Neims en une nuit. avec Roche plongé dans l'eau, leur supériorité numérique était toujours présente. Aucune chance pour leurs ennemis. Profitant d'un léger flottement, l'un des trois sous-fifre de la femme au voile rejoignit son camarade afin de vaincre Zia. La pauvre peinait déjà suffisamment contre un adversaire, et ils venaient de doubler leur effectif. La lueur d'espoir qui l'habitait s'envolait peu à peu à mesure qu'elle se rendait compte que ses chances étaient infimes. Elle repoussait néanmoins chaque coup, risquant gros toutes les secondes, sentant ses articulations endolories. Lorsque les lames s'entrechoquaient, son petit gabarit ne jouait pas en sa faveur. Elle souffrait, trouvait son épée de plus en plus lourdes, la douleur de plus en plus grande. À ce rythme-ci, elle allait périr bien vite. Si elle tentait de fuir, elle serait fauchée avant même d'avoir pu entamer son saut. Les alternatives étaient pour le moins réduites.

Cela n'échappait pas à Snori. Il n'avait pour seul désir que de voler à son secours, mais chaque faute d'attention lui était rappelée par Iyoh. Ce type était tout simplement inépuisable. Au bout de plusieurs minutes, n'importe qui aurait du baisser le rythme, pourtant il continuait inlassablement ses attaques furieuses. Une idée germa alors dans l'esprit du prince. Ils avaient travaillé cette combinaison à de multiples reprises, mais avec un trancheur dans les rangs adverses, impossible de l'utiliser à juste escient. Il fallait se débarrasser de lui à tout prix, avant que son élève ne puisse plus se défendre. Malheureusement, il était trop tard. Malgré le fait qu'elle se débrouille honorablement, des blessures se dessinaient sur son corps, bien frêle en cet instant fatidique. Il était grand temps de se concentrer. Alors que l'ancien chef des Ombres recula d'un pas, Snori prit une grande inspiration en fermant les yeux, et en prenant son épée comme une dague. Se fier au son. Uniquement au son du bois grinçant sous le poids de l'Ombre. Maintenant. Il leva le bras, puis le rabattît d'un coup sec, plantant sa lame à quelques centimètres du pied d'Iyoh. Déconcerté, il observa l'arme. Une ouverture. Snori ferma le poing pour lui asséner un coup monstrueux en plein visage. C'était typiquement les formes d'attaques qu'il n'utilisait jamais, mais cette occasion était exceptionnelle. Enfin débarrassé de lui, il reprit son épée et para un coup qui aurait atteint Zia.

-Lève ton arme et bas-toi! Je t'interdis de baisser les bras!

Irwan fut stupéfait en voyant l'apparence de Nigfol. Belwur n'était déjà pas bien aguichant, mais là, pour l'être le plus puissant de leur continent...une gamine. Une gamine qui avait ces airs de princesse gâtée ne répondant qu'aux plus nobles et envoyant valdinguer le peuple. Malgré lui, l'historien ne put s’empêcher de se dire que pour en acquérir le contrôle, Laly allait devoir luter, surtout que ni l'une ni l'autre n'était du genre à se laisser marcher sur les pieds. Cette petite réflexion le ramena à la raison. Ils parleraient, mais plus tard.

-Mes hommages, Nigfol, dit-il tout de même. Puissiez vous nous prêter votre force dans cette bataille. Laly! Nous n'avons pas de temps à perdre, il faut aider nos compagnons.

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mar 3 Jan - 21:50

https://www.youtube.com/watch?v=Nhl2wu0W4SY

La lame d'Irvine sous le menton, Oloren se demanda si son adversaire était très ventard ou tout simplement stupide. Elle fusilla le fils de Vrag du regard avant de disparaître. Quoi qu'il fasse, il ne serait jamais aussi rapide qu'elle, et elle le lui prouva en lui faisant un simple croche-pied humiliant. Elle voulait le pousser à bout, pour mieux en finir avec lui.

Erlyn sourit lorsqu'il vu le géant foncer vers lui tête baissée. Il avait assez appréhendé cet instant pour ne plus le craindre, même s'il restait chez le criminel une certaine admiration pour ce bourrin. Il lui rappelait Üdek, d'une certaine manière, à se jeter dans le combat de manière irréfléchie. Il sortit son épée durant la course de son nouvel adversaire. Le géant était très fort, mais il avait déjà combattu son père sur le niveau physique. Ce combat n'allait pas être si différent, même si la force pure d'Edwig lui poserait problème. Il bloqua avec difficulté l'espadon. Son père était moins fort au niveau physique, mais la technique était moins développée. Le combat serait plus dur sur la durée, c'était certain. Il se permit malgré tout de s'adresser à l'Ombre.

- Toi aussi, tu combat pour l'honneur. Je suis fier de mener ce duel aujourd'hui !


Les coups puissants étaient au rendez-vous, épée contre épée. Même si Erlyn éprouvait de la difficulté face à la force démesurée d'Edwig, il parvenait toujours à parer et à contre-attaquer. Le combat parût déjà interminable.

Ilyanna faisait face à un sbire rapide, mais frêle. La capitaine ne laissait aucune chance à son adversaire. Arawn se comportait comme un loup face au sien. Voir un homme aussi proche de la bête sauvage était aussi prodigieux qu'effrayant, mais l'Ombre était assez robuste pour pouvoir combattre ce maître chien. Nigmaëll, par un sentiment étrange, avait accouru vers Laly, et par conséquent Nigfol. Les deux êtres étaient liés, d'une certaine manière.
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mar 3 Jan - 23:23

https://www.youtube.com/watch?v=buifCKc9RNU

Les deux femmes s'observaient silencieusement, tournant l'une et l'autre autour du centre de la sphère. Gladys avait retiré sa cape. Melody Jennsen ôta elle aussi le voile qu'elle avait porté trop longtemps... Le vent surnaturel qui régnait dans la "prison" de feu emporta le voile jusqu'aux limites du champs de force, où il se consuma lentement. La prétendante à Belwur aurait pu croire qu'ils se trouvaient désormais en enfer. L'herbe qui était verdoyante il y a quelques minutes était désormais presque entièrement consumé, le ciel avait une teinte rouge, et la chaleur à l'intérieure de la bulle était asphyxiante. L'artéfact les observaient en décrivant des cercles au dessus de leur tête, tel Belzébuth en personne. Son rire résonnait encore et encore dans la tête de la jeune femme.

- Quelle importance, le comment! répondit enfin Melody. Tout ce que tu as à savoir c'est que d'ici peu, tu seras morte!

Et bondissant la distance qui la séparait de son adversaire, elle donna le premier coup d'un duel acharné. Lors de leur premier affrontement, elle était affaiblie, désespérée. Elle n'avait à ce moment pas l'ombre d'une chance contre Gladys et Belwur. Mais désormais, l'Artéfact semblait lui laisser une chance de se rattraper, de lui montrer qu'elle valait bien mieux que Gladys Engels, et elle allait la saisir. Ses blessures étaient guéries, elle pouvait donner le meilleur d'elle même!

Belwur frissonna de plaisir en voyant le combat entre les deux femmes débuter. Gladys était pour lui celle qui avait le plus de chances de l'emporter. Il savait mieux que personne qu'elle s'entrainait depuis la prime enfance pour tuer. Mais Melody ferait néanmoins une adversaire largement à sa hauteur. Et la manière dont elle avait survécu était tout simplement phénoménale! Il ne s'était rendu compte qu'au dernier moment que la jeune femme était encore en vie. Et pourtant, il n'était pas facile de le berner!

Edwig souri face au discours d'Erlyn. L'homme l'avait bien cerné, décidément! Néanmoins, il devait désormais mourir sous ses coups acharnés. Redoublant de fureur, le Hurleur enchaina les attaques violentes, qui rencontrèrent néanmoins à chaque fois les parades de l'homme aux cinq titres. Edwig avait très vite perçu, lors de leur premier combat, que l'homme le surpassait de loin au niveau technique. Heureusement, Erlyn n'avait pas sa force et son endurance! Bientôt, il céderait!
Voyant enfin une faille dans l'armure de son adversaire, il donna violent coup circulaire en direction de son épaule droite, et tandis qu'il parait avec difficulté, le Hurleur lui donna un violent coup de pied dans le ventre. D'ici peu, l'assassin serait mort!

Roche remonta la rivière, se précipitant au secours de ses amis! Deux de leurs adversaires étaient désormais emprisonnés dans l'étrange bulle. Cela rétablissait un peu le statut quo, mais ils étaient encore en position d'infériorité. Reprenant ses deux épées, il se jeta dans la mêlée, se battant contre ses ennemis, et soignant ses alliés au mieux qu'il pouvait!
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mer 4 Jan - 15:12

Melody Jennsen n'avait pas été promu capitaine pour rien. Si, à défaut de s'enticher d'un grand général ou d'un homme puissant, Belwur l'avait choisit elle, ce n'était pas sans raisons. Dès les premiers coups, Gladys comprit que si quelqu'un pouvait lui tenir tête, c'était elle. Bien qu'elle fut plus faible que certains de ses sous-fifres comme Edwig ou Iyoh, elle dégageait une assurance hors du commun, gardant son calme en toutes circonstances. C'était cela qui faisait d'elle une adversaire redoutable. Non pas sa force ou son audace, mais sa maîtrise absolue des arts de l'épée. Les échanges furent nombreux, lourds. Leur puissances, équivalentes, faisaient se stopper les lames à chaque choc, ralentissant ainsi leur duel en y donnant une certaine gravité. Un ultime coup les mis face à face. Leurs armes étaient collées l'une à l'autre, sans qu'aucune des opposantes ne parvienne à faire céder leur ennemie. L'acier trembla, longtemps, avant de se stabiliser en ne laissant plus que le seul son du crépitement des flammes. La tension, perceptible dans leur regard, s'étendait jusqu'au delà du cercle brûlant.

L'échauffement venait de se terminer dans un silence assourdissant. Il fallait déceler une faille dans la volonté de Melody. Trouver la moindre petite brèche dans laquelle s'infiltrer avant de faire imploser la luuwrienne. Mais il n'y en avait pas. C'était un duel à mort. Bien plus que pour sa vie, Gladys se battait pour récupérer cet objet si précieux qui lui donnait la volonté chaque jour. Aux côtés de Belwur, elle se savait invincible. La quitter ainsi était insensé, mais elle lui prouverait qu'elle était sa seule et unique maîtresse. De sa dague, elle tenta un coup d'estoc, enchaîna par un grand fouetté de l'épée. Son corps entier travaillait, depuis le placement de ses appuis jusqu'à la rotation infime de son poignet pour ne pas se blesser durant les parades. Melody ne se laissait pas faire. Visiblement survoltée par l'éventualité de récupérer son dû, elle avait déjà réussi à toucher son adversaire à deux reprises. Le sang coulait enfin, après multiples joutes acharnées, pourtant cela ne suffisait pas à les décourager. Aucune ne stopperait tant que l'autre ne serait pas morte, il en serait ainsi!

Snori et Zia s'étaient mis dos à dos, et faisaient des miracles. Décrivant successivement des cercles à leur gauche puis à leur droite à l'aide de leurs armes, ils protégeaient ainsi leurs deux côtés. Lorsque l'un parait un coup, le second en profitait pour attaquer, puis ils reprenaient cette boucle infinie. Seul le trancheur aurait pu la briser, mais il était hors d'état de nuire pour le moment, vu la force du coup que le prince lui avait donné. C'était ce qu'il se disait avant de voir l'Ombre se relever en passant une main sur son visage. Il les chercha du regard un instant, puis repris son fleuret. Avec mécontentement, il se rendit compte qu'il n'avait plus d'énergie pour le moment, ou bien juste assez pour briser ces lames agaçantes. Un seul coup suffirait. Avant qu'il n'arrive jusqu'à eux, soit l'affaire de quelques secondes, il fallait se débarrasser d'au moins l'un des nailikans. Ce fut un petit type encapuchonné qui fut leur victime. Maître et élève parèrent ensemble avant de donner un coup en croix sur le torse de leur cible. Celle-ci ne se relèverait pas avant un bon bout de temps. Zia eut alors juste le temps d'esquiver l'épée d'Iyoh, avant que Snori ne reprenne les rênes face à son éternel rival. Désormais, l'adolescente se retrouvait en un contre un. Elle était toujours épuisée, mais au moins elle avait quelques chances de s'en sortir.

Le duel entre oranien et nailikan fut sans doute le plus terrible de tous. Les armes étaient égales des deux côtés. Parades, bottes, estoc et coups s’enchaînaient à une vitesse ahurissante, sans la moindre pause. Si aucun des deux n'était encore blessé, cela n'aurait pu être expliqué que par le fait que les lame soient attirées l'une vers l'autre, mais ce n'était pas le cas. Ils se connaissaient simplement par cœur. Quoiqu'ils tentent, ils rencontreraient toujours un mur qu'ils ne pourraient passer. Ce duel se remporterait à l'épuisement, ce qui ne laissait dès lors que peu de chances à Snori. Bien moins sculpté que le jeune homme lui faisant face, il se savait en infériorité naturelle face à lui, avec ou sans pouvoir. Cela ne pouvait durer plus longtemps. Même s'il était plus calme qu'Iyoh, il restait dominé, pour la simple et bonne raison qu'il était meilleur que lui. Le voyant grimacer, il n’hésita pas à le narguer.

-Alors votre altesse, on peine?

Snori para une attaque, en tenta une autre qui n'atteint pas son objectif.

-Il semblerait, mais lequel de nous deux saigne-t-il?

Ce n'eut pour seul effet que d'agacer le trancheur. Jouant des pieds sur le ponton de bois, il ne jouait à présent plus que sur l'estoc, tel un véritable escrimeur. Sa démarche, associée à sa tenue vestimentaire, lui donnait une certaine élégance dans sa manière de sa battre. Bien plus loin, à des kilomètres, une trentaine de cavaliers se déplaçaient. C'était la mission de leur vie. En pensant venir au secours de ses camarades, Nigfol allait sans aucun doute revenir vers eux. Quelle ne serrait pas sa surprise lorsqu'elle verrait le tiers de l'armée des Ombres fondre sur elle. Gladys avait tout prévu. Même en cas de défaite, ils vaincraient. Trente huit Ombres, dont quatre des grands chefs en comptant la femme au voile. Le fait qu'elle soit une usurpatrice ne changeait finalement pas les plans. C'étaient huit équipes venant en renfort. Dans une dizaine de minutes, ils arriveraient. Les membres de l'expédition ne le savaient pas encore, mais leur temps était compté...



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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mer 4 Jan - 17:19

Nigfol regarda plus attentivement l'homme qui lui présentait ses hommages, un sourcil levé et le sourire crispé. Elle avait cru comprendre qu'il s'agissait d'un dénommé Irwan, impatient de faire sa connaissance. En contemplant chacun des compagnons de Laly, elle eut un petit rire à peine perceptible : quoi qu'il arrive, elle était en position de force. Sans elle, adieu les éventuels rêves de dominations, de réussite et de renommée. Juste la honte et la tuerie. A cette idée, l'avatar jubilait : après tout, elle n'allait pas se priver. Elle lança un regard froid à l'historien.

- Je pense que seriez heureux si je vous disais que je suis honorée de vous rencontrer, vous, le chaperon rouge là et les autres figurants mais ce n'est pas vraiment le cas. Que ce soient vous ou d'autres, ça aurait été pareil. Des questions ? Non ? Parfait.

Malgré tous ses efforts pour se contenir, Laly bouillonnait. Déjà qu'habituellement, son sang ne faisait qu'un tour pour des évènements assez minimes, mais voir le reflet d'une gamine pourrie gâtée l'agaçait au plus au point. Bien sûr, la révulseuse avait conscience qu'elle tirait souvent sur la corde pour tout et pour rien, qu'elle avait parfois des réactions exagérées mais à côté de Nigfol, elle avait l'air d'une enfant de chœur. C'était dommage qu'Alix ne soit plus parmi eux finalement : Laly aurait donné cher pour voir la candeur de la tapissière face à l'insolence de l'artéfact.

Néanmoins, la jeune femme n'était pas dupe : si elle laissait sa colère éclater maintenant, Nigfol ne voudrait certainement pas collaborer avec elle face aux Ombres et pour l'instant, les battre sans elle n'était pas envisageable. Pour la quête et pour tous, elle prit donc la résolution de rester calme face à l'avatar ...

- Bon, tu te magnes toi ?

... mais ça n'allait pas être facile.
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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mer 4 Jan - 18:58

Petit à petit, Erlyn prenait malgré la force de son adversaire, l'avantage. Il ralentissait chaque fois un tout petit peu plus les mouvements d'Edwig, l'obligeant à utiliser plus de force, et ainsi, à se fatiguer à folle allure. L'endurance du géant était mis à rude épreuve, mais le criminel n'avais pas encore sortit sa meilleur carte. Il préféra la garder pour le moment où les choses se gâteraient, car il était sûr que le guerrier avait des ressources intéressantes à lui proposer.

Lorsque Nigmaëll arriva face à l'avatar, elle ne put s'empêcher de hausser un sourcil. En vérité, elle s'attendait à ce qu'elle soit bien plus belle et grande, par rapport à elle. Elle inspecta rapidement l'artéfact originaire de son prénom, et sans même lui faire révérence, s'adressa à Laly.

- Va falloir y aller, mademoiselle, ça se corse dehors. On à besoin de vous.

Ilyanna en avait fini avec son adversaire, et, conformément à ses traditions, elle plaça son arme entre les mains du défunt, et lui ferma les yeux. Arawn rendait son ennemi de plus en plus fou, il donnait des coups inutiles dans le vide et se fatiguait sans cesse, tandis que lui jouait avec ses nerfs. Il s'élança finalement, furieux, vers le gardien. Les loups ne manquèrent pas de lui sauter dessus et de le déchiqueter. Deux avaient déjà remplie leur mission, mais ceux-là étaient faciles à vaincre, les autres avaient eu nettement moins de chance.
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Louis
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mer 4 Jan - 20:24

https://www.youtube.com/watch?v=2c1GjQRCKCw

Dans la sphère brûlante, la violence du combat atteignait son paroxysme. Aucune des deux femmes ne voulait céder du terrain à l'autre. Le sang de chacune d'elles avait déjà coulé à de nombreuses reprises, et pourtant, ni l'une ni l'autre ne montraient le moindre signe de faiblesses. Melody avait l'impression que le combat durait depuis plusieurs heures. Isolées comme elles l'étaient du monde extérieur, le combat avait bien pu durer des heures, autant que quelques minutes. La luuwrienne était dans un tel état de concentration qu'on aurait pu le comparer à une transe. Elle se devait d'être implacable, après tout le chemin qu'elle avait fait pour récupérer son dû!

Elle croyait percevoir un premier signe de la fatigue chez son adversaire. Sautant sur l'occasion, elle donna un violent coup d'estoc visant le coeur de Gladys. Celle ci esquiva d'un bond sur la droite et répliqua aussitôt. Melody eut la chance de parer par pur réflexe. Elle avait cru pouvoir l'emporter, mais elle s'était trompée! Combien de temps encore tiendrait cette garce? L'ex capitaine sentit le découragement monter en elle... Elle avait peut être grandement surestimé ses forces. Son destin était il d'échouer encore une fois contre son ennemie jurée?

Ricanant au dessus de leur têtes, Belwur se demandait sincèrement qui allait gagner. Pendant un instant, il avait cru que Melody allait l'emportait, mais dès que Gladys avait contré, l'Artéfact avait perçu un début d'épuisement de la part de la jeune femme. Mais rien n'était joué! Les deux femmes jouaient à la danse de la mort pour lui, et il n'y avait rien de plus excitant que de voir un individu prêt à tuer pour l'obtenir, lui, Belwur, le puissant artéfact!

La fatigue était désormais visible chez les deux femmes. Leurs corps se mouvaient plus difficilement, la vigueur leur manquaient. Mais elles ne s'arrêtaient pas, bien qu'elles soient à bout de force. Après une attaque qui les avaient séparés de quelques mètres, Melody aperçu les gants blancs, flottant à une dizaine de mètres au dessus d'eux. Ils semblaient l'appeler. Alors, dans un sursaut de colère, d'orgueil, la jeune femme fonça vers Gladys. Décrivant un cercle avec la pointe de son sabre, elle trompa la garde de la Nailikanne et la frappa au bras droit, lui entaillant l'épaule. Son arme vola au loin. Sans un mot, Melody s'apprêtait à couper la tête de son adversaire lorsque les gants de l'Artéfact cessèrent de léviter, et tombèrent sur précisément sur les genoux de la chef des ombres. Le regard qu'échangèrent les deux femmes sembla durer une éternité. Puis Gladys se saisit de l'Artéfact et s'en équipa.

Eclatant de rire, Belwur se plaça à coté d'elles et dit :

- Oh, je ne vous avais pas dit? Depuis le début, j'avais prévu de confier mon pouvoir à la perdante! Après tout, si c'était toujours la gagnante qui raflait les gains, ce ne serait pas drôle! Puis, d'un ton enjoué, il ajouta : Allez, une seconde manche?

Puis il eut un rire tonitruant et se tournant vers Gladys, il lui fit un clin d'oeil qui semblait de très mauvaise augure...

Edwig peinait énormément face à Erlyn aux cinq titres. Quelque chose semblait influer sa motricité. Comme si il se déplaçait moins vite, comme si le temps ralentissait en la présence de son adversaire. Lorsqu'il compris qu'il ne pouvait l'emporter avec les méthodes conventionnelles , il se décida d'agir d'une autre manière. Saisissant le poing tenant l'arme de son adversaire, il lui donna un violent coup de tête, puis il s'éloigna de quelques mètres et sortit un arc. Sans cela, il n'avait sans doute aucune chance face à Erlyn. Si il était devenu un Ombre, c'était en sachant analyser quand il fallait se battre, et quand il fallait sortir du combat. Il était temps pour lui de changer d'armes.
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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mer 4 Jan - 21:31

Erlyn put remarquer qu'Edwig avait enfin compris. En revanche, il trouva l'initiative du géant complètement stupide ... Le combat perdait peu à peu de son équité, en revanche, l'idée qu'il avait eu de sortir son arc changeait complètement la donne, le criminel étant cette fois complètement en état de vaincre. Lorsque la première flèche arriva auprès d'Erlyn, elle fût affreusement ralentie. Sur un objet d'aussi petite taille, l'efficacité de son pouvoir n'était plus à prouver. Erlyn se décala gentiment de la trajectoire et jeta sa cape au sol. Il rangea son épée. Deux manches d'armes étaient visibles dans le dos d'Erlyn, l'un étant celui de son épée, l'autre celui d'une autre épée, similaire à celle d'Oloren, mais plus grande. Au milieu, un petit arc léger à double courbure prenait sa place. Erlyn tira ce dernier, prenant la flèche de son adversaire toujours en suspens, et visa sa jambe gauche. Il tira et accéléra la vitesse de la flèche. Edwig comprendrait vite la gravité de son erreur ...
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mer 4 Jan - 21:39

Malgré sa blessure à l'épaule d'une certaine gravité, Gladys rayonnait de joie. Belwur l'avait choisit elle. Selon ses propres dires, c'était à cause, ou plutôt grâce à sa défaite, mais elle voyait les choses d'une toute autre manière. À ses yeux, l'artéfact savait depuis le départ laquelle des deux il rejoindrait. C'était évident! Pourquoi aurait-il quitté Melody Jennsen s'il comptait lui laisser une autre possibilité? De toute façon, ils se connaissaient parfaitement tous les deux. Leur réputation ainsi que leur complicité n'avait plus rien à prouver. Aujourd'hui, pour cette occasion unique attendue depuis des années, la chef des Ombres comptait sortir le grand jeu. Après avoir attrapé les gants, elle les enfila en quatrième vitesse, puis serra simplement le poing pour faire se dissiper les flammes. Lorsque la chaleur retomba d'un seul coup, les combats se stoppèrent. Tous avaient les yeux rivés sur Gladys ainsi que son ennemie, laquelle se tenait en face d'elle, et qui n'était autre que...

-Me...Melody?

Les sous-fifres parmi leurs ennemis n'en revenaient pas. Depuis tout ce temps, ils avaient été trompés par celle qu'ils pensaient être leur chef. Mais comment cela était-il possible? La femme au voile était pourtant l'une des plus puissante parmi les leurs, à la tête d'une équipe mais participant également aux grands conseils. Une simple capitaine, privée d'artéfact, n'aurait jamais pu la tuer, cela était impossible. Zia profita du calme éphémère pour enfin se retirer de la bataille d'un seul bond, se plaçant à plusieurs mètres du pont, avant de tomber à terre. Du sang coulait de tous les membres de son corps, sa respiration était rapide, saccadée. Plus que l'épuisement, la supériorité de son adversaire l'avait écrasé. Elle se pensait forte, mais se trouvait en réalité à des siècles de grands épéistes comme Erlyn ou Snori. Même Bartiméus s'en sortait autrement mieux qu'elle. Cet élan de pragmatisme la découragea totalement, faisant voler en éclat le peu de motivation qu'il lui restait. De toute façon, ils gagneraient. L'homme aux six titres dominait très largement le colosse, tandis que ses gardiens s'étaient dors et déjà débarrassés de leurs adversaires. Bientôt, les autres seraient également de retour. Avec toutes ces conditions, ils n'auraient pas besoin d'elle pour l'instant, sans compter le retour de Melody, de très bonne augure. Si seulement elle avait su à quel point elle se trompait: leur cauchemar ne faisait que commencer.

https://www.youtube.com/watch?v=WHAJwxlTIU8
(Jouer à partir de maintenant!)

Gladys Engels, Belwur le démon. Selon les écrits, jamais personne n'avait eu en sa possession l'artéfact des flammes aussi longtemps qu'elle. Les porteurs, souvent des femmes, se contentaient de profiter des aptitudes que leur apportait cet objet magique, sans même comprendre la façon de l'utiliser réellement. Elle avait compris. Lorsque ce fut le cas, alors son compagnon lui avait accordé l'intégralité de sa puissance, une seule fois. Cela avait suffit pour qu'elle perçoive le potentiel destructeur de la bête du diable, et qu'elle devienne avide de la retrouver. Aujourd'hui, il la lui accordait de nouveau. Il ne lui avait rien dit, mais le lien entre la maîtresse et l'avatar était au delà d'une relation d'homme à homme. Elle avait compris ses intentions dès lors qu'il l'avait regardé de nouveau après sa défaite. Il était temps. Ignorant totalement son ennemie, Gladys positionna ses bras en croix. Au même instant, Belwur en fit de même, et bientôt son image se troubla, jusqu'à devenir une simple fumée rougeâtre. Très vite, celle ci fut comme absorbée par Gladys, dont le corps lévitait légèrement, à l'instar des marcheurs. Le temps sembla se figer quelques instants. Une, deux, trois secondes s'écoulèrent. Un laps de temps infime durant lequel la jeune femme changea du tout au tout.

Ses cheveux d'un roux foncé tournèrent au rouge, s'allongèrent, devinrent plus raides, formant de véritables pointes rigides en tombant, tandis qu'une mèche plus courte se plaçait entre ses deux yeux. Une queue longue de deux mètres jaillissait de son bassin pour se conclure par un dard redoutable, semblable à celle des dragons-chiroptères. De son crâne s'élevaient deux grandes cornes, tordues, presque ciselées, pareilles à des mandibules d'insecte meurtrier. La quasi-intégralité de son corps était recouverte de plaques noirs et pourpres, se terminant par des pointes acérées au niveau de toutes ses articulations. Ainsi, ses épaules, coudes, poignets, genoux et talons en étaient munis. Dans son dos, une paire d'aile de chauve-souris était apparue, longue de deux mètres chacune. Enfin, les gants ivoire avaient fait place à deux redoutables mains griffues. La nouvelle Gladys observa un à un ses adversaires, leur accordant un sourire narquois. Ils ne pouvaient que contempler la toute puissance de la forme ultime du grand Belwur! D'un geste du poignet, elle fit apparaître une première épée, formée d'aucun acier. Elle n'était que flammes, tant au niveau du manche que de la lame, mais semblait bien plus résistante que n'importe quel métal. De cette simple création, une colonne de feu naquit quelques mètres derrière l'Ombre. Le scénario ne fut pas différent lorsqu'une seconde arme similaire apparu dans sa main gauche.

-Hahahaha! Hahahahahahaha! À l'aide de Belwur, je serais la seule maîtresse de ce continent, misérables créatures! Par qui commençons nous à présent?! demanda-t-elle d'une voix qui était le juste milieu entre la sienne et celle de son artéfact.

Son choix fut vite fait. Avec une simple impulsion, elle fondit sur Melody, bien plus vite qu'Oloren n'aurait pu le faire. Sa lame se leva puis se rabaissa dans un arc de cercle mortel que la luuwrienne parvint tant bien que mal à parer. La puissance formidable de la forme ultime fit le reste. Derrière le capitaine Jennsen, l'herbe se consuma instantanément. La pauvre humaine se fit valdinguer, éjectée jusqu'à la lisière d'un bois alentours. À peine fut elle tombée qu'une pointe de la jongleuse vint se figer dans l'arbre tout près d'elle. Bien plus gros que les précédents, il perça le chêne imposant de part en part avant d'exploser, éjectant des copeaux partout. Déjà, Gladys passait à la cible suivante. Erlyn aux cinq titres. Elle fit du sur-place au dessus de lui, inspira une grande bouffée d'air, puis cracha des flammes noires, en quantité largement supérieure à tout ce qu'Irvine était capable de produire. Cet homme aux dons étranges allait finir totalement carbonisé sans avoir la moindre solution, mais pas seulement. La portée de l'attaque était si grande qu'elle atteindrait Arawn...ainsi qu'Edwig et une Ombre anonyme.

Devant ce spectacle effarant, Iyoh et Snori avaient baissé les armes. À peine de retour, Melody avait surement déjà péri; Zia était hors de combat; Erlyn allait être carbonisé. Le prince de l'Oran était seul, sans le moindre espoir. Son rival éternel, de son côté, restait bouche bée. Avait-elle dit "seule maîtresse du continent"? Alors telles étaient les intentions de Gladys Engels, l'objectif suprême des Ombres? Dominer? Ils étaient cent. Cent à avoir été arrachés à leurs familles alors qu'ils n'étaient que des gamins, tout ça pour servir les dessins d'une folle se permettant de sacrifier ses alliés sans la moindre nécessité. Il devait réagir, pourtant son corps refusait de bouger. Il avait peur. Depuis toujours, cette femme, son aînée d'à peine quatre ans, le terrifiait au plus haut point; mais jamais il n'aurait pensé la voir un jour aussi diabolique. Reingleff lui même l'aurait considéré cruelle en cet instant.

-Battons nous ensemble!

Le jeune homme tourna les yeux vers le prince, l'observant avec dureté. Se battre aux côtés d'un tel crétin, d'un charmeur sans talent, d'un ennemi, n'était même pas envisageable. Il leur avait tout fait, allant jusqu'à faire en sorte qu'une parfaite inconnue récupère Nigfol. En partie à cause de lui, le cours de la guerre allait changer, en défaveur de Nailika. Comme beaucoup, il était un ennemi de la nation, et ceux-ci devaient périr.

-Iyoh! Cessons ces querelles pour le moment!

La nation. Qu'était-ce? Celui qui la représentait, celui que le peuple avait choisi, derrière lequel il s'appuyait. Igole Vrag. C'était à lui qu'ils dévouaient leur vie, pas à Gladys Engels. En agissant ainsi, elle se plaçait contre le régent de leur grand état. Il y a de nombreuses années, elle avait instauré les lois primordiales des Ombres, et allait en faire les frais aujourd'hui. "Les ennemis de la nation doivent mourir". La chef des Ombres était un ennemie de la nation. Les regards des deux épéistes se croisèrent: nul besoin de dire quoi que ce soit. Le premier lança un couteau induit d’électricité vers la femme ailée, le second utilisa son impressionnante étoile de jet. Forcée de stopper son souffle mortel, elle parvint sans la moindre peine à esquiver les attaques.

-Alors il y a des traîtres dans les rangs à ce que je vois. Iyoh Tzumihi! Les faibles se terrent et obéissent, c'est ainsi que tu aurais du agir! Tu as choisi la mort, alors soit!

Gladys frappa dans le vide. Une nuée de pointes incandescentes fusèrent vers les nouveaux alliés. Ils savaient strictement qu'ils n'avaient aucune chance, mais il fallait tenir jusqu'au retour de Laly. Tenir et espérer.

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Jaleniel
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Mer 4 Jan - 22:33

Lorsqu'il sentit la présence de Gladys derrière lui, Erlyn était déjà sortit de son état de choque pour se mettre au travail. Les flammes ne le touchèrent pas, mais de justesse. Utilisant toute la puissance de son don, il était sortit du labs de temps accessible par l'être humain. Pour les autres, le temps avait continué sans que ça ai changé quoi que ce soit. Il admira un instant l'effet ralenti de chaque action. Il soupira, Arawn se couchait et deux de ses loups se sacrifiait pour lui. Il serait triste, mais en vie. Il se hâta de s'éloigner du feu, voyant les mines déconfites de Iyoh et Snori. Tant qu'il restait concentré, il était hors d'atteinte, même si ça allait le fatiguer vite. Il ne pouvait en aucun cas reprendre le combat s'il voulait survivre, pour le moment. C'est alors qu'il aperçu sa mère.

( https://www.youtube.com/watch?v=NkSGL6PzP4Y&feature=channel_video_title )
( à jouer durant l'action d'Erlyn, seulement )

- Mon fils, il est temps.
- Je ne peux pas ...
- Tu le dois. Bientôt, la fatigue montera jusqu'à toi et le temps reprendra ses droits. De plus, tu ne peux absolument rien faire dans cet état. Tu perdra beaucoup, je te l'avoue, mais tu accomplira ton souhait le plus cher. Formule ton vœu.

Les larmes coulèrent déjà sur les joues d'Erlyn. Il se condamnait, et maudissait son prochain par la même occasion.

- Quel est ton souhait. Quel est ton vœu.

- Par mon épée et la faux que j'ai reçue de mes aïeux, mon souhait est de protéger les miens. Mon voeu est d'obtenir la force suffisante pour accéder à mon souhait.

- Quel est ton sacrifice. Quel est ton but.

- Par mon épée et la faux que j'ai reçue de mes aïeux, mon sacrifice est ma vie. Mon but est multiple. Mon but premier est de protéger les miens ... Mon but second est de changer cette tradition absurde et patricide.

Il releva la tête. Il n'avait pas suivit les écrits anciens, changeant son second but, honorer la tradition, en l'abolition de cette dernière. Il savait à présent ce qu'il avait à faire, il passa auprès d'Arawn, et lui murmura quelques mots, avant de partir en courant, relâchant le temps derrière lui.

D'habitude, Nigmaëll ne bougeait jamais lorsqu'elle utilisait ses pouvoirs, son don étant suffisamment travaillé pour éviter de se mouvoir inutilement. Cette fois, elle fit son entrée dans le combat en frappant sa paume contre le sol. De violents vents rapides vinrent aplatir l'attaque de Gladys. Les deux frappes s'étaient annulées. La jolie jeune fille souffla longuement. Elle détestait devoir bouger lors d'un combat.
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Jeu 5 Jan - 20:51

Tout ce combat n'était finalement que le début d'une pièce de théâtre orchestrée par Belwur. L'Artéfact souhaitait voir ce que la gagnante du duel pouvait faire en position d'inégalité totale. Bizarrement, le fait que le démon accorde cette transformation à Gladys ne l'avait pas étonné. C'était une magnifique représentation de son esprit retord et pervers. De toute façon, dans l'état de fatigue où elle se trouvait, elle n'avait guère la force de s'indigner. Elle contempla pendant un instant la beauté meurtrière de la forme ultime de Belwur. Puis, lorsqu'elle comprit qu'elle serait la première cible de Gladys, elle se mit en position pour parer. Un éclair rouge et noir fonça sur la pauvre Melody, qui bloqua le coup vaillamment, mais qui n'avait pas eu la force de résister à la puissance de Belwur. Projetée quelques mètres en arrière, la jeune femme atterri sur le dos, aux cotés d'un grand chêne.

Elle savait qu'elle devait bouger vite, mais Melody n'en avait pas encore la force. Elle observa les feuilles du chêne qui ombrageaient le ciel pendant ce qui lui sembla être des heures. Une pointe de la Jongleuse transperça alors le tronc de l'arbre majestueux, qui explosa en des milliers de copeaux de bois. Revenant durement à la réalité, l'ex-capitaine dut faire une roulade pour éviter les énormes branches qui tombaient maintenant au sol. Le bois tomba dans un bruit sourd à quelques centimètres d'elle. Si Melody avait pu esquiver le plus grand danger, elle n'avait pu esquiver les écorces tranchantes de l'arbre, et quelques unes d'entre elles allèrent se ficher sur son dos et sa jambe. Restant silencieuse face à la douleur, elle tenta de se relever avec difficulté, avant de s'affaler à terre. Avant de perdre connaissance, elle vit une ombre foncer vers elle.

Roche cru pendant un moment être atteint de folie. Ses espoirs les plus fous devenaient réalité! Melody était bien là, l'arme à la main, en train de se battre avec eux contre Nailika. Aussitôt, une multitude de questions vinrent à l'esprit de Roche. Pourquoi ne les avait-elle pas rejoint avant? Pourquoi s'était elle fait passer pour morte? Pourquoi revêtait elle à l'instant un uniforme Nailikan? Pourquoi... Ses interrogations cessèrent brusquement lorsque, encore une fois, Belwur entra en action. Le démon jouait avec eux, cela ne faisait aucun doute! Voilà qu'il s'était transformé, prenant la forme d'une créature humanoïde ressemblant extrêmement à un dragon. Si Roche avait compris que l'Artéfact et Gladys ne faisaient désormais plus qu'un, il aurait agit d'une toute autre manière. Malheureusement, il perdit quelques précieuses secondes à observer la terrible créature volante qu'il avait en face de lui... Ensuite, lorsque Gladys attaqua Melody, puis enflamma une grande partie du champs de bataille, il compris son erreur et se précipita vers l'endroit où gisait sa supérieure... De toute façon, il ne pouvait aider ceux qui se trouvaient dans la zone désormais enflammée... Il était probable que tous avaient péris carbonisés...

Une main sortit des flammes, suivie d'une tête, d'un deuxième bras, puis d'un corps tout entier. Edwig Luthness inspira tout l'air qu'il pu, recrachant par saccade la fumée qui était entrée dans ses poumons. En plein combat, il s'était concentré exclusivement sur Erlyn et cela avait été son erreur. Une énorme boule de flamme l'avait touché et brûlé sans qu'il n'ait rien pu faire... Se relevant lentement, il remarqua que toute sa main gauche, ainsi que son bras, étaient d'un noir cramoisi. Effleurant son visage avec sa main, il devina que son visage devait être de la même couleur... La douleur sur les peaux brûlées était terrible, et tout être faible se serait évanoui face à une telle épreuve. Mais Edwig, et les ombres en général, avaient été formés pour résister à la douleur, aussi intense soit elle. Arrachant des limbes de vêtements de son torse, il entoura ses brûlures avec
Claudiquant pour contourner les flammes qui entravaient sa vue, il se promit de régler son compte à ce crétin D'irvine. Fils de Vrarg ou pas, il devait payer! Il avait failli le tuer, en agissant de la sorte. Soudain, il la vit. A plusieurs mètres du sol, volant grâce à des ailes gigantesques, celle qui avait promis de servir les intérêts de la légion déclarait haut et fort son désir de diriger. Une telle trahison fit s'entrechoquer les dents du Hurleur. Il devait tuer cette folle qui menaçait leurs vies à tous! Il devait trouver un arc!
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MessageSujet: Re: Dernière ligne droite   Jeu 5 Jan - 21:56

Lorsque l'espoir est si faible que les ténèbres envahissent notre regard, que nous reste-t-il? Plongés dans un cauchemar sans fin, voyant nos amis périr un à un, craignant de périr à notre tour, que pouvons nous faire? Observant les cieux sombres, cherchant désespérément le soleil et sa lumière, luttant pour ne pas succomber à nos blessures, qu'avons-nous à jouer? Rien. Dans la peur, seul le néant conserve ses droits, transformant notre volonté de fer en un minuscule rideau de satin. Alors nous prions. Nous prions pour l'avènement d'un héros oublié de tous, n'ayant aucune crainte, brandissant sa lame avant de faire face au chaos et de le dissiper d'un seul coup. Mais ce héros ne vient pas. Sa seule vie fut celle des contes de fées, racontés aux enfants. Que nous reste-t-il? Qu'avons nous à jouer? Que pouvons nous faire? Nous relever, nous battre, faire naître ce héros puis graver son nom dans les étoiles scintillantes de la nuit et le clamer assez fort pour que le monde entier puisse l'entendre!

Edwig Luthness. Iyoh Tzumihi. Snori Pendragon. Ils étaient ceux qui se relèveraient, ceux dont l'Histoire se souviendrait. Aujourd'hui, ils se battraient, pour des causes opposées, mais dans le même objectif de survie. Le colosse, situé près de Gladys, donna un coup d'épée monumental, paré sans la moindre difficulté. Elle s'en sortait tellement bien que cela en devenait quasi-insultant. N'accordant pas la moindre seconde de répit à son opposant, sa seconde lame de braises décrivit une courbe fatidique, stoppée de justesse par le prince de l'Oran. Iyoh, profitant de l'occasion, induit son fleuret de toute l'énergie dont il disposait encore, et frappa avec toute sa force. La foudre croisa les flammes puis fut anéantie. Un trancheur pouvait briser n'importe quel acier, même le plus résistant, pourtant l'arme de Gladys n'avait pas bronché. Sa longue queue eut un mouvement serpentin, puis fusa vers Snori, prête à l'embrocher. L'une des Ombres survivante vint dévier le cinquième membre de sa supérieure, sauvant momentanément la vie de l'un de ses pires ennemis. À présent que ses bras et sa queue étaient pris, une ouverture se présentait. Zia, simple spectatrice depuis le départ, décida d'en profiter. Ramassant le katana qui traînait dans l'herbe humide, elle fit un grand bond vers la porteuse de l'artéfact. Cette dernière ne vit arriver la petite rouquine qu'à l'ultime moment. Sous l'effet de la surprise, ses yeux s'écarquillèrent, sa bouche s'entrouvrit...puis elle disparu dans une flopée de fumée sombre.

Ainsi, elle disposait de l'intégralité des pouvoirs du dragon-chiroptère, incluant la téléportation, sans doute le plus redoutable de tous. Combinée à la vitesse prodigieuse dont elle faisait part et sa puissance de frappe prodigieuse, elle ne semblait plus avoir aucun défaut. Les cinq combatants foncèrent vers Gladys dès qu'elle réapparut, mais se stoppèrent en pleine course: une titanesque sphère de flammes noires avançait vers eux. Plongeant tous tant bien que mal, ils eurent le temps de s'échapper du pont avant que celui-ci ne se consume entièrement, laissant ses bûches assombries tomber au fond de l'eau. Snori gardait les yeux grands ouverts sous la surface du liquide. Juste au dessus de lui, il pouvait voir la forme de la chauve-souris se dresser, trouble. Une autre attaque similaire à la précédente fondait vers lui. Le prince nagea aussi vite qu'il put en apnée, avant de prendre une bouffée d'air quelques mètres plus loin. Le phénomène se produisant devant ses yeux était totalement invraisemblable: l'eau brûlait. Sur l'une des rives, Iyoh se battait vaillamment, terriblement seul. Une, deux fois, les épées entrèrent en contact. Grâce à ses pouvoirs, il pouvait rivaliser avec Gladys en force brute, mais pour combien de temps? La réponse ne tarda pas. La jeune femme contra, attaqua, encore et encore, se déchaînant sur son adversaire. Snori, emporté par le courant, cherchait son élève partout. Enfin, il l’aperçu, visiblement inconsciente, manquant de couler en déviant au gré des flots.

-Zia! ZIA!!

Malgré ses efforts multiples, il ne pourrait jamais réussir à la rattraper. En continuant ainsi, elle se noierait sans que personne ne puisse rien y faire. Pas encore de tristesse mais plutôt de rage, il en pleurait. Cinq mètres à peine les séparaient, pourtant elle semblait si loin. Derrière eux, à une bonne dizaine de mètres, Gladys continuait son carnage, inlassable. Des colonnes flamboyantes s'élevaient du sol de temps à autre, de façon incompréhensible. Dans le désespoir, les pensées de Snori s'envolèrent vers Melody, de retour pour périr. C'était bien trop bête. Il ne voulait, ne pouvait laisser les choses tourner ainsi, mais il n'avait pas la force suffisante pour inverser le cours des choses. Aucun don, aucun artéfact, aucun atout pour surprendre. Non, il ne devait pas penser à cela. Seule Zia comptait. Redoublant d'effort malgré la fatigue, il parvint par chance à la rattraper, grâce à un rocher qui l'avait ralentie pendant plusieurs paires de secondes. La remontant tant bien que mal, il fit en sorte de la ramener à la conscience tout en gardant un œil tourné vers leur ennemie, plus prudent que jamais.

Iyoh, au sol, respirait difficilement. Du sang perlait au coin de ses lèvres. Ses beaux habits, qu'il affectionnait tant, étaient en lambeaux à présent, brûlés ou déchiquetés. Dans sa main, il serrait son foulard le plus fort possible. Celui-ci, habituellement blanc, était nimbé de rouge, ayant presque totalement changé de couleur. Il ne pouvait pas être vaincu. Pas lui, pas Iyoh Tzumihi, l'un des cinq chefs suprêmes des Ombres. Pas comme ça. Ses jours ne craignaient rien en l'état actuel des choses, fort heureusement, mais son honneur était bafoué. Il devait faire quelque chose, pour toute l'organisation. Lui seul pouvait la mener à la victoire, il en était convaincu, il en avait la volonté. Son corps devait absolument réagir mais il ne le voulait pas. Ses bras s'étaient bien trop alourdis. De loin, il aperçu Snori. Alors, il avait sauvé la gamine, encore une fois. Crétin. risquer sa vie si bêtement. Un sourire se dessina lentement sur les lèvres du jeune homme. Se battre, toujours se battre, sans cesse se battre. Il aimait cela. Se relevant presque d'un éclair malgré la douleur qui le terrassait, il fonça une nouvelle fois vers Gladys Engels.

-N'iriez vous pas plus vite à pied en utilisant Nigfol, mademoiselle Cabrera? demanda Nino, presque gênée de proposer cela.

Ils étaient en pleine chevauchée, bien trop loin du point de départ. Si Laly voulait être efficace, elle devait à tout prix accélérer.

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