Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)

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L.Hubs
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MessageSujet: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Mer 21 Déc - 19:20

HRP: Les trois topics qui vont être ouverts disposeront d'une unité de temps mais pas de lieu: les trois groupes ne doivent pas se croiser, sinon ce n'est pas drôle! L'action se déroule deux jours après le précédent combat, et débute à l'aube. Ce topic-ci est UNIQUEMENT pour Irwan et son groupe.


Après un bâillement discret et un étirement rapide de ses membres, Irwan se leva rapidement, pensant être le premier debout. Ils avaient encore une fois passé une nuit à la belle étoile, dans des conditions dont la précarité devenait habituelle. À l'Est, l'astre du jour montrait à peine ses premiers rayons, faibles et ne dégageant pas la moindre chaleur. La fin du mois de Novembre avait été assez douce, mais il était de bonne notoriété que dans ces grandes landes, Décembre n'épargnait personne de son étreinte glaciale. L'historien était alors plus que satisfait d'avoir à sa disposition une des grandes vestes de fourrure que Geralt leur avait dégoté à Wuhm, il y avait de cela presque un mois. Il fit quelques pas, et aperçu Llednar un peu à l'écart. Le rôdeur était debout, appuyé sur un arbre, leur tournant le dos à tous et observant l'horizon, les bras croisés, avec une certaine détermination mais aussi une dureté dans ses yeux. Irwan, en se grattant les cheveux, vint se placer près de lui.

-Tu sais, je t'aurais sans doute recommandé de ne rien dévoiler, mais je te pose tout de même cette question. Quelque chose te préoccupe, gamin?

Son interlocuteur prit quelques secondes pour réfléchir à ce qu'il allait dire, hésitant à se confier ou non à cette personne qu'il ne connaissait absolument pas. Depuis qu'ils étaient partis, Irwan était au moins aussi discret que lui; pourtant, il semblait bien plus intégré au sein du groupe. Cela était sans aucun doute dû à sa grande sagesse dont tout le monde avait conscience, mais le fait était qu'il avait réussi à gagner la confiance et le respect de la part de tout le monde. Le jeune homme tourna la tête afin de vérifier que les autres étaient suffisamment loin ou tout simplement assoupis, afin de ne pas être entendu par d'autres que par le quadragénaire. Enfin, il lui répondit, d'une voix grave et dure, mais également emplie d'une certaine sérénité.

-Je commence à douter que nous puissions y arriver un jour...

C'était vrai. Depuis plus d'un mois, ils ne cessaient de trouver des conflits divers et variés, mais plus que tout, ils se heurtaient à la lassitude. Que ce soit le manque de confort, de nourriture abordable, ou pour certains de la famille, il y avait dans tous les cas quelque chose qui n'allait pas. Le fait était, de plus, que la peur leur tordait le ventre tous les jour. À chaque fois qu'ils traversaient un paysage, la mort les guettait autant que l'émerveillement, et malgré les belles découvertes naturelles ou humaines, leur situation n'était en rien enviable. Avec tout cela, il était évident que la ferveur de chacun commençait à décroître. Irwan, observant à son tour l'horizon qu'ils surplombaient, annonça:

-Devant nous, au loin, se dresse la frontière nailikane. D'ici deux jours, nous l'aurons traversé, et nous serons alors en danger perpétuel. Llednar, je ne sais toujours pas ce que tu cherches en nous suivant, mais si tu tiens vraiment à vivre, il serait idéal pour toi de t'arrêter ici. Les Ombres n'en ont pas après toi, et Hovo aurait bien besoin de jeunes aussi doués que toi. Si tu le désires, tu y trouvera ta place.

Bien sur, se séparer de lui aurait été idiot à ce stade de leur épopée, mais l'historien se voulait franc envers ce jeune pour qui il s'était prit d'une certaine affection. En restant ici, il pourrait vivre à coup sûr, loin de la guerre et du sang. Contre toute attente, la proposition d'Irwan remotiva Llednar.

-Je ne peux pas abandonner ici. Nous sommes trop près de nos buts...

Il avait dit "nos". Irwan se surprit à sourire. Il s'en doutait bien, c'était désormais chose confirmée: le rôdeur n'avait que faire de Nigfol...


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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Jeu 22 Déc - 11:52

Alix venait tout juste de s'éveiller. Elle s'était totalement remise de son choc à la tête et avait retrouvé sa joie de vivre et ses manies insupportables pour certains, adorables pour d'autres. Comme tous les matins, c'était le calme qui régnait dans le groupe. Tout en baillant bruyamment, la petite tapissière s'étira : c'était sans doute la première nuit de tout le périple où elle avait aussi bien dormi. Plus les jours passaient et plus l'espoir de retrouver le reste du groupe grandissait en l'adolescente. Zia et Oloren lui manquaient terriblement, tout comme Snori et le soldat Roche. Elle mourrait d'envie d'aller se blottir dans leurs bras respectifs. Cependant, quelque chose l'inquiétait. En effet, ces retrouvailles semblaient tabous pour les autres membres du groupe. Le sujet était à chaque fois habilement évité et déclenchait un malaise palpable ... Alix décida de ne plus penser à tout cela : il était l'heure de réveiller Geralt. Elle avait pris pour rituel d'aller le tirer de son sommeil. Elle s'approcha et lui pinça le nez.

- Debout !!!!

Laly, elle, n'avait pas réussi à dormir. Avant la quête, elle était déjà insomniaque, et la recherche de Nigfol n'avait pas vraiment arrangé cette tare. Après une longue balade dans les environs, elle retourna au lieu de campement, elle vit Irwan et Llednar. Ce fut un regard empli de surprise et de timidité.
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Ven 23 Déc - 9:08

Laly, qui venait de rentrer d'on ne savait trop où, écopa des regards interrogateurs de la part de ses camarades, commençant à se demander s'il lui arrivait de dormir de temps à autres. Lev, dans un majestueux vol, vint se poser sur l'épaule de son maître. Lui aussi était parti en vadrouille de bon matin, à la recherche des autres membres du groupe, mais n'avait absolument rien vu malgré ses yeux perçants. La distance qui les séparait désormais et la nature du terrain n'aidaient pas les choses. Alix était sortie de son sommeil, et en faisait émaner Geralt également. À présent qu'ils étaient tous cinq debout, il n'y avait plus de temps à perdre. Certes, ils auraient pu se reposer, mais à quoi bon? La nuit était passée, puis ils n'avaient rien à se mettre sous la dent.

-Si personne n'y voit d'objection, je pense qu'il serait de bonne augure de repartir. En route, Laly.

Désormais, il ne donnait les ordres qu'à elle seule. Celle qui devait avancer, c'était la révulseuse. Les autres suivaient si cela leur semblait judicieux, mais personne ne les forçait à quoi que ce soit, alors que Laly avait une mission. Le rôdeur se mit en marche lui aussi, à une cadence assez élevée. Depuis qu'ils étaient en nombre réduit, c'était lui qui était constamment en tête, malgré sa blessure. Il voulait se rendre capable de prévenir le moindre danger, la moindre embuscade, car il savait qu'elle leur serait fatal, mais plus que tout il était à la recherche de montures. Le fait que leurs anciens chevaux aient été tués ou aient fuis à deux reprises était pour le moins agaçant, alors les prochaines, il s'occuperait de les emprunter à leur possesseur, pour une durée indéterminée.

Irwan, de son côté, n'avait de cesse de prodiguer quelques conseils à ses compagnons, qu'il voulait dans la meilleure forme possible. Malheureusement, il doutait sérieusement qu'Alix puisse avoir une quelconque utilité au sein de leur groupe. La possibilité de la laisser aux hovoïtes lors de leur prochaine escale grandissait de plus en plus dans l'esprit de l'historien, pour bien des raisons. Il fallait tout d'abord penser à elle. Si elle les accompagnait, et cela c'était prouvé au cours du voyage, elle courait de graves dangers, qui n'étaient pas du tout adaptés à une adolescente aussi candide. De plus, le fait était qu'elle aurait pu, par une bourde quelconque, trahir leur identité une fois qu'ils seraient infiltrés en territoire nailikan. Physiquement, elle s'avérait de plus être la plus faible des cinq, et ceci lié à son inaptitude ponctuelle à la moindre forme de violence ou même de stratégie en faisait un véritable poids. Cela lui faisait mal de penser cela car il appréciait la petite tapissière, mais c'était une vérité. Melody avait eu raison dès le début: ils n'auraient jamais du l'emporter.

Le cas de Geralt était encore différent. Certes, il n'avait au final été d'une utilité que très réduite aux membres du groupe, mais sa capacité à passer innaperçu pourrait à présent leur être plus que bénéfique. S'il partageait son savoir avec les autres, tant sur ce domaine que sur le territoire ennemi, qu'il avait sans aucun doute traversé lors de l'une de ses moult arnaques, son aide en deviendrait précieuse. Mais était-il fiable? Depuis le départ, il semblait s'en tenir à la dette qu'il avait envers Irwan, mais s'il décidait un jour ou l'autre de les vendre aux Ombres ou à l'armée nailikane, eux étaient démunis. Malgré la bonne humeur relative, l'ambiance était visiblement tendue.

-Quoiqu'il en soit, n'oubliez pas qu'une fois que nous serrons en possession de Nigfol, nous n'aurons exécuté qu'une moitié de notre voyage. Gardez bien en tête que nous n'en avons surement pas terminé quand Laly aura obtenu ce pouvoir.

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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Ven 23 Déc - 11:09

- Si je l'obtiens ...

Laly avait chuchoté ses mots, sans savoir si quelqu'un l'avait entendu ... visiblement pas. Elle marchait aussi en tête, accompagnée de Llednar. Elle n'avait pas parlé à quiconque depuis bien longtemps, ignorant sans cesse les interrogations d'Alix sur ce qui lui semblait être des futilités, obéissant au doigt et à l'œil à Irwan. La révulseuse, autrefois adepte de la rébellion, s'était bien calmée et faisait les choix qui lui semblaient juste et plein de bon sens. Elle n'avait strictement aucune raison de ne pas faire confiance à l'historien : il était sans doute le seul capable de les faire arriver jusqu'à Nigfol.

Elle avait toujours ses armes sur son dos et avait relevé son capuchon rouge. Plus le groupe s'approchait du territoire nailikan et plus le cœur de la jeune femme s'emballait. Il était difficile d'admettre une telle chose, mais elle était terrorisée. Remettre un pied sur ces terres allaient être un véritable crève-cœur. Elle connaissait cette contrée, et une chose était certaine : ils avaient de grandes chances de ne plus jamais y sortir. Le temps avait passé, et personne ne semblait comprendre les véritables raisons de l'acharnement des Ombres sur le groupe. Bien sûr, l'artéfact, la révulseuse ... tout cela était évident. Mais, pour Laly, garder un tel secret devenait de plus en plus difficile ...

Quant à Alix, elle avançait à un rythme assez soutenu, à côté de Geralt. Elle s'était vraiment prise d'affection pour lui.

- Dis, qu'est-ce que tu feras après Nigfol ? Tu retourneras à ta maison ?
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Ven 23 Déc - 17:25

Les heures passaient petit à petit dans une ambiance tendue. Vers midi, le groupe arrivait enfin dans un petit village somme toute assez charmant, sans aucun doute le plus proche de la frontière nailikane. Selon les estimations d'Irwan et la précieuse carte de Laly, ils n'en auraient plus que pour une heure de marche avant de passer en territoire hostile, et les choses se corseraient à partir de là. Llednar n'avait pas décroché un mot de tout le trajet. Restant droit comme un piquet, il fixait l'horizon avec la même détermination. Sa blessure le tirait encore quelquefois, mais il ne voulait pas le montrer, ne pouvant se permettre de ralentir le groupe pour de telles futilités. Il avait marché en tête, accompagné de Laly, qu'il jaugeait parfois de regard, tentant de déceler le moindre indice chez elle, le moindre signe de faiblesse, mais elle se montrait tout aussi inflexible que lui.

Lev était sans doute celui qui était le plus loin de ces préoccupations. Mangeant à sa faim depuis le départ, voyant de nouveaux paysages et découvrant des visages inconnus, tout lui convenait. Il virevoltait près de son maître depuis quelques temps, puis, la fatigue le prenant peu à peu, il avait décidé d'aller se poser sur l'épaule d'Alix. Grâce aux vêtement de fourrure dont ils étaient tous vêtus, les serres de l'animal ne pouvaient pas pénétrer les chairs de la jeune fille. Comme pour s'assurer que sa présence ne la dérangeait pas, il lui lança un regard insistant, en penchant la tête sur le côté, comme tous ceux de son espèce. Personne n'avait déjà vu un grand aigle, mais le fait était que Lev était un rapace d'assez petite taille: il ne mesurait pas plus de vingt centimètres de haut, et devait en faire à peine cinquante de large ailes déployées.

-Très bien, arrêtons nous ici. Mangeons, trouvons des provisions, préparons un plan, puis repartons. Allez faire ce que vous voulez, nous nous retrouvons dans tous les cas sur cette petite place dans une heure.

Morhen était l'un des plus grand village d'Hovo, au moins deux fois plus étalé que Wuhm. Elle disposait de trois auberges, toutes ayant un style bien distinct, de plusieurs petits magasins, d'une cinquantaine d'habitations en même d'un marché local qui s'ouvrait une fois par semaine. Les hovoïtes des environs venaient souvent flâner dans ce petit coin paisible. Aucune palissade n'était dressée autour de la bourgade, car il n'y avait dans cette région aucune créature un tant soit peu agressive, à l'inverse des Monts Pourpres où les loups se déchaînaient souvent lors des saisons froides. Irwan se dirigea vers l'étale d'un marchand, et commença à s'approvisionner, tout en s'adressant à Geralt, de la façon la plus implicite possible:

-Aurais-tu quelques idées pour la suite?

Llednar, de son côté, était allé s'asseoir sur un banc en pierre, et fixait le sol, l'air neutre. Il n'avait rien à dire, rien à acheter, rien à faire ici. Il voulait partir, au plus vite...

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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Ven 23 Déc - 17:40

Elevir réfléchit à la question d'Irwan... Il leur fallait retrouver les autres. Le mieux, pour cela, serait de laisser un message à un gamin de rue, qu'il transmettrait à Snori et Roche, si ces derniers passaient dans le village. il y avait peut de chance pour que le message passe, mais c'était déjà ça... Il leur fallait aussi des vêtements typiques de la région. Les grosses laines qu'ils avaient achetés montraient bien qu'ils étaient passés par les monts pourpres. Et tout signe de leur non-natalité Nailikanne était un risque pour eux... Il sortit sa pipe et pendant qu'il y mettait du tabac, il exposa sa vision de la situation. Il ajouta ensuite :

- Il faudrait aussi faire soigner Llednar et Alix... Ce ne sera pas une perte de temps, même si cela prend la journée. Les deux mioches risquent de tourner de l'oeil, si un spécialiste ne voit pas leurs cas...
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Ven 23 Déc - 19:09

Alix avait eu un moment de sursaut lorsque Lev s'était posé sur son épaule, puis avait finir par s'habituer. Elle posa une main timide sur la tête du rapace et se mit à sourire. Avant, l'oiseau lui faisait peur, ce qui n'était plus le cas à présent. Finalement, il était peut-être plus sociable que Llednar ... La jeune fille jeta un regard interrogateur au rôdeur : quelque part, il la mettait extrêmement mal à l'aise, et elle n'avait jamais osé lui parler. Elle regarda une nouvelle fois l'animal dans les yeux, et lui dit, comme à une vraie personne :

- Comment tu vas toi ?

Sans dire le moindre mot, Laly s'était mise à l'écart dans le lieu boisé du village. Elle rassembla quelque bûches, et, à l'aide d'un briquet d'une certaine valeur, les alluma. Là, à l'abri des regards indiscrets, elle ôta sa tunique rouge : visiblement, ce n'était plus qu'un vulgaire bout de tissu. Sale, déchirée, couverte de sang et de poussière. Elle n'était habillé que d'un débardeur et d'un collant noir. Elle attacha ses cheveux d'un ruban de satin bleu, et posa sur ses épaules une épaisse fourrure. Dans son adolescence, elle avait toujours été plutôt fine et gracieuse, un physique élancé et athlétique, mais à présent, après des semaines de mal-nutrition, de stress et de manque de sommeil, son corps était totalement décharné. Assise, au coin du feu, elle n'aperçut pas immédiatement la silhouette de Llednar.

Elle le dévisagea quelques instants, et était fidèle à lui même : inerte. Aucune parole, aucun sourire. Seuls les crépitements du feu ardent se faisaient entendre, loin des préoccupations quotidiennes. Dans la tête de Laly, c'était le vide absolu. Nigfol, les Ombres, les morts : tout cela n'avait que peu d'importance à cet instant. Elle oubliait simplement que sans eux, jamais elle n'aurait croisé ses camarades. Au bout de quelques minutes, elle se gratta la nuque : elle ne savait pas trop quoi faire vis à vis du jeune homme, ce qu'elle devait dire ou pas.

- Je peux t'aider ?
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Ven 23 Déc - 19:35

Llednar fixa Laly, presque avec dureté. Ils étaient seuls pour un petit moment, et même s'il l'appréciait, il ne comptait pas lui faire de cadeaux. Il avait l'occasion de lui tirer les vers du nez et comptait bien en profiter. Il s'approcha d'elle, alla s'asseoir à ses côtés en ne faisant attention ni à sa gène ni à sa tenue pour le moins indécente, en dit, en regardant les flammes monter:

-Dans un sens, oui. Tu caches quelque chose. Si ce n'était pas le cas, tu ne ferrais pas en sorte de t'isoler de la sorte nuit et jour. Je vois bien que tout ça te tracasses. Pour le bien du groupe entier, je crois qu'il serait bon que l'on sache enfin quel est ton secret.

A partir de maintenant, il était inflexible. S'il fallait utiliser la force pour lui faire cracher le morceau, il le ferait. S'il fallait la faire chanter, cela ne le dérangeait pas non plus, mais il devait savoir, car il sentait que ce qui se tramait avait une importance capitale. En prononçant ces quelques mots, il retrouva mine de rien des bribes de son propre comportement. Ils n'étaient pas différents l'un de l'autre, et c'était sans aucun doute ce qui faisait qu'il l'appréciait.

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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Ven 23 Déc - 20:19

Cette intervention surprenait Laly, mais elle lui provoquait à la fois un certain soulagement. Elle plongea une nouvelle fois son regard dans les flammes : c'était le moment opportun. Elle secoua une ultime fois sa chevelure brune derrière ses cheveux, et regarda avec défi son camarade. Elle aurait pu lui proposer de s'asseoir à côté d'elle, mais ce ne fut pas le cas. Il n'avait pas pris de gants, elle allait faire de même. Elle humecta ses lèvres, puis les mordilla : raconter une telle histoire n'était pas chose aisée, mine de rien.

- Très bien, je vais tout te raconter, dans les moindres détails. Tout cela me tracasse, tu as parfaitement raison, mais savoir ce que je cache va certainement nous mettre encore plus en danger. Tu tiens toujours à savoir ?

Devant le silence de son camarade, elle supposa que c'était le cas.

- Il y a vingt-et-an de cela, je voyais le jour, à Neims. A cette époque, tout était magnifique, une véritable utopie. Je voyais tout ces paysages, ces coutumes et les gens avec mes grands yeux d'enfant, curieuse de tout. J'ai passé les premières années de ma vie dans un confort hallucinant, j'ai eu la chance d'apprendre à lire et à écrire, à compter. A dix ans, alors que la majorité de mes amies travaillait déjà dans des conditions plus que précaires, moi, je m'instruisais. J'ai eu la chance d'avoir des parents intelligents qui mettaient en avant mon apprentissage et ma culture, mais malheureusement pour eux, ces années consacrées à mon éducation se sont retournées contre eux ... Je m'explique. A l'adolescence, j'ai pris un chemin différent des jeunes. Je ne cherchais que la rébellion, surtout après la mort de ma mère. Je venais d'avoir treize ans, et les désirs d'indépendance de Nailika se faisaient de plus en plus grandissants. Seulement, j'avais étudié de nombreux cas similaires, j'ai parlé à beaucoup d'historiens, puis je me suis prise de passion pour les échanges internationaux, et une chose était claire : ne serait-ce qu'économiquement, Nailika ne pouvait pas subvenir seule. J'ai essayé d'en parler à mes proches, à les faire prendre conscience qu'une telle chose allait être néfaste pour ce pays que j'aimais tant, mais personne ne voulait m'écouter. Très vite, je suis devenue le mouton noir de la famille. Critiquer tout, aller contre la politique du pays, multiplier les manifestations illégales et passer quelques nuits en prison à quinze faisaient très mauvais effet. Surtout que tout cela était vain. Mes frères et sœurs, quant à eux, filaient droit. Personne ne voulait comprendre, et même à l'époque, les familles aisées comme les miennes avaient une influence considérable dans la société. Seulement, c'est à cet âge là où j'ai fait le rapport entre mon pouvoir et les mystérieux artéfacts ...

Laly continuait son histoire, sans vraiment savoir si Llednar lui portait la moindre attention. Elle déroulait toute sa vie avec une facilité et une impudeur impressionnantes pour une jeune fille qui s'était autant cachée durant des mois. Mais voilà, c'était Llednar. Si son interlocuteur avait été différent, la situation n'aurait pas été la même. Elle lui faisait confiance et continuait son récit avec des détails de plus en plus précis. Puis, elle le termina avec le coup de grâce, le fameux secret qu'elle avait mis tant de temps à dissimuler était à présent dévoilé furtivement. Quelle ironie. Un silence gêné suivit les longues minutes de monologue de la jeune femme.

- Voilà voilà. Tu sais tout, je n'ai plus aucun secret pour toi à présent. Mais pas si vite : toi aussi tu caches quelque chose. Tu m'avais parlé de cette fameuse jeune fille sur le bateau en partance d'Hovo. Je crois qu'il est tant que, toi aussi, tu te livres.
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Ven 23 Déc - 20:28

Llednar se surprit lui même à sourire. Il n'était même pas étonné par cette révélation. D'une voix nonchalante, il lui répondit:

-Je m'en doutait. Ils te regardaient tous d'une si étrange façon.

Il poussa un soupir, et leva les yeux au ciel, avant de se laisser chuter sur l'herbe sèche. Pendant quelques instants, il observa les nuages défiler, la gorge serrée, hésitant à se confier ou pas. Elle l'avait fait, sans la moindre hésitation, et il s'était juré d'être quelqu'un de droit. Il était donc logique qu'il le fasse à son tour, mais ce n'était pas chose aisée. Il n'aimait pas parler de ce genre de choses, qui ne le regardaient que lui. Les gens ne se confiaient qu'à leurs amis, pas à n'importe qui. Pourtant, après tout, suite à ce mois de voyage commun, de silences échangés, ne l'étaient-ils pas devenus?

-D’accord. Je vais tout te raconter. Je ne le répéterais pas, alors ouvre bien tes oreilles. Voilà comment je l'ai connue...



-Mais…qui êtes vous ?

C’était la première fois qu’elle m’adressait la parole. Jusque là, je m’étais contenté de lui apporter de quoi se nourrir quand je le pouvais, ou de l’aider discrètement si elle en avait besoin, mais c’en était trop, j’avais besoin de lui parler. Ce jour-ci, je l’avais vu tousser dans la rue, sans cesse, jusqu’à qu’elle se mette à cracher son propre sang. Je ne savais pas encore de quoi elle était malade, ni qui elle était, mais quelque chose me poussait à lui apporter mon soutien, je ne saurais dire quoi. J’avais dix-sept ans à cette époque. Dans les états centraux, les journées étaient assez froides, car les villages sont situés sur des montagnes. Ainsi esseulée et si peu vêtue, elle devait sans aucun doute être frigorifiée. Je lui avait trouvé une grande couverture de laine, la plus épaisse qu’il était possible de faire, et la lui avait apporté, avant de l’inviter dans le taudis où je vivais, une sorte de cabane miteuse meublée d’un simple lit, d’une petite table et de quelques rangements sommaires. Ce fut là, avec une boisson chaude entre les mains, qu’elle me demanda mon identité, daignant m’adresser la parole, à moi qui n’était qu’un moins que rien.

-Mon nom est Llednar.

Je n’avais aucune idée du ton à aborder en lui parlant, d’autant que je n’avais aucune idée de qui elle était. Elle fut prise d’un petit rire, harmonieux et contagieux, à la fois fébrile et puissant. J’aurais du m’esclaffer moi aussi, mais je ne voyais pas vraiment ce qu’il y avait de comique. Je me rendis compte, bien plus tard, que c’était tout simplement mon comportement, ma timidité qui la faisait ainsi sourire.

-C’est un drôle de nom. Mais ce n’est pas suffisant, si ? Tu as forcément un nom de famille…

Je lui fis non de la tête. Depuis tout petit, je savais que je me prénommais ainsi, mais je n’ai jamais eu le moindre souvenir de ma famille. De toute façon, il était inutile de me désigner par un titre partagé, étant donné que j’avais toujours été seul. Elle me regarda d’une façon étrange, en fronçant les sourcils d’un drôle de façon, avant d’avaler une gorgée, puis de passer une main dans ses cheveux blonds, qu’elle portait assez longs. Ils devaient lui arriver jusque dans le dos. Une mèche venait toujours la déranger en tombant ses yeux, cela lui faisait bien souvent piquer de grandes crises qui se terminaient toujours en fou rire, jusqu’au jour où elle décida sagement de se la couper. Nous avons échangés un premier regard, puis nous avons compris qu’à partir de ce jour nous n’étions plus seuls. Chacun de notre côté, nous étions désespérés, mais ensemble, une lueur restait toujours allumée. Malgré notre situation peu enviable, nous étions heureux à cette époque.

-Moi, c’est Nino Nezzyl. C’est plutôt marrant, mon prénom et mon nom de famille commencent par la même lettre. Non ?

-Si, bien sur. C’est…marrant…

J’ai appris plus tard qui elle était vraiment. Les Nezzyl formaient une famille plutôt influente dans les états centraux. Ils possédaient des terres, avaient les mêmes idées politiques que les élus locaux, étaient plutôt appréciés. Mais lorsqu’ils avaient appris que Nino était malade, ils l’avaient abandonné, préférant la laisser crever plutôt que devoir se charger d’une traînée comme elle, dont les frais médicaux seraient importants, et ça malgré la fortune dont ils disposaient. Je ne m’y connaissais pas dans le domaine de la médecine, et je ne m’y connais pas plus maintenant, mais d’après ses dires, ce qu’elle avait lui empêchait de faire bien des efforts physiques. Parfois, elle était prise de convulsions, s’évanouissait sans prévenir, parfois pendant plusieurs jours. D’autres jours, il lui arrivait de cracher son sang. Moi, je la voyais souffrir le martyre sans rien pouvoir faire de plus que de la réconforter par ma présence, ou d’aller lui chercher tout ce qui lui faisait envie.

Les gens avaient conscience de notre existence, mais ils se fichaient bien de nous. Dans les grandes villes, et encore plus dans celles de mon pays d’origine, on ne prend pas le temps de se soucier d’autrui. Il faut travailler, créer le plus possible, vendre, récupérer de l’argent, mais ne pas se préoccuper de ceux qui sont à la traine. À leurs yeux, nous n’étions que des déchets, incapables de réaliser quoi que ce soit. Mais pourtant, nous gardions le sourire. J’ai appris à travailler le textile et l’acier, puis j’ai ouvert ma propre échoppe. Le succès restait relatif, mais cela nous permettait de vivre de façon plus ou moins honnête. Il y avait néanmoins bien des fois où nous avons du voler. En général, je m’en sortais toujours parfaitement. D’autres fois, en revanche…

Cette nuit-ci par exemple. Il y avait dans la demeure que je ciblais de quoi tenir pendant des mois. Un coffre entier dont le mécanisme d’ouverture était d’une simplicité débordante, rempli de pièce d’or. Au beau milieu de la nuit, sans le moindre effort, j’avais pénétré dans le bâtiment, et je m’apprêtais à emporter tout mon butin, quand plusieurs gardes armés jusqu’aux dents me barrèrent la route. Fort heureusement, le sac d’or était déjà en sécurité, dans une de nos petites planques, mais je restais dans une situation pour le moins délicate. Je pensais pouvoir m’en sortit par quelques acrobaties une fois de plus, mais ils m’interceptèrent, et furent même prêts à me trancher la tête sur le coup.

-Mais lâchez-le ! S’il vous plait ! Nous n’avons même plus le droit de passer où nous voulons dans cette ville ?

Ce ne furent pas tant les propos de Nino que son joli minois qui me sauvèrent la mise. Lorsqu’ils décidèrent à contrecœur de me laisser filer, nous partîmes main dans la main, et nous les entendîmes hurler de colère lorsqu’ils se rendirent compte que le contenu du coffre avait disparu. Il était déjà trop tard : nous étions réfugiés à un endroit où ils ne pourraient pas nous trouver.

-Tu m’en dois une on dirait ! me glissa-t-elle en reprenant son souffle, un sourire figé sur les lèvres.

-Ouais…je t’emmènerais au sommet de l’Aörgh, si tu veux.

-Vraiment ? Haha, génial !

L’Aörgh, la plus haute montagne de notre pays. Il fallait une demi-journée à cheval pour s’y rendre et nous ne disposions d’aucune monture, mais cela n’avait pas la moindre importance. Nous étions des êtres libres, vagabondant de ville en ville, riant au nez des gardes. Je me rendais régulièrement chez un médecin de renom, et lui dérobait tous les soins dont Nino avait besoin. Je crois qu’il s’en rendit compte, mais cet homme n’agissait pas pour l’argent. Son désir était de guérir les malades, et je ne faisais jamais que m’occuper de l’un d’entre eux. Je savais qu’il était mal de voler, mais je n’avais vraiment pas le choix. Si je perdais Nino, je perdais tout ce que j’avais. Lorsque l’on en arrive à ce genre de choses, le larcin devient quelque chose de gentillet.

Comme promis, je l’eu emmené au plus haut sommet des états-centraux, pour le crépuscule. C’était il y a quelques mois, peu avant que je vous rejoigne à vrai dire. Assis côte à côte, les pieds dans le vide et les cheveux dans le vent, nous nous embrassâmes longuement pour la première et la dernière fois. Dans un souffle, je lui promis qu’il ne lui arriverait jamais rien tant que je serais là, je lui affirmai une fois de plus que je l’aimais plus que tout au monde. Elle riait, heureuse, et le seul son de sa voix me faisait partager ce bonheur.

-Arrête un peu de jouer au héros…tu en fais déjà assez comme ça.

Tout se passait pour le mieux. Nous dormîmes là-haut, et rentrâmes chez nous au petit matin, prêts à reprendre notre quotidien. Pendant encore bien des semaines, nous vécûmes heureux. Nous étions jeunes, mais nous étions conscients de ce qu’il fallait faire pour réussir. Notre étale marchait de mieux en mieux, tandis que le médecin nous apportait de lui-même les soins dont Nino avait besoin. Peu à peu, tout semblait rentrer dans l’ordre, et nous étions prêts à reprendre une vie dont chacun aurait pu rêver. Oh, j’ai oublié de le mentionner, mais Lev m’accompagnait depuis déjà plus d’un an. Heureux de réussir enfin à nous intégrer, nous ne vîmes pas la guerre arriver. Alors que je m’étais absenté quelques jours pour aller faire affaire à une ville alentour, tout brûla.

Lorsque je revins parmi les miens, je ne pu trouver que désolation et ruine. Le feu consumait des bâtiments entiers, et il n’y avait pas âme qui vive. Apercevant au loin des officiers nailikans, je me permis d’aller écouter leur conversation. J’appris par cette filature qu’un camp pour les prisonniers allait se dresser près de Rednow, tandis que Lev intercepta au même moment cette missive de l’Oran, précisant qu’une réunion aurait lieu à Nora, avec comme but de retrouver Nigfol. En ayant déjà entendu parler et sachant que le groupe qui serait formé se dirigerait vers Nailika, j’ai décidé de faire en sorte de l’intégrer.




Llednar releva les yeux vers son interlocutrice. En se confessant ainsi, c’était un véritable poids qui venait de s’envoler, mais la pression restait palpable.

-Je doute que ceux qui la retiennent lui donnent les soins dont elle a besoin…depuis plus d’un mois…il faut que je la retrouve…elle est tout ce que j'ai.

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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Ven 23 Déc - 21:20

Laly avait baissé les yeux durant toute l'histoire de son interlocuteur, dissimulant avec habileté les larmes discrètes. Elle n'avait jamais été douée pour réconforter ou pour trouver les mots qu'il fallait, mais c'était sans doute la même chose pour lui. Finalement, tout les différenciait. Elle venait d'une famille puissante, il était un voleur. Il était amoureux d'une jeune fille malade, elle était là pour son peuple. Leurs ambitions, leurs origines, leurs motivations ... Rien de pouvait laisser entrevoir de quelconques atomes crochus entre eux. Mais pourtant, ils venaient de révéler mutuellement la partie la plus secrète de leurs vies respectives. Cet instant était doté d'une certaine magie, une sensation bien particulière. Ils étaient tous les deux, avec les flammes dévorantes, seuls au monde.

Laly, plus précisément dans son enfance, avait connu quelques jeunes de son âge, qu'elle ne considérait pas vraiment comme des amis. Depuis gamine, elle voulait avancer seule. Mais là, elle voyait en Llednar une épaule sur laquelle se reposer. Bien sûr, ils n'allaient jamais se jeter dans les bras l'un de l'autre, faire des discours larmoyants ou autre preuve d'affection exacerbée parce que tout cela ne leur correspondait pas. Non, la révulseuse et le rôdeur ne mangeaient pas de ce pain là. Depuis un mois, il n'y avait eu aucun contact physique entre eux, pas la moindre poignée de main, pas une petite tape affectueuse sur l'épaule. Rien de rien, si ce n'est des gestes quelconques.

- La mission que tu t'es confiée est honorable, j'espère que tu la retrouveras saine et sauve. De tout cœur. Voilà, ce que je viens de dire est d'une banalité absolument terrifiante, mais je t'avoue que je ne sais pas quoi dire de plus sans tomber dans le pathos.

Elle avança ses mains vers le foyer ardent. Dans une tenue si légère, ses mains avaient viré vers le bleu.
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Ven 23 Déc - 21:45

Llednar était totalement abasourdi par toutes les révélations qu’il venait de faire. Ce fut avec étonnement qu’il se rendit compte qu’il avait presque pris plaisir à raconter tout cela, à énumérer quelques détails sans la moindre importance. Grâce à ce bien long discours, il avait repensé aux moments heureux qu’ils avaient vécu ensemble, et cela lui donnait du baume au cœur. Il venait de retrouver toute la motivation dont il avait besoin pour la suite. Néanmoins, il ne comptait rien changer de son comportement pour autant. Certes, il lui arrivait d’être joyeux, mais ce n’était ni le moment ni le lieu pour cela. Il verserait des larmes plus tard, une fois que cette histoire serait terminée.

-Il n’y a rien à dire de plus, mais il reste encore beaucoup à faire. Nous avons tous deux des objectifs bien différents. Je me fiche du destin du peuple nailikan tout autant que je resterais de marbre si j’apprenais la mort d’Alix. Je te dirais bien que ton histoire me touche, mais je ne suis pas là pour jouer au héros.

Il se redressa et alla s’asseoir près de Laly, en la fixant un petit instant avant de replonger son regard dans les braises rougeâtres. Il avait une dernière chose à dire avant de se replonger dans le silence, et elle seule pouvait l’entendre. Les autres l’auraient bien trop mal pris, l’auraient pointé du doigt, mais elle, elle le comprenait. Elle l’avait elle-même dit, ses agissements étaient honorables.

-Je ne vous accompagnerais pas jusqu’à Nigfol. Dès que nous aurons passé la frontière, je vous quitterais, peut-être pour ne plus jamais vous revoir. Le camp dans lequel ils la retiennent se situe un peu plus à l’Ouest. De nuit, j’irais la délivrer, et nous repartirons tous les deux vers Hovo. Si jamais tu revoies les autres, Laly, pourras-tu saluer Zia de ma part ?

La rouquine était la seule pour qui il avait le moindre intérêt. En plus de son charme naturel, elle avait quelque chose dans son comportement qui débordait d’une joie de vivre, celle-là même qui manquait terriblement à Llednar. À ses côtés, il s’était senti heureux, pendant un court moment de leur périple, mais cela lui suffisait pour lui être reconnaissant. Lentement, il leva son bras, et posa sa main sur l'épaule de la révulseuse dans un geste presque solennel. Pendant plusieurs secondes qui parurent durer une éternité, il la fixa droit dans les yeux, lui promettant silencieusement qu'il ne dirait rien aux autres. Finalement, la personne qu'elle était réellement importait peu. Seuls ses actes étaient jugeables, hors elle n'agissait que par soucis d'aider les autres. En cela, elle était quelqu'un de bien, et c'était tout ce qui comptait. Llednar rajouta une règle aux nombreuses qui dictaient sa vie. Il l'avait oublié pendant longtemps, mais s'en était souvenu aujourd'hui, et trouvait qu'elle résumait parfaitement son mode de fonctionnement. Ne pas jouer au héros.

Irwan avait acheté tout ce dont il avait besoin, et avait même réussi à dégoter cinq chevaux en bon état. Néanmoins, Geralt avait raison. Blessés, Llednar et Alix serraient des poids et les ralentiraient. Il entraîna son camarade un peu plus loin, veillant bien à ce qu'ils ne puissent pas être entendus, et lui dit:

-Écoute...je suis d'accord sur le fait qu'il faut les soigner, mais je pense également qu'il faut envisager le fait de laisser Alix ici. Quelqu'un comme elle n'aurait aucune chance à Nailika. Les hovoïtes sont accueillants, ils s'occuperont d'elle comme si c'était une enfant du pays, tu le sais bien toi aussi. Qu'en penses-tu?

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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Ven 23 Déc - 22:43

Laly avait la gorge serrée : elle regardait son interlocuteur avec ses yeux brillants. En sentant cette main sur son épaule, lourde de signification, elle scellait un contrat invisible avec Llednar : celui de ne jamais révéler le secret de l'autre. Certaines des choses qui s'étaient dites autour de ce modeste feu de camp finiraient par éclater au grand jour, elle le savait. Mais pouvoir compter sur un ami, c'était le plus important.

- Je n'ai jamais été amoureuse, tout cela me paraît bien trop abstrait. J'étais convaincue et je me plaisais dans mon rôle d'éternelle célibataire. Quand je voyais les déchirures que l'amour provoquait, les pleurs, le mal-être ... Je m'y suis protégée. On dirait pas comme ça, mais je suis quelqu'un de sensible. Mais là, quand je vois la force, la détermination et le souffle de vie que ce sentiment t'apporte ... Je dois certainement passer à côté de quelque chose, finalement.

Elle baissa les yeux, presque honteuse de l'aveu qu'elle venait de faire. Puis, elle se mit à rougir. Elle posa une main furtive sur le bras de son désormais ami, et fit un léger sourire.

- Ne t'en fais pas : je ferai passer le message. Sauve-la.

Alix était bien loin de se douter de ce qu'il se tramait dans son dos. Au contraire, elle pensait déjà aux nombreuses aventures qui l'attendaient avec sa nouvelle famille ...
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Sam 24 Déc - 10:19

Pendant un court instant, leurs mains s’entrecroisèrent. D'aucuns auraient pu prendre cela pour un signe d'affection discret, mais Llednar se contenta de repousser celle de son amie avant de repartir silencieusement sans demander son reste. Tout était dit à présent, et les histoires de cœur de Laly ne l’intéressaient pas le moins du monde. Il retourna en ville et y trouva rapidement ses deux aînés, livrant messes basses sur la petite place. Vu leurs expressions, il était dès lors évident que quelque chose de louche se tramait. Réellement agacé par le fait qu'il puisse encore y avoir un tel manque de confiance entre eux, le rôdeur alla se placer à leur côté, et leur demanda, inflexible:

-Que se passe-t-il?

Ce n'était pas de la curiosité, mais bien une forte d'autorité dont il faisait preuve. Irwan en fout tout d'abord surpris, mais savait que ce genre de réaction était naturelle. Après un mois de voyage commun, chacun avait le droit d'exiger d'être mis dans les secrets de l'autre. Qui plus est, ce qu'il se disait ici concernait tout le monde, alors autant le faire partager. D'un ton nonchalant, l'historien répondit au jeune homme.

-Nous pensions à laisser Alix ici. Sa place n'est pas au combat, surtout depuis que...

-Je suis d'accord. Je vais lui annoncer.

En jetant un rapide coup d'œil, il se rendit compte que la petite tapissière n'était pas bien loin. Lev, posé sur son épaule, se laissait caresser docilement, semblait même l'apprécier. C'était un fait rare. En règle générale, le petit rapace ne se laissait approcher par personne d'autre que son maître. Lorsque Zia avait voulu l'approcher, il y avait de cela bien longtemps, il n'avait répondu que par un cri de négation et lui avait lancé un regard perçant, presque effrayant. Aujourd'hui, il était paisible. Llednar posa une main sur l'épaule d'Alix, et lui fit signe de la tête de le suivre. Une fois qu'ils furent proche d'un banc, le jeune homme l'invita à s'y asseoir, tandis que lui restait debout. Il poussa un léger sifflement, et Lev vint se poser sur son épaule, tandis qu'il observait sa cadette sans être attristé pour autant. Elle avait déjà fait un bon bout de voyage avec eux, alors qu'elle n'aurait même pas du y prendre part, alors elle n'avait pas à se plaindre.

-Tu restes ici. On ne veut plus de toi.

Il aurait pu et aurait sans doute dû être subtil, mais il n'avait plus aucune pitié à présent. Elle serait bien mieux ici, et ils seraient bien mieux sans elle, et de ce fait les faux-semblant n'avaient pas leur place dans cette déclaration.

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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Sam 24 Déc - 10:57

Coup de massue. "On ne veut plus de toi". Alix ne savait pas quoi faire, si elle devait rire ou pleurer ou simplement se taire. Elle regarda avec ses grands yeux ronds Llednar, toujours impassible. C'en était presque agaçant, à croire qu'il en ressentait jamais rien et que blesser les autres lui faisait pratiquement plaisir. Elle pinça ses lèvres et regarda autour d'elle : ce lieu n'avait rien de charmant et la jeune tapissière ne se voyait pas grandir ici, loin de tout ce qu'elle avait connu, de son village, de sa famille biologique et de sa famille de cœur. Pour la première fois de toute l'aventure, son regard était haineux.

- Je n'ai pas envie de prouver une nouvelle fois que j'ai ma place parmi vous, qu'importe ce que je ferai, ce ne sera jamais assez. Je ne pars pas avec vous ...

Lev s'était envolé. Alix ne le voyait plus, mais il n'était sans doute pas très loin. Elle se leva du banc, regarda son interlocuteur de bas en haut, avec presque du mépris, et partit vers Irwan et Geralt.

- Je suis un boulet, d'accord. Je vous ai sans doute apporter plus d'ennuis que d'avantages, j'ai un corps faible, je ne sais pas nager, j'ai accumulé les bourdes ... Normal que vous vouliez vous débarrasser de moi. Puis, j'étais là en tant qu'incruste depuis le départ et ce rôle d'idiote me collait à la peau. Vous allez dire que c'est pour mon bien, et gnagnagna ... j'accepte. Je ne pars pas retrouver Nigfol, mais je ne reste pas pour autant ici. Je ne suis pas un animal qu'on abandonne à la première maison venue. Adieu.

Alix courut vers les bois, sans se retourner. Son acte prouvait son immaturité, mais elle était terriblement blessée par cette trahison des gens qu'elle aimait. Revoir Zia et Oloren, et le Prince, était à présent inimaginable. Elle savait parfaitement qu'aucun d'entre eux ne partirait à sa recherche, qu'elle était à présent seule.

Laly, quant à elle, avait remis sa tunique rouge et éteignait peu à peu les braises ardentes. Voir Alix, essoufflée et déboussolée, arriver comme une furie n'était pas normal : il se tramait quelque chose.

- Alix, qu'est-ce que ...

- Adieu !

Elle fuyait, laissant la révulseuse outrée par ce qu'il venait de se passer. Elle ne pouvait rien faire, rien du tout. L'adolescente courait vite et sa silhouette avait déjà disparu dans d'épais feuillages. Alix supposait une chose : c'était la dernière fois qu'elle les verrait. Plus jamais elle ne voulait avoir affaire à eux. Plus jamais elle ne voulait s'attacher à des gens en vain.
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Sam 24 Déc - 16:33

Deux mois s'étaient écoulés depuis qu'elle avait quitté la chaumière du vieux marchand. Habeth avait suivi ses conseils, et avait marché vers Hovo, dans l'intention de s'arrêter dans un port et d'embarquer sur un bateau qui la mènerait à Luuwr. Sans cesse, elle s'était méfiée des passants qui parcouraient la route à ses côtés, et se débrouillait pour se laisser distancer. Le doute qu'une Ombre l'épie à son insu la tenaillait, elle avait pris l'habitude de ne parler à personne.
Quand elle arriva dans un grand village, nommé Morhen, elle chercha une épicerie. Elle n'avait plus suffisamment de vivres pour tenir jusqu'à Luuwr, et préférait se ravitailler avant de prendre la mer.
Lorsqu'elle arriva devant l'échoppe d'un marchand, celui-ci était en pleine discussion avec une femme à l'opulente poitrine. Le regard du premier allait souvent vers la seconde.

"Et donc j'l'avions tenu à l'oeil, l'lascard, parce-qu'il avait une sale tête, s'vous voyez c'qu'nous voulions dire, m'am. Une tronche de voleur, rien de moins!... J'l'avions chassé d'mes poings, oui m'am, d'ces poings qu'vous z'y voyez ci là, ceux-ci et nuls autres! Y z'ont pris la poudre d'escampette, ces sales va-nus-pieds!"

A ces mots, Habeth releva la tête et observa l'homme à travers les mèches de ses cheveux auburn. S'il ressemblait à un personnage illettré et grossier, elle le supposait dire la vérité, du moins au sujet des voyageurs. Quant à sa prétendue bravoure...

Après avoir payé ses vivres et remercié le marchand, Habeth marcha dans la direction indiquée par celui-ci. Le meurtre de son mentor était encore présent à son esprit, comme une plaie qui aurait du mal à cicatriser. Si les recommandations de son professeur d'armes l'avaient guidée sur la voie de soldate, elle n'en pouvait plus. Marcher, sans cesse, fourbue, affamée, sans pouvoir espérer rien d'autre que la fuite. Les sept ombres la suivaient encore, elle les avait aperçus à plusieurs reprises, menaçant et noirs. Incapable de prendre un décision, elle se remémora les mots de son mentor.
Pas un regard en arrière.
Vengeance. Voilà tout ce que son cœur clamait aujourd'hui. Pour en finir avec ces remords, et tous ces "et si...", Habeth était décidée à rendre la pareille aux Nailikans. Peu lui importait qu'on la croie morte à Luuwr, peu lui importait qu'on fasse ses condoléances à ses parents, en sécurité dans leur forêt à Hovo. Elle rejoindrait l'armée plus tard, se dit-elle en sachant pertinemment qu'elle se mentait. Quelle importance, la désertion ? Peu lui importait, encore, que ses victimes n'aient pas personnellement pris part à l'assassinat de son professeur, tout ce qu'elle voulait, c'était qu'Igole Vrag pleure ses morts autant qu'elle.

A la recherche d'une auberge où passer la nuit, Habeth eut envie de passer par la place centrale. Parmi tous les visages, elle cru reconnaitre quelques vieilles connaissances de ses parents. Se rassurant en se disant qu'elle avait bien grandi, changé, et que de toute évidence il serait difficile -sinon impossible- de la reconnaitre sous ses habits tachés de boue et usés, elle n'hésita pas à fendre la foule pour rejoindre le centre de la place. Après tout ce temps passé en solitaire, sentir l'odeur des gens lui étourdissait les sens, l'emplissait de joie. Mais une part de son esprit la poussait à la méfiance.
Au loin, elle aperçu des cheveux longs, un visage connu, mais impossible de mettre un nom sur cette figure mangée par la barbe. Toutefois, comme elle lui était manifestement connue, Habeth s'avança dans sa direction. En s'approchant, la jeune fille vit que l'homme était accompagné.
Sans que sa main droite ne quitte le pommeau de sa dague, Habeth posa la gauche sur l'épaule de cet inconnu. Celui-ci se retourna et darda sur elle ses yeux foncés.

- Vous êtes Irwan Knell! Je sais où je vous ai vu. Vous étiez au palais d'Oran, il y a de cela des années. Vous ne me reconnaissez probablement pas. Je n'étais qu'une petite fille. En revanche, des rumeurs courent sur vous, et..." Habeth jeta un regard à droite, à gauche, puis souffla: "Nous ferions mieux de poursuivre cette conversation entre quatre murs."
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Dim 25 Déc - 18:38

Irwan, qui était encore relativement sous le choc du départ précipité et des déclarations insensées d'Alix, ne se rendit pas immédiatement compte de la présente de la jeune femme qui venait de l'aborder. Néanmoins, lorsqu'elle évoqua son nom, il ne put faire autrement que de la regarder, en se maudissant de réagir de la sorte. Qui qu'elle soit, il ne fallait pas lui dévoiler leur véritable identité, hors en réagissant ainsi, il avait sans doute confirmé à son interlocutrice qu'elle ne se trompait pas. Au premier coup d'œil, sa ressemblance avec la petite Zia le frappa, pour deux raisons. La première était leurs longues chevelures respectives, toutes deux d'un roux assez foncé, puis la seconde, bien plus évidente, était le fait que ses pieds ne touchaient pas le sol. Elle était donc marcheuse elle aussi. Préférant jouer le tout pour le tout avec la carte du déni, l'historien répondit:

-Vous faites sans doute erreur. Quant bien même je serrais Irwan Knell, je ne vois pas ce que je ferrais dans un coin comme celui-ci, surtout en tant de guerre. L'Oran a bien besoin de cette homme.

Finalement, il était assez content de lui. Ce n'était qu'une improvisation ridiculement courte, mais la nonchalance avec laquelle il avait prononcé ces quelques mots lui semblait assez convaincante. Préférant changer de sujet et détourner la conversation plutôt que de laisser le doute s'installer dans l'esprit de la jeune femme, il enchaîna:

-Vous faites partie de l'armée, je me trompe? C'est bien loin de vos frontières que vous vous trouvez, jeune luuwrienne...

Llednar avançait, les mains dans les poches, vers son amie restée dans le petit recoin forestier. La fuite de la gamine n'était pas un drame, bien au contraire, c'était sans aucun doute pour elle tout ce qu'il y avait de plus bénéfique. Droit comme un piquet, il resta à quelques mètres de la révulseuse, et la regarda comme si rien ne s'était passé entre eux auparavant. Ils savaient désormais la vérité l'un sur l'autre, mais ce n'était pas pour autant qu'il fallait la rabâcher constamment, sans quoi ces secrets n'en seraient même plus.

-Elle est partie?

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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Dim 25 Déc - 19:29

Le feu s'était éteint : Laly écartait les bûches consumées du chemin forestier, n'accordant qu'une importance minime à la fuite d'Alix. Cette adolescente au caractère infantile changeait d'avis comme de chemise et la révulseuse ne l'imaginait pas loin d'eux. Elle s'était prise d'affection non seulement pour Zia et Oloren, mais aussi pour Irwan et Elevir. Puis, il fallait se rendre à l'évidence : seule, au milieu de la forêt, elle n'avait strictement aucune chance. Trop naïve, trop fragile avec un besoin d'amour beaucoup trop grand. Elle n'avait pas le discernement nécessaire et les capacités physiques pour survivre dans la nature solitairement, sans provisions et sans carte ... D'un côté, même avec une boussole, une carte et un nombre de vivres suffisantes pour nourrir un régiment, Laly doutait qu'elle puisse s'en sortir indemne.

Revêtue de son habit rouge, la jeune femme relevait ses manches lorsqu'elle vit Llednar. Décidément, il avait sans doute plus parlé en une heure qu'en plusieurs semaines. Après les révélations qu'ils s'étaient faites, elle ne voyait pas en lui un amoureux déchiré et froid, mais juste un jeune homme avec une histoire. Qu'importe les motivations et les désirs de chacun, elle appréciait. Pas parce qu'il était sympathique, mais parce qu'il était sincère. Dans ses gestes, dans son comportement et dans le peu de ses paroles.

- Elle est partie par là bas
, dit-elle en montrant du doigt le coin plus sombre de la forêt. Au moment où j'ai voulu lui parler, elle m'a lancée un furtif "adieu". De toute manière, on connaît tous Alix : il lui passe de drôles de choses par la tête... Je ne la vois pas vivre seule dans la forêt, avec les Ombres qui rôdent, les dragons et les ... rats.

A l'évocation de l'animal répugnant, Laly frissonna : seul son interlocuteur avait eu vent de sa peur phobique. Elle secoua la tête, ramassa ses effets personnels et détacha ses cheveux. De là où ils étaient, ils ne pouvaient pas voir le reste du groupe. Après avoir vérifié qu'elle n'avait pas laissé de preuve compromettante de sa venue, elle demanda :

- Bref, tu sais quand on repart ?
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Louis
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Dim 25 Déc - 23:17

Elevir regarda à la fois Alix et Irwan. Il partageait l'avis d'Irwan sur la dangerosité de la quête, mais il ne pouvait se résoudre à laisse la jeune fille seule dans la forêt. Alors qu'Irwan engageait la conversation avec une jolie inconnue, le voleur la suivit. Néanmoins, la jeune fille courait, et il la perdit de vue très vite, n'ayant plus la vivacité de ses vingts ans. Il passa devant Laly et Llednar, et continua dans la direction que ceux ci lui indiquèrent. Au bout d'une demi-heure de marche, il finit par retrouver la jeune fille, pleurant toutes les larmes de son corps. S'accroupissant près d'elle, il resta silencieux pendant un long moment, et lui tendit un mouchoir lorsque celle ci tourna les yeux vers lui. La petite n'avait pas bonne mine...
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Pomme
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Lun 26 Déc - 0:04

Au bout de quelques minutes de courses effrénée, Alix avait percuté la racine d'un arbre, s'était tordu la cheville, atterrissant la tête la première dans un tas de feuilles mortes. Les bras et les genoux égratignés, elle tenta tant bien que mal de se relever, mais sa commotion cérébrale n'arrangeait pas vraiment les choses... L'adolescente voyait désormais flou, les alentours se brouillaient dangereusement. Elle pris donc appui sur le tronc d'un arbre, puis glissa tout le long pour arriver par terre. Les yeux vitreux, elle soupira longuement.

- Quelle nulle.

Elle repensait à tout un tas de choses, aux moindres détails de son aventure. Elle avait juré à Melody qu'elle serait utile, qu'elle ferait son possible pour ne pas être le boulet de service du groupe. La militaire lui avait fait confiance, et elle était morte. Finalement, la petite tapissière se disait qu'elle avait eu tort. Depuis toujours. Elle aurait du écouter ses parents, arrêter de perdre son temps à vouloir étudier et apprendre à lire. Elle n'aurait jamais du faire diversion à Nora pour aller sur ce maudis bateau et s'endormir. Elle n'aurait jamais du insister pour rester parmi eux et continuer la quête sans rien connaître de Nigfol et des artéfacts en général. Elle n'aurait jamais du choisir ce cheval nain et avoir un comportement si puéril. Oui, c'était bien cela le problème : à défaut d'avoir eu une enfance enrichissante, elle rattrapait le temps perdu, et son comportement n'était pas celui d'une adolescente mais plutôt celui d'une vulgaire gamine. En repensant à toutes ses erreurs, elle commença à pleurer. Des sanglots dans la voix et les joues humides, elle n'aperçut pas immédiatement Geralt. Après un sursaut, elle s'exclama :

- Qu'est ce que tu fais là ? Maintenant, je compte quand même un peu pour toi ? Pff, tout ça c'est des histoires ... Tu voulais m'abandonner, comme tous les autres.


Alix ne pensait pas ce qu'elle disait, elle aimait beaucoup Geralt. Mais elle était blessée, terriblement blessée. Après un long silence lourd de sens, elle s'effondra de nouveau ... dans les bras de son ami.
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Louis
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Lun 26 Déc - 9:22

Elevir ne savait pas comment réagir face au silence qui s'était installé. Il se creusait la tête encore et encore pour trouver quelque chose à dire... La place d'Alix n'était pas dans l’expédition, c'était évident. Mais voir la jeune fille dans cet état lui brisait le coeur. Il ressentit une forte gêne, lorsque la paysanne s'effondra dans ses bras. Il la serra dans ses bras, cherchant désespérément quelque chose à dire.

- T'inquiètes pas, ça va aller...

Sérieusement? il ne pouvait pas trouver mieux que ça? Elevir était affligé de dire de telles banalités... Il la prit par les épaules, et dit : "Tu sais, si les autres voulaient te laisser au village, c'est parce qu'ils s'inquiètent pour toi. Nailika est dangereuse, même pour les jeunes filles aussi courageuses que toi..."
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Margogotte
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Lun 26 Déc - 13:07

Malgré la réponse négative d'Irwan Knell, Habeth n'avait pas cillé. Si son manque de concision la trahissait parfois, sa mémoire, elle, ne lui faisait jamais défaut. Elle gardait encore dans sa tête la vision de cet homme cultivé, plus jeune, plus vif peut-être. Celui qui se tenait devant elle était, bien que plus âgé, même si des rides plissaient le bord de ses yeux, semblable en tout autre point à son souvenir.
Il avait tenté de l'ignorer, bien sûr, avait fendu la foule pour s'éloigner d'elle après lui avoir répondu, et cette réaction avait conforté la jeune fille dans sa certitude.
Agacée, elle avait fini par attraper Irwan Knell par le bras et le forcer à la regarder en face:

" N'essayez pas de me tromper. Je sais ce que j'ai vu, et ce que je vois en cet instant. Je ne vous veut aucun mal, alors pourquoi me fuir ? Je souhaite simplement vous parler.

En cela, Habeth avait confiance. Cet homme cultivé, cet homme qui tenait une place importante dans la politique d'Oran, savait des choses qui pourraient lui être utiles. Les gens jasaient pas mal, dans les camps de l'armée Luuwrienne. On racontait certaines choses à propos d'un groupe de voyageurs, partis à la recherche d'une arme suffisamment puissante pour renverser Nailika et rétablir la paix. Durant les deux mois qui s'étaient passés avant qu'elle ne rejoigne Hovo, Habeth avait entendu d'autres rumeurs qui concrétisaient ses suspicions. Tout à son désir de vengeance, elle se sentait prête à suivre cet homme, si cela lui permettait de parvenir à ses fins.

- Je pourrai vous être utile. Permettez-moi de vous accompagner, Knell, et mon arc et mes dagues sont à vous. Je comptais rejoindre Luuwr dans les prochains jours. Voici l'adresse de l'auberge dans laquelle je vais gîter, ajouta-t-elle en lui tendant un bout de papier, que lui avait auparavant confié l'aubergiste pour faire de la publicité. Vous savez où me trouver si jamais vous vous décidez finalement à retrouver soit la parole, soit votre véritable identité. Bonne journée, monsieur."

Tout en tournant les talons et s'éloignant, Habeth priait secrètement pour qu'il vienne la trouver. Elle aurait pu le menacer d'un poignard, mais cela ne lui avait pas semblé la meilleure alternative. Elle se fit la réflexion que, si jamais il ne se décidait pas à faire appel à ses services, elle pourrait toujours le suivre à distance sans qu'il ne s'en aperçoive, mais là aussi résidait un risque. Le mieux était d'attendre, finit pas se dire la jeune fille, en rejetant sa tresse dans son dos. Pourvu qu'il vienne la trouver...
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Lun 26 Déc - 14:55

Ce fut un véritable choc que d'entendre cette parfaite inconnue parler de façon quasi-désinvolte de leur mission censée secrète. Soit ils n'avaient pas été aussi discrets qu'ils pensaient l'être, soit Omer Gueldre avait parlé de cette expédition à son armée. Cela était dans tous les cas assez compromettant, car si même des recrues de rang inférieur comme cette jeune femme pouvaient être au courant de tout cela, alors il ne faisait aucun doute sur le fait que l'ennemi l'était également; l'entrée en territoire nailikan n'allait en être que plus difficile. Son interlocutrice commençait déjà à repartir d'où elle était venue après lui avoir tendu la simple adresse d'une auberge de seconde zone, sans même attendre une réponse. Après tout, il n'y avait pas grand monde sur la placette, il n'était pas nécessaire de se donner rendez vous à quelque endroit secret pour parler de leur voyage, d'autant plus que la guerre était bien loin d'être la principale préoccupation des hovoïtes. Irwan la rattrapa bien vite et se plaça devant elle.

-Une minute, voulez vous? Je ne sais pas qui vous êtes, mais si vous avez ce genre d'informations, je ne peux pas vous laisser partir ainsi. Que savez vous exactement?

Cette question n'était qu'un prétexte. Au fond de lui, il espérait pouvoir la recruter au plus vite. Effectivement, depuis que le groupe s'était scindé, ils ne disposaient d'absolument aucune ressource militaire. Certes, Laly pouvait les sortir de quelques situations périlleuses si elle utilisait son pouvoir avec parcimonie, mais cette nouvelle marcheuse ne serait pas de trop. Avec le départ d'Alix et son arrivée, nul doute ne faisait qu'ils gagneraient au change. Il fallait encore s'assurer qu'elle était bel et bien une soldate luuwrienne et non une ombre infiltrée, puis vérifier qu'elle était femme de confiance, mais Irwan avait déjà de bons espoirs placés en elle. Même si elles étaient encore à démontrer, ses aptitudes au combat semblaient évidentes.

Llednar avait regardé Geralt passer devant eux et lui avait silencieusement indiqué la direction lorsqu'il avait demandé par où Alix s'était enfuie. S'il voulait la rattraper, libre à lui, mais c'était du temps perdu. Cette gamine n'était pas idiote. Lorsqu'elle se serait rendu compte qu'elle était en danger, elle serait retournée au village, et tous se seraient bien occupés d'elle, mais visiblement l’escroc s'était attaché à elle. Pourvu qu'il ne fasse rien d'insensé. Le jeune homme poussa un soupir d'agacement, et répondit à son amie, vêtue de nouveau de son habit typique.

-Partons. Tant pis pour les tire-au-flan.

Morhen. Dernière étape de leur voyage. Une fois qu'elle seraient arrivées dans la petite ville, Ilawen et Adel y prendraient un repos bien mérité, avant de repartir vers le Sud. Elles prendraient alors un itinéraire différents et se rendraient à Rednow, le joyaux de Luuwr. La gamine rêvait depuis bien longtemps de visiter cette cité décrite comme étant la plus belle au monde, et celle qui lui faisait office de mère avait promis de l'y emmener. Au loin, après quelques forêts, le village hovoïte se dressait. Au final, même sans carte, elles avaient empruntés des chemins bien plus praticables que ceux qu'avait pris l'expédition. Elles n'avaient de plus croisés aucun danger quelconque, puis s'étaient faites conduire pendant trois jours par un marchand en charrette. La finalité était qu'elles avaient été aussi rapides que le groupe à la recherche de Nigfol, et que le hasard les menait au même endroit. Ce fut en entrant dans le paysage boisé qu'elles aperçurent Alix et Geralt, visiblement déboussolés. De sa voix tonitruante, l'imposante trentenaire s'écria:

-Ah! Regardez donc qui voilà! Vous m'avez l'air égarés, petits oisillons. Que se passe-t-il?

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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Lun 26 Déc - 17:23

Laly haussa les épaules et acquiesça à la remarque de son camarade. Elevir semblait à présent avoir pris les choses en main en ce qui concernait la tapissière, elle n'allait donc pas finir dévorée par un quelconque animal. Tout le monde y gagnait : l'adolescente ne serait plus seule, l'ancien voleur se rendra utile et de cette manière, la révulseuse n'aurait pas mauvaise conscience. Et puis, comme il a été déjà dit précédemment, la jeune brune ne savait pas trouver les mots justes pour ramener les gens à la raison. La preuve, Laly n'avait jamais été raisonnable. Elle estimait que ce n'était pas à elle de donner des leçons sur les conduites à adopter dans la vie, elle n'était la mère de personne. Alix avait voulu participer à cette quête consciente des risques, il fallait à présent en assumer les conséquences.

Ses affaires sur le dos, elle fit un signe de tête à Llednar de le suivre. Mine de rien, ils s'étaient isolés un bout de temps hors du champ de vision d'Irwan, et des rumeurs allaient peut-être naître de ce comportement ... qu'importe. Laly n'avait que faire des mauvaises langues, elle savait la vérité. Si la vie de ses camarades était fade au point de s'occuper de celle des autres, elle resterait impassible. L'historien parlait avec une mystérieuse jeune fille à laquelle Laly ne porta qu'une attention minime. Elle constata également qu'ils n'étaient plus que trois sur cinq.

- Irwan, il faut qu'on parte. Au pire, Elevir nous rattrapera, avec Alix ou sans. Mais on ne peut pas continuer à prendre un tel retard.

Accroché au tronc d'un arbre, un morceau de tissu virevoltait. Le vent l'avait porté jusqu'ici, et il avait fini son voyage quelque mètres plus loin de son point de départ. Sa propriétaire nailikanne l'avait oublié par mégarde : il sentait bon la pomme et la neige. Un élégant ruban de satin bleu.

Le vêtement de Geralt devait être trempé par les pleurs d'Alix. Elle essuya fébrilement ses joues avec la paume de sa main et plongea ses grands yeux marrons dans ceux de son interlocuteur.

- Tout le monde me déteste. Llednar l'a dit : ils ne veulent plus de moi. Si j'y retourne, je serai à nouveau le boulet de compétition, je vais retarder tout le monde et ils m'abandonneront dès qu'ils pourront ... Moi j'ai pas envie d'y retourner, si c'est pour voir la déception sur le visage de chacun.

Alors que son regard était tourné vers ses pieds, elle entendit une voix familière : c'était Ilawen. Alix avait beaucoup d'admiration pour cette femme qui les avait accueillis à bras ouverts. Même si l'adolescente l'avait rencontrée lors d'un moment douloureux, celui de la mort de son cheval nain, elle n'avait pas oublié sa gentillesse et sa générosité. La revoir lui redonna le sourire, ainsi que sa fille Adel.

- La suite de la quête est dangereuse, et les autres ont préféré me laisser ici. Sauf que je n'ai pas envie de rester en ville, je n'aime pas l'ambiance de ce village, je n'ai pas envie de me retrouver tout seule ... encore. En fuyant, je me suis tordue la cheville et Geralt m'a rattrapée. Aïe !
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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   Lun 26 Déc - 18:28

Alors ils l'auraient laissé seule? Elle ne connaissait que très peu Snori Pendragon, mais de la part de cet homme qui lui avait paru si généreux, un tel geste était étonnant. Seuls les monstres abandonnaient leurs cadets, surtout quand ils étaient aussi singuliers que la petite tapissière ne l'était. Visiblement, elle avait pleuré toutes les larmes de son corps, hors ce genre de situations déplaisaient fortement à Ilawen. Elle était le genre de femme à ne pas se laisser marcher sur les pieds, à ne jamais montrer qu'elle était triste. Son histoire tragique lui avait forgé un caractère d'acier; depuis, grâce aux épreuves qu'elle avait traversé, elle voyait en chaque point positif une véritable bénédiction. Bien décidée à faire partager sa philosophie en cet instant, elle dit:

-Ne pleure pas ma chérie. Seuls ceux qui ont honte d'eux-même montrent leurs larmes. S'ils n'ont pas été assez bons pour voir ce qu'il y avait de bon en toi, ce sont eux qui pleureront quand ils se rendront compte à quel point tu es géniale. Tu verra, ils se rendront compte qu'ils ont besoin de toi, mais ce sera trop tard, et tu leur rira au nez! Mais les gens bien ne pleurent jamais, pas vrai Adel?

La petite fille se contenta d'un hochement de tête accompagné d'un léger gémissement d'approbation. Elle fixait les deux inconnus avec des yeux ronds, se demandant qui ils étaient. Leurs visages ne lui étaient pas inconnus, mais elle aurait été incapable de placer un nom ou même un lieu dessus. Curieuse de nature et impatiente de découvrir de qui il s'agissait, elle tira la manche de sa mère adoptive, et lui murmure à l'oreille:

-C'est qui eux?

Cette gamine était ainsi, elle ne supportait pas que d'autres que son interlocuteur puissent entendre lorsqu'elle parlait. Ilawen avait toujours mis ça sur le compte de la timidité, en se disant qu'après tout ce qu'elle avait vécu, il était normale qu'elle ne soit pas expansive. Peu à peu, elle tentait de l'aider à reprendre confiance en elle, mais Adel restait désespérément discrète. Cela, comme beaucoup d'autres choses, faisait partie de son charme.

-Ils accompagnaient les gens que l'on a sauvé dans les montagnes! Ce sont Geralt et Alix.

Une fois de plus, sa mémoire ne lui faisait pas défaut. En entendant leurs noms, l'enfant se souvint d'eux, ainsi que de leurs camarades. Elle trouvait dommage que le loup ne soit plus là: il était gentil.

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MessageSujet: Re: 2 Décembre 1989 - Vers Nailika (Irwan, Laly, Alix, Elevir, Llednar)   

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