Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Retour au pays

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Margogotte
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MessageSujet: Retour au pays   Jeu 8 Déc - 16:13

Depuis sa naissance, Habeth avait toujours aimé obéir aux ordres. Ceux-ci lui offraient un réconfort certain, car la jeune-fille n'avait jamais été très douée pour prendre les décisions qui s'imposaient. Trop portée vers les "et si..." et les " mais peut-être que..." elle ne parvenait jamais à trancher, et préférait se reposer sur l'avis des autres. D'un naturel hésitant, elle n'avait rien d'une meneuse.
Or, elle était seule.

S'efforçant de refouler ses larmes, elle courait droit devant elle, voulant mettre le plus de distance possible entre elle et ses poursuivants. Ils l'avaient pris en chasse depuis le traquenard tendu à la frontière de Luuwr et Nailika, près des États Centraux. Cela faisait deux jours.
Courir ne l'avait jamais dérangée. En raison de ses facultés de Marcheuse, et de son endurance, elle avait affronté ces quarante-huit heures de course avec bravoure, profitant de la nuit et de bosquets, offrant mille et une cachettes, pour se reposer une heure ou deux avant de repartir. Elle n'avait voulu prendre le risque de s'arrêter plus longtemps pour se sustenter, prenant seulement le temps de grignoter une baie ou deux en route.
Il lui fallait rejoindre Abrial au plus tôt, là où se trouvait la base de l'Armée Luuwrienne. Là où elle serait en sécurité.
Les Ombres qui l'avaient prise en chasse étaient au nombre de sept, et si Habeth avait confiance en ses capacités au tir à l'arc, elle se savait incapable de les abattre tous. Sa fatigue physique et mentale l' handicapaient trop pour qu'elle puisse réfléchir posément. Et, le fait de se savoir seule, en bien vilaine posture, ne faisait qu’agrandir son angoisse. Le major Hunt était mort, elle l'avait vu périr de ses propres yeux. Juste avant de s'effondrer, la poitrine percée de la pointe d'une épée, il lui avait hurlé de fuir, pour sauver sa vie.
Fuir. Mais pour aller où ?

Ne parvenant plus à réprimer les sanglots qui secouaient sa maigre poitrine de spasme, Habeth se laissa tomber à genoux, les mains dans la poussière humide qui recouvrait la terre. Il avait plus récemment. Elle ne s'en était pas aperçue.

Je suis seule, songea la jeune-fille, tandis que les larmes coulaient sur ses joues, traçant des sillons clairs sur sa peau sale. Mon mentor est mort. Ils l'ont tué. Où vais-je aller ?
Habeth regrettait amèrement d'avoir quitté sa contrée natale. L'odeur des forêts, de l'humus maculant le sol, le son des feuilles craquant sous les pas, tout cela lui manquait.
Il n'y a pas assez d'arbres.

De longues heures passèrent, réduisant peu à peu l'écart entre les Ombres et la jeune-fille. Après un long moment de désespoir, elle se redressa avec lenteur, porta sa gourde à ses lèvres sèches.
Plus d'eau.
Elle laissa retomber sa main, contempla la gourde sans la voir.
Plus d'eau. Plus d'arbre. La mort.

Elle jeta l'objet, devenu inutile, et reprit sa route.
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Haedrich
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MessageSujet: Re: Retour au pays   Jeu 15 Déc - 17:47

Trevor Charles referma la lourde porte de la chambre qu’il avait louée pour une durée provisoire d’une semaine à l’auberge d’ Arko. La pièce était petite, étroite, mais bien éclairée. L’ameublement spartiate se constituait simplement d’un lit massif, d’une chaise et d’un portemanteau hors d’âge, où Trevor avait accroché sa pèlerine usagée.
Les murs étaient en pierre grise et froide, le parquet en vieux bois délavé craquait sous son pas.
Il posa son baluchon sur l’édredon ventru qui s’ affaissa mollement, se dirigea vers la croisée encadrée d’épais rideaux. La vue donnait sur la cour intérieure, une petite enclave de pavés inégaux couverts de mousse où s’entassaient dans un coin des tonneaux de vin.
Trevor observait le monde qui l’entourait avec tous les sens que la nature avaient mis à sa disposition. Il posait sur les choses un regard émerveillé et craintif, humait, goûtait, touchait les textures qui lui semblaient attirantes; il explorait au mieux ce monde qu’il devait se réapproprier. Il notait ses observations avec soin dans un grimoire à la couverture bleu.

Dehors, le soir tombait. La fatigue le gagnait. Avant de se rendre à l’auberge, il avait passé la journée à se balader dans la forêt alentour, puis à flâner dans le bourg, son baluchon sur l’épaule, observant les choses et les êtres qui l’entouraient, savourant sa liberté retrouvée. Une liberté teintée de solitude, en vérité.

Trevor, fatigué, s’allongea dessus le lit et s’endormit aussitôt.

Il la revoyait, comme les nuits précédentes. Cette femme qui obsédait ses pensées et hantait ses rêves.
Une femme jeune, athlétique, élancée, aux yeux noisette, à la poitrine avenante. Elle portait un arc, et avait des cheveux châtains et chatoyant, ramenés en une longue tresse unique.
Elle se déplaçait avec la rapidité du vent et la légèreté des feuilles, se mouvait avec grâce.
Des gouttes de sueur perlaient son front, d’autres, plus vicieuse, coulaient jusque dans son décolleté.
Il ne parvenait pas à entendre sa voix.
Elle semblait l’appeler. Il voulait la rejoindre.
La forêt dense sembla l’engloutir.


Trevor se réveilla en sursaut et en sueur, tremblant. La chambre était plongée dans le noir. Il suffoquait. Il avait au ventre cette insidieuse angoisse qui lui tiraillait les entrailles au point de l’empêcher de respirer, et à l’esprit cette unique certitude: il lui fallait au plus vite rejoindre Habeth Folia…



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Margogotte
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MessageSujet: Re: Retour au pays   Ven 16 Déc - 16:32

Après s'être écroulée de nombreuses fois, Habeth avait fini par se laisser choir au bord de la route. Toute tristesse l'avait quitté, seule restait la fatigue, qui lui ôtait la moindre force. Même cligner des yeux était devenu un supplice.
Les Ombres se rapprochaient, bien sûr, mais quelle importance cela avait-il ? Ils viendraient, ils la trouveraient là, presque à moitié morte de faim et de fatigue, et ils la tueraient. Ils mettraient fin à ses souffrances. Était-ce si terrible ? Plus rien ne la retenait.
Lentement, Habeth sentit son esprit s'égarer, des visages amis lui apparurent soudain, tendant leurs bras vers elle, mais lorsqu'elle les appela de sa pensée, ils disparurent.

Inconsciente, la jeune-fille ne vit ni n'entendit la charrette s'approcher. Une voix bourrue interpella le cheval, et les roues crissèrent bientôt sur les cailloux. Des pas massifs descendirent alors du véhicule, s'approchant d' Habeth. L'homme eut un reniflement dédaigneux, mais saisit le corps de la jeune-fille sous les genoux et la nuque et, comme si elle ne pesait pas plus qu'une feuille, la déposa à l'arrière de la charrette, au milieu des navets.

Lorsqu'elle se réveilla, Habeth ne vit tout d'abord qu'un toit de chaume, maintenu par quelques poutres massives. Elle mit quelques instants à retrouver le fil de ses pensées, et s'assit en grimaçant. Ses muscles lui faisaient mal.
Elle se trouvait dans une petite chambre, aux murs plus ou moins blancs, et dont le sol n'était rien de plus que de la terre battue recouverte de paille sèche. Le mobilier se composait d'un lit étroit dans lequel elle était assise, un tabouret servant de table de chevet et supportant un bougeoir vide, et une commode à moitié rongée par l'humidité. Un flot de lumière entrait par la meurtrière qui perçait le mur. L'air sentait la moisissure et le champignon.

Lentement, Habeth massa ses pieds, ses jambes. Elle vit que les égratignures qu'elle s'était faite en tombant avaient été pansées et recouvertes de linge propre,imprégné de pommade. Avec précaution, elle se leva, et jeta un œil par l'ouverture donnant sur l'autre pièce. Lui tournant le dos, et assis devant une cheminée, un homme y rajoutait du bois. Avisant son arc et sa ceinture, à laquelle étaient accrochés poignards et bourse, Habeth parcouru la moitié de la pièce en silence, jusqu'à ce que l'homme ne dise:

" J'espère que tu ne comptes pas te servir de ton couteau contre moi. Je suis assez vieux pour mourir, mais tu es trop jeune pour tuer. Sans compter que ce serait là un geste peu reconnaissant de ta part.

Habeth s'arrêta et répondit, la voix rauque:

- Qui êtes-vous ?
L'homme se tourna vers elle, la jaugea du regard, puis eut un geste dédaigneux de la main:

- Un pauvre vieillard qui vend des navets, voilà tout ce que je suis. Je t'ai soignée, nourrie, maintenant va-t-en.

- Mais...

- Je ne veux pas d'ennuis. Tu es une soldate de Luuwr, et tu te trouves trop près de Nailika pour être ici par hasard. Je ne sais pas qui tu es, je ne t'ai jamais vue, au-revoir.
Sur ces mots, il lui présenta de nouveau son dos, et Habeth n'eut d'autre choix que de saisir ses armes, et de se diriger vers la porte. Alors qu'elle allait sortir, la voix l'interpella:

- J'ai vu sept Ombres passer en galopant sur la route, alors que je rentrais chez-moi. Je ne sais pas ce qu'ils cherchaient, et je ne veux pas le savoir, mais écoute-moi bien: si tu comptes rentrer chez toi, tu ferais mieux de faire un détour par Hovo, puis de prendre un bateau. Il y a des espions partout, ici. Tu serais morte avant d'arriver à Luuwr. Chaque oreille peut s'acheter avec quelques pièces.
Habeth garda le silence quelques secondes, puis souffla "merci". Elle marcha sur plusieurs mètres, puis rejoignit la route. Elle savait à présent où aller.
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Haedrich
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MessageSujet: Re: Retour au pays   Jeu 19 Jan - 18:02

Trévor, baluchon sur le dos, descendit d'un pas décidé l'escalier chancelant, craquant sous son poids, qui menait à la grande salle de l'auberge, déserte à cette heure matinale. Derrière le comptoir en bois massif, se trouvait le tenancier, un vieillard potelé et barbu, une pipe vissée à la bouche, qui fumait constamment. Il avait un torchon sur l'épaule et sa bedaine opulente était entourée d'un tablier maculé de taches de gras. Il salua Trévor d'un signe de tête.

Trévor s'arrêta un instant devant l'imposante cheminée où ronflait un feu agité, dansant au vent. Au dehors, le vent semblait s'être levé, soufflant avec rage, hurlant sa complainte macabre dans le conduit de cheminée. Trévor se dirigea vers la porte.
"Où vas-tu ainsi, mon gars? "
Trévor se retourna
-Je dois retrouver quelqu'un, j'ai un important rendez-vous
-Hors de question. As-tu vu le temps qu'il fait? La neige sera bientôt là, une tempête est imminente. Ce serait folie de sortir par ce temps!
Trévor hésita. Dehors, le vent redoublait de fureur.
-J'ai un rendez-vous extrêmement important, je ne peux pas le rater
Le vieux semblait sincèrement ennuyé.
-Ecoute, jeune ami, tu n'es pas de la région, ça se voit. Une violente tempête de neige va se lever d'ici une heure, si tu quittes cet endroit, c'est la mort assurée. Attends au moins une journée de plus.
Trévor écoutait avec attention les paroles peu rassurantes du vieillard. Soudain, la porte s'ouvrit . Une personne, vêtue d'une cape verte, entra, repoussa avec peine la porte qui luttait contre le vent, et parvint à la fermer. La personne ôta la capuche qui lui couvrait le visage. Trévor et l'aubergiste furent stupéfaits de constater qu'il s'agissait d'une femme.
En effet, une femme à la beauté stupéfiante, éblouissante, à ce détail près qu'elle avait une immense balafre à la place de l'oeil gauche. (à suivre)
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