Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Jonathan Dubois

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L.Hubs
Marchombre
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MessageSujet: Jonathan Dubois   Mer 7 Déc - 18:45

Voici le début d'un long texte, peut-être d'une nouvelle, qui sait? Je l'écris au fil de la plume, veuillez donc m'excuser les éventuelles répétitions ou mauvaises formulations de cette esquisse. Il est inutile de préciser que, bien évidemment, je ne partage pas la philosophie de Jonathan.



Le silence régnait. Malgré les rideaux tirés, les rayons du soleil levant s’infiltraient dans la chambre luxueuse de Jonathan Dubois, caressant son pâle visage et le tirant peu à peu de son sommeil. Sur la table de nuit, le radioréveil indiquait sept heure vingt-neuf. Dehors, les oisillons sifflaient, chantant les louanges de cet agréable printemps qui voyait fleurir les arbres de la ville. Partout déjà, les travailleurs contrariés se pressaient pour ne pas louper leurs trains, et les écoliers riaient avec leurs amis d’un jour, mais dans ce quartier, le silence régnait. Personne, dans les ruelles entretenues, ne poussait le moindre cri de joie ou d’exaspération, ne se permettait de claquer le portillon de son jardin. Le calme et le respect de celui d’autrui avaient été instaurés sans que le moindre règlement n’ait été fixé. C’était à cela que ressemblaient tous les matins de la paisible résidence Saint-Paul, constituée de quelques villas luxueuses, de piscines privées et de grands jardins fleuris, le tout encadré par une élégante haie verdoyante, doublée d’un grillage ébène orné de lions dorés. Seuls les plus fortunés avaient une location ici, ceux qui travaillaient dans la haute fonction publique, qui possédaient des entreprises émergeantes, ou qui étaient rentiers, ce qui était le cas de la famille Dubois.

Sept heure trente. Un son bref et insupportable émana du réveil. Deux secondes passèrent, le son se reproduit. Deux secondes passèrent, et un long doigt squelettique poussa délicatement le bouton « arrêt ». Jonathan, assis sur son lit, sa couverture grise repoussée, était déjà parfaitement éveillé, mais avait attendu l’horaire exacte avant de se lever. Il avait dormi sur le dos, les mains jointes, et s’était réveillé dans une position exactement similaire. Malgré la chaleur de cette journée de mai, aucune goute de transpiration n’était visible sur la moindre parcelle de son corps. D’un geste digne d’un automate, il agrippa ses lunettes, siégeant sur la table de nuit, et les posa sur son nez, en voyant avec satisfaction qu’elles étaient, sans aucune surprise, parfaitement propres. Les cours de l’école de commerce débutaient à huit heures et vingt minutes très précisément. En comptant deux minutes de marge, il devait partir de chez lui à huit heures dix. Douche : sept minutes. Petit-déjeuner : onze minutes. Toilettes : trois minutes. S’habiller : six minutes. Comme toujours, il était en avance, mais il ne voulait pas apparaître comme un élève parfait, alors il attendit que la pendule affiche son horaire idéale. Lové dans un fauteuil Corbusier en cuir noir, ses cheveux noirs plaqués en arrière, sa barbe naissante rasée, le jeune homme de dix-neuf ans patientait en observant un des nombreux tableaux qui ornait les murs de sa villa.

Son père était le propriétaire de la résidence toute entière, avant sa mort soudaine lors d’un stupide accident de la route, alors que Jonathan venait à peine de fêter sa majorité avec ses amis les plus proches. Divorcé depuis bien longtemps, il légua la moitié de sa fortune colossale à son fils, qui avait largement de quoi vivre dans le luxe pendant des décennies, mais qui tenait absolument à garder la tête haute, et à se reposer sur ses propres compétences. Faisant louer les bâtisses voisines, il habitait la plus grande, seul, depuis désormais plus d’un an.

Enfin, il se mit en route. Il verrouilla la porte à double tour, fit de même avec le portillon de la résidence, et, sa sacoche sombre à la main, droit comme un i, avança d’un pas déterminé vers le lieu de ses études, avec la boule au ventre. Au quotidien, il passait devant le lycée Marceau, un établissement public où tous les jeunes de la cité se retrouvaient. Parmi eux, une grande majorité de ceux que Jonathan considérait comme des déchets, comme des êtres ne méritants pas de vivre dans leur magnifique patrie qu’était la France : des enfants d’immigrés. Tout en eux clamait qu’ils n’étaient qu’une sous-espèce du genre humain. Leur manière de parler, de se déplacer, leur couleur de peau d’une vulgarité sans précédent, la violence dont ils faisaient naturellement preuve, leur intelligence limitée…tant de facteurs qui avaient ancré en Dubois un racisme prononcé. Il les haïssait plus que tout, plus que la fatalité qui lui avait prit son père adoré. Ils le regardaient passer, lui qui était vêtu d’un élégant smoking, dont le pantalon n’était pas déchiré, alors qu’eux étaient enroulés dans leurs haillons moyenâgeux. Jonathan poussa un soupir de dédain, et un rictus d’arrogance se peignit sur son visage quand il vit le mépris dans les yeux de ces sous-hommes. Contre la faiblesse, leur seule solution était la mauvaise foi. Ils avaient peut-être besoin d’être aidés, mais le méritaient-ils ? Sa réponse était sans appel. Il continua son chemin.

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Louis
Marchombre
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MessageSujet: Re: Jonathan Dubois   Mer 7 Déc - 19:12

Alors j'ai beaucoup aimé le texte, voire ce "Jonathan" totalement "cadrée", parfait et conditionné etc... Mais je pense que le dernier paragraphe sur sa xénophobie aurait du être d'avantage développé. Le personnage est dès le début dans l’extrême dans sa manière d'être, alors je m'attendais à ce qu'il le soit aussi dans sa manière de penser.
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Pomme
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MessageSujet: Re: Jonathan Dubois   Mer 7 Déc - 21:34

Ouais enfin, être xénophobe Louis, c'est quand même être extrême dans sa manière de penser hein ...
En tout cas, comme toujours, texte bien écrit. La description passe assez bien et le caractère du personnage, comme le disait Louis, est conditionné, cliché et borné. J'attends donc la suite, diantre !
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Louis
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MessageSujet: Re: Jonathan Dubois   Jeu 8 Déc - 14:47

Autant pour moi! Mais ce que je voulais dire par "pas assez d’extrémisme", c'est qu'il ne développe pas assez son point de vue. Pareil Théo, abandonne pas ce projet, ça promet d'être intéressant!
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Gaï Mulkairn
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MessageSujet: Re: Jonathan Dubois   Jeu 8 Déc - 18:10

"qu’une sous-espèce du genre humain" ça, c'est plus que xénophobe, c'est raciste ^^
Sinon, c'est très bien écrit !! Ce Jonathan est vraiment insupportable, et horrible XD Je ne trouve rien à redire, sinon bravo !
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Jonathan Dubois   Mar 17 Jan - 22:34

En cette lumineuse journée de printemps, le soleil atteignait son zénith. Même à cette heure-ci, les rues restaient calmes, personne n'osant briser le silence quasi-religieux participant à la sérénité de la vie citadine. Parfois, quelques automobiles hasardaient des coups de moteur, mais ceux-ci s’évaporaient bien vite, s'envolaient vers des destinations indignes des beaux quartiers. Deux félins, l'un tigré, l'autre gris clair, se fixaient sans faire le moindre mouvement. Leur duel se déroulerait à l'instar de toutes les activités de la ville: dans le plus grand calme. Alors, la sonnerie du lycée Marceau retentit, à trois reprises. Bientôt, un brouhaha assourdissant s'éleva depuis la cour de récréation, emplie d'une foule hétérogène. On y trouvait là tous les jeunes immigrés venus de la cité voisine, ainsi que les enfants français les moins aisés, de toutes couleurs de peau. Dans un établissement scolaire tel que celui-ci, le melting-pot n'avait plus grand chose d'un simple idéal, s'imposant plutôt comme une vérité inévitable. Dans la cantine, les interpellations fusaient bon train, d'un bout à l'autre de la salle, dans une ambiance à mi-chemin entre le chaos et la franche camaraderie. Au milieu de tout cela, riant de bon cœur, Abdel Mouarheb ne dérogeait pas à la règle. Toujours le premier pour plaisanter, pour improviser des blagues salaces ou pour soutenir ses amis, il était une personne sur qui l'on pouvait compter, franche, intrépide. Vêtu d'un vieux jean appartenant à son frère, d'un sweat à capuche et de baskets blanches, coiffé de dreadlocks régulières, il avait un charme évident, dégageait une aura de joie rayonnante.

L'ambiance du réfectoire de l'école Pierre Curie fut bien différente ce jour-ci. Jonathan, entouré de trois de ses homologues, ingurgitait une salade composée, bouchée par bouchée. De temps à autre, il se risquait à glisser une petite remarque humoristique, laquelle avait la plupart du temps un effet moindre. Finissant son plat à une vitesse affolante, le jeune homme retourna dans un amphithéâtre, y brancha son ordinateur portable, puis ferma les yeux durant le temps d'allumage de l'appareil. Ces gens le fatiguaient. Lorsque son père était mort et qu'il avait décidé de poursuivre des études de commerce, l'idée de pouvoir créer de nouvelles amitiés l'avait enchanté. La finalité était tout autre. Il se retrouvait avec des fils à papa n'ayant aucun sens du travail d'équipe, voire du travail tout court, sans la moindre expérience ni la moindre saveur. Il continuait de se dire qu'un jour, il trouverait quelqu'un lui correspondant, mais se rendait progressivement à l'évidence: cette personne n'existait pas. Enfin, l'appareil de Jonathan fut prêt. D'un geste machinal, l'étudiant agrippa la souris, puis entrepris de remettre en page tous ses cours, pourtant déjà irréprochables. Lors des cours de l'après midi, le jeune homme nettoya ses lunettes une bonne centaine de fois, remis sa chemise en place toutes les minutes, but une gorgée d'eau après chaque paragraphe rédigé. Quelques rangs derrière, un groupe de ses camarades ricanait bêtement. Il les trouvait d'une stupidité exubérante, sans se douter qu'ils se moquaient de lui, seul sur sa petite rangée.

Dix-sept heures. L'emploi du temps prévoyait encore un cours d'économie, auquel Jonathan décida de ne pas participer, se jugeant largement assez informé sur le sujet pour éviter de perdre du temps. Sa sacoche de cuir à la main, son costume noir réajusté, il marchait d'un air assuré, presque hautain. Encore une fois, il passa devant le lycée Marceau, et y repéra celui qu'il haïssait le plus, pour bien des raisons. Il était provoquant, ses habits étaient lamentables, et il était noir. Trois éléments suffisants pour détester Abdel Mouarheb. Depuis toujours, cet inconnu représentait l'allégorie même de l'immigré de base selon Jonathan. Prétentieux, idiot, laid. Lorsqu'il passa devant la placette, cette fois-ci, il ne put s’empêcher de murmurer:

-Enculé de négro...

Ce mec en costard passait devant leur bahut tous les matins, tous les soirs. À chaque fois, il les regardait comme s'ils n'étaient que des sous-merdes, des moins que rien. Aujourd'hui, il venait de l'insulter lui, mais également toute sa race. Oui, Abdel croyait en la notion de races. Il y avait les blancs d'un côté, les noirs d'un autre, puis les latino, les chin', plein d'autres. Était-ce pour autant qu'il fallait les différencier socialement? Non. Il avait un honneur. Jamais il ne se serrait abaisser à insulter quelqu'un parce qu'il était un blanc. Pour lui comme pour bien d'autre, l'insulte de Jonathan Dubois fut l'acte de trop. Abdel se leva du banc sur lequel il était assis, rattrapa l'étudiant, puis le plaqua contre le mur en le tenant au col.

-Vas-y, répète un peu pour voir! le menaça-t-il, tout en semblant étrangement calme.

C'était loin d'être le cas de Jonathan, tremblotant, bégayant.

-Lâche moi toi! Qu'est...Qu'est-ce que tu me veux?!

-C'est ça ouais, prends moi pour un con en plus! T'as cru quoi gars?

-Mais j'ai rien fait! Qu'est-ce que tu veux à la fin?

-Vas-y, casses toi, trancha Abdel en le balançant par terre, et cours!

Jonathan marqua un temps d'hésitation, puis se mit finalement à accélérer, jusqu'à la résidence Saint-Paul. En entrant chez lui, essoufflé, il s'adossa sur sa porte en posant sa main sur sa poitrine. Ce connard de nègre venait de lui faire la peur de sa vie. Contre cette bête, il savait qu'il n'avait aucune chance, alors il avait fui, honteux. Cette histoire le tourmenta une bonne partie de la nuit. Comment ferait-il à présent, tous les jours, devant le lycée Marceau? À l'opposée, au quatrième étage d'un HLM, Abdel restait perplexe. Il comptait bien faire comprendre à ce salaud qu'il en était un. Il ne voulait pas simplement lui faire peur, il voulait l’humilier.



-Et c'est donc à ce moment-ci que vous vous êtes rencontrés pour la première fois, c'est bien cela?

Abdel et Jonathan répondirent d'un même hochement de tête. Tous deux, vêtus de faon différentes, étaient assis sur le même canapé, sur le plateau d'une émission de télévision. Le présentateur, l'homme venant de leur poser cette question, se replongea dans la lecture à haute voix de la nouvelle qu'il tenait entre ses mains.

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Louis
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MessageSujet: Re: Jonathan Dubois   Mer 18 Jan - 11:15

ça m'a tout simplement l'air énorme! Surtout que la fin du texte donne lieu à une suite qui pourrait être énorme! Je plussoie totalement! Et j'attend la suite!
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Pomme
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MessageSujet: Re: Jonathan Dubois   Mer 18 Jan - 15:32

C'est dans la continuité de ce que tu fais, c'est à dire élégant, cadré et bien écrit. De plus, comme l'a dit Louis, la fin est vraiment prometteuse. Vite, la suite!
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