Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Le secret de Claire (nouvelle policière)

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Haedrich
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MessageSujet: Le secret de Claire (nouvelle policière)    Dim 4 Déc - 17:31

LE SECRET DE CLAIRE


*

Claire Gentilini se rendait ce matin-là, comme tous les matins, au cabinet Gentilini & Breda, où elle travaillait depuis près de vingt ans avec son époux, le célèbre avocat Alain Gentilini. C’était un matin encore doux de septembre, et elle avait garé, comme d’habitude, sa Peugeot 407 Cabriolet sur le petit parking ombragé, non loin du cabinet, et elle déambulait, d’humeur gaie ; les rues de Nice étaient déjà inondées de soleil malgré l’heure matinale.
Comme chaque matin elle ouvrit le cabinet, ramassa le courrier, alluma l’ordinateur, se prépara un café ; puis commença à éplucher le courrier, tout en écoutant les messages téléphoniques.

Une lettre attira son attention ; c’était une enveloppe bizarre, d’un format un peu singulier, jaunie, cornée. L’adresse était rédigée d’une écriture maladroite, au stylo-feutre noir, et le timbre était collé de travers. Elle l’ouvrit : l’enveloppe ne contenait qu’une feuille A4 blanche, sur laquelle étaient imprimés ces mots menaçants : TU VAS CREVER !!!

Claire était stupéfaite ; à cet instant la porte s’ouvrit, elle sursauta et poussa un cri. Dans l’entrebâillement se trouvait Stéphane Bréda, l’associé d’ Alain Gentilini, interloqué.
« Eh bien, Claire, dit-il en rigolant, je ne savais pas que je te faisais autant d’effet ! »
-Je… je croyais que tu étais au tribunal ce matin
-L’audience a été ajournée, je suis venu potasser quelques dossiers. Il y a du courrier ?
Claire referma vivement la feuille.
-Euh…non, juste des factures
-Pas de messages ?
-Non… non
Stéphane se servit un café
-Tout va bien, Claire ? tu es toute pâle
-Oh, ce n’est rien ; un peu de fatigue… un bon café me remettra d’aplomb.
-Ok… bien, je vais bosser ; à tout-à-l’heure
Stéphane s’enferma dans son bureau, Claire but son café d’une traite et s’en servit un deuxième, qu’elle but presque aussi rapidement. La lettre était toujours sur son bureau, au milieu de la pile de factures et de publicités. Elle l’ouvrit à nouveau.

TU VAS CREVER !!!

Qui pouvait lui en vouloir à ce point ?certainement un ancien client mécontent ?en tout cas sûrement quelque chose en lien avec Alain… après tout, dans son métier il s’était fait pas mal d’ennemis…oui ça devait être ça… ça ne pouvait pas être… non, pas après tout ce temps, c’était impossible… elle regarda de nouveau l’adresse écrite sur l’enveloppe : elle était bel et bien adressée à Alain… elle hésita un instant, puis prit l’enveloppe et la lettre, et d’un pas résolu se dirigea vers le bureau de Stéphane. Elle frappa. Stéphane ouvrit. Claire se tenait raide dans l’ouverture de la porte, plus livide que jamais.
« Mon Dieu, Claire, qu’est-ce qui se passe ? » Elle lui tendit la lettre et l’enveloppe, et lui dit d’une voix blanche :
-Regarde…
Il fut lui aussi abasourdi.
«  Bon sang !! Il faut prévenir la police ! et Alain !! »Il courut vers son bureau, saisit le téléphone, farfouilla dans un des tiroirs pour retrouver son carnet d’adresses.
-J’appelle Laferrière ! » dit-il à Claire, toujours blanche et toujours debout immobile
dans l’encadrement de la porte.

Le commandant Gilles Laferrière arriva au cabinet vingt minutes plus tard, avec un subalterne, et deux agents. Il observa précautionneusement l’enveloppe, puis la lettre. Elle avait été postée à Nice, la veille.
« Nous allons la faire parvenir au labo,dit-il, pour voir s’il y a des empreintes… mais j’en doute ». Il confia l’objet à son lieutenant, qui l’empaqueta avec précaution.
Il demanda à Claire, qui avait repris des couleurs, si elle connaissait quelqu’un qui pourrait en vouloir à son mari. Elle lui répondit que dans son métier, son mari s’était fait beaucoup d’ennemis, et que beaucoup de gens pouvaient lui en vouloir. Alain déboula dans le cabinet.
«  J’ai fait aussi vite que j’ai pu, s’écria-t-il, essoufflé, chérie, tout va bien ? »
-ça va, le rassura Claire
-Gilles, merci d’être venu si rapidement.
-Je t’en prie
-On a une idée de qui a pu faire ça, Stéphane ?
-Pas la moindre pour le moment. Mais on va éplucher nos vieux dossiers…
-Il s’agit peut-être d’une affaire en cours ? suggéra Alain.
-Je vais vous faire mettre sous protection, dit Laferrière
-Non, pas la peine, interrompit Claire
-Voyons, coupa Stéphane, des menaces de mort, ça ne se prend pas à la légère !
Claire se résigna.
«  On va vous raccompagner chez vous, reprit Laferrière. Vous devrez rester à votre domicile tant qu’on n’en saura pas plus. Votre fils, où est-il ? »
A la maison, répondit Claire
-Bien, allons-y immédiatement alors.
-Allez-y, je m’occuperai du cabinet, dit Stéphane.
-Pouvez-vous appeler votre fils et lui dire de ne pas sortir de la maison, sous aucun prétexte ?
-Je m’en occupe, dit Alain.


Pendant le trajet jusqu’à leur luxueuse villa sur les hauteurs du vieux Nice, Claire resta pensive et bouleversée.
Ces menaces s’adressaient-elles réellement à son mari ? Et si c’était… non, impossible… après tout ce temps, qui pouvait encore savoir ? Et comment l’aurait-on retrouvée ?.... c’était sans doute Alain qui était menacé…

Lorsqu’ils arrivèrent, leur fils Christophe les attendait dans le grand hall. Claire l’enlaça, lui expliqua la situation. Laferrière ordonna à ses agents de fouiller la maison, par sécurité, pendant que Claire préparait du café pour tout le monde.

« Demain matin, j’ai une plaidoirie, et après-demain aussi, s’inquiéta Alain, puis-je tout de même quitter la maison ?
-Je vous ferai escorter par deux agents, dit le commandant, mais d’ici là, vous ne bougez surtout pas. Deux policiers en civil surveilleront votre maison jour et nuit.
- On ne doit pas sortir du tout ? dit Christophe,mais j’ai une fête de prévue, ce soir…
- Désolé, il vous est formellement interdit de quitter le domicile. »
Christophe se résigna, un peu agacé.
-Nous allons aussi mettre votre téléphone sur écoute.

Laferrière prit congé une fois que les deux policiers en civils affectés à la surveillance de la maison fûrent arrivés. Le soir tomba, sans autre incident. Une fois au lit, Claire ne parvint pas à dormir et dût prendre des somnifères.

La sonnerie du téléphone de leur chambre réveilla Claire et Alain au milieu de la nuit, à trois heures très précises. Une première fois, ils ne décrochèrent pas ; le téléphone sonna de nouveau, Alain décrocha malgré les supplications de Claire.

« ALLO ! » dit-il d’une voix ferme. A l’autre bout du fil, une respiration rauque, qui dura quelques secondes, puis on raccrocha. Alain reposa violemment le combiné.
Christophe s’était réveillé lui aussi.
-Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il en frappant à la porte.
- Un appel anonyme… bien sûr
- ça va ?
- Oui, ça ira…va te recoucher, mon grand.

Seule sur le lit, effarée, Claire se mit à pleurer. Alain se recoucha en la consolant. Quelques minutes après le téléphone sonna de nouveau. Cette fois Claire avait très peur, lançait à son mari des regards terrifiés. Alain se leva d’un pas énergique, tira violemment la table de nuit,
et d’un geste dont la brutalité fut décuplée par la colère, il arracha du mur la prise téléphonique.




à suivre..............
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Pomme
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MessageSujet: Re: Le secret de Claire (nouvelle policière)    Dim 4 Déc - 17:50

L'histoire est pas super originale, mais elle a le mérite d'être bien écrite. Je pensais que j'allais lâcher en cours de route, vu la taille de ton texte, mais pas du tout. Et la fin ... Pas mal. Vraiment pas mal.
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Le secret de Claire (nouvelle policière)    Dim 4 Déc - 17:58

Je trouve ce démarrage vraiment lent. Étant depuis longtemps un rôliste, l'importance des personnages est à mes yeux quelque chose d'essentiel, et je ne retrouve rien de développé à ce niveau là. Comme l'a dit Pomme, l'histoire n'a rien de très original, mais tu semble avoir un bon niveau d'écriture, ce qui rend le tout assez sympathique pour le lecteur.
J'attends impatiemment la suite! :noel:

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Haedrich
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MessageSujet: Re: Le secret de Claire (nouvelle policière)    Sam 10 Déc - 10:19

(La suite)



**

Le lendemain, Alain se leva d’humeur maussade. Les deux policiers qui devaient l’escorter au tribunal étaient là à huit heures trente précises, comme prévu. Claire était toujours au lit, mais elle ne dormait pas. Elle aussi avait passé une nuit blanche. Avant de partir, Alain monta la voir, l’embrassa
« L’audience devrait se terminer en fin de matinée. Je t’appellerai avant de rentrer. A tout à l’heure »
Fais bien attention à toi
Ne t’en fais pas, j’ai mes gardes du corps. Ah, au fait, Laferrière m’a dit qu’il passerait dans la matinée, pour voir si tout allait bien.

Par la fenêtre, elle le regarda sortir de la cour, escorté par deux armoires à glace, et s’engouffrer à l’arrière d’une Xsara banalisée. Un peu plus haut dans la rue, les agents en faction étaient toujours là. Ne pouvant pas dormir, Claire se leva, et descendit. Elle se prépara un café très corsé. Elle prit une douche bien chaude, s’habilla ; en redescendant dans la cuisine, elle aperçut par la fenêtre le facteur qui s’éloignait sur son vélo. Y avait-il du courrier ? Irait-elle le relever ? Elle resta quelques minutes indécise, plantée debout immobile au milieu de sa cuisine. Qu’est-ce que tout cela voulait dire ?était-ce réellement elle la cible de toutes ses menaces ? Pouvait-ce encore être encore à cause de cette chose horrible qu’elle avait faite, plus de vingt ans auparavant ? à cause de ce … ce… elle n’arrivait même plus à mettre un nom sur cette chose. Soudain, n’y tenant plus, elle saisit d’un geste brusque la clé de la boîte aux lettres sur le porte-clés, traversa la cour d’un pas pressé, ouvrit la boîte.

Ce qu’elle redoutait se réalisa.

Dans la boîte aux lettres, il y avait une seule enveloppe, jaune, cornée… l’adresse écrite au stylo-feutre noir… d’une main tremblante, elle la saisit… la déchira maladroitement… sa vue se brouilla, des larmes se mirent à couler sur ses joues… dans l’enveloppe, une feuille blanche, format A4, sur laquelle était imprimé un seul mot : VENGEANCE !!!

Elle ne comprenait pas, ou plutôt n’osait comprendre. Ses soupçons semblaient à présent se confirmer, mais elle ne pouvait se résoudre à y croire, à se rendre à l’évidence, la si terrible évidence : c’est bien elle qui était visée. Elle essuya ses larmes, et, l’enveloppe à la main se dirigea vers la maison, oubliant de refermer la boîte aux lettres. Que faire ?devait-elle prévenir Laferrière ou bien garder pour elle cette lettre, au risque de compromettre l’enquête ?
« Qu’est-ce que c’est ?une nouvelle lettre anonyme ? » La voix grave de Christophe la fit sursauter. Elle se rendit soudainement compte qu’elle se trouvait au milieu du couloir, l’enveloppe à la main. Plus moyen de cacher la lettre.
-Je… oui…
- On devrait sans doute prévenir M. Laferrière.
- Oui, je … je l’appelle tout de suite.

Dix minutes plus tard, Gilles Laferrière sonnait à la porte. Ils étaient tous les trois dans la cuisine, Laferrière, Claire et Christophe, autour d’un café. La lettre et l’enveloppe étaient posées au milieu de la table.
« Qu’est-ce que ça veut dire ?demandait Laferrière en pensant à voix haute. Cette lettre, comme celle d’hier a été postée à Nice. Il me paraît probable que vous en receviez une nouvelle demain »
Claire, bouleversée, avait le regard rivé dans sa tasse de café.
Et concernant la lettre d’hier, demanda Christophe, vous avez du nouveau ?
Elle a été analysée…on n’a retrouvée aucune empreinte, hormis celle de ta mère et de Monsieur Bréda…il en sera probablement de même pour celle-là… pour l’instant on est vraiment dans l’impasse
Et les écoutes téléphoniques ? demanda Claire, connaissant d’avance la réponse
Les deux appels que vous avez reçus cette nuit étaient trop courts pour qu’on puisse les localiser… je suis vraiment désolé… croyez bien qu’on fait de notre mieux…

La journée s’écoula sans autre incident notable. Alain avait appelé vers onze heures trente pour dire à Claire que l’audience venait de se terminer, et qu’il était sur le chemin du retour, toujours en compagnie de ses deux gorilles. Alain était de retour vers midi, le repas s’était passé silencieusement. Stéphane était passé dans l’après-midi pour travailler avec Alain. Les deux hommes ne voyaient toujours pas qui pouvait en vouloir à Alain. Christophe avait passé la journée dans sa chambre, à surfer sur internet et à bouquiner.

Rolande, la femme de ménage, était venue comme tous les jours à quatorze heures précises.
Claire avait traîné toute la journée d’une pièce à l’autre, cherchant à s’occuper mais ne pouvant se concentrer sur rien. Son esprit était constamment préoccupé. Elle espérait que tout ça se finisse au plus vite, et que la police coince enfin leur « agresseur ». Mais si c’était bien elle-même qui était visée –ce dont elle doutait de moins en moins- l’agresseur n’allait-il pas tout raconter à la police ?ce qui s’était passé un soir de mai 1980 dans un appartement miteux d’une ruelle puante du vingtième arrondissement, ce … ce crime, car oui, c’était bien un crime qu’elle avait commis, ce soir-là… et les deux ans qu’elle avait passés en prison, et dont son mari ignorait tout ?si l’agresseur avouait tout ? Comment Alain réagirait-il ?et Christophe ? … les souvenirs , enfouis depuis si longtemps, lui jaillissaient soudain au visage… elle essayait vainement de se convaincre, une énième fois, que ces lettres de menaces étaient bien adressées à son mari… épuisée, elle finit par s’endormir sur le sofa du salon.

La nuit tomba et avec l’angoisse de nouvelles menaces. Le téléphone était débranché depuis la veille. Dans la rue, deux policiers en civil surveillaient toujours la maison.

Elle se réveilla vers vingt heures trente, et partit se coucher sans manger malgré les protestations d’Alain ; il lui monta un sandwich, dont elle avala malgré tout deux maigres bouchées, puis se recoucha.

La nuit fut calme, mais Claire ne dormit pas. Le moindre petit bruit lui semblait suspect, et par moments, elle se levait pour aller voir à la fenêtre si rien de suspect ne se produisait. Mais dans la cour, tout était calme. La présence des deux policiers en faction la rassurait un peu. Elle finit par s’endormir alors que le jour commençait à poindre.

Elle entendit Alain se lever, vers huit heures moins le quart, et ne put se rendormir. Elle se leva et descendit dans la cuisine, alors que ce dernier s’apprêtait à rejoindre ses gardes du corps dans la Xsara banalisée.
«  Tu es déjà debout ?tu devrais te recoucher ! »
De toutes façons, je ne pourrai pas fermer l’œil…
Bien… je dois y aller … il l’embrassa, passa la main dans ses cheveux blonds en désordre…l’audience d’aujourd’hui risque d’être très longue ; fais attention à toi, et au moindre problème, n’hésite pas à appeler Laferrière….
Oui.

Une fois Alain parti, Claire prit son petit-déjeuner, puis attendit fébrilement le passage du facteur. Au moins, la prochaine lettre anonyme allait-elle lui apporter de nouveaux renseignements ?et peut-être confirmer (ou infirmer) ses doutes atroces ?
Le facteur arriva à neuf heures trente tapantes. Elle se précipita, en robe de chambre, vers la boîte aux lettres, et l’ouvrit en tremblant. Il y avait tout une pile de publicités, quelques factures, une carte postale de leurs amis qui passaient leurs vacances à Hawaï, et, au milieu de tout ça, l’enveloppe jaune, attendue et redoutée. Claire ramassa prestement tout le courrier, referma vite la boîte aux lettres et fila dans sa chambre, où elle s’enferma à clef. Elle balança par terre tout le courrier, à l’exception de l’enveloppe jaune qui tremblait dans ses mains. Toujours adossée contre la porte, elle déchira l’enveloppe, et dans la précipitation, elle déchira aussi un morceau de la feuille qu’elle contenait. Sur la feuille, juste un nom :

VINCENT MERRIGNAC

(à suivre)
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Haedrich
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MessageSujet: Re: Le secret de Claire (nouvelle policière)    Jeu 19 Jan - 17:43

***

Claire sentit ses jambes la lâcher, elle glissa contre la porte et se retrouva assise par terre. Elle se mit à pleurer et ne pouvait plus s’arrêter. Elle pleura ainsi pendant un long moment, en silence. Puis elle finit par se calmer.
Mais ses craintes étaient désormais confirmées. Quelqu’un savait. Quelqu’un la menaçait. Quelqu’un voulait se venger. Quelqu’un l’avait retrouvée, après toutes ces années. Mais qui ? Et comment ? Et qu’allait-il faire à présent ? La tuer ? Peut-être préférait-elle mourir que dire la vérité, après tout…

Elle revoyait par flashes la scène du meurtre, le sang sur la moquette, sur sa robe, les débris de verre partout, ses mains serrées autour du cou, les yeux exsangues et suppliants de Vincent , ses mains serrant fort, de plus en plus fort autour de son cou, jusqu’à ce qu’il ne bouge plus… puis sa face inerte et violette, sa langue pendante… son trajet en courant jusqu’à sa chambre d’étudiante… puis sa course folle jusqu’à la gare… le train pour Calais… les deux gendarmes l’attendant sur le quai… la cellule grise, humide … puis le tribunal, le procès… les avocats… le juge… la peine… de nouveau la cellule, Fleury-Mérogis…

Claire se ressaisit. Elle sentit de nouveau la rage monter en elle. Après tout, elle ne méritait pas cela. Elle avait payé pour son crime, et maintenant, cela devait cesser. Elle allait tout dire, quoi qu’il lui en coûte. Elle ramassa l’enveloppe et la lettre, les mit sous son oreiller. Elle prit une douche rapide et glacée, s’habilla plus élégamment que d’habitude, puis retourna dans sa chambre, où elle récupéra l’enveloppe sous son oreiller. Elle s’enferma dans le bureau d’Alain, puis commença à écrire une lettre. Pour tout lui avouer. Les mots coulèrent, limpides, précis :

Alain

Je t’écris cette lettre pour t’avouer un secret que j’ai gardé pour moi si longtemps, trop longtemps sans doute, qui revient me hanter aujourd’hui, et que je n’ai jamais eu le courage de t’avouer.
Toutes les menaces que nous recevons en ce moment ne s’adressent pas à toi, mais à moi. Ce matin, nous avons reçu une troisième lettre anonyme, avec pour seul mot ce nom « Vincent Merrignac ». Vincent Merrignac était mon petit ami, quand j’étais étudiante. Il est mort le 4 mai 1980. C’est moi qui l’ai tué. Vincent était violent et me battait. Je n’étais pas heureuse avec lui. Le quatre mai 1980, au soir, je me suis rendue chez lui, pour lui annoncer que je voulais rompre. Il est entré dans une rage folle et s’est jeté sur moi, il m’a plaqué à terre et a commencé à me rouer de coups. Dans un effort surhumain, j’ai réussi à agripper la câble de la télé et j’ai tiré dessus de toutes mes forces. La télé a basculé sur lui, et l’a écrasé, mais il n’était pas mort. Folle de rage, je l’ai saisi par le cou et j’ai serré et serré encore jusqu’à ce qu’il meure étranglé.
Puis, affolée, j’ai couru jusqu’à ma chambre d’étudiante où, à demi-consciente, j’ai fait ma valise puis filé à la gare, où j’ai pris le premier train qui partait… c’était celui pour Calais .Sur le quai de la gare de Calais, deux gendarmes m’attendaient. Ils m’ont arrêtée, j’ai été jugée puis condamnée à trois ans de prison. A Fleury. Puis j’ai été libérée au bout de presque deux ans, pour bonne conduite. Puis j’ai fui Paris, car mes parents et tous mes amis avaient coupé les ponts. Je suis venue m’installer dans le Sud, là où personne ne me connaissait, pour refaire ma vie. J’ai trouvé un boulot de serveuse, au Bar de l’Escale, non loin de l’Université…
La suite tu la connais, c’est là qu’on s’est rencontrés, le 2 décembre 1983…
Je n’ai jamais osé t’avouer l’horrible vérité ; je ne pensais pas que ce passé atroce reviendrait me hanter un jour, mais c’est malheureusement le cas aujourd’hui, et cela doit cesser, c’est pourquoi j’ai décidé de dire toute la vérité
. Je comprendrai que tu m’en veuilles, et que tu te sentes trahi, mais au moins, cette fois, je serai soulagée de te l’avoir écrit, à défaut d’avoir pu te le dire. Je veux aussi que tu saches, quoiqu’il arrive que je t’aime toujours de tout mon cœur.

Je t’embrasse

Claire.

Elle chercha ensuite une enveloppe, n’en trouva pas. Elle fouilla dans le tiroir du bas et trouva finalement une enveloppe fantaisie bleue foncé, elle la prit et y mit la lettre.
Elle retourna dans la chambre, arrangea le lit, et déposa l’enveloppe bleue sur l’oreiller d’Alain. A ce moment, la sonnette retentit. Claire hésita une seconde, puis alla ouvrir.
Le commandant Laferrière et son adjoint étaient là.
« Madame Gentilini, j’ai une excellente nouvelle à vous annoncer. Nous venons d’arrêter votre agresseur ! »
Claire était stupéfaite, elle ne pouvait y croire. Mais elle était à la fois soulagée et anxieuse.
Vraiment ?... je … mais comment ?...
Il s’agit d’une femme…
[à suivre...]
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