Le pot à crayon

Avec un crayon, on peut écrire dessiner, faire de la musique en tapant partout avec. On peut créer avec un crayon.Alors imaginez ce qu'on peut faire avec un pot à crayon!
 
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 Les rêves de Charlotte Ramsay

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Haedrich
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MessageSujet: Les rêves de Charlotte Ramsay   Dim 4 Déc - 17:28

Il s'agit d'une nouvelle fantastique (je parle du genre, hein...) J'espère que le texte n'est pas trop long.

"LES RÊVES DE DE CHARLOTTE RAMSAY


1. Le trois novembre

Du plus loin qu’elle se souvienne, Charlotte Ramsay avait toujours été une personne calme et sans histoires. Tout l’inverse de sa sœur aînée. Des mois, presque un an avaient passé depuis qu’ Elisa avait disparu sans laisser de traces, et elle se posait toujours la question.
Elisa avait-elle disparu intentionnellement, sur un coup de tête -ce qui était possible, vu son caractère- ou bien avait-elle été enlevée ou agressée? - ce qui était également envisageable, vu les gens et les endroits peu recommandables qu’elle fréquentait .
Les deux sœurs avaient toujours été les deux opposés, l’une insupportable, agitée et querelleuse, l’autre adorable, gentille et douce.

Charlotte avait toujours été une élève brillante. Après le bac, elle souhaitait s’inscrire en médecine. Elisa quant à elle n’avait jamais beaucoup aimé l’école, elle avait redoublé plusieurs fois.

La timidité de Charlotte contrastait avec le caractère exubérant et déluré d’ Elisa. Charlotte n’avait jamais fréquenté de garçons, tandis qu’ Elisa collectionnait les petits copains.


Malgré leurs différences, elles s’étaient toujours parfaitement entendu, ne s’étaient presque jamais disputées. Ce qui plongeait Charlotte en plein désarroi, ce n’était pas le fait qu’elle eût pu partir du jour au lendemain, mais qu’elle fût partie sans rien lui dire. Peut- être qu’elle avait eu peur qu’elle l’en empêche?
Elle essayait de comprendre.
Depuis la disparition, plus rien n’était pareil, même si Charlotte continuait à aller au lycée. Son père et sa sœur étaient sa seule famille. Paul Ramsay avait lui aussi été anéanti par la disparition inquiétante de sa fille aînée. Il lui avait fallu des années pour surmonter la mort brutale de sa femme, survenue alors que Charlotte n’avait qu’un an, et le cauchemar recommençait. Paul tenait le coup tant bien que mal, suivait une thérapie et un traitement. Il avait repris depuis peu son emploi de traducteur pour une petite maison d’édition. Il s’était sans doute fait à l’idée qu’ils ne reverraient jamais Elisa. Pas Charlotte. Elle gardait espoir.

Le regard perdu dans ses fiches de révision de philo, Charlotte essayait , pour la énième fois, de reconstituer les évènements. La dernière fois qu’elle avait vu sa sœur, c’était en novembre. Le trois novembre. Rien dans l’attitude d’ Elisa ne lui avait paru étrange, ce jour-là.
Son regard se perdit sur les photos affichées au mur, au -dessus de son bureau. Sur l’une d’elles, une de ses préférées, imprimée en plus grand format et affichée bien au centre, on les voyait tous les trois: Paul, petit et mince, dans son habituelle chemise blanche, le regard pâle et éternellement triste, entouré de ses deux filles; à gauche, Elisa, le regard vif, bleu, intense, vêtue exceptionnellement de manière très classe, et à droite elle, Charlotte, impassible et souriante, les cheveux bruns ondulés coiffés en un sage chignon. Il y avait, un peu plus bas, une photo de leur défunte mère.
Elisa lui ressemblait étonnement, le même regard pétillant, les mêmes cheveux blonds et fins, le même sourire. Et, d’après Paul, le même caractère fantasque et imprévisible.

Le trois novembre, donc, Charlotte était rentrée du lycée comme d’habitude vers six heures du soir. Selon son habitude, elle était montée directement dans sa chambre, et avait fait ses devoirs. Elisa était rentrée un peu plus tard, et ils avaient dîné vers sept heures et demie. Ensuite, comme chaque jour, après avoir fait la vaisselle, Paul s’était installé devant la télé, où il s’était endormi. Les filles étaient montées , elles étaient restées un moment à papoter dans la chambre.
Elisa avait joué de la guitare, et sa sœur l’avait accompagnée en chantant faux des chansons de Nirvana et Placebo.
Puis Elisa était sortie avec des amis.
Charlotte était allée se coucher vers dix heures. Le lendemain, Elisa avait disparu. Personne n’avait rien vu ni entendu, il n’y avait aucune trace d’effraction nulle part.
Elle n’avait pris aucune affaire, ni son téléphone, ni son ordinateur portable, aucun vêtement…
La police avait d’abord pensé à une fugue, mais depuis, aucune piste n’avait permis de faire avancer l’enquête. Elisa semblait s’être volatilisée ce trois novembre.

Et c’est justement ce trois novembre que les « troubles » de Charlotte avaient commencé.

à suivre.....................
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Pomme
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MessageSujet: Re: Les rêves de Charlotte Ramsay   Dim 4 Déc - 17:56

Je n'ai qu'une seule chose à dire : le début de cette histoire est vraiment prenante ! J'attends la suite avec impatience, sincèrement.
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L.Hubs
Marchombre
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MessageSujet: Re: Les rêves de Charlotte Ramsay   Dim 4 Déc - 18:07

Waow! Bien plus convainquant que Le secret de Claire!
Malgré quelques répétitions (la relecture est passée à l'as?) le style est vraiment bon; franchement, je pense que je vais prendre modèle sur toi pour certaines tournures, chapeau.
Le début nous met l'eau à la bouche!

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Gaï Mulkairn
Critérium
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MessageSujet: Re: Les rêves de Charlotte Ramsay   Dim 4 Déc - 20:01

Je me souviens de ce texte, il m'avait scotché du début à la fin !! Je te félicite donc sur ce forum aussi ^^
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Haedrich
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MessageSujet: Re: Les rêves de Charlotte Ramsay   Sam 10 Déc - 10:17

(La suite: )

2. Troubles

Charlotte cala sa nuque contre le bras confortable du divan. Sur le mur en face d’elle trônaient, bien en évidence, les diplômes du psychanalyste.
« Tu es prête, Charlotte? » demanda-t-il, de sa voix grave et calme.
- Prête, répondit-elle d’un air sérieux, le regard sec planté dans le mur.
- La dernière fois, tu m’avais parlé de … de visions, c’est bien ça?
-Oui… hésita-t-elle
-S’agit-il de cauchemars?
-Non. Elle avait dit « non » d’un ton ferme. Non, reprit-elle, il m’arrive d’avoir ces visions dans la journée, quand je suis éveillée.
Il prit quelques notes sur son calepin, puis poursuivit:
-Et ces visions, elles surviennent à des moments précis de la journée?
-Non; parfois, ça me prend le matin, parfois l’après-midi.
Elle parlait d’une voix calme, précise, presque froide.
-Cela t’arrive-t-il à l’école?
-Non, jamais. Toujours quand je suis à la maison.
-Est-ce que cela t’arrive souvent?
-Je dirais un jour sur deux, environ deux ou trois fois chaque jour. Parfois la nuit.
-Bien… il prit de nouveau quelques notes avant de poursuivre. Et ces visions, comment se manifestent-elles?
- C’est comme des choses… que je vois dans ma tête. Comme si je rêvais alors que je suis réveillée.
- Qu’est-ce que tu vois, dans ces rêves?
-Je ne sais pas trop, c’est assez flou. Le plus souvent, je vois une personne; je crois que c‘est une femme, il me semble la connaître, mais je n’arrive pas à me rappeler qui elle est.
Tout en écrivant, il continuait ses questions:
-Et cette femme, elle ressemble à quoi?
-Je ne sais pas trop, je serais incapable de la décrire. Je n’arrive jamais à la distinguer clairement.
- Et qu’est-ce qu’elle fait, quand tu la vois?
-Je ne sais pas, je crois qu’elle essaie de me parler. Je ne sais pas…
-Tu ne vois jamais d‘autres personnes dans tes « rêves » ?
-Non.
-Hum… est-ce que tu vois un décor? Des paysages?
Charlotte se triturait les méninges pour s’efforcer de se rappeler
-Non, je ne crois pas… je ne sais pas, c’est très flou
Il gratta sa barbe grisonnante, puis dit:
-Est-ce que tes « visions » ont évolué au fil du temps?
-Je ne sais pas
-Cette femme que tu vois, est-ce qu’elle a l’air effrayant?
-Non. Elle ne me fait pas peur. Au contraire, elle a un côté familier, comme si je la connaissais.
-Elle te rappelle quelqu’un ?
Elle réfléchit un instant.
-Euh… peut-être quelqu’un de ma famille, mais je ne sais pas qui. Je…je ne saurais pas vous expliquer.
-Ce n’est pas grave, dit-il d’un ton rassurant. Ce sera tout pour aujourd’hui, tu peux te relever. Il termina de griffonner sur son calepin tandis que Charlotte se levait pour prendre son sac à main.
-Je vais te demander quelque chose, mais tu n’es pas obligée d’accepter.
La jeune fille acquiesça d’un léger mouvement de tête, ramena ses cheveux en arrière.
-Voilà, d’ici notre prochain rendez-vous, j’aimerais que tu notes sur un carnet, précisément, les détails de tes « visions ». Note de manière détaillée tout ce que tu vois, ce que tu ressens, d’accord?
Charlotte répondit « d’accord » avant de prendre congé du médecin. Lorsqu’elle sortit, il tombait des gouttes. Charlotte ouvrit son parapluie et pensa que noter ses rêves sur un carnet était peut-être une bonne idée.



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Haedrich
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MessageSujet: Re: Les rêves de Charlotte Ramsay   Jeu 19 Jan - 17:47

3. Le carnet à rêves

Le matin du quatre novembre, Paul avait appelé la police. Ils étaient venus rapidement, avaient posé des tas de questions, fouillé minutieusement toute la maison. Ils avaient fouillé le portable et l’ordinateur d’Elisa, ils avaient lu son journal intime. Ils avaient feuilleté sans délicatesse ses livres et ses albums photos, remué ses tiroirs, déplié ses vêtements, fait tomber sa guitare. Ils avaient pénétré son intimité sans vergogne. Ils avaient passé au peigne fin le jardin, le garage, les toits, toutes les pièces du rez-de-chaussée et de l’étage, et la chambre d’ Elisa.

La chambre d’Elisa, où Charlotte se trouvait allongée sur le lit, pensive, les bras derrière la tête. Son regard se perdait sur le papier peint , les innombrables photos tapissant les murs, les posters de Placebo, le portable sans vie, l’ordinateur fermé depuis des mois, la chaîne hi-fi muette. La guitare électrique, posée sur une chaise.
Dans ce décor familier et triste, elle espérait se remémorer un détail qui lui fournirait une explication.

Sur le bureau, il y avait le journal intime d’ Elisa. Charlotte l’avait lu des dizaines de fois et le connaissait par cœur.
Elle le relisait de temps à autre pour voir si elle n’y trouverait pas un indice, le détail le plus infime, mais impossible de trouver la moindre piste. Comment était-il possible que la police n’ait trouvé aucune trace de sa sœur?

Charlotte relut avec attention les dernières lignes du journal, qu’elle avait gravé dans sa mémoire:

«  3 novembre.

Encore une journée pourrie qui commence. Il pleut.

J’ai vraiment hâte d’être à ce soir et de fêter l’anniversaire de Camille. On va bien s’éclater, et peut-être qu’il y aura des beaux gosses. A suivre… »



Le soir du 3 novembre, Elisa était bien allée à cette fête d’anniversaire, mais elle était partie vers minuit et demie, seule, à pied, et personne ne l’avait revue. Tous ses amis présents à la fête avaient été interrogés, et aucun n’avait indiqué qu’ Elisa avait eu un comportement étrange.

Le lieu de la fête se trouvait à une demi-heure à pied de la maison des Ramsay. Peut-être Elisa avait-elle fait une mauvaise rencontre ce soir-là?

L’horloge du salon sonna sept heures trente, Daddy n’allait pas tarder à l’appeler pour dîner. Elle se releva, ouvrit un des tiroirs du bureau, et y trouva un carnet vierge. Elle le prit et le mit dans sa poche. Ce serait son « carnet à rêves ». Alors qu’elle s’apprêtait à sortir de la pièce, elle entendit le pas léger de son père sur la moquette du couloir.
Paul marqua un temps d’arrêt en voyant que Charlotte se trouvait dans la chambre de sa sœur. Elle y venait souvent, mais Paul n’avait jamais pu y remettre les pieds depuis le trois novembre.
« Charlotte, Dear, tu es là? »
Gênée, elle se dépêcha de refermer la porte.
-Daddy, j’étais juste venue chercher…
-Descends, on va dîner , d’accord?
-J’arrive.

**********************************************************

Charlotte monta dans sa chambre directement après le dîner. Elle termina rapidement ses devoirs, surfa un peu sur internet, puis se déconnecta vers dix heures. Elle prépara ses affaires de cours pour le lendemain, fit son sac, le posa au pied du bureau. Elle prépara ses vêtements qu’elle déposa soigneusement sur la chaise. Elle alla se brosser les dents, enfila son pyjama, et se mit au lit. Elle reprit la lecture de son livre de chevet. Un roman d’ Alice Sebold.
Gagnée par le sommeil, elle posa son livre, éteignit sa lampe de chevet vers 22h30, et s’endormit rapidement.

La femme était revenue. Elle la distinguait plus nettement, maintenant. Elle était grande, et avait de longs cheveux blonds, elle la regardait. Elle semblait parler, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Elle portait une robe de couleur rouge, et avait le teint assez pâle, et les yeux bleus. Elle parla à nouveau, et Charlotte crut entendre un prénom.

Charlotte se réveilla en sursaut. C’était encore arrivé. Elle alluma en hâte la lampe de chevet et se mit à la recherche du « carnet à rêves », elle devait tout de suite y noter les détails qu’elle avait encore en mémoire. Elle fouilla fébrilement la poche de son jean posé sur le dossier de sa chaise, et en extirpa le carnet. Elle prit un stylo, et nota, sur la première page:

« 17 septembre 2010, nuit.

J’ai revu la femme, c’est une grande femme blonde, aux yeux bleus, aux cheveux blonds très longs. Elle porte une robe rouge. Elle a essayé de me parler. Je crois qu’elle s’appelle Marie »

Elle relut plusieurs fois ces mots pour essayer de leur donner un sens, sans succès. Elle posa le carnet sur sa table de nuit, éteignit, et se rendormit.

Le lendemain matin, Charlotte eut du mal à se réveiller. La première chose qu’elle fit après s’être levée fut de mettre le carnet dans la poche de son jean.

4. L’autre monde

Charlotte eut du mal à se concentrer pendant les deux heures de philo. Il faut dire que leur professeur, M. Fouilloux, était d’un ennui mortel. Elle observait Rachel en train de griffonner des dessins sur sa feuille de cours. A sa droite, Mickaël , le cancre de la classe, tentait de recopier les exercices d’anglais à faire pour le cours suivant. Charlotte, de son côté, avait noté quelques mots par-ci par-là: Sartre… existentialisme… humanisme… contingence…
A la récré, elle s’isola dans un coin tranquille du CDI pour relire les mots écrits sur le carnet. Qui pouvait être « Marie»? Pourquoi la voyait-elle en rêve? Pourquoi lui était-elle familière? Toutes ces visions avaient-elles un sens ou bien étaient-elles le fruit de son imagination torturée?

La sonnerie la tira de sa torpeur; c’était l’heure du cours d’anglais.
Charlotte sentit qu’elle allait encore profondément s’ennuyer pendant le cours de M. Haedrich, car Rachel n’était pas dans son groupe. Elle s’assit au fond, pour pouvoir plus tranquillement relire son carnet à rêves et réfléchir à tout ça.
Grâce à l’idée du psy -pourquoi n’y avait-elle pas pensé elle-même?- elle allait pouvoir cerner plus précisément la nature de ses rêves. Elle repensait à Marie. Elle l’avait déjà vue plusieurs fois en rêve, et elle lui inspirait un sentiment de confiance. Machinalement, elle écrivait son nom au stylo sur la feuille de son classeur d’anglais.
« Eh bien, Charlotte, on rêve? »
Elle vit soudain les prunelles vertes de M. Haedrich la dévisager avec une lueur d’agacement.
-Pour la troisième fois, Charlotte, peux-tu nous dire comment tu as traduit la deuxième phrase de l’exercice 5?
Comme d’habitude, le professeur fut satisfait de sa réponse, et les autres élèves un peu agacés, voire jaloux. Charlotte étant bilingue, les cours d’anglais ne lui posaient aucun problème et sa moyenne frôlait les 20/20. Mais elle n’avait jamais eu 20, car selon M. Haedrich , « la perfection n’existe pas ». La perfection, pourtant, c’était ce que lui inspirait, elle ne savait pas pourquoi, le visage avenant de la belle Marie la femme de son rêve.

**********************************************************

Le docteur Bergamo se gratta la barbe une nouvelle fois, relisait ses notes en essayant de comprendre. En attendant qu’il s’exprime, Charlotte observait son cabinet à la décoration classieuse mais austère. Tout autour de la pièce, il y avait des bibliothèques remplies de vieux livres, certains à tranche dorée, semblaient vraiment très vieux. Au fond, un immense bureau avec des tas de papiers épars, des dossiers, un ordinateur portable qui ronronnait doucement. Sur le mur, plusieurs diplômes, bien en évidence. Et un portrait en noir et blanc de Sigmund Freud.
Le papier peint, ainsi que les boiseries, étaient d’une sorte de marron pâle un peu indéfinissable. Il n’y avait qu’une seule grande fenêtre qui illuminait la pièce. Malgré cet environnement sans fioritures, Charlotte se sentait en confiance dans le cabinet. Elle affectionnait particulièrement le divan gris, qui était très confortable.


Le psy se grattait à nouveau la barbe, puis le front, puis la nuque, essayant de comprendre. Charlotte se retourna vers lui.
-Vous pensez que je suis cinglée, c’est ça?
Le psy lui sourit.
-Non, non non , tu n’es pas folle. Tu as beaucoup d’imagination, c’est tout.
-Donc, vous pensez que tous ces rêves ne sont que des choses imaginées.
-Oui, c’est ce que je crois. Tu dis que cela a commencé quand ta sœur a disparu. Il s’agit probablement d’une réaction due au choc de cette disparition.
-Et… c’est rassurant?
-Dans un sens, oui. Mais il est important que tu continues à bien noter de manière détaillée toutes ces visions, pour qu’on puisse mieux les interpréter.


Le soir, Charlotte ne pouvait s’empêcher de repenser à Marie. Que cherchait-elle à lui dire?
Après avoir terminé ses devoirs, elle s’autorisa une petite pause café . Alors qu’elle préparait la dosette d’expresso, elle perçut, en face d’elle, le regard bleu, perçant de Marie. Elle était de nouveau là, lui tendait la main, lui demandait quelque chose. Une forte odeur d’humus lui sauta au nez, elle crut apercevoir des arbres.
Marie s’approcha d’elle tout en lui parlant, elle lui tendait la main. Un frisson l’envahit soudain
. Un bruit de verre retentit. Marie se faisait insistante…

« Charlotte? »
Elle vit soudain son père, qui venait de rentrer du travail. Elle était au milieu de la cuisine, perdue.
- Tu as cassé une tasse?
Charlotte baissa les yeux et vit sur le carrelage les débris de verre. Elle était un peu affolée, et une larme coula sur son visage.
- Ce n’est pas grave, Dear, dit-il en lui caressant la joue.
Charlotte fila dans sa chambre, prit le carnet, et nota:

« 18 septembre 2010, 19h15:

Encore une vision de Marie. Elle m‘appelle. Je ne sais pas ce qu’elle me veut. Une odeur de sous-bois, des arbres. Un grand frisson. J’AI PEUR »

Puis cette conclusion, terrifiante:

Marie est-elle morte?
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Louis
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MessageSujet: Re: Les rêves de Charlotte Ramsay   Jeu 19 Jan - 18:08

C'est intéressant, mais c'est quand même un poil glauque, je trouve.
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L.Hubs
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MessageSujet: Re: Les rêves de Charlotte Ramsay   Jeu 19 Jan - 18:30

Moi je suis assez mitigé.
Je trouve ton style d'écriture un peu lourd, peut-être un peu trop redondant. Attention, je dis bien "un peu"! Le principal défaut que j'aurais à formuler, c'est que tout va trop vite, tout simplement. On a quelque chose de centré uniquement sur Charlène, alors que d'autres éléments pourraient être plus développés, comme ses amis, sa famille, son cadre, bien des choses. Sinon, j'aime bien la façon dont la trame évolue petit à petit. L'idée du psy récurent est pas mal, sans plus.

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